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Les émissions de CO2 liées aux fossiles vers un nouveau record en 2025, selon des scientifiques

Les émissions de dioxyde de carbone issues des énergies fossiles devraient atteindre un nouveau record en 2025, selon une étude scientifique de référence qui confirme jeudi qu’il sera quasiment “impossible” de limiter le réchauffement planétaire à moins de 1,5°C.Selon le Global Carbon Project, mené par 130 scientifiques internationaux et publié comme chaque année alors que les nations sont réunies pour la conférence de l’ONU sur le climat (COP30), les émissions de CO2 issues du charbon, du pétrole et du gaz fossile seront supérieures en 2025 de 1,1% à celles de l’année précédente, pour atteindre 38,1 milliards de tonnes (GtCO2).”C’est plus que la moyenne de progression annuelle de ces dix dernières années, qui était de 0,8%”, note l’étude, indiquant que ces émissions sont maintenant 10% plus élevées qu’elles ne l’étaient en 2015, année de l’accord de Paris, qui ambitionnait de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport à la période préindustrielle. Même si les émissions ont baissé dans plusieurs pays, notamment sous l’effet du développement des énergies renouvelables, de l’électrification des véhicules ou de la baisse de la déforestation, “collectivement, le monde n’est pas à la hauteur”, a souligné auprès de l’AFP Glen Peters du Centre pour la recherche internationale sur le climat. “Chacun doit faire sa part, et tous doivent faire davantage”.- Budget carbone quasi-épuisé -L’étude, attendue comme aux COP précédentes pour une première estimation du dérapage climatique mondial pour l’année en cours, estime combien l’atmosphère peut encore recevoir de CO2 pour que son réchauffement soit limité à 1,5°C. Cette quantité est estimée à 170 milliards de tonnes (GtCO2).”Cela équivaut à quatre années d’émissions au rythme actuel”, conclut Pierre Friedlingstein, de l’université d’Exeter, qui a dirigé l’étude. “C’est donc, en pratique, impossible”.Ce constat d’échec s’est imposé tout au long de l’année 2025, reconnu désormais par l’ONU, des climatologues, le président du Giec et les participants de cette COP. L’objectif est désormais de faire en sorte que le dépassement soit temporaire, mais cela pourrait se compter en décennies.”Nous avons besoin d’objectifs ambitieux, car chaque dixième de degré est crucial” a rappelé jeudi à Belem Stephen Stich de l’université d’Exeter, l’un des auteurs de l’étude. Pour rester sous 1,7 à 2°C, l’humanité a encore 12 à 25 ans pour agir, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, “et je pense qu’avec les progrès technologiques et le développement des énergies renouvelables, ces objectifs sont réalisables”.Sur la trajectoire actuelle, le monde se réchaufferait de 2,3 à 2,5°C d’ici la fin du siècle si les pays tiennent leurs engagements, a estimé l’ONU juste avant le rendez-vous de Belem.L’ordre de grandeur est similaire (2,6°C d’ici 2100) dans les calculs publiés jeudi aussi par le Climate Action Tracker.Les dernières annonces des pays “ne changent rien”, conclut ce groupe.- Nouveau record pour le charbon -En 2025, les émissions liées spécifiquement à la combustion de charbon atteindront un nouveau record, progressant de 0,8% au niveau mondial, portées notamment par les hausses enregistrées aux Etats-Unis et en Inde.Les rejets liés au pétrole et au gaz progressent également, de respectivement 1 et 1,3%. Sur le gaz, les émissions “semblent revenir à la tendance de croissance persistante qui prévalait avant l’invasion russe de l’Ukraine”, signale l’étude.”L’an dernier, nous étions assez confiants quant à la possibilité d’atteindre ce pic” sur les fossiles, mais “de nouvelles estimations montrent qu’ils ne sera pas atteint avant 2030 environ. C’est inquiétant, et pour moi, c’est vraiment incompréhensible, car les énergies renouvelables sont très bon marché et devraient être la nouvelle norme. Et pourtant, les combustibles fossiles continuent”, a commenté à Belem, Niklas Höhne du NewClimate Institute.Par régions, les États-Unis et l’Union européenne ont inversé la tendance à la baisse observée ces dernières années, enregistrant une hausse de leurs émissions, de respectivement 1,9% et 0,4%, en partie liée à des hivers plus frais qui ont stimulé la demande de chauffage.Les émissions de la Chine, pays le plus pollueur, semblent se stabiliser (+0,4%), mais selon M. Peters, l’incertitude quant aux politiques menées par le pays rend prématurée l’affirmation selon laquelle un pic aurait été atteint.

