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Du fumier et des tracteurs: barrages d’agriculteurs autour de Toulouse malgré l’interdiction

A l’aide de tracteurs, de bottes de paille et de fumier, les agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages mercredi matin sur les principaux axes autour de Toulouse, malgré un déploiement important des forces de l’ordre, dans le but de “paralyser” la métropole pour défendre leur métier en pleine crise, ont constaté des journalistes de l’AFP.Epizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur… les agriculteurs accentuent la pression contre le gouvernement en “bloquant entièrement” Toulouse “tant qu’on n’aura pas de réponse”, a déclaré à l’AFP Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR). “C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, lance Pierre Solana, 37 ans, éleveur du Gers sur un cortège d’une centaine de véhicules, dont une quarantaine de tracteurs et de bennes, bloqués en rase campagne par les forces de l’ordre, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.”Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française”, explique au petit matin l’agriculteur, parti vers minuit d’Auch, à 70 km de Toulouse, dans un convoi de la CR dont l’avancée a été “bloquée à plusieurs reprises”. En prévision de cette mobilisation annoncée, le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a pris plusieurs arrêtés d’interdiction, en raison du “risque de troubles à l’ordre public”, des “potentielles perturbations de la circulation des services de secours ainsi que de la vie économique régionale”.- Interdits -Malgré les interdits, des dizaines d’agriculteurs ont perturbé dès l’aube la circulation du nord au sud de Toulouse. “L’idée, c’est de converger vers Toulouse et d’être dans une action de perturbation, qu’on déplore”, a annoncé à l’AFP, Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, qui appelait à la mobilisation avec les Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne. Au nord-est de l’agglomération toulousaine, l’A68 en provenance d’Albi a été coupée par un barrage d’une douzaine de tracteurs au péage de l’Union, face aux gendarmes, provoquant des heures de  bouchons vers Toulouse, a constaté une journaliste de l’AFP. Sur le périphérique toulousain, les agriculteurs ont déversé du fumier sur la chaussée et allumé un feu, bloquant entièrement la circulation à l’aube, à hauteur de Balma, entraînant des perturbations importantes jusque sur l’A61 au sud-est de l’agglomération. Des barrages ont également été érigés sur l’A64 au sud aux portes de Toulouse et plus à l’ouest, où les agriculteurs de Haute-Garonne tiennent une portion d’autoroute depuis décembre à hauteur de Carbonne.”C’est un ras-le-bol total”, lance Enzo, agriculteur des JA sur le barrage de l’A68. “Aujourd’hui, on veut que nos bêtes ne soient plus abattues (…) On veut que le Mercosur ne soit pas signé non plus. Et la taxe des engrais aussi, on ne veut pas qu’elle passe. On nous a fait beaucoup de promesses, visiblement maintenant plus personne ne nous écoute”, dit-il à l’AFP.- Convois vers Paris -“On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique et on s’est retrouvés bloqués par endroits”, a déclaré le président de la CR Bertrand Venteau sur France Inter. Il a évoqué les convois en route vers Paris où les agriculteurs ont prévu d’entrer jeudi.”Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances”, a-t-il ajouté, prévenant vouloir “rentrer pacifiquement” dans Paris jusqu’à l’Assemblée nationale et au Sénat.Au moins quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie près de La Queue-les-Yvelines (Yvelines), touchant un véhicule des forces de l’ordre pour ensuite prendre la direction de Paris mercredi matin, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes.Les agriculteurs réclament notamment la vaccination généralisée et l’arrêt des abattages systématiques lorsqu’un cas de DNC se déclare dans un troupeau. Ils s’opposent également au projet d’accord de libre-échange préparé entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, que la commission européenne pourrait signer le 12 janvier. “Le compte n’y est pas” du point de vue de la France, a prévenu mercredi le ministre délégué français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. La France a “obtenu des améliorations” au profit de ses agriculteurs mais “on continuera à se battre”, a-t-il prévenu sur France 2.

