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Grand froid à Paris: le Carreau du Temple mue en refuge d’urgence pour sans-abri

Dehors, le centre de Paris s’est tu sous une neige qui étouffe les bruits. Mais passées les grilles gris-vert du Carreau du Temple, le silence vole en éclats. Sous la monumentale verrière, plus de 200 enfants et adultes ont été mis à l’abri pour échapper au grand froid.Le lieu est habituellement réservé aux défilés de la Fashion Week ou aux foires d’art. À la place, mercredi, un océan géométrique de 300 lits picots bleus et verts sature l’espace, alignés au centimètre près sur le parquet de chêne clair.Alors que Paris traverse un épisode de froid critique mettant en danger les personnes à la rue, le lieu a été réquisitionné par la préfecture. A ce jour, le numéro d’urgence sociale 115 y a orienté 229 personnes: 129 membres de familles, 69 femmes isolées et 31 hommes seuls.– “Je dors sous les chaises” –Salif, 16 ans, est le premier visage de cette urgence. Collé à la vitre de l’entrée, le jeune Gambien regarde fixement les flocons. “Je n’avais jamais vu la neige”, souffle-t-il. Dans un anglais approximatif, il décrit le froid parisien comme une nouvelle épreuve. Il raconte sa route d’une traite, factuel: le Sénégal, l’Algérie, la Libye. Il remonte soudain la manche de son sweat gris pour dévoiler une épaisse balafre sur son avant-bras gauche.”Mon sang a trop coulé… les passeurs”, lâche-t-il. Aujourd’hui chauffé par des canons à air rouge vif, il balaie le dortoir géant sans s’y attarder. Il a une seule obsession : “Je veux aller à l’école. C’est ma destination”.Quelques mètres plus loin, Lydie, 47 ans, est assise au bord de son lit de camp, entourée de sacs plastiques. Revenue de Guadeloupe pour faire opérer son fils cardiaque, elle s’est retrouvée à la rue en août dernier. Sa voix est calme, pragmatique: “Quand on n’a pas d’hébergement, je vais à Roissy-Charles de Gaulle. Je dors sous les chaises”.Souffrant d’apnée du sommeil, elle traîne une lourde valise contenant son assistance respiratoire. “Dehors, je ne peux pas la brancher. Je prends des risques chaque nuit”, explique-t-elle.Ici, elle a repéré une multiprise. Pour la première fois depuis des semaines, elle dormira connectée à sa machine.Pour d’autres, l’épuisement vient du mouvement perpétuel imposé par le système d’hébergement.Dansoko, Guinéen de 35 ans, berce son nourrisson de cinq mois qui tousse.”On tourne, on tourne. Parfois c’est Mantes-la-Jolie, parfois c’est Coulommiers”, résume-t-il. La veille, il a traversé l’Île-de-France sous la neige avec deux enfants et des valises. Pourtant, il garde un objectif précis en tête, noté mentalement: “Je dois commencer une formation de cariste le 19”. Il a la date, la volonté, mais pas de toit fixe.– Le 14 janvier, le retour du réel –C’est la présence massive des enfants qui marque la gravité de la situation. Partout, des parcs à bébé dressent leurs filets noirs entre les lits de camp. Ariel Weil, le maire de Paris Centre, traverse les allées avec un constat d’impuissance technique: “Ce qui me rend dingue, c’est que ces mômes ne sont pas à l’école”, l’institution scolaire se grippant faute d’adresse stable.Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice du Centre d’action sociale protestant (CASP) qui gère le lieu, pose un regard lucide sur les chiffres du jour.”Ce n’est plus la misère classique de l’homme isolé, on a aussi des femmes seules. C’est toute la violence du système: on leur offre un répit de quinze jours, mais le 14 janvier, faute de places pérennes, la réalité du trottoir les rattrapera”, déplore-t-elle.Cette parenthèse repose sur une logistique de l’ombre.Sollicitée vendredi par la Ville, Sandrina Martins a rappelé la sécurité en urgence pour ouvrir la halle dès le lendemain. Une évidence pour la directrice générale du lieu: “Je vois ça en termes de responsabilité. Si le site est disponible, on prend notre part”.A l’entrée, la solidarité du quartier s’organise par petites touches. Des riverains déposent aux vigiles des sacs de brosses à dents ou de produits d’hygiène.Une parenthèse à durée déterminée. Le 14 janvier, la priorité économique reprendra ses droits pour le retour des salons commerciaux. Le campement sera démonté, signifiant pour la grande majorité de ces familles un retour brutal à la rue.

