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Sous haute tension, Shein ouvre à Paris son premier magasin pérenne au monde

Malgré les sanctions administratives et l’enquête judiciaire ouverte pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine, le géant de l’e-commerce asiatique Shein ouvre mercredi son premier magasin physique et pérenne au monde à Paris.Signe de la portée hautement polémique de cette ouverture à 13H, au 6e étage du BHV dans le centre de la capitale française, des forces de police étaient présentes dès mardi soir autour du magasin, la préfecture de police suivant l’événement avec une “attention toute particulière”.L’arrivée de la plateforme, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable ultra-éphémère.Dernier épisode en date: la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine sur son site internet constatée par la Répression des fraudes, qui a déclenché un tollé politique et l’ouverture d’une enquête judiciaire. Shein a depuis assuré qu’elles avaient été retirées de la plateforme et avoir mis en place une interdiction totale des produits de type “poupées sexuelles”. Visée par une proposition de loi anti fast-fashion, l’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes pour un total de 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.Depuis son annonce début octobre, le gouvernement, la mairie de Paris, des élus, des associations et des acteurs du secteur textile français ont fustigé son implantation en France.Jusqu’ici exclusivement disponible en ligne et dans des magasins éphémères, l’entreprise franchit mercredi une étape stratégique avec son implantation durable. Et pas n’importe où: dans un emblématique symbole du commerce parisien, le BHV, un joyau art déco situé face à l’hôtel de ville parisien.”Une erreur stratégique” et “un danger”, a déploré mercredi le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, sur TF1.  Son collègue à l’Industrie, Sébastien Martin, a lui dénoncé chez Shein “une stratégie (…) d’agressivité qui est aussi une politique d’attaque de nos valeurs”, avant de pointer du doigt en creux le BHV: “certains acteurs économiques devraient remettre un petit peu de morale dans leur action, y compris les magasins qui décident d’accueillir ces rayons-là”, a-t-il dit sur Public Sénat.”Le BHV fait entrer le loup dans la bergerie”, s’est alarmé le co-président de l’organisation patronale Impact France, Pascal Demurger, sur Franceinfo, pour qui “le low-cost, c’est le chômage”.  Frédéric Merlin, le patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du  BHV depuis 2023, a rétorqué que “Shein, c’est 25 millions de clients en France”, mercredi sur RTL, opposant la popularité du géant asiatique aux griefs des responsables politiques. – Bientôt cinq autres magasins Shein -Si Shein est autant décrié, outre les accusations de recours à des sous-traitants sous-payés et des pratiques supposées néfastes pour l’environnement, c’est aussi parce qu’il est accusé de causer la ruine du secteur du textile et des petits commerces.Ces derniers sont particulièrement touchés par la déferlante de produits conçus en Asie, majoritairement en Chine. En 2024, 4,6 milliards de colis à moins de 150 euros ont été importés dans l’UE. Le nombre de ces colis, exemptés de droits de douane, double tous les deux ans au rythme actuel.Frédéric Merlin a déjà assuré que les produits vendus dans ce magasin ne sont pas ceux de la “marketplace” de Shein et qu’ils répondent aux normes européennes.Avant même l’arrivée de Shein au BHV, plusieurs marques françaises ont fui le grand magasin, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts. L’intersyndicale des salariés y est également opposée.Reste à voir si les consommateurs répondront présent. Selon une étude de l’application de shopping Joko, Shein était en 2024 l’enseigne de mode où les Français ont dépensé le plus. Cinq autres boutiques Shein ouvriront en province prochainement à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims. Les grands magasins qui les hébergeront ne seront plus des Galeries Lafayette mais des “BHV”, le groupe Galeries Lafayette ayant rompu son contrat avec la SGM pour ne pas être associé à Shein.

