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Festival de BD d’Angoulême: le scénario d’une gestion partagée n’éteint pas l’incendie

L’association propriétaire du festival de BD d’Angoulême (FIBD) a proposé samedi de confier son organisation future à un binôme associant son actuel délégataire, très critiqué, sans mettre fin à l’appel au boycott de la prochaine édition en cas de reconduction.Ce dernier, la société privée 9eArt+, et la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image (CIBDI), un établissement public qui abrite le musée de la BD, doivent soumettre “un projet commun” d’ici au 20 novembre, a annoncé l’association à l’issue d’un appel à projets pour l’organisation de l’événement après 2028.Depuis 2007 et jusqu’en 2027, celle-ci est confiée à 9eArt+.Ce “rapprochement” entre les deux offres candidates vise à produire une “plus grande transparence dans la gestion de l’événement” et offre aux financeurs publics du festival – État et collectivités locales, qui subventionnent aussi la CIBDI – “l’opportunité de prendre une place appropriée” dans sa gouvernance, a fait valoir l’association dans un communiqué.Et d’espérer “que les auteurs et leurs éditeurs considèreront que leur voix a été entendue dans une telle réorganisation”, a-t-elle ajouté, précisant que l’actuel organisateur avait “apporté des garanties” quant au départ de son délégué général décrié, Franck Bondoux.- “Manœuvre” -Raté: le syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac) et le Syndicat des travailleurs.euses Artistes-Auteur.ices (STAA) CNT-SO, dénonçant une reconduction déguisée de 9e Art+, ont confirmé leur appel à boycotter la prochaine édition, du 29 janvier au 1er février 2026.Samedi, la pétition en ligne totalisait près de 2.300 signatures, dont celles de la dessinatrice et autrice française Anouk Ricard, qui avait reçu le Grand Prix d’Angoulême en 2025, et de plusieurs précédents lauréats comme la Britannique Posy Simmonds, l’Américain Art Spiegelman ou les Français Blutch et Lewis Trondheim.”Puisque l’association refuse de tourner la page, nous n’avons d’autre choix que de refermer le livre”, a cinglé le premier, tandis que le second fustigeait “une manœuvre qui ne trompe personne”, par laquelle Delphine Groux, présidente de l’association du FIBD, ne chercherait qu’à “gagner du temps”.De son côté, le syndicat national de l’édition (SNE), a dénoncé la “totale opacité” du processus de sélection du FIBD, et réclamé “une clarification” et “des réponses satisfaisantes sur cette nouvelle structure organisatrice”.”Sans cette nécessaire transparence, le groupe BD du SNE ne participera pas à l’édition 2027 et suivantes”, a menacé le syndicat, qui sera néanmoins présent à l’événement en janvier.En début d’année, le festival 2025 avait été marqué par une virulente mise en cause de 9eArt+, accusé dans l’Humanité magazine d’opacité financière, de “dérives” mercantiles et d’avoir licencié une salariée, en 2024, qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival.Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et la jeune femme conteste son licenciement pour “faute grave” – l’entreprise lui reproche un “comportement incompatible” avec son image – devant les prud’hommes.L’affaire était remontée jusqu’au ministère de la Culture, qui s’inquiétait des “dysfonctionnements” évoqués dans la presse.- Page blanche ? -“9eArt+ a défini en 20 ans les canons de ce qu’est le festival aujourd’hui. Je vois dans la décision de l’association une forme de reconnaissance et de confiance”, a salué Franck Bondoux.”On va se rapprocher de la Cité et se mettre au travail”, a-t-il indiqué à l’AFP.Patrick Mardikian, président de la CIBDI, n’est pas opposé à un rapprochement des projets mais il souhaite que la Cité soit chargée par les financeurs publics de “piloter un travail de préfiguration, en lien avec l’interprofession” de la bande dessinée.”Nous avons l’opportunité d’écrire une page blanche mais cela doit être organisé”, a-t-il déclaré, jugeant le délai fixé au 20 novembre “pas tenable”.Les collectivités (Région Nouvelle-Aquitaine, Conseil départemental de Charente, intercommunalité du Grand Angoulême et ville d’Angoulême), qui cofinancent le festival avec l’État à hauteur de 40%, ont pris acte, “compte tenu du retrait” annoncé de Franck Bondoux, de la proposition de l’association.Elles “souhaitent qu’une nouvelle page s’écrive” pour assurer “le développement et la pérennité” du festival.”J’ai eu du mal à être entendu mais je ne peux que le répéter: je n’ai pas vocation à rester au-delà de 2028 en tant que DG et ma fille n’a pas vocation à me succéder”, a martelé M. Bondoux, souhaitant renouer le dialogue avec ses détracteurs.

