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Face-à-face corsé entre Turquie et Australie pour décrocher la prochaine COP

Un choix s’offre aux visiteurs de la COP30 à Belem en quête d’un bon café: un cappuccino sur le stand australien ou le puissant café turc sur le pavillon d’Ankara, symbole du bras de fer entre les deux pays pour organiser la prochaine conférence.Au moment même où le Brésil tente de montrer au monde que la diplomatie climatique fonctionne encore, les deux pays sont sous pression pour se mettre d’accord afin d’éviter un scandale dans la ville amazonienne de Belem.Sans retrait d’une des deux candidatures pour la COP31 de 2026 ou sans compromis, Australie et Turquie risquent de perdre la partie. Une situation inédite, qui verrait l’organisation de la prochaine conférence climat de l’ONU revenir par défaut à l’Allemagne.D’autres COP ont fait l’objet d’une forte concurrence par le passé mais “jamais aucune n’a connu un tel suspense”, souligne auprès de l’AFP Alden Meyer, vétéran des sommets climatiques pour le groupe de réflexion E3G.Ce n’est d’ailleurs, selon certains, pas un hasard si les deux stands se trouvent côte à côte dans l’immense enceinte brésilienne: “C’est à 100% fait exprès”, assure Kathryn McCallum, militante du réseau d’ONG Climate Action Network Australia. “En gros, la présidence brésilienne leur dit: +Débrouillez-vous+”, car “ils ne veulent pas que cela éclipse les discussions cruciales en cours”, juge-t-elle.- Supporters -La proximité des stands n’a pas empêché une vingtaine de supporters australiens de promouvoir jeudi la candidature du pays pour la COP31, sous le regard des Turcs.Un autre jour, une foule enthousiaste s’était pressée autour du pavillon australien à l’occasion de la visite de la reine Mary de Danemark, originaire de Tasmanie.Côté turc, c’est un calligraphe qui attire les visiteurs qui repartent avec des illustrations personnalisées et des sacs en toile.Mais parallèlement à ces opérations de séduction à ciel ouvert, la diplomatie est à l’oeuvre en coulisses. Un émissaire a été nommé par le Brésil pour tenter de rapprocher les positions avant la clôture du sommet, prévue le 21 novembre.”Nous sommes toujours déterminés à organiser la COP31″, affirme à l’AFP la diplomate turque Aysin Turpanci.De son côté, l’Australie se targue d'”un soutien international large et solide”, par la voix de Josh Wilson, son ministre adjoint du Climat. Son pays a “engagé des discussions avec la Turquie au plus haut niveau”, dit-il.Mais aucun des deux pays ne semble prêt à plier et l’heure tourne.Jeudi, le Premier ministre australien Anthony Albanese a expliqué depuis Sydney que le président turc Recep Tayyip Erdogan “maintient sa position en réponse à l’Australie qui maintient sa position”.Pour un membre de la délégation turque, interrogé par l’AFP, le rapport de force est de “50-50”.- Berlin pousse -Selon les règles de l’ONU qui régissent les COP, les villes d’accueil sont choisies à tour de rôle chaque année au sein de cinq blocs régionaux.Pour l’an prochain c’est au tour de l’Europe occidentale et d’un groupe d’autres Etats dont la Turquie, l’Australie et le Canada, qui doivent décider par consensus qui organisera l’événement.Faute de décision, le sommet aura lieu à Bonn, en Allemagne, qui accueille le secrétariat de l’ONU Climat.Or “je sais que l’Allemagne ne souhaite pas organiser cette COP”, confie à l’AFP Jennifer Morgan, ancienne envoyée climatique de l’Allemagne. Selon elle, Berlin pousse les deux pays à trouver une solution.Pendant ce temps, l’Éthiopie a été désignée mardi par les pays africains pour organiser la COP32 en 2027. Quel qu’il soit, le futur hôte de la COP31 aura peu de temps pour se préparer.Les nations du Pacifique, qui co-organiseraient avec l’Australie en cas de victoire de Canberra, observent la situation avec inquiétude: “Plus nous serons fixés tôt, mieux ce sera – et espérons-le, ce sera en Australie”, dit à l’AFP Vishal Prasad, membre de l’organisation Pacific Islands Students Fighting Climate Change.Les îles du Pacifique sont particulièrement vulnérables au réchauffement climatique.

