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Jugée pour avoir empoisonné ses filles, la mère se dit “innocente” et nie tout mensonge

Maylis Daubon, accusée d’avoir empoisonné ses deux filles, dont l’une est décédée en 2019, en les assommant de médicaments, a clamé son innocence lundi au premier jour de son procès, en réfutant les mensonges qu’on lui reproche.Cette femme de 53 ans affirme, depuis sa mise en cause en 2022, que l’aînée, Enea, morte à l’âge de 18 ans, s’est suicidée – hypothèse exclue par les enquêteurs et de nombreux proches.”Je suis terrorisée d’être ici, accusée de faits horribles” que “rien au monde n’aurait pu me faire commettre”, a dit celle qui comparaît aussi devant la cour d’assises des Landes, jusqu’au 3 décembre, pour avoir voulu faire assassiner son ex-mari, père des enfants, en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau.”Je suis innocente (…), je suis dévastée du décès de mon enfant, c’est un chagrin abyssal”, a-t-elle ajouté.Le 13 novembre 2019, vers midi, elle appelle les secours, alertée par la cadette – Luan – d’une crise de convulsions de sa sœur Enea, au domicile familial de Dax. Le Samu la découvre dans son lit en état de mort respiratoire, la réanime mais elle succombe six jours plus tard à l’hôpital.L’enquête sur les causes du décès, outre la présence d’un médicament surdosé, met au jour un conflit parental majeur. Depuis leur divorce en 2009, Maylis Daubon et Yannick Reverdy, ancien joueur international de handball, se déchiraient autour de leurs filles.- “50 à 75 cachets” -Les analyses du corps de la défunte ont révélé une prise massive – “l’équivalent de 50 à 75 cachets” – de Propranolol, un traitement qui ralentit le cœur. Le rapport d’expertise a fait également apparaître 22 molécules différentes et une “consommation régulière et importante” de cannabis.Les mois précédents, la jeune fille s’était vu prescrire quantité de neuroleptiques, anxiolytiques sédatifs, traitements contre les convulsions et antidépresseurs. Les enquêteurs estiment qu’elle a vu près de 30 médecins au cours de sa jeune vie.Pour le père, qui sera entendu mardi, sa fille “n’avait pas de pathologie”, sa mère en a “inventé” pour la mettre “sous emprise psychique, puis chimique”.Une psychologue de la Protection de l’enfance, intervenue en 2018 face à l’absentéisme scolaire anormal d’Enea, a évoqué un possible syndrome de Münchhausen par procuration – diagnostic qu’aucun expert psychiatre “n’a posé clairement” durant l’instruction, selon la défense.Ce syndrome conduit un parent à exagérer ou provoquer des problèmes de santé sérieux chez son enfant, afin d’attirer l’attention ou la compassion. En août 2019, Maylis Daubon avait répété dans son entourage qu’elle préparait l’enterrement de sa fille, en soins palliatifs pour une leucémie.”Personne ne connaissait réellement la maladie d’Enea”, a déclaré à la cour un policier, rappelant les “nombreuses versions” de l’accusée pour expliquer le décès : “étouffement, crise cardiaque, malformation cardiaque, mort subite de l’adulte, épilepsie”.- Münchhausen par procuration -L’enquêteur de personnalité a pointé, lui, des émotions “surjouées”, tout en évoquant la mère “dévouée” et “présente” dépeinte par l’entourage familial – à l’exception de l’ex-mari.Interrogée sur les différents métiers – ingénieure nucléaire, professeure à la Sorbonne, casque bleu à Sarajevo, etc. – dont elle se serait vantée auprès de témoins variés, Maylis Daubon, qui s’est présentée lundi comme une “conseillère en formation continue”, a réfuté toute mythomanie.”C’est tout simplement n’importe quoi, pourquoi me serais-je exposée à dire des âneries pareilles ?”, a-t-elle lancé, tandis que l’accusation pointe un “besoin d’être sur le devant de la scène”.”Elle a inventé des métiers, peut-être, et alors ? Ça fait d’elle une empoisonneuse ?”, répond son avocate, Me Carine Monzat.Dans le box, alors que les dépositions s’enchaînaient, l’accusée a gardé le plus souvent la tête baissée lundi, regardant le sol. Elle devra s’expliquer, aussi, sur les incohérences relevées dans ses déclarations sur le déroulé de la matinée du 13 novembre 2019.Si la mère maintient la thèse du suicide, Enea avait des “projets d’avenir” – passer son permis de conduire ou être rescolarisée – selon sa sœur.Le propre absentéisme de Luan a renforcé les soupçons et des analyses ont révélé des traces de médicaments – codéine, anxiolytique sédatif, somnifère ou antidépresseur – dans ses cheveux, sans prescriptions médicales, conduisant à une nouvelle mise en examen de Maylis Daubon.La cadette, qui n’a jamais voulu la mettre en cause, sera entendue comme témoin cette semaine.