Crans-Montana: un drame avec une forte résonance française

Victimes, gérants, enquête “miroir”: l’incendie dans un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés la nuit du Nouvel An, présente de multiples composantes françaises.- Les victimesNeuf Français ont perdu la vie dans l’incendie, dont plusieurs mineurs: cinq adolescents ou hommes français âgés de 14, 17, 20, 23 et 39 ans, deux femmes françaises de 26 et 33 ans, une Franco-Suisse de 24 ans et une Franco-Israélo-Britannique de 15 ans.Le plus jeune parmi tous les morts recensés dans ce drame, toutes nationalités confondues, est un adolescent français de 14 ans, Noa.Vingt-trois ressortissants français ou binationaux ont par ailleurs été blessés, certains très grièvement.Le président Emmanuel Macron se rendra vendredi à la cérémonie d’hommage aux victimes en Suisse, où une journée de deuil national a été décrétée.- Les gérantsLes deux propriétaires du bar Le Constellation, où s’est déroulé le drame, sont un couple de Français, Jacques et Jessica Moretti.Ils sont soupçonnés d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”. Ils ont été laissés libres.Mardi, ils se sont dits “dévastés et envahis par le chagrin”. Ils ont assuré de leur “entière collaboration” à l’enquête, promettant qu’ils ne chercheraient “d’aucune façon à (se) dérober”.Selon des sources proches du dossier, Jacques Moretti, âgé de 49 ans, était connu de la justice française pour une affaire de proxénétisme: il avait été incarcéré en Savoie en 2005 puis condamné en 2008 à une peine de prison.Selon le quotidien Le Dauphiné Libéré, il était alors accusé d’avoir recruté des jeunes femmes en France pour les faire travailler dans un salon de massage de Genève. La même source indique que sa condamnation avait été assortie d’une interdiction de gérer une entreprise en France.Selon une autre source proche du dossier, Jacques Moretti a aussi été mis en cause par le passé dans sept autres affaires, notamment pour escroquerie, sans que cela ne débouche sur des condamnations.- Enquête miroirLe parquet de Paris a ouvert lundi une enquête dite “miroir” afin “d’accompagner les familles françaises”. L’idée est de leur permettre “de bénéficier d’un interlocuteur commun en France et de faciliter, si nécessaire, leurs échanges avec les autorités suisses”, a expliqué la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.Sur franceinfo, elle a précisé que “face à ce parcours de deuil que certaines familles allaient devoir entamer, face à ce parcours de souffrance qu’allaient avoir de nombreuses victimes”, il ne fallait pas ajouter “au traumatisme (…) l’incompréhension d’un processus judiciaire”.Mme Beccuau a souligné que les autorités judiciaires suisses restaient les seules compétentes pour enquêter “sur le déroulement des faits et la recherche de toute responsabilité”.Cette enquête miroir “n’a pas pour objet d’aboutir à un procès en France, en l’état des éléments judiciaires que nous avons”, a-t-elle précisé.- Entraide internationaleLa procureure de Paris a souligné que le pôle accidents collectifs de son parquet, qui a ouvert l’enquête miroir, avait “une compétence technique”. “Dès que nous aurons des actes de demande d’entraide pénale internationale (de la part de la Suisse), nous y répondrons immédiatement”, a affirmé Mme Beccuau. “Si les autorités suisses nous demandent, par exemple, d’investiguer sur le parcours des personnes susceptibles d’être mises en cause parce qu’elles sont françaises, parce qu’elles ont des liens en France, parce qu’elles ont encore des sociétés en France, nous l’accomplirons de façon extrêmement rapide et efficiente”, a-t-elle promis.- Des précédentsLa procureure de Paris a indiqué que son parquet avait “une coopération parfaite” avec les autorités judiciaires suisses.”La coopération avec les autorités judiciaires helvétiques est totale. On en a eu plusieurs exemples” par le passé comme dans l’affaire Philippine, une étudiante de 19 ans dont le corps avait été découvert enterré dans le bois de Boulogne à Paris, en septembre 2024, a rappelé Mme Beccuau.Le suspect, Taha O., qui avait fui en Suisse, avait été arrêté à Genève peu après, et extradé “très rapidement”, en novembre 2024, a-t-elle noté.