13-Novembre: recueillement à Paris et Saint-Denis, dix ans après les attentats

Des commémorations sobres et silencieuses devant le Bataclan et les terrasses parisiennes endeuillées, après une cérémonie devant le stade de France: politiques, victimes et proches des disparus se sont recueillis jeudi devant les lieux des attentats du 13-Novembre, dix ans après une nuit d’horreur.Les noms des 92 victimes du Bataclan – dont deux se sont suicidées depuis le massacre – ont résonné boulevard Voltaire, où une foule d’officiels, de familles et de rescapés s’est rassemblée sur le lieu le plus meurtri des attaques jihadistes.Des membres de la BRI, le visage masqué, sont présents en nombre, dix ans après avoir donné l’assaut contre les terroristes retranchés dans la salle de concert. A eux comme aux autres primo-intervenants, le chef de l’Etat adresse la “reconnaissance” de la Nation. “Vous pouvez être fiers”. Devant les portes du Bataclan, une multitude de bouquets de fleurs ont été déposés au pied d’une plaque où sont gravés les noms des victimes. Chacun attend son tour pour s’en approcher: certains se croisent, se reconnaissent, s’embrassent, se prennent longuement dans les bras ou échangent un petit mot de réconfort, avant de déposer à leur tour une fleur, une bougie, un signe de mémoire.- “La vie continue” -“Aujourd’hui, je peux me souvenir, je peux pleurer, je peux me laisser aller, et puis demain, la vie continue”, confie Sophie Bouchard-Stech à l’AFP, juste avant le début de la cérémonie. L’Allemande fait le voyage chaque année pour rendre hommage à son mari, tombé sous les balles des jihadistes au Bataclan. Devant chacun des lieux frappés par les commandos téléguidés par le groupe Etat islamique (EI) cette funeste soirée du 13 novembre 2015, Arthur Dénouveaux et Philippe Duperron, présidents d’associations de victimes, ont déposé des gerbes de fleurs, avant qu’Emmanuel Macron et Anne Hidalgo ne fassent de même, avant d’observer à chaque fois une minute de silence.”10 ans. La douleur demeure. En fraternité, pour les vies fauchées, les blessés, les familles et les proches, la France se souvient”, a posté sur X le président de la République. Près des terrasses parisiennes, dans les Xe et XIe arrondissements, où 39 vies ont été fauchées au total, dont 21 devant la seule Belle Equipe, le silence règne, les yeux des personnes présentes sont embués de larmes.  Aux alentours, les panneaux publicitaires affichent tous la devise en latin de Paris, “Fluctuat Nec Mergitur” (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas). – “Absence immense” -Les commémorations ont débuté le matin par une cérémonie au stade de France, avec la famille de Manuel Dias, première victime du 13-Novembre, tuée quand trois kamikazes se sont fait exploser devant les portes du stade où se jouait un match amical France-Allemagne.  “Nous n’oublierons jamais; on nous dit de tourner la page dix ans après, mais l’absence est immense”, a dit dans un discours poignant sa fille, Sophie Dias, très émue. Le vendredi 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attaques jihadistes les plus meurtrières de son histoire et qui ont profondément marqué le pays. L’hommage national aux 132 morts et à leurs familles, aux blessés et rescapés, aux forces de secours, doit se conclure par l’inauguration à 18H00 d’un jardin mémoriel au coeur de la capitale. Ce jardin est fait de grandes stèles et de blocs de granit, évoquant la géographie des différents lieux visés. Des autocars doivent y emmener les familles et les victimes.La cérémonie orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024, sera retransmise en direct à la télévision et projetée sur grand écran, place de la République à Paris, où un mémorial s’était improvisé il y a dix ans, des Parisiens traumatisés venant y déposer fleurs, bougies et mots. – “Tous ensemble” -“L’objectif cette année, c’est de se dire +soyons tous ensemble+ (…), célébrons évidemment nos morts mais aussi la force de notre République et de notre culture: les terroristes n’ont pas gagné ce soir-là”, a insisté sur RMC Arthur Dénouveaux.”Nous avons été debout pendant 10 ans, nous serons debout (jeudi). Cette cérémonie sera aussi un acte de résistance”, a salué Philippe Duperron, président de l’association “13onze15”. Les commémorations officielles se tiennent sous vigilance renforcée, dans un contexte de menace terroriste “toujours élevée”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a rappelé sur BFMTV/RMC que “six attentats” avaient été déjoués depuis le début de l’année. Jeudi soir, Notre-Dame de Paris et les églises parisiennes feront sonner leurs cloches “entre 17H57 et 18H02”, a annoncé le diocèse. Des “messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses”, a précisé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich.abo-juc-mby-pab-etr-fff-ch/asl/SWI

