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Japan PM Takaichi dissolves parliament for snap election

Japanese Prime Minister Sanae Takaichi dissolved parliament on Friday ahead of a snap election on February 8, counting on her cabinet’s high poll numbers to steer her otherwise unpopular ruling party to victory.The country’s first woman premier announced her intentions on Monday, seeking public backing for measures to shield households from rising living costs and …

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Onze ans après les fouilles, le trésor de Lavau se dévoile au public

C’est l’une des plus importantes découvertes archéologiques en France depuis 50 ans: l’exceptionnel trésor mis au jour dans la tombe d’un prince celte à Lavau (Aube), dans le nord-est du pays, sera dévoilé pour la première fois au public samedi.Les 80 objets, datant d’environ 450 avant notre ère, seront exposés jusqu’au 21 juin au Musée d’Art moderne de Troyes, non loin du lieu où ils ont été retrouvés.Dans ce qui est aujourd’hui une zone commerciale, les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont découvert en 2014-2015 un complexe funéraire composé d’un vaste enclos et d’un portique monumental donnant accès à une tombe par une rampe, le tout scellé d’un tumulus de plus de huit mètres de haut.Une chambre funéraire de 14 m2 abritait un squelette paré d’un torque (une sorte de collier) et de bracelets en or. Etendue sur un char à deux roues, la dépouille était entourée de vaisselle utilisée lors des banquets.Les études et travaux de restauration de ce trésor, contemporain de celui retrouvé dans la tombe de la princesse de Vix à une soixantaine de kilomètres de là, ont nécessité une dizaine d’années. Il a fallu ainsi 700 heures de travail pour rendre sa splendeur à un grand chaudron en bronze, aux anses finement décorées de têtes de félins et de figures représentant le dieu-fleuve Acheloos.”Au moment de la fouille, on ne s’attendait pas du tout à cette découverte”, a raconté l’archéologue Bastien Dubuis, responsable du chantier, lors d’une présentation à la presse.”On est descendu petit à petit dans le sédiment et on a trouvé un centimètre carré de métal vert. J’ai soulevé une motte de terre et le visage malicieux d’Acheloos m’est apparu. Ce n’est que plus tard qu’on a compris que l’objet était beaucoup plus grand”, se souvient-il.Le récipient d’un mètre de diamètre, un des plus grands connus à ce jour, pouvait contenir 200 à 300 litres de vin, dont des traces ont été retrouvées sur la cuve. Un vin rouge, importé et aromatisé, à la mode méditerranéenne de l’époque.- Mixité culturelle -Comme d’autres objets retrouvés dans la tombe, il témoigne de la mixité culturelle de ce secteur de la petite Seine au carrefour de routes commerciales.A l’image d’une autre pièce majeure de Lavau: un oenochoé attique. Ce vase à vin provenant d’un atelier grec a été embelli par les Celtes avec l’ajout de décorations en or et argent, représentant une divinité stylisée.”On est en présence d’un artisanat de cour”, d’une “haute technicité”, note l’archéologue Emilie Millet, prenant en exemple une fibule en or décorée de minuscules lions ailés “de seulement 3 mm”.”Le prince était en capacité d’attirer à lui des artisans issus d’horizons différents. Ce qui expliquerait peut-être le caractère hybride de cette production, un peu étrusque, un peu grecque, un peu celte”, avance-t-elle. La dépouille du prince, qui devait vivre à l’emplacement de la ville actuelle de Troyes, est la “grande absente” de l’exposition, pour des raisons de conservation mais surtout d'”éthique”, souligne l’anthropologue Valérie Delattre.”Les objets suffisent à eux-mêmes”, estime la chercheuse, pour laquelle présenter son squelette n’aurait “pas eu de sens”.Mais dix ans de recherche ont permis aux scientifiques de mieux le connaître.Cet homme d’environ 1,70 mètre “aux cheveux chataîns et raides”, à la peau “mate”, est décédé “dans la trentaine”, détaille M. Delattre.Sa dentition, quasi parfaite, montre qu’il a “vécu dans un cadre privilégié”. Après sa mort, son corps a été traité pour le préserver le temps d’organiser ses funérailles.Un traitement “probablement réservé à une élite, qui nous montre qu’il s’agit d’un personnage de haut rang”, souligne-t-elle.Avec ce “monument de taille hors norme”, la “richesse évidente des objets rassemblés dans la tombe”, le terme de prince est d’ailleurs un peu étroit. “Est-ce qu’on ne serait finalement pas en présence d’un roi”?, interroge M. Dubuis.

