AFP Top News

A la COP30, le front contre les énergies fossiles se réveille

Le sommet de dirigeants mondiaux sur le climat se poursuit vendredi à Belem, au Brésil, après une première journée marquée par des discours crus sur l’échec à freiner le réchauffement mais offensifs pour l’avenir, y compris contre l’industrie pétrolière.Des dizaines de ministres et quelques chefs d’Etat et de gouvernement, dont ceux d’Espagne, d’Allemagne et de Namibie, défileront encore à la tribune. Puis s’ouvriront lundi deux semaines de très lourdes négociations annuelles de la conférence de l’ONU à Belem – la première COP en Amazonie.Forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les 11 dernières années sont les 11 plus chaudes jamais mesurées, et face aux terribles bilans des ouragans et canicules, l’ONU et des chefs d’Etat et de gouvernement ont dû jeudi se rendre à l’évidence, à l’ouverture de la COP30.Ils ont admis que le monde ne réussirait pas à se maintenir sous 1,5°C de réchauffement, la limite la plus ambitieuse inscrite dans l’accord de Paris il y a dix ans, mais sans se résigner à 2°C, l’autre limite négociée alors.L’atmosphère de crise, renforcée par l’absence des dirigeants des plus gros pollueurs, à commencer par le président américain Donald Trump, est néanmoins propice aux injonctions à la remobilisation.Deux ans après l’adoption inédite à Dubaï d’un engagement général à sortir progressivement des énergies fossiles, certains pays refusent que le monde se détourne du problème climatique.Ils ont applaudi une phrase de l’hôte de cette COP, Luiz Inacio Lula da Silva, qui dans son discours d’ouverture a appelé à une “feuille de route” pour “surmonter la dépendance aux combustibles fossiles”.- “Gaz fossiles toxiques” -Parmi ces pays figurent des Européens et de nombreuses petites îles dont l’avenir est hypothéqué par l’intensification des cyclones et la montée des océans.Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, dans les Caraïbes, Gaston Browne, a tempêté contre “les grands pollueurs (qui) continuent de détruire délibérément nos environnements marins et terrestres avec leurs gaz fossiles toxiques”.La sortie du pétrole revient chez de nombreux Européens. Malgré leurs récentes divisions, ils se targuent de réduire depuis plus de trois décennies leurs émissions de gaz à effet de serre et de viser -90% d’ici 2040.Chaque pays doit “élaborer sa stratégie pour éliminer progressivement les combustibles fossiles”, a appelé le président français Emmanuel Macron.- “Pas facile” -La “feuille de route” de Lula sur les énergies fossiles est interprétée comme “un signal clair des priorités du Brésil pour la COP30″, selon Katrine Petersen, du centre de réflexion E3G.”Pas forcément dans les négociations officielles, mais dans l’agenda d’actions” volontaires qui les accompagne, dit à l’AFP Marta Salomon, du centre de réflexion brésilien Instituto Talanoa.Mais le pays hôte du sommet se débat, comme d’autres, avec ses propres contradictions: le Brésil vient de se lancer dans l’exploration pétrolière au large de l’Amazonie, au grand dam des écologistes.Mardi lors d’un entretien à des agences de presse, dont l’AFP, le président brésilien avait lancé: “Nous voulons également proposer une voie pour réduire l’utilisation des combustibles fossiles”. Mais il avait ajouté: “Ce n’est pas facile”.Les paroles de Lula indiquent un intérêt à “pousser politiquement” le sujet à la COP, mais cela ne signifie pas qu’il faille s’attendre à un consensus entre les 200 pays, a prévenu jeudi une source diplomatique brésilienne.- “Langage d’amour” -Les chances d’une décision formelle hostile aux énergies fossiles sont en effet perçues comme quasi-nulles à Belem, le consensus étant obligatoire.Mais la COP30 va donner une place centrale aux engagements volontaires des pays, ce qui pourrait aussi donner des annonces autour du méthane, ingrédient principal du gaz fossile qui s’échappe facilement des gazoducs et installations gazières.Un “frein d’urgence” sur les fuites de méthane doit être actionné, a plaidé Mia Mottley, Première ministre des Barbades. “Ce serait gagnant-gagnant car cela parle le langage d’amour du secteur pétrogazier tout en parlant le langage d’amour de ceux d’entre nous qui veulent sauver la planète”.burs-ico/tmo/lpa