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Vigilance environnementale des entreprises: droite et extrême droite s’allient pour sabrer la loi

Droite et extrême droite ont mêlé leurs voix au Parlement européen jeudi pour détricoter une loi sur le “devoir de vigilance” sociale et environnementale des grandes entreprises, un coup de tonnerre à Bruxelles.Les eurodéputés ont approuvé par 382 voix contre 249 la baisse des ambitions de ce texte, en limitant le nombre d’entreprises concernées et en supprimant certaines de leurs obligations.A rebours de la traditionnelle majorité dite “proeuropéenne”, l’alliance de circonstance de la droite (le PPE) avec l’extrême droite a provoqué un tollé au sein des autres groupes.Le PPE “a torpillé tout compromis modéré”, s’est indigné le social-démocrate René Repasi.Ce vote sonne comme un avertissement pour le camp proeuropéen, au moment où le Parlement commence à se saisir d’une série de textes sur la “simplification” de la vie des entreprises. L’extrême droite a savouré une “grande victoire” jeudi. “Une autre majorité est possible”, “ce n’est qu’un début”, a lancé le groupe des Patriotes, présidé par Jordan Bardella. Adoptée il y a seulement un an et demi, cette loi sur le devoir de vigilance fait les frais du virage probusiness de l’Union européenne, bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane aux Etats-Unis. Son entrée en vigueur avait déjà été reportée d’un an, de 2027 à 2028.Mais Bruxelles veut aller plus loin pour alléger les “charges” administratives des entreprises sur le continent.Sous peine de sanctions, la loi adoptée en 2024 obligeait les entreprises de plus de 1.000 salariés à prévenir et remédier aux violations de droits humains (travail des enfants, travail forcé, sécurité…) et aux dommages environnementaux tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris chez leurs fournisseurs dans le monde.Jeudi, dans le sillage des Etats membres, le Parlement européen a relevé le seuil des entreprises concernées, à plus de 5.000 employés et plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Surtout, les eurodéputés ont supprimé le régime de responsabilité civile européenne, qui servait à harmoniser les obligations des entreprises et leurs responsabilités devant la justice en cas de manquements.Les parlementaires ont préféré s’en tenir aux législations de chaque pays. Ils ont également renoncé aux plans de transition climatique que les entreprises étaient censées fournir.- “Asphyxie” -La loi est “complètement vide” désormais, déplore le centriste Pascal Canfin. Ce vote se produit “pendant la COP30” au Brésil et “représente un recul considérable pour l’action climatique du secteur privé”, estime-t-il.A droite, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy pense au contraire que cette “simplification” permet de “sauver nos entreprises de l’asphyxie normative”.Après ce vote, les négociations vont s’engager avec les Etats membres, en vue d’une adoption définitive de la loi revue et corrigée.”Il est encore possible de rectifier le tir”, mais ce scrutin montre que “l’extrême droite gagne en influence” et que la majorité proeuropéenne “s’effrite”, explique Jurei Yada, du centre de réflexion E3G.Des organisations environnementales s’en prennent également aux “lobbies industriels” opposés à cette loi.L’absence de responsabilité civile européenne risque d’introduire “une concurrence entre les 27 Etats membres pour savoir qui a le régime le plus laxiste pour essayer d’attirer des entreprises”, met en garde Swann Bommier, de l’ONG Bloom.Au nom de la lutte contre la bureaucratie, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron avaient appelé à supprimer purement et simplement cette loi.Mais même si elle n’est que sabrée, la pilule est difficile à avaler pour une partie des parlementaires qui avaient célébré son adoption “historique” en avril 2024 après plusieurs années de bras de fer au sein même des institutions européennes.Les superlatifs ne manquaient pas à l’époque, y compris chez les macronistes, dont la présidente actuelle du groupe centriste Valérie Hayer (Renew).Mais les équilibres politiques ont changé dans l’hémicycle depuis les élections de juin 2024, marquées par le renforcement de la droite et la percée de l’extrême droite, qui veut combattre le “pacte vert”, la batterie de mesures environnementales adoptées lors du précédent mandat.

