AFP Top News

Au moins un hébergement Airbnb dans 81% des communes françaises, selon un think tank

En France, 81% des communes disposent d’au moins une offre d’hébergement via la plateforme de location touristique Airbnb, selon une étude du centre de réflexion Terram, qui se base sur des données fournies par l’entreprise américaine. Depuis 2013, les réservations via Airbnb se sont largement étendues sur la majeure partie du territoire, mais restent concentrées dans “les grands pôles d’attractivité nationale: littoraux, montagne, patrimoine, grandes métropoles”, énumère l’étude.”L’offre Airbnb s’appuie majoritairement sur le parc résidentiel existant”, observe l’Institut Terram, dont Airbnb est un adhérent.  Ainsi, sont proposés à la location touristique “le plus souvent” des “logements déjà présents – résidences principales, résidences secondaires ou logements vacants”, précise cette source.Les locations Airbnb, “proposées dans près de 29.000 communes de France, bénéficient directement aux territoires y compris ceux dépourvus d’offres hôtelières”, se félicite la plateforme dans une déclaration transmise à l’AFP.L’étude, relue par un comité d’experts indépendants, s’est basée sur des données d’Airbnb concernant “l’évolution du nombre de nuitées, la répartition géographique des annonces et des réservations, ainsi que sur certains profils d’usage”.Concernant l’impact sur le marché du logement, Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’institut de sondage Ifop et co-auteur de l’étude, estime qu’Airbnb “a pu accentuer des tensions déjà présentes avant”, mais pas les créerCependant, compte tenu de cette méthodologie, l’étude passe à côté du “coeur du problème”, qui “réside dans la typologie des logements” loués sur les plateformes, selonThomas Aguilera, chercheur à Sciences Po Rennes et co-auteur avec Francesca Artioli et Claire Colomb d’un livre sur le logement et les plateformes de location à court terme. Pour comprendre si une éventuelle concurrence entre marché du logement et locations touristique se manifeste, il faut selon le chercheur s’interroger sur la typologie des biens mis en location sur Airbnb: “résidence principale, résidence secondaire” ou “seulement une partie d’un logement ?”. Evaluer l’impact d’Airbnb sur la crise du logement et sur le surtourisme passe aussi par une étude de “la concentration de l’offre, du type de l’offre, du niveau de professionnalisation” des loueurs, “de l’intensité de la mise en location”, explique à l’AFP Francesca Artioli, chercheuse à l’Ecole d’urbanisme de Paris à l’université Paris Est-Créteil.Entre 2018 et 2024, le nombre de nuitées réservées en France sur les plateformes de location de meublés touristiques a plus que doublé selon l’institut statistique européen Eurostat, pour atteindre 192,4 millions de nuitées. Cela représente plus de 40% du total des nuitées touristiques.Entre octobre 2024 et septembre 2025, le cabinet AirDNA, spécialisé dans l’analyse statistique de la location courte durée, a recensé “en France en moyenne 1,31 million d’annonces de locations saisonnières actives chaque mois” dont 71% proposées sur Airbnb, 12% sur Abritel et les 17% restants étant “présentes sur les deux plateformes”.

Outre-mer: le Sénat adopte le projet de loi contre la “vie chère” mais craint un rendez-vous manqué

