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La biathlète Julia Simon condamnée pour vol et fraude à la carte bancaire

La championne de biathlon Julia Simon a été condamnée vendredi par le tribunal correctionnel d’Albertville à trois mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour vol et fraude à la carte bancaire, des faits qu’elle a reconnus à la barre mais a peiné à “expliquer”.La jeune femme de 29 ans, membre de l’équipe de France depuis 2015 et qui espère briguer l’or olympique aux JO d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026), était accusée d’avoir utilisé à plusieurs reprises à partir de 2021 les cartes bancaires de sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet et de la kinésithérapeute de l’équipe pour des achats d’un montant maximum de 2.400 euros, et de leur avoir dérobé de petites sommes d’argent (entre 20 et 50 euros).Elle avait partagé à plusieurs reprises des chambres ou des appartements avec elles lors de stages de préparation sportive.Julia Simon a reconnu “la totalité” des faits mais s’est déclarée incapable de les expliquer. “C’est un trou noir”, a-t-elle lâché, très émue à la barre du tribunal. “Tout ça est très flou pour moi. J’ai eu comme un mécanisme de défense de me recroqueviller sur moi et me concentrer à 200% sur mon sport”, a-t-elle lâché.”Ça me paraît dérisoire et ridicule, ce genre de comportement”, a ajouté la biathlète, qui a écarté toute “motivation financière, je n’ai pas été dans le besoin”. Elle a déclaré travailler depuis plusieurs années avec un psychologue pour “comprendre tout ça, pour grandir et évoluer”.Il s’agit là “d’une reconnaissance a minima”, a regretté le procureur, qui, malgré le casier vierge de l’accusée, avait requis deux mois de prison avec sursis et une amende de 20.000 euros, soit une “peine importante pour prévenir une récidive”. Mme Simon encourait théoriquement cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende, a-t-il rappelé.Le tribunal a également condamné la native d’Albertville à 3 ans d’inéligibilité et a par ailleurs rejeté sa demande de ne pas faire figurer la sentence à son casier judiciaire, ce qui pourrait avoir des répercussions sur une éventuelle carrière auprès des douanes françaises avec qui elle a actuellement un partenariat.L’avocate de Justine Braisaz-Bouchet, Me Sarah Pereira, a elle aussi critiqué une “reconnaissance sans explication” et qualifié la situation de “très difficile” pour sa cliente, absente à l’audience, qui ne “peut pas s’en satisfaire”.”Il n’y a aucune animosité de sa part mais une demande de reconnaître son statut de victime au lieu de l’inverse comme cela a été le cas jusqu’ici” , a-t-elle ajouté.- Commission nationale de discipline -La Fédération Française de Ski, qui s’était également constituée partie civile et avait demandé des dommages et intérêts à hauteur “d’un euro symbolique”, a indiqué à l’issue de l’audience “prend(re) acte de ce verdict”.Le sort de la championne repose désormais entre les mains de sa Commission nationale de discipline, qui “se réunira de nouveau dans les plus brefs délais afin de se prononcer sur le plan disciplinaire fédéral”, selon un communiqué de la FFS.Interrogé sur “l’avenir olympique” de Julia Simon après cette condamnation, le président de la FFS, Fabien Saguez, présent à l’audience, a déclaré vouloir “s’attacher à faire en sorte que tous les athlètes, je dis bien tous les athlètes, soient bien encadrés par les équipes, qu’on continue à essayer de les accompagner au mieux pour qu’ils réalisent leurs rêves”.”Pour moi c’est une journée (…) importante, il fallait que le problème soit purgé, il l’est et c’est parfait”, a-t-il estimé.”Les Jeux de Milan évidemment sont l’un des événements majeurs tous les quatre ans(…) et on va faire en sorte que tout le monde puisse s’exprimer de la meilleure des manières pendant cette période-là”, a ajouté le dirigeant.Dans un entretien à l’AFP en avril 2025, Julia Simon avait déclaré vouloir “aller chercher la médaille d’or en Italie, la seule qui manque à mon palmarès”.

