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Premier déplacement à l’étranger de Laurent Nuñez pour parler immigration et narcotrafic

La lutte contre l’immigration illégale, l’une des priorités du nouveau ministre de l’Intérieur, et le crime organisé étaient principalement au cœur du premier déplacement à l’étranger de Laurent Nuñez qui a rencontré son homologue espagnol vendredi à Madrid.Lors de cette visite, Laurent Nuñez et Fernando Grande-Marlaska ont balayé les sujets d’intérêts européens communs comme la politique migratoire, la coopération policière dans la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, ainsi que la protection civile. La lutte contre l’immigration illégale, “l’une des priorités les plus fortes que s’est donnée Laurent Nuñez”, rappelle son entourage, a occupé une part importante des discussions, selon des participants. Depuis sa nomination le 12 octobre place Beauvau, le ministre a prévu de consulter ses homologues européens dans la perspective du pacte asile migration, que la France doit transposer d’ici à juin 2026.”J’essaie de voir où en sont les positions des uns et des autres pour qu’on ait au niveau européen une règlementation qui soit la plus protectrice possible, en termes de contrôles des frontières extérieures et de possibilité de reconduire dans leur pays des étrangers en situation illégale”, développe auprès de l’AFP le ministre français, qui a également échangé jeudi soir avec le ministre de l’Intérieur allemand Alexander Dobrindt.”L’Espagne est un pays d’entrée d’immigration illégale, c’était important de faire un point et de constater avec satisfaction que les entrées ont diminué de 40% sur leur territoire depuis le début de l’année”, souligne M. Nuñez.Sur le pacte asile migration, la France et l’Espagne, deux pays “d’entrée et de rebond” des migrants, partagent “des points d’accord très forts”, rappelle son entourage, l’Espagne coopérant avec des pays comme la Mauritanie et le Sénégal pour prévenir les départs.Dans le même esprit, Fernando Grande-Marlaska s’est rendu en début de semaine en Algérie pour rediscuter de la coopération entre les deux pays.A ce stade, aucun déplacement de Laurent Nuñez n’est prévu à Alger, a-t-il dit, regrettant l’arrêt du canal de coopération sécuritaire avec les autorités algériennes.- “Coopération fluide” -Pour son premier déplacement à l’étranger, le nouveau locataire de la place Beauvau a été chaleureusement accueilli par son homologue espagnol. Les deux hommes se connaissent bien et conversent en espagnol: Fernando Grande-Marlaska occupe le ministère de l’Intérieur depuis 2018, Laurent Nuñez a, durant ces années, piloté la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), puis rejoint le ministère de l’Intérieur en tant que secrétaire d’État (2018 et 2020), avant la “task force” contre le terrorisme à l’Élysée (2020-2022).”Nous avons des relations personnelles”, souligne auprès de l’AFP Laurent Nuñez, et cette rencontre a permis de “réévoquer avec lui des sujets importants en matière de sécurité que l’on a gérés ensemble”.Ce déplacement a été l’occasion de rappeler que la coopération opérationnelle et judiciaire entre la France et l’Espagne est “excellente”, “dense” et “fluide”, selon des participants. Les deux pays collaborent régulièrement via des équipes communes d’enquête notamment dans la lutte contre la criminalité organisée et la France a installé en Espagne son service de sécurité intérieure le plus dense.”On a convenu ensemble qu’il fallait encore faire plus dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, qui est une espèce d’hydre qui dépasse les frontières”, relate M. Nuñez.Les membres du service de sécurité intérieure sont des “pions avancés” dans cette lutte aux côtés des forces de sécurités espagnoles, ajoute-t-il.L’Espagne reste un point d’entrée majeur des stupéfiants en Europe avec la résine de cannabis en provenance du Maroc et la cocaïne acheminée en cargo ou en voilier depuis l’Amérique du Sud.Pays voisin, la France est devenue ces dernières années l’un des territoires européens les plus touchés, dépassant des pays traditionnellement impactés comme la Belgique et les Pays-Bas, selon une note de l’Office antistupéfiants (Ofast) consultée par l’AFP. Le durcissement des contrôles dans les ports d’Anvers et Rotterdam peut expliquer une réorientation des trafics vers le sud de l’Europe, selon la même source.Hors voie maritime, la frontière routière entre l’Espagne et la France est particulièrement exposée, des passeurs empruntant aussi la voie ferroviaire, moins contrôlée.