Érigée comme “urgence” par Sébastien Lecornu, la lutte contre la “vie chère” en Outre-mer a franchi une étape mercredi avec l’adoption au Sénat d’un projet de loi jugé largement insuffisant par les parlementaires, qui craignent d’attiser la “déception” des territoires ultramarins.Porté par la nouvelle ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, le texte a été très largement adopté à main levée et est désormais transmis à l’Assemblée nationale.Mais derrière ce soutien net à la quinzaine de mesures techniques proposées par le gouvernement, les débats ont surtout révélé les frustrations des élus ultramarins. Nombre d’entre eux se sont d’ailleurs abstenus.Ces derniers espéraient en effet une loi plus ambitieuse pour défendre le pouvoir d’achat et relancer la transparence et la concurrence au sein des territoires d’Outre-mer, sujets au coeur des manifestations qui ont secoué la Martinique à l’automne 2024.Selon l’Insee, l’écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre jusqu’à 42% entre les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe et Martinique en tête) et la France métropolitaine. En Guadeloupe, les prix alimentaires ont bondi de 35% en dix ans.- Budget contraint -“Il convient de ne pas donner de faux espoirs, qui engendreront bientôt d’amères déceptions chez nos concitoyens ultramarins”, a noté Micheline Jacques, sénatrice Les Républicains de Saint-Barthélemy et rapporteure d’un projet de loi qu’elle qualifie “d’outil de communication”.Le constat est le même dans les rangs socialistes, où la sénatrice de Martinique Catherine Conconne a dénoncé une occasion manquée. “Cette loi-extincteur ne va pas éteindre le feu de la vie chère sous nos yeux” car elle “n’a pas pris en compte le problème des revenus”, a-t-elle lancé.”Il n’y a pas un centime de mis par le gouvernement”, a constaté l’ancien ministre socialiste des Outre-mer Victorin Lurel.Naïma Moutchou a assumé le “choix” du gouvernement de ne pas s’inscrire “dans le champ social et budgétaire”, estimant que la question des “revenus” devait se résoudre “dans la durée”.- Mesures phares rejetées -Signal fort des réserves du Sénat vis-à-vis de ce projet de loi, les sénateurs ont supprimé l’une de ses mesures phares: l’exclusion des frais de transport du calcul du seuil de revente à perte (SRP), c’est-à-dire la limite de prix en-dessous de laquelle un distributeur ne peut revendre un produit sous peine d’être sanctionné.Une baisse de ce seuil devait permettre, espère le gouvernement, une diminution des prix en rayon, notamment pour les produits de première nécessité. Mais les sénateurs craignent qu’une telle mesure ne favorise plutôt la position dominante des gros distributeurs.Autre point majeur de crispation au Sénat, la mise en place d’un mécanisme de “péréquation” pour réduire les “frais d’approche” (transport, taxes…) des produits de première nécessité, particulièrement élevés en Outre-mer en raison de l’éloignement des territoires. Là encore, le gouvernement n’a pas convaincu, refusant d’associer l’État à ce nouveau mécanisme censé réunir distributeurs et entreprises de fret maritime. Même le chef du groupe macroniste François Patriat a soulevé “un vrai désaccord de fond” avec le gouvernement, estimant que ce refus allait à l’encontre de “la parole donnée” aux territoires ultramarins. Résultat: le Sénat a supprimé la mesure… Conduisant Mme Moutchou à reconnaître: “Le projet de loi risque quelque peu d’être vidé de sa substance”.Les sénateurs ont tout de même soutenu le renforcement du “bouclier qualité-prix” (BQP), qui fixe le prix d’un panier de produits de première nécessité, et visera désormais une réduction effective de l’écart de prix avec l’Hexagone et non plus une simple modération. Ils ont aussi souhaité confier aux préfets des Outre-mer la possibilité de réguler temporairement les prix en cas de crise, comme une catastrophe naturelle. Une mesure similaire plus spécifique au prix des eaux en bouteille, problématique centrale en Outre-mer, a également été votée.Le texte intègre également tout un volet relatif à la transparence, avec plusieurs exigences imposées aux entreprises en matière de transmission de données sur leurs marges et leurs comptes, assorties pour certaines de sanctions.Un amendement socialiste subordonnant l’octroi d’aides publiques aux entreprises dans les Outre-mer au respect de l’obligation de publication de leurs comptes sociaux, a par ailleurs été adopté. 

Le consentement en passe d’entrer dans la définition pénale du viol

“Une avancée historique” pour bâtir une “culture du consentement”: le Parlement s’apprête à entériner mercredi une modification majeure du code pénal en intégrant la notion de consentement à la définition du viol, fruit d’un long processus législatif transpartisan.”Constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti.” Voilà comment la loi sera rédigée si le Sénat adopte, dans l’après-midi, le texte des députées Marie-Charlotte Garin (Ecologiste) et Véronique Riotton (Renaissance).Ce vote favorable des sénateurs, après celui des députés la semaine dernière, ne fait aucun doute: l’immense majorité des parlementaires s’accordent sur cette nouvelle rédaction du code pénal.”C’est l’aboutissement d’un long travail entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Nous avons au final un texte clair et lisible sur la notion de consentement”, appuie auprès de l’AFP la sénatrice Les Républicains Elsa Schalck, rapporteure du texte pour le Sénat. Quelques mois après le retentissant procès des viols de Mazan, durant lequel le consentement avait pris une place centrale, le droit pénal va donc être clarifié en comportant, noir sur blanc, cette notion, déjà omniprésente dans la jurisprudence.- Consentement “préalable et révocable” -La France rejoint ainsi les pays ayant déjà modifié leur législation en ce sens, parmi lesquels la Suède, l’Espagne, ou encore la Norvège depuis le printemps 2025.Ce texte “envoie un signal à notre société. Nous passons collectivement de la culture du viol à la culture du consentement”, salue Véronique Riotton.”Quand ça n’est pas non, ça ne veut pas dire que c’est oui”, et “quand c’est oui, ce doit être un vrai oui”, a pour sa part résumé Marie-Charlotte Garin lors des ultimes débats à l’Assemblée nationale.Les deux députées plaident pour cette modification du code pénal depuis près d’un an, après avoir mené une longue mission d’information sur ce dossier qui se heurtait encore récemment à d’importantes réticences, y compris auprès de certaines associations féministes.Principales craintes: le risque d’une inversion de la charge de la preuve qui obligerait les plaignantes à prouver qu’elles ne sont pas consentantes, ou encore la possible contractualisation des rapports sexuels induite par le texte. Mais la grande majorité des élus a été rassurée au fil des travaux parlementaires, notamment lorsqu’un avis du Conseil d’Etat rendu début mars est venu solidifier juridiquement la modification proposée.Ainsi, le consentement sera clairement défini par le futur code pénal comme étant “libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable”. “Il est apprécié au regard des circonstances. Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime”, précise le texte. “Il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise, quelle que soit leur nature”, ajoute-t-il enfin, reprenant ici des critères déjà existants. La proposition de loi a également été confortée par le gouvernement: le garde des Sceaux Gérald Darmanin comme la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé l’ont tous deux défendue avec force.- Quels effets ? -Seule l’extrême droite s’oppose au texte au Parlement: le Rassemblement national a dénoncé “une dérive morale et juridique sans précédent”.”Les avocats devront désormais disséquer non plus la violence du coupable, mais les gestes, les mots, le silence de la personne qui se déclare victime”, selon la députée RN Sophie Blanc.Face à ces doutes, certains parlementaires ont promis de mesurer prochainement les effets de cette évolution pénale sur la répression des violences sexuelles.La Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF) a de son côté alerté sur la nécessité d’accompagner cette loi d’une “véritable éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle”, et d’une formation des magistrats et des policiers et gendarmes.”C’est une avancée historique”, estime auprès de l’AFP Lola Schulmann, chargée de plaidoyer chez Amnesty International France. “Mais le chemin est très long encore pour mettre fin à l’impunité concernant les violences sexistes et sexuelles.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le puissant ouragan Melissa se renforce et s’approche de Cuba