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COP30: sans les indigènes, “pas d’avenir pour l’humanité”, avertit une ministre brésilienne

La ministre des Peuples indigènes du Brésil, Sonia Guajajara, espère que les autochtones pourront jouer les premiers rôles à la COP30 à Belem, en Amazonie, qui débute lundi: sans eux, “il n’y a pas d’avenir pour l’humanité”, dit-elle à l’AFP.Membre de l’ethnie Guajajara-Tenetehara, née dans une réserve indigène de l’État du Maranhao (nord-est), elle est la première à occuper ce portefeuille créé par le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à son retour au pouvoir pour un troisième mandat, en 2023.A la veille de la conférence climat de l’ONU à Belem, Mme Guajajara, 51 ans, prévoit “la meilleure COP en termes de participation indigène”, tout en dénonçant le “racisme” dont souffrent les autochtones.Elle déplore par ailleurs que son gouvernement n’ait pas pu homologuer davantage de réserves indigènes. Selon elle, ce mouvement a été freiné par une loi approuvée par le Parlement brésilien, à majorité conservatrice, qui restreint la reconnaissance des terres revenant de droit aux autochtones.Le plus grand pays d’Amérique latine compte 1,7 million d’indigènes, répartis en 391 ethnies parlant 295 langues, sur plus de 200 millions d’habitants.QUESTION: Pensez-vous que le fait que la COP ait lieu pour la première fois en Amazonie contribuera à mieux faire connaître les peuples indigènes?RÉPONSE: “Il y a une grande ignorance, un racisme très présent dans la société en général concernant les peuples autochtones. La COP peut contribuer de manière significative à une meilleure compréhension du rôle joué par les peuples autochtones dans l’équilibre climatique.La présence d’autochtones, que ce soit sur un territoire délimité ou non, garantit une eau propre, une biodiversité protégée, une alimentation sans produits chimiques, des forêts préservées.Et l’humanité a besoin de tout cela pour continuer à exister. C’est pourquoi nous disons que sans les peuples indigènes, sans leurs voix, il n’y a pas d’avenir pour l’humanité.”Q: Comment avez-vous vu évoluer la représentation des peuples autochtones dans les discussions sur le climat?R: “Une COP en Amazonie doit prendre en compte les voix des peuples indigènes, des communautés traditionnelles, de toutes les personnes qui ont toujours eu beaucoup de mal à se rendre sur les lieux où se déroule la conférence.En 2009, lorsque j’ai participé à ma première COP, la COP15, à Copenhague, il y avait un ou deux indigènes présents, mais ils ne participaient pas activement. Nous avons travaillé pour promouvoir cette inclusion et augmenter cette représentation. Depuis, il y a eu une évolution énorme.Nous sommes encore loin de vraiment jouer les premiers rôles, mais j’ai trouvé le sommet (de dirigeants mondiaux qui a précédé la COP30) encourageant. Les dirigeants qui se sont prononcés ont évoqué l’importance d’inclure les peuples indigènes, de leur attribuer des financements et de garantir la protection de leurs territoires.”- “Gardiens de la forêt” -Q: Quel est l’impact du changement climatique sur les peuples autochtones?R: “Il se fait sentir de diverses manières, avec de grandes inondations, de grandes sécheresses, qui affectent directement notre quotidien.Nous sommes reconnus comme les gardiens et gardiennes de la forêt, de l’environnement, de la biodiversité, mais, du fait de notre mode de vie, nous souffrons en premier de l’impact des changements climatiques, et c’est nous qui en souffrons le plus.En cas de sécheresse, quand le niveau des rivières baisse, cela provoque une insécurité alimentaire, car les poissons meurent. Et les enfants ne peuvent pas aller à l’école, car le transport fluvial est compromis.”Q: Certains leaders indigènes reprochent au gouvernement Lula de ne pas aller assez vite dans l’homologation de nouvelles réserves: que répondez-vous à ces critiques?R: “Il est clair que nous ne sommes pas satisfaits du rythme de l’homologation des terres indigènes, car ce gouvernement s’est engagé à les faire avancer.Mais nous faisons face aujourd’hui à un obstacle légal connu de tous, une loi qui a malheureusement été approuvée par le Parlement. Elle existe, on ne peut pas l’ignorer, car si on le fait, on risque d’être hors la loi.Des décrets d’homologation de réserves signés en décembre dernier par le président Lula ont déjà fait l’objet de recours à la Cour suprême. Nous cherchons des moyens de débloquer ce processus, mais bien que le rythme soit lent, nous avons homologué en trois ans 16 réserves indigènes, davantage que lors des 10 années précédant le début du troisième mandat de Lula.”