Death toll tops 100 as Philippines digs out after typhoon

The death toll from Typhoon Kalmaegi in the central Philippines climbed past 100 on Wednesday as the devastating impact on Cebu province became clearer after the worst flooding in recent memory.Floodwaters described as unprecedented had rushed through the province’s towns and cities a day earlier, sweeping away cars, riverside shanties and even massive shipping containers. Cebu …

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Dix ans après, la lente reconstruction des survivants et proches de victimes du 13-Novembre

Le soir du 13 novembre 2015, leur vie a basculé. Eva et Bilal ont été grièvement blessés. Stéphane, Eric, Aurélie, Sophie ont perdu un fils, une fille, un compagnon, un père. Une décennie après ces attentats, ils se confient.”J’ai une énorme cicatrice au bras”, décrit Eva, 35 ans, pull rouge à manches longues sur les épaules. L’été, la Parisienne sent les regards “inquisiteurs” et a songé à la chirurgie réparatrice, mais “sur les peaux noires, c’est un peu compliqué”. “Ca fait dix ans, elle fait aussi partie de moi”, juge la trentenaire, qui raconte publiquement son histoire pour la première fois.  Le vendredi 13 novembre 2015, Eva fête l’anniversaire de sa meilleure amie au bar La Belle Equipe. Elle fume en terrasse avec trois copines lorsque les jihadistes sèment la mort. Le souvenir du “silence effroyable” entre les deux rafales est toujours présent. Les commandos du groupe Etat islamique abattent 21 personnes, dont leur ami, Victor Muñoz. Elle prend “entre 4 et 5” balles sur la partie gauche du corps, son pied notamment est touché, sa jambe amputée en-dessous du genou.Aujourd’hui, Eva, qui porte une prothèse, va “plutôt bien” même si “la vie n’est pas facile tous les jours”. “C’est compliqué d’avoir confiance en son corps, en soi, aussi bien pour le travail que pour trouver quelqu’un”, explique cette jeune femme qui suit une formation pour un projet d’entrepreneuriat au Sénégal.Elle retourne boire des verres en terrasse. Mais “plus jamais de dos”. – “Encore très fragile” -A l’approche du 13 novembre 2025, l’AFP s’est entretenue avec une dizaine de rescapés ou proches de victimes de ces attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés près du Stade de France à Saint-Denis, sur les terrasses et au Bataclan à Paris. Pour se reconstruire, certains ont trouvé refuge dans l’écriture, ont témoigné dans des écoles, des liens entre victimes se sont tissés. Souvent, ils appréhendent la date anniversaire.   “Elle nous hante tout le temps”, explique Bilal Mokono, précisant avoir “toujours très mal dormi” depuis ce soir-là. Blessé par un kamikaze près du Stade de France, ce quinquagénaire reçoit chez lui, en banlieue parisienne, dans son fauteuil roulant. Il raconte avoir perdu l’usage de ses jambes après l’attentat car son “cerveau ne reconnaît plus” qu’il a des jambes, “comme un appareil connecté, la connexion Internet s’est barrée”. Il n’entend toujours “plus rien” de l’oreille gauche, avec un bras droit “toujours très fragilisé”.Au Stade de France, la seule personne tuée s’appelait Manuel Dias, 63 ans. “Je trouve que c’est important de marquer les 10 ans”, témoigne sa fille, Sophie Dias. “L’absence est là tous les jours et la difficulté, on la vit au quotidien. Et ça, il ne faut vraiment pas l’oublier”, exhorte celle qui parle longuement de ce “papa unique”.”Je suis encore très fragile”, confie la quadragénaire, pour qui il est “impossible de prendre les transports en commun, de [s]e rendre au cinéma par exemple, de manger sur une terrasse”.Vous avez peur que votre père soit oublié? “Complètement”, répond-elle, sans hésiter.A l’inverse, Fabien Petit, beau-frère de Nicolas Degenhardt, fauché à 37 ans par 13 balles de fusils d’assaut sur la terrasse de la Bonne Bière, comme quatre autres personnes, anticipe l’oubli. “On ne va pas vivre que sur le 13 novembre”, estime-t-il, évoquant notamment “plein d’actes de barbarie” qui se sont déroulés depuis en France. Fabien pense aller “mieux” même si “les larmes” montent en parlant de ce drame. “On a été suivis par un psychologue, psychiatre, pour moi. Il y a un moment donné, ça n’allait pas du tout, j’avais des idées noires”, se remémore-t-il. “Le procès nous a fait du bien aussi”.  – “Je vais bien” -Les dix mois de procès, en 2021-2022, aboutissant notamment à la condamnation à la perpétuité incompressible de Salah Abdeslam, seul membre vivant des commandos, Aurélie Silvestre les a racontés de manière “assez intime” dans “Déplier le coeur” (Editions du Seuil), son deuxième livre sur le 13-Novembre.Son compagnon, Matthieu Giroud, a été tué au Bataclan, comme 89 autres personnes.  “Quand on est impacté par un attentat, il y a une déflagration qui est telle que tout s’envole. J’ai l’impression qu’écrire, ça me permet de récupérer un peu les débris et de les mettre ensemble”, développe-t-elle.”Dans les circonstances qui sont les miennes, je vais bien, je vais très bien. Après, ce n’est évidemment pas simple. J’élève seule deux enfants dont le père a été assassiné”, assène-t-elle, le regard vif.  “Ma petite fille qui est là ne le connaîtra jamais puisqu’il est mort quand j’étais enceinte d’elle”, ajoute Aurélie.Ce soir d’octobre, dans une librairie du 13e arrondissement, elle est venue assister au lancement du livre d’Arthur Dénouveaux, “Vivre après le Bataclan” (Editions Cerf).Aujourd’hui, “80% de mon paysage affectif est composé de victimes”, avec qui “on peut rire très fort, on peut pleurer aussi”, souligne Aurélie. Elle raconte son histoire dans des classes et en prison.    – “+Vous serez seul+” -Quand la fille d’Eric Ouzounian, Lola, 17 ans, est morte au Bataclan, un psy l’a prévenu: “Vous ne ferez pas le deuil et vous serez seul”. “Dix ans après, c’est toujours aussi juste. On ne fait pas le deuil d’un enfant”, constate, autour d’un café et d’une cigarette, ce journaliste de 60 ans.En 2015, il avait refusé de se rendre à l’hommage aux Invalides, critiquant, dans une tribune au Huffington Post, la “lourde responsabilité” de l’Etat, qui avait laissé se développer, affirmait-il, des “zones de désespoir”, des “+quartiers sensibles+”, d’où étaient originaires certains jihadistes, et mené une “politique désastreuse” au Moyen-Orient, notamment en Syrie.Aujourd’hui, il estime que les conditions de vie dans ces quartiers ne se sont pas améliorées et leur population “toujours” aussi “méprisée par la République”. Et Eric de déplorer que “ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande” n’aient admis avoir “mis le pays en danger” par “des actions de politique étrangère inconsidérées”.    Interrogé par l’AFP, François Hollande lui a répondu, rappelant que ces jihadistes n’avaient pas visé “n’importe quel lieu”: un stade, des terrasses de café, une salle de spectacle. “Nous sommes la liberté, la vie en commun, le pluralisme. C’est ça qui est insupportable pour les terroristes”, estime l’ancien président. Rescapé de La Belle Equipe, Roman témoigne notamment pour que, dans la mémoire collective, on ne se souvienne pas uniquement du massacre au Bataclan.”Parfois, on se sent oublié”, regrette cet homme de 34 ans, assis en terrasse d’un café parisien.Le programme de recherche “13-Novembre” a mis en évidence un “effondrement des références au Stade de France et aux terrasses” comme lieux des attentats du 13-Novembre identifiés par la population française, au fil des années, rappelle l’historien Denis Peschanski et le Bataclan reste le lieu le plus cité, malgré une forte baisse.      Quelques années après, Roman, lui, est devenu prof. “Je me suis dit qu’enseigner l’histoire-géo, c’était important pour ne pas que ça se reproduise et transmettre aux jeunes ce qui nous est arrivé aussi à travers l’Histoire.” 