13-Novembre: recueillement à Saint-Denis et Paris, dix ans après les attentats

Des commémorations chargées en émotion devant les terrasses parisiennes endeuillées, après une cérémonie devant les portes du stade de France: politiques, victimes et proches des disparus se recueillent jeudi devant les lieux des attentats du 13-Novembre, dix ans après une nuit d’horreur qui a meurtri Paris et Saint-Denis.Devant le Carillon et le Petit Cambodge, puis la Bonne Bière, le Comptoir Voltaire et la Belle Equipe, dans les Xe et XIe arrondissement de Paris, sont lus les noms des 39 morts, et des gerbes sont déposées après des minutes de silence, sous les regards embués de larmes de leurs proches et des rescapés.Les rues autour de ces bars et restaurants sont bouclées, et le silence règne, selon un journaliste de l’AFP. Devant la Belle Equipe, où 21 vies ont été fauchées il y a dix ans, des fleurs, des bougies et des photos entourent la plaque commémorative. Les panneaux publicitaires affichent tous la devise en latin de Paris, “Fluctuat Nec Mergitur” (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas). Les cérémonies doivent ensuite se poursuivre devant le Bataclan, où 90 personnes avaient été assassinées.”10 ans. La douleur demeure. En fraternité, pour les vies fauchées, les blessés, les familles et les proches, la France se souvient”, a posté sur X Emmanuel Macron, qui se rend sur chacun des lieux des attentats, où il salue proches et rescapés avec la maire de Paris Anne Hidalgo. – “Absence immense” -Les commémorations ont commencé le matin par une cérémonie au stade de France, devant un parterre de politiques, ainsi que la famille de Manuel Dias, première des 130 personnes tuées lors des attentats quand trois kamikazes se sont fait exploser devant les portes du stade où se jouait un match amical France-Allemagne. “Nous n’oublierons jamais; on nous dit de tourner la page dix ans après, mais l’absence est immense”, a dit dans un discours poignant sa fille, Sophie Dias, très émue. Le vendredi 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attaques jihadistes les plus meurtrières de son histoire, coordonnées par le groupe Etat islamique (EI) qui a ciblé un match de football, un concert de hard-rock et des bars et restaurants. L’hommage national aux 132 morts – deux rescapés du Bataclan se sont suicidés depuis – à leurs familles et aux rescapés de ces attentats qui ont profondément marqué le pays se conclura par l’inauguration à 18H00 d’un jardin mémoriel au coeur de la capitale, en présence du chef de l’Etat. Ce jardin est fait de grandes stèles et de blocs de granit, évoquant la géographie des différents lieux visés.   La cérémonie orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024, sera retransmise en direct à la télévision et projetée sur grand écran, place de la République à Paris, où un mémorial s’était improvisé il y a dix ans, des Parisiens traumatisés venant y déposer fleurs, bougies et mots. Depuis samedi, le pied de la statue de Marianne est de nouveau entouré de ces petites attentions. – “Tous ensemble” -“L’objectif cette année, c’est de se dire +soyons tous ensemble+ (…), célébrons évidemment nos morts mais aussi la force de notre République et de notre culture: les terroristes n’ont pas gagné ce soir-là”, a insisté sur RMC Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association de victimes Life for Paris. Celle-ci sera dissoute après l’inauguration du jardin mémoriel pour “ne pas s’enfermer dans la victimité”.”Nous avons été debout pendant 10 ans, nous serons debout (jeudi). Cette cérémonie sera aussi un acte de résistance”, a salué Philippe Duperron, président de l’association “13onze15”. Impossible, pour beaucoup, d’oublier cette terrible soirée du vendredi 13 novembre 2015. Rescapés et proches de victimes appréhendent souvent ces hommages. Stéphane Sarrade a perdu son fils Hugo, 23 ans, tué au Bataclan. Il se dit toujours “incapable” de se rendre devant la salle de concert et ne participera pas aux cérémonies. Sur RFI, François Molins, à l’époque procureur de Paris, a exprimé des regrets quant à “la prise en charge des victimes”: dans les “premières heures” ayant suivi les attaques, “je pense qu’on aurait pu et on aurait dû faire beaucoup mieux (…) puisqu’on a eu des familles qui ont erré des heures et des heures dans Paris à la recherche de proches”.”Mais encore une fois, c’était le chaos, on a fait ce qu’on a pu et personne ne s’attendait à une attaque terroriste de cette ampleur”, a-t-il ajouté. Les commémorations officielles se tiennent sous vigilance renforcée, dans un contexte de menace terroriste “toujours élevée”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a rappelé sur BFMTV/RMC que “six attentats” avaient été déjoués depuis le début de l’année. Jeudi soir, Notre-Dame de Paris et les églises parisiennes feront sonner leurs cloches “entre 17H57 et 18H02”, a annoncé le diocèse. Des “messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses”, a précisé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich.abo-juc-mby-pab-etr-fff/asl/swi

