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À l’Assemblée, les socialistes obtiennent une victoire sur la CSG sur le capital

Les socialistes ont remporté une victoire mercredi soir dans les débats budgétaires avec l’adoption à l’Assemblée nationale de l’une de leurs propositions phares: une hausse de la CSG sur les revenus du capital, destinée à financer la suspension de la réforme des retraites.Un premier vote défavorable sur une mesure similaire plus tôt dans la soirée avait révélé des tensions à gauche, mais les socialistes ont finalement réussi à rassembler autour de la mesure.Le groupe du parti à la rose n’a pas censuré le gouvernement de Sébastien Lecornu pour tenter de décrocher des victoires budgétaires, et en premier lieu la suspension de la réforme des retraites. Mais reste la question du financement alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit en dessous de 5% du PIB. Or après le rejet la semaine dernière des propositions de la gauche de taxer les hauts patrimoines, dont la taxe Zucman, les socialistes pressaient depuis plusieurs jours l’exécutif de soutenir leurs propositions de nouvelle recette dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Mercredi, c’est donc finalement un amendement de Jérôme Guedj (PS) qui a été adopté, avec le soutien d’une bonne partie du camp gouvernemental, pour faire progresser la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, en escomptant aller chercher en 2026 2,8 milliards d’euros supplémentaires.La mesure monte de 9,2% à 10,6% le taux d’une fraction de la CSG, qui porte notamment sur certains revenus de l’immobilier, d’épargne et de placements (produits de contrats d’assurance vie, dividendes, épargne salariale, plans épargne logement), ou des plus-values immobilières et mobilières (ventes d’actions…).Le PS, qui menace de censure en cas d’échec sur les nouvelles recettes fiscales, a reçu un avis favorable mais particulièrement réservé du gouvernement. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a appelé à voter pour, surtout pour que l’amendement puisse être rediscuté dans la suite de la navette parlementaire, sans approuver ses modalités.”Ce qui a été voté n’est pas une hausse de la fiscalité alors que nous sommes en première lecture. Ce qui a été voté, c’est la possibilité d’en débattre jusqu’à la fin du processus budgétaire”, a-t-elle insisté. La mesure a été adoptée par 168 voix contre 140. Les voix de nombreux députés macronistes (de Renaissance et du MoDem) se sont jointes à celles de la gauche. Les députés de la droite (LR et Horizons) ont voté contre, tout comme le Rassemblement national. “Vous ne venez pas de décider de taxer le haut patrimoine, vous avez taxé l’assurance-vie, vous avez taxé les PEL”, a regretté le patron des députés LR Laurent Wauquiez. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a décrit la mesure comme “le financement des magouilles entre le Parti socialiste et le gouvernement”, estimant qu’elle ne protège pas “l’épargne des classes populaires et moyennes”.- “Magouille de non-censure” -Jerôme Guedj a balayé l’argument, son camp soutenant que la mesure concerne essentiellement les dividendes des actionnaires, et qu’avec un PEL dont la moyenne en France est de 25.000 euros, cette hausse représenterait seulement 50 centimes d’euros par mois. La soirée avait pourtant mal commencé pour les socialistes, avec le rejet d’un amendement similaire. Un épisode illustrant les divisions à gauche entre le PS, LFI et les écologistes. Les Insoumis avaient en effet voté contre ce premier amendement, dénonçant une “magouille de non-censure”, selon la présidente du groupe Mathilde Panot. Une partie des écologistes s’étaient abstenus.Mme Panot avait alors appelé à voter les amendements suivants pour des taux plus importants, ou sans limite dans le temps.”C’est une politique de la terre brûlée, ils ne veulent pas de recettes, ils ne veulent pas de budget pour la France”, avait dénoncé après le premier vote Sandrine Runel (PS), le premier secrétaire Olivier Faure reprochant aux Insoumis de pratiquer le “tout ou rien, et surtout rien”.