“On est perdu”: à Levallois, des habitants perplexes face au retour en coulisse de Balkany

Un premier candidat estampillé Balkany, puis un deuxième, des élus exclus du conseil municipal: à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les rebondissements autour du retour en coulisse de Patrick Balkany, 77 ans, ex-édile de la ville sous le coup d’une peine d’inéligibilité, laissent des habitants perplexes.”On est perdu, ça devient une guerre d’ego”, résume Marianne, 36 ans, qui comme plusieurs habitants rencontrés par l’AFP exprime, sous couvert d’anonymat, une lassitude face aux frasques de l’ancien maire.Jeudi soir, les élus de Levallois ont convoqué une réunion extraordinaire dans la luxueuse salle du conseil municipal d’une des villes les plus cossues d’Ile-de-France. Objectif pour la maire actuelle, Agnès Pottier-Dumas: évincer deux adjoints vus en train de prendre un café avec Patrick Balkany.”Quand vous êtes une majorité et qu’il y a une ambiance de déloyauté, il faut prendre une décision”, a-t-elle tranché lors du conseil municipal, où sa très large majorité lui a permis d’écarter les deux élus.”Un café devient une faute politique, une rencontre devient une trahison”, s’est exclamé un des deux adjoints, par ailleurs impliqué dans une autre affaire: il a porté plainte contre un YouTubeur qui l’a qualifié d'”arnaqueur” dans une de ses vidéos.- Générations successives -Patrick Balkany, qui avait cédé sa place en 2020 en raison d’une peine d’inéligibilité après sa condamnation pour blanchiment de fraude fiscale, avait rapidement retiré son soutien à son ancienne directrice de cabinet.Alors que Mme Pottier-Dumas (LR) est candidate à sa réélection, M. Balkany compte présenter une liste, sur laquelle il ne figurera donc pas.”Je ne peux pas faire 10 mètres dans la rue sans qu’on m’arrête pour me demander de revenir”, assure à l’AFP Patrick Balkany, qui compte présenter “une liste, Générations Balkany, comme ça on saura de quoi on parle”.Le nom suffit-il encore pour être élu à Levallois ? Habitante de la ville depuis sa naissance, Marianne dit avoir “grandi dans la ville de Balkany” et ne pas vouloir “cracher sur lui, qui a tant fait” quand il était maire de cette ville au nord-ouest de Paris, de 1983 à 1995 puis de 2001 à 2020.”Mes clients l’aiment bien, Balkany, mais Jérôme Gauliard, Mounia Inoughi, on ne sait pas qui c’est”, abonde un commerçant de la ville.La liste de Générations Balkany a en effet déjà changé de tête : le candidat qui la menait initialement, Jérôme Gauliard, a connu un début de campagne difficile, des articles de presse évoquant des impayés de ses sociétés.Lâché par M. Balkany, il a annoncé se retirer de la course mardi, selon le Parisien.- Nouveau procès -Alors que les listes officielles seront déposées entre les 12 et 26 février, Patrick Balkany défend désormais la candidature de Mounia Inoughi, “une fille formidable” selon lui.”On ne sait même pas ce qu’elle a à dire, et lui il continue de se pavaner, c’est une honte, tout simplement”, s’énerve Christine, 74 ans, habitante de Levallois depuis 22 ans.”Aujourd’hui, quand on me parle de Balkany, c’est en mal, on ne veut plus de ça à Levallois”, assure à l’AFP la maire actuelle, Mme Pottier-Dumas.A quelques mois des élections, Patrick Balkany a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre, qui doit le juger pour détournement de fonds publics, dans un dossier où il est soupçonné d’avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeur et des véhicules à des fins privées.”C’est un mauvais procès qui comme par hasard tombe juste avant les élections”, évacue Patrick Balkany, qui se focalise sur le scrutin: selon lui, “tout se fera au deuxième tour”.