Protection de l’enfance : l’accompagnement des majeurs, une opération “rentable” selon des associations

Une “piste de réflexion” en plein débat budgétaire : des associations mettent en avant le “gain financier” d’un accompagnement effectif des jeunes majeurs issus de l’aide sociale à l’enfance (Ase), exhortant Etat et collectivités à investir sur le long-terme. Au-delà “d’une nécessité sociale et humaine”, l’accompagnement de ce public vulnérable “est un investissement économique largement rentable pour les finances publiques”, selon une étude publiée jeudi par le collectif Cause majeur !En croisant des données de la Drees, de l’Insee, de France Travail, de l’Assurance maladie ou des impôts, ce collectif, qui regroupe une trentaine d’associations (Apprentis d’Auteuil, Sos Villages d’enfants …) , s’est basé sur trois parcours de vie : un accompagnement jusqu’à 18 ans, un jusqu’à 21 ans et un jusqu’à 25 ans.Ses calculs, qui prennent en compte à la fois les dépenses (RSA, hébergement d’urgence…) et les recettes (cotisations sociales, patronales, impôts sur le revenu…) dans chacun des trois scénarios, concluent à un “gain net total de 1,8 million d’euros sur l’ensemble de la vie du jeune” en cas d’accompagnement jusqu’à 25 ans – “soit 21 fois le coût initial de son accompagnement jeune majeur”.”Chaque euro investi dans l’accompagnement rapporte plusieurs fois sa valeur à la collectivité alors que les sorties sèches enferment les jeunes dans la précarité et coûtent bien plus cher à la société, humainement et financièrement”, insiste Florine Pruchon, responsable du plaidoyer du collectif qui espère que l’exécutif se saisisse de cette “piste de réflexion”.Depuis la loi Taquet de 2022, tout jeune majeur issu de la protection de l’enfance – ils sont selon les derniers chiffres officiels plus de 30.000 sur l’ensemble du territoire – et ne disposant pas de ressources ou d’un soutien familial suffisants a droit à un accompagnement matériel, éducatif et psychologique.Mais les manquements à ce principe, qui vise à éviter une bascule de ces jeunes aux parcours cabossés et tout juste sortis de l’adolescence dans la précarité, le chômage ou le sans-abrisme, restent nombreux.Ces derniers mois, la Cour des comptes et l’Igas, l’inspection générale des affaires sociales, ont coup sur coup pointé une mise en oeuvre très disparate selon les départements, qui ont compétence en la matière. – “Gâchis social” -Sur le terrain, des associations sont à pied d’oeuvre pour tenter de pallier l’absence de l’Etat, à l’image des Apprentis d’Auteuil qui ont mis en place un dispositif d’accompagnement, la Touline, en 2016.”On aide ces jeunes dans leurs démarches en termes d’accès au logement, à l’emploi et aux services de santé mais surtout on contribue à rompre leur isolement”, explique Maxime Chopard, coordinateur du dispositif qui accompagne chaque année entre 1.500 et 2.000 jeunes dont une majorité d’ex-mineurs non accompagnés (MNA).Mais pour aider ce public au “parcours chaotique parfois traumatisant”, il faut des financements publics “à la hauteur”, ajoute-t-il. “Or pour la première fois, on va devoir fermer une Touline faute de financement. Au 1er janvier 2026, 110 jeunes vont rester sur le trottoir”. Estimant que “la société a tout à gagner à accompagner” ces jeunes, l’ensemble des associations réunies dans Cause majeur ! appellent à l’instauration d’un véritable “droit opposable à l’accompagnement”, à poursuivre cet accompagnement “jusqu’à 25 ans si nécessaire” et à un “financement pérenne” de l’Etat. “C’est quand même incompréhensible et absurde que ces jeunes qui ont été soutenus durant leur minorité soient livrés à eux-mêmes du jour au lendemain”, relève Florine Pruchon, dénonçant un “vrai gâchis social”. “Il est temps que les politiques mettent un terme aux logiques court-termistes.”

