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Changement climatique: les manchots empereurs menacés aussi pendant leur mue, alertent des chercheurs

Déjà vulnérables pendant leur période de reproduction, les manchots empereurs sont aussi menacés lors de leur mue annuelle par le changement climatique qui les contraint à se réfugier dans des zones de banquise antarctique de plus en plus réduites, ont indiqué des chercheurs mercredi.Ces oiseaux, incapables de voler, renouvellent chaque année l’intégralité de leur plumage …

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Christophe Leribault, un conservateur d’art expérimenté en mission déminage au Louvre

Un conservateur d’art expérimenté en opération déminage: Christophe Leribault, passé mercredi de la présidence du château de Versailles à celle du Louvre, prend la tête d’un musée en crise depuis le cambriolage du 19 octobre où il devra mettre à profit son savoir-faire dans la gestion des institutions culturelles.Nommé en remplacement de Laurence des Cars, à qui il avait déjà succédé fin 2021 à la tête du musée d’Orsay, ce conservateur du patrimoine de 62 ans dirigeait le château de Versailles depuis mars 2024 où il laissera de très bons souvenirs au maire de la ville.”Je le vois partir avec regrets”, déclare à l’AFP François de Mazières (divers droite), louant ses qualités “humaines et professionnelles”. “C’est quelqu’un de très apprécié, au caractère chaleureux, et c’est aussi un grand conservateur”, ajoute l’édile, qui siégeait à ses côtés au conseil d’administration de Versailles.A la tête du château iconique de Louis XIV, M. Leribault, né le 14 octobre 1963 dans le Val-d’Oise, a accueilli des compétitions des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et poursuivi les grands projets de restauration et d’ouverture à l’art contemporain.”Je ne souhaite pas faire que du Louis XIV”, avait-il déclaré au Figaro en juin 2025. Comme au Louvre, ce passionné d’art a aussi fait adopter fin 2025 la hausse du prix d’entrée à Versailles pour les visiteurs non-européens afin de regarnir les caisses de l’Etat. La mesure a été combattue par les syndicats au Louvre mais a fait moins de vagues à Versailles. Consulté à cette occasion par M. Leribault, le délégué CGT du Louvre Gary Guillaud dit avoir pu observer “la qualité du dialogue social” instauré à Versailles et a formé l’espoir qu’il maintiendra cet état d’esprit dans ses nouvelles fonctions. Déléguée CFDT au Louvre, Valérie Baud confie, elle, avoir eu des “échos positifs” du haut fonctionnaire qui devra notamment répondre à la mobilisation engagée depuis mi-décembre par les personnels du musée parisien pour de meilleures conditions de travail. Pour régler le plus long conflit social de l’histoire du Louvre, “on a besoin d’un apaisement social”, a-t-elle ajouté, déplorant l'”impasse” des discussions avec l’ancienne direction. – “Climat de confiance” -Ce ne sera pas la seule mission de celui qui a débuté sa carrière comme conservateur au musée Carnavalet (1990-2006) avant de devenir directeur adjoint du département des arts graphiques au Louvre (2006-2012) où il fait donc son retour dans un climat très lourd.Le cambriolage du 19 octobre a mis au jour une série de failles dans la sécurisation du musée, frappé par ailleurs par une impressionnante série noire (inondation, fermeture d’une galerie pour vétusté, fraude à la billetterie…).”Christophe Leribault aura pour priorité de renforcer la sûreté et la sécurité du bâtiment, des collections et des personnes, de restaurer un climat de confiance et de porter, avec l’ensemble des équipes, les transformations nécessaires au musée”, a énuméré dans un communiqué le ministère de la Culture, son autorité de tutelle. Dans ses précédentes fonctions, Christophe Leribault avait été salué pour ses politiques d’ouverture. A Orsay et à l’Orangerie, il avait voulu faire de ces musées “des lieux en prise avec les préoccupations et les interrogations de notre temps”, selon sa propre expression.Il peut également se targuer d’avoir fait massivement revenir le public à Orsay après la fin de la crise sanitaire grâce à des expositions “blockbusters”, comme celles consacrées à Edvard Munch ou à Van Gogh à Auvers-sur-Oise.Pendant son mandat à la direction du Petit Palais, où il avait été nommé en 2012, ce musée s’était considérablement développé, porté par une politique d’éducation artistique très active.En février 2024, il avait été choisi par Emmanuel Macron pour prendre la tête du château de Versailles, l’un des postes les plus convoités de la culture en France.Spécialiste du XVIIIe siècle, Christophe Leribault a été élu à l’Académie des beaux-arts en 2023.