Le lancement des soldes refroidi par la météo hivernale

Mises à mal par un calendrier commercial saturé de promotions, les soldes d’hiver ont débuté mercredi dans une France perturbée par la neige et le froid, un contexte météo qui menace la fréquentation pour de nombreux commerçants déjà à la peine.Après un début de saison très doux et un mois de décembre décevant, les commerçants comptent sur cette période de promos qui court jusqu’au 3 février pour limiter la casse, même s’ils ne se font pas d’illusion: les soldes ne font plus recette.”Il ne faut pas que la première semaine soit trop perturbée, mais dès qu’il y a un peu de neige, plus personne ne sort pour faire du shopping”, relève pour l’AFP Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes.Vingt-et-un départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas par Météo-France mercredi, contre 32 lors du précédent point, et les transports sont fortement perturbés.Les commerces d’habillement sortent d’un mois de décembre morose en raison notamment de températures clémentes et du Black Friday, qui siphonne une bonne partie des achats de Noël. Les enseignes du Panel Retail Int. pour l’Alliance du commerce ont enregistré en décembre une baisse de leur chiffre d’affaires en magasin de 4,5% par rapport à décembre 2024.- Consommateurs déjà “gavés” -“On a des attentes assez fortes sur le mois de janvier, d’autant plus qu’il y a du stock, donc on espère terminer mieux la saison qu’elle n’a commencé”, souligne Yohann Petiot. Les soldes “ne représentent plus l’événement commercial d’il y a 10 ou 20 ans quand les gens attendaient le matin devant la porte”, mais ça reste tout de même un “événement important inscrit dans le calendrier des Français”.Sous un soleil radieux mercredi matin à Strasbourg, loin de la pagaille des zones les plus perturbées par la neige, Frédéric Marchand, étudiant de 22 ans, sort avec un gros sac d’une grande enseigne dans le centre commercial Place des Halles: “Je fais rarement les soldes, je préfère acheter sur internet où il y a souvent des promos, mais comme je n’ai pas cours ce matin, qu’il fait beau et que j’ai besoin d’un nouveau manteau d’hiver, je me suis dit allons voir ! Et j’ai trouvé !”Comme Frédéric, 67% des Français n’attendent pas spécifiquement les soldes, mais restent avant tout opportunistes face à une bonne affaire, selon un sondage de l’application de shopping Joko. Selon ce sondage, 64% comptent participer aux soldes, autant en ligne qu’en boutique.Rencontrée aux Galeries Lafayette de Strasbourg, Ghyslaine, retraitée, fait les soldes “tous les ans” malgré la multiplication des promos toute l’année: “je trouve qu’on peut vraiment faire de bonnes affaires pendant la période officielle des soldes, surtout en hiver”, dit-elle.Si des fidèles restent au rendez-vous, pour les commerçants indépendants, “les soldes ont perdu leur force et leur signification” depuis des années, résume auprès de l’AFP Pierre Talamon, président de la fédération française de l’habillement.Après les fêtes, les consommateurs arrivent début janvier déjà “gavés par le Black Friday et par des ventes privées”. Ajoutez à cela “les petits prix des plateformes” en ligne et vous avez “beaucoup de commerçants pris dans un étau”, regrette-t-il.Lors du cru 2025, les commerçants indépendants ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 5,5% par rapport à janvier 2024 (en comparaison, les grandes enseignes de l’Alliance du commerce ont stagné à -0,2% sur la période). Alors que 2026 devrait suivre cette tendance, la FNH demande au gouvernement de repousser les soldes de trois semaines. Les soldes “peuvent être un levier de croissance” mais il faut les “reconnecter à la réalité des saisons” et leur “redonner du sens en les positionnant en fin de saison”, selon M. Talamon. Le déstockage, une des raisons d’être des soldes, ne devrait pas être fait en pleine saison comme c’est le cas aujourd’hui, regrette-t-il.La Confédération des commerçants de France (CDF) défend, elle aussi dans un communiqué mercredi, un décalage du calendrier, qui ne correspond plus “au rythme réel de la consommation ni aux contraintes économiques des commerçants indépendants”, explique Pierre Bosche, président de la Confédération.