A Rillieux-la-Pape, l’escalade des violences urbaines

A Rillieux-la-Pape, près de Lyon, où le tournage sauvage d’un clip a dégénéré en incendie, les violences urbaines se multiplient dans un climat de défiance des jeunes envers le maire et sa police.Samedi, un immeuble de la cité des Alagniers s’est embrasé sans faire de blessés, mais cinq appartements ont été sinistrés. Selon les autorités, le feu a pris à partir d’un mortier tiré sur les policiers par des jeunes qui participaient au tournage du clip d’un rappeur de la ville voisine de Vénissieux, BFK.16. Ce dernier a été interpellé et placé en garde à vue jeudi matin, avec trois autres personnes soupçonnées d’avoir participé au tournage et aux affrontements avec les forces de l’ordre qui ont suivi.Bus et voitures incendiés, caillassages contre la police, attaque du commissariat…: les violences urbaines ponctuent depuis des années la vie de cette commune de 31.480 habitants, dont les deux-tiers vivent dans la ville nouvelle aux 85% de logements sociaux.Pour le maire, Alexandre Vincendet (droite, Horizons), “c’est une guerre de territoire” qui se joue entre certains jeunes et les autorités.Pour “reprendre le contrôle” des lieux, l’édile de 42 ans a mis en place un vaste programme de rénovation urbaine, qui prévoit la démolition d’environ 1.000 logements sociaux, dont l’une des plus vieilles barres, l’Arche de la Paix, un point de deal selon lui.Le maire voit les violences de samedi, survenues au pied de cette tour, comme une manifestation de l’opposition à sa destruction et assure ne rien vouloir céder. “Plusieurs dizaines de policiers vont être mobilisés pendant plusieurs mois pour qu’on puisse la démolir, pour qu’on puisse tenir le secteur, pour montrer que la République ne peut pas reculer”, tonne-t-il dans son bureau, où trônent les portraits présidentiels de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.Il assure également planifier l’expulsion locative d’environ 40 personnes en lien avec les violences urbaines: “Si on tape assez fort, ça va finir par rentrer.” – “Travestir la ville” -De fait, les grands projets du maire ne sont pas toujours bien perçus. L’Arche de la Paix, “c’est un pilier du quartier. La démolir, c’est travestir la ville”, dénonce le rappeur de Rillieux GRC, 27 ans, qui a lui aussi tourné plusieurs clips en bas de cette tour. “Depuis cinq ans, c’est travaux, travaux, travaux”, dit-il, déplorant ne plus reconnaître la ville.Plusieurs jeunes rencontrés par l’AFP assurent mollement que “c’est dommage” de la démolir, mais dénoncent surtout un maire en retrait de sa population – “qui nous parle à travers les plateaux télé” –  et l’importante présence policière à Rillieux. Passée en zone police il y a une quinzaine d’années, la ville bénéficie de renforts réguliers et d’une brigade de terrain. Quant à sa police municipale, l’une des mieux dotées du département avec 31 policiers et une brigade cynophile, elle est aussi l’une des premières à avoir été armée et dotée de caméras piétons. Selon la mairie, 160 caméras sont disposées sur l’ensemble de la commune.- Trafic “résiduel” -Aux Alagniers, résidents âgés, mères de familles et même fonctionnaires assurent avoir déjà entendu des agents de la police municipale insulter ou provoquer les jeunes.Un discours amplifié par Abdelkader Lahmar, député LFI de la circonscription depuis 2024, qui a dénoncé en mars à l’Assemblée des “verbalisations abusives et inefficaces qui se multiplient à Rillieux-la-Pape”. Soulignant que la ville n’est pas “touchée par la grande délinquance”, il a jugé que le “phénomène avait participé à fragiliser les relations police-population”.Rillieux abrite du trafic “résiduel” de cannabis , “sans commune mesure avec ce qu’on peut rencontrer dans d’autres communes de l’agglomération”, confirme une source policière.Selon elle, la ville abrite en revanche un petit groupe de jeunes “spécialisés dans les violences urbaines” et “habitués à faire des guet-apens” à la police: des “gamins de 13, 14 ans, “pas forcément déscolarisés, puisqu’on a un pic de délinquance les week-ends et durant les vacances scolaires”.S’ils sont minoritaires, le climat est tellement tendu qu’il favorise toutes les rumeurs. Depuis samedi, beaucoup de jeunes sont convaincus que le feu a été déclenché par une étincelle d’un tir de LBD même quand s’ils n’ont rien vu de la scène.

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A Zanzibar, l’élevage d’éponges de mer offre une bouée de sauvetage aux femmes