Le puissant ouragan Melissa se renforce à nouveau et se dirige vers Cuba, où il doit toucher terre tôt mercredi après avoir durement frappé la Jamaïque, qualifiée de “zone sinistrée” par les autorités.La tempête avait été rétrogradée en catégorie 3 sur une échelle de 5 après son passage au-dessus des terres jamaïcaines, qui avait affaibli ses vents. Elle est depuis repassée en catégorie 4, a annoncé le Centre national américain des ouragans (NHC).”Melissa devrait rester un ouragan puissant lorsqu’il traversera Cuba, les Bahamas et les environs des Bermudes”, a déclaré le NHC dans son dernier bulletin mardi soir.Les habitants de Cuba fuient les côtes à l’approche de l’ouragan. Les autorités locales ont déclaré “l’état d’alerte” dans six provinces de l’est du pays et les habitants tentent de stocker vivres, bougies et piles depuis lundi.”Nous avons acheté du pain, des spaghettis, de la viande hachée. Ce cyclone est sérieux, mais nous allons nous en sortir”, estime Graciela Lamaison, rencontrée par l’AFP à Santiago de Cuba, province du sud-est de l’île.En Haïti, à l’est de Cuba, les autorités ont ordonné la fermeture des écoles, des commerces et des administrations mercredi.Avant même de toucher terre mardi en Jamaïque, l’ouragan y a fait trois morts, ainsi que trois autres en Haïti et un en République dominicaine.- “Zone sinistrée” -Melissa a frappé mardi de plein fouet l’ouest de la Jamaïque alors qu’il se trouvait en catégorie 5, soit la plus élevée sur l’échelle de Saffir-Simpson. Ses vents soutenus soufflaient alors à près de 300 km/h.Il s’agit du pire ouragan ayant touché la Jamaïque depuis le début des relevés météorologiques.Le Premier ministre, Andrew Holmes, a déclaré que l’île était une “zone sinistrée”.Saint Elizabeth, paroisse située dans le sud-ouest de l’île peuplée par 150.000 personnes et “grenier à blé” de la Jamaïque, a été submergée, selon Desmond McKenzie, élu local, lors d’une conférence de presse.”Les dégâts à Saint Elizabeth sont considérables (…) toute la Jamaïque a subi les effets dévastateurs de Melissa”, a-t-il ajouté, précisant que plusieurs hôpitaux avaient été endommagés. “Une partie de notre toit a été emportée par le vent, une autre partie s’est effondrée, toute la maison est inondée. Les constructions extérieures comme les enclos pour les animaux ou la cuisine ont également été détruits”, témoigne auprès de l’AFP Lisa Sangster, une habitante de la zone.- Crocodiles -A Saint Catherine, au centre de la Jamaïque, la rivière Rio Cobre est sortie de son lit et les vents puissants ont arraché des clôtures et toits, a constaté un photographe de l’AFP.Kingston, la capitale, a été relativement épargnée, selon Mathue Tapper, un habitant de 31 ans. “J’ai l’impression que le pire est passé”, a-t-il confié à l’AFP, disant toutefois être très inquiet pour les zones rurales.Des bourrasques extrêmement violentes ainsi que des inondations côtières sévères et des pluies diluviennes pouvant provoquer des glissements de terrain catastrophiques étaient attendues à travers le pays.Les autorités avaient appelé la population à faire preuve de vigilance vis-à-vis des crocodiles, qui du fait des inondations pourraient être une menace.Dans ce type de catastrophe, “l’eau tue beaucoup plus de personnes que le vent”, avait rappelé en amont le météorologue Kerry Emanuel, insistant sur le rôle joué par le changement climatique.En réchauffant les mers, ce dernier entraîne l’intensification rapide d’un plus grand nombre de tempêtes, comme ce fut le cas pour l’ouragan Melissa.Le dernier ouragan majeur à avoir frappé la Jamaïque est Gilbert, en septembre 1988. Moins puissant que Melissa, il avait fait 40 morts et causé d’énormes dégâts.burs-cha-vla/jnd/may

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le puissant ouragan Melissa se dirige vers Cuba après avoir frappé la Jamaïque