Emmanuel Macron arrivé au Mexique pour “resserrer les liens”

Emmanuel Macron conclut vendredi sa tournée en Amérique latine par une visite à Mexico, où il entend “resserrer les liens” politiques et économiques entre la France et le Mexique, un an après l’entrée en fonctions de la présidente de gauche Claudia Sheinbaum.Le président français est arrivé dans la nuit de jeudi dans la capitale mexicaine en provenance du Brésil, ont constaté des journalistes de l’AFP.Il veut “resserrer les liens politiques et stratégiques” avec ce pays membre du G20 avec lequel “on partage beaucoup de valeurs” sur “le respect des règles fondant l’ordre international, le respect du multilatéralisme”, a dit l’Elysée aux journalistes.”La visite a aussi pour vocation d’approfondir nos liens économiques avec le Mexique”, a ajouté un conseiller du chef de l’Etat.”Ce sera l’occasion d’annoncer une accélération de notre coopération dans tous les domaines : économique, universitaire, scientifique, culturel, mais aussi en matière d’environnement, de santé, et de sécurité”, a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.Le dernier déplacement sur place d’un président français, François Hollande, remonte à onze ans.Emmanuel Macron doit s’entretenir vendredi dans la matinée avec son homologue mexicaine. Les deux présidents réuniront ensuite des dirigeants d’entreprises françaises et mexicaines.Le Mexique est le premier pays latino-américain investisseur en France, tandis que la France se classe comme le 11e investisseur étranger au Mexique.Au-delà de cet aspect économique, Claudia Sheinbaum a clairement fait savoir que pour Mexico, la priorité de cette visite était la demande de retour d’œuvres illustrant la vie et les croyances de la civilisation Mexica, anciennement appelée aztèque, conservées aujourd’hui en France.”Nous sommes très intéressés par certains +codex+”, “que nous souhaitons voir arriver au Mexique. C’est notre principal intérêt”, a dit la présidente la semaine dernière à la presse. Ils “sont très importants pour le Mexique”.Il s’agit notamment du “Codex Borbonicus”, conservé à l’Assemblée nationale française, composé de 36 feuilles en écorce de ficus, et long de 14 mètres.”C’est un dossier important sur lequel nous avons un dialogue qui est très ouvert avec les Mexicains”, a assuré l’Elysée avant le déplacement, soulignant la mise en place depuis septembre “d’un groupe de travail franco-mexicain qui rassemble nos meilleurs experts sur ces sujets”.”Toutes ces initiatives conjointes, on espère pouvoir en parler à Mexico”, a assuré la présidence française.

Former jihadist Syrian leader makes unprecedented White House visit

President Ahmed al-Sharaa will become Syria’s first leader to pay an official visit to the White House on Monday, a crowning achievement for the ex-jihadist who since taking power has ended his country’s isolation.Sharaa, whose rebel forces ousted longtime ruler Bashar al-Assad late last year, will meet President Donald Trump during the unprecedented visit.US envoy …

Former jihadist Syrian leader makes unprecedented White House visit Read More »