Chaque matin, des femmes voilées en longues robes amples pataugent dans les eaux turquoise peu profondes de Zanzibar, en Tanzanie, pour s’occuper de leurs fermes d’éponges de mer, nouvelle source de revenus vitale depuis qu’elles ont été frappées par le changement climatique. La hausse des températures océaniques, la surpêche et la pollution ont progressivement dégradé les écosystèmes marins, affectant notamment la culture d’algues, une activité qui était essentielle pour les habitantes du village de Jambiani, situé dans l’archipel tanzanien. Désormais, celles-ci misent sur l’élevage d’éponges de mer, dans le cadre d’un projet mis en place par l’ONG suisse Marine Cultures. “Les températures élevées ont décimé les algues et la diminution des stocks de poissons a poussé de nombreux pêcheurs à abandonner leur métier”, explique Ali Mahmudi, chef de projet. Les éponges, qui offrent abri et nourriture aux créatures marines, prospèrent généralement dans les eaux plus chaudes. Elles sont également lucratives en tant que produit de soin biologique, utilisé pour l’exfoliation de la peau. Depuis le rivage, on aperçoit des bâtons noirs qui émergent de l’eau, auxquels sont accrochées des rangées d’éponges. “J’ai été stupéfaite d’apprendre que des éponges existent dans l’océan”, confie à l’AFP Nasiri Hassan Haji, 53 ans, qui a découvert cette pratique il y a plus de 10 ans.Cette mère de quatre enfants cultivait autrefois des algues, un travail qu’elle décrit comme pénible et peu rémunérateur. En 2009, l’association Marine Cultures a lancé une ferme pilote avec des veuves à Jambiani afin d’évaluer le potentiel de cette activité dans l’archipel, où plus d’un quart du 1,9 million d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Face à la demande croissante de produits écologiques, le marché des éponges naturelles a connu une croissance constante et l’entreprise s’est avérée lucrative.L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) estimait sa valeur à 20 millions de dollars en 2020. – Restauration des récifs coralliens -Selon leur taille, les éponges peuvent se vendre jusqu’à 30 dollars pièce et une seule ferme peut en compter jusqu’à 1.500.”Cela a changé ma vie. J’ai pu construire ma propre maison”, s’enthousiasme Shemsa Abbasi Suleiman, 53 ans, le sourire aux lèvres. De nombreuses autres femmes ont rejoint une coopérative pour développer le projet, mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille. “Au début, j’avais peur de me lancer car je ne savais pas nager. Beaucoup me décourageaient, disant que (…) j’allais me noyer”, raconte Mme Haji. Grâce à un programme d’une ONG, elle a appris à nager à l’âge de 39 ans.Outre le fait qu’elles génèrent des revenus pour les populations locales, les éponges sont bénéfiques pour le milieu marin. Des études montrent que leur structure squelettique favorise la capture du carbone au sein des écosystèmes coralliens, tandis que leur corps poreux filtre et purifie naturellement l’eau de mer. Selon les Nations unies, “l’océan est en crise profonde”, avec environ 60% des écosystèmes marins mondiaux dégradés ou exploités de manière non durable. Les éponges contribuent également à la restauration des récifs coralliens, qui abritent 25% de la vie marine et sont actuellement menacés. “Ce qui m’a séduit, c’est que nous ne détruisons pas l’environnement”, ajoute Mme Haji.Zanzibar fait partie de la Tanzanie. Comme ailleurs dans le pays, le parti au pouvoir CCM y a été déclaré vainqueur des élections législatives et présidentielle de la fin du mois dernier. Le scrutin a été émaillé de violences en Tanzanie continentale avec des centaines, voire des milliers de personnes tuées lors de la répression sévère de manifestations anti-pouvoir, selon l’opposition et des défenseurs des droits humains.  L’ONU a appelé à une enquête.

13-Novembre: dix ans après les attentats de Saint-Denis et Paris, l’hommage d’une Nation