Le très puissant ouragan Melissa se dirige vers Cuba après avoir durement frappé mardi la Jamaïque qualifiée de “zone sinistrée” par les autorités, où plusieurs infrastructures ont été détruites et des secteurs inondés.Avec des vents soutenus se rapprochant des 300 kilomètres par heure, l’ouragan alors de catégorie 5, soit la plus élevée sur l’échelle de Saffir-Simpson, a frappé de plein fouet l’ouest de la Jamaïque à la mi-journée.Il s’agit du pire ouragan ayant touché la Jamaïque depuis le début des relevés météorologiques.Le Premier ministre, Andrew Holmes, a déclaré que l’île était une “zone sinistrée”.Saint Elizabeth, paroisse située dans le sud-ouest de l’île peuplée par 150.000 personnes et “grenier à blé” de la Jamaïque a été submergée, selon Desmond McKenzie, élu local, lors d’une conférence de presse.”Les dégâts à Saint Elizabeth sont considérables (…) toute la Jamaïque a subi les effets dévastateurs de Melissa”, a-t-il ajouté, précisant que plusieurs hôpitaux avaient été endommagés. “Une partie de notre toit a été emportée par le vent, une autre partie s’est effondrée, toute la maison est inondée. Les constructions extérieures comme les enclos pour les animaux ou la cuisine ont également été détruits”, témoigne auprès de l’AFP Lisa Sangster, une habitante de la zone.Après avoir perdu un peu en puissance et été rétrogradé en catégorie 4, Melissa a commencé à quitter la Jamaïque en direction de Cuba vers 21H00 GMT, selon le Centre national américain des ouragans (NHC), prévenant qu’il restait toutefois “extrêmement dangereux”. A Cuba, les habitants fuient les côtes à l’approche de Melissa. Les autorités locales ont déclaré “l’état d’alerte” dans six provinces de l’est du pays et les habitants tentent de stocker vivres, bougies et piles depuis lundi.”Nous avons acheté du pain, des spaghettis, de la viande hachée. Ce cyclone est sérieux, mais nous allons nous en sortir”, estime Graciela Lamaison, rencontrée par l’AFP à Santiago de Cuba, province du sud-est de l’île. – Crocodiles -A Saint Catherine, au centre de la Jamaïque, la rivière Rio Cobre est sortie de son lit et les vents puissants ont arraché des clôtures et toits, a constaté un photographe de l’AFP.Kingston, la capitale, a été relativement épargnée, selon Mathue Tapper, un habitant de 31 ans. “J’ai l’impression que le pire est passé”, a-t-il confié à l’AFP, disant toutefois être très inquiet pour les zones rurales.Des bourrasques extrêmement violentes ainsi que des inondations côtières sévères et des pluies diluviennes pouvant provoquer des glissements de terrain catastrophiques étaient attendues à travers le pays.Les autorités avaient appelé la population à faire preuve de vigilance vis-à-vis des crocodiles, qui du fait des inondations pourraient être une menace.Dans ce type de catastrophe, “l’eau tue beaucoup plus de personnes que le vent”, avait rappelé en amont le météorologue Kerry Emanuel, insistant sur le rôle joué par le changement climatique.En réchauffant les mers, ce dernier entraîne l’intensification rapide d’un plus grand nombre de tempêtes, comme ce fut le cas pour l’ouragan Melissa.- Refus d’évacuer -L’ouragan, avant même de toucher terre, a fait trois morts en Jamaïque qui se préparait à son arrivée, ainsi que trois autres en Haïti et un en République dominicaine.En Haïti, les autorités ont ordonné la fermeture des écoles, des commerces et des administrations mercredi. L’ONU a annoncé mardi son intention d’acheminer dès que possible par avion quelque 2.000 kits de secours vers la Jamaïque depuis la Barbade.Le dernier ouragan majeur à avoir frappé la Jamaïque est Gilbert, en septembre 1988. Moins puissant que Melissa, il avait fait 40 morts et causé d’énormes dégâts.Le pays, dont l’économie dépend beaucoup du tourisme, avait fermé son aéroport international ainsi que ses ports en amont. Si des touristes ont pu quitter le territoire, 25.000 autres y sont restés, a détaillé mardi le gouvernement. Tout comme les habitants, ils ont reçu pour consigne de s’abriter dans des chambres d’hôtel ou dans des abris anti-ouragans, et d’attendre pour sortir que l’ouragan finisse de traverser le territoire mardi.L’ouragan Melissa devrait toucher Cuba tôt mercredi, avant de se rapprocher du sud des Bahamas et de l’archipel des îles Turques-et-Caïques, un territoire britannique.burs-cha-vla/may

Budget: avant le bras de fer sur la taxe Zucman, l’Assemblée alourdit la “taxe Gafam”