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Au Kirghizstan, l’avenir incertain d’une rare forêt ancestrale de noyers

“La forêt était tellement dense avant. Mais elle s’est éclaircie”, se remémore Assel Alicheva. En Asie centrale, la plus ancienne forêt de noyers sauvages au monde est menacée, piétinée par les vaches et brûlée par le soleil.Enfant, Mme Alicheva avait “peur d’y aller”. “C’était impossible d’y marcher. Maintenant il y a moins d’arbres, la différence est grande”, dit la septuagénaire en cassant des noix à Arslanbob (ou Arslanbap), village du Kirghizstan.En cette fin d’automne, le silence de cette forêt qui s’étend sur les contreforts d’une montagne de 4.200 mètres d’altitude est troublé par le bruissement des feuilles mortes remuées par les bâtons des femmes et enfants. Tous recherchent des noix, présentes ici depuis environ un millénaire et ressource économique cruciale dans la région de Djalal-Abad (centre).”C’est notre gagne-pain. Il n’y a pas d’autres options, uniquement les noix”, résume Arno Narynbaïeva, 53 ans, qui en ramasse “depuis son enfance”.Mais le fruit à coque est pris entre deux étaux: d’un côté les activités humaines, avec le surpâturage du bétail et les coupes illégales, de l’autre le réchauffement climatique.Ces noyers sont dispersés dans une forêt relique de 600.000 hectares, apparue il y a entre 10 et 50 millions d’années, qui “revêt une importance capitale pour le monde entier” car elle conserve “un important patrimoine génétique”, avec des espèces ancestrales, explique l’expert forestier Zakir Sarymsakov.- Sécheresse et vaches -Mais les habitants des alentours interrogés par l’AFP soulignent l’enchaînement des mauvaises récoltes.”La chaleur est néfaste pour les noix: elles tombent, brûlent et noircissent”, résume la ramasseuse, Mme Narynbaïeva.Au bazar, la revendeuse Jazgoul Omourzakova assure ne “pas avoir vu ça avant”. “Dans les années 2000, on recevait d’importantes quantités, jusqu’à 15 tonnes par jour. Aujourd’hui, trois-quatre tonnes, ça diminue d’année en année”, dit la quadragénaire, qui espère “continuer à en exporter en Russie”.”Le climat se réchauffe, les noix perdent en qualité, elles rougissent. Nous devons expédier des cerneaux blancs (prisés en pâtisserie), mais il y en a de moins en moins”, explique-t-elle.Car comme le souligne le spécialiste Zakir Sarymsakov, “le noyer supporte mal la chaleur”.Ce qui est de mauvais augure car l’Asie centrale s’est réchauffée d’environ 1,5°C en trois décennies, deux fois plus que la moyenne mondiale, selon les scientifiques.”Ces 15-20 dernières années, nos forêts de noyers ont également subi les conséquences du changement climatique, avec des périodes de sécheresse plus fréquentes”, note M. Sarymsakov.Le stress hydrique menace aussi le million de plants de la pépinière d’Arslanbob pour reboiser la forêt.”Il n’a pas plu et il a fait très chaud, la terre s’est asséchée, l’herbe a fané”, constate le jardinier Temir Emirov. “Les plants n’ont pas reçu d’eau depuis un mois et utilisent leur propre humidité pour survivre”.- “Concilier économie et nature” -Au quotidien, la forêt d’Arslanbob lutte contre d’autres ennemis redoutables.”Le bétail est un problème”, estime le garde-forestier Ibraguim Tourgounbekov, responsable de la pépinière, qui se bat aussi contre les “coupes illégales de bois”.Avec l’augmentation des cheptels privés après la chute de l’URSS, les vaches errent dans la forêt, mangent les jeunes pousses et piétinent le sol, empêchant la régénération naturelle et accélérant la désertification.Et les arbres ont longtemps été utilisés comme bois de chauffe, préféré au charbon, plus cher.Avec ses équipes, le garde-forestier Tourgounbekov multiplie les actions de prévention, dresse des contraventions et tente de convaincre les éleveurs de réduire leur cheptel.Pour préserver la forêt, des spécialistes proposent de taxer le surplus de bétail, le gouvernement veut restreindre le pâturage près des habitations et même les imams appellent les fidèles à protéger les noyers.Selon M. Tourgounbekov, “il est nécessaire de diversifier les options économiques des habitants et d’apprendre à concilier économie et nature”, notamment en misant sur le tourisme durable ou en donnant une valeur ajoutée aux noix.”Si nous transformons les noix en parfums ou en huiles et les expédions en Europe, la valeur de la noix augmentera. En vendant plus cher, les locaux seront motivés et prendront davantage soin de la forêt”, propose M. Tourgounbekov.Des conseils que tente d’appliquer la nouvelle génération.Dans son atelier, le lycéen Abdoulaziz Khalmouradov fabrique après les cours de l’huile de noix avec des pressoirs artisanaux.”J’ai de grands projets: je veux augmenter le nombre de machines et produire plusieurs types d’huiles”, dit l’adolescent de 16 ans, qui voudrait viser la clientèle étrangère.”Le tourisme à Arslanbob est peu développé. Si le nombre de touristes augmente, les volumes augmenteront”, estime, confiant, l’apprenti entrepreneur. “Dès que nous aurons obtenu les certificats, nous pourrons exporter”.