Affaire Grégory: 41 ans plus tard, une mise en examen relance l’enquête

Plus de 40 ans après le meurtre du petit Grégory, sa grand-tante a été une nouvelle fois mise en examen, vendredi, soupçonnée d’être le “corbeau” qui a revendiqué l’assassinat, sa défense dénonçant une nouvelle “erreur” dans cette enquête chaotique.Âgée de 81 ans, Jacqueline Jacob a été mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation à l’enlèvement de Grégory, un crime passible de dix ans d’emprisonnement, a indiqué le procureur général de Dijon, Philippe Astruc, après plus d’une heure et demie d’interrogatoire de Mme Jacob à la cour d’appel de Dijon, dont elle est ressortie libre.La grand-tante, dont l’époux est un frère de la grand-mère du petit garçon, est soupçonnée d’être l’un des corbeaux – il y en aurait cinq selon une expertise – qui ont menacé pendant des années la famille de Grégory Villemin. C’est elle qui aurait également revendiqué le meurtre de Grégory Villemin, retrouvé noyé pieds et mains liés à l’âge de quatre ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges, selon les juges enquêteurs.Cette mise en examen “ne pèse pas bien lourd” et “ne vaut pas tripette”, a fustigé Me Stéphane Giuranna, un des trois avocats de Mme Jacob, annonçant que la défense fera appel, “sur la forme et sur le fond”. Le conseil a notamment rappelé qu’une expertise vocale avait dans le passé déterminé que le corbeau était “un homme âgé de 45 à 55 ans”.”La justice n’apprend pas de ses erreurs”, a estimé Me Alexandre Bouthier, autre avocat de Mme Jacob, évoquant notamment la première mise en examen de sa cliente, en 2017, pour “enlèvement et séquestration suivie de mort” et qui avait alors été emprisonnée durant quatre jours. Cette mise en examen avait été annulée en mai 2018, pour un vice de forme, dans un énième couac de la laborieuse enquête.- La stylométrie, un “gadget” -Me Bouthier a de plus qualifié de “gadget” les études de stylométrie, technique qui s’attache à analyser l’orthographe et les tournures de phrases et qui accable Mme Jacob.Selon l’arrêt ordonnant son interrogatoire, que l’AFP a pu consulter, une étude de stylométrie soutient “très fortement l’hypothèse” que Mme Jacob a écrit la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime. “J’espère que tu mourras de chagrin le chef (…) Voilà ma vengeance. Pauvre con”, disait le courrier. “La stylométrie est loin d’être un gadget”, a répondu à l’AFP Marie-Christine Chastant-Morand, avocate des parents du petit Grégory. “C’est un moyen scientifique nouveau qui sonne la signature, l’empreinte de l’expression” d’une personne, a-t-elle estimé, disant garder “espoir” que la vérité éclatera, “avec tous les moyens possibles pour la faire émerger”.”Les parents (de Grégory) sont déterminés”, a-t-elle ajouté.Les juges enquêteurs estiment que Mme Jacob serait également à l’origine de l’appel téléphonique anonyme de revendication passé le jour du meurtre.”Je pense avoir reconnu” sa voix, avait déclaré son beau-frère, René Jacob, après avoir écouté un enregistrement du corbeau devant les gendarmes le 2 août 2022.Dès le début des investigations, les enquêteurs avaient pointé du doigt la haine farouche entre les Jacob et les Villemin, faite de jalousies ancestrales qui peuplent parfois les campagnes.Jacqueline Jacob, déléguée CGT, aurait traité Jean-Marie Villemin, père de Grégory et contremaître, de “chef de mes couilles” en 1982, selon des témoins. Les époux Marcel et Jacqueline Jacob ont nié toute haine.Ajoutant encore un peu plus de complexité à cette enquête aussi longue que laborieuse, le procureur général a averti qu’il y avait un “risque juridique” que l’association de malfaiteurs soit prescrite et que, en conséquence, la mise en examen de Mme Jacob soit annulée. “C’est un enjeu majeur”, a-t-il dit, précisant que la défense de Mme Jacob pouvait saisir la justice à ce propos.Toujours est-il que la mise en examen représente une “étape importante” dans l’enquête, a malgré tout estimé M. Astruc, réitérant “la volonté pleine et entière de continuer la recherche la vérité la plus complète possible dans cette affaire”.”Nous le devons à un petit enfant de 4 ans”, a-t-il dit.