Trump blasts Democrats as government shutdown becomes longest ever

US President Donald Trump accused “kamikaze” Democrats of being prepared to destroy the country as the government shutdown became the longest in history on Wednesday, eclipsing the 35-day record set during the Republican leader’s first term.Federal agencies have been grinding to a halt since Congress failed to approve funding past September 30, and the pain …

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La plateforme en ligne Shein sous la menace d’une suspension en France

Le gouvernement a annoncé mercredi qu’il engageait une procédure de suspension de la plateforme asiatique en ligne Shein, le jour de l’inauguration de son premier magasin au monde, à Paris, et après l’ouverture d’une enquête pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit engager une procédure de “suspension” en France du site internet de Shein, “le temps” que la société se conforme aux lois du pays.Shein a 48 heures pour retirer les produits interdits de son site, sinon “une réquisition numérique pourra être ordonnée”, permettant au gouvernement d'”exiger la suspension du site internet”, a précisé le ministère de l’Economie.”On a saisi la Répression des fraudes (la DGCCRF, NDLR), ce sont des enquêteurs avec pouvoir de police qui déclenchent une procédure très rapide, ça dure 48 heures, pour échanger avec la plateforme et voir si elle est capable de se mettre en conformité”, a détaillé mercredi soir le ministre de l’Economie Roland Lescure sur LCI.En cas de non-conformité, la sanction peut être “le déréférencement ou la suspension, on tape Shein dans le moteur de recherche et on ne le trouve plus”, a-t-il précisé.- La justice saisie -Dans une autre procédure, le gouvernement a saisi la justice pour demander le blocage du site Shein “au regard du caractère systématique et répété des infractions de la plateforme” et pour “faire cesser de façon certaine les graves dommages à l’ordre public causés par (s)es défaillances”.Après la vente des poupées sexuelles à l’effigie de fillettes, pour laquelle le parquet de Paris a ouvert une enquête lundi, des armes de catégorie A (machettes, poings américains) ont été repérées sur le site.Shein a pris acte, dans un communiqué, de la décision du gouvernement. “La sécurité de nos clients et l’intégrité de notre +marketplace+ (place de marché où sont proposés des produits de vendeurs tiers, NDLR) sont nos priorités absolues”, a assuré l’entreprise.Le géant asiatique du e-commerce a annoncé parallèlement suspendre sa “marketplace” en France “à la suite de préoccupations liées à certaines mises en ligne effectuées par des vendeurs tiers indépendants” et “indépendamment” de la décision de Matignon.Shein n’a en revanche pas souhaité réagir dans l’immédiat à la saisine de la justice concernant le motif d’atteintes à l’ordre public.Ces procédures ont suivi de quelques heures l’inauguration, au BHV, de la première boutique physique de Shein, au 6e étage de ce grand magasin parisien. Frédéric Merlin, le patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV depuis 2023, s’est dit devant la presse “satisfait” de cette suspension de la “marketplace”, disant espérer “qu’enfin on pourra arrêter d'(y) vendre des produits illicites.- “Curiosité” -Sous la vigilance d’un important dispositif policier, de nombreux clients ont constitué une longue file devant le magasin toute la journée, venus par “curiosité” ou parce que “c’est moins cher”.Hammani Souhaila, sortie avec un t-shirt à 16,49 euros pour sa fille de 17 ans, a regretté que les produits vendus au BHV soient “plus chers qu’en ligne”.Si pour Laure, cheffe d’entreprise dans le médical, 58 ans, ce magasin est “une arnaque”, de nombreux clients sont sortis satisfaits, sacs en mains, comme Rouma Chiniah, aide-soignante versaillaise de 62 ans, “pas déçue”, qui a dépensé au moins 200 euros.Mercredi, le grand magasin a enregistré une fréquentation supérieure de 50% à une journée normale, selon la SGM.L’arrivée physique de la plateforme Shein, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable.Mais pour certains clients, comme Fatima Mriouch, éducatrice de 48 ans, “il n’y a pas que Shein” en cause dans les dérives environnementales ou sociales du secteur textile mondial. “Les poupées, comme par hasard c’est arrivé là, ça ne m’a pas empêché de venir.”- “Pillage” -L’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes d’un total de 191 millions d’euros pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.Outre les accusations de recours à des sous-traitants sous-payés et des pratiques supposées néfastes pour l’environnement, Shein est aussi accusé de participer aux difficultés du secteur textile et des petits commerces.Plusieurs marques françaises ont déserté le BHV, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts.Cinq autres boutiques Shein ouvriront en province prochainement, à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims.ole-hrc-are-ac-meh-sr/abb/er