Violences faites aux femmes : 53 mesures pour “mieux prévenir” et “mieux sanctionner” (Aurore Bergé)

Le projet de loi-cadre sur les violences faites aux femmes est “prêt” et comporte 53 mesures visant à “mieux former, mieux détecter, mieux prévenir et mieux sanctionner”, déclare à l’AFP la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé.A la veille de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, elle dit souhaiter que ce texte, réclamé de longue date par les associations féministes et élargi aux violences faites aux enfants, puisse être inscrit à l’ordre du jour parlementaire “dès que cela sera possible”. Pourquoi une loi-cadre ?”On a beaucoup légiféré par couches successives et on a besoin de donner un cadre global sur la lutte contre les violences sexuelles et les violences intrafamiliales. Il s’agit aussi d’aller plus loin sur un certain nombre de sujets qui aujourd’hui n’ont pas encore ou peu été appréhendés par le droit, que ce soit le contrôle coercitif ou la question de l’imprescriptibilité civile des crimes sexuels sur mineur.” Quel est son objectif?”La loi-cadre est le fruit d’un travail mené avec l’ensemble des groupes parlementaires. Elle contient 53 mesures législatives, au-delà des mesures réglementaires, et vise à mieux former, mieux détecter, mieux prévenir, mieux caractériser et mieux sanctionner”.”Il faut que les bourreaux aient peur parce qu’aujourd’hui, ils n’ont pas peur, parce que la prescription les protège, parce que l’angoisse du dépôt de plainte les protège, parce que l’angoisse de la confrontation les protège, parce que l’angoisse de la durée aussi du traitement judiciaire les protège. Il faut que ce soit eux qui aient peur, il faut qu’ils aient conscience que les victimes, à tout instant, pourront avoir accès à la justice.”Qu’est-ce qui est prévu pour les victimes? “Le dépôt de plainte est le premier défi. On a beaucoup de témoignages de victimes qui ont réussi à porter plainte mais qui disent qu’elles sont sorties broyées par le traitement judiciaire qui leur a été réservé. Les magistrats eux-mêmes disent qu’il y a un changement majeur qui doit s’opérer sur l’accompagnement des victimes et sur le traitement judiciaire.Toutes les victimes doivent pouvoir avoir accès à l’aide juridictionnelle de manière inconditionnelle dans le cadre de violences intrafamiliales ou de violences sexuelles, or ce n’est pas le cas aujourd’hui.Il faut leur garantir que leur avocat puisse être présent, si elles le souhaitent, lors des examens médicaux, pour garantir aussi la manière dont elles seront ou ne seront pas questionnées sur ce qu’elles ont eu à vivre.On doit également leur permettre d’être enregistrées dès leur premier témoignage pour éviter qu’elles n’aient à se répéter tout au long du parcours judiciaire. Il faut aussi que le classement sans suite soit systématiquement motivé, que les victimes comprennent pourquoi il n’y a pas eu de suite judiciaire, et qu’on leur ouvre un droit de recours potentiel.”Quelles sont les autres mesures prévues?”Il y a la question du contrôle coercitif. Être victime de violences intrafamiliales, ce n’est pas forcément avoir des bleus, s’être fait étrangler, avoir subi un viol conjugal; c’est également être sous contrôle. Interdiction d’un compte bancaire, GPS traqué, puce sur votre téléphone, contrôle de vos fréquentations… toutes ces humiliations doivent être caractérisées en droit de manière bien plus systématique.Sur la prostitution, il faut que les managers de plateformes type Onlyfans, soient qualifiés de proxénètes. Sur les violences sexuelles infligées aux plus jeunes, il faut étendre à tous les professionnels au contact des enfants, et quel que soit leur statut – fonctionnaire, vacataire, stagiaire, contractuel, intérimaire – le contrôle de leur casier judiciaire.”Est-ce que ce texte va s’accompagner d’une hausse de budget?”On a beaucoup de mesures aujourd’hui qui peuvent être déployées immédiatement sans moyens budgétaires supplémentaires et qui sont des mesures de protection. Le raccourcissement du délai de traitement judiciaire est une forte demande des victimes et c’est totalement corrélé à la question des moyens de la justice. Ces moyens ont été mis, année après année, le budget du ministère de la Justice a augmenté, et une priorisation a été donnée sur la question des violences sexuelles et intrafamiliales.Je ne dirai jamais non à plus de moyens. Ce que je dis juste, c’est que les moyens qui sont alloués ne se limitent pas aux moyens de mon ministère. Quant à l’aide aux associations, il n’y a pas eu un euro de baisse sur celles qui sont soutenues par le ministère.”Quatre féminicides en une journée la semaine dernière. Est-ce un échec de l’Etat?”À partir du moment où il y a une femme qui meurt sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon, c’est d’abord la responsabilité de l’auteur, bien sûr, mais c’est aussi un échec collectif. La révolution culturelle n’est pas parachevée. Aujourd’hui, contrairement à l’Espagne, on n’a pas encore eu cette dynamique qui fait que toute la société se dit +c’est aussi ma part de responsabilité en tant qu’entreprise, en tant que collègue, en tant qu’ami, en tant que voisin+. Ça progresse, les signalements progressent, mais on a encore cette marche à franchir.”