La biathlète Julia Simon reconnaît des faits de vol à son procès

Deux mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende ont été requis vendredi contre la championne de biathlon Julia Simon, qui a reconnu devant le tribunal d’Albertville (Savoie) la “totalité” des faits de vol et de fraude à la carte bancaire qui lui sont reprochés, mais sans pouvoir les “expliquer”.”C’est un trou noir”, a-t-elle lâché, très émue à la barre du tribunal. “Tout ça est très flou pour moi. J’ai eu comme un mécanisme de défense de me recroqueviller sur moi et me concentrer à 200% sur mon sport”, a lâché la jeune femme de 29 ans, membre de l’équipe de France depuis 2015 et qui espère briguer l’or olympique aux JO d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026). La native d’Albertville est accusée d’avoir utilisé à plusieurs reprises à partir de 2021 la carte bancaire de sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet et de la kinésithérapeute de l’équipe pour des achats d’un montant maximum de 2.400 euros, et de leur avoir volé de petites sommes d’argent (entre 20 et 50 euros). Elle avait partagé à plusieurs reprises des chambres ou des appartements avec elles lors de stages de préparation sportive.”Ça me paraît dérisoire et ridicule, ce genre de comportement”, a ajouté la biathlète, qui a écarté toute “motivation financière, je n’ai pas été dans le besoin”. Elle a déclaré travailler depuis plusieurs années avec un psychologue pour “comprendre tout ça, pour grandir et évoluer”.Il s’agit là “d’une reconnaissance a minima”, a regretté le procureur, qui a requis une peine de deux mois de prison avec sursis et une amende de 20.000 euros, un montant “proportionné aux revenus” de la sportive et à son “positionnement” selon lui. Mme Simon encourt théoriquement cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende, a-t-il rappelé.C’est une “reconnaissance sans explication”, a abondé l’avocate de Justine Braisaz-Bouchet, Me Sarah Pereira. Cette situation est “très difficile” pour sa cliente, absente à l’audience, qui ne “peut pas s’en satisfaire”.”Il n’y a aucune animosité de sa part mais une demande de reconnaître son statut de victime au lieu de l’inverse comme cela a été le cas jusqu’ici” , a-t-elle ajouté.- “Euro symbolique” -La Fédération française de ski (FFS), qui s’est également constituée partie civile, a pour sa part demandé des dommages et intérêts à hauteur “d’un euro symbolique”.”Ce qui est important, c’est que les athlètes retrouvent leur sérénité pour se consacrer aux défis sportifs qui les attendent”, a déclaré l’avocate de la FFS, Stéphanie Baudot.Le jugement doit être rendu ce vendredi.La FFS, dont le président Fabien Saguez a fait le déplacement à Albertville vendredi, avait rappelé dans un communiqué rendu public en septembre avoir saisi sa commission nationale de discipline fédérale, tout en qualifiant le litige d'”affaire d’ordre personnel entre deux athlètes”.Mais, considérant que “seuls les moyens d’investigation des enquêteurs et les résultats de l’enquête pénale permettraient de déterminer si les faits reprochés à Julia Simon sont avérés”, elle avait prononcé le 1er juin 2023 “un sursis à statuer”.Elle “aura donc de nouveau à se prononcer lorsqu’un jugement sera rendu dans cette affaire”, souligne la FFS.Dernière lauréate française du gros globe de biathlon (2023), Julia Simon avait achevé la saison en février par un quadruplé historique aux Mondiaux de biathlon à Lenzerheide (Suisse): médaillée d’or en individuel et en relais, relais simple mixte et relais mixte et fait partie de l’équipe tricolore en lice pour les Jeux olympiques d’hiver 2026.Dans un entretien à l’AFP en avril 2025, la Savoyarde avait déclaré vouloir “aller chercher la médaille d’or en Italie, la seule qui manque à mon palmarès”.