Lola: perpétuité incompressible pour la meurtrière, première femme condamnée à cette peine maximale

Dahbia Benkired a été condamnée vendredi par la cour d’assises de Paris à la perpétuité incompressible pour avoir violé, torturé et tué la jeune Lola Daviet, 12 ans, devenant la première femme à être sanctionnée de la peine maximale prévue par le code pénal. La peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une sûreté également à perpétuité, avait été réclamée dans la matinée par l’avocat général au terme de ses réquisitions.Le représentant de l’accusation avait souligné la nécessité “d’assurer la protection de la société, de prévenir la commission de nouvelles infractions et de restaurer l’équilibre social”.Le président de la cour a insisté lors de l’énoncé du verdict, après quatre heures de délibéré, sur “l’extrême cruauté des faits criminels”, “de véritables supplices” “totalement déshumanisés”.”La cour, pour fixer la peine juste, a pris en compte le préjudice psychologique indicible causé à la victime et à la famille dans des circonstances aussi violentes et presque innommables”, a-t-il ajouté, en relevant que le “parcours de vie” de la condamnée “ne saurait expliquer ce déferlement de haine”.Le magistrat a encore relevé la “dangerosité criminologique très élevée” de Dahbia Benkired.”On croyait à la justice et on l’a eue”, a déclaré après le verdict Delphine Daviet, la mère de Lola.L’une de ses avocates, Me Clotilde Lepetit, a assuré que sa cliente était “heureuse que la raison et l’absence de haine soient du côté de ce qu’ils ont vécu et de ce qu’ils ont souffert”.L’avocat de la condamnée, Me Alexandre Valois, a reconnu une “décision évidemment sans surprise” avec “des motivations claires”, tout en se disant “satisfait” que “l’audience judiciaire (ait) pu se tenir sereinement”.Depuis son instauration en 1994, la “perpétuité réelle” n’avait jusqu’alors été prononcée qu’à quatre reprises en droit commun, contre Pierre Bodein, Michel Fourniret, Nicolas Blondiau et Yannick Luende Bothelo.Réputée “incompressible”, cette peine peut néanmoins être aménagée selon des critères draconiens au bout de trente ans par le tribunal de l’application des peines.- “Risque de récidive” -Est-ce l’impassibilité de Dahbia Benkired durant les débats et, surtout, ses bribes d’explications incohérentes, fluctuantes et contredites par des éléments objectifs de l’enquête qui ont guidé cette sévérité?Six jours d’audience n’ont quoi qu’il en soit pas permis de distinguer les véritables mobiles et, d’une manière générale, le processus qui l’a fait passer à l’acte.C’est, de manière encore plus évidente, un mode opératoire d’un rare sadisme qui a marqué les esprits.A l’époque âgée de 24 ans, marquée par une précarité sociale certaine, Dahbia Benkired vivait par intermittence chez sa sœur, dans un immeuble du XIXe arrondissement de Paris.Le 14 octobre 2022, elle a attiré sous la contrainte Lola, la fille des gardiens de la résidence dans son appartement.Dans un huis clos de quelque 97 minutes, elle l’a ensuite violée, torturée puis tuée en lui obstruant les voies respiratoires avec du ruban adhésif.S’en était suivie une fuite erratique, chargée d’une malle dans laquelle elle avait placé le corps de la fillette. Lors du procès, trois experts psychiatres avaient à la fois exclu toute pathologie de l’accusée qui aurait pu l’exempter de sa responsabilité pénale, en dépit de traits de personnalité “psychopathiques”, et insisté sur leurs réserves quant à la possibilité de soins.”Aucun traitement médicamenteux ne saurait fondamentalement transformer la personnalité de Mme Benkired. Quand il n’y a pas de maladie, il n’y a pas de traitement”, avait ainsi estimé l’avocat général.”Le risque de la récidive, il est maximum du fait de ces traits de personnalité, du fait de l’absence de traitement adapté”, avait-il encore fait valoir.- “Dignité” de la famille Daviet -Le crime avait durablement marqué l’opinion publique. Des premières heures de l’affaire jusqu’aux marches du palais de justice, l’extrême droite française s’est emparée de ce drame, mettant en exergue la situation irrégulière en France de l’accusée. A l’image de Marine Le Pen, selon laquelle “la justice ne s’est pas dérobée”, les dirigeants d’extrême droite ont unanimement salué la décision de la cour.Dans sa plaidoirie, jeudi, l’une des deux avocates de la famille de la victime s’était voulue pourtant sans ambiguïté: ce sont bien les proches de Lola les “seuls gardiens de sa mémoire”, elle qui était “trop jeune pour servir les débats haineux”, alors que “ce qu’elle aimait, c’était manger des crêpes et faire de la gym”.Au cours d’un procès empreint d’une grande émotion, le président de la cour d’assises, Julien Quéré, avait tenu à saluer l’immense “dignité” de la mère et du frère de la fillette, alors que le père de Lola Daviet avait succombé quelques mois après le drame d’un chagrin noyé dans de vieux démons.L’avocat de la défense s’était pour sa part penché sur le passé de Dahbia Benkired, marqué par les violences, notamment sexuelles.Il en avait surtout appelé à “une décision de justice”. “Si la peine de mort n’avait pas été abolie, elle aurait certainement été requise”, avait fait remarquer Me Valois aux jurés. “Si vous aviez considéré de ne pas lui appliquer cette peine de mort, la peine maximale; sur le même raisonnement, rien ne vous empêche de l’accepter maintenant.”La condamnée a dix jours pour interjeter appel.