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Une tornade fait six morts et plus de 430 blessés dans le Sud du Brésil

Au moins six personnes ont été tuées et 432 blessées par une tornade qui a dévasté une localité du sud du Brésil, dans l’Etat du Parana, ont annoncé samedi les autorités locales.Selon le dernier bilan des autorités régionales, le nombre de victimes est passé à 6 morts, contre 5 auparavant. 432 personnes ont été blessées et deux sont portées disparues, un chiffre qui pourrait encore augmenter, selon les autorités.Le phénomène météorologique a entraîné des destructions sans précédent dans la région, à quelque 300 km des célèbres chutes d’Igaçu.La tornade, qui n’a duré que quelques minutes, a renversé des voitures et détruit des maisons entières à Rio Bonito do Iguaçu, une localité de 14.000 habitants.Des habitants ont raconté aux médias locaux que la tornade était accompagnée d’une tempête, de vents violents et de grêle.- Vents à 250 km/h -“Tout a été détruit. La ville, les maisons, les écoles. Qu’est-ce qu’on va devenir?”, a déclaré à une chaîne locale Roselei Dalcandon, devant son magasin en ruines. Elle venait de sortir de son échoppe lorsque la tornade est arrivée, son fils restant seul à l’intérieur.”Quand le vent s’est un peu calmé, mon mari est arrivé en courant. Mais il (son fils, ndlr) allait bien. Le magasin avait disparu, mais il s’en est sorti (vivant), Dieu l’a sauvé”, a-t-elle ajouté.”Je tiens à exprimer mes sincères condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans la tornade (…) Et à offrir ma solidarité à toutes les personnes touchées”, a écrit sur X le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.Selon la défense civile, 90% de la ville a été touchée. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de nombreuses maisons avec le toit arraché ou totalement détruites.Les secours fouillent dans les décombres à la recherche de survivants ou de corps. Un refuge a été mis en place dans une ville voisine.”C’est une scène de guerre”, a déclaré au portail G1 le colonel Fernando Schunig, directeur de la Défense civile du Parana. Le nombre de victimes risque d’augmenter, la tornade ayant frappé le centre de la ville, a ajouté l’officier.Selon le Système de technologie et de surveillance environnementale du Parana, les vents ont atteint de 180 à 250 km/h. Il y a eu “des chutes d’arbres et même des (destructions de) maisons en dur”, a précisé l’organisme.- “Violentes tempêtes” -Les villes de Rio de Janeiro et Sao Paulo ont par ailleurs relevé leur niveau d’alerte en raison des vents violents et des pluies, et les autorités ont demandé à la population d’éviter tout déplacement.”Sous la direction du président Luiz Inacio Lula da Silva, nous travaillons sur les plans d’aide humanitaire, l’envoi d’équipements et le soutien à la reconstruction”, a annoncé sur son compte X le ministre de l’Intégration et du Développement Régional, Waldez Goes.De son côté, le gouverneur du Parana, Ratinho Junior, a précisé que “les forces de sécurité (étaient) en alerte, mobilisées et (surveillaient) les villes touchées par les violentes tempêtes”, lui aussi sur X. L’Institut National de Météorologie maintient pour le weekend une alerte de “danger de tempêtes” dans tout le Parana, ainsi que dans les autres Etats méridionaux de Santa Catarina et Rio Grande do Sul, proches de l’Argentine et de l’Uruguay.Depuis le début du mois de novembre, plusieurs villes du Parana font face à de fortes pluies, des orages, des vents violents et de la grêle.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.

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Climat: pour Cyril Dion, cinéaste écologiste, la COP évite “le fond du problème”

La diplomatie climatique qui réunit les dirigeants mondiaux, lors des COP, évite “le fond du problème” qui est nos modes de vie, estime le cinéaste et militant écologiste Cyril Dion dans un entretien avec l’AFP.Cyril Dion ressort dix ans après son film “Demain”, le 8 décembre, et a publié le 15 octobre ses chroniques pendant un an sur France Inter, dans un livre intitulé “La Lutte enchantée” (Actes Sud).Question: “Demain” avait été un beau succès public en 2015. Mais dix ans après, n’êtes-vous pas désespéré que la situation de la planète ait autant empirée ?Réponse: Ça dépend à quelle échelle on regarde. Anne Hidalgo, qui disait que toute sa politique vélo avait été inspirée notamment par ce qu’elle avait vu dans “Demain”, avec l’exemple de Copenhague, est la maire de la première ville cyclable d’Europe, où la pollution de l’air et le trafic routier ont été divisés par deux. En revanche, si on regarde des trajectoires globales, effectivement on n’a jamais émis autant de gaz à effet de serre, jamais consommé autant d’énergie, autant de matières premières, et tout ça est tiré notamment par des économies qui sont industrialisées de façon plus récente.Q: Pour en parler il y a les conférences des Nations unies sur le climat (COP), dont celle qui s’ouvre à Belém. Ces grands rassemblements vous donnent-ils un peu espoir ?R: Je pense que ce n’est pas inutile d’avoir des moments de diplomatie, où les États se parlent, et où les médias couvrent le sujet climatique. Même si c’est un peu malheureux qu’il faille attendre ces grands rendez-vous (ou des catastrophes) pour s’intéresser à cet enjeu vital pour l’humanité. Un moment où les activistes peuvent essayer de faire pression. Pour autant, chaque fois qu’il y a une COP, c’est la même question: est-ce que vous pensez que les États vont trouver une solution ? Non, parce que le fond du problème, c’est que pour adapter notre mode de vie, notre planète au péril écologique, il faudrait considérablement réduire notre consommation de matière et d’énergie. Or, cela va vraiment à l’opposé de tout ce que la plupart des grandes entreprises dans le monde veulent faire, c’est-à-dire continuer à se développer, à engendrer de la croissance et de plus en plus de bénéfices.Q: Quels modes d’action vous semblent plus efficaces alors ?R: Le seul moyen que les choses changent serait que les populations, dans un sursaut à la fois démocratique et de survie, choisissent d’élire des personnes qui sont prêtes à entamer le bras de fer. Et prêtes à transformer nos institutions, grâce à des mécanismes de démocratie délibérative, comme ce qu’on a pu expérimenter avec la Convention citoyenne pour le climat. Bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir prendre l’avion quand on veut, bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir manger votre steak quand vous en avez envie, mais on a un problème, c’est que le climat se réchauffe et ce problème-là, on va tous le ressentir. Donc maintenant, est-ce qu’on peut tous se mettre autour de la table et essayer de trouver des solutions qui soient à la fois acceptables, justes et en même temps qui soient efficaces, c’est-à-dire qui nous permettent de vraiment résoudre le problème. Ce problème démocratique-là, pour moi, il est vraiment au centre de notre capacité ou non d’affronter la dévastation écologique. Et tant qu’on ne l’aura pas traité, je pense qu’on pourra faire autant de COP qu’on voudra, malheureusement ça n’accouchera que de mesures qui temporiseront le problème et qui ne le résoudront pas.