Sudan’s displaced and exhausted doctors treat fellow El-Fasher survivors

Overwhelmed health workers rushed from patient to patient in makeshift tents in Sudan, trying to help even though they too had barely escaped the fall of El-Fasher to paramilitary forces.”We’re not in good shape,” said Ikhlas Abdallah, a general practitioner who arrived from the western Darfur city now in the hands of the Rapid Support …

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La mère accusée d’avoir empoisonné ses filles, décrite comme “mythomane”, nie en bloc

“N’importe quoi”: Maylis Daubon, jugée depuis lundi pour avoir empoisonné ses deux filles, dont l’une est décédée en 2019, en les assommant de médicaments, a réfuté en bloc l’image de femme “mythomane” et “théâtrale” donnée par l’accusation.L’enquêteur de personnalité, qui l’a rencontrée en détention, a pointé devant la cour d’assises des Landes des émotions “surjouées” et un “manque de précisions” quant à son parcours professionnel, tout en évoquant la mère “dévouée” et “présente” dépeinte par l’entourage familial – à l’exception de son ex-mari.”Si je peux avoir un côté théâtral, c’est inconscient, je ne me vois pas le faire”, a répondu cette femme de 53 ans aux longs cheveux bruns, vêtue d’un chemisier et d’une veste grise.Dans le box des accusés, alors que les dépositions s’enchaînent, elle garde la tête baissée, regardant le sol.Interrogée sur les différents métiers – ingénieure nucléaire, professeure à la Sorbonne, diplomate ou casque bleu à Sarajevo – dont elle se serait vantée auprès de témoins variés, elle réfute toute mythomanie : “C’est tout simplement n’importe quoi, pourquoi me serais-je exposée à dire des âneries pareilles ? Ça n’a aucun sens”. Depuis sa mise en examen et son incarcération en janvier 2022, Maylis Daubon affirme que sa fille aînée, Enea, morte à l’âge de 18 ans, s’est suicidée.Le 13 novembre 2019 vers midi, la mère avait appelé les secours, alertée par la cadette – Luan – d’une crise de convulsions de sa sœur Enea, au domicile familial de Dax. Le Samu la découvrait dans son lit en état de mort respiratoire, la réanimait mais elle succombait six jours plus tard à l’hôpital.Les analyses du corps de la défunte ont révélé la présence de “l’équivalent de 50 à 75 cachets” de Propranolol, un traitement qui ralentit le cœur.Le rapport d’expertise a fait aussi apparaître 22 molécules différentes. Les mois précédents, Enea s’était vu prescrire quantité de neuroleptiques, anxiolytiques sédatifs, traitements contre les convulsions et antidépresseurs.À l’ouverture des débats, Maylis Daubon avait de nouveau clamé son innocence, se disant “terrorisée” d’être accusée “de faits horribles pour une mère et pour une femme”, que “rien au monde” n’aurait pu lui faire commettre. Elle comparaît aussi, jusqu’au 3 décembre, pour avoir voulu faire assassiner son ex-mari, père des deux filles, en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau.