Meurtre d’Anaïs M., 18 ans: 20 ans de prison requis contre l’accusé

Une peine de 20 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi devant la cour d’assises du Val-de-Marne à l’encontre d’un jeune homme de 23 ans, accusé d’avoir tué Anaïs M., 18 ans, après un différend lié au paiement d’un acte sexuel tarifé.Pour l’avocate générale, “la thèse de l’accident, de la panique, ne sera pas suffisante”.”Les actes décrits correspondent bien à ce meurtre”, celui d’Anaïs M. tuée en banlieue parisienne la nuit du 9 au 10 mai 2021, a-t-elle détaillé.Lilian M., 18 ans à l’époque des faits, a “supprimé” la victime “comme un objet sexuel parce qu’il ne l’a jamais considérée autrement”, a asséné la représentante du ministère public.Au cours d’un exposé d’environ une heure, elle a dépeint l’accusé comme un “homme dangereux (…) qui a maladroitement dit son intention de changer” pendant son procès.”Un homme violent, imprévisible, qui a ôté la vie pour une simple frustration égocentrée, parce qu’Anaïs était une femme insignifiante à ses yeux”, a-t-elle résumé. Un homme par ailleurs “jeune”, “immature”, dans le “déni de sa propre violence et de cette dangerosité qu’il a en lui”.Le 10 mai 2021, au petit matin, le corps d’Anaïs a été retrouvé par une livreuse de journaux sur un trottoir de Pontault-Combault (Seine-et-Marne).Quelques heures auparavant, elle avait rejoint au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) Lilian M., qui l’avait contactée plus tôt via une petite annonce par laquelle elle se prostituait.Lorsqu’elle le retrouve au domicile de ses grands-parents, ce dernier est alcoolisé. Ils descendent dans un parking souterrain. Après un début d’acte sexuel finalement interrompu, le jeune homme refuse de lui payer les 100 euros qu’il lui doit, et n’en propose que la moitié.Celle-ci proteste, il la frappe. Elle tombe par terre, il la relève en l’étranglant avec son bras droit et lui obstrue la bouche avec la main gauche. Alors qu’il comprend qu’elle est décédée, il reste une dizaine de minutes à côté d’elle sans tenter de la ranimer, bien qu’il soit titulaire d’un brevet de secourisme.Il abandonnera son corps quelques kilomètres plus loin sur ce trottoir de Pontault-Combault, après avoir tenté de le brûler.- “Impardonnable” -L’accusé, qui reconnaît avoir tué la victime mais conteste tout caractère intentionnel, a expliqué l’avoir étranglée “pour la faire taire”.”Je ne pensais pas à ce que j’étais en train de lui faire. J’aurais dû savoir que ce geste-là allait la tuer”, a-t-il reconnu vendredi.”A 18 ans dans la vraie vie, on a toute la vie devant soi. (…) A 18 ans, on ne doit pas finir dévêtue dans ses excréments entre deux voitures dans un quartier pavillonnaire glauque du 94″, a rétorqué Me Fabien Arakelian, avocat de la mère et d’autres membres de la famille d’Anaïs qui se sont constitués partie civile.L’avocat de la défense, Me Julien Dubs, a pour sa part prié la cour de tenir compte de “l’histoire extrêmement difficile de l’accusé”, marquée par l’abandon de son père et une forte consommation d’alcool à l’adolescence.”Je crois qu’autour de lui il y a encore beaucoup d’amour. Ce qui sauvera Lilian n’est pas la prison”, a plaidé Me Julien Dubs. Il a en outre contesté l’intention d’homicide retenue par l’avocate générale.Avant que la cour ne se retire pour délibérer, l’accusé, debout dans son box vitré, s’est exprimé une dernière fois. “J’aimerais m’excuser sincèrement auprès de la famille, même si je sais qu’il n’y a pas de mots qui pourront les apaiser, c’est impardonnable”, a-t-il déclaré, le regard posé sur la mère et la grand-mère d’Anaïs, assises à quelques mètres de lui.Le verdict est attendu vendredi soir.