En plein bras de fer autour d’une taxation sur les hauts patrimoines, avec l’examen de la taxe Zucman prévue en fin de semaine, les députés se sont accordés mardi pour imposer plus lourdement les grandes entreprises de la tech.Alors que le gouvernement joue sa survie en tentant de trouver des accords avec le PS, le thème de la justice fiscale continue d’imprégner les débats budgétaires.Dans la soirée, les députés ont voté pour doubler le taux de la taxe Gafam, qui cible les grandes entreprises de la tech, passant de 3 à 6%, en dépit de l’opposition du gouvernement inquiet d’éventuelles représailles de l’administration Trump.Adoptée très largement avec 296 voix pour, contre 58, le vote n’a pourtant pas apaisé les tensions dans l’hémicycle. Et pour cause, en commission, les élus macronistes avaient initialement proposé de quintupler la taxe instaurée en 2019 par Bruno Le Maire avec un gain estimé à plusieurs milliards d’euros. Mais en séance, ils se sont finalement ravisés et ont soutenu un taux de 6% (au lieu de 15%). La raison ? le risque de “rouvrir une guerre commerciale entre la France et les Etats-Unis” a ainsi avancé le député Jean-René Cazeneuve (Renaissance).- “Soyez prudents” -Le ministre de l’Economie Roland Lescure a appelé les parlementaires à la retenue: “Si on introduit une taxe disproportionnée, on aura des représailles disproportionnées”. “Soyez prudents, je vous en conjure”, a même imploré le ministre.Dans la foulée, Les Républicains ont annoncé qu’ils ne voteraient aucune des propositions, afin de préserver les filières agricoles, de vins et spiritueux, premières touchées en cas de représailles. Ce revirement a suscité l’indignation des députés de gauche et d’extrême droite qui ont dénoncé un recul face aux pressions américaines.En début de soirée, la même alliance de la gauche et du RN avait permis le vote d’un “impôt universel” sur les multinationales. Cette mesure, qui vise à taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France et lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale, pourrait rapporter 26 milliards d’euros au budget de l’État, selon ses défenseurs.Mais pour le ministre Roland Lescure, ce serait “20 milliards d’ennuis” en plus pour la France, qui rappelle qu’elle est signataire de plus de 125 conventions fiscales avec 125 pays.”Vous pouvez être fier de vous Madame Le Pen”, a-t-il lancé à la cheffe des députés d’extrême droite, s’étonnant du vote de mesures revenant “à tirer une balle dans le pied des entreprises françaises”.”La fraude fiscale quand elle n’est pas combattue, c’est les TPE et les PME françaises qui la payent”, lui a rétorqué le député RN Jean-Philippe Tanguy.- “Plus un objet” -Les mesures de justice fiscale au coeur du bras de fer entre le gouvernement et les socialistes devraient continuer d’alimenter les débats dans les prochains jours. La taxe Zucman sera probablement examinée vendredi.Le gouvernement a martelé mardi son opposition à la mesure, y compris dans sa version “allégée” proposée par les socialistes. “Pour rien au monde, on ne doit toucher au patrimoine professionnel”, a lancé le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la réunion du groupe LR à l’Assemblée. La taxe proposée par l’économiste Gabriel Zucman prévoit un impôt minimum de 2% sur les patrimoines à partir de 100 millions d’euros. Face aux critiques, notamment sur l’inclusion de l’outil professionnel dans cette taxe, le PS a proposé une alternative: un impôt minimum de 3% à partir de 10 millions d’euros de patrimoine, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales. Cette version rapporterait cinq à sept milliards d’euros selon le PS, soit deux fois moins que ce qu’il attendait de la taxe Zucman.Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a de nouveau menacé l’exécutif de censure s’il n’évoluait pas.Mais sous couvert d’anonymat, un cadre socialiste admet que la taxe Zucman, tout comme sa version dite “allégée”, “ça ne va pas passer”. Il dit cependant croire à un “amendement de compromis”. “On peut imaginer un amendement où on a une taxe sur la fortune financière qui soit différentielle, avec un certain nombre d’exclusions sur le patrimoine professionnel, mais pour pallier ces exclusions on frappe les holdings”, avance-t-il.Auprès de l’AFP, un cadre macroniste affirme que la taxe Zucman revisitée n’est d’ores et déjà “plus un objet dans la négociation”, dès lors que le PS a “bien en tête que ça ne passera pas”.parl-lum-far-cma/ms

Cyberharcèlement de Brigitte Macron: prison avec sursis requise contre “instigateurs” et “suiveurs”

