AFP Top News

Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles

Départ de convois pour Paris ou rassemblements locaux: les actions des agriculteurs diffèrent mardi selon les syndicats, dont deux ont été reçus à Matignon après une ultime concession budgétaire de Bruxelles pour essayer de faire passer la pilule de l’accord UE-Mercosur.La première organisation du secteur, la FNSEA, est repartie de sa rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu avec selon elle la promesse d’annonces d’ici à vendredi sur “les mesures qu’il entend très concrètement mettre en place” pour répondre aux revendications de la profession.”Nous lui avons rappelé ce qui compte aujourd’hui, ce ne sont plus les mots, mais les actes”, a asséné le président de la FNSEA Arnaud Rousseau face aux journalistes, en disant espérer voir “clarifier” d’ici à la fin de la semaine les détails de ces “mesures d’urgence attendues qui sont rappelées depuis très longtemps” par son syndicat.Les annonces gouvernementales ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur…Mardi soir, M. Rousseau a répété que l’accord UE-Mercosur, qui semble devoir franchir des étapes décisives dans les prochains jours, représentait “le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne”.Plus tôt mardi, l’UE a promis une rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros dès 2028 dans la future politique agricole commune (PAC), à la veille d’une réunion spéciale des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, visant à répondre aux “préoccupations” du secteur.Cette annonce ressemble à une ultime concession avant la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, envisagée le 12 janvier.- Accord Mercosur “mal né” -Le président Emmanuel Macron s’est réjoui de cette rallonge, estimant que la France pourrait “ainsi garantir le maintien du niveau actuel de ces aides jusqu’en 2034″, dans un message sur X (ex-Twitter).Sur le Mercosur, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a besoin au préalable du feu vert des Etats membres, lors d’un vote attendu dès vendredi.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. En sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.”Nous avons redit clairement au Premier ministre que pour nous il n’était pas question qu’on puisse accepter quoi que ce soit sur cet accord qui est encore une fois un accord mal né”, a martelé M. Rousseau mardi soir.”Nous allons attendre de voir ce week-end ce qui se passe, et si le Mercosur devait être signé, évidemment nous appellerions à de nouvelles mobilisations”, a mis en garde le président de la FNSEA.Un arrêté pour empêcher d’importer en France des produits agricoles notamment sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons…) traités avec des substances chimiques interdites dans l’Union européenne doit être publié mercredi.La Commission européenne aura dix jours pour s’y opposer éventuellement mais elle pourrait aussi l’étendre à toute l’Union, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Pour la Confédération paysanne, ces mesures “ne sont pas structurelles (…) pour nous, il faut que la France reste sur un +non+ ferme et définitif” à l’accord UE-Mercosur, a déclaré à l’AFP une porte-parole du syndicat, Fanny Métrat, à sa sortie de Matignon. Le syndicat a répété à M. Lecornu son rejet de l’abattage total des troupeaux de vaches touchés par la DNC, sans obtenir gain de cause, a-t-elle concédé, en prévenant que la colère du monde agricole restait “immense” et que la mobilisation se poursuivrait, notamment lors du salon de l’Agriculture prévu fin février.- Pression sur Bruxelles -Les ministres européens de l’Agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la PAC. Si la FNSEA et leurs alliés des Jeunes agriculteurs promettent des actions fortes après une éventuelle signature, la Coordination rurale a haussé le ton dès lundi, à sa sortie de Matignon.Son président Bertrand Venteau s’est insurgé contre l’interdiction des convois de tracteurs qu’il prévoyait d’envoyer à Paris et maintenu son appel à “monter” sur la capitale. Des cortèges sont partis de plusieurs départements, Corse comprise, mais surtout depuis le Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre.Le blocage de l’A64 se poursuit à proximité de Toulouse où plusieurs organisations syndicales d’Occitanie ont prévu de converger mercredi pour “assiéger” la ville rose, malgré l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation.Bertrand Venteau a assumé lundi de ne vouloir “rien lâcher” notamment sur le sujet des abattages de l’intégralité d’un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté.