UK says allies should boost Ukraine’s long-range missile reach

British Prime Minister Keir Starmer on Friday urged allies to “finish the job” on Russian assets as he told Ukraine’s President Volodymyr Zelensky in London there was more that they could do to bolster Kyiv’s long-range missile capability.Starmer met Zelensky at his London residence before holding talks with Ukraine’s key backers.”I think there’s further we …

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Musique: Nantes rompt avec René Martin, soupçonné de harcèlement, la justice saisie

La mairie de Nantes ne collaborera plus avec René Martin, fondateur du festival de musique classique La Folle Journée, soupçonné de “comportements inappropriés”, ce que ce dernier conteste. La justice demande une enquête et va saisir l’inspection du travail.Le Centre de réalisations et d’études artistiques (Créa), fondé par René Martin et gestionnaire de plusieurs festivals, a mandaté un audit après des révélations de presse sur des dérives dans sa gestion financière et son management.Les conclusions de l’audit “démontrent clairement que les principes d’exemplarité, de respect des droits des salariés et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ont été bafoués”, affirme vendredi la mairie dans un communiqué annonçant la fin de sa collaboration avec René Martin.La municipalité évoque notamment “l’exposition des salariés à des contenus à caractère pornographique”.La ville de Nantes a précisé qu’elle avait adressé les conclusions de l’audit au procureur de la République “sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale”, qui enjoint à toute autorité de saisir la justice lorsqu’elle a connaissance d’un crime ou d’un délit.D’après le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, l’audit en question conclut à des “dysfonctionnements manifestes” dans l’organisation et dans les conditions du travail au sein de l’association. Il a annoncé saisir “à brefs délais” l’inspection du travail.Selon le parquet, le rapport fait également état de “comportements inappropriés” de la part de René Martin, 75 ans.”Ce qui est décrit dans ce rapport pourrait, de mon point de vue, mais seulement après que seront réalisées des investigations plus approfondies, caractériser des infractions pénales de type harcèlement au travail”, a ajouté Antoine Leroy, qui a annoncé saisir dans les prochains jours un service d’enquête pénale.- Figure de la musique classique -René Martin a contesté vendredi soir “les accusations de comportements inappropriés, de harcèlement ou d’+hypersexualisation+ des relations de travail”, ajoutant que l’audit “ne semble faire état ni d’aucun fait répréhensible, ni d’aucun fait constitutif de harcèlement, mais évoque surtout des dysfonctionnements organisationnels et managériaux au sein de la structure.”Il s’est dit “déterminé à défendre (son) honneur et la vérité, par toutes les voies de droit”, dans un communiqué.Fin septembre, une enquête de Médiacités et de La Lettre du Musicien avait fait état d’une “porosité entre dépenses professionnelles et dépenses personnelles” de René Martin, figure de la musique classique, également fondateur du festival international de piano de La Roque-d’Anthéron, dans les Bouches-du-Rhône.Les témoignages d’une vingtaine d’anciens et d’actuels salariés décrivaient un directeur artistique “omnipotent” faisant régner une ambiance de travail “très difficile” entre “compliments”, “humiliation” et “emprise”, dans un climat “hypersexualisé”.”J’assure les victimes, les salariés, de mon plein soutien dans ce moment difficile et douloureux. C’est désormais au Créa de tirer toutes les conséquences des conclusions de cet audit et de prendre les décisions qui s’imposent”, a déclaré la maire de Nantes, Johanna Rolland, citée dans le communiqué.La ville et la métropole financent La Folle Journée à hauteur de 1,1 million d’euros sur un budget global de 4,7 millions d’euros. La mairie s’est dite “entièrement mobilisée aux côtés de l’équipe du Créa pour réussir l’édition 2026 et poursuivre l’aventure de la Folle Journée de Nantes”. Le Département de Loire-Atlantique a quant à lui suspendu vendredi son soutien financier à la Folle Journée (10.000 euros prévus pour 2026), expliquant attendre du Créa qu’il mette fin à la collaboration de René Martin. Le Créa organise chaque année plus de 1.200 concerts en France et dans le monde, selon son site internet. Son festival-phare, La Folle Journée, a été créé en 1995 par René Martin.En une trentaine d’éditions, celui-ci a accueilli à Nantes plus de trois millions de spectateurs. Depuis le début des années 2000, le festival s’est aussi exporté à l’étranger, notamment à Varsovie et Tokyo. 