“Pack nouveau départ” destiné aux victimes de violences: 2.000 femmes accompagnées

Deux mille femmes ont été accompagnées dans le cadre du “Pack nouveau départ”, dispositif destiné à aider les femmes victimes de violences à quitter leur conjoint, depuis son lancement en décembre 2023, annonce vendredi la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé.”Aujourd’hui, sur ces 2.000 femmes, 300 sont sorties du Pack nouveau départ, ce qui signifie qu’elles ont bénéficié de l’accompagnement nécessaire, qu’elles ont pu quitter le conjoint qui leur faisait subir des violences, qu’elles ne sont pas revenues en arrière sur leurs décisions et qu’elles ont repris une nouvelle vie”, déclare-t-elle à l’AFP.Lancé en décembre 2023 et déployé progressivement depuis dans douze départements, ce dispositif s’adresse à toute personne qui se déclare victime de violences conjugales et qui manifeste le souhait d’être accompagnée pour quitter son conjoint violent. Il mobilise des services publics (caisse d’allocations familiales, France Travail..) et des associations autour d’elles pour leur ouvrir des droits et les accompagner vers l’autonomie.L’objectif est d’étendre ce dispositif à “au moins dix nouveaux départements au mois de mars”, précise la ministre, en déplacement sur ce thème vendredi dans l’Oise.La durée moyenne d’accompagnement constatée est de quatre à six mois par femme, précise-t-elle.”Cent pour cent des femmes aujourd’hui accompagnées en dispositif ont été détectées” par les services publics et les associations, ce qui est le signe d’une “meilleure formation” des professionnels, souligne-t-elle.”Dans chaque département, c’est entre 30 à 60 associations, opérateurs, collectivités qui collaborent et se complètent sur les différents aspects de prise en charge” (travail, logement, scolarisation des enfants, aide juridictionnelle, santé mentale…), souligne-t-elle.

Sandrine Josso, “en mission malgré elle” contre la soumission chimique

A 50 ans, la députée Sandrine Josso est devenue “malgré elle” la porte-voix politique de la lutte contre la soumission chimique, une “mission” qu’elle entend bien poursuivre au nom de toutes les “victimes silenciées”. A quelques jours de l’ouverture du procès, lundi, de l’ancien sénateur Joël Guerriau, accusé de l’avoir droguée en vue de l’agresser sexuellement en novembre 2023, l’élue MoDem de Loire-Atlantique se dit “ravagée à l’intérieur” mais “déterminée”.”Depuis cette histoire, j’ai des problèmes de santé, notamment de dos et de dents, parce que je suis tout le temps contractée et crispée, tout le temps sur le qui-vive”, déclare-t-elle à l’AFP. “Je me serais bien passée de tout ça. Mais je prends ça comme une mission, je me dis +si ça m’est arrivé et que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose+”.En novembre 2023, sa plainte contre son collègue parlementaire, qui a toujours nié avoir agi volontairement, invoquant une “erreur de manipulation” de la MDMA ce soir-là, fait l’effet d’une déflagration. Son récit braque les projecteurs sur la soumission chimique, phénomène jusque-là cantonné dans l’imaginaire collectif à l’espace festif, loin des couloirs feutrés du Parlement.Elle aussi tombe des nues – “c’était une telle trahison de la part d’une personne que je connaissais depuis 10 ans” – et découvre alors “la réalité des victimes de soumission chimique, les problèmes d’accès aux preuves, les problèmes d’empathie, le manque de connaissance sur ce sujet dans la société”.Quelques semaines après sa plainte, elle devient marraine de l’association M’endors pas, cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, droguée et livrée par son époux à des dizaines d’inconnus pendant près de 10 ans. Elle se voit parallèlement confier par Gabriel Attal, alors Premier ministre, une mission sur “la soumission chimique comme forme de violence faite aux femmes”. Mission qui débouchera fin 2025 sur un rapport coécrit avec la sénatrice socialiste Véronique Guillotin et exhortant l’exécutif à passer à la vitesse supérieure. “En brisant le silence”, Sandrine Josso a “permis de faire de ce fléau un combat politique”, estime la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes hommes, Aurore Bergé, saluant un “courage et un engagement sans limite”. – “Money time” -Mère de trois enfants, nutritionniste de formation, Sandrine Josso n’en est pas à son premier “combat”. En 2012, lorsque les médecins détectent une leucémie chez sa fille de 4 ans, elle promet à cette dernière qu’elle ira porter la voix des victimes de cancers pédiatriques au Parlement.Cinq ans plus tard, en 2017, elle est élue députée sous les couleurs de la République en marche, face au candidat LR, l’ancien directeur de communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.En revanche, elle ne parvient pas à être élue maire de la Baule lors des élections municipales de 2020, scrutin pour lequel elle sera par ailleurs condamnée à un an d’inéligibilité pour avoir tardé à rendre ses comptes de campagne.A l’Assemblée, elle “tien(t) parole” et devient notamment rapporteuse d’une commission d’enquête sur les politiques de santé environnementale, dont un volet insiste sur l’importance d’agir contre les cancers pédiatriques.Ses autres combats, menés depuis 2021 sous les couleurs du MoDem, seront au service des droits des femmes. Sa proposition de loi visant à mieux prendre en charge les femmes après une fausse couche est adoptée en 2023, tout comme deux ans plus tard son amendement sur le contrôle coercitif. “Même si on me dit que je suis devenue +Madame sujet politique sociétale+, en réalité c’est arrivé malgré moi, mais ça me va bien parce qu’il y a énormément d’attentes là-dessus”, déclare-t-elle. “Il y a encore trop de victimes de violences sexuelles qui sont silenciées dans ce pays”, déplore la députée. “Tout ce que j’ai vu me fait dire qu’on n’a aucunement une politique d’État à la hauteur. Le procès Mazan, ce qui s’est passé quand moi j’ai lancé l’alerte, c’était le money-time (moment décisif au basket, ndlr) et en fait rien ne se passe”. 