Stade de France, terrasses parisiennes, Bataclan: la France se recueille jeudi pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre, dix ans après une nuit d’horreur qui a meurtri Paris et Saint-Denis.Le vendredi 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attaques jihadistes les plus meurtrières de son histoire, coordonnées par le groupe Etat islamique (EI) qui a ciblé un match de football, un concert de hard-rock et des bars et restaurants. L’hommage national aux 132 morts, à leurs familles et aux rescapés de ces attentats qui ont profondément marqué le pays se conclura par l’inauguration à 18H00 d’un jardin mémoriel au coeur de la capitale, en présence d’Emmanuel Macron qui se rendra sur chacun des lieux des attentats.Ce jardin du 13 novembre 2015, situé près de l’Hôtel de Ville et déjà ouvert au public, est fait de grandes stèles et de blocs de granit, évoquant la géographie des différents lieux visés.   “Les terroristes ont voulu attaquer cette culture de Paris, de la joie, de la fête, du partage”, a déclaré jeudi matin sur RTL la maire de Paris Anne Hidalgo. “Ils ont voulu nous faire perdre tout cela, on l’a reconstruit avec une forme de gravité.” La cérémonie orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024, sera retransmise en direct à la télévision et projetée sur grand écran, place de la République à Paris, où un mémorial s’était improvisé il y a dix ans, des Parisiens traumatisés venant y déposer fleurs, bougies et mots. Et depuis samedi, le pied de la statue de Marianne est de nouveau entouré de ces petites attentions. – “Tous ensemble” -“L’objectif cette année, c’est de se dire +soyons tous ensemble+ (…), célébrons évidemment nos morts mais aussi la force de notre République et de notre culture: les terroristes n’ont pas gagné ce soir-là”, a insisté sur RMC Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association de victimes Life for Paris. Celle-ci sera dissoute après l’inauguration du jardin mémoriel pour “ne pas s’enfermer dans la victimité”.”Nous avons été debout pendant 10 ans, nous serons debout (jeudi). Cette cérémonie sera aussi un acte de résistance”, a salué Philippe Duperron, président de l’association “13onze15”. Impossible, pour beaucoup, d’oublier cette terrible soirée du vendredi 13 novembre 2015, quand trois commandos de l’EI ont assassiné 130 personnes, blessant des centaines d’autres. Depuis, deux rescapés du Bataclan se sont suicidés. D’après un sondage Ifop pour la fondation Jean Jaurès, 60% des Parisiens se souviennent “précisément” de ce qu’ils faisaient ce soir-là. Rescapés et proches de victimes appréhendent souvent ces hommages. Stéphane Sarrade a perdu son fils Hugo, 23 ans, tué au Bataclan. Il se dit toujours “incapable” de se rendre devant la salle de concert et ne participera pas aux cérémonies. Sur RFI, François Molins, à l’époque procureur de Paris, a exprimé des regrets quant à “la prise en charge des victimes”: dans les “premières heures” ayant suivi les attaques, “je pense qu’on aurait pu et on aurait dû faire beaucoup mieux (…) puisqu’on a eu des familles qui ont erré des heures et des heures dans Paris à la recherche de proches”.”Mais encore une fois, c’était le chaos, on a fait ce qu’on a pu et personne ne s’attendait à une attaque terroriste de cette ampleur”, a-t-il ajouté. – Menace terroriste “élevée” -Les commémorations officielles se tiennent sous vigilance renforcée, dans un contexte de menace terroriste “toujours élevée”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a rappelé sur BFMTV/RMC que “six attentats” avaient été déjoués depuis le début de l’année. Les cérémonies commenceront à 11H30 avec un hommage à Manuel Dias, seule personne tuée près du Stade de France. Devant les bars et restaurants de l’est parisien visés par les attentats, des plaques commémoratives seront lues et des minutes de silence respectées de 12H30 à 13H50.Puis à 14H30, une cérémonie aura lieu devant le Bataclan, où 90 personnes furent assassinées.Jeudi soir, Notre-Dame de Paris et les églises parisiennes feront sonner leurs cloches “entre 17H57 et 18H02”, a annoncé le diocèse. Des “messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses”, a précisé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich.La question de la mémoire du 13-Novembre sera également au cœur du Musée-mémorial du terrorisme (MMT), qui doit ouvrir fin 2029 ou début 2030 à Paris.Plus de trois ans après le procès de ces attaques jihadistes, au terme duquel Salah Abdeslam a été condamné à la perpétuité incompressible, le seul membre encore en vie des commandos a dit vouloir, selon son avocate, s’engager dans une démarche de justice restaurative. “Plusieurs victimes des attentats du 13-Novembre” sont prêtes à s’inscrire dans cette démarche de dialogue, a assuré Arthur Dénouveaux.abo-juc-mby-pab/asl/ale

Tournage d’un clip qui dégénère près de Lyon: quatre interpellations, dont le rappeur

Quatre personnes, soupçonnées d’avoir participé au tournage sauvage d’un clip de rap qui a causé un incendie dans la banlieue de Lyon samedi, ont été interpellées jeudi matin et placées en garde à vue, a appris l’AFP de source proche du dossier.Un rappeur local de 18 ans, connu sous le nom de BFK.16, fait partie des personnes arrêtées lors de cette opération menée à Rillieux-la-Pape et dans d’autres communes de l’agglomération lyonnaise, a précisé cette source.Une quinzaine de perquisitions ont été menées lors de cette intervention. “D’autres devraient suivre dans les prochains jours”, a encore dit cette source.Samedi après-midi, un groupe de 20 à 30 personnes, certaines vêtues d’une combinaison blanche, d’autres le visage masqué, se sont regroupées pour tourner, sans autorisation, un clip avec ce rappeur, selon des sources policières.Dans le cadre du clip, le groupe a tiré des mortiers d’artifice. Un équipage de police stationné à proximité a voulu intervenir mais a été pris pour cible par les protagonistes du clip, a précisé une de ces sources.Alors que les policiers s’abritaient au pignon d’un immeuble, l’un des mortiers tirés en leur direction a atterri sur le balcon d’un appartement qui s’est embrasé, a-t-elle ajouté. Le feu s’est propagé et cinq appartements au total ont été sinistrés, d’après la préfecture. Quelque 70 pompiers ont dû être déployés mais ont également été visés par des projectiles, comme les policiers, et il a fallu un moment pour que le calme ne revienne.Une quarantaine de personnes résidents de l’immeuble ont dû être évacuées et relogées temporairement dans un centre de loisirs de la ville.Sur les réseaux sociaux, BFK.16 est présenté comme un rappeur de Vénissieux ayant sorti deux morceaux, dont un avec près d’un million de vues sur YouTube. Il a 26.000 followers sur Instagram.Un clip déjà diffusé, et tourné à Vénissieux, reprend des images d’affrontements entre des jeunes et la police, mais aussi de drogues, d’armes à feu et de grosses cylindrées.D’après une source policière, le jeune rappeur a déjà plusieurs interpellations à son actif, notamment pour rodéo urbain.