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

A la veille de la COP, l’UE arrache un accord sur ses objectifs climatiques

Juste avant le coup d’envoi de la COP au Brésil, l’Union européenne a arraché mercredi un compromis sur ses objectifs climatiques en 2035 et 2040, au prix d’une série de concessions pour rallier des États réticents, Italie en tête.Les Vingt-Sept ont évité la catastrophe diplomatique qu’ils redoutaient: l’Europe n’arrivera pas les mains vides à cette COP30 de Belem et pourra y afficher son leadership en matière environnementale.Les Européens sont “prêts pour Belem!”, s’est aussitôt réjouie la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, juste arrivée au Brésil.Sur le papier, l’UE maintient son ambition de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990 – elle en était à moins 37% en 2023.Mais les âpres négociations, tout au long de la nuit à Bruxelles, ont entaillé cet objectif de façade.Afin de convaincre l’Italie de Giorgia Meloni, l’un des États les plus réticents, les 27 ont approuvé une souplesse bien supérieure à ce que souhaitait la Commission européenne.Pour baisser les émissions de 90%, les Européens pourront acquérir 5% de crédits carbone internationaux qui financeraient des projets en dehors de l’Europe, un dispositif très critiqué par les organisations environnementales. Et le compromis adopté à la majorité qualifiée ouvre également la porte à 5% supplémentaires de ces crédits lors d’une prochaine révision de cette loi climat. – Les ONG irritées -Les Vingt-Sept ont en outre soutenu le report d’un an, de 2027 à 2028, de l’extension du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments, une revendication régulière de la Hongrie ou de la Pologne. Mais un coup dur pour les pays les plus engagés en faveur du climat, comme les Scandinaves.Et l’Italie, hostile à l’interdiction de la vente des voitures thermiques neuves à l’horizon 2035, a obtenu une mention du “rôle” que peuvent jouer les biocarburants après 2030.Les États membres ont enfin approuvé une clause de révision, qui permettrait d’ajuster l’objectif 2040 au fil du temps s’il s’avérait trop difficile à atteindre.”Il y a eu une pression italienne forte” et le “texte a été adopté un petit peu dans la douleur”, a reconnu la ministre française Monique Barbut. La France demeure pour autant “extrêmement satisfaite” des ambitions affichées par l’Europe à la COP. C’est un “résultat excellent” et “pragmatique”, avec de la “flexibilité”, a affirmé pour sa part le commissaire européen au Climat Wopke Hoekstra. Les ONG ont quant à elles critiqué l’empilage de concessions.”Cet accord très attendu est beaucoup plus faible que le laisse croire le chiffre de 90%”, a réagi Sven Harmeling, du réseau d’ONG CAN Europe.Mais la pression de la COP était la plus forte, avec l’arrivée de dirigeants du monde entier au Brésil jeudi et vendredi, prélude de la conférence de l’ONU sur le climat le 10 novembre. Dans une Europe qui penche à droite, le bras de fer est tendu sur les questions climatiques, reléguées derrière les enjeux de défense et de compétitivité ces derniers mois.Et les tractations vont se poursuivre au Parlement européen, qui va s’emparer de cette loi climat.- Un leadership “reconnu” – Mercredi, les États ont aussi donné leur feu vert, à l’unanimité, à l’objectif 2035, celui que leur réclamait l’ONU depuis des mois. Ils avaient déjà déminé le terrain en septembre en proposant une fourchette de réduction des émissions comprise entre -66,25% et -72,5% par rapport à 1990.Pour éviter des négociations interminables, ils s’y sont tenus mercredi, même si les pays scandinaves, l’Allemagne ou la France espéraient mieux.Cela reste pour autant l’un des objectifs les plus ambitieux de la planète, avec le Royaume-Uni et la Norvège, revendique l’Union européenne.Un diplomate avait prévenu: le compromis “ne sera pas forcément très joli”, mais “nous essayons de faire quelque chose de bien” dans un monde “désordonné”.Le leadership de l’Europe en matière climatique est “reconnu” à l’international, a martelé Wopke Hoekstra, avec l’objectif de neutralité climatique de l’UE en 2050.Le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, a également salué “un pas en avant pour l’Europe”, l’appelant à montrer à nouveau “son ambition et son leadership” à Belem.Tandis que Donald Trump a décidé de retirer une nouvelle fois les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat et boudera la COP.Très loin derrière la Chine, l’UE est le 4ème émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, après les États-Unis et l’Inde.