Seb envisage “jusqu’à 2.100” suppressions de postes dont 500 en France, pour retrouver la croissance

Jusqu’à 2.100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France sur la base du volontariat: le groupe d’électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta) lance un plan d’économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel.En marge de la présentation de ses résultats pour 2025, Seb a commencé à présenter mercredi aux organisations syndicales un plan qui vise à “retrouver” une “trajectoire de croissance rentable” et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, “plus rapide et plus intense”, a précisé à l’AFP son directeur général, Stanislas de Gramont. En ce qui concerne la France, la production “n’est pas concernée” par ces suppressions et “il n’y aura pas de départs contraints”, a assuré le directeur général.”Lors d’un rendez-vous récent avec le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, le groupe s’est engagé clairement à préserver les emplois industriels en France, en particulier sur les sites de production”, a réagi auprès de l’AFP l’entourage du ministre.”Le gouvernement sera particulièrement attentif au respect de ces engagements”, a-t-on ajouté de même source, indiquant avoir reçu l’assurance qu’il s’agirait, en France, “exclusivement de départs volontaires, et non de licenciements contraints”.”On attend de voir”, a réagi Aurélien Verger, délégué FO pour la SAS Seb, qui regroupe 500 employés de trois sites, deux en Côte d’Or et un à Lourdes. Mais il lui semble “difficile” de trouver jusqu’à 500 employés prêts à partir volontairement.Pour Arnaud Lesueur (UNSA), secrétaire du Comité central de la SAS Seb, il faut “surtout” savoir “comment rebondir face aux difficultés économiques et retrouver une bonne performance”.”Notre première priorité, c’est de redresser la rentabilité (…), parce que nous avons connu un accident en 2025″ dans ce domaine, a expliqué M. de Gramont.Le groupe français a vu son chiffre d’affaires reculer en 2025 de 1,2% à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6% à 245 millions d’euros.Il s’agit d’une progression en trompe-l’oeil, Seb ayant écopé en 2024 d’une amende de près de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager, sans laquelle l’évolution en 2025 aurait été moins flatteuse.Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté de 25%: si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, “au delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs”, souligne Stanislas de Gramont. On voit une accélération des cycles d’innovation, le marché accélère”, a indiqué le dirigeant, qui souhaite “réduire de 30% le temps de mise en marché” des innovations du groupe. Le groupe veut également “tripler” sa présence sur les réseaux sociaux.- L’Europe, principalement touchée -En France, les “activités support”, comme “la finance et les ressources humaines”, seront principalement touchées, ainsi que la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon M. de Gramont, qui précise que “l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations”.Dans le pays, sept entités juridiques sont potentiellement concernées par ce plan, dont les sites de Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne) ou Rumilly (Haute-Savoie), et le siège social à Ecully, en périphérie lyonnaise.Vers 11H35 heure de Paris, l’action du groupe flambait de 12,44% à 57,40 euros, alors que l’indice élargi SBF 120 était en petite hausse, après la publication de résultats supérieurs aux attentes et la présentation du plan.Dans le reste de l’Europe, où jusqu’à 900 postes pourraient être concernés, Seb a également démarré mercredi une discussion avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, “concernant l’avenir de la production sur trois usines”, mais également des points de vente.Quelque 700 postes sont susceptibles d’être supprimés hors d’Europe, dans l’ensemble du groupe, notamment en Egypte, Turquie et au Brésil.Ces plans d’action, qui comprennent également des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et “l’optimisation des frais de structure”, “seront réalisés au plus tard en 2027, et 2028 sera la première année où le groupe bénéficiera pleinement de ces 200 millions d’euros” d’économies attendues, a indiqué M. de Gramont.Le groupe qui “anticipe une croissance” de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme, avec ce plan, “renouer avec sa trajectoire historique en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5% et une marge opérationnelle de 10%, pour ensuite tendre vers 11%”, contre 7,4% en 2025. 