Les agriculteurs bravent les interdictions autour de Toulouse et vers Paris

A renfort de tracteurs, fumier et bottes de paille, les agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages mercredi sur les principaux axes autour de Toulouse, bravant par des températures négatives les interdictions de manifester, pendant que d’autres s’acheminent vers Paris pour “sauver l’agriculture française”.Epizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains… “tant qu’on n’aura pas de réponse”, les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré à l’AFP Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR).Alors que les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept sont attendus à Bruxelles dans l’après-midi pour répondre aux préoccupations du monde agricole avant la signature de l’accord avec le Mercosur prévue le 12 janvier, des dizaines de tracteurs sont lancés vers Paris pour y entrer jeudi, en provenance de plusieurs départements, surtout du Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre. Au moins quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines, touchant un véhicule des forces de l’ordre pour ensuite prendre la direction de Paris mercredi matin, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes.”On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique”, a déclaré le président de la CR Bertrand Venteau sur France Inter. “Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances”, a-t-il ajouté.- “Guerre d’usure” -“C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, a lancé depuis un cortège à l’ouest de Toulouse Pierre Solana, éleveur du Gers de 37 ans, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi à la FNSEA des annonces d’ici la fin de semaine.Après son entretien avec M. Lecornu, le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau a répété mardi soir que l’accord UE-Mercosur représentait “le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne”.Même la rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros promise dans la future politique agricole commune (PAC) ne devrait pas “faire avaler la pilule du Mercosur” aux agriculteurs, a estimé le député de la Somme (ex-LFI) François Ruffin.”Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française”, a supplié l’agriculteur, parti vers minuit d’Auch, à 70 km de Toulouse, dans un convoi d’une centaine de véhicules de la CR, dont une quarantaine de tracteurs et de bennes, bloqué mercredi à la mi-journée par les forces de l’ordre.- Arrêtés d’interdiction -Le préfet de l’Occitanie et de Haute-Garonne, Pierre-André Durand, avait pris en amont de cette mobilisation plusieurs arrêtés d’interdiction, notamment en raison du “risque de troubles à l’ordre public”, comme dans une vaste majorité des régions françaises.”C’est une honte, c’est une dictature”, s’est insurgé Eric Massou, un responsable de la CR 31, bloqué par les gendarmes avec une douzaine de tracteurs sur l’A68. “On voulait faire un barrage filtrant (sur la rocade). Et puis les gendarmes ont bloqué totalement l’autoroute pour nous et pour les usagers.”Des manifestants étant parvenus à rejoindre le périphérique toulousain y ont déversé du fumier sur la chaussée et allumé un feu, bloquant entièrement la circulation à l’aube, à hauteur de Balma (est de Toulouse), entraînant d’importantes perturbations jusque sur l’A61 au sud-est de l’agglomération.Des barrages ont également été érigés sur l’A64, où les agriculteurs de Haute-Garonne tiennent notamment une portion d’autoroute depuis décembre à hauteur de Carbonne.”C’est un ras-le-bol total”, lance Enzo, agriculteur des JA sur le barrage de l’A68. Evoquant Mercosur et DNC, il dénonce: “On nous a fait beaucoup de promesses, visiblement maintenant plus personne ne nous écoute.”A cause de la DNC, les vaches seront absentes du Salon de l’agriculture et des concours, ont par ailleurs annoncé mercredi les organisateurs du Salon, qui espèrent encore une présence “limitée et symbolique” de bovins.bdu-jfd-chv-mdz/vgr/swi