Climat: pour Cyril Dion, cinéaste écologiste, la COP évite “le fond du problème”

La diplomatie climatique qui réunit les dirigeants mondiaux, lors des COP, évite “le fond du problème” qui est nos modes de vie, estime le cinéaste et militant écologiste Cyril Dion dans un entretien avec l’AFP.Cyril Dion ressort dix ans après son film “Demain”, le 8 décembre, et a publié le 15 octobre ses chroniques pendant un an sur France Inter, dans un livre intitulé “La Lutte enchantée” (Actes Sud).Question: “Demain” avait été un beau succès public en 2015. Mais dix ans après, n’êtes-vous pas désespéré que la situation de la planète ait autant empirée ?Réponse: Ça dépend à quelle échelle on regarde. Anne Hidalgo, qui disait que toute sa politique vélo avait été inspirée notamment par ce qu’elle avait vu dans “Demain”, avec l’exemple de Copenhague, est la maire de la première ville cyclable d’Europe, où la pollution de l’air et le trafic routier ont été divisés par deux. En revanche, si on regarde des trajectoires globales, effectivement on n’a jamais émis autant de gaz à effet de serre, jamais consommé autant d’énergie, autant de matières premières, et tout ça est tiré notamment par des économies qui sont industrialisées de façon plus récente.Q: Pour en parler il y a les conférences des Nations unies sur le climat (COP), dont celle qui s’ouvre à Belém. Ces grands rassemblements vous donnent-ils un peu espoir ?R: Je pense que ce n’est pas inutile d’avoir des moments de diplomatie, où les États se parlent, et où les médias couvrent le sujet climatique. Même si c’est un peu malheureux qu’il faille attendre ces grands rendez-vous (ou des catastrophes) pour s’intéresser à cet enjeu vital pour l’humanité. Un moment où les activistes peuvent essayer de faire pression. Pour autant, chaque fois qu’il y a une COP, c’est la même question: est-ce que vous pensez que les États vont trouver une solution ? Non, parce que le fond du problème, c’est que pour adapter notre mode de vie, notre planète au péril écologique, il faudrait considérablement réduire notre consommation de matière et d’énergie. Or, cela va vraiment à l’opposé de tout ce que la plupart des grandes entreprises dans le monde veulent faire, c’est-à-dire continuer à se développer, à engendrer de la croissance et de plus en plus de bénéfices.Q: Quels modes d’action vous semblent plus efficaces alors ?R: Le seul moyen que les choses changent serait que les populations, dans un sursaut à la fois démocratique et de survie, choisissent d’élire des personnes qui sont prêtes à entamer le bras de fer. Et prêtes à transformer nos institutions, grâce à des mécanismes de démocratie délibérative, comme ce qu’on a pu expérimenter avec la Convention citoyenne pour le climat. Bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir prendre l’avion quand on veut, bien sûr que c’est chiant de ne pas pouvoir manger votre steak quand vous en avez envie, mais on a un problème, c’est que le climat se réchauffe et ce problème-là, on va tous le ressentir. Donc maintenant, est-ce qu’on peut tous se mettre autour de la table et essayer de trouver des solutions qui soient à la fois acceptables, justes et en même temps qui soient efficaces, c’est-à-dire qui nous permettent de vraiment résoudre le problème. Ce problème démocratique-là, pour moi, il est vraiment au centre de notre capacité ou non d’affronter la dévastation écologique. Et tant qu’on ne l’aura pas traité, je pense qu’on pourra faire autant de COP qu’on voudra, malheureusement ça n’accouchera que de mesures qui temporiseront le problème et qui ne le résoudront pas.