Budget : face au “blocage”, Lecornu veut des votes spécifiques au Parlement sur des “priorités absolues”

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé lundi les forces politiques à débattre et voter dans les prochaines semaines spécifiquement sur des priorités “absolues” comme la sécurité, la défense, l’agriculture et l’énergie, dans un contexte de “blocage” budgétaire.Fait inédit sous la Ve République, la quasi-totalité de l’Assemblée s’est opposée samedi au projet de budget de l’Etat, un vote sans surprise mais qui augure mal de son adoption avant la fin de l’année, dans les délais constitutionnels.Dans une allocution depuis Matignon, Sébastien Lecornu a dénoncé “une forme de cynisme qui est en train de se dégager et qui peut mener à ce que certains errements idéologiques de certains partis politiques bloquent la situation”, citant “les comportements de La France insoumise et même parfois du Rassemblement national”. Pour tenter d’éviter l’impasse, le Premier ministre a déclaré qu’il rencontrerait “l’ensemble des formations politiques représentées à l’Assemblée nationale et au Sénat dans les prochains jours” ainsi que “les partenaires sociaux”.Il a assuré vouloir consacrer ces discussions à cinq thèmes vus comme des “priorités (…) absolues”: le déficit, la réforme de l’Etat, l’énergie, l’agriculture, ainsi que la sécurité intérieure et extérieure.Des votes thématiques, par exemple sur la défense ou l’énergie, pourront être organisés avant la reprise budgétaire, mi-décembre, a précisé Matignon.Sébastien Lecornu a réaffirmé dans son discours que le budget 2026 devra “garder une cible de déficit à moins de 5% du PIB”.Concernant la réforme de l’Etat et la décentralisation, il a dit vouloir “avancer rapidement pour un projet de loi qui pourrait être proposé au Conseil des ministres dans les temps à venir”.La défense et les armées seraient elles “les premières victimes” d’un échec des discussions budgétaires, a assuré le Premier ministre.Sébastien Lecornu saisira “sûrement la semaine prochaine” l’Assemblée nationale et le Sénat d’un vote spécifique sur la défense, a indiqué Matignon.Le Premier ministre s’est enfin dit convaincu qu’il existe “toujours une majorité à l’Assemblée nationale” pour voter un budget, appelant le Parlement à se saisir d’une “responsabilité historique”.”Il faut que celles et ceux qui veulent avancer arrivent à rompre les ponts et à ne pas se laisser contaminer par les forces politiques qui, elles, promeuvent ce blocage”, a-t-il dit.

Jugée pour avoir empoisonné ses filles aux médicaments, la mère se dit “innocente”