Entre “déception” et achats frénétiques, Shein accueille ses premiers clients au BHV

Attirés par le “buzz” ou la promesse de prix bas, les clients se pressaient mercredi au BHV à Paris, en dépit des polémiques, pour explorer le premier magasin ouvert par Shein, certains ressortant avec des sacs pleins de vêtements quand d’autres ne cachaient pas leur déception.Tous ont dû patienter dans le calme au sein d’une longue file d’attente toutefois moins impressionnante que lors de l’inauguration d’une boutique éphémère Pokémon dans le même grand magasin en février. Ticket d’accès en poche, direction le 6e étage du BHV et son espace de plus de 1.000 m2 dédié aux t-shirts et autres pulls de la marque asiatique aux lettres blanches sur fond noir.”C’est une arnaque! C’est trois fois plus cher que sur le site”, a déploré Laure, cheffe d’entreprise dans le médical, 58 ans. Elle a tout de même acheté une chemise à 16 euros, séduite par le bon d’achat au montant équivalent qu’elle pourra dépenser ailleurs au BHV, en vertu d’une opération promotionnelle prévue mercredi uniquement.Dominique, secrétaire médicale de 58 ans, se dit également “déçue par les prix” et s’attendait “à ce qu’il y ait plus de choix”, même si elle sortira avec deux t-shirts de moins de 15 euros chacun. Interrogée sur la possible suspension de la plateforme annoncée par le gouvernement, elle fustige une décision vouée à “faire plaisir à la télévision”. “Pour faire des contrôles de quoi ? de la poupée ?” s’est-elle interrogée en référence au scandale de la vente de poupées sexuelle d’apparence enfantine, à l’origine d’une enquête judiciaire. “Ils (Shein) ont dit qu’ils l’avaient retirée du site !”, rappelle-t-elle.”C’est triste”, commente Rouma Chiniah, aide-soignante versaillaise de 62 ans, qui fait une pause sur une chaise après une heure à remplir un sac de “pantalons, pulls, gilets, vestes”, évalués à “200 euros”. – “pire ailleurs” -Franck, professionnel de l’événementiel de 50 ans, est venu “pour le buzz” et parce qu’il habite “dans le quartier”. Les polémiques liées à Shein, régulièrement accusé de pollution environnementale et de conditions de travail indignes, “je m’en fous total”, assume celui qui achètera une doudoune à “50 balles” pour son fils.”Shein exploite, certes, c’est produit en Chine”, mais “il y a pire ailleurs, en Afrique” notamment, fait valoir Rosilone, étudiante de 28 ans venue de Montreuil.A l’extérieur, forces de police et de gendarmerie ont sécurisé les lieux, assaillies par les médias, dont certains étrangers, et où des actions ponctuelles de protestation ont été organisées.L’association des droits de l’enfance Mouv’enfants a notamment manifesté.”Honte à vous qui faites la queue!”, a hurlé Kadija, militante de 33 ans contre les violences faites aux femmes, contrainte par les forces de l’ordre de passer de l’autre côté de la route, où se massaient manifestants et curieux derrière des rambardes.- “Je suis pauvre” – Face aux controverses, les clients répondent pouvoir d’achat.”C’est vrai qu’il faut acheter français, mais ça coûte cher et les salaires n’augmentent pas”, explique Marie, femme de ménage parisienne de 43 ans venue “en cachette”, à l’insu de son mari. “J’ai commandé plusieurs fois sur Shein parce que je suis pauvre”, se justifie Yamina, une femme en invalidité venue pour la première fois au BHV, à bientôt 60 ans.La qualité du grand magasin, repris en 2023 par la société SGM de Frédéric Merlin, s’est dégradée ces dernières années, selon Antoinette, 79 ans: “Les prix ont augmenté, c’est moins bien, on trouve moins de choses”.Plusieurs marques sont parties, soit en raison d’impayés, soit dernièrement en réaction au partenariat avec Shein. Mercredi, le grand magasin enregistrait une hausse de sa fréquentation de 50% en fin d’après-midi par rapport à une journée normale, selon la SGM.