Crise au Louvre: le président du château de Versailles remplace Laurence des Cars

Le Louvre change de tête: au lendemain de la démission de Laurence des Cars, Christophe Leribault, président du château de Versailles, a pris mercredi la tête du musée le plus visité au monde, dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre.Président du château de Versailles depuis mars 2024, ce conservateur général du patrimoine de 62 ans a été nommé à la présidence du Louvre en Conseil des ministres.Cet ancien président du Petit Palais et du musée d’Orsay “aura à conduire des chantiers majeurs pour l’avenir de l’institution” comme  “la sécurisation et la modernisation”, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Il devra également “restaurer un climat de confiance”, a ajouté le ministère de la Culture, son autorité de tutelle. Christophe Leribault arrive au Louvre dans un climat très lourd. Sa présidente depuis fin 2021, Laurence des Cars, a démissionné mardi, emportée par les dysfonctionnements mis au jour par le vol de joyaux de la Couronne et la grève perlée des personnels qui grippe le musée parisien depuis mi-décembre.”Tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus réunies”, a déclaré mardi dans le Figaro Mme des Cars, à qui M. Leribault avait déjà succédé à la tête d’Orsay fin 2021.La pression était devenue trop forte pour la dirigeante, mise en très grande difficulté par une série de rapports ayant pointé la “sous-estimation chronique” des risques de vol au Louvre, l’obsolescence des dispositifs de sûreté et la priorisation donnée à des “opérations visibles et attractives” au détriment de la sécurité. Laurence des Cars avait également dû admettre n’avoir découvert qu’après le cambriolage l’existence d’un audit alarmant sur la vulnérabilité de la galerie Apollon, dans laquelle les cambrioleurs se sont introduits en plein jour le 19 octobre pour s’emparer de huit bijoux d’une valeur de 88 millions d’euros.La dirigeante semblait aussi avoir été lâchée par sa ministre de tutelle, Rachida Dati, elle-même en partance du gouvernement pour briguer la mairie de Paris.- “Nouveau chapitre” -Dans son communiqué, le ministère de la Culture se dit convaincu que le nouveau patron du Louvre “saura s’appuyer sur l’ensemble des forces vives du musée, et de leurs savoir-faire, pour écrire collectivement une nouvelle page de l’histoire” de l’établissement. Miné par la surfréquentation (quelque neuf millions de visiteurs par an) et des équipements vieillissants, le musée est par ailleurs confronté depuis la mi-décembre au plus long conflit social de son histoire. Dénonçant leurs conditions de travail et l’absence de dialogue social, les personnels mènent une grève perlée qui a contraint le musée à rester fermé à quatre reprises, occasionnant quelque deux millions d’euros de pertes de recettes.”On a besoin d’un apaisement social”, a déclaré à l’AFP la déléguée CFDT au Louvre Valérie Baud, assurant que les discussions avec l’ancienne direction étaient dans “l’impasse”.Son homologue de la CGT Gary Guillaud est dans l’expectative mais dit à l’AFP espérer que M. Leribault maintiendra au Louvre “la qualité du dialogue social” instaurée au château de Versailles. Interrogé par l’AFP, le maire de Versailles a loué les qualités “humaines et professionnelles” de M. Leribault, qu’il voit partir du château “avec regrets”. “Il arrive dans une situation difficile mais il a les qualités pour faire face”, a déclaré François de Mazières (DvD).Le nouveau patron du Louvre devra notamment s’attaquer à la gouvernance du Louvre, devenu un “Etat dans l’Etat” selon le député Alexandre Portier, qui préside une commission d’enquête sur la sécurité des musées. Auditionnée lundi à huis clos à l’Assemblée, Rachida Dati a évoqué “17 mesures” de réforme, mais leur détail n’est pas connu à ce jour.L’exécutif continue de défendre “Louvre Nouvelle Renaissance”, colossal projet annoncé par Emmanuel Macron début janvier 2025, mais ce chantier à plus d’un milliard d’euros suscite les réserves des syndicats et des doutes de la Cour des comptes sur son financement.