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En Alsace, la traque ingénieuse des nids de frelons asiatiques

Ils traquent les insectes à la jumelle “thermographique” ou les équipent d’une marque de couleur ou d’un émetteur: des apiculteurs alsaciens se démènent pour débusquer les nids de frelons asiatiques, une espèce invasive, prédatrice des abeilles, dont le nombre a explosé depuis deux ans.”Chercher les nids, ça fait partie de mon travail. Si je veux continuer à faire de l’apiculture, je n’ai pas le choix”, résume Mathieu Diffort, qui exploite une centaine de ruches dans la région rurale du Sundgau, près de Belfort et de la frontière suisse.Avec Philippe Sieffert, son associé dans la société Api&Co, il se consacre également à la destruction des nids de frelons, ainsi qu’à leur traque, cette dernière activité étant aussi chronophage que peu rémunératrice.Apparu en France en 2004, le redoutable hyménoptère à pattes jaunes n’a été repéré qu’en 2023 dans le Haut-Rhin, mais y est désormais solidement installé, relève Sean Durkin, référent local du “groupement de défense sanitaire apicole” (GDSA) mobilisé contre ce fléau. Entre 15 et 20 nids ont été signalés dans le département en 2023, puis une petite centaine l’année suivante et “cette année on va dépasser les 400”, s’alarme-t-il. Parallèlement, le nombre de ruches attaquées ou décimées a explosé.Les bénévoles du GDSA multiplient les actions de communication pour appeler la population à signaler les nids aperçus dans la nature – chacun peut le faire, partout en France, sur le site lefrelon.com. Lorsqu’un nid est repéré, un spécialiste se déplace pour le détruire, avec un drone, une nacelle, ou une perche. En ce matin de novembre, la cible visée par Mathieu Diffort est accrochée en haut d’un chêne, à 25 mètres du sol. Vêtu d’une épaisse combinaison, l’apiculteur utilise une perche télescopique pour injecter dans l’énorme concrétion ovale une poudre insecticide bio. – Bouts de ficelle -Les communes “doivent prévoir une ligne budgétaire” pour ce type d’intervention, car “le phénomène va monter en puissance”, constate Olivier Pflieger, premier adjoint au maire de Hirtzbach. “C’est un problème d’apiculture, mais aussi de santé publique”, souligne l’élu, qui confie avoir perdu sa soeur l’an dernier, décédée d’un choc allergique après une piqûre de frelon.A Hirtzbach, le nid a été aperçu par un ancien garde forestier. “J’étais passée 20 fois à proximité, et je ne l’avais pas vu”, se désole Marion Federspiel, dont l’une des six ruches, installées à environ 200 mètres, a été entièrement décimée. Certaines colonies peuvent s’installer dans des granges abandonnées, où personne ne les repérera, s’inquiète-t-elle.D’où les efforts déployés par Matthieu Diffort pour chercher les nids. Il tente d’abord de chronométrer le déplacement des insectes: capturé avec un appât, un frelon est marqué d’un repère de couleur, puis relâché. Le temps qu’il met à revenir permet de déduire la distance à son nid. Répétée à au moins trois endroits, la méthode peut mener à une localisation assez précise.Autre piste: l’apiculteur scrute les arbres avec une jumelle “thermographique”, qui permet de repérer de loin les nids grâce à la chaleur – environ 30 degrés – qu’ils dégagent. Enfin, M. Diffort expérimente une solution “high tech”: sur le dos d’un frelon, préalablement anesthésié avec du CO2, il colle un minuscule émetteur, qui lui permettra de traquer ses déplacements à l’aide d’une antenne râteau reliée à un smartphone. L’enjeu étant de trouver le nid en moins de trois heures, avant que la batterie de l’émetteur ne se vide.Pour l’heure, la méthode est encore faillible, et surtout onéreuse, d’autant que l’émetteur ne peut pas toujours être récupéré.Dans cette démarche coûteuse en argent et en temps, le jeune homme avoue se sentir “un peu seul” et souhaiterait davantage de financements pour la recherche. Il en va, souligne-t-il, de l’avenir de l’apiculture et de la biodiversité, mais aussi de la sécurité alimentaire, les abeilles étant indispensables à la pollinisation. “On travaille avec des bouts de ficelle, des moyens dérisoires”, se désole Sean Durkin. Le frelon asiatique, “on sait qu’on ne l’éradiquera plus, il faut donc vivre avec. Et essayer de limiter au maximum sa prolifération”.