‘No one could stop it’: Sudanese describe mass rapes while fleeing El-Fasher

Sudanese mother Amira wakes up every day trembling, haunted by scenes of mass rapes she saw while fleeing the western city of El-Fasher after it was overrun by paramilitaries.Following an 18-month siege marked by starvation and bombardment, El-Fasher — the last army stronghold in the western Darfur region — fell on October 26 to the …

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“La démocratie gagne toujours”: dix ans après le 13-Novembre, François Hollande se souvient

Le 13 novembre 2015, François Hollande se trouve au Stade de France lorsque les premières explosions retentissent à l’extérieur, début d’une soirée d'”horreur” dont l’ex-président se souvient avec émotion, dans un entretien à l’AFP.De 2012 à 2017, son quinquennat “aura été marqué par la lutte contre le terrorisme islamiste”. Dix ans après les attentats de Saint-Denis et Paris, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés, M. Hollande l’assure: à la fin, “la démocratie gagne toujours”.Question: Les cérémonies de commémoration des attentats du 13-Novembre s’adressent-elles d’abord à notre pays ou aux survivants et proches des victimes tuées?Réponse: “Elles s’adressent d’abord aux survivants et aux proches des victimes. C’est le devoir que nous avons à leur égard. Ne rien oublier, savoir que les cicatrices ne sont pas refermées, qu’il y a des blessures qui ne s’effaceront jamais et que nous sommes en dette à l’égard de cette partie de notre communauté nationale qui a été touchée. Pourquoi en dette? Parce que c’est la France qui était visée, toute la France, et ce sont certaines personnes qui sont tombées. Ensuite, elles s’adressent à la France et plus qu’à la France, au monde entier, pour montrer que les démocraties sont plus fortes que les barbares ou que les totalitarismes de toutes sortes, les fanatismes.”Q: Le 13 novembre 2015, peu avant minuit, vous prenez la parole depuis l’Elysée. “C’est une horreur”, dites-vous. On vous sent très ému. R: “Oui, je le suis encore au moment où je vous parle, quand je revois ces images, parce que cette intervention à la télévision est inédite. Le président de la République ne s’exprime pas devant les Français à minuit. S’il le fait, c’est parce qu’il y a des actes d’une très grande gravité qui viennent, et qui sont même en train de se commettre. Donc, je le fais parce que je mesure ce que ça représente, des dizaines de morts, des centaines de blessés. Et les mots +c’est une horreur+ me viennent spontanément. Ce discours, je ne l’ai pas écrit. Je l’ai prononcé avec trois, quatre phrases que j’avais la volonté de donner aux Français, pour à la fois marquer ce que nous vivions, la sidération qu’ils ressentaient, et aussi l’action que je devais engager.”  Q: Dix ans après le 13-Novembre, vous y pensez encore souvent? R: “Oui, j’y pense chaque fois que je passe devant les lieux. Il se trouve que je n’habite pas si loin à Paris, et donc je passe devant les terrasses, devant le Bataclan, et je me rends aussi parfois au Stade de France. (…) Mais je n’ai pas besoin d’être forcément sur les lieux pour y songer, parce que tout mon quinquennat aura été marqué par la lutte contre le terrorisme islamiste. (…) La France, durant toutes ces années, elle a fait bloc et elle a été capable de surmonter. Et la meilleure preuve, j’évoquais le procès (des attentats du 13-Novembre, en 2021-2022 ndlr), c’est que lorsque je me suis adressé, sans qu’ils aient à répondre, aux accusés, aux terroristes, ceux qui étaient les complices ou même ceux qui ont agi, je leur ai dit: +Vous voyez, la différence, c’est que vous, vous avez attaqué, vous avez tué, vous avez assassiné des personnes innocentes. Nous, on vous juge, vous avez des avocats, vous avez le droit, vous avez un procès, eh bien c’est ça, nous avons gagné la partie. Vous êtes des individus qui ont commis l’irréparable, nous, nous sommes la démocratie, elle gagne, elle gagne toujours à la fin+.”Q: L’extension de la déchéance de nationalité que vous proposez après les attentats, le regrettez-vous?R: J’avais reçu toutes les formations politiques et parmi les demandes qui étaient faites par l’opposition de l’époque, il y avait la déchéance de nationalité, qui existe dans notre droit et qui pouvait être étendue aux doubles nationaux, même si en l’occurrence ceux qui avaient commis ces actes horribles à Paris étaient des Français qui n’avaient pas de double nationalité. Donc j’ai pris cette mesure parce qu’elle pouvait réunir (…) puis ensuite il y a eu cette interrogation: même si cette déchéance existe -et qu’elle est prononcée encore aujourd’hui, bien plus que je ne l’avais fait durant mon quinquennat- est-ce qu’elle était comprise pour ce qu’elle était? Est-ce qu’il n’y avait pas un risque que les personnes qui ont la double nationalité par naissance (…) aient le sentiment qu’ils n’étaient pas des Français comme les autres. (…) Et comme il y avait cette crainte, en tout cas ce débat, j’ai pensé que c’était mieux de retirer la mesure. Elle était faite pour unir, elle commençait à diviser.Q: Avez-vous avez finalement des regrets sur cette période? R: “Non, je n’ai pas de regrets sauf celui, toujours, qui reste à l’esprit, même si ce n’était pas ma responsabilité, de dire +Est-ce que nous aurions pu déjouer ici, là?+, chaque fois qu’il se produisait un attentat. (…) Mais je pouvais aussi dire, +on en a déjoué beaucoup, d’attentats+, dont personne n’a entendu, et heureusement, parler. (…) Est-ce que j’ai des regrets pour avoir mené la politique internationale qui était la mienne contre le terrorisme islamiste? Non, je pense que c’était, et c’est encore le devoir de la France. (…) Pas de regrets non plus dans les lois que nous avons pu faire voter, parce que ça, c’était mon interrogation. (…) Est-ce que, finalement, pour protéger les Français, on n’allait pas mettre en cause nos libertés, nos principes fondamentaux? Non, j’ai tenu bon pour que l’on trouve cet équilibre.”Q: Certains des auteurs des attentats étaient Français. N’est-ce pas aussi un échec de la République? R: “Oui, on peut dire que c’est un échec collectif. Comment n’a-t-on pas pu leur donner l’amour de leur propre pays, l’amour de leurs propres concitoyens? Comment on n’a pas pu les amener à réfléchir à ce que représente l’idée de la France plutôt que cette idée fanatique d’aller tuer ses semblables? Pourquoi? Et comment on les a laissés s’échapper, d’une certaine façon, de la République? Oui, cette question-là, on doit se la poser à bien des égards encore aujourd’hui.”