Michelin réhabilite l’emblématique quartier des pistes de Clermont-Ferrand

Quatre cents mètres de long, 28 mètres de haut: les emblématiques pistes d’essai de Michelin à l’entrée de Clermont-Ferrand, siège du fabricant de pneus, vont être réhabilitées et ouvertes au public, a annoncé vendredi le groupe.Témoins d’un passé industriel novateur, les immenses tunnels en forme de toboggans, désormais à l’abandon, ont été utilisés pendant près de 70 ans par le manufacturier pour tester ses pneus.Ce site est “un objet unique” qui “n’existe pas ailleurs dans le monde”, explique à l’AFP Patrice Kefalas, directeur du projet global de rénovation d’une immense friche industrielle au coeur de Clermont, “Michelin Innovation Park-Cataroux”.Le projet de réhabilitation des pistes vise à “ouvrir” au public d’ici 2030 ce “lieu imprégné de mystère”, “visible de loin et complètement inaccessible pour l’ensemble des gens”, avec notamment la création d’une expérience immersive payante autour de son histoire, explique-t-il.Plus globalement, le quartier des pistes constitué d’usines désaffectées, d’une surface de 10 hectares, va être entièrement restauré et dédié à la culture et aux loisirs, avec notamment une salle de concerts, de la restauration, un complexe hôtelier et un musée “L’Aventure Michelin” agrandi.Coût du projet: 130 millions d’euros, financés par les collectivités, des partenaires privés et Michelin, qui ambitionne d’y accueillir 400.000 visiteurs par an.”On est en train de faire un accélérateur d’innovation durable et responsable pour dynamiser le territoire”, assure M. Kefalas.Ce chantier s’inscrit dans un projet plus large de réhabilitation du site historique de Cataroux, soit 42 hectares au coeur de la ville, dont une vingtaine toujours occupés par des sites de production, recherche et développement.Trois pôles “d’innovation” ont été présentés ou accueillent déjà du public: un Pôle d’innovation collaborative(PIC) avec “le plus grand coworking de France” selon ses concepteurs, qui ouvrira ses portes en 2026, le Centre des matériaux durables, qui accompagne les entreprises liées au recyclage et aux biotechnologies et la Manufacture des talents, en lien avec la formation.La réhabilitation de cette friche coûtera au total 300 millions d’euros, dont 60 millions financés par Michelin, et permettra à terme la création de 1.000 emplois, espère le groupe.Le but du groupe est aussi de servir de modèle à l’international: “on est en train de développer ce savoir-faire à Clermont-Ferrand. (…) on peut très bien l’imaginer ailleurs” note M. Kefalas, qui évoque un projet “unique au monde”.

Les parents de Mathis, tué par un chauffard sous protoxyde d’azote, réclament une loi

Les parents du jeune Mathis, tué à 19 ans début novembre en plein centre de Lille par un conducteur ayant consommé du protoxyde d’azote, réclament la “sévérité” et une loi interdisant spécifiquement de conduire quand on a en a consommé, a indiqué leur avocat vendredi.Les obsèques sont prévues lundi “dans l’intimité familiale” et une marche blanche pour rendre hommage au jeune homme est organisée le lendemain mardi à 14h à Saint-Omer (Pas-de-Calais), où habite sa famille, a précisé leur avocat, Me Antoine Régley.De nombreux hommages lui ont déjà été rendus sous forme de messages et de fleurs attachés à un arbre près du lieu de l’accident, où se recueillent régulièrement des passants.”Après le temps de l’hommage et du recueillement, viendra celui des combats pour que justice soit rendue”, a poursuivi l’avocat dans un communiqué.Les parents, Laetitia et Emmanuel, demandent la “vérité” et “la rapidité”, pour que le suspect interpellé immédiatement après les faits ne soit pas libéré avant d’être jugé, a déclaré Me Régley à l’AFP.Ils souhaitent également la “sévérité”, a souligné l’avocat, déplorant que l’homme, mis en examen pour homicide routier, risque un maximum de 10 ans de prison, et que la consommation de protoxyde d’azote ne soit pas punie par la loi.Ils veulent rencontrer le ministre de la Justice Gérald Darmanin “pour lui faire des propositions concrètes”, dont celle de “légiférer sur la consommation de protoxyde d’azote au volant”, afin de l’interdire et d’en faire “un chef de prévention autonome”.Le Sénat a voté en mars la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote ou “gaz hilarant”, sans viser spécifiquement la conduite ni aller jusqu’à interdire totalement sa vente aux particuliers, comme l’avaient fait auparavant les députés. L’avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres.Mathis a été tué samedi 1er novembre à 4H48 du matin, “percuté par un véhicule qui roulait à vive allure”, a indiqué lundi le procureur de Lille Samuel Finielz, selon qui l’enquête a établi “une consommation de protoxyde d’azote contemporaine de la conduite du véhicule”.Le conducteur présumé, un homme âgé de 31 ans “connu pour des délits routiers”, a été mis en examen dimanche pour homicide routier avec trois circonstances aggravantes: violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité et de prudence, délit de fuite et refus d’obtempérer. Il a été placé en détention provisoire.