Arts de la table: le verrier Arc placé en redressement judiciaire

Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a été placé mercredi en redressement judiciaire en raison d’une “dégradation sévère et continue” de son environnement de marché, faisant redouter des centaines de suppressions d’emplois.Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État, le dernier il y a un an à peine.Le groupe a précisé mercredi que son effectif global est de 5.700 personnes, dont 3.500 en France, le redressement concernant la branche Arc France. Le tribunal de commerce de Lille Métropole a validé mercredi sa demande de placement en redressement judiciaire, ont annoncé la préfecture du Pas-de-Calais et les collectivités territoriales concernées dans un communiqué commun publié en début d’après-midi.C’est “le seul cadre légal et possible pour permettre à Arc de s’adapter durablement à un environnement de marché profondément dégradé”, estime le directeur général d’Arc France Nick Hodler, cité dans un communiqué du groupe.Malgré un énième plan de refinancement et de relance validé en avril dernier par la justice, “notre modèle doit encore se transformer en profondeur (…), en revoyant notre schéma industriel et donc en réduisant nos effectifs”, prévient M. Hodler.”Il y a plusieurs centaines d’emplois qui sont clairement en jeu, ça pourrait être de l’ordre de 500 personnes”, craint Frédéric Specque, délégué syndical central CGT chez Arc France interrogé par l’AFP.- Une offre de reprise -L’environnement de marché pour Arc est très difficile, confirme ce syndicaliste, entre “la baisse de la consommation et la baisse du pouvoir d’achat” et la concurrence, déloyale selon lui, des produits importés d’Asie.”On est envahi de produits chinois qui copient les nôtres sans la qualité, mais qui sont quatre à cinq fois moins chers. Donc tant qu’on aura ça, on peut faire tous les plans qu’on veut, on sera toujours trop chers”, regrette M. Specque.Timothée Durand, membre d’une famille de propriétaires historiques d’Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu’en 2024, va présenter un projet de reprise de la société, précise l’entreprise dans son communiqué, qualifiant cette offre de “sérieuse” et “réaliste”.”Il a Arc dans les tripes, je pense qu’il a envie que la boîte de son grand-père continue, que les boîtes françaises continuent”, espère Patrice Bollengier, délégué syndical CFE-CGC.Timothée Durand avait déjà proposé une offre de reprise en 2024, alors rejetée, même si son projet était “cohérent”, selon ce syndicaliste.”Il faut vraiment travailler sur les structures de production pour les adapter au marché, ce qui est vraiment compliqué”, estime M. Bollengier.”L’État sera attentif aux conséquences humaines et sociales” de cette nouvelle procédure pour Arc, “dans la continuité du soutien apporté par l’État à ce groupe depuis plusieurs années”, a réagi le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin dans une déclaration transmise à l’AFP.Le ministre compte rencontrer jeudi M. Durand, a-t-il précisé, tout en soulignant que “l’Etat examinera avec sérieux” toutes les autres offres de reprise susceptibles de venir par la suite.Le préfet du Pas-de-Calais, les présidents de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) et du département Jean-Claude Leroy (PS), ainsi que d’autres élus locaux ont proposé de recevoir jeudi les organisations syndicales d’Arc pour “échanger sur la situation, le déroulement de la procédure et les dispositifs d’accompagnement susceptibles d’être mobilisés”, selon leur communiqué commun.Fondé en 1825, Arc produit notamment des ustensiles pour la table (verres, assiettes) sous ses marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d’Arques Paris et Chef&Sommelier, mais aussi des produits d’entrée de gamme pour le géant suédois de l’ameublement Ikea. Mais le groupe fait face à des difficultés chroniques depuis les années 2000: en 20 ans, ses effectifs à Arques ont été presque divisés par trois.Ces dernières années, Arc a été durement touché par la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts de l’énergie et l’inflation, qui ont érodé ses ventes, et a aussi souffert des inondations historiques dans le Pas-de-Calais en 2023-24.Début 2025 un plan de refinancement de 42 millions d’euros avait été validé par la justice, avec l’arrivée notamment de deux nouveaux actionnaires minoritaires.En parallèle, l’État avait accordé à Arc un nouveau prêt de 30 millions d’euros et renoncé à une partie de ses anciennes créances, alors qu’il avait déjà prêté plus de 138 millions d’euros au groupe entre 2020 et 2023. 