Salon de l’agriculture: pas de concours pour les vaches, présence “symbolique” en discussion

Les vaches seront absentes du Salon de l’agriculture et des concours sur décision des organismes de sélection en raison de la dermatose bovine mais les organisateurs espèrent encore une présence “limitée et symbolique” de bovins.Les organismes qui présentent habituellement les races bovines comme les célèbres charolaises, limousines et prim’holstein, ont renoncé au Concours général agricole, principal pourvoyeur de bovins du salon, ont indiqué mercredi dans un communiqué les organisateurs.”Les autres animaux seront bien présents” du 21 février au 1er mars Porte de Versailles, ont-ils précisé. Cela inclut les cochons, moutons, brebis et lapins mais aussi de nombreux chats, chiens, chevaux et ânes. Mais pas les volailles, absentes depuis plusieurs années en raison de la grippe aviaire.Des échanges sont en cours “afin d’étudier les conditions dans lesquelles une présence de bovins, même limitée et symbolique, pourrait néanmoins être envisagée, via un nombre restreint d’animaux, dans une logique de souplesse adaptée, pleinement compatible avec les impératifs sanitaires”.Une décision sera annoncée mi-janvier.La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est arrivée pour la première fois en France en juin dernier, d’abord en Savoie où elle a sévi tout l’été, puis dans le Sud-Ouest où les abattages de troupeaux infectés ont ravivé la colère des agriculteurs.Les mouvements d’animaux sont interdits depuis les zones touchées par la maladie mais encore autorisés depuis les zones indemnes ou des zones vaccinées et n’ayant plus déclaré de cas depuis 45 jours (comme la Savoie).Mais ces derniers jours, plusieurs organismes de sélection ont annoncé renoncer au salon par précaution.Le Sommet de l’élevage de Cournon (Auvergne) en octobre avait pris la même décision mais ce dernier est un salon surtout destiné aux professionnels quand les vaches sont une attraction pour attirer le grand public au salon parisien.”Dans un contexte particulièrement difficile pour l’élevage français, la responsabilité collective est de continuer à offrir aux filières un espace de visibilité, de dialogue avec les Français”, expliquent les organisateurs de l’événement parisien dans leur communiqué.”Les vaches sont les stars du salon, mais il n’y a pas que les vaches”, a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur Franceinfo peu avant l’annonce de l’annulation de leur venue.La question sera de savoir si Biguine, vache brahman égérie de l’édition 2026, venue spécialement de Martinique, pourra quand même être présente.

Aide à mourir: le débat sur la fin de vie reprend enfin, au Sénat

Longtemps mis entre parenthèses en raison de l’instabilité politique, le sensible débat parlementaire sur la fin de vie reprend mercredi en commission au Sénat, où des réticences persistent sur la création d’une aide à mourir, espérée par l’exécutif dans les prochains mois.Erigée par Emmanuel Macron comme priorité du second quinquennat sur le volet sociétal, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027? C’est en tout cas l’objectif du président de la République et du gouvernement.”Nous irons au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité”, a assuré le chef de l’Etat lors de ses vœux aux Français.L’agenda s’annonce chargé pour tenir le cap car deux lectures sont nécessaires dans chacune des deux chambres du Parlement – l’Assemblée nationale et le Sénat – pour faire aboutir cette réforme… Et les deux Assemblées risquent d’avoir du mal à converger sur le fond.Les soubresauts politiques récents – dissolution, censure du gouvernement Barnier, chute de François Bayrou, étirement des débats budgétaires – ont déjà causé plusieurs reports de l’examen de ce texte. Le Sénat l’attend depuis mai 2025, date de son adoption par l’Assemblée nationale en première lecture.La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau dès février.- Modifications en vue -La commission des Affaires sociales du Sénat, chargée du travail préliminaire sur ce texte, se réunissait elle dès mercredi matin et devrait déjà procéder à de nombreuses modifications, sous l’impulsion des rapporteurs issus de la droite sénatoriale, majoritaire dans l’hémicycle aux côtés de ses alliés centristes.Dans le détail, le débat sur la fin de vie prend la forme de deux propositions de loi examinées en parallèle: une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre, nettement plus sensible, sur la création d’une aide à mourir.C’est autour de ce texte que les débats s’annoncent les plus complexes, surtout dans un Sénat qui penche à droite, une chambre jugée bien plus conservatrice que l’Assemblée nationale, particulièrement sur les sujets sociétaux.Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 53 personnalités dont de nombreux praticiens et deux anciens ministres, Jean Leonetti et François Braun, ont appelé les sénateurs à un “sursaut” pour s’opposer au texte, dénonçant un “basculement éthique majeur”.”Il ne faut rien exclure sur le vote du Sénat”, avance prudemment Hervé Marseille, chef du groupe centriste, qui s’attend au moins à des “modifications substantielles”.Le texte voté par les députés crée un “droit à l’aide à mourir” consistant à “autoriser et à accompagner” un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à se la faire administrer s’il n’est “pas en mesure physiquement d’y procéder”. Soit une légalisation très encadrée du suicide assisté et de l’euthanasie, sans pour autant que ces mots ne figurent explicitement dans le texte.- “Assistance médicale à mourir” -A la chambre haute, de nombreux amendements ont été déposés pour restreindre nettement la portée du texte.Les rapporteurs LR Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat proposent ainsi de remplacer le “droit à l’aide à mourir” par une “assistance médicale à mourir” beaucoup plus encadrée, réservée aux patients dont le “pronostic vital” est engagé à “court terme”. Soit un périmètre bien moins large que “l’affection grave et incurable (…) en phase avancée”, retenue à l’Assemblée nationale.Cette rédaction “autoriserait une pratique particulièrement extensive de l’aide à mourir et exposerait directement la responsabilité des professionnels de santé”, s’inquiètent les deux sénateurs LR dans leurs amendements.Principal artisan du texte à l’Assemblée, le député MoDem Olivier Falorni a fait part auprès de l’AFP de son agréable surprise de voir les rapporteurs du Sénat “accepter le principe d’une assistance à mourir”: “Ce n’est pas un tir de barrage comme certains pouvaient le craindre”, a-t-il souligné, regrettant néanmoins une proposition sénatoriale qui rendrait le dispositif “quasiment ineffectif”.