“J’ai confiance en la justice”: plusieurs prévenus jugés jusqu’à mardi à Paris pour avoir cyberharcelé Brigitte Macron, cible d’une infox la présentant comme une femme transgenre, ont fait valoir une dernière fois mardi soir leur droit à la “liberté d’expression” et à la “satire”.Des peines de prison de trois à 12 mois avec sursis et des amendes allant jusqu’à 8.000 euros ont été requises mardi par le ministère public devant le tribunal correctionnel contre les 10 cyberharceleurs présumés de la femme du président. La décision sera rendue le 5 janvier 2026.Les réquisitions les plus lourdes ont été prononcées à l’encontre de trois prévenus: la médium Amandine Roy, le galeriste Bertrand Scholler et Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, désignés comme des “instigateurs” de l’infox, selon le procureur Hervé Tétier. Les sept autres ont été qualifiés par le magistrat de “suiveurs” qui se sont “laissés aller” depuis “leur canapé.””Une petite médium du fin fond de l’Anjou est dans le viseur” de Brigitte Macron, s’est étonnée l’avocate d’Amandine Roy, parlant d'”acharnement judiciaire” contre sa cliente.La médium, contre laquelle une peine de six mois de prison avec sursis assortie de 4.000 euros d’amende a été requise, avait été relaxée le 10 juillet dans un procès pour diffamation l’opposant à Brigitte Macron et son frère. Principale prévenue dans l’affaire, elle est l’autrice d’une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Mme Macron n’aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel Trogneux aurait pris son identité après une transition de genre.C’est le “procès de la liberté d’expression”, a plaidé de son côté Luc Brossollet, l’avocat d’Aurélien Poirson-Atlan contre lequel 12 mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende ont été requis.- Sur le “qui-vive” -Plus tôt, il avait interrogé la fille de Mme Macron, Tiphaine Auzière, couverture de magazines people à l’appui, sur la “médiatisation outrancière” du couple présidentiel, justifiant ainsi les commentaires sur leur vie privée.Très attendue au second jour du procès devant une salle comble, Mme Auzière a déploré la “dégradation des conditions de santé” de sa mère.”Ce tourbillon (de messages) qui ne s’arrête jamais a un impact croissant sur (ses) conditions de vie”, a détaillé l’avocate de 41 ans, ajoutant qu’elle en avait d’abord “sous-estimé l’ampleur”.La femme du président est sur le “qui-vive” en permanence, de peur que son image ne soit “détournée”, a-t-elle encore expliqué, en l’absence de sa mère à l’audience.- “Au pif” -Cette riposte judiciaire en France, doublée d’une plainte aux États-Unis, intervient après quatre ans de messages haineux mettant en doute le genre de la femme du chef de l’État, des messages largement relayés par les réseaux complotistes et d’extrême droite.Le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites contre Candace Owens, une Américaine auteure d’une série de vidéos vue plusieurs millions de fois, intitulée “Becoming Brigitte” (“Devenir Brigitte”).Selon M. Poirson-Atlan, applaudi par la salle à la fin de son interrogatoire, cette podcasteuse d’extrême droite est un “phénomène de société”, “une dinguerie” qui sera “étudiée dans les écoles de journalisme”.Plusieurs personnes jugées à Paris ont relayé les publications virales de l’Américaine, se réjouissant de voir “l’affaire Brigitte” s’internationaliser.La plupart des prévenus (courtier, professeur de sport ou encore informaticien…) ont exprimé leur surprise d’avoir à répondre de publications qu’ils ont qualifiées de “satiriques”, relevant selon eux de la liberté d’expression.Beaucoup ont le sentiment d’avoir été choisis “au pif”, selon l’expression d’un avocat de la défense, parmi des milliers d’internautes. Ils sont pourtant considérés comme les plus virulents. L’un d’entre eux, Jérôme A. a dit avoir interrogé avant l’audience Grok, l’intelligence artificielle de la plateforme X,  qui a relevé “six millions” de publications sur la femme du chef de l’Etat. Cet informaticien fait partie de ceux qui ont mentionné “la bite à Brigitte” sur les réseaux.L’écart d’âge de 24 ans entre les époux Macron a par ailleurs été considéré comme un “crime sexuel” par Zoé Sagan et même une “pédophilie cautionnée par l’État” sur la plateforme d’Elon Musk.”Apolitique”, Jean-Luc M., 55 ans, deuxième adjoint au maire d’une petite commune de Saône-et-Loire, avait lui commenté une photo de Brigitte Macron en disant: “Il est monté, monté comme un cheval”. “Vous êtes élu de la République, n’y a-t-il pas dissonance ?”, l’a interrogé le président. “Pas forcément”, “je n’ai pas cherché à nuire mais à faire de la satire”, a-t-il répondu.