Saint-Tropez dit adieu à BB, simplement et en musique

L’adieu à Brigitte Bardot se déroule mercredi à Saint-Tropez, petit port de la Côte d’Azur, avec une messe au son du Mépris de Godard ou un chant a capella de Mireille Mathieu, avec aux premières loges le fils de la légende du cinéma, en dépit de leurs relations compliquées.Le cercueil recouvert de rotin était posé entre un grand portrait de celle qui fut un sex-symbol planétaire, large sourire, cheveux poivre et sel, sur fond bleu et un autre où elle tient un bébé phoque dans ses bras.Avant de commencer, le curé de Saint-Tropez, le père Jean-Paul Gouarin, a demandé à l’assistance de couper les téléphones, comme un symbole de la vie de celle qui fut  traquée par les paparazzis.La star, décédée des suites d’un cancer le 28 décembre à 91 ans, souhaitait des funérailles “sans chichi”, avec des fleurs champêtres et une liste d’invités soigneusement sélectionnés par ses proches et sa fondation pour la protection des animaux, cause pour laquelle elle avait tourné le dos au cinéma en pleine gloire, à l’âge de 38 ans.Son fils Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, a porté le cercueil en pleurs et avait fait déposer une gerbe avec du mimosa, petits pompons jaunes typiques de la Riviera, avec pour seule inscription: “A maman”. Sa venue, avec ses filles et petites-filles depuis Oslo où il vit, restait un point d’interrogation tant il a entretenu une relation tumultueuse avec sa mère, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait laissé à son père, l’acteur Jacques Charrier, décédé en septembre.Moments forts de la cérémonie, le Panis Angelicus chanté a capella par Mireille Mathieu et la sortie au son des guitares de Chico and the Gypsies, qui la qualifie de “grande soeur d’âme”.La soeur de BB, Mijanou, 87 ans, qui n’a pu faire le déplacement depuis Los Angeles a fait lire un message: “Je sens ta présence joyeuse et heureuse. S’il te plait, reste avec moi jusqu’à ce que je te rejoigne”.Egalement présents, le fils de l’acteur Jean-Paul Belmondo, Paul, l’humoriste et acteur Raphaël Mezrahi ou le défenseur des baleines Paul Watson, aux premières loges pour rendre hommage à cette passionaria de la cause animale. Et dans les rangs politiques, la députée Rassemblement national Marine Le Pen ou le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, venus à “titre amical”.La personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes et proche de l’extrême droite, divise. Le gouvernement était représenté par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes. Emmanuel Macron, que l’actrice n’appréciait guère, a fait porter avec son épouse une large gerbe.- Cimetière marin -Sur le port, où un écran a retransmis la cérémonie sous un beau soleil d’hiver mais dans un froid piquant, un millier de personnes étaient rassemblées, loin des foules des jours d’été du Saint-Trop’ que la célébrité de BB a propulsé comme étape sur le circuit de la jet-set, au grand dam de l’actrice qui regrettait peu avant sa mort sa transformation en “ville de milliardaires”.Sandrine, assistante d’éducation de 60 ans, est venue exprès des Pyrénées-orientales avec sa chienne Husky Saphyr. “Je pensais qu’il y aurait du monde partout, je suis étonnée. Mais elle a été tellement critiquée depuis sa mort. Moi je retiens surtout ce qu’elle a fait pour les animaux”.Dans une interview publiée par Paris-Match mardi, son dernier mari, Bernard d’Ormale, qui a partagé sa vie pendant 33 ans, a révélé que la star était soignée pour un cancer, amaigrie et souffrant de violentes douleurs au dos.Il a confié lui avoir tenu la main jusqu’à l’aube de ce 28 décembre où elle est morte “entourée de ces animaux qu’elle aimait par-dessus tout, et de moi, qui l’aimais”. Il décrit “une plénitude, une tranquillité (…) sur son visage. Et elle est redevenue extrêmement belle, comme dans sa jeunesse”. Après l’église, le cercueil, dans un corbillard blanc, est parti en procession vers le cimetière marin, pour une inhumation strictement privée face à la Méditerranée, non loin de La Madrague, maison de pêcheur où elle a vécu et s’est éteinte.Lundi, des ouvriers étaient venus graver son nom sur la tombe où reposent déjà ses parents et grands-parents, non loin de celle de Roger Vadim, son premier mari qui en avait fait une star internationale avec “Et Dieu… créa la femme”.fcc-jfg-vid-jp-san/so/fio