Autour de Toulouse, les agriculteurs érigent des barrages, malgré l’interdiction

A l’appel des syndicats agricoles, des dizaines d’agriculteurs ont érigé des barrages de tracteurs mercredi matin sur des axes autour de Toulouse, malgré un déploiement important des forces de l’ordre, dans le but de “paralyser” la Ville rose pour défendre leur métier en pleine crise, ont constaté des journalistes de l’AFP.”C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, a déclaré Pierre Solana, 37 ans, éleveur du Gers sur un cortège d’une centaine de véhicules, dont une quarantaine de tracteurs et de bennes, bloqués en rase campagne par les forces de l’ordre à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.”Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française”, explique l’agriculteur parti vers minuit d’Auch dans le Gers dans un cortège de la Coordination rurale, “bloqué à plusieurs reprises dans son avancée” en raison d’arrêtés préfectoraux d’interdiction de circulation. Au nord-est de l’agglomération toulousaine, l’A68 a été coupée dans le Tarn, provoquant d’importants bouchons vers Toulouse, a constaté une journaliste de l’AFP. Des barrages ont également été érigés sur l’A64 au sud ainsi que sur le périphérique de Toulouse, pararalysant la circulation sur l’A61 au sud-est.”L’idée, c’est de converger vers Toulouse et d’être dans une action de perturbation, qu’on déplore”, a déclaré à l’AFP, Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne.”On ne voulait pas en arriver là, mais c’est la responsabilité du gouvernement et on voit que les choses n’avancent pas”, a-t-il ajouté.Dans le département, son organisation, tout comme les Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne appellent à “une mobilisation massive et déterminée” à Toulouse.”Le but, c’est de prendre d’assaut la ville, de la bloquer entièrement et tant qu’on n’a pas de réponse, de paralyser toute la ville de Toulouse”, a précisé à l’AFP Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la CR et président de la chambre d’agriculture du Gers, qui doit être rejoint par des membres de la CR du Tarn-et-Garonne, pour se diriger ensuite vers la Ville rose.Le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a pris plusieurs arrêtés d’interdiction, en réponse aux projets de mobilisation, en raison du “risque de troubles à l’ordre public”, des “potentielles perturbations de la circulation des services de secours ainsi que de la vie économique régionale”.Le préfet a d’abord interdit jusqu’à jeudi la circulation des engins agricoles et des poids lourds pouvant les transporter “sur les axes structurants du réseau routier de l’ensemble des départements de la zone de défense et sécurité Sud”, qui comprend l’Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Corse, selon un arrêté pris lundi.Il a étendu mardi cette interdiction à “l’ensemble du réseau routier” de Haute-Garonne, “hors motif légitime lié à des travaux agricoles”, une mesure également prise par les préfets du Tarn-à-Garonne et du Gers, dans leurs départements, tandis que le préfet des Hautes-Pyrénées a interdit aux engins agricoles de circuler sur les axes menant à la Haute-Garonne et au Gers.Enfin, le représentant de l’Etat a également interdit “la manifestation revendicative” prévue mercredi à Toulouse, au motif qu’elle a été déclarée trop tardivement.