Shein s’installe à Paris sous haute tension

Malgré les sanctions administratives et l’enquête judiciaire ouverte pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine, le géant de l’e-commerce asiatique Shein ouvre mercredi son premier magasin physique et pérenne au monde à Paris.Symbole de la portée hautement polémique de cette ouverture à 13h, au 6e étage du BHV, des forces de police étaient présentes dès mardi soir autour du magasin, la préfecture de police suivant l’événement avec une “attention toute particulière”.L’arrivée de la plateforme, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable ultra-éphémère.Visée par une proposition de loi anti fast-fashion, l’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes pour un total de 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.Depuis son annonce début octobre, le gouvernement, la mairie de Paris, des élus, des associations et des acteurs du secteur textile français ont fustigé son implantation en France.Cela avant même la révélation samedi par la Répression des fraudes (DGCCRF) de la vente de poupées sexuelles ressemblant à des fillettes. Shein est visé depuis lundi par une enquête du parquet de Paris et sera auditionnée par une mission d’information de l’Assemblée nationale.Jusqu’ici exclusivement disponible en ligne et dans des magasins éphémères, l’entreprise franchit mercredi une étape stratégique avec son implantation durable. Et par n’importe où : dans un emblématique symbole du commerce parisien, le BHV, un joyau art déco situé face à l’hôtel de ville.- Six magasins -C’est au 6e étage que les adeptes de Shein ont rendez-vous à l’heure du déjeuner pour découvrir un espace de 1.200 m2.Frédéric Merlin, patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du  BHV depuis 2023, a assuré que les produits vendus dans ce magasin ne sont pas ceux de la “marketplace” de Shein et qu’ils répondent aux normes européennes.Avant même l’arrivée de Shein au BHV, plusieurs marques françaises ont fui le grand magasin, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts. L’intersyndicale des salariés y est également opposée.Reste à voir si les consommateurs répondront présent. Pour les attirer, et pour tenter de juguler le mécontentement des autres marques partenaires, les achats effectués mercredi dans le magasin Shein donneront lieu à un bon d’achat d’un même montant ailleurs au BHV.La marque, qui revendique 25 millions de clients en France, est loin d’être inconnue des consommateurs : elle était en 2024 l’enseigne de mode où les Français ont dépensé le plus, selon une étude de l’application de shopping Joko. Cinq autres magasins Shein ouvriront en province prochainement à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims. Les grands magasins qui les accueilleront ne seront plus des Galeries Lafayette mais des “BHV”, le groupe Galeries Lafayette ayant rompu son contrat avec la SGM pour ne pas être associé à Shein.Le secteur du textile et les petits commerces sont particulièrement touchés par la déferlante de produits conçus en Asie, majoritairement en Chine. En 2024, 4,6 milliards de colis à moins de 150 euros ont été importés dans l’UE. Le nombre de ces colis, exemptés de droits de douane, double tous les deux ans au rythme actuel.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Philippines: le typhon Kalmaegi tue plus de 90 personnes