Affaire Grégory: 41 ans plus tard, une mise en examen relance l’enquête

Plus de 40 ans après le meurtre du petit Grégory, sa grand-tante a été une nouvelle fois mise en examen, vendredi, soupçonnée d’être le “corbeau” qui a revendiqué l’assassinat, sa défense dénonçant une nouvelle “erreur” dans cette enquête chaotique.Âgée de 81 ans, Jacqueline Jacob a été mise en examen pour association de malfaiteurs, a indiqué Me Stéphane Giuranna, un des trois avocats de Mme Jacob, après plus d’une heure et demie d’interrogatoire de sa cliente à la cour d’appel de Dijon.L’association de malfaiteurs criminelle qualifie une entente en vue de préparer un crime, même si la personne poursuivie ne l’a pas commis ou si aucun élément ne permet de le prouver.La grand-tante, dont l’époux est un frère de la grand-mère du petit garçon, est soupçonnée d’être l’un des corbeaux – il y en aurait cinq selon une expertise – qui ont menacé pendant des années la famille de Grégory Villemin. C’est elle qui aurait également revendiqué le meurtre de Grégory Villemin, retrouvé noyé pieds et mains liés à l’âge de quatre ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges, selon les juges enquêteurs.La défense fera appel de la mise en examen, “sur la forme et sur le fond”, a averti Me Giuranna, voyant dans le fait que Mme Jacob est ressortie de la cour “sans aucune mesure de coercition ni même un contrôle judiciaire” la preuve que cette mise en examen “ne pèse pas bien lourd et que ça vaut pas tripette”.L’avocat a rappelé qu’une expertise vocale avait dans le passé déterminé que le corbeau est “un homme âgé de 45 à 55 ans”.La grand-tante “a répondu à toutes les questions” et “n’a jamais été prise au dépourvu”, a-t-il asséné.”La justice n’apprend pas de ses erreurs”, a estimé Me Alexandre Bouthier, autre avocat de Mme Jacob, notamment quand sa cliente avait déjà été mise en examen, en 2017, alors pour “enlèvement et séquestration suivie de mort”, et même emprisonnée durant quatre jours. Cette mise en examen avait été annulée en mai 2018, pour un vice de forme, dans un énième couac de la laborieuse enquête.- La stylométrie, un “gadget” -Me Bouthier a de plus qualifié de “gadget” les études de stylométrie, technique qui s’attache à analyser l’orthographe et les tournures de phrases. Selon l’arrêt ordonnant l’interrogatoire de Mme Jacob, que l’AFP a pu consulter, une étude de stylométrie soutient “très fortement l’hypothèse” que Mme Jacob a écrit la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime. “J’espère que tu mourras de chagrin le chef (…) Voilà ma vengeance. Pauvre con”, disait le courrier. “La stylométrie est loin d’être un gadget”, a répondu à l’AFP Marie-Christine Chastant-Morand, avocate des parents du petit Grégory. “C’est un moyen scientifique nouveau qui sonne la signature, l’empreinte de l’expression” d’une personne, a-t-elle estimé, disant garder “espoir” que la vérité éclatera, “avec tous les moyens possibles pour la faire émerger”.”Les parents (de Grégory) sont déterminés”, a-t-elle ajouté.Les juges enquêteurs estiment que Mme Jacob serait également à l’origine de l’appel téléphonique anonyme de revendication passé le jour du meurtre.”Je pense avoir reconnu” sa voix, avait déclaré son beau-frère, René Jacob, après avoir écouté un enregistrement du corbeau devant les gendarmes le 2 août 2022.Dès le début des investigations, les enquêteurs avaient pointé du doigt la haine farouche entre les Jacob et les Villemin, faite de jalousies ancestrales qui peuplent parfois les campagnes.Jacqueline Jacob, déléguée CGT, aurait traité Jean-Marie Villemin, père de Grégory et contremaître, de “chef de mes couilles” en 1982, selon des témoins. Les époux Marcel et Jacqueline Jacob ont nié toute haine.La défense de Mme Jacob souligne de plus que, dans des réquisitions que les juges ne sont pas tenus de suivre, le procureur général de Dijon lui-même, Philippe Astruc, avait estimé la mise en examen de Mme Jacob non justifiée.Les arguments à charge “ne suffisent pas à constituer des indices graves ou concordants”, avait estimé M. Astruc, soulignant notamment qu’une expertise de 1991 avait attribué la lettre de revendication du crime, non pas à Mme Jacob, mais à Bernard Laroche, cousin du père de Grégory qui avait été inculpé puis tué par Jean-Marie Villemin.