Nouvel épisode de neige et verglas sur le nord et l’ouest de la France

Neige et verglas touchent mercredi matin le nord et l’ouest de la France, un phénomène d’une “ampleur rare dans le climat actuel” selon Météo-France et qui entraîne d’importantes perturbations sur les routes et dans le transport aérien.”Des chutes de neige ont débuté des Hauts-de-France à la Normandie et progressent vers l’est, tandis que des pluies verglaçantes touchent les Pays-de-Loire”, a annoncé le prévisionniste dans son bulletin de 06H00, qui prévoit “un redoux” en milieu de journée, “mettant fin à l’épisode”. Trente-huit départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas par Météo-France. La vigilance orange est le deuxième niveau le plus élevé d’alerte. Elle appelle la population à être très attentive, des phénomènes dangereux étant prévus.Quelque 3 à 7 cm de neige devraient être “souvent” constatés dans les départements concernés, “très localement 10 cm, et jusqu’à 15 cm sur les Ardennes”, précisent les météorologues.- “Grande prudence” -Selon Météo-France, les chutes de neige observées mardi – jusqu’à 30 cm localement en Charente-Maritime – et attendues mercredi sont “d’une ampleur rare dans le climat actuel”, et les autorités ont appelé à la “prudence” dans les déplacements.”Il n’y a pas eu d’intervention significative des services de secours” tôt mercredi matin à cause de ces chutes de neige, a indiqué le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion, sur RTL. Températures négatives et chutes de neige affectent la circulation et le trafic aérien.Une centaine de vols ont été annulés mercredi matin à Roissy-Charles-de-Gaulle, le premier aéroport français, et environ 40 vols à Orly, le deuxième, à cause des opérations de déneigement des pistes et de dégivrage des avions, a annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot. A Paris et dans sa banlieue, le niveau 3 du Plan neige et verglas a été activé, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h et la suppression des transports scolaires en grande couronne.Plus de 600 km de bouchons étaient enregistrés sur les routes d’Ile-de-France peu avant 09H00, selon le site Sytadin, et la RN 118, au sud de Paris, a été partiellement fermée à la circulation.A 06H00, la RATP a invité les usagers à “privilégier le télétravail” si possible et à “réduire les déplacements”. L’ensemble des lignes de métro et de tramway fonctionnent ainsi que les RER A et B. Ile de France Mobilités (IDFM) a signalé des suppressions sur la ligne E.Mais tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service vers 07H00, ont annoncé IDFM et la RATP. L’interruption devrait durer au moins jusqu’à 12h00.”La neige ne m’inquiète pas aujourd’hui. Ce matin, j’ai pu déposer mes enfants à l’école maternelle, puis prendre les RER A et E sans problème”, a raconté Jihane Nait, vendeuse de 26 ans, une habitante de Seine-Saint-Denis interrogée à Vincennes (Val-de-Marne) peu avant 07H00.Dans l’ouest de la France, des restrictions similaires sont mises en place, de même que la suppression des transports scolaires dans une dizaine de départements. Dans l’Allier également, les transports scolaires sont suspendus. En Nouvelle-Aquitaine, la circulation des poids lourds est interdite.A Guéret dans la Creuse, une pellicule de neige recouvre mercredi matin les véhicules et la chaussée.”Avoir autant de jours de neige depuis début décembre, c’est devenu assez rare. On n’aurait presque plus l’habitude mais, heureusement, on a toujours les bons réflexes”, témoigne Robert Jenart, retraité de 76 ans, allusion aux raclettes pour pare-brise et aux pneus neige dont sont équipés nombre d’habitants du département.A l’université de Lille, les étudiants ont, eux, été informés du report des examens prévus mercredi.- Inédit depuis 14 ans -Les intempéries ont fait, mardi, au moins cinq morts sur les routes de France.Météo-France rappelle que sous l’influence du réchauffement de la planète en raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les périodes de froid sont plus rares et moins intenses que par le passé.Les températures enregistrées lundi, jusqu’à -22°C à Mouthe dans le Doubs, et mardi matin (-13,4°C à Jaméricourt dans l’Oise, -13,2°C à Forges en Seine-Maritime) sont “inférieures aux normales de saison de 10 à 15 degrés”. Dimanche et lundi, les minimales en moyenne sur le pays étaient de -4°C, “ce qui n’était pas arrivé depuis fin février 2012”, souligne Météo-France.Bien que l’épisode de froid traversé par le pays soit “remarquable par son intensité”, il ne constitue pas pour autant une “vague de froid” en raison, entre autres, de sa brièveté, nuance le prévisionniste.