Crues: trois départements bretons toujours en vigilance orange

Le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine restent en vigilance orange crues vendredi, selon les derniers bulletins de Météo-France et de Vigicrues, alors que de fortes pluies et des risques de submersion sont attendus dans la journée.Dans le détail, le Finistère et le Morbihan sont en vigilance orange pluie et vagues-submersion, a indiqué vendredi Météo-France. La vigilance vagues-submersion est déclenchée dès vendredi matin pour le Finistère et sera valable le soir aussi pour le Morbihan.Le Finistère doit également passer en vigilance orange vent à 10H00 en raison du passage de la tempête Ingrid, avec des rafales qui pourront atteindre jusqu’à 130 km/h sur le littoral dans la journée.Dans le centre-ville de Quimperlé, quai Brizeux, l’eau est montée jeudi matin à 4,47 mètres, dépassant les barrières anti-inondations, a indiqué le maire de la ville, Michaël Quernez, à l’AFP.”Les premières évacuations ont lieu en ce moment, avec le concours des pompiers”, a ajouté l’élu. Ces évacuations ont concerné une douzaine de riverains bloqués dans les étages par la montée des eaux.La situation est maîtrisée et le niveau de l’eau reste loin des crues historiques “mais il faut rester prudent” car “la météo des jours à venir n’est pas bonne”, a précisé Michaël Quernez jeudi après-midi à l’AFP.”Il y a de grandes chances malheureusement que cette situation que nous vivons depuis hier se poursuive”, peut-être même durant le week-end, a-t-il estimé.Le centre-ville est rendu inaccessible et les pompiers ont activé un poste de commandement avancé et déployé des moyens supplémentaires, dont des embarcations nautiques, a détaillé la préfecture.Corentin Bouguennec, propriétaire d’un bar situé sur un quai inondé, est là “depuis trois jours pour tout écoper, pour essayer de tout enlever, tout surélever”. Il a raconté à l’AFP qu'”hier (mercredi), on était avec des seaux en train d’écoper, aider les pompes. Mais bon, quand ça monte d’un coup comme ça…”.Trois rivières sont concernées par la vigilance orange: l’Oust, la Laïta et le Blavet.La Vilaine connaît des “crues modérées de saison”, indique Vigicrues.Des protections amovibles doivent être installées vendredi dans un quartier de Saint-Nicolas-de-Redon, ville située en aval de Rennes et fortement touchée par des inondations il y a un an. Ce quartier de la Digue est déjà protégé par divers ouvrages, mais des “protections amovibles” seront ajoutées, a fait savoir l’établissement public Eaux et Vilaine dans un communiqué. Plusieurs routes sont fermées à la circulation dans le Finistère, a encore fait savoir la préfecture.