Le taux de chômage en France poursuit doucement sa hausse

Le taux de chômage en France a légèrement augmenté au troisième trimestre 2025, de 0,1 point sur un trimestre et 0,3% sur un an, pour atteindre 7,7% de la population active. Une hausse qui traduit un retournement de tendance selon des experts.Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail, recherchant un emploi et disponibles pour en prendre un dans les deux semaines, augmente de 44.000 par rapport au trimestre précédent, à 2,4 millions de personnes, observe l’Institut national de la statistique (Insee) dans son point trimestriel communiqué jeudi.”Le taux de chômage est ainsi supérieur de 0,3 point à son niveau du troisième trimestre 2024, mais demeure nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,8 points)”, note l’Insee. L’institut a aussi revu à la hausse son estimation du deuxième trimestre, de 7,5% à 7,6% de la population active.”La tendance légèrement haussière (du chômage), de 0,6 point depuis deux ans et demi, tranche avec la longue période de repli quasi-régulier qu’on a eue entre mi-2015, où on était à 10,5%, le point haut, et fin 2022, où on a atteint 7,1%”, a commenté le chef du département de l’Emploi et de Revenu d’Activité de l’Insee, Vladimir Passeron.Sur un an, la hausse du chômage “est portée par les âges médians (24-49 ans), plus 0,5 point, et les seniors, plus 0,4 point, alors que pour les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage diminue de 0,8 point à 18,8%”, ajoute-t-il. Sur le trimestre, le taux de chômage des 15-24 ans, particulièrement scruté, diminue de 0,2 point.Par ailleurs, la part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, diminue de 0,2 point, à 12,5%. Une proportion qui se situe néanmoins 0,3 point au-dessus de son niveau d’un an auparavant.Le halo autour du chômage, constitué des personnes qui souhaitent un emploi mais n’en recherchent pas ou ne sont pas immédiatement disponibles, reste quasiment stable à 1,9 million de personnes sur le trimestre.Ces chiffres “montrent une situation globalement stable” a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. “Le taux de chômage des jeunes recule, la part des jeunes ni en emploi ni en formation baisse également. Les taux d’emploi et d’activité restent élevés et l’emploi en CDI progresse. Dans le contexte économique difficile que nous connaissons, ce sont des signes positifs pour l’emploi”.- “Découragés” -Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), voit pourtant dans la baisse du chômage des jeunes une forme de trompe-l’œil, car leur taux d’emploi a également baissé sur le trimestre (-0,3 point), à 34,7%.Certains jeunes “ont perdu leur emploi mais ne se sont pas inscrits au chômage”, souligne l’économiste. “Soit ils sont retournés dans la scolarité, par exemple des apprentis qui ont perdu leur contrat d’apprentissage, soit ce sont des découragés, qui sont sortis de la population active, donc on ne peut pas s’en réjouir”.Début novembre, les chiffres de l’emploi salarié publiés par l’Insee indiquaient un quatrième trimestre consécutif de recul après presque quatre années de hausse, notamment à cause de la diminution des aides à l’apprentissage.Au-delà des jeunes, M. Heyer juge les chiffres “mauvais”, le nombre de chômeurs augmentant de 119.000 sur un an. “Depuis la crise sanitaire, malgré le peu de croissance économique, on avait beaucoup de créations d’emplois” mais, désormais, un retournement a eu lieu et “il faut plus de croissance pour créer des emplois”, explique-t-il.”Les gains de productivité font qu’il y a des destructions d’emplois, qui provoquent une hausse du chômage”, une tendance qui devrait durer au moins “jusqu’à fin 2026″, estime-t-il, alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit et grignote les aides à l’apprentissage et aux entreprises.”Sur le lien activité-emploi, sur les dernières années, (..) on s’étonnait du fait qu’on avait finalement trop d’emplois au regard de la croissance constatée et effectivement, sur ce troisième trimestre, cela se renverse”, constate aussi le chef de la division Synthèse et conjoncture du marché du travail de l’Insee, Yves Jauneau.