Procès du RN: le président du tribunal de Paris met en garde contre une éventuelle “ingérence” américaine

Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a mis en garde mardi contre une éventuelle “ingérence inacceptable et intolérable” après des menaces de sanctions américaines contre des magistrats qui ont traité le dossier pénal du RN, telles que rapportées par la presse.Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, l’administration Trump aurait envisagé des sanctions contre les juges du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier.”Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics”, a prévenu le président du tribunal judiciaire de Paris lors d’un discours à l’occasion de l’installation de nouveaux magistrats.La cheffe de file de l’extrême droite française, ainsi que le Rassemblement national en tant que personne morale et onze autre prévenus doivent être jugés par la cour d’appel de Paris à partir de mardi, soupçonnés d’avoir détourné l’argent du Parlement européen au seul profit du parti.En évoquant le cas du magistrat français de la Cour pénale internationale (CPI) Nicolas Guillou, visé depuis août par des sanctions américaines, Peimane Ghaleh-Marzban a appelé à “nous élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé”.Nicolas Guillou est notamment chargé à la CPI du dossier du mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.En mars, Donald Trump avait comparé la condamnation en première instance de Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité à ses propres déboires judiciaires.

Européens et Américains serrent les rangs derrière l’Ukraine face à la Russie

Les Européens ont affiché un front uni mardi à Paris, s’engageant à fournir des garanties de sécurité “robustes” à l’Ukraine, dont le déploiement dans le pays d’une “force multinationale” soutenue par les Etats-Unis, dans l’hypothèse encore lointaine d’un cessez-le-feu conclu avec la Russie.La “Coalition des volontaires”, qui regroupe les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l’Otan et de l’UE, s’est réunie dans la capitale française en présence des deux émissaires de Donald Trump sur l’Ukraine, Steve Witkoff et Jared Kushner.Cette trentaine de dirigeants a abouti à la signature d’une déclaration d’intention conjointe sur “le déploiement d’une force multinationale après un cessez-le-feu” en Ukraine. Cette force, formée par les pays volontaires de la coalition, sera menée par les Européens et “soutenue” par les Etats-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.Ce déploiement devra apporter “une forme de réassurance, le jour d’après le cessez-le-feu”, a détaillé Emmanuel Macron, saluant une “avancée considérable”. Cette déclaration “reconnaît pour la première fois” une “convergence opérationnelle” entre cette coalition, l’Ukraine et les Etats-Unis, avec des garanties de sécurité “robustes”.Cette déclaration commune, signée près de quatre ans après le début de l’invasion russe en février 2022, intègre notamment des “mécanismes de surveillance” du cessez-le-feu placés sous “leadership américain”, a détaillé M. Macron. Des dispositifs “de solidarité et d’intervention” en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l’on sache précisément à quel niveau les Américains s’impliqueraient dans cette hypothèse.Les garanties de sécurité sont “en grande partie finalisées” et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, “ce sera définitivement”, a pour sa part salué Steve Witkoff.”Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles”, a salué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, même si plusieurs questions “restent ouvertes” selon lui, comme celle, ultrasensible, des concessions territoriales exigées par Moscou.- L’ombre du Groenland et du Venezuela -Avant son départ pour Paris, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait néanmoins relevé les limites de cette déclaration d’intention, évidemment suspendue à la fin des hostilités via un accord de paix ou un cessez-le-feu.”Nous voudrions tous des mesures beaucoup plus concrètes (…), mais cela requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l’agresseur russe également”, avait-il souligné, alors que le Kremlin s’est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine.Les contours opérationnels de la “force multinationale” restent d’ailleurs encore flous, d’autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution. Comme l’Italie, qui a réitéré mardi son refus d’envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l’Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.Les ministres des Affaires étrangères du G7 devaient par ailleurs tenir une réunion téléphonique à 20h00 (19h00 GMT).L’opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à une main mise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont aussi été au menu de la journée, même si les dirigeants européens ont évité de répondre aux questions des journalistes sur le sujet en présence des émissaires américains.Nouvelle manifestation du jeu d’équilibriste diplomatique auquel ils s’astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.Les Etats-Unis ne sont pas membres de la Coalition des volontaires, créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des “garanties de sécurité” à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel cessez-le-feu. Mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s’engager.- “Compromis” -“Nous devrons sûrement faire des compromis” pour atteindre la paix en Ukraine, a déclaré Friedrich Merz mardi.Côté français, Emmanuel Macron pourrait en dire davantage jeudi lorsqu’il recevra la classe politique pour faire le point.La perspective d’un cessez-le-feu reste hypothétique.Une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des appels entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n’ont pas permis d’avancer sur les concessions territoriales exigées par Moscou.Le Kremlin a fait connaître son intention de “durcir” sa position après avoir accusé l’Ukraine d’avoir visé avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément.Le chef de l’Etat russe a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes.