Reprise vendredi du procès en appel du cinéaste Christophe Ruggia, jugé pour agressions sexuelles sur mineure

La cour d’appel de Paris reprend vendredi le cours du procès en appel du cinéaste Christophe Ruggia, jugé pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans, une affaire emblématique du #MeToo du cinéma français.Initialement prévue sur une seule après-midi le 19 décembre dernier, l’audience avait été mise en continuation au mois suivant en raison de l’heure tardive.A 20 heures, la cour avait seulement eu le temps de procéder à l’interrogatoire laborieux du réalisateur. Sur le banc de la partie civile, Adèle Haenel trépignait d’impatience et de nervosité.Lors d’un interrogatoire éreintant long de cinq heures, le cinéaste, veste noire sur pull sombre, s’était enferré dans le déni, martelant comme depuis le premier jour n’être “ni un agresseur sexuel, ni un violeur, ni un pédophile ou quoi que ce soit de ce genre”.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables”, où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle de cinéma.Dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, il a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique.”Si j’avais fait ce qu’elle m’accuse d’avoir fait, avoir mis la main dans son pantalon ne serait-ce qu’une fois, je n’aurais jamais pu me regarder dans la glace et j’aurais cessé immédiatement de la voir. Ça n’est jamais arrivé”, s’est indigné Christophe Ruggia devant la cour.Pour justifier les visites d’Adèle Haenel à son domicile parisien chaque samedi après-midi, il s’est présenté en passeur de culture pour une jeune comédienne faisant ses premiers pas dans le métier, avide de conseils et de découvrir le monde.”J’ai plus de 5.000 DVD à la maison, plein de livres (…). On parle de livres, de films, de voyages, de son école, de mes projets”, a-t-il soutenu.- “Reconstruction” -De manière constante, de sa première prise de parole publique au premier procès électrique de décembre 2024, Adèle Haenel décrit à l’occasion de ces rendez-vous des caresses répétées et non consenties de Christophe Ruggia sur son corps de collégienne.S’il concède une “souffrance authentique” de la part de l’actrice, aujourd’hui âgée de 36 ans, le réalisateur attribue ses accusations à une “reconstruction” mentale postérieure de sa part.D’après lui, Adèle Haenel, qui avait à l’époque du mal à décrocher un autre rôle après “Les diables”, lui en aurait voulu de ne pas pouvoir tourner dans le film suivant qu’il préparait.”Il y a une reconstruction dans les souvenirs d’Adèle qui va jusqu’à un truc du genre +ouais en fait il voulait coucher avec moi+”, a-t-il hasardé. “Elle est dans un milieu lesbien, contre lequel j’ai absolument rien, mais qui a une vision particulière des rapports entre les femmes et les hommes, des violences sexuelles”.En raison du report de l’audience, Adèle Haenel, extrêmement nerveuse et agitée, n’avait pas eu l’occasion d’être appelée à la barre en décembre.En première instance, les démentis répétés du prévenu avaient excédé l’actrice, qui a tourné le dos au monde du cinéma. Elle avait interrompu son interrogatoire en hurlant “mais ferme ta gueule !” avant de quitter la salle d’audience.Dans son jugement de première instance, le tribunal de Paris a estimé que le prévenu avait profité de son ascendant sur l’actrice débutante, “conséquence de la relation instaurée” pendant le tournage du film “Les diables”.À l’occasion des rendez-vous hebdomadaires à son domicile, Christophe Ruggia “continuait d’exercer son autorité de réalisateur, (l’adolescente) n’était pas en mesure de s’opposer ni de s’extraire de cette emprise”, avaient estimé les juges.Après son rôle le plus marquant dans “Portrait de la jeune fille en feu” (2019) de la réalisatrice Céline Sciamma, devenue une œuvre féministe et lesbienne de référence, Adèle Haenel a rompu avec le 7e art à partir de 2020 pour se consacrer au théâtre et au militantisme de gauche radicale.