Affaire Grégory: la grand-tante une nouvelle fois entendue

Plus de 40 ans après le meurtre du petit Grégory, sa grand-tante est une nouvelle fois entendue par la justice vendredi, soupçonnée d’être l’un des corbeaux qui a menacé la famille des années durant, une accusation “lunaire”, selon sa défense.Jacqueline Jacob, 81 ans, dont l’époux Marcel est un frère de la grand-mère du petit garçon, est arrivée peu avant 10H00 à la cour d’appel de Dijon, chargée de l’enquête sur l’un des crimes non résolus les plus emblématiques de France.Entourée de ses avocats et de son mari, elle a gardé le silence, tout comme ses conseils, face à la meute des caméramans et photographes qui l’accompagnait à pied jusqu’au palais de justice.L’octogénaire, déjà soupçonnée en 2017, subit son second interrogatoire en vue d’une possible mise en examen, après 41 ans d’une enquête chaotique sur l’assassinat de Grégory Villemin, retrouvé noyé pieds et mains liés à l’âge de 4 ans, le 16 octobre 1984, dans une rivière des Vosges. A l’issue de cet interrogatoire, elle est susceptible d’être mise en examen pour “association de malfaiteurs criminelle”. Déjà en 2017, Mme Jacob avait été poursuivie, alors pour “enlèvement et séquestration suivie de mort”, et même emprisonnée durant quatre jours. Cette mise en examen avait cependant été annulée en mai 2018, pour un vice de forme, dans un énième couac de cette laborieuse enquête.La grand-tante est soupçonnée d’être l’un des corbeaux – il y en aurait cinq selon une expertise – qui ont menacé pendant des années la famille Villemin. Elle aurait également revendiqué le crime, selon les juges enquêteurs.La famille Villemin avait reçu des dizaines de lettres et appels anonymes dans les années précédant la mort de Grégory. La réussite du jeune père du garçonnet, Jean-Marie Villemin, suscitait des jalousies. Jacqueline Jacob, déléguée CGT, l’aurait traité de “chef de mes couilles” en 1982, selon des témoins. Les époux Marcel et Jacqueline Jacob ont nié toute haine.Selon l’arrêt du 18 juin dernier ordonnant l’interrogatoire de Mme Jacob, et que l’AFP a pu consulter, des expertises graphologiques datant de 2017, puis stylométriques – qui s’attachent à l’orthographe et les tournures de phrases – de 2021 et 2023, attribuent à Mme Jacob trois courriers anonymes de 1983, dont celui du 4 mars qui menace directement les Villemin. “Je vous ferez votre peau” (sic), y était-il écrit.La stylométrie soutient de plus “très fortement l’hypothèse” que Mme Jacob a écrit la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime. “J’espère que tu mourras de chagrin le chef (…) Voilà ma vengeance. Pauvre con”, disait le courrier. Elle serait également à l’origine de l’appel téléphonique anonyme de revendication passé le même jour.- “Pseudos expertises” -“Je pense avoir reconnu” sa voix, avait déclaré son beau-frère, René Jacob, après avoir écouté un enregistrement d’un corbeau devant les gendarmes le 2 août 2022.Dès le début des investigations, les enquêteurs avaient pointé du doigt la haine farouche entre les Jacob et les Villemin, faite de jalousies ancestrales.En 2017, lors de sa première mise en examen, Mme Jacob avait proclamé sa “totale innocence”. Aujourd’hui, les arguments des juges enquêteurs sont tout aussi “surréalistes et lunaires”, résume pour l’AFP Frédéric Berna, un des avocats de Mme Jacob, promettant de contester toute mise en examen.La défense de Mme Jacob dénonce notamment des “pseudos expertises en stylométrie”, une méthode nouvelle dont la fiabilité doit encore être prouvée, et souligne que le procureur général de Dijon lui-même, Philippe Astruc, estime que les arguments à charge “ne suffisent pas à constituer des indices graves ou concordants” justifiant une mise en examen.M. Astruc a notamment souligné qu’une expertise de 1991 avait attribué la lettre de revendication du crime, non pas à Mme Jacob, mais à Bernard Laroche, cousin du père de Grégory qui avait été inculpé par la justice, puis tué par Jean-Marie Villemin.En 2017, Mme Jacob était restée muette lors de son audition. Ce vendredi, “acceptera-t-elle de dire ce qu’elle sait sur la mort de Grégory?”, se demande auprès de l’AFP Me François Saint-Pierre, un des avocats des parents de Grégory. “Ce serait, à notre sens, la seule attitude digne de sa part.”