Chantage à la sextape: le maire de Saint-Etienne incarcéré

L’ancien maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau a annoncé mercredi le début de son incarcération à la suite de sa condamnation à quatre ans de prison ferme dans l’affaire de chantage à la vidéo intime contre son premier adjoint.Maire de Saint-Etienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-LR) indique sur son compte Facebook qu’il va “entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions de notre pays”.L’élu a fait appel de son jugement du 1er décembre à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire.”Cette décision, je la vis comme une terrible injustice. C’est ainsi qu’elle résonne douloureusement dans mon esprit et dans mon cœur. C’est aussi pour cette raison que j’ai fait appel, avec l’espoir profond que la justice saura entendre ma voix”, écrit-il mercredi.Parmi les trois autres condamnés dans cette affaire, l’ancien adjoint à l’Éducation Samy Kefi-Jérôme et l’ex-compagnon de ce dernier Gilles Rossary Langlet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux-aussi fait appel.Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel.Le tribunal correctionnel de Lyon a jugé les quatre hommes coupables d’avoir comploté pour filmer un rival du maire à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour le museler, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics.Il a prononcé à l’encontre de chacun une incarcération avec mandat de dépôt à effet différé, c’est à dire applicable même en cas d’appel.

La géographie des mégots de cigarettes reflet des flux humains, selon une étude

Les mégots de cigarettes jetés se concentrent dans les lieux les plus fréquentés et la propreté d’une ville ne passe pas seulement par des solutions techniques mais aussi par une meilleure sensibilisation des habitants, selon une étude publiée mercredi.Objet banal mais invisibilisé, le mégot est un véritable fléau pour les communes, avec 23,5 milliards jetés chaque année. “Plus un lieu est fréquenté, plus il est exposé”, souligne l’enquête réalisée par l’essayiste Jean-Laurent Cassely pour l’institut Terram. C’est le cas des espaces d’attente (gares, abribus), de consommation (rues commerçantes, terrasses de cafés et restaurants), ainsi que des seuils d’établissements recevant du public (écoles, bureaux, hôpitaux) et des lieux de fête.Trois villes de différentes tailles ont été étudiées et plusieurs experts interrogés dont des membres de l’éco-organisme Alcome, qui finance la collecte et l’élimination des mégots.”On s’est rendu compte à travers l’exemple de Grenoble qu’il y a un paradoxe entre la transformation d’un espace public devenu plus agréable pour les citadins, notamment pour les piétons, et une plus grande utilisation et consommation de cet espace public”, a expliqué à l’AFP M. Cassely. Un espace public plus attractif est plus intensément utilisé, ce qui accroît mécaniquement la pression sur les services de propreté et le sentiment de saleté.L’acte de jeter relève par ailleurs d’une “combinaison complexe de facteurs”, selon l’étude, qui évoque des “contextes précis” plus favorables comme “l’attente, le stress, le relâchement festif et la consommation d’alcool”. Le geste du fumeur qui jette son mégot est par ailleurs “très automatisé et n’est pas conscientisé”, souligne Stéphanie Foucard, experte en changement de comportement, pour qui l’approche “moralisatrice et individuelle fondée sur l’idée que tous nos gestes sont rationnels” n’est pas la bonne.Au-delà des seuls mégots, la propreté dans l’espace public, l’un des enjeux des municipales, apparaît comme un “révélateur direct du lien civique et du degré d’appropriation du commun”.De fait, la propreté ne se réduit “ni à un problème technique de nettoyage”, ni à “une simple question de discipline individuelle” mais traduit un “rapport collectif à l’espace partagé”.Selon les auteurs, là où l’espace public est perçu comme “à soi”, les comportements vertueux “se diffusent plus facilement”. A l’inverse, “l’anonymat, la surfréquentation, la dilution des responsabilités”, ou “le relâchement festif” favorisent les incivilités et installent “des dynamiques de dégradation auto-entretenues”.”Le niveau de propreté est un révélateur du degré d’appropriation territorial et du lien civique, de l’attachement qu’on peut avoir ou pas à un territoire”, analyse M. Cassely.