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Les émissions de CO2 liées aux fossiles vers un nouveau record en 2025, selon des scientifiques

Les émissions de dioxyde de carbone issues des énergies fossiles devraient atteindre un nouveau record en 2025, selon une étude scientifique de référence qui confirme jeudi qu’il sera quasiment “impossible” de limiter le réchauffement planétaire à moins de 1,5°C.Selon le Global Carbon Project, mené par 130 scientifiques internationaux et publié comme chaque année alors que les nations sont réunies pour la conférence de l’ONU sur le climat (COP30), les émissions de CO2 issues du charbon, du pétrole et du gaz fossile seront supérieures en 2025 de 1,1% à celles de l’année précédente, pour atteindre 38,1 milliards de tonnes (GtCO2).”C’est plus que la moyenne de progression annuelle de ces dix dernières années, qui était de 0,8%”, note l’étude, indiquant que ces émissions sont maintenant 10% plus élevées qu’elles ne l’étaient en 2015, année de l’accord de Paris, qui ambitionnait de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport à la période préindustrielle. Même si les émissions ont baissé dans plusieurs pays, notamment sous l’effet du développement des énergies renouvelables, de l’électrification des véhicules ou de la baisse de la déforestation, “collectivement, le monde n’est pas à la hauteur”, a souligné auprès de l’AFP Glen Peters du Centre pour la recherche internationale sur le climat. “Chacun doit faire sa part, et tous doivent faire davantage”.- Budget carbone quasi-épuisé -L’étude, attendue comme aux COP précédentes pour une première estimation du dérapage climatique mondial pour l’année en cours, estime combien l’atmosphère peut encore recevoir de CO2 pour que son réchauffement soit limité à 1,5°C. Cette quantité est estimée à 170 milliards de tonnes (GtCO2).”Cela équivaut à quatre années d’émissions au rythme actuel”, conclut Pierre Friedlingstein, de l’université d’Exeter, qui a dirigé l’étude. “C’est donc, en pratique, impossible”.Ce constat d’échec s’est imposé tout au long de l’année 2025, reconnu désormais par l’ONU, des climatologues, le président du Giec et les participants de cette COP. L’objectif est désormais de faire en sorte que le dépassement soit temporaire, mais cela pourrait se compter en décennies.”Nous avons besoin d’objectifs ambitieux, car chaque dixième de degré est crucial” a rappelé jeudi à Belem Stephen Stich de l’université d’Exeter, l’un des auteurs de l’étude. Pour rester sous 1,7 à 2°C, l’humanité a encore 12 à 25 ans pour agir, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, “et je pense qu’avec les progrès technologiques et le développement des énergies renouvelables, ces objectifs sont réalisables”.Sur la trajectoire actuelle, le monde se réchaufferait de 2,3 à 2,5°C d’ici la fin du siècle si les pays tiennent leurs engagements, a estimé l’ONU juste avant le rendez-vous de Belem.L’ordre de grandeur est similaire (2,6°C d’ici 2100) dans les calculs publiés jeudi aussi par le Climate Action Tracker.Les dernières annonces des pays “ne changent rien”, conclut ce groupe.- Nouveau record pour le charbon -En 2025, les émissions liées spécifiquement à la combustion de charbon atteindront un nouveau record, progressant de 0,8% au niveau mondial, portées notamment par les hausses enregistrées aux Etats-Unis et en Inde.Les rejets liés au pétrole et au gaz progressent également, de respectivement 1 et 1,3%. Sur le gaz, les émissions “semblent revenir à la tendance de croissance persistante qui prévalait avant l’invasion russe de l’Ukraine”, signale l’étude.”L’an dernier, nous étions assez confiants quant à la possibilité d’atteindre ce pic” sur les fossiles, mais “de nouvelles estimations montrent qu’ils ne sera pas atteint avant 2030 environ. C’est inquiétant, et pour moi, c’est vraiment incompréhensible, car les énergies renouvelables sont très bon marché et devraient être la nouvelle norme. Et pourtant, les combustibles fossiles continuent”, a commenté à Belem, Niklas Höhne du NewClimate Institute.Par régions, les États-Unis et l’Union européenne ont inversé la tendance à la baisse observée ces dernières années, enregistrant une hausse de leurs émissions, de respectivement 1,9% et 0,4%, en partie liée à des hivers plus frais qui ont stimulé la demande de chauffage.Les émissions de la Chine, pays le plus pollueur, semblent se stabiliser (+0,4%), mais selon M. Peters, l’incertitude quant aux politiques menées par le pays rend prématurée l’affirmation selon laquelle un pic aurait été atteint.