Le typhon Kalmaegi fait cinq morts au Vietnam, après 188 aux Philippines

“Des vagues si hautes qu’elles ont englouti ma maison”: dévastateur, le typhon Kalmaegi perdait en intensité vendredi au Vietnam, où il a fait 5 morts après avoir tué au moins 188 personnes aux Philippines, selon des bilans officiels.Kalmaegi s’enfonce rapidement dans les terres et s’est affaibli, devenant une tempête tropicale. De fortes pluies sont toutefois encore prévues sur une grande partie du littoral central du Vietnam, a prévenu le bureau national de météorologie.Dans les rues longeant la plage de Quy Nhon à Gia Lai, des journalistes de l’AFP ont vu vendredi des secouristes, des soldats et des habitants dégager les arbres déracinés, les débris et les toits en tôle emportés par le vent pendant la nuit.”C’était la deuxième fois que j’assistais à un tel typhon. Le premier remontait à environ dix ans, mais il n’était pas aussi violent”, a déclaré Tran Ngo An, 64 ans, à l’AFP.A ce stade, cinq morts ont été enregistrés dans les provinces de Quang Ngai, Gia Lai and Dak Lak, dans le centre du Vietnam, a annoncé le ministère de l’Environnement, qui fait également état de sept blessés.Au moins 57 maisons se sont effondrées à Gia Lai et dans la province voisine de Dak Lak et près de 3.000 autres ont vu leur toit arraché ou endommagé tandis que 11 bateaux ont coulé, a précisé cette source. A Gia Lai, un pont a été emporté par une crue.Vo Thi Danh, 43 ans, a vu depuis un terrain en hauteur le typhon traverser son village de pêcheurs de Nhon Hai, à Gia Lai, brisant les bateaux et emportant la petite maison en bord de mer où elle vivait avec sa famille.”Les vagues étaient si hautes qu’elles ont englouti toute la maison”, a-t-elle confié en larmes à l’AFP en contemplant les décombres. “Il ne reste plus rien.” C’était l’une des sept maisons du village réduites à un amas de béton et de tôles tordues.”Le toit de ma maison a été emporté”, a raconté aussi à l’AFP Nguyen Van Tam, un pêcheur de 42 ans de cette province, où la tempête a touché terre avec des vents atteignant 149 km/h, selon le ministère.”Nous sommes tous sains et saufs, (mais) le typhon était vraiment terrible, il y a tellement d’arbres tombés”, a-t-il ajouté, soulagé que son bateau soit intact.- Nouveau typhon en vue -La compagnie d’électricité publique a déclaré que 1,6 million de clients avaient été privés de courant. Le service a été rétabli pour un tiers d’entre eux vendredi matin, selon cette source.Le Vietnam est généralement touché par dix typhons ou tempêtes par an, mais Kalmaegi est le 13e de 2025.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.Kalmaegi est arrivé des Philippines, où il a causé de fortes inondations dans le centre du pays ces derniers jours, en particulier dans la province de Cebu, très peuplée. Le bilan national s’élève à au moins 188 morts et 135 disparus.Après Kalmaegi, typhon le plus meurtrier de l’année pour le pays, les Philippines s’inquiètent de l’arrivée dans les prochains jours de Fung Wong, qui a “le potentiel de devenir encore plus puissant”, a déclaré le président Ferdinand Marcos jeudi. Au Vietnam, avant Kalmaegi, les catastrophes naturelles avaient déjà fait 279 morts ou disparus cette année et causé plus de deux milliards de dollars de dégâts, selon l’office national des statistiques. 