La consommation d’électricité stable en 2025 en France, signe de son retard à sortir des énergies fossiles

La consommation d’électricité en France est restée stable l’an dernier, en-deçà de ses niveaux d’avant-crises sanitaire et énergétique, ce qui confirme le retard du pays dans la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles, a annoncé mercredi RTE.La production d’électricité en France métropolitaine a de son côté poursuivi sa progression, de 1,5% en 2025, …

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La consommation d’électricité stable en 2025 en France, signe de son retard à sortir des énergies fossiles

La consommation d’électricité en France est restée stable l’an dernier, en-deçà de ses niveaux d’avant-crises sanitaire et énergétique, ce qui confirme le retard du pays dans la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles, a annoncé mercredi RTE.La production d’électricité en France métropolitaine a de son côté poursuivi sa progression, de 1,5% en 2025, à 547,5 terrawattheure (TWh), selon le bilan électrique 2025 du gestionnaire du réseau de haute tension.”En 2025, la consommation électrique en France métropolitaine est restée stable par rapport à celle de l’année précédente, atteignant 451 TWh (+0,4% par rapport à 2024)”, indique RTE.Elle demeure “très en retrait” -d’environ 6%- par rapport à la période 2014-2019, précédant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine, précise-t-il.”La consommation d’électricité n’augmente pas”, commente Olivier Houvenagel, directeur adjoint de l’économie en charge des études prospectives de RTE auprès de l’AFP. “Surtout, on constate que la part de l’électricité dans la consommation d’énergie finale, donc le taux d’électrification du pays, n’a pas non plus augmenté”, ajoute-t-il.Les énergies fossiles restent prédominantes dans le bouquet énergétique français et représentaient 56% de la consommation d’énergie finale du pays en 2024, tandis que l’électricité ne comptait que pour 27%, fait valoir RTE.Le gestionnaire observe toutefois que la dynamique baissière de la consommation d’électricité “s’est arrêtée à partir de 2024”.L’électrification des usages, c’est-à-dire la transition vers l’électricité de secteurs dépendants des énergies fossiles (gaz, pétrole), “apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de la France”, relève le gestionnaire.Ces secteurs sont les transports avec les véhicules électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l’industrie avec des fours électriques.Le gouvernement, qui a fait de cette transition une priorité, doit présenter “dès le printemps” un plan d’électrification de l’économie, selon le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure.- Abondance de l’électricité bas-carbone -Ce mouvement est d’autant plus pertinent que la production d’électricité en France a dépassé son niveau de 2019, essentiellement grâce au rétablissement de la disponibilité du parc nucléaire et à la progression de la production des filières solaire et éolienne, notamment en mer.De plus, l’électricité est très largement décarbonée en France, avec un volume de production à 95,2% bas-carbone (nucléaire et renouvelable), un niveau “historique”, selon RTE.La production d’origine fossile a ainsi continué à refluer et son niveau “a été le plus faible observé depuis près de 75 ans”, selon RTE.”L’abondance de la production d’électricité bas-carbone française place le pays dans une position très favorable pour se décarboner rapidement et réduire sa dépendance aux énergies fossiles, qui représentent encore près de 60% de sa consommation d’énergie totale”, estime-t-il.”Le contenu carbone” de la France, ou empreinte carbone, est l’un des plus faibles en Europe, au deuxième rang après la Norvège, souligne Olivier Houvenagel. “L’enjeu maintenant, c’est vraiment de pouvoir décarboner les autres usages”, poursuit-il.De ce point de vue, la France dispose d’un avantage par rapport à “d’autres pays dont le +mix+ électrique repose encore largement sur une production fossile”.Autre atout, la France est exportatrice nette d’électricité en Europe et la compétitivité de sa production lui a permis d’enregistrer un nouveau record d’exportations en 2025, rappelle le gestionnaire.Elles ont représenté 92,3 TWh en 2025, ce qui est “comparable à la consommation d’électricité annuelle d’un pays comme la Belgique”.La France bénéficie aussi de prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe, en particulier vis-à-vis de l’Allemagne et de l’Italie, relève RTE.Le prix spot moyen annuel de l’électricité en France est de 61 euros du MWh, au-dessus des 39,4 euros du MWh de 2019, mais nettement en dessous des 275,9 euros du MWh en moyenne en 2022, au cœur de la crise énergétique.Enfin, la France joue un rôle de “carrefour électrique” en Europe avec des exportations qui transitent vers l’ensemble du continent, “au-delà des seuls pays limitrophes”.