Polynésie: l’ex-président Gaston Flosse auditionné 28 ans après la disparition d’un journaliste

L’ancien président polynésien Gaston Flosse a été auditionné en tant que témoin, pour la première fois, dans l’affaire de la disparition non élucidée du journaliste et opposant Jean-Pascal Couraud en 1997 en Polynésie française, selon le procès-verbal dont l’AFP a pris connaissance jeudi.D’après ce document, l’audition de l’ex-dirigeant de cette collectivité du Pacifique, âgé aujourd’hui de 94 ans, s’est déroulée le 13 juin et a été menée par la juge d’instruction nouvellement chargée, depuis quelques mois, de ce dossier vieux de presque 30 ans.Quatre personnes sont toujours mises en examen : le chef et l’un des membres du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), sous les ordres de la Présidence polynésienne jusqu’en 2004, la compagne du journaliste et son amant de l’époque.L’une des hypothèses de la justice est une intimidation du GIP qui aurait mal tourné envers Jean-Pascal Couraud, dit JPK, adversaire notoire de M. Flosse.Contacté par l’AFP, le parquet n’a pas souhaité faire de commentaires. M. Flosse n’était pas joignable dans l’immédiat.Cette première audition de M. Flosse visait à comprendre l’organisation de sa présidence, ainsi que de son service de renseignements (SED) et du GIP, à la fin des années 90.Au cours de son audition, Gaston Flosse a qualifié JPK d'”opposant violent contre le gouvernement”. Il a assuré que le journaliste n’a “jamais” été un objectif du SED, alors que le chef de ce service et trois agents ont reconnu une surveillance de l’opposant.La juge cite aussi le témoignage d’une femme, selon lequel l’ancienne secrétaire de Gaston Flosse aurait affirmé que JPK avait été tué sur ses ordres. “Cela me semble impossible qu’elle ait dit cela”, a-t-il répondu.”Tout en espérant la tenue prochaine d’un procès d’assises, il est clair que l’instruction ne peut être immédiatement clôturée et nous pensons que ces auditions sont absolument nécessaires, tant il est apparu au fur et à mesure de l’enquête que Gaston Flosse pouvait effectivement être l’instigateur de la disparition de Jean-Pascal Couraud”, a déclaré à l’AFP Philippe Couraud, son frère.M. Flosse, qui fut un proche de Jacques Chirac qu’il cite à plusieurs reprises lors de son audition, a été président de la Polynésie de manière quasi continue entre 1984 et 2004, puis à plusieurs reprises entre 2004 et 2014. Il a aussi été maire de Pirae, député, sénateur et secrétaire d’Etat dans le gouvernement de cohabitation, de 1986 à 1988.Condamné dans de multiples affaires, il a été déclaré inéligible à plusieurs reprises, ce qui lui a fait perdre le pouvoir en 2014, mais il reste actif dans le paysage politique polynésien.