Ruptures conventionnelles: nouveau départ pour la négociation, en présence du Medef

Après un faux départ en décembre, lié à l’absence du Medef, les partenaires sociaux tentent à nouveau mercredi de lancer les négociations de l’assurance chômage sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, sur fond de désaccords profonds.Organisations syndicales et patronales ont rendez-vous en début d’après-midi au siège de l’Unédic. Toutes devraient cette fois être présentes, après une première réunion le 3 décembre marquée par l’absence de l’organisation des artisans et commerçants U2P, mais surtout du Medef, première organisation patronale, accusé par certains participants de “bouder” en raison de divergences budgétaires avec le gouvernement.Au menu du jour: définir le calendrier des négociations, mais aussi son périmètre, car la question des contrats courts peut dépasser le cadre de l’assurance chômage.Le gouvernement avait initialement fixé fin janvier comme échéance pour conclure cette négociation, jugeant “souhaitable” qu’elle permette de “générer une économie d’au moins 400 millions par an”. “Si cette négociation ne devait pas aboutir dans ces délais, au regard du contexte dégradé des finances publiques, le gouvernement serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités”, avertissait fin novembre Jean-Pierre Farandou.Début janvier, le ministère du Travail a toutefois laissé entendre que ce calendrier pourrait être assoupli.Le régime de l’assurance chômage est piloté par l’Unédic, un organisme paritaire, mais depuis 2018 le gouvernement adresse aux partenaires sociaux une “lettre de cadrage” fixant des objectifs à la négociation et, faute accord, l’État fixe les règles par décret.Ces dernières années, les règles d’indemnisation de l’assurance chômage ont été durcies à plusieurs reprises.- “Terra incognita” -Les syndicats désirent négocier sur les contrats courts, une négociation décidée au printemps dernier, se fondant sur le constat des limites du système du bonus-malus.Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ce système créé en 2019 entraîne une modulation, limitée à certains secteurs, de la cotisation patronale à l’assurance chômage en fonction du nombre de fins de contrats de travail dans une entreprise. Il est critiqué à la fois par le patronat et les syndicats. En mars, une évaluation de l’Unédic montrait qu’il ne jouait qu’un “rôle limité” dans le recours aux contrats courts.C’est en revanche le gouvernement qui a mis les ruptures conventionnelles à l’agenda, dénonçant ces derniers mois les “abus” auquel le dispositif — qui permet à un salarié et un employeur de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage — donnerait lieu.”La rupture conventionnelle n’avait jamais était évoquée par les organisations patronales et syndicales”, souligne Olivier Guivarch, secrétaire national de la CFDT, “mais le gouvernement nous demande d’étudier les dépenses, nous les étudierons”.D’après l’Unédic, en 2024, les dépenses d’allocations chômage liées à ces ruptures ont atteint 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total.Parmi les pistes d’économies possibles, imposer un délai de carence avant de toucher des allocations chômage non seulement aux salariés qui ont touché des indemnités supérieures au minimum légal lors de leur rupture conventionnelle, comme c’est le cas aujourd’hui, mais à tous ceux qui en ont conclu une. Face aux 400 millions d’économies demandés par gouvernement pour cette négociation, le patronat a surenchéri en disant souhaiter monter à un milliard.”On est en terra incognita, personne ne sait sur quoi ça peut déboucher”, s’agace Jean-François Foucard, négociateur du syndicat des cadres CFE-CGC. Le secrétaire confédéral de la CGT Denis Gravouil estime que le Medef va “essayer de chercher des économies pour que, par ricochet, sur le PLF (budget de l’État), les aides aux entreprises soient moins touchées”.Côté patronal, le Medef a indiqué, par la voix de son négociateur Hubert Mongon, ne pas souhaiter s’exprimer avant la réunion.