Eau et agriculture, un enjeu crucial sous tension climatique

Pas d’agriculture sans eau”, martèlent les agriculteurs, au début d’un siècle sous la pression du changement climatique qui verra les ressources aquifères diminuer et les coûts liés à la dépollution augmenter.Tour d’horizon des pratiques et enjeux en France, première puissance agricole européenne.Les usages de l’eauEn France métropolitaine, 31 milliards de m3 d’eau douce sont prélevés par an pour tous les usages. Le volume réellement consommé, non restitué aux milieux aquatiques, est estimé à 4,1 milliards de m3 en moyenne (entre 2010 et 2020), selon les données officielles.L’agriculture prélève moins que d’autres secteurs mais consomme 80% de ses prélèvements – une tomate est composée à 90% d’eau, une betterave à 70%. Elle est donc la première activité consommatrice d’eau avec plus de 2 milliards de m3, soit 58% du total, devant l’eau potable (26%), le refroidissement des centrales électriques (12%) et les usages industriels (4%).Seule 7% de la surface agricole utile est irriguée.Une ressource plus rare, source de tensionsLe président du Haut conseil pour le climat Jean-François Soussana alertait en janvier sur “une tension croissante entre la quantité d’eau réellement utilisable”, en recul avec le réchauffement climatique, et des “besoins (qui) vont s’accentuer, y compris pour l’irrigation”.En 2023, le président Emmanuel Macron avait présenté un “plan de sobriété” sur l’eau, épargnant largement les agriculteurs, quelques jours après des affrontements lors d’une manifestation contre une retenue d’eau artificielle – qualifiée de “méga-bassine” par ses opposants – à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres.Le gouvernement a réaffirmé depuis son soutien au stockage de l’eau, réclamé par les syndicats agricoles FNSEA ou Coordination rurale, tout en le conditionnant à “des changements de pratiques significatifs”.La loi Duplomb, adoptée à l’été, vise notamment à faciliter la construction d’ouvrages de stockage de l’eau, sans imposer aucun engagement dans la transition.Les types de prélèvement sont la retenue collinaire, alimentée par les eaux de ruissellement, le barrage, alimenté par un cours d’eau, jusqu’aux réserves de substitution ou “bassines”, déconnectées du réseau hydrographique et remplies essentiellement par pompage de la nappe phréatique.Nécessaire adaptationAlors qu’entre 2010 et 2020, les surfaces irriguées en France ont augmenté de 15%, une combinaison de solutions est mise en avant.L’institut Inrae plaide notamment pour une irrigation via un système de “goutte-à-goutte”, qui permet des économies d’eau de 10 à 30% pour les grandes cultures et de 20 à 35% pour l’arboriculture.Le changement des pratiques est mis en avant: introduction de haies pour lutter contre l’érosion et préserver l’humidité du sol, moins labourer ou diminuer les surfaces de maïs irrigué, qui ne consomme pas plus d’eau que le blé mais en réclame en été quand elle est la plus rare. La réutilisation des eaux usées traitées – qui représente environ 1% des eaux usées en France contre 15% en Espagne -, pourrait aussi être un levier pour certaines cultures à forte valeur ajoutée, comme les agrumes, le maïs irrigué ou la luzerne, selon l’institut Terram.Pesticides et dépollution de l’eauEn 40 ans, 14.000 captages d’eau ont disparu en France, à 41% du fait de pollutions agricoles (pesticides, engrais), avec pour conséquence une augmentation du prix de l’eau potable, liée au coût de son traitement, selon Harold Levrel, professeur d’économie au Muséum d’histoire naturelle.”On estime qu’on est autour d’un milliard d’euros de dépenses par an” pour traiter l’eau, avec des systèmes complexes de filtration utilisant “des charbons actifs importés de Chine ou des Etats-Unis”, relève-t-il.Cette dépollution est financée par les consommateurs via leur facture d’eau. Entre janvier 2023 et septembre 2025, sur l’indice du prix de l’eau publié par l’INSEE, “on a vu une augmentation de 16%, ce qui est énorme”, pour Olivier Andrault, de l’UFC-Que Choisir.Cette ardoise est appelée à gonfler pour “maintenir le niveau de dépollution requis par la réglementation, avec les nouveaux résidus de pesticides recherchés”, souligne-t-il.En France, s’applique théoriquement le principe “préleveur-pollueur-payeur”, selon lequel le prélèvement de l’eau et les rejets polluants qu’il engendre doivent donner lieu à une contribution financière proportionnelle à l’impact environnemental causé, rappelle une note récente du Conseil d’analyse économique.Alors que l’agriculture constitue une source majeure de pollution de l’eau, “on s’aperçoit que les redevances pour prélèvement d’eau sont essentiellement payées par les usagers domestiques”, indique à l’AFP l’économiste Stéphane Saussier, co-auteur de cette étude.