Neige et verglas vont s’intensifier, routes et vols perturbés

Neige et verglas vont revenir en force mercredi sur une large bande nord-ouest de la France, avec d’importantes perturbations attendues dans les transports routiers et aériens, ainsi que sur certaines lignes ferroviaires.Après un premier épisode lundi soir, 38 départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas pour une partie de la nuit et toute la journée de mercredi, a annoncé Météo-France. Des pluies verglaçantes sont attendues sur l’Ouest et de fortes chutes de neige sur l’Île-de-France et le Nord-Est. La neige pourrait y atteindre plusieurs centimètres.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a “fortement conseillé” aux automobilistes d’éviter tout déplacement mercredi en Ile-de-France, ainsi qu’aux usagers des transports en commun mercredi matin.”Les métros devraient fonctionner, les RER devraient fonctionner, les trains devraient fonctionner, nous avons des réserves sur les bus”, en fonction de l’épaisseur de la neige, a-t-il déclaré.Or, “Météo-France parle d’un événement qui peut être encore supérieur à celui de lundi en termes de neige (…) qui viendra sur un sol qui est déjà gelé”, a souligné ensuite le ministre sur Cnews.Ile-de-France Mobilités (IDFM) a prévenu que “le fonctionnement des 1.900 lignes de bus et car franciliens s’annonce fortement perturbé, voire à l’arrêt, et sera décidé en fonction des conditions réelles de circulation”.IDFM a en outre signalé que “par décision préfectorale, les transports scolaires sont suspendus pour la journée du 7 janvier dans les tous les départements de grande couronne: Yvelines, Seine-et-Marne, Essonne et Val d’Oise”. Les Hauts-de-France ont pris la même mesure.Côté aérien, M. Tabarot a annoncé l’annulation d’environ 40% des vols prévus entre 09H00 et 14H00 à Paris-Charles-de-Gaulle et 25% de ceux prévus entre 06H00 et 13H00 à Orly, premier et deuxième aéroports français. Il a aussi évoqué des difficultés à l’aéroport de Nantes, déjà resté fermé toute la journée de mercredi.Les transports ferroviaires seront également affectés, la SNCF ayant décidé d’interrompre par précaution la circulation des trains électriques “sur les axes Tours-Saumur et Tours-Poitiers-La Rochelle mercredi de 6h00 à 12h00” en raison de possibles pluies verglaçantes. La SNCF a aussi mentionné dans un communiqué une “réduction de vitesse sur les lignes à grande vitesse”. M. Tabarot a également annoncé l’interdiction de la circulation de poids lourds en Ile-de-France, dans l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire) et le Centre-Val de Loire. En Ile-de-France, la vitesse maximale des véhicules légers sera par ailleurs limitée mercredi à 70 km/h. “Tous les préfets des départements en vigilance orange souhaitent aussi réduire au maximum les déplacements”, a remarqué M. Tabarot, en encourageant le télétravail “pour ceux qui le peuvent”.La consommation électrique de la France a dépassé mardi matin les 90 gigawatts, un niveau qui n’avait plus été franchi depuis le 28 février 2018, mais encore loin du maximum historique du 8 février 2012 avec 102 GW, selon des données de RTE consultées par l’AFP.L’an dernier, le pic annuel de consommation d’électricité avait été atteint le 14 janvier 2025 (87 GW).De son côté, GRDF a annoncé une puissance d’énergie fournie par le gaz de 125 GW mardi matin, un niveau plus vu depuis trois ans, et indiqué que les centrales à gaz avaient fonctionné “à plein régime”.- Plusieurs morts mardi -Depuis lundi après-midi, les conditions météo ont provoqué plusieurs décès, surtout dus à des accidents de circulation liés au verglas, tandis que des centaines de kilomètres de bouchons s’accumulaient sur les routes. Dans les Landes, deux personnes ont perdu la vie mardi dans un carambolage qui a impliqué deux autocars et de nombreux véhicules sur l’autoroute A63, selon la préfecture qui fait état également de quatre blessés.”C’est une patinoire”, avait déclaré en milieu de matinée à l’AFP Christophe Canut, aide-soignant de 43 ans bloqué sur l’A63, où des camions sont également en travers de l’autre voie plus au sud.Un homme âgé de 65 ans a été retrouvé décédé à Compiègne (Oise) mardi matin, un décès “probablement lié au froid”, a précisé à l’AFP le maire, Philippe Marini.En Charente-Maritime, 2.000 foyers étaient privés d’électricité à 18h30, et encore “environ 600” dans les Pays de la Loire, en raison de lignes endommagées par la neige, selon un nouveau bilan du gestionnaire de réseau Enedis. “L’événement a été un peu sous-évalué au niveau de Météo-France”, notamment en région parisienne, a commenté mardi Philippe Tabarot. bur-im-leb-dep-nal-tq/jbo/cbn