Record annuel d’enchères en France pour un exceptionnel Picasso, vendu 32 millions d’euros

Un portrait “exceptionnel” de Dora Maar portant un chapeau à fleurs coloré, peint par Pablo Picasso en 1943 en pleine Occupation, a été vendu 32 millions d’euros (avec frais) aux enchères vendredi à l’Hôtel Drouot à Paris, “record de l’année” en France, selon la maison de vente.”Nous avons battu le record de Christie’s pour un tableau de Picasso cette année à Hong Kong (23,6 millions d’euros pour “buste de femme” (1944), un portrait de Dora Maar vendu le 26 septembre, ndlr) C’est la plus haute enchère en France toutes maisons confondues cette année”, s’est félicité auprès de l’AFP le commissaire-priseur chargé de cette vente, Christophe Lucien.”Picasso et Dora Maar sont deux stars incontournables des enchères. C’est un grand moment, très émouvant, dont je me souviendrai longtemps. Le monde entier était présent, soit dans la salle, soit au téléphone, dans une atmosphère électrique”, a-t-il ajouté.- acquéreur étranger-Intitulé “Buste de femme au chapeau à fleurs”, le tableau d’une taille de 80×60 centimètres, peint à l’huile, vendu “à un acquéreur étranger”, selon M. Lucien qui n’a pas précisé sa nationalité, représente la photographe, égérie des surréalistes, qui fut la compagne de Picasso pendant une dizaine d’années.Estimé huit millions d’euros, une estimation basse, selon le commissaire-priseur, son prix s’est envolé lors d’une bataille en règle retransmise en direct sur le site de Drouot, à laquelle se sont livrés les enchérisseurs entretenant jusqu’au bout le suspense.Signé par Picasso et daté du 11 juillet 1943, le tableau, “exceptionnel”, selon M. Lucien, a été acquis en août 1944 par un grand collectionneur français, grand-père des actuels ayants droit qui souhaitaient le vendre dans le cadre d’une succession.”Inconnu du public et jamais exposé hormis dans l’atelier de Picasso pour quelques amis, il n’a jamais été vernis ni restauré, est juste encadré de minces baguettes et dans son jus”, avait précisé Agnès Sevestre-Barbé, spécialiste de Picasso, lors du dévoilement de l’oeuvre le 19 septembre.D’inspiration à la fois naturaliste et cubiste, la toile montre Dora Maar en proie à la tristesse mais au visage empreint de douceur, contrairement à d’autres portraits où le maître espagnol l’a représentée avec une expression où la violence et les émotions semblent exacerbées.Elle porte un chapeau à fleurs aux couleurs plutôt vives (rouge, jaune, vert, violet) avec un buste plus sombre, au moment où Picasso la délaisse pour une plus jeune femme, Françoise Gilot.Plusieurs portraits de Dora Maar ont surtout été vendus aux Etats-Unis par les grandes maisons de vente anglo-saxonnes. En 2006, “Dora Maar au chat” avait été vendu 95 millions de dollars à New York, après “Femme assise dans un jardin” (1938) acquise en 1999 également à New York pour 49 millions de dollars.Authentifié par l’administration Picasso, le portrait vendu n’était connu des spécialistes et passionnés de Picasso qu’en noir et blanc et à travers le catalogue raisonné de ses œuvres (inventaire officiel) le mentionnant, selon Drouot.Des photos de Brassaï, ami de Picasso, prises dans l’atelier du peintre (rue des Grands-Augustins) attestent également de la présence du tableau, installé au sol près de la célèbre “+femme au rocking-chair+ et d’un lapin (momifié), accroché au mur, récupéré par Picasso dans la cour carrée du Louvre”, selon M. Lucien.Dora Maar, de son vrai nom Henriette Théodora Markovic (1907-1997), est surtout réputée comme photographe et s’est fait connaître notamment à travers ses innombrables portraits de Picasso.Elle a aussi réalisé un reportage photographique sur le chef d’oeuvre du maître espagnol, “Guernica”, en cours de création en 1937 dans son atelier des Grands-Augustins, aujourd’hui au musée de la Reine Sofia à Madrid.