Le bilan du typhon Kalmaegi aux Philippines a dépassé les 90 morts mercredi, selon des chiffres officiels compilés par l’AFP sur cette catastrophe qui a provoqué des inondations d’une rare violence.Des villes entières de la province de Cebu (centre), la plus durement frappée, ont été inondées la veille, les habitants grimpant sur les toits pour échapper aux eaux boueuses qui emportaient voitures, camions, et même d’énormes conteneurs de marchandises.Le porte-parole de Cebu, Rhon Ramos, a indiqué mercredi à l’AFP que 35 corps avaient été découverts à Liloan, municipalité de la zone métropolitaine de la capitale locale, portant le bilan régional à 76 morts.Dans la matinée, Rafaelito Alejandro, un responsable de la défense civile nationale, avait fait état de 17 morts dans le reste du pays.Le bilan total s’élève à ce stade à au moins 93 victimes.”Ce sont les grandes villes qui ont été touchées, les zones très urbanisées”, a indiqué M. Alejandro à la radio, précisant que 26 personnes étaient portées disparues.Près de 400.000 personnes avaient été préventivement éloignées de la trajectoire du typhon.Mercredi matin, l’AFP a rencontré des habitants en train de nettoyer les rues, submergées la veille. “La rivière a débordé. C’est de là que l’eau est venue”, a témoigné Reynaldo Vergara, 53 ans.”Vers 4 ou 5 heures du matin, le flot des eaux était si fort qu’on ne pouvait pas faire un pas dehors (…) rien de tel n’était jamais arrivé. Les eaux étaient déchaînées”, a-t-il dit, expliquant que le courant avait tout emporté dans sa boutique.- “Sans précédent” -Kalmaegi est arrivé par l’est du pays lundi peu avant minuit (15H00 GMT), touchant terre au niveau de la province des îles Dinagat, d’après le service météorologique national.Sur les 24 heures précédentes, 183 millimètres de précipitations s’étaient abattus sur la zone autour de la ville de Cebu, bien au-dessus de la moyenne mensuelle de 131 millimètres, a souligné auprès de l’AFP la météorologue Charmagne Varilla.La gouverneure de la province, Pamela Baricuatro, a évoqué une situation “sans précédent”.”Nous nous attendions à ce que les vents soient dangereux, mais (…) l’eau est ce qui met véritablement notre population en danger”, a-t-elle dit aux journalistes, qualifiant les inondations de “dévastatrices”.Mercredi vers 11H00 locales (03H00 GMT), Kalmaegi progressait vers l’ouest et les sites touristiques de la région de Palawan, soufflant des vents de 130 km/h, avec des pics à 180 km/h. Chaque année, une vingtaine de tempêtes ou typhons frappent les Philippines ou s’en approchent, les régions les plus pauvres du pays étant généralement les plus gravement touchées.En comptant Kalmaegi, l’archipel d’Asie de l’Est a déjà atteint cette moyenne annuelle, a affirmé Mme Varilla. Et au moins “trois à cinq autres” de ces phénomènes pourraient survenir d’ici à décembre, a-t-elle prévenu.Le typhon Ragasa et la tempête Bualoi, tous deux meurtriers, avaient déjà balayé les Philippines en septembre.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.