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“C’est comme ça que je vais mourir”: le Japon terrorisé par des attaques d’ours de plus en plus nombreuses

Keiji Minatoya a cru sa dernière heure arrivée lorsqu’un ours a surgi de son garage, l’a plaqué au sol et lui a mordu le visage dans le nord du Japon, où les attaques mortelles de ces mammifères se multiplient ces derniers mois.Lui a survécu à cette attaque survenue en 2023 dans le département d’Akita (nord du Japon). Mais depuis avril dernier, 13 personnes ont été tuées par des ours dans l’archipel, un record, et les signalements de plantigrades pénétrant dans des maisons, rôdant près des écoles ou semant la panique dans des supermarchés ne cessent d’affluer.Même si les données parfois fragmentaires rendent les comparaisons difficiles, le Japon a été parmi les pays du monde les plus touchés par des attaques mortelles ces dernières années.Le gouvernement tente de faire face à cette vague d’attaques, que les scientifiques attribuent à une population d’ours en forte croissance et à une pénurie de nourriture cette année, notamment de glands, entraînant des montagnes “surpeuplées” de plantigrades affamés. La désertification humaine des campagnes accentue le phénomène.M. Minatoya, un pâtissier de 68 ans, se souvient avoir lutté pour se protéger la tête avant de réussir à se réfugier dans sa cuisine. “Je me disais: +C’est comme ça que je vais mourir+”, raconte-t-il.Le bilan de l’année fiscale en cours (débutée en avril) est déjà deux fois supérieur au précédent record, deux ans plus tôt. Les attaques d’ours bruns — pouvant peser 500 kg et courir plus vite qu’un homme — et d’ours noirs asiatiques touchent surtout le nord du pays.Parmi les récentes victimes figurent un homme de 67 ans retrouvé décapité en octobre dans le département d’Iwate, voisin d’Akita, et un autre sexagénaire probablement attaqué alors qu’il nettoyait un bain extérieur dans une station thermale isolée. Son corps a été retrouvé dans la forêt voisine.Plus de 100 personnes ont par ailleurs été blessées entre avril et septembre, selon les données officielles.- “Les ours ont gagné du terrain” -La population d’ours a rapidement augmenté, en raison de l’abondance de nourriture — glands, cerfs ou sangliers — liée au réchauffement climatique. Le nombre d’ours bruns a doublé en 30 ans, à 12.000 individus, tandis que la population d’ours noirs atteint 42.000 sur Honshu, l’île principale du Japon, selon un rapport gouvernemental.”La taille de la population dépasse la capacité des montagnes”, explique Naoki Ohnishi, chercheur à l’Institut de recherche sur la forêt. Bien que la hausse des températures ait entraîné une abondance de glands, la production fluctue beaucoup d’une année à l’autre. Elle a été relativement faible cette année… et en 2023, quand Keiji Minatoya a été attaqué.Résultat: des ours, souvent accompagnés de leurs petits, descendent chercher de la nourriture jusqu’en ville, observe Shinsuke Koike, professeur à l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo. Les plus jeunes, au contact de l’homme, deviennent moins craintifs et s’habituent aux fruits cultivés.Le recul de la population rurale nippone, à cause de la faible natalité et de l’exode des jeunes vers les villes, réduit aussi les activités humaines en lisière des forêts, brouillant les frontières entre habitats. Dans les petites villes d’Akita, les rues sont désertes. “En 2023, les ours ont gagné du terrain” sur les zones habitées, note M. Ohnishi. “Cette année, ils vont encore plus loin.”- “Parc safari pour ours” -La peur est palpable dans les villages, où les habitants accrochent des clochettes à leurs sacs pour effrayer les ours et discutent des attaques dans les bars. Partout, des panneaux avertissent du danger. “J’ai le sentiment que les ours descendent plus souvent” des montagnes. “On entend presque chaque jour parler d’attaques”, s’alarme Kakeru Matsuhashi, un “matagi” (chasseur traditionnel dans le nord-est du Japon) de 28 ans.Pour Naoki Ohnishi, “un abattage massif” d’ours est la seule solution efficace pour assurer la sécurité des habitants. Le gouvernement a inscrit l’ours sur la liste des espèces à réguler l’an dernier, revenant sur des décennies de protection. Mais les ressources manquent: le nombre de chasseurs a chuté de moitié depuis 1980 pour atteindre 220.000 en 2020, dont la plupart sont au moins sexagénaires.Plus de 9.000 ours ont été abattus en 2023-2024, et 4.200 individus supplémentaires entre avril et septembre. A Akita, où plus de 1.000 ours ont déjà été tués cette année, les autorités ont demandé l’aide de l’armée japonaise, déployée cette semaine pour transporter pièges à ours, chasseurs et animaux capturés. Des policiers anti-émeute peuvent par ailleurs tirer sur les ours à présent, après un assouplissement des règles sur l’usage de leurs armes.L’hiver apportera un répit: les ours vont hiberner, réduisant les incursions, mais la menace persiste. On a “l’impression de vivre dans un parc safari pour ours”, confie Hajime Nakae, professeur en médecine d’urgence à l’hôpital universitaire d’Akita, qui soigne des blessures d’ours depuis 30 ans. Selon lui, les attaques sont devenues plus violentes: avant, un ours surpris frappait puis fuyait, mais aujourd’hui, “il charge à dix mètres et saute sur vous”.Sans mesures fortes, il estime que la situation ne fera que se détériorer: “Nous assistons à une catastrophe.”