Une femme de 53 ans accusée d’avoir empoisonné ses deux filles, dont l’une est décédée en 2019, en les assommant de médicaments, a de nouveau clamé son innocence lundi matin à l’ouverture de son procès devant la cour d’assises des Landes.Maylis Daubon affirme, depuis sa mise en examen et son incarcération en janvier 2022, que l’aînée, Enea, morte à l’âge de 18 ans, s’est suicidée.”Je suis terrorisée d’être ici, accusée de faits horribles pour une mère et pour une femme, rien au monde n’aurait pu me faire commettre ces actes”, a déclaré celle qui comparaît aussi, jusqu’au 3 décembre à Mont-de-Marsan, pour avoir voulu faire assassiner son ex-mari, père des enfants, en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau.”Je suis innocente (…), je suis dévastée du décès de mon enfant, c’est un chagrin abyssal”, a-t-elle insisté.Le 13 novembre 2019 vers midi, la mère appelle les secours, alertée par la cadette – Luan – d’une crise de convulsions de sa sœur Enea, au domicile familial de Dax. Le Samu la découvre dans son lit en état de mort respiratoire, la réanime mais elle succombe six jours plus tard à l’hôpital.L’enquête sur les causes du décès, outre la présence d’un médicament surdosé, met au jour un conflit parental majeur. Depuis leur divorce en 2009, Maylis Daubon et Yannick Reverdy, ancien joueur international de handball, se déchiraient autour de leurs filles, coupées de toute relation avec leur père à partir de 2011.”Pendant dix ans, je me suis battu un peu tout seul”, a confié ce dernier à l’AFP. Un chien d’assistance, proposé aux victimes qui le souhaitent, était à ses côtés lundi matin sur le banc des parties civiles.- “50 à 75 cachets” -Les analyses du corps de la défunte ont révélé une prise massive – “l’équivalent de 50 à 75 cachets” – de Propranolol, un traitement qui ralentit le cœur.Le rapport d’expertise fait aussi apparaître 22 molécules différentes et une “consommation régulière et importante” de cannabis. Les médecins légistes ont lié le décès à une “décompensation cardiorespiratoire aiguë d’origine toxique”.Les mois précédents, la défunte s’était vu prescrire quantité de neuroleptiques, anxiolytiques sédatifs, traitements contre les convulsions et antidépresseurs. Les enquêteurs estiment qu’elle a consulté près de 30 médecins au cours de sa jeune vie.L’avocat de Yannick Reverdy, Me Victor Font, s’interroge sur cet enchevêtrement risqué d’ordonnances délivrées “sans coordination”.Pour le père, sa fille “n’avait pas de pathologie”, sa mère en a “inventé” pour la mettre “sous emprise psychique, puis chimique”.Une psychologue de la Protection de l’enfance, intervenue en 2018 face à l’absentéisme scolaire anormal d’Enea, a évoqué un possible syndrome de Münchhausen par procuration.Ce syndrome conduit un parent à exagérer ou provoquer des problèmes de santé sérieux chez son enfant, afin d’attirer l’attention ou la compassion. En août 2019, Maylis Daubon a répété à son entourage que sa fille était hospitalisée en soins palliatifs pour une leucémie et qu’elle préparait son enterrement.- Münchhausen par procuration -“Aucun expert psychiatre n’a, dans le cadre de l’instruction, posé clairement ce diagnostic”, balaie l’un des avocats de la défense, Me Gérard Danglade.La personnalité de la mère, décrite comme “menteuse et manipulatrice” par des témoins, sera au cœur des débats. Tantôt professeure à la Sorbonne, ingénieure nucléaire ou casque bleu à Sarajevo, elle manifeste “le besoin d’être sur le devant de la scène”, selon l’accusation.Lundi, Maylis Daubon a déclaré qu’elle était “conseillère en formation continue” avant son arrestation.Elle devra s’expliquer sur les incohérences pointées dans ses déclarations sur le déroulé de la matinée du 13 novembre 2019, concernant notamment son emploi du temps et la disparition du portable d’Enea.Si l’accusée maintient la thèse du suicide, la cadette a évoqué durant l’instruction les “projets d’avenir” qu’avait sa sœur – passer son permis de conduire ou être rescolarisée.L’absentéisme scolaire de Luan a également éveillé les soupçons et des analyses ont révélé des traces de médicaments – codéine, anxiolytique sédatif, somnifère ou antidépresseur – dans ses cheveux, sans prescriptions médicales, conduisant à une nouvelle mise en examen de Maylis Daubon.Sa deuxième fille n’a jamais voulu la mettre en cause: elle sera entendue comme témoin au procès.