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Vigilance environnementale des entreprises: droite et extrême droite s’allient pour sabrer la loi

Droite et extrême droite ont mêlé leurs voix au Parlement européen jeudi pour détricoter une loi sur le “devoir de vigilance” sociale et environnementale des grandes entreprises, un coup de tonnerre à Bruxelles.Les eurodéputés ont approuvé par 382 voix contre 249 la baisse des ambitions de ce texte, en limitant le nombre d’entreprises concernées et en supprimant certaines de leurs obligations.A rebours de la traditionnelle majorité dite “proeuropéenne”, l’alliance de circonstance de la droite (le PPE) avec l’extrême droite a provoqué un tollé au sein des autres groupes.Le PPE “a torpillé tout compromis modéré”, s’est indigné le social-démocrate René Repasi.Ce vote sonne comme un avertissement pour le camp proeuropéen, au moment où le Parlement commence à se saisir d’une série de textes sur la “simplification” de la vie des entreprises. L’extrême droite a savouré une “grande victoire” jeudi. “Une autre majorité est possible”, “ce n’est qu’un début”, a lancé le groupe des Patriotes, présidé par Jordan Bardella. Adoptée il y a seulement un an et demi, cette loi sur le devoir de vigilance fait les frais du virage probusiness de l’Union européenne, bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane aux Etats-Unis. Son entrée en vigueur avait déjà été reportée d’un an, de 2027 à 2028.Mais Bruxelles veut aller plus loin pour alléger les “charges” administratives des entreprises sur le continent.Sous peine de sanctions, la loi adoptée en 2024 obligeait les entreprises de plus de 1.000 salariés à prévenir et remédier aux violations de droits humains (travail des enfants, travail forcé, sécurité…) et aux dommages environnementaux tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris chez leurs fournisseurs dans le monde.Jeudi, dans le sillage des Etats membres, le Parlement européen a relevé le seuil des entreprises concernées, à plus de 5.000 employés et plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Surtout, les eurodéputés ont supprimé le régime de responsabilité civile européenne, qui servait à harmoniser les obligations des entreprises et leurs responsabilités devant la justice en cas de manquements.Les parlementaires ont préféré s’en tenir aux législations de chaque pays. Ils ont également renoncé aux plans de transition climatique que les entreprises étaient censées fournir.- “Asphyxie” -La loi est “complètement vide” désormais, déplore le centriste Pascal Canfin. Ce vote se produit “pendant la COP30” au Brésil et “représente un recul considérable pour l’action climatique du secteur privé”, estime-t-il.A droite, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy pense au contraire que cette “simplification” permet de “sauver nos entreprises de l’asphyxie normative”.Après ce vote, les négociations vont s’engager avec les Etats membres, en vue d’une adoption définitive de la loi revue et corrigée.”Il est encore possible de rectifier le tir”, mais ce scrutin montre que “l’extrême droite gagne en influence” et que la majorité proeuropéenne “s’effrite”, explique Jurei Yada, du centre de réflexion E3G.Des organisations environnementales s’en prennent également aux “lobbies industriels” opposés à cette loi.L’absence de responsabilité civile européenne risque d’introduire “une concurrence entre les 27 Etats membres pour savoir qui a le régime le plus laxiste pour essayer d’attirer des entreprises”, met en garde Swann Bommier, de l’ONG Bloom.Au nom de la lutte contre la bureaucratie, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron avaient appelé à supprimer purement et simplement cette loi.Mais même si elle n’est que sabrée, la pilule est difficile à avaler pour une partie des parlementaires qui avaient célébré son adoption “historique” en avril 2024 après plusieurs années de bras de fer au sein même des institutions européennes.Les superlatifs ne manquaient pas à l’époque, y compris chez les macronistes, dont la présidente actuelle du groupe centriste Valérie Hayer (Renew).Mais les équilibres politiques ont changé dans l’hémicycle depuis les élections de juin 2024, marquées par le renforcement de la droite et la percée de l’extrême droite, qui veut combattre le “pacte vert”, la batterie de mesures environnementales adoptées lors du précédent mandat.