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Une tornade fait cinq morts et plus de 400 blessés dans le Sud du Brésil

Au moins cinq personnes ont été tuées et 432 blessées par une tornade qui a dévasté une localité du sud du Brésil, dans l’Etat du Parana, ont annoncé samedi les autorités locales.”La Défense civile du Parana a le regret d’annoncer que cinq décès ont été confirmés après la tornade” qui a frappé vendredi la municipalité de Rio Bonito do Iguaçu, détruite à près de 80%, a indiqué cet organisme dans un communiqué envoyé à l’AFP.Les vents violents ont renversé des voitures et entièrement détruit des maisons dans cette petite ville de 14.000 habitants située à environ 400 kilomètres de la capitale de l’Etat, Curitiba. Le phénomène météorologique a entraîné des destructions sans précédent dans la région, à quelque 300 km des célèbres chutes d’Igaçu. Les pompiers du Parana et les services de santé de plusieurs municipalités voisines ont jusqu’à présent pris en charge 432 blessés, a déclaré le gouvernement du Parana dans un communiqué. Parmi eux, neuf le sont grièvement et plusieurs ont dû subir une intervention chirurgicale.De plus, deux personnes sont portées disparues, a indiqué le gouvernement local.”C’est un scénario de guerre”, a déclaré au portail G1 le colonel Fernando Schunig, directeur de la Défense civile du Parana. “Il y a une grande possibilité qu’il y ait davantage de victimes. Malheureusement, cette tornade a frappé le périmètre urbain de la ville et, lorsque ces événements se produisent dans la partie urbaine, les dégâts sont vraiment très importants, très meurtriers”, a ajouté le colonel.Selon le Système de technologie et de surveillance environnementale du Parana, les vents ont atteint de 180 à 250 km/h. Il y a eu “des chutes d’arbres et même des (destructions de) maisons en dur”, a précisé l’organisme.Des habitants ont raconté aux médias locaux que la tornade était accompagnée d’une tempête, de vents violents et de grêle. Les pompiers poursuivent samedi les opérations de recherche et de sauvetage dans les zones touchées, principalement dans les structures les plus dévastées.- Weekend à risque -“Sous la direction du président Luiz Inacio Lula da Silva, nous travaillons sur les plans d’aide humanitaire, l’envoi d’équipements et le soutien à la reconstruction”, a annoncé sur son compte X le ministre de l’Intégration et du Développement Régional, Waldez Goes.De son côté, le gouverneur du Parana, Ratinho Junior, a précisé que “les forces de sécurité (étaient) en alerte, mobilisées et (surveillaient) les villes touchées par les violentes tempêtes”, lui aussi sur X. L’Institut National de Météorologie maintient pour le weekend une alerte de “danger de tempêtes” dans tout le Parana, ainsi que dans les autres Etats méridionaux de Santa Catarina et Rio Grande do Sul, proches de l’Argentine et de l’Uruguay.Depuis le début du mois de novembre, plusieurs villes du Parana font face à de fortes pluies, des orages, des vents violents et de la grêle.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.

Trois gardes à vue terroriste en lien avec Salah Abdeslam, à quelques jours des commémorations du 13-novembre