La patronne du Louvre défend sa mission, après les critiques de la Cour des comptes

La patronne du Louvre, Laurence des Cars, a affirmé vendredi sa détermination à mener à bien “la modernisation” du grand musée en dépit des vives critiques exprimées la veille par la Cour des comptes, après le vol de joyaux de la Couronne.”Je veux remercier (pour) la confiance qui m’est accordée” pour “porter la transformation du Louvre”, a déclaré la présidente-directrice du musée sur France Info.Le Louvre “a plus que jamais besoin de transformation, de modernisation, pour devenir pleinement un musée du XXIe siècle. Ce qu’il n’est pas aujourd’hui”, a-t-elle ajouté.La présidente, en poste depuis 2021, avait proposé sa démission quelques heures après le vol de joyaux de la Couronne le 19 octobre, mais celle-ci avait été refusée par la ministre de la Culture Rachida Dati.A la demande de cette dernière, Laurence des Cars a convoqué un conseil d’administration d’urgence vendredi après-midi pour revoir la gouvernance du musée le plus visité du monde. Dans un rapport présenté jeudi, la Cour des comptes reproche au Louvre d’avoir “privilégié des opérations visibles et attractives” au détriment de la sécurité.La Cour “a tort d’être aussi sévère”, a réagi Laurence des Cars. Car “nous avons assuré l’ensemble de nos missions et j’ai pris toute la mesure de nos problèmes de sécurité”.Elle a précisé que le plan de sécurisation du musée, ou “schéma directeur” des équipements de sûreté, entrait “en application aujourd’hui”, après avoir été “renforcé et complété” dès 2022.Il consiste en “toute une série de travaux d’améliorations, notamment en matière de vidéosurveillance”, qui constitue “un des points faibles” du musée, a-t-elle rappelé, comme elle l’a l’avait déjà fait lors de son audition devant la commission des affaires culturelles du Sénat le 22 octobre. Si seulement 40% des salles du grand musée sont équipées de vidéosurveillance, “plus de 134 caméras vidéo numériques supplémentaires” ont été installées entre 2023 et 2025, a-t-elle précisé.”Je n’ai pas le sentiment d’avoir échoué, non, j’ai le sentiment de porter un projet de transformation du Louvre car j’ai pris très vite après ma prise de fonction (en septembre 2021, ndlr), la mesure des problèmes du Louvre”, a-t-elle martelé, réaffirmant avoir alerté “la représentation nationale dès 2023”.- “Panier de fraises” -Mme des Cars a aussi défendu la politique d’acquisition d’oeuvres du musée, dont le budget dédié représente 20% des recettes de la billetterie, une part jugée trop importante par la Cour des comptes.En huit ans, le Louvre a acquis 2.754 oeuvres dont moins d’une sur quatre sont exposées, selon son rapport.Mais pour Mme des Cars, “le Louvre est un tout dans lequel il ne faut pas opposer les travaux aux acquisitions des oeuvres, l’accueil de tous les publics”.”L’acquisition de trésors nationaux qui ne doivent pas quitter le territoire français, fait partir de mes priorités. On aurait aussi été extrêmement choqués si nous n’avions pas pu acheter le Chardin”, a-t-elle fait valoir.En 2024, le Louvre a acquis Le “Panier de fraises”, nature morte de Jean Siméon Chardin classée trésor national pour 24,3 millions d’euros. Cet achat a été financé grâce à sa campagne annuelle d’appel aux dons (1,6 million), 15 millions apportés par LVMH, 500.000 euros par la société des amis du Louvre, le reste provenant d’autres grands donateurs et des crédits d’acquisition du musée.Selon Mme des Cars le budget des acquisitions devrait “baisser mécaniquement” grâce à “la différenciation tarifaire de l’entrée du musée (plus chère pour les visiteurs hors UE à compter de 2026, ndlr).Entre 2018 et 2024, le Louvre a mobilisé “105,4 millions d’euros pour l’acquisition d’œuvres et des 63,5 millions d’euros en faveur de la rénovation des aménagements muséographiques”, contre “26,7 millions d’euros pour la mise en œuvre des travaux d’entretien et de mise aux normes et 59,5 millions d’euros pour la réalisation des travaux de restauration du palais au titre des monuments historiques”, détaille le rapport de la Cour des comptes.Parallèlement au débat sur le Louvre, l’enquête se poursuit pour retrouver les joyaux dérobés, d’une valeur de 88 millions d’euros. Quatre suspects ont été mis en examen et écroués.