La championne de biathlon Julia Simon jugée pour vol et escroquerie

La championne de biathlon Julia Simon est arrivée vendredi matin au tribunal correctionnel d’Albertville (Savoie) où elle doit répondre de soupçons de fraude à la carte bancaire aux dépens de deux personnes.A un peu plus de trois mois des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026), auxquels elle vise l’or, la Française la plus titrée de l’histoire des championnats du monde (10 sacres, dont quatre en individuel) est soupçonnée de vol et d’escroquerie, selon le parquet d’Albertville. Elle n’a fait aucune déclaration à son arrivée au tribunal, de même que son avocat Me Christian Borel. Le dossier doit être jugé par le tribunal correctionnel, qui traite plusieurs affaires dans la matinée.Julia Simon, âgée de 29 ans et membre de l’équipe de France depuis 2015, est visée par deux plaintes pour fraude déposées en décembre 2022 et mai 2023 par un membre de l’encadrement de l’équipe de France et par une de ses partenaires en club et en sélection, Justine Braisaz-Bouchet, pour sa part absente à l’audience. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits lors d’un stage à l’été 2022 en Norvège. La jeune femme est accusée d’avoir utilisé leurs cartes bancaires pour des achats sur internet d’un montant de “2.300 euros environ”, selon Me Borel. “Il y a des achats qui ont été faits par carte bleue avec mon nom dessus, mais aujourd’hui, je suis aussi victime de cette situation. Mon nom a été utilisé à mon insu”, avait déclaré la native d’Albertville et licenciée au club des Saisies au Dauphiné Libéré en août 2023. – La Fédération “très sensible” -Le dossier est suivi de près par la Fédération française de ski (FFS), qui s’est constituée partie civile et dont le président Fabien Saguez a fait le déplacement à Albertville vendredi, assisté d’une avocate.”On a passé beaucoup d’énergie à la gestion du groupe depuis la sortie de l’affaire”, a déclaré M. Saguez au quotidien L’Equipe paru jeudi.”Forcément, ça peut avoir un impact. C’est pour ça que la Fédération est très sensible au dossier (…) Parce qu’on veut aussi préserver l’intérêt de la Fédération et des athlètes, et faire en sorte que cette affaire soit bien mise à l’échelle à laquelle elle doit être traitée”, a-t-il ajouté.La Fédération a rappelé dans un communiqué rendu public en septembre avoir saisi sa commission nationale de discipline fédérale, tout en qualifiant le litige d'”affaire d’ordre personnel entre deux athlètes”.Mais, considérant que “seuls les moyens d’investigation des enquêteurs et les résultats de l’enquête pénale permettraient de déterminer si les faits reprochés à Julia Simon sont avérés”, elle avait prononcé le 1er juin 2023 “un sursis à statuer”.Elle “aura donc de nouveau à se prononcer lorsqu’un jugement sera rendu dans cette affaire”, souligne la FFS.Dernière lauréate française du gros globe de biathlon (2023), Julia Simon avait achevé la saison en février par un quadruplé historique aux Mondiaux de biathlon à Lenzerheide (Suisse) : médaillée d’or en individuel et en relais, relais simple mixte et relais mixte et fait partie de l’équipe tricolore en lice pour les Jeux olympiques d’hiver 2026 à Milan-Cortina.Dans un entretien à l’AFP en avril 2025, la Savoyarde avait déclaré vouloir “aller chercher la médaille d’or en Italie, la seule qui manque à mon palmarès”.