Moins d’une semaine avant la commémoration des attentats du 13 novembre, la justice enquête sur des soupçons de projet terroriste liés à Salah Abdeslam, avec désormais trois personnes en garde à vue, dont la compagne du dernier membre vivant des commandos de Paris et Saint-Denis.Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible et incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) pour sa participation à ces attentats, avait été placé mardi en garde à vue, avant qu’elle ne soit levée le jour-même, dans une enquête ouverte en janvier 2025 portant sur la détention illicite d’un objet en détention, une clé USB.Samedi, le Pnat a annoncé que l’enquête avait été “étendue” à l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime contre les personnes.Après sa garde à vue de mardi, Salah Abdeslam a de nouveau été retenu puis relâché vendredi, d’après le ministère public. Le visent des soupçons de recel d’objets illicites à détenu.Me Olivia Ronen, l’une de ses avocats, a décliné tout commentaire, invoquant le secret de l’enquête.Le parquet a précisé qu'”une deuxième personne avait été placée en garde à vue mardi. Sa garde à vue est toujours en cours et a été prolongée au-delà des 96 heures initiales, d’une nouvelle durée de 24h”.- Garde à vue exceptionnelle -La justice a utilisé un article du code de procédure pénale prévoyant une prolongation exceptionnelle de garde à vue au-delà des 96 heures, en cas de “risque sérieux de l’imminence d’une action terroriste en France ou à l’étranger” ou si “les nécessités de la coopération internationale le requièrent impérativement”.Cette mesure, qui se fait sur autorisation d’un juge des libertés et de la détention, est très rarement utilisée par la justice antiterroriste.RTL a indiqué jeudi que cette personne est la compagne de Salah Abdeslam, présentée par Le Parisien comme Maëva B., âgée de 27 ans, qui aurait entretenu une relation épistolaire de longue date avec le détenu avant d’être autorisée à le rencontrer.Selon le Pnat, elle est en garde à vue pour recel d’objets illicites à détenu et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.”Deux autres personnes” ont été placées en garde à vue vendredi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Leurs gardes à vue sont en cours”, a encore précisé le parquet.- “Dysfonctionnements” -Le Pnat a confié l’enquête à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).Une source syndicale pénitentiaire avait indiqué jeudi à l’AFP “qu’il a été retrouvé des connexions de clé USB” sur l’ordinateur de Salah Abdeslam, qu’il a légalement eu le droit de s’acheter pour “suivre des cours”, mais avec un “usage très limité”.Cette clé USB, qui selon Le Parisien aurait permis de transférer de la propagande jihadiste sur l’ordinateur de Salah Abdeslam, “a été cherchée mais n’a pas été retrouvée”, selon la source syndicale.Toujours selon cette source, son régime de détention DPS, pour “détenu particulièrement signalé”, fait qu’il est soumis à des “changements de cellules réguliers” à l’occasion desquels des contrôles systématiques sont opérés sur ses affaires. Dans un message sur X samedi, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a assuré que “malgré les très nombreuses attaques dont (il a) fait l’objet (…), le drame d’Incarville (ndlr: la mort de deux agents pénitentiaires en mai 2024 lors de l’évasion de Mohamed Amra) comme la nouvelle affaire Salah Abdeslam démontrent que cette politique de fermeté est la bonne”.”Sous mon autorité, l’administration pénitentiaire a signalé les abus de nombreux détenus dont, dès le début du mois de janvier, l’utilisation d’une clé USB par Salah Abdeslam. Une enquête a été ouverte par le Parquet antiterroriste quelques jours après”, a encore dit le ministre.La France va commémorer le 13 novembre, au cours d’une journée d’hommage aux victimes, les dix ans des attentats qui avaient fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, et des centaines de blessés.Dans un entretien à l’AFP diffusé samedi, le procureur national antiterroriste Olivier Christen affirme que la menace jihadiste est “la plus importante à la fois dans son volume et dans le niveau de préparation des passages à l’acte” et “s’accroît” depuis trois ans.

13-Novembre: les Parisiens invités à un “geste commémoratif” place de la République

Déposer une bougie, une fleur ou un mot place de la République: dix ans après les attentats de Saint-Denis et Paris, la mairie de la capitale invite la population à faire, dès ce samedi, “un geste commémoratif” sur ce “lieu symbole des recueillements en 2015”.Quelques bougies et fleurs avaient été déposées sous la statue de Marianne, au centre de la place samedi en fin de matinée. A côté, l’exposition “13 novembre 2015, Paris se souvient”, présente des photos illustrant les hommages spontanés qui s’étaient multipliés juste après les attentats. Un hommage a déjà été rendu vendredi soir, selon Arthur Dénouveaux, président de l’association de victimes Life for Paris, par des supporters du Paris-Saint-Germain. Des membres du collectif Ultras Paris ont notamment déployé, place de la République et devant le Bataclan, une banderole Fluctuat Nec Mergitur (“Il est battu par les flots mais ne sombre pas”), la devise de la capitale.”La Ville de Paris organise plusieurs temps d’hommages et de commémorations dès le 8 novembre, date à laquelle les Parisiennes et Parisiens sont invités à faire un geste commémoratif en déposant une bougie, une fleur ou un mot Place de la République”, a écrit la mairie cette semaine dans un communiqué.Le 13 novembre 2015, une vague coordonnée d’attentats menée par des commandos du groupe Etat islamique avaient visé le Stade de France, à Saint-Denis, des terrasses de café et la salle de spectacle du Bataclan à Paris, tuant 130 personnes et en blessant des centaines d’autres.  La place de la République avait été transformée en mémorial improvisé par les habitants de la capitale, traumatisés par ces attaques, y déposant bougies, bouquets de fleurs ou mots en hommage aux victimes.Plusieurs évènements sont organisés cette année, une décennie après ces attentats, comme la création d’une fresque murale dans le 11e arrondissement, dès le 12 novembre.Dimanche, deux courses sont organisés par l’Association française des Victimes du Terrorismme (AfVT), un évènement baptisé “13-Unis”: “La course de la Liberté” s’élancera du Stade de France et “la marche de l’Egalité” de la Place de la République, avec une arrivée à l’Hôtel de Ville.  Jeudi 13 novembre, Emmanuel Macron commémorera les dix ans des attaques en se recueillant sur chacun des lieux visés. Cette journée d’hommages s’achèvera par l’inauguration du jardin du souvenir du 13-Novembre – déjà ouvert au public – sur la place Saint-Gervais, en face de l’Hôtel de Ville de Paris, où le président de la République devrait prononcer un discours.”Le 13 novembre, les Parisiennes et Parisiens pourront également se rassembler Place de la République pour suivre les commémorations, retransmises en direct sur France Télévisions et TF1″, précise le communiqué de la mairie de Paris. 