Budget: Lecornu ouvre les débats dans l’hémicycle sous les menaces du PS

“2026 ne peut pas être une année de perdue”. Sébastien Lecornu a ouvert vendredi à l’Assemblée les débats sur le budget de l’Etat, qui promettent d’être décisifs dès ce weekend, le PS exigeant davantage de justice fiscale, et menaçant dans le cas contraire de faire tomber le gouvernement.Fait inhabituel, le Premier ministre s’est rendu au palais Bourbon pour une déclaration d’un quart d’heure en ouverture des débats en séance sur la partie recette.”On ne peut plus gouverner par la seule discipline d’un camp”, a assuré M. Lecornu, appelant au “compromis” et à “un changement de culture” parlementaire.Le chef du gouvernement, renommé par Emmanuel Macron après l’épisode rocambolesque de sa démission express, a évité la censure d’emblée en acceptant de suspendre la réforme des retraites, condition fixée par les socialistes.Mais ces derniers ont à nouveau brandi la menace d’une censure après le rejet en commission de la première partie du budget, rendant incertaine l’issue des débats, d’autant plus avec l’abandon annoncé par Matignon du recours à l’article 49.3.”S’il n’y a pas d’évolution (…) d’ici lundi, les socialistes voteront contre et censureront”, a assuré vendredi le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, sur X.Celui-ci exige que des mesures de justice fiscale soient adoptées lors de l’examen pour supprimer, en retour, “les horreurs de la copie” gouvernementale.Sébastien Lecornu n’a pas donné de réponses précises dans l’immédiat.Les tractations continuent en coulisse. Une réunion a eu lieu dans la matinée entre des représentants de gauche et des macronistes.Et les socialistes, s’ils entendent bien défendre dans l’hémicycle ce weekend la taxe Zucman originelle – 2% par an sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, dont les biens professionnels – ont aussi mis sur la table d’autres propositions.Dont deux amendements, l’un reprenant la taxe en excluant certaines entreprises familiales ou innovantes, et l’autre en sortant de l’assiette des biens professionnels. Mais plusieurs cadres aux groupes macronistes expliquaient attendre d’avoir le chiffrage et l’avis du gouvernement pour décider de leur position dans l’hémicycle.La ministre du Budget Amélie de Montchalin a appelé à “protéger” l’outil “de travail” et “les biens professionnels”.- “Chantage” -Côté RN, Jean-Philippe Tanguy a fustigé un budget de “purge toxique”. “Il est hors de question de vous laisser prendre, cette année, un centime de plus. Ni aux salariés, ni aux entrepreneurs, ni aux retraités”, a-t-il lancé.Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, a lui dénoncé “un budget anti-social et anti-écologique qui, associé à celui de la sécurité sociale, est un musée des horreurs inégalitaires”, et appelé à la censure du gouvernement pour éviter l’hypothèse d’un recours aux ordonnances si le Parlement dépasse les délais constitutionnels pour se prononcer.Bien d’autres points chauds attendent les députés dans cette première partie du budget, consacrée aux recettes. Les débats sont programmés jusqu’au 3 novembre, avant un vote solennel le 4 sur cette partie. L’ensemble de la discussion budgétaire mènera le Parlement jusqu’à la mi-décembre au moins.Les discussions promettent d’êtres vives sur le gel du barème de l’impôt sur le revenu, la suppression d’un abattement fiscal pour les retraités, ou la suppression de la défiscalisation des indemnités journalières pour affection de longue durée.Le gouvernement propose une taxe sur les holdings patrimoniales détenant au moins cinq millions d’euros d’actifs, une mesure qui ne satisfait pas le PS, et qui est critiquée dans le camp de l’exécutif.Dans l’hémicycle, Sébastien Lecornu s’est également attaché à adresser des signaux à la droite, se montrant disposé à travailler avec Les Républicains (LR) pour “des mesures de valorisation du travail” et faire avancer “en parallèle” du budget “l’allocation sociale unique”, mantra du patron du groupe Laurent Wauquiez.Ce dernier a lui lancé un vif avertissement au gouvernement sur la suspension de la réforme des retraites, autre clé de la non-censure, et qui sera examinée dans le budget de la sécurité sociale à partir de lundi en commission.”Nous ne sommes pas là pour intégrer le chantage du PS”, a prévenu M. Wauquiez dans Le Figaro. Il a lui-même déposé avec de nombreux députés LR, un amendement pour supprimer cette mesure.Là encore, les pistes de financement seront au cœur des débats. La suspension doit pour l’instant être financée par la mise à contribution des complémentaires santé et des retraités, ce qui suscite de vives critiques. D’autant que les personnes pouvant bénéficier du dispositif “carrières longues” ne seront pas concernées par la suspension de la réforme des retraites à ce stade.sl-cma-sac-law-bpa/ama/cbn