Trump says Venezuela to hand over oil stocks worth billions

President Donald Trump said Tuesday that Venezuela will hand over tens of millions of barrels of oil to the United States, just days after a US raid toppled the country’s anti-American president, leaving a more cooperative leader in charge.Trump said 30–50 million barrels of “high‑quality, sanctioned” Venezuelan crude will be shipped to US ports, with …

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Chantage à la sextape: le maire de Saint-Etienne incarcéré dans l’Ain

L’ancien maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, condamné à quatre ans de prison ferme pour chantage à la sextape, a été incarcéré mercredi au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, a-t-on appris de sources concordantes.Maire de Saint-Etienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-LR) a annoncé mercredi matin sur son compte Facebook qu’il allait “entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions”.Il “a été pris en charge à 10H30” au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et a “été placé directement à l’isolement, à la demande de la justice qui souhaite que tous les mouvements soient bloqués chaque fois qu’il effectuera un déplacement à l’intérieur de l’établissement, notamment lors des parloirs”, a précisé à l’AFP une source syndicale au sein de l’administration pénitentiaire.Son avocat, Me Jean-Félix Luciani, a indiqué vouloir demander “dès aujourd’hui” sa remise en liberté. Gaël Perdriau “remplit tous les critères” permettant de l’obtenir, a-t-il assuré.Malgré ses protestations d’innocence, l’élu de 53 ans a été condamné le 1er décembre par le tribunal correctionnel de Lyon à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire.Gaël Perdriau et trois anciens membres de son entourage ont été reconnus coupables d’avoir comploté pour filmer le Premier adjoint Gilles Artigues à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour museler ce rival du maire, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics. “Cette décision, je la vis comme une terrible injustice. C’est ainsi qu’elle résonne douloureusement dans mon esprit et dans mon cœur. C’est aussi pour cette raison que j’ai fait appel, avec l’espoir profond que la justice saura entendre ma voix”, écrit Gaël Perdriau mercredi sur Facebook.L’ancien adjoint à l’Éducation Samy Kefi-Jérôme et l’ex-compagnon de ce dernier Gilles Rossary Langlet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel. Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel.