C’était “un miracle humain”: la difficile fermeture de la maternité des Lilas

Elle a accompagné des milliers de femmes sur plusieurs générations, dans la grossesse et l’accouchement: après 60 ans d’activité la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) ferme ses portes pour raisons financières vendredi à 20H00, suscitant la tristesse et le désarroi des patientes et du personnel. Sur la haute façade en bois, aucune banderole n’est accrochée. Le site internet propose toujours des rendez-vous pour une consultation grossesse. “Un déni de réalité”, confie Angélique Kuipers, 30 ans, sage-femme aux Lilas depuis cinq ans et demi. Fondée en 1964, la petite clinique engagée est l’une des premières en France à avoir pratiqué les méthodes d'”accouchement sans douleur” venues d’URSS et à avoir milité pour la légalisation de l’avortement avant la loi Veil de 1975.”Elle a été la maman du féminisme”, affirme Chantal Birman, 75 ans, arrivée comme sage-femme en 1970 à la maternité “où l’ambiance soixante-huitarde était dingue”. “C’est un miracle humain, les Lilas”, estime la désormais retraitée, après 49 ans passés dans la clinique. Un cocon loin des salles et couloirs anonymes des grands hôpitaux. Rosie Clear, mère d’une petite Alma de deux mois et demi, avait d’abord choisi Tenon de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), tout près de chez elle, pour accoucher. “Mais je n’ai pas du tout aimé. Il y avait beaucoup de monde, de bruit, c’était grand et mal organisé”. La Britannique, professeure d’anglais à Paris, a alors entendu parler des Lilas et de “sa taille plus humaine”.”Là-bas, on n’a pas l’impression d’être à l’hôpital”, se souvient Claire Poisson, 57 ans, enseignante à Paris.- “La femme au coeur de tout” -C’est d’ailleurs pour cette raison que Laure Brassart, 41 ans, a choisi la clinique il y a trois ans. “Je sortais d’un long parcours de PMA (procréation médicalement assistée) très médicalisé et j’avais envie d’un suivi physiologique et naturel”.Car la maternité s’est fondée sur un credo: le droit des femmes à disposer librement de leur corps et de la manière la plus naturelle possible. En entrant dans la clinique, le regard se pose sur des portraits de femmes inspirantes accrochés aux murs, des messages comme des mantras, glorifiant la femme, la mère et aussi celle qui choisit de ne pas le devenir. “Là-bas, la femme est au coeur de tout”, confirme Chantal Birman. “Et ce qui est important pour nous, c’est qu’elle accouche comme elle en a envie. Sur le dos, sur le côté, debout, à quatre pattes, dans l’eau, avec péridurale ou non. C’est elle qui décide”, explique l’ancienne sage-femme, tout en précisant que ces choix sont validés en concertation avec l’équipe médicale. Des soignants qui travaillent en lien étroit avec les futures mères. “C’est une relation de confiance mutuelle, d’égal à égal, grâce notamment au tutoiement et à l’utilisation des prénoms”, insiste Angélique Kuipers.Journaliste à Paris, Sophie Guenet, 46 ans, se souvient avec émotion de la proximité avec l’équipe quand elle a eu sa fille il y a 13 ans. Mais aussi quelques années plus tard après une fausse couche: “J’y ai été accompagnée avec douceur et beaucoup de compassion”.La clinique, qui compte 19 chambres et quatre salles de naissance ainsi qu’un centre d’IVG, était en sursis depuis des années, victime de difficultés financières. Sauvée à plusieurs reprises, elle va définitivement fermer, la Haute autorité de santé (ARS) ayant retiré sa certification. “C’est vrai que les bâtiments sont vétustes. Je me souviens m’être dit: +C’est vraiment pas le luxe ici+, mais justement, ce n’est pas pour ça qu’on choisit Les Lilas”, explique Rosie Clear.”La santé, la maternité, la vie d’une mère ou d’un nouveau-né ne seront jamais rentables”, regrette Tita Szalewa, sage-femme de 28 ans. “La première cause de mortalité des femmes en France en période périnatale est le suicide. Mais on ferme les maternités comme la nôtre qui axait la prise en charge sur les patientes et pas seulement sur le côté médical”, ajoute sa collègue Chloé Virefleau. “Ma mère a accouché aux Lilas de mon frère en 1973, j’y ai eu mes trois enfants et ma fille y a accouché en juillet. C’est une histoire de famille!”, sourit Claire Poisson. “Malheureusement, elle s’arrête là”, conclut la jeune grand-mère.  

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le méga ouragan Melissa frappe la Jamaïque avant de partir vers Cuba

Le très puissant ouragan Melissa a traversé mardi la Jamaïque, arrachant sur son passage toitures et arbres et provoquant des pluies diluviennes, ce qui fait craindre des dégâts considérables, et se dirige désormais vers Cuba.Avec des vents soutenus se rapprochant des 300 kilomètres par heure, l’ouragan alors de catégorie 5, soit la plus élevée de l’échelle de Saffir-Simpson, a frappé de plein fouet l’ouest de la Jamaïque à la mi-journée.Il s’agissait d’un des ouragans les plus puissants recensés, et du pire à toucher la Jamaïque depuis le début des relevés météorologiques.Par ordre de comparaison, l’ouragan Katrina, qui avait ravagé il y a 20 ans la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis et fait plus de 1.000 morts, était plus faible.Après avoir perdu un peu en puissance et été rétrogradé en catégorie 4, Melissa a commencé à quitter la Jamaïque en direction de Cuba vers 21H00 GMT, a annoncé le Centre national américain des ouragans (NHC), en prévenant qu’il restait toutefois “extrêmement dangereux”. Les ravages qu’il a causés en Jamaïque sont “catastrophiques”, a déclaré à CNN le ministre de l’Environnement, Matthew Samuda, faisant état d’inondations dans toutes les régions ainsi que de “graves dommages aux infrastructures publiques”.- Crocodiles -Selon des médias locaux, l’ouragan a notamment arraché le toit d’un hôpital à Saint Elizabeth, dans l’ouest du pays. A Saint Catherine, au centre de la Jamaïque, la rivière Rio Cobre est sortie de son lit et les vents puissants ont arraché des clôtures et toits, a constaté un photographe de l’AFP.La capitale Kingston a elle été relativement épargnée, selon Mathue Tapper, un habitant de 31 ans. “J’ai l’impression que le pire est passé”, a-t-il confié à l’AFP, disant par contre être très inquiet pour les zones rurales.Des bourrasques extrêmement violentes, ainsi que des inondations côtières sévères et des pluies diluviennes pouvant provoquer des glissements de terrain catastrophiques étaient attendues à travers le pays.Le Premier ministre, Andrew Holness, avait notamment mis en garde contre le risque de dégâts majeurs dans l’ouest du pays et les autorités avaient appelé la population à faire preuve de vigilance vis-à-vis des crocodiles, qui du fait des inondations pourraient s’avérer une menace.Dans ce type de catastrophe, “l’eau tue beaucoup plus de personnes que le vent”, avait rappelé en amont le météorologue Kerry Emanuel, insistant sur le rôle joué par le changement climatique.En réchauffant les mers, ce dernier entraîne l’intensification rapide d’un plus grand nombre de tempêtes, comme ce fut le cas pour l’ouragan Melissa.- Refus d’évacuer -Selon la Croix-Rouge, au moins 1,5 des 2,8 millions d’habitants de l’île pourraient être affectés par l’ouragan, qui avant même de toucher terre a fait trois morts dans le pays qui se préparait à son arrivée, ainsi que trois autres en Haïti et un en République dominicaine.L’ONU a annoncé mardi son intention d’acheminer dès que possible par avion quelque 2.000 kits de secours vers la Jamaïque depuis la Barbade.Le dernier ouragan majeur à avoir frappé la Jamaïque est Gilbert, en septembre 1988. Moins puissant que Melissa, il avait fait 40 morts et causé d’énormes dégâts.Le pays, dont l’économie dépend beaucoup du tourisme, avait fermé son aéroport international ainsi que ses ports en amont. Si des touristes avaient pu quitter le territoire, 25.000 autres y sont restés, a détaillé mardi le gouvernement. Tout comme les habitants, ils avaient reçu pour consigne de s’abriter dans des chambres d’hôtel ou dans des abris anti-ouragans, et d’attendre pour sortir que l’ouragan finisse de traverser le territoire mardi.Mais de nombreux habitants avaient refusé d’obéir à ces directives. “Même s’il était de catégorie 6, je ne bougerais pas”, avait expliqué à l’AFP lundi Roy Brown, un plombier-carreleur qui refusait d’évacuer.L’ouragan Melissa devrait toucher Cuba tôt mercredi, avant de se rapprocher du sud des Bahamas et de l’archipel des îles Turques-et-Caïques, un territoire britannique.burs-cha/cyb