Île d’Oléron: un conducteur, inconnu des services de renseignement, blesse volontairement cinq personnes

Un automobiliste, inconnu des services de renseignement, a volontairement renversé cinq personnes, mercredi sur l’île d’Oléron (Charente-Maritime), pour des raisons encore inconnues, avant d’être arrêté et placé en garde à vue.Au moment de son interpellation, cet homme de 35 ans vivant sur l’île a “crié Allah Akbar” (Dieu est le plus grand, NDLR), selon le parquet de La Rochelle, mais il n’était “pas connu des services de renseignement au titre de la radicalisation, de quelque nature qu’elle soit”, et le parquet national antiterroriste (Pnat) n’est à ce stade pas saisi, a déclaré sur place le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.”Nous avons effectivement connaissance d’un certain nombre d’éléments dont le cri qui a été prononcé au moment de son interpellation”, mais “ce n’est pas le seul”, a-t-il ajouté. Une perquisition a été lancée mercredi en fin d’après-midi, a constaté l’AFP. Des études de téléphonie et de son parcours permettront également au parquet de La Rochelle de se prononcer “sur une saisie ou pas du Pnat”, selon le ministre. – Pêcheur, très isolé -Le suspect est un pêcheur et fils de pêcheur, selon le maire de Dolus d’Oléron, Thibault Brechkoff, qui a “l’impression d’être dans une dimension parallèle”. Son “périple” a débuté à 08H40 entre cette commune et celle voisine de Saint-Pierre d’Oléron sur cette île touristique qui compte environ 20.000 habitants permanents, a précisé M. Nuñez.Il a “percuté volontairement” cinq piétons ou cyclistes en 35 minutes, en blessant grièvement deux, mais plusieurs autres personnes “sont psychologiquement très perturbées” après avoir assisté à la scène, selon le ministre.”Tout le monde était un peu en mode panique ce matin”, a déclaré le maire de Saint-Pierre d’Oléron, Christophe Sueur. “Les habitants sont inquiets et un peu sidérés”, a aussi témoigné une commerçante du port de La Cotinière, qui n’a pas voulu donner son nom.Le trentenaire, connu pour des délits de droit commun, ne s’est “pas laissé faire” au moment de son interpellation et les gendarmes l’ont neutralisé à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique. “Il a mis le feu à son véhicule dans lequel, il y aurait pu avoir une ou plusieurs bouteilles de gaz, mais ça, l’enquête le confirmera”, a encore indiqué M. Nuñez.Ce résident de Saint-Pierre d’Oléron habite dans un mobil-home et avait une “vie très isolée”, a indiqué aux médias le maire de la commune.Jérôme Guillemet, conseiller municipal RN d’opposition à Saint-Pierre d’Oléron, décrit aussi un homme “un peu marginalisé avec des problèmes d’alcool”, confirmés par le maire.  Il “ne parle pas beaucoup” depuis qu’il a été placé en garde à vue pour “tentatives d’assassinats”, a indiqué le ministre de l’Intérieur. Le parquet de La Rochelle a indiqué qu’il ne donnerait pas davantage d’éléments ce mercredi. – “Rester prudent” -Parmi les personnes grièvement blessées figure la collaboratrice du député du Rassemblement national de Charente-Maritime, Pascal Markowsky.Agée d’une vingtaine d’années, “elle faisait son footing du matin”, selon le député, et a été transportée à l’hôpital de Poitiers.A l’Assemblée nationale, le vice-président du RN Sébastien Chenu, s’appuyant sur le cri “Allah Akbar” prononcé par le suspect lors de son interpellation, a estimé que “la menace islamiste sur notre pays n’a(vait) jamais été aussi forte”. “Plus une seule commune en réalité, plus un seul quartier dans notre pays ne se sent à l’abri de tels événements. Les constats, les chiffres, les paroles rassurantes n’ont évidemment plus lieu d’être”, a-t-il ajouté.”Je vais être très clair sur ce sujet puisque j’ai entendu effectivement des débats qui ont eu lieu au Parlement alors même que j’étais ici. Nous sommes dans un Etat de droit, il y a une justice et ce n’est pas le ministre de l’Intérieur, ce n’est pas le préfet, ce ne sont pas les forces de l’ordre qui qualifient un acte. C’est la justice”, a répondu Laurent Nuñez, invitant à “rester prudent”.