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L’Inde expérimente l’ensemencement des nuages à Delhi pour lutter contre la pollution

L’Inde a provoqué, pour la première fois jeudi, une pluie artificielle au-dessus de New Delhi, en ensemençant des nuages avec un avion pour dissiper le brouillard de pollution toxique qui enveloppe la capitale depuis quelques jours.Les autorités de la mégapole, en collaboration avec l’Institut indien de technologie de Kanpur, ont procédé à un premier essai jeudi après-midi avec un avion monomoteur Cessna au-dessus de Burari, une ville située au nord du territoire de l’Union de Delhi. “Un vol d’essai d’ensemencement a été effectué… au cours duquel des fusées d’ensemencement des nuages ont été tirées”, a déclaré Manjinder Singh Sirsa, le ministre de l’Environnement de Delhi, dans un communiqué publié jeudi soir. “Ce vol (avait pour objectif) de vérifier les capacités d’ensemencement des nuages, la préparation et l’autonomie de l’appareil, d’évaluer les capacités des équipements et des fusées (utilisées) pour l’ensemencent, ainsi que la coordination entre toutes les agences”, a-t-il détaillé.”Si les conditions restent favorables, Delhi connaîtra sa première pluie artificielle le 29 octobre”, a annoncé Rekha Gupta, la ministre en chef. La nature du produit chimique utilisé lors de cet essai n’avait pas été précisée vendredi matin.La mégapole de plus de 30 millions d’habitants figure régulièrement parmi les capitales les plus polluées de la planète.Chaque hiver, l’air froid reste bloqué sous un air plus chaud, lequel forme un “couvercle” empêchant l’épais nuage toxique à l’odeur âcre, généré par les usines, la circulation automobile et les brûlis agricoles, de se disperser en altitude.  Les niveaux de PM2.5 – les plus dangereuses car elles se diffusent dans le sang –  atteignent certains jours jusqu’à 60 fois le niveau maximum quotidien recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Depuis le début de la semaine, le niveau de pollution a augmenté, notamment après Diwali, la fête hindoue des lumières, au cours de laquelle les habitants tirent des fusées pyrotechniques et font exploser de gros pétards, très polluants. Mardi à l’aube, le niveau de microparticules PM2.5 a atteint plus de 56 fois la limite quotidienne, selon la société suisse IQAir, spécialisée dans la surveillance de la qualité de l’air.La Cour suprême a assoupli en octobre l'”interdiction totale” d’usage des feux d’artifice et autorisé l’utilisation de “feux d’artifice verts” censés émettre moins de particules et de gaz. Vendredi matin, les concentrations de PM2.5 étaient dans certaines parties de New Delhi, 24 fois supérieures au seuil fixé par l’OMS, selon IQAir.