Télétravail, achats en ligne: la mobilité quotidienne des Français en baisse, selon une étude

Depuis la pandémie de Covid-19, les Français se déplacent relativement moins au quotidien, à la faveur du télétravail et des achats en ligne notamment, une baisse de près de 10% de la mobilité, selon une étude publiée par l’organisme Cerema.Rassemblant des enquêtes mobilités réalisées depuis 2021 dans dix agglomérations, dont Caen, Bordeaux et Saint-Etienne -mais pas l’agglomération parisienne- le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), met en avant des tendances. Une synthèse qui ne relaie pas de données des territoires ruraux situés loin des villes.Cette instance gouvernementale conclut à “une baisse de près de 10% de la mobilité quotidienne par résident, en nombre et en kilomètres, au sein des aires urbaines depuis le début des années 2010”. Cette diminution, poursuit le Cerema, est “nouvelle et constatée quelle que soit la typologie de territoire: du centre-ville d’agglomération dense aux territoires ruraux des aires urbaines”. Ce sont les personnes en âge de travailler, entre 25 et 65 ans, qui en sont responsables: “9% d’entre elles ne sortent pas de chez elles un jour de semaine, contre 7% il y a 10 ans”, explique le Cerema. Par ailleurs, le nombre de leur déplacement a chuté, passant de 4,7 à 4,3 par jour, soit une baisse de près de 10%.En revanche, les 75 ans et plus sont davantage actifs: “30% ne sortent pas de chez eux un jour de semaine contre 35% dix ans auparavant, et ceux qui sortent de chez eux effectuent toujours en moyenne 3,4 déplacements par jour.”La faute au télétravail? Pas seulement, répond le Cerema, qui souligne un “effet mesuré sur la mobilité quotidienne” de cette nouvelle pratique post-pandémie. “Tout le monde ne télétravaille pas”, rappelle l’instance, précisant que sur les territoires étudiés, “seuls 6% des actifs sont en télétravail un jour de semaine, une proportion qui atteint 13% chez les cadres”.Même si cette baisse de la mobilité est “portée principalement” par une chute de l’ordre de -15% de déplacements quotidiens à destination du travail par personne, d’autres facteurs s’y ajoutent. Les Français restent davantage chez eux, profitant des achats en ligne et des livraisons à domicile, quand les déplacements pour les démarches de santé et d’accompagnement ont baissé.    D’autre part, la marche et le vélo sont en hausse sur des trajets de moins de 10 km (44%, +9 points) dans les grands centres urbains. A l’inverse, les longs déplacements quotidiens sont toujours réalisés à plus de 80% en voiture.  