En Alsace, la traque ingénieuse des nids de frelons asiatiques

Ils traquent les insectes à la jumelle “thermographique” ou les équipent d’une marque de couleur ou d’un émetteur: des apiculteurs alsaciens se démènent pour débusquer les nids de frelons asiatiques, une espèce invasive, prédatrice des abeilles, dont le nombre a explosé depuis deux ans.”Chercher les nids, ça fait partie de mon travail. Si je veux continuer à faire de l’apiculture, je n’ai pas le choix”, résume Mathieu Diffort, qui exploite une centaine de ruches dans la région rurale du Sundgau, près de Belfort et de la frontière suisse.Avec Philippe Sieffert, son associé dans la société Api&Co, il se consacre également à la destruction des nids de frelons, ainsi qu’à leur traque, cette dernière activité étant aussi chronophage que peu rémunératrice.Apparu en France en 2004, le redoutable hyménoptère à pattes jaunes n’a été repéré qu’en 2023 dans le Haut-Rhin, mais y est désormais solidement installé, relève Sean Durkin, référent local du “groupement de défense sanitaire apicole” (GDSA) mobilisé contre ce fléau. Entre 15 et 20 nids ont été signalés dans le département en 2023, puis une petite centaine l’année suivante et “cette année on va dépasser les 400”, s’alarme-t-il. Parallèlement, le nombre de ruches attaquées ou décimées a explosé.Les bénévoles du GDSA multiplient les actions de communication pour appeler la population à signaler les nids aperçus dans la nature – chacun peut le faire, partout en France, sur le site lefrelon.com. Lorsqu’un nid est repéré, un spécialiste se déplace pour le détruire, avec un drone, une nacelle, ou une perche. En ce matin de novembre, la cible visée par Mathieu Diffort est accrochée en haut d’un chêne, à 25 mètres du sol. Vêtu d’une épaisse combinaison, l’apiculteur utilise une perche télescopique pour injecter dans l’énorme concrétion ovale une poudre insecticide bio. – Bouts de ficelle -Les communes “doivent prévoir une ligne budgétaire” pour ce type d’intervention, car “le phénomène va monter en puissance”, constate Olivier Pflieger, premier adjoint au maire de Hirtzbach. “C’est un problème d’apiculture, mais aussi de santé publique”, souligne l’élu, qui confie avoir perdu sa soeur l’an dernier, décédée d’un choc allergique après une piqûre de frelon.A Hirtzbach, le nid a été aperçu par un ancien garde forestier. “J’étais passée 20 fois à proximité, et je ne l’avais pas vu”, se désole Marion Federspiel, dont l’une des six ruches, installées à environ 200 mètres, a été entièrement décimée. Certaines colonies peuvent s’installer dans des granges abandonnées, où personne ne les repérera, s’inquiète-t-elle.D’où les efforts déployés par Matthieu Diffort pour chercher les nids. Il tente d’abord de chronométrer le déplacement des insectes: capturé avec un appât, un frelon est marqué d’un repère de couleur, puis relâché. Le temps qu’il met à revenir permet de déduire la distance à son nid. Répétée à au moins trois endroits, la méthode peut mener à une localisation assez précise.Autre piste: l’apiculteur scrute les arbres avec une jumelle “thermographique”, qui permet de repérer de loin les nids grâce à la chaleur – environ 30 degrés – qu’ils dégagent. Enfin, M. Diffort expérimente une solution “high tech”: sur le dos d’un frelon, préalablement anesthésié avec du CO2, il colle un minuscule émetteur, qui lui permettra de traquer ses déplacements à l’aide d’une antenne râteau reliée à un smartphone. L’enjeu étant de trouver le nid en moins de trois heures, avant que la batterie de l’émetteur ne se vide.Pour l’heure, la méthode est encore faillible, et surtout onéreuse, d’autant que l’émetteur ne peut pas toujours être récupéré.Dans cette démarche coûteuse en argent et en temps, le jeune homme avoue se sentir “un peu seul” et souhaiterait davantage de financements pour la recherche. Il en va, souligne-t-il, de l’avenir de l’apiculture et de la biodiversité, mais aussi de la sécurité alimentaire, les abeilles étant indispensables à la pollinisation. “On travaille avec des bouts de ficelle, des moyens dérisoires”, se désole Sean Durkin. Le frelon asiatique, “on sait qu’on ne l’éradiquera plus, il faut donc vivre avec. Et essayer de limiter au maximum sa prolifération”.