13-Novembre: recueillement à Saint-Denis et Paris, dix ans après les attentats

Des commémorations chargées en émotion devant les terrasses parisiennes endeuillées, après une cérémonie devant les portes du stade de France: politiques, victimes et proches des disparus se recueillent jeudi devant les lieux des attentats du 13-Novembre, dix ans après une nuit d’horreur qui a meurtri Paris et Saint-Denis.Devant le Carillon et le Petit Cambodge, puis la Bonne Bière, le Comptoir Voltaire et la Belle Equipe, dans les Xe et XIe arrondissement de Paris, sont lus les noms des 39 morts, et des gerbes sont déposées après des minutes de silence, sous les regards embués de larmes de leurs proches et des rescapés.Les rues autour de ces bars et restaurants sont bouclées, et le silence règne, selon un journaliste de l’AFP. Devant la Belle Equipe, où 21 vies ont été fauchées il y a dix ans, des fleurs, des bougies et des photos entourent la plaque commémorative. Les panneaux publicitaires affichent tous la devise en latin de Paris, “Fluctuat Nec Mergitur” (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas). Les cérémonies doivent ensuite se poursuivre devant le Bataclan, où 90 personnes avaient été assassinées.”10 ans. La douleur demeure. En fraternité, pour les vies fauchées, les blessés, les familles et les proches, la France se souvient”, a posté sur X Emmanuel Macron, qui se rend sur chacun des lieux des attentats, où il salue proches et rescapés avec la maire de Paris Anne Hidalgo. – “Absence immense” -Les commémorations ont commencé le matin par une cérémonie au stade de France, devant un parterre de politiques, ainsi que la famille de Manuel Dias, première des 130 personnes tuées lors des attentats quand trois kamikazes se sont fait exploser devant les portes du stade où se jouait un match amical France-Allemagne. “Nous n’oublierons jamais; on nous dit de tourner la page dix ans après, mais l’absence est immense”, a dit dans un discours poignant sa fille, Sophie Dias, très émue. Le vendredi 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attaques jihadistes les plus meurtrières de son histoire, coordonnées par le groupe Etat islamique (EI) qui a ciblé un match de football, un concert de hard-rock et des bars et restaurants. L’hommage national aux 132 morts – deux rescapés du Bataclan se sont suicidés depuis – à leurs familles et aux rescapés de ces attentats qui ont profondément marqué le pays se conclura par l’inauguration à 18H00 d’un jardin mémoriel au coeur de la capitale, en présence du chef de l’Etat. Ce jardin est fait de grandes stèles et de blocs de granit, évoquant la géographie des différents lieux visés.   La cérémonie orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024, sera retransmise en direct à la télévision et projetée sur grand écran, place de la République à Paris, où un mémorial s’était improvisé il y a dix ans, des Parisiens traumatisés venant y déposer fleurs, bougies et mots. Depuis samedi, le pied de la statue de Marianne est de nouveau entouré de ces petites attentions. – “Tous ensemble” -“L’objectif cette année, c’est de se dire +soyons tous ensemble+ (…), célébrons évidemment nos morts mais aussi la force de notre République et de notre culture: les terroristes n’ont pas gagné ce soir-là”, a insisté sur RMC Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association de victimes Life for Paris. Celle-ci sera dissoute après l’inauguration du jardin mémoriel pour “ne pas s’enfermer dans la victimité”.”Nous avons été debout pendant 10 ans, nous serons debout (jeudi). Cette cérémonie sera aussi un acte de résistance”, a salué Philippe Duperron, président de l’association “13onze15”. Impossible, pour beaucoup, d’oublier cette terrible soirée du vendredi 13 novembre 2015. Rescapés et proches de victimes appréhendent souvent ces hommages. Stéphane Sarrade a perdu son fils Hugo, 23 ans, tué au Bataclan. Il se dit toujours “incapable” de se rendre devant la salle de concert et ne participera pas aux cérémonies. Sur RFI, François Molins, à l’époque procureur de Paris, a exprimé des regrets quant à “la prise en charge des victimes”: dans les “premières heures” ayant suivi les attaques, “je pense qu’on aurait pu et on aurait dû faire beaucoup mieux (…) puisqu’on a eu des familles qui ont erré des heures et des heures dans Paris à la recherche de proches”.”Mais encore une fois, c’était le chaos, on a fait ce qu’on a pu et personne ne s’attendait à une attaque terroriste de cette ampleur”, a-t-il ajouté. Les commémorations officielles se tiennent sous vigilance renforcée, dans un contexte de menace terroriste “toujours élevée”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a rappelé sur BFMTV/RMC que “six attentats” avaient été déjoués depuis le début de l’année. Jeudi soir, Notre-Dame de Paris et les églises parisiennes feront sonner leurs cloches “entre 17H57 et 18H02”, a annoncé le diocèse. Des “messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses”, a précisé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich.abo-juc-mby-pab-etr-fff/asl/swi