L’adieu à BB débute à Saint-Tropez, en simplicité

Les obsèques de Brigitte Bardot ont commencé mercredi à Saint-Tropez, son cercueil recouvert de rotin accueilli par son fils, avec qui elle entretenait des relations compliquées, en présence de célébrités ou de Marine Le Pen, dans ce petit village de pêcheurs devenu repaire de la jet-set et bouclé pour l’occasion.Le cercueil est ensuite entré dans la pittoresque église Notre-Dame de l’Assomption aux murs peints de couleurs chaudes au son du Casta Diva de Bellini chanté par la Callas et a été posé près d’un grand portrait de celle qui fut un sex-symbol planétaire, large sourire, cheveux poivre et sel, sur fond bleu. Juste en dessous un immense coeur parsemé de tournesols. Comme un symbole de la vie de celle qui fut longtemps traquée par les paparazzis, le père Jean-Paul Gouarin a ouvert la cérémonie religieuse en demandant à l’assistance de ranger les portables et ne pas prendre de photos.La star, décédée des suites d’un cancer le 28 décembre à 91 ans, souhaitait des funérailles “sans chichi”, avec des fleurs simples et champêtres et une liste d’invités soigneusement sélectionnés par ses proches et sa fondation pour la protection des animaux, cause pour laquelle elle avait tourné le dos au cinéma en pleine gloire, à l’âge de 38 ans.Son fils Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, a fait déposer une gerbe de fleurs, notamment du mimosa, avec pour seule inscription: “A maman”. Sa venue depuis Oslo où il vit avec ses filles et petites-filles restait un point d’interrogation tant il a entretenu une relation tumultueuse avec sa mère, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait laissé à son père, l’acteur Jacques Charrier, décédé en septembre.Côté célébrités, la chanteuse Mireille Mathieu, le fils de l’acteur Jean-Paul Belmondo, Paul, l’humoriste et acteur Raphaël Mezrahi, ou Chico, le guitariste des Gipsy Kings qui jouera pour celle qu’il qualifie de “grande soeur d’âme”.Présent également, le défenseur des baleines Paul Watson, aux premières loges pour rendre hommage à cette passionaria de la cause animale. Et dans les rangs politiques, la députée Rassemblement national Marine Le Pen ou le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, venus à “titre amical”.La personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes et proche de l’extrême droite, divise. Le gouvernement est représenté par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes. Emmanuel Macron, que l’actrice n’appréciait guère, a fait porter avec son épouse une large gerbe.- Cimetière marin -Sur le port, où un écran retransmet la cérémonie par un froid piquant, un millier de personnes sont rassemblées, loin des foules compactes des jours d’été, dans ce village que la célébrité de BB a propulsé au premier rang de la jet-set internationale, au grand dam de l’actrice qui regrettait peu avant sa mort qu’elle soit devenue “une ville de milliardaires”.Sandrine, assistante d’éducation de 60 ans, est venue exprès des Pyrénées-orientales avec sa chienne Husky Saphyr. “Je pensais qu’il y aurait du monde partout, je suis étonnée. Mais elle a été tellement critiquée depuis sa mort. Moi je retiens surtout ce qu’elle a fait pour les animaux”.Dans une interview publiée par Paris-Match mardi soir, son dernier mari, Bernard d’Ormale, qui a partagé sa vie pendant 33 ans, a révélé que la star était soignée pour un cancer, amaigrie et souffrant de violentes douleurs au dos.Il a confié lui avoir tenu la main jusqu’à l’aube de ce 28 décembre où elle est morte “entourée de ces animaux qu’elle aimait par-dessus tout, et de moi, qui l’aimais”. Il décrit “une plénitude, une tranquillité (…) sur son visage. Et elle est redevenue extrêmement belle, comme dans sa jeunesse”. Après l’église, une procession se dirigera vers le cimetière marin, pour une inhumation strictement privée face à la Méditerranée, non loin de La Madrague, maison de pêcheur où elle a vécu et s’est éteinte.Lundi, des ouvriers sont venus graver son nom sur la tombe où reposent déjà ses parents et grands-parents et non loin de Roger Vadim, son premier mari qui en avait fait une star internationale avec “Et Dieu… créa la femme”.fcc-jfg-vid-jp-san/so/dch