Les égoutiers de Paris, travailleurs “de l’ombre” essentiels à la ville lumière

La bouche d’égout s’ouvre et Roland Bourgade, 59 ans, s’engouffre plusieurs mètres sous Paris, protégé de la tête au pied, dans une chorégraphie bien rodée où sécurité rime avec travail d’équipe.Chaque jour de la semaine, les égoutiers de la capitale écument les quelque 2.600 kilomètres de galerie pour nettoyer, entretenir et réparer ce canal d’assainissement développé à l’époque du baron Haussmann, au XIXe siècle. Un réseau indispensable pour évacuer les eaux usées et l’eau de pluie, éviter la propagation des maladies et les mauvaises odeurs.Ce matin d’octobre, quatre hommes enfilent une combinaison blanche, des bottes vertes, des gants, un casque bleu et un masque ventilé au pied d’un immeuble en construction, près de la gare de Lyon.”J’ai un détecteur de gaz qui détecte tout gaz toxique en égout”, explique Donatien Lacoste, 45 ans, assurant, avec le temps, avoir vu l’amélioration des équipements. Il y a 15 ans, cet ancien “ripeur” – éboueur derrière un camion poubelle – est devenu égoutier notamment pour découvrir “un lieu mystérieux”, que “personne ne connaît”.L’organisation est millimétrée: un égoutier reste à la surface et accroche le harnais de ceux qui descendent à l’échelle. “La sécurité est primordiale”, rappelle le chef de l’unité, Roland Bourgade, qui a “appris à aimer ce métier”, au “résultat” visible.Quand “on demande aux clients une semaine après +est-ce qu’il y a toujours ces odeurs qui existent+, généralement ils sont satisfaits de l’activité que nous faisons”, raconte cet ancien comptable, égoutier depuis 14 ans.La mission du jour: prendre des mesures sous terre en vue de travaux. – “Milieu très dangereux” -Arrivé en bas, Roland Bourgade constate d’abord “beaucoup d’eau sur les banquettes”, les trottoirs des égouts. Après évaluation, quatre hommes descendent quand deux autres, les “gardes orifices”, restent à la surface. Sous terre, les lampes frontales éclairent un espace exigu, où l’eau trouble atteint quelque 50 centimètres de profondeur. Sur les murs, de grandes canalisations d’eau potable et non potable côtoient des câbles de fibre optique.”Là on est au numéro 72, c’est indiqué par une plaque”, explique Donatien Lacoste, montrant un trou où atterrissent toutes les “eaux usées” de l’immeuble. Un autre prend des mesures à l’aide d’un mètre. L’expédition souterraine dure environ une heure. “Journée plutôt cool”, reconnaît Donatien Lacoste, “en temps normal, on descend entre 3 et 4 heures”.”C’est un milieu très dangereux, donc il faut toujours avoir une légère appréhension”, prévient-il, évoquant de nombreux “risques” comme les “glissades”, les “chocs” ou l’intoxication au gaz.”Tous les deux ans, on est vacciné pour la leptospirose”, poursuit-il, une maladie transmise principalement par les rats.Les égoutiers en voient tout comme des cafards. En 1984, un jeune crocodile est découvert, “en promenade” selon une dépêche AFP de l’époque. Une histoire insolite qui se transmet dans le milieu.- “Métier pénible” –  Les qualités requises pour ce métier ? “Ne pas être claustrophobe”, “être en pleine forme”, égrène Roland Bourgade, évoquant aussi une “corporation où on doit être soudé”.”Nous travaillons dans un espace confiné, avec un métier pénible, donc ça joue beaucoup sur le moral. D’où l’importance d’avoir des collègues avec qui l’ambiance est bonne”, abonde Abdoul, 45 ans, égoutier depuis six ans.Une pénibilité qui leur permet généralement de faire valoir leur droit à la retraite dix ans plus tôt que le reste de la population.Parmi les 260 “égoutiers de Paname” et chefs égoutiers, on ne compte que 13 femmes. Un “déséquilibre historique”, pointe Antoine Guillou, adjoint à la maire de Paris en charge de la propreté, qui “espère que ça va changer”.L’élu salue un métier indispensable pour “préserver la santé des Parisiennes et des Parisiens” et l’environnement, comme la dépollution de la Seine.”Sans nous, les odeurs remontent, les égouts seraient bouchés, donc tout remonterait à la surface”, confirme Donatien Lacoste. Babacar Sarr, 32 ans, égoutier depuis bientôt six ans, parle d’un “travail de l’ombre” pas “assez mis en valeur” alors qu’il “contribue” au bien-être de la ville.La ville dont l’égout est “la conscience”, écrivait Victor Hugo.