Jour J pour l’assurance chômage, la CGT mobilise devant l’Unédic

Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies et éviter ainsi que le gouvernement reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Au cœur de l’équation figurent notamment les conditions d’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle, dispositif que le gouvernement juge trop coûteux. Devant le siège de l’Unédic, au moins 300 personnes se sont réunies à l’appel de la CGT, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle ajouté, devant des militants principalement issus de la fédération du Spectacle (FNSAC) et du comité chômeurs et précaires.Parmi les propositions patronales pour trouver des économies figure l’augmentation du nombre d’heures annuel nécessaire aux intermittents du spectacle pour être indemnisés, qui passerait de 507 à 557 heures. “On peut craindre qu’avec l’adoption d’une telle mesure, beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à ouvrir des droits à l’assurance chômage”, a expliqué Ghislain Gauthier, secrétaire général de la FNSAC.Cette proposition pourrait toutefois être écartée, les discussions devraient se focaliser sur les ruptures conventionnelles. Si un accord est trouvé, il aboutirait à des conditions d’indemnisation moins favorables pour les salariés rompant leur CDI d’un commun accord avec leur employeur, aujourd’hui soumis quasiment aux mêmes règles que les autres chômeurs. En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic.- “Voie de passage” –  La négociation a été ouverte à la demande du gouvernement Lecornu, qui a écarté une réforme de l’assurance chômage plus large avec un objectif d’économies dix fois supérieur demandée en août par son prédécesseur François Bayrou: la mission confiée aux partenaires sociaux est d’économiser au moins 400 millions d’euros par an. Après une politique de la chaise vide du Medef, la négociation a connu un nouveau départ en sa présence, avec la volonté affichée des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) d’économiser au moins un milliard et de négocier sur l’assurance chômage au-delà des seules ruptures conventionnelles. Irrecevable pour les syndicats.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. Lundi, les organisations patronales ont soumis aux syndicats un projet d’accord prévoyant de réduire à 15 mois, au lieu de 18, la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle. Après un accord à l’amiable, la grande majorité des demandeurs d’emploi verraient en outre leur indemnisation diminuer de 30% au-delà de six mois d’indemnisation. La CFDT défend, elle, une dégressivité qui ne serait appliquée qu'”en cas d’absence de démarche de mise en œuvre du projet professionnel”, à l’issue d’un accompagnement renforcé.  “La CFE-CGC se bat depuis des années contre la dégressivité, qui ne sert à rien”, s’agace pour sa part le négociateur du syndicat des cadres, Jean-François Foucard. De l’issue de cette journée incertaine dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.