A Paris, des nuits en “mode survie” pour les jeunes migrants transis de froid

Frigorifié, Boubacar, 16 ans dit-il, extirpe son corps engourdi de sa tente installée comme plusieurs dizaines d’autres dans le cœur historique de Paris enneigé. Le Guinéen vient de passer une fois de plus une nuit “très compliquée” en “mode survie”. Les quais pavés couverts de neige en bordure de l’île Saint-Louis offrent un paysage de carte postale que touristes et Parisiens emmitouflés s’empressent d’immortaliser avec leur appareil photo. En contrechamp, plusieurs dizaines de tentes posées sur le froid bitume devant un magasin de canapés convertibles. Quelques 300 jeunes migrants africains, pour la plupart en recours pour faire reconnaître leur minorité, viennent d’y passer une rude nuit.Passé l’euphorie de découvrir la neige pour la première fois de leur vie, l’amertume a envahi le camp installé depuis plusieurs mois.Les multiples épaisseurs de couvertures et le fin sac de couchage n’ont pas réussi à réchauffer Boubacar, qui en milieu de matinée s’asperge le visage d’une bouteille d’eau froide pour se donner un peu d’entrain.”Je ne suis pas arrivé à dormir avant 4 heures du matin. Ma tente est déchirée j’avais l’impression qu’il neigeait sur moi”, raconte le jeune homme qui présente des symptômes grippaux et a mal aux dents.- “Tenir” -Les couvertures et les plats chauds déposés par des passants anonymes devant sa tente igloo, lui apporte un peu de réconfort. Mais le Guinéen, arrivé seul en France il y a neuf mois, s’impatiente. “Combien de temps ça va encore durer?”, s’interroge Boubacar, qui répète comme un mantra “qu’il faut tenir pour ne pas mourir”.Dans un vide administratif, le jeune homme ne bénéficie d’aucun revenu. Il n’a pas été reconnu mineur, ce qui lui aurait permis d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, et attend la décision en appel qui peut prendre jusqu’à un an. C’est le cas également de son compatriote Abbou.Traits tirés, le garçon essaye de bouger ses doigts douloureux et montre une boîte d’antalgiques qui l’aide à passer la nuit. Arrivé en France il y a trois semaines, Abbou est l’un des derniers encore sur le camp, ses compagnons d’infortune ont pour la plupart rejoint les accueils de jour, laissant sur place un fatras de couvertures, protégés par des bâches, qu’ils retrouveront le soir.- Un peu de répit -“C’est dur toute l’année, mais avec le froid leurs corps sont encore plus abîmés, ils sont sous tension et en permanence en mode survie”, observe Helena Tellio, coordinatrice pour l’Armée du Salut de l’un de ces centres d’accueil de la Ville de Paris. Crème pour lutter contre les démangeaisons provoquées par le froid, thé et café fumants, douches, prises électriques pour recharger les batteries des téléphones: dans ce lieu chauffé, les jeunes migrants bénéficient d’un peu de répit. Ils peuvent aussi y rencontrer des médecins et des psychologues. Il sont nombreux à souffrir de symptômes de dépression, selon les employés de l’association.Des activités leur sont proposées, mais rares sont ceux qui se distraient avec les jeux de société proposés. Affalés dans des divans, couverture sur le dos pour se réchauffer et bonnet encore vissé sur la tête, beaucoup récupèrent de leur nuit agitée en attendant de braver à nouveau le froid. Mustapha, Ivoirien qui affirme avoir 15 ans, redoute cette énième nuit dehors. “La neige quand ont est dans une maison au chaud c’est beau à regarder, mais dans ces conditions, c’est un stress”, confie le garçon.Contactée par l’AFP, la ville de Paris indique qu’elle “continue à demander la mise à l’abri de l’ensemble des personnes vivant sur les campements dans les différents sites ouverts par l’Etat, avec le concours de la Ville”, “compte tenu de la persistance des températures très basses”  prévues mercredi.