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Zeytin le bébé gorille restera en Turquie après un test ADN

Zeytin, le bébé gorille découvert dans une caisse en bois fin décembre à l’aéroport d’Istanbul, restera finalement en Turquie: un test ADN vient de relancer l’énigme de son origine, selon la Direction de la protection de la Nature et des parcs nationaux.Le primate, alors âgé de cinq mois, était enfermé dans la soute d’un avion reliant le Nigeria à la Thaïlande et Ankara pensait le renvoyer dans le grand pays ouest-africain, qui le réclamait.Mais, a expliqué vendredi la Direction chargée de veiller sur son sort, des tests génétiques ont révélé que Zeytin ne venait pas du Nigeria.”Les tests ADN effectués sous la coordination du laboratoire  de génétique de l’Université d’Ankara ont conclu que Zeytin est un gorille des plaines occidentales et que son pays d’origine n’est pas le Nigeria”, a expliqué la Direction dans un communiqué sans pouvoir préciser d’où il vient.Alors même que le Nigeria avait réclamé le retour du gorille au nom de la Cites, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, la Turquie invoque ce même traité pour justifier de le garder.”Conformément aux directives de la CoP 19 (dix-neuvième conférence des parties, ndlr) il a été décidé que Zeytin resterait dans un zoo en Turquie, entre de bonnes mains qui sauront prendre grand soin de lui”, affirme la Direction de la Nature.Le bébé gorille ne disposait d’aucun certificat d’origine quand il a été découvert. La Turquie avait accepté de le renvoyer à condition que le Nigeria s’engage à le protéger de tout trafic, rappelle-t-elle.C’était la première fois qu’un gorille était intercepté à l’aéroport d’Istanbul. “Il était terrorisé, on le voyait dans ses yeux”, avait rapporté à l’AFP le responsable régional de la Direction, Fahrettin Ulu.Zeytin, qui pesait 9,4 kilos à son arrivée au zoo, où il est hébergé dans un espace ouvert, en faisait 16 pour 80 cm quand l’AFP lui a rendu visite mi-septembre.Selon Traffic, une ONG britannique spécialisée dans la protection de la faune sauvage, le commerce des bébés grands singes est en hausse: de plus en plus d’acheteurs cherchent à en faire des animaux de compagnie ou à les utiliser dans des zoos, des cirques, des spectacles ou sur les réseaux sociaux.Les bébés gorilles sont particulièrement visés “car très maniables et faciles à transporter” souligne Traffic.

Abattage de l’olivier pour Ilan Halimi: le parquet de Bobigny fait appel du jugement

Le parquet de Bobigny a annoncé vendredi avoir fait appel du jugement prononcé contre deux frères jumeaux de 19 ans dans l’affaire de l’abattage d’un arbre en mémoire d’Ilan Halimi, jeune Français juif tué en 2006, en contestant le fait que le tribunal n’ait pas reconnu le caractère antisémite de leur acte.Mercredi, le tribunal correctionnel de Bobigny avait déclaré coupables ces deux jeunes Tunisiens, sans domicile fixe, uniquement de destruction du bien d’autrui aggravée. “L’appel porte notamment sur la décision de relaxe, contraire aux réquisitions du parquet, s’agissant de l’infraction de violation de monument édifié à la mémoire des morts, commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion”, a écrit le procureur de la République de Bobigny, Eric Mathais, dans un communiqué.”Le dossier sera en conséquence évoqué de nouveau en appel”, a-t-il souligné.Les deux frères avaient été condamnés l’un à huit mois de prison ferme, l’autre à huit mois de prison avec sursis, pour avoir abattu cet arbre mi-août à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Mais le tribunal avait estimé qu’il n’y avait pas assez d’éléments permettant d’établir qu’ils avaient conscience qu’il s’agissait d’un monument en la mémoire d’Ilan Halimi.Cette absence de reconnaissance d’un motif antisémite avait provoqué de vives réactions au sein de la communauté juive.Les deux frères avaient été interpellés quelques jours après les faits. Les enquêteurs avaient découvert que leurs téléphones bornaient dans le parc la nuit de l’abattage de l’arbre. Leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés autour du tronc coupé. Au cours du procès, la pastèque avait été évoquée comme un fruit utilisé comme symbole de la résistance du peuple palestinien face à Israël.Le ministère public avait requis de 12 et 15 mois de prison à leur encontre, ainsi qu’une interdiction du territoire français à titre définitif. “Non, je ne sais pas qui il est”, avaient répondu en arabe les deux frères quand la présidente du tribunal les a interrogés sur Ilan Halimi.Citoyen français de confession juive, Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé en janvier 2006 à Bagneux (Hauts-de-Seine) par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisait appeler le “gang des barbares”, sous la direction de Youssouf Fofana. Découvert agonisant au bord d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.