L’Assemblée se prononce à nouveau sur la loi créant une aide à mourir

L’Assemblée nationale se prononcera à nouveau mercredi sur la création d’un droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure débattue depuis plusieurs années, qui avait été largement adoptée en première lecture, mais sur laquelle subsistent des points de friction.Le suspense sur le nombre de députés qui soutiendront le texte sera finalement plus important que prévu à cause de certains changements adoptés durant son examen. Ils feront l’objet d’un nouveau vote mercredi avant celui sur l’ensemble du texte, et pourraient faire basculer certains élus.Les scrutins, prévus à partir de 15H00, ont dû être repoussés d’une journée pour terminer l’examen des quelque 2.000 amendements, qui aura duré plus d’une semaine. La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.Les députés adopteront d’abord un premier texte sur le développement des soins palliatifs, consensuel, qui prévoit notamment la création de “maisons d’accompagnement”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, face aux risques de contentieux qu’il entraînerait, selon ses contempteurs.- Mode d’administration -Les députés n’auront toujours pas de consigne de vote de leur groupe mercredi sur un sujet jugé plus intime que politique.Ainsi le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a expliqué qu’il voterait pour alors même que la cheffe du groupe y est opposée. Mais avant le vote solennel, l’Assemblée devra trancher deux points précis du texte.Source de la principale incertitude: la seconde délibération réclamée sur le mode d’administration de la substance létale qu’un patient pourra demander pour mettre fin à sa vie.Initialement, selon le texte, le malade devait s’administrer lui-même le produit, sauf s’il n’était “physiquement pas en mesure” de le faire, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargerait.Mais plusieurs amendements ont été adoptés lors des discussions, parfois sur un fil, pour que l’administration par un soignant ne soit plus l’exception, et puisse être librement choisie.Une manière de respecter “l’ultime liberté de la personne”, qui pourrait ainsi accorder son “attention aux personnes qui l’entourent” plutôt qu’à ce geste, a fait valoir auprès de l’AFP la socialiste Océane Godard.Une “ligne rouge”, estime au contraire Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), pour qui l’auto-administration est une façon de vérifier la “volonté libre et éclairée (du patient) jusqu’au bout”. Un tel changement mettrait selon elle “en péril le vote du texte”. Le député RN Théo Bernhardt avait lui aussi dit dans l’hémicycle qu’il ne pourrait alors plus “voter pour”. “Ce texte ouvre une boîte de Pandore et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives”, a abondé de son côté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.A l’inverse, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a évoqué sur France 2 “un grand moment d’avancée humaniste (…) attendu par des millions de gens”. – Calendrier serré -L’auteur de la proposition de loi, Olivier Falorni (groupe MoDem), modère toutefois les inquiétudes: il trouverait “très surprenant” qu’elle soit rejetée pour cette raison.Tout en défendant malgré tout le statu quo, au nom de l'”équilibre” trouvé en première lecture, bien que personnellement favorable au libre choix du mode d’administration.Les députés devront également à nouveau voter sur l’ajout, souhaité par le gouvernement, d’une précision indiquant qu’une “souffrance psychologique seule” ne peut permettre de bénéficier de l’aide à mourir.”Superfétatoire”, estime M. Falorni. Une dépression ne pourra par exemple jamais permettre d’accéder à une aide à mourir, vu les critères cumulatifs à remplir pour y être éligible, a-t-il dit à l’AFP.Mis à part ces points encore en suspens, le texte n’a que peu évolué.Les députés ont validé les critères d’éligibilité, la procédure collégiale d’instruction de la demande, et la clause de conscience pour les soignants.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie, ou encore de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a été ajouté.Le parcours législatif du texte est encore loin d’être fini. Il doit être à nouveau étudié en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, une nouvelle lecture dans les deux chambres, puis une lecture définitive à l’Assemblée.Les défenseurs de la loi souhaitent qu’elle soit promulguée à l’été. Un calendrier très serré aux yeux de certains députés.