Quatre personnes interpellées après des incidents lors d’un concert d’un orchestre israélien à Paris

Quatre personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à la Philharmonie de Paris, qui ont causé l’interruption à trois reprises d’un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël, dont la présence en France suscitait la polémique.”La violence n’a pas sa place dans une salle de concert”, a dénoncé la ministre de la Culture Rachida Dati, en soulignant que “la liberté de programmation et de création est un droit fondamental de notre République”.Comme la ministre, la Cité de la musique-Philharmonie de Paris a condamné “fermement les graves incidents” survenus dans la grande salle de concert et a annoncé avoir porté plainte.Des vidéos visibles en ligne témoignent de la confusion dans la salle Pierre-Boulez: plusieurs d’entre elles montrent une personne qui brandit un fumigène depuis les gradins. D’autres personnes tentent de s’interposer et des violences éclatent.”A trois reprises, des spectateurs en possession d’un billet ont tenté de diverses manières d’interrompre le concert, dont deux fois avec l’usage de fumigènes”, a précisé la Philharmonie, dont le dispositif de sécurité avait été renforcé pour cet événement.”Les fauteurs de troubles ont été évacués et le concert, qui avait dû s’interrompre, a repris et s’est achevé dans le calme” sous la direction du chef d’orchestre Lahav Shani et avec le pianiste Sir András Schiff, a-t-elle poursuivi.Des policiers “ont permis l’interpellation rapide de plusieurs auteurs de troubles graves à l’intérieur de la salle et de contenir les manifestants à l’extérieur”, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dans un message sur X, en condamnant ces agissements.Les gardes à vue concernent trois femmes et un homme, dont trois pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations et une pour organisation d’une manifestation non déclarée, a détaillé le parquet de Paris.- Déprogrammé en Belgique -“Ce qu’on a vu hier (jeudi), c’était vraiment la preuve que les Français en ont assez parce que dès que ces voyous ont fait sortir des fumigènes, ils se sont fait tabasser. C’était le public qui réagissait naturellement”, a déclaré à l’AFP l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, qui était présent au concert.Ce ne sont “pas que des Juifs qui ont réagi”, a-t-il poursuivi, précisant que dans le public, les spectateurs étaient de toutes les origines.Manon Aubry, députée européenne LFI, a refusé sur Cnews-Europe 1 de condamner les violences, en soulignant que l’orchestre “représente l’Etat israélien”. “Aujourd’hui le meilleur moyen que ce type d’incident ne se reproduise pas, c’est que le gouvernement israélien arrête de massacrer tout un peuple”, a-t-elle lancé.Pour sa part, la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a dénoncé des actes “intolérables” provoqués par “des activistes antisémites d’extrême gauche” et a appelé à “une réponse judiciaire exemplaire”.En septembre, l’Orchestre philharmonique de Munich avait été déprogrammé d’un festival belge où il devait se produire sous la direction de Lahav Shani, un jeune chef de 36 ans.Lahav Shani avait alors accusé la direction du festival belge d’avoir cédé “aux pressions politiques”. “Elle a exigé que je fasse une déclaration politique malgré mon engagement de longue date et publiquement exprimé en faveur de la paix et de la réconciliation”, avait-il déclaré.Ces derniers jours, la polémique avait enflé sur la venue de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Paris. Des militants propalestiniens avaient demandé l’annulation du concert. Le syndicat de la CGT-Spectacle réclamait que la Philharmonie “rappelle à son public les accusations gravissimes qui pèsent contre les dirigeants” d’Israël, notamment dans la guerre à Gaza.Lundi, la Philharmonie de Paris avait dit espérer que le concert “puisse se tenir dans les meilleures conditions possibles” et rappelé qu’elle accueillait “aussi bien des artistes israéliens que palestiniens” sans “jamais” exiger de prise de position des artistes sur des enjeux politiques sensibles.”La violence n’est pas un débat. Et la faire entrer dans une salle de concert est très grave”, a-t-elle réaffirmé vendredi.