L’Américaine Freida McFadden écrase les ventes de livres en France en 2025

La romancière américaine Freida McFadden est arrivée en tête du classement des ventes de livres en France en 2025, en plaçant huit de ses romans dans les 15 premiers de la liste publiée mardi par Livres Hebdo.La discrète autrice a confirmé la première place qu’elle avait prise en 2024 avec son roman phénomène “La femme de ménage”, un “thriller psychologique” dont le premier tome est sorti en 2022 en anglais et un an plus tard en 45 langues dont le français.Selon le classement du site de référence Livres Hebdo, réalisé par NielsenIQ BookData – GFK, les romans de Freida McFadden, dont les quatre tomes de “La femme de ménage”, prennent toutes les premières places en grand format (éditions City) et en poche (J’ai lu), à l’exception de la deuxième, occupée par le nouvel album d’Astérix, “Astérix en Lusitanie” (édition Albert René) et de la sixième, que prend “La maison vide” (Minuit) de Laurent Mauvignier, prix Goncourt.Le classement des essais est dominé par Salomé Saqué avec “Résister” (Payot), “L’heure des prédateurs” (Gallimard) de Giuliano Da Empoli et “Le journal d’un prisonnier” (Fayard) de Nicolas Sarkozy, sorti en décembre.Livres Hebdo souligne que Fayard, la maison du groupe Hachette, sous le contrôle du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, place cinq titres politiques dans le classement de 50 livres, dont ceux de Jordan Bardella (“Ce que veulent les Français”), Éric Zemmour (“La messe n’est pas dite”) et deux titres de Philippe de Villiers (“Populicide” et “Mémoricide”).”L’ensemble dessine un marché de l’essai en 2025 structurellement polarisé, où le débat politique hexagonal et les faits divers judiciaires captent l’essentiel de l’attention éditoriale”, indique Livres Hebdo.Derrière Astérix, le classement des BD et mangas est dominé par le youtubeur Inoxtag, avec deux tomes de son manga “Instinct” (Michel Lafon), le tome 110 du manga japonais “One Piece” (Glénat), tandis que la dernière aventure de Blake et Mortimer, “La menace Atlante”, occupe la 5e place. La série jeunesse à succès “Mortelle Adèle” (Mr Tan & Co) place six volumes dans le top 20, selon Livres Hebdo.