Festival de BD d’Angoulême: vers une organisation partagée pour sortir de la crise

À défaut de choisir entre eux, l’association propriétaire du festival de BD d’Angoulême (FIBD), menacé de boycott pour sa prochaine édition, a prôné samedi le rapprochement des deux candidats à sa future organisation, dont l’actuel délégataire très critiqué dans la profession.Celui-ci, la société privée 9eArt+, et la Cité Internationale de la Bande dessinée et de l’Image (CIBDI), un établissement public qui abrite le musée de la BD, doivent “envisager un rapprochement” pour soumettre “un projet commun” d’ici au 20 novembre, a annoncé l’association du FIBD à l’issue d’un appel à projets pour l’organisation de l’événement après 2028.Depuis 2007 et jusqu’en 2027, elle est confiée à 9eArt+, dont la simple reconduction aurait été fatale au festival créé en 1974, selon des observateurs.Un “rapprochement” entre les deux offres candidates vise à produire une “plus grande transparence dans la gestion de l’événement” et offre aux financeurs publics “l’opportunité de prendre une place appropriée” dans la gouvernance du festival, a fait valoir l’association dans un communiqué.Son annonce intervient après des mois de tensions autour de l’événement.Sa dernière édition, en début d’année, avait été marquée par une virulente mise en cause de 9eArt+, accusé dans la presse d’opacité financière, de “dérives” mercantiles et d’avoir licencié une salariée, en 2024, qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival.Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et la jeune femme conteste son licenciement pour “faute grave – 9eArt+ lui reproche un “comportement incompatible avec l’image de l’entreprise” – devant les prud’hommes.- “Nouvelle page” -Les collectivités locales (Région Nouvelle-Aquitaine, Conseil départemental de Charente, intercommunalité du Grand Angoulême et ville d’Angoulême), qui cofinancent l’événement avec l’État à hauteur de 40%, ont pris acte samedi de la proposition de l’association et souhaitent qu'”une nouvelle page s’écrive” pour assurer “le développement et la pérennité” du festival.Interrogé par l’AFP, Patrick Mardikian, président de la CIBDI que subventionnent les mêmes financeurs publics, s’est dit “pas opposé” à un rapprochement des projets mais il souhaite que les tutelles chargent cette dernière de “piloter un travail de préfiguration, en lien avec l’interprofession” de la bande dessinée.”Nous avons l’opportunité d’écrire une page blanche mais cela doit être organisé”, a-t-il insisté auprès de l’AFP, jugeant le délai fixé au 20 novembre “pas tenable”: “Arrêtons de bousculer les choses, on a deux ans devant nous”.”On nous respecte pas, on nous écoute pas, donc on y va pas”, a maintenu de son côté le Syndicat des travailleurs.euses Artistes-Auteur.ices CNT-SO, qui réclame le départ de 9eArt+.”Delphine Groux (présidente de l’association du FIBD, ndlr) ne fait que gagner du temps grâce à cette manœuvre qui ne trompe personne”, a-t-il ajouté le syndicat sur son compte Instagram.- Boycott -Avec le collectif MeToo#BD, il est à l’origine d’une pétition en ligne appelant à boycotter le prochain festival, organisée du 29 janvier au 1er février.Elle a recueilli près de 2.300 signatures, dont celles de lauréats récents du Grand Prix de la BD d’Angoulême comme la Britannique Posy Simmonds, l’Américain Art Spiegelman ou les Français Blutch, Lewis Trondheim, Luz ou Fabcaro.Mi-octobre, la dessinatrice et autrice française Anouk Ricard, lauréate en 2025, avait annoncé qu’elle boycotterait la prochaine édition et l’exposition qui devait lui y être consacrée, pour réclamer un “changement” à la tête de l’événement.Au printemps, sous la pression des financeurs publics et face à l’appel au boycott, l’association du FIBD avait dénoncé le contract actuel de 9eArt+, reconductible, ouvrant à la concurrence la future organisation de l’événement.Puis en juillet, le délégataire historique avait annoncé le retrait à cet horizon de son directeur général décrié, Franck Bondoux, sans renoncer à candidater à l’appel à projets.La société 9eArt+ a “confirmé de nouveau son départ et son désir de transmission de son entreprise”, a assuré l’association du FIBD samedi.