Opération Cloudburst : les Pays-Bas s’entraînent contre des inondations massives

Le bourdonnement d’un hélicoptère Chinook à deux hélices rompt le calme de la campagne néerlandaise, l’engin planant à quelques mètres d’un canal avant de déverser quatre énormes sacs de sable dans l’eau: l’opération Cloudburst est lancée.Cet exercice de cinq jours simule des inondations catastrophiques causées par les “bombes de pluie”, une crainte omniprésente dans un pays où 60 % de la population vit sous le niveau de la mer et où le changement climatique ne peut qu’aggraver la situation. L’opération, qui réunit l’armée, les responsables de la planification des crises et les autorités locales chargées de la gestion de l’eau, teste leurs réponses face à un scénario de précipitations de 200 millimètres (200 litres par m2) en une journée, soit un quart de la quantité annuelle qui tombe aux Pays-Bas. Un tel scénario s’apparente aux inondations qui ont dévasté l’Europe occidentale en 2021, faisant près de 200 morts en Allemagne et 40 en Belgique.De vastes zones des Pays-Bas avaient quant à elles été inondées.”Les Néerlandais, dès leur naissance, savent qu’ils devront lutter contre l’eau”, explique le commandant Michel Vrancken.Ils “savent que l’eau peut toujours être un ennemi”, poursuit le jeune homme de 25 ans auprès de l’AFP, pendant que son unité empile des sacs de sable. Son équipe s’entraîne à déployer un barrage mobile capable de ralentir les crues destructrices. – Changement climatique – C’est par nécessité que les Néerlandais sont devenus les leaders mondiaux en matière de gestion de l’eau et des inondations.Si la nature avait suivi son cours, la majeure partie des Pays-Bas serait un marécage boueux, loin de l’actuelle cinquième économie de l’Union européenne.Sans défenses solides, 60 % du pays serait régulièrement inondé, affectant quelque neuf millions d’habitants, selon le gouvernement.Pour Marian Booltink, superviseure de l’opération et coordinatrice de crise à l’association locale de gestion des inondations, apprendre à prévenir les inondations est vital aux Pays-Bas.”Le changement climatique affecte mon travail, car nous savons désormais que nous allons connaître davantage de crises dues à la sécheresse ou aux inondations”, explique-t-elle à l’AFP. Bart Vonk, président du Comité national de coordination en cas de risque d’inondation, supervise quant à lui les niveaux de l’eau et les défenses contre les inondations dans tout le pays. “L’impact de l’eau sur une personne est immense”, explique l’homme de 64 ans dans son bureau, entouré de grands écrans affichant en temps réel les données nationales sur l’eau. “Ce que j’ai appris au cours de ma carrière, c’est qu’il ne faut pas sous-estimer la force de l’eau, mais aussi l’impact sur les personnes dont la maison est inondée”, déclare M. Vonk.Lui et son équipe veillent à ce que le pays soit prêt à faire face à des scénarios extrêmes, comme celui d’une sécheresse entraînant l’échouage de tous les bateaux de navigation intérieure, ou alors une tempête dévastatrice.  – Rester proactifs – Les Néerlandais mettent l’innovation et les technologies dernier cri au service d’un problème vieux de plusieurs siècles. Des drones inspectent les digues et les barrages, produisant des données qui sont ensuite analysées par l’IA pour identifier les points faibles.Autre innovation : les “œufs verts”, des dispositifs qui détectent les castors qui, en creusant, peuvent s’avérer dévastateurs pour les défenses contre les inondations.Pour M. Vonk, la réussite néerlandaise dans ce domaine réside dans la proactivité car “nous ne pouvons pas accepter d’incidents, les conséquences sont trop importantes.”Il ajoute toutefois que les Néerlandais ont beaucoup appris d’autres pays comme le Royaume-Uni, notamment en matière de reconstruction après des inondations majeures.M. Vonk reconnaît également que le changement climatique rend son travail “de plus en plus difficile”.La fonte des glaciers des Alpes fait monter le niveau des rivières aux Pays-Bas, les tempêtes et les sécheresses sont plus fréquentes et la montée des eaux augmente la salinité, explique-t-il.Sa plus grande crainte serait une rupture de la digue qui protège les Pays-Bas. “L’impact serait immense”, mais il a confiance dans les préparatifs néerlandais.”Je dors toujours très bien… nous sommes de très bons protecteurs… la probabilité est donc vraiment très, très faible”, conclut-il.