Charles Alloncle, le député qui cuisine l’audiovisuel public

Pugnace pour les uns, “inquisiteur” pour les autres, le député ciottiste Charles Alloncle et ses méthodes musclées font débat au sein de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui reprendra ses travaux dans une dizaine de jours sur de bonnes résolutions.”Pas de communication en temps réel sur les réseaux sociaux” ou de “déformation des propos des personnes auditionnées”, et “sobriété” dans les médias: le bureau de cette commission, qui rassemble des parlementaires de tous bords, a acté ces principes mardi.Les auditions reprendront la semaine du 19 janvier, avec celles de représentants des salariés de France Télévisions et de Radio France, a indiqué le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui ne veut pas d’un “tribunal politique”.En cause: l’attitude du rapporteur Charles Alloncle, 32 ans, dont le groupe UDR est allié au RN. Les incidents se sont multipliés depuis le démarrage fin novembre de la commission.”Je tâche de poser des questions que des millions de Français se posent”, dit l’élu de l’Hérault à l’AFP, admettant être “insistant”.Mi-décembre, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a “rappelé à l’ordre” Charles Alloncle, craignant que la commission soit “dévoyée”.Les soutiens du rapporteur ont volé à son secours: c’est “une pression intolérable” selon Marine Le Pen (RN) alors que son travail est “remarquable” d’après le président du parti Jordan Bardella. Sur les réseaux sociaux, d’importants influenceurs d’extrême droite ont loué M. Alloncle.Ce dernier poursuivra sa mission avec “talent” et “courage”, a fait valoir Eric Ciotti. Le jeune député, ancien président des Jeunes avec Nicolas Sarkozy et partisan de l’union des droites, a rallié l’ex-patron de LR lorsqu’il s’est rapproché du RN.Air austère et look soigné, le trentenaire blond a déjà mis sur le gril le président du régulateur, l’Arcom, et les dirigeantes de France Télévisions et Radio France.Cette dernière, Sibyle Veil, a déploré les “déformations publiques” de ses propos par le rapporteur sur le réseau social X.Lundi, sur Instagram, l’animateur-producteur Nagui a menacé M. Alloncle de poursuites pour avoir déclaré qu’il pourrait être “la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public”.- “des fins idéologiques” -Dans une tribune au Monde, le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand a estimé mardi que la commission était “instrumentalisée par son rapporteur à des fins idéologiques pour disqualifier, intimider, soupçonner”.Lors des auditions en fin d’année des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, plusieurs élus de gauche ont réclamé d'”arrêter (le) spectacle”, dénonçant une “tentative d’humiliation” de la part de l’extrême droite.La commission a été créée après la révélation d’une vidéo de ces deux journalistes qui a nourri les accusations de partialité en faveur de la gauche dans l’audiovisuel public.Au sein du bloc central macroniste, la députée Céline Calvez est déçue que l'”on passe à côté du sujet”.La commission porte sur “la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public”, comme souhaité par Eric Ciotti, dont l’allié RN prône la privatisation du secteur.Charles Alloncle ne se prononce pas sur ce point. “Envoyé Spécial, Secrets d’histoire… J’ai été biberonné à la télé et la radio publiques”, assure ce fidèle auditeur de Fip, fils d’un préfet et d’une juriste devenue enseignante.”C’est pour sauver l’audiovisuel public qu’il faut purger les soupçons, cesser les entorses au principe de neutralité”, selon le néodéputé élu en juillet 2024, ancien entrepreneur passé par Sciences Po, HEC et l’université américaine de Berkeley.A l’inverse, Erwan Balanant (MoDem) voit dans l’attitude de M. Alloncle “une attaque frontale de notre modèle démocratique et d’information”.Aux yeux de l’insoumis Aurélien Saintoul, le rapporteur “s’affranchit des faits et transpose les méthodes de CNews”. “Qui lui souffle les questions?”, demande un autre.L’intéressé récuse toute proximité avec Vincent Bolloré, qu’il n’a “jamais rencontré”, ainsi qu’avec les médias de sa galaxie comme CNews, dont il fréquente peu les plateaux.Charles Alloncle “affronte tout seul le système” et “a tout le monde contre lui, sauf l’opinion publique”, a lancé fin décembre un Pascal Praud louangeur, sur la première chaîne info de France.