Sainte-Soline: enquête administrative sur l’action des gendarmes, deux ans et demi après

Une enquête administrative a été ouverte mercredi sur les agissements de gendarmes lors du violent rassemblement de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en 2023, après la publication dans la presse de vidéos montrant des tirs de grenades illégaux, parmi d’autres dérives dénoncées.Le journal Libération et le site d’information Mediapart ont eu accès à des dizaines d’heures d’images captées ce jour-là par les caméras-piétons que portaient les forces de l’ordre, mobilisées en nombre (plus de 3.000) autour d’une réserve d’eau agricole contestée, surnommée mégabassine par des milliers de manifestants.Le rassemblement, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes, plus de 5.000 grenades lacrymogènes et/ou explosives et des dizaines de tirs de LBD répliquant à une pluie de pierres, de cocktails Molotov et de mortiers d’artifice.Pour les deux médias, les forces de l’ordre ont multiplié les “tirs tendus” de grenades, une pratique dangereuse et interdite mais encouragée par leur hiérarchie.”Tendu, tendu, tendu”, “vous balancez un tendu s’il le faut”, “on baisse le cougar (canon lanceur de grenades, NDLR) les gars, on les nique là, allez”, entend-on sur des extraits diffusés.”Y a un mec qui lui a mis une cartouche de LBD pleine tête, le mec il était sec, il l’a shooté pleine tête à dix mètres”, raconte un gendarme dans une autre séquence.- “À la marge” -Les manifestants avaient annoncé 200 blessés dans leurs rangs dont 40 graves, deux restant un temps dans le coma; les gendarmes 45, dont un brûlé aux jambes.Après des plaintes de manifestants, le parquet de Rennes avait ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et toujours en cours.Sollicité mercredi par l’AFP, ce dernier n’a pas répondu, de même que la direction de la gendarmerie (DGGN) à Paris.Le ministère de l’Intérieur a cependant demandé à celle-ci “d’ouvrir une enquête administrative pour faire la lumière” sur les faits dénoncés dans la presse.Selon Libération et Mediapart, le rapport de l’IGGN indique qu'”à la marge, certains gradés ont effectivement donné au cours de manoeuvres des instructions pour effectuer des tirs communément appelés +tendus+”.Le site d’information assure avoir entendu la consigne dans neuf des 15 escadrons de gendarmerie mobile mobilisés ce jour-là.En juillet 2023, la Ligue des droits de l’Homme avait dénoncé un usage des armes “disproportionné et à plusieurs reprises non nécessaire” par les forces de l’ordre.Les autorités ont toujours assuré de leur côté que la riposte avait été adaptée.- “Au Nirvana” -Les deux médias dénoncent aussi, dans le langage des gendarmes, une “volonté” de blesser gravement des manifestants, et la “satisfaction”, voire la “jubilation” qu’ils en tirent.”Je compte plus les mecs qu’on a éborgnés”, “une GENL (grenade de désencerclement, NDLR) dans les couilles, ça fait dégager du monde, hein”, “t’en crèves deux-trois, ça calme les autres”, “tiens, dans ta gueule, fils de pute”, “ça leur fera la bite”, peut-on entendre.”Je m’attendais à ce que ça soit bien mais pas autant”, “on n’a jamais autant tiré de notre life”, “un vrai kiff”, “je suis au Nirvana, là, on est sur l’Everest de la (gendarmerie) mobile”, lancent d’autres militaires.La DGGN a déclaré à Libération et Mediapart que “les enregistrements disponibles” avaient “été mis à la disposition exclusive de la justice”, déclinant tout commentaire à leur sujet.”Si ces images révélaient d’autres infractions pénales que celles dont il était saisi, la procédure prévoit que le service d’enquête en informe le parquet. Ce qui n’a pas été le cas”, leur a répondu quant à lui le procureur de Rennes.Dans un communiqué mercredi, les blessés ayant porté plainte ont déploré que “la manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite” la procédure.”Mes clients réclament tous l’ouverture d’une information judiciaire. Pour qu’un juge d’instruction puisse compléter les investigations de l’IGGN qui sont très, très insuffisantes à ce stade”, a dit à l’AFP leur avocate, Me Chloé Chalot.