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Pour Bill Gates, le réchauffement climatique ne sera pas la fin de l’humanité

Le milliardaire et philanthrope américain Bill Gates, dénonçant “la vision catastrophiste” de certains à propos du changement climatique, appelle à ce que la COP30 au Brésil recentre le débat sur “l’amélioration des conditions de vie”, plutôt que sur les températures ou les émissions.Le réchauffement de la planète “ne va pas conduire à la disparition de l’humanité”, écrit le cofondateur de Microsoft dans un long texte publié sur son site internet lundi soir, quelques jours avant l’ouverture de la 30e conférence des Nations unies sur le climat.Si le changement climatique aura “de graves conséquences, (…) les populations pourront vivre et prospérer sur la plus grande partie de la planète dans un avenir proche”, écrit Bill Gates, dont la fortune s’élève selon Forbes à plus de 100 milliards de dollars.Le philanthrope, qui fête ses 70 ans mardi, estime que le sommet à Belém début novembre “est une chance pour recentrer l’attention sur la mesure qui devrait bien plus compter que les émissions et la température: l’amélioration des conditions de vie”.Selon lui, pauvreté et maladies demeurent les problèmes les plus importants de l’humanité, et s’y attaquer aidera les populations les plus vulnérables à vivre dans un monde plus chaud.Quand bien même la communauté internationale est très éloignée de la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre déterminée lors de l’accord de Paris sur le climat, en 2015, Bill Gates estime qu’il faut reconnaître les progrès déjà effectués dans ce domaine.”Nous devons continuer de soutenir les avancées qui vont aider le monde à atteindre le zéro émission”, écrit ce défenseur acharné de l’innovation comme une solution centrale dans la lutte contre le changement climatique.Un objectif prioritaire, selon lui, doit être de faire drastiquement baisser la différence de coût entre les solutions émettrices de CO2 et les alternatives décarbonées, aujourd’hui plus cher.Bill Gates, qui a quitté toute fonction exécutive chez Microsoft en 2008 pour se consacrer à la philanthropie, a ainsi fondé Breakthrough Energy en 2015. Ce fond a investi plus de deux milliards de dollars dans des technologies naissantes, telles que le ciment bas carbone ou l’aviation sans émissions.La vision de Bill Gates irrite des scientifiques, qui accusent le milliardaire de proposer un faux choix entre l’action climatique et la réduction des souffrances humaines. “En réalité, les deux sont intrinsèquement liées”, réagit auprès de l’AFP Rachel Cleetus de l’association Union of Concerned Scientists.”Le réchauffement climatique sape les efforts d’éradication de la pauvreté et ceux visant à atteindre les objectifs de développement humain à travers le monde”, ajoute-t-elle. “L’ouragan Melissa, une tempête dopée par le changement climatique, n’est que le dernier exemple des conséquences mortelles et coûteuses du changement climatique pour les nations qui souffrent déjà de situations humanitaires complexes.”La fondation Gates, montée en 2000 et initialement dédiée à la lutte contre les maladies, notamment via la vaccination, s’est dès le début des années 2010 également attaquée à la lutte contre le changement climatique, au point de faire de Bill Gates une des figures mondiales dans ce domaine.