Saint-Trop’ dit adieu à BB

Personnalités et fans se pressent à Saint-Tropez pour un dernier hommage mercredi voulu “sans chichi” et en grande partie privé à Brigitte Bardot, sex-symbol mondial du cinéma puis passionaria de la cause animale au discours parfois controversé.”C’était un amour platonique évidemment, mais c’était de l’amour que je ressentais, une admiration sur ce parcours de vie assez extraordinaire. C’était important et j’ai fait 1.200 kilomètres pour ça,” explique à l’AFPTV Sébastien Ulens, 35 ans, venu spécialement de Bruxelles où il dirige une salle de sport.La messe pour BB, décédée le 28 décembre à 91 ans, débute à 11H00 dans ce petit port méditerranéen qu’elle a propulsé, à son grand dam, au premier rang de la jet-set internationale. La cérémonie est réservée aux invités de la famille et de la Fondation Brigitte Bardot, acheminés par navette maritime pour accéder à une vaste zone interdite au public.Aucune liste d’invités n’a filtré, le défenseur des baleines Paul Watson a été aperçu venant de Paris. Le fils de la star, Nicolas Charrier, délaissé par celle qui disait ne pas avoir d’instinct maternel, viendra-t-il de Norvège où il vit? Côté politiques, la personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes, divise. Le gouvernement sera représenté par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont chacun annoncé leur venue à titre “amical”.- Fleurs simples et “sans chichi”-Dans la petite église Notre-Dame de l’Assomption au clocher emblématique et aux murs peints de couleurs chaudes, des chaises blanches ont été rajoutées et des bouquets de fleurs simples et champêtres ornent les bancs. Des couronnes ont déjà été déposées selon un photographe de l’AFP: un cœur de la part de Mireille Mathieu ou une gerbe avec du mimosa de la part de Michel Drucker et sa femme.La fondation a annoncé une cérémonie “sans chichi”, à l’image de BB, retirée du cinéma en pleine gloire en 1973 pour une vie “de fermière” au service des animaux.La célébration sera retransmise devant la mairie pour les riverains, ainsi que sur le port et la place des Lices, dans le centre mais les chaînes de télé, présentes en masse, devront se débrouiller sans signal.Tous les hôtels affichent complet et la mairie redoute une saturation des accès.Après l’église, la procession passera à proximité des différents lieux de diffusion et “le public est invité à accompagner le convoi par un hommage respectueux”, selon la mairie, avant l’inhumation strictement privée au cimetière marin, face à la Méditerranée, non loin de La Madrague, maison de pêcheur où elle a vécu et s’est éteinte.Lundi, des ouvriers sont venus graver son nom sur la tombe où reposent déjà ses parents et grands-parents, non loin de celles d’Eddie Barclay, figure du Saint-Trop’ jet-set ou de Roger Vadim, son premier mari qui en avait fait une star internationale avec “Et Dieu… créa la femme”.- Anti-drones -Pour tenter de garantir l’intimité du dernier voyage de celle qui a tant été traquée par les paparazzis, la mairie a prohibé toute prise d’images à des fins journalistiques dans le cimetière et le préfet pris un arrêté anti-avions et drones.Vers 14H00, “un moment de partage, d’amitié et d’hommage public” est organisé par la mairie sur un pan de colline verdoyant situé entre le village et le cimetière.Si elle a grandement participé à la renommée internationale du “si joli petit village de pêcheurs” dans les années 1950, BB a entretenu des relations parfois tendues avec Saint-Tropez, fustigeant l’explosion du luxe et du tourisme de masse qui en ont fait “une ville de milliardaires”, écrivait-elle dans son “BBcédaire” paru en septembre.”Brigitte Bardot c’était la figure mythique du village”, estime Clélie Leveugle, Tropézienne de 48 ans. “Les gens ont peur que le village soit un petit peu débordé (mais) tout le monde est prêt à recevoir à bras ouverts, tous les gens, tous les fans pour lui rendre hommage”.Ensuite, le bourg sera rendu à son silence hivernal, commerces de luxe fermés, comme la plupart des bars et restaurants. Une arrière saison qu’avait chantée BB dans “La madrague”, “sur la plage abandonnée”.