Manifestante de 73 ans blessée par la police: ouverture du procès en appel d’un commissaire

Un commissaire condamné en 2024 pour avoir ordonné une charge qui a grièvement blessé une septuagénaire lors d’une manifestation de “gilets jaunes” interdite, à Nice en 2019, est rejugé en appel mercredi à Lyon.La victime, Geneviève Legay, 80 ans, a été accueillie à son arrivée au tribunal par une trentaine de militants de l’association altermondialiste Attac qui avaient déployé une banderole: “Justice pour Geneviève Legay et pour toutes les violences policières”.”J’aimerais qu’on gagne pour que cela fasse jurisprudence pour tous les autres qui n’ont pas de procès”, a déclaré à la presse la Niçoise, en référence à d’autres manifestants blessés durant le mouvement des “gilets jaunes”.”En droit, mon client n’a rien fait. Il n’a pas commis d’acte délictuel. Il a donné un ordre et cet ordre a été mal exécuté”, a soutenu pour sa part Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat du commissaire Rabah Souchi.L’audience, qui doit durer toute la journée, a débuté vers 09h00. Elle reviendra sur la journée du 23 mars 2019. Ce jour-là, Mme Legay, alors âgée de 73 ans et porte-parole départementale d’Attac, avait pris part à une manifestation non autorisée de “gilets jaunes” dans le centre de Nice.Les images de cette femme aux cheveux gris entourée de policiers, d’abord debout avec un drapeau arc-en-ciel puis inanimée au sol après la charge, avaient fait des remous, tout comme les efforts des autorités pour tenter de disculper la police ou les propos du président Emmanuel Macron souhaitant “une forme de sagesse” à la septuagénaire.Victime de multiples fractures, en particulier au crâne, Mme Legay était restée deux mois à l’hôpital. Elle en garde des séquelles: plus d’odorat, ouïe et goût perturbés, 45 séances de kiné pour retrouver un peu d’équilibre et un long suivi psychologique. En mars 2024, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour “complicité de violence par une personne dépositaire de l’autorité publique”.Il avait suivi les réquisitions du procureur pour qui l’ordre de charger les manifestants “n’était pas justifié ni proportionné ni nécessaire” dans le contexte établi.Lors du procès, M. Souchi avait assuré que la décision de charger était “la tactique la plus efficace ce jour-là” afin de répondre à l’objectif de dispersion fixé par le préfet. Il avait également accusé le policier qui a bousculé Mme Legay de s’être “détaché de l’action collective”.Il est depuis deux ans directeur adjoint de la police municipale de Nice.En mai 2024, dans une procédure distincte, le tribunal administratif de Nice avait reconnu l’Etat responsable à 80% des blessures subies par Geneviève Legay, jugeant qu’elles résultaient “directement d’une mesure prise par l’autorité publique”.Il avait toutefois noté que Mme Legay avait “fait preuve d’une imprudence délibérée”, lui imputant une part de responsabilité à 20%.