“En prison, notre mémoire se vide”, témoigne Boualem Sansal

“En prison, notre mémoire se vide”, a témoigné l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, de retour en France après un an d’incarcération en Algérie, dans un entretien diffusé lundi sur France Inter. “J’ai découvert cette chose terrible en prison, c’est que notre mémoire se vide (…) On ne sait plus parler”, confie l’auteur de 81 ans, qui dit avoir tenté de réciter des poèmes appris “par cœur” avant de “caler”, notamment sur des vers de Verlaine.Incarcéré pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal a retrouvé la liberté le 12 novembre, gracié par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à la demande des autorités allemandes. Transféré dans un premier temps à Berlin pour des soins médicaux avant d’arriver à Paris mardi, il a témoigné dimanche soir sur France 2 et dans le journal Le Figaro. Au départ, “j’étais un détenu comme les autres”, raconte-t-il à la radio publique dans l’entretien enregistré dimanche chez son éditeur Gallimard. Mais face aux réactions en Europe et aux appels à sa libération, ses conditions de détention ont évolué: “À partir de là, j’étais comme un coq en pâte.”Même ainsi, “être prisonnier, c’est une humiliation”, insiste-t-il. “On vous fouille du matin au soir, vous êtes comme un toutou: +Viens ici, assieds-toi là-bas, va là-bas, mange+. Ça, c’est terrible.” Il nuance toutefois: “La prison, on peut s’y habituer, il ne faut pas croire que c’est si terrible que ça. On s’habitue, on a des amis, on a sa petite routine, la cellule, la cour, l’infirmerie…”.Durant son incarcération, l’écrivain dit avoir été “l’animateur” de cours pour les détenus préparant des examens et de séances de sport.Mais “on est obligé de garder sa souffrance pour soi”, assure-t-il. “On pleure dans sa cellule le soir, tout seul dans sa tête”. La lecture lui a été en grande partie inaccessible. Les ouvrages disponibles étaient principalement religieux, en arabe. Les rares livres en français, “abandonnés” par d’anciens détenus, étaient parfois “bouffés par les mites”. Il cite “Notre-Dame de Paris” de Victor Hugo, ainsi que des œuvres de Henry de Montherlant et Guy de Maupassant, “deux de (ses) auteurs favoris”.Écrire, en revanche, lui a été impossible: “On a besoin d’être avec soi, ça ne peut pas se faire dans ces conditions”. Il y a renoncé, redoutant les fouilles “à l’improviste”.Boualem Sansal n’exclut pas d’écrire un livre sur cette période, mais “il faut trouver la façon de raconter cette histoire-là.”

Les cinémas indépendants parisiens contraints de se réinventer pour survivre

C’était se renouveler ou fermer. Face à la baisse de la fréquentation, plusieurs cinémas indépendants parisiens ont misé sur l’innovation, en ouvrant de nouvelles salles ou en élargissant leurs activités, dans un acte pour survivre qu’ils décrivent comme “militant”.La capitale française reste championne du monde des salles obscures avec ses près de 80 cinémas, mais elle a perdu plusieurs établissements emblématiques ces dernières années. Sur les Champs-Élysées, autrefois rendez-vous des cinéphiles, il ne reste plus qu’un seul cinéma, tous les autres ayant baissé le rideau au profit des boutiques de luxe et autres commerces touristiques. En 2014, on comptait encore 1,9 million d’entrées vendues dans les cinémas de la mythique artère. Dix ans plus tard, seuls 133.000 tickets y ont été écoulés, selon les données du service Mission Cinéma de la ville de Paris, un organisme de soutien au septième art. L’Élysées Lincoln, dans une rue transversale, a lui aussi vu son public diminuer. En 2019, ses patrons s’interrogent: faut-il “le fermer, le transformer ou en faire autre chose qu’un cinéma ?”, explique à l’AFP Louis Merle, propriétaire avec son frère Samuel de l’établissement, ainsi que de deux autres cinémas. – Espace “modulable” -“Nous avons décidé qu’il resterait un cinéma parce que nous sommes passionnés, mais il fallait trouver un nouveau modèle économique”, poursuit-il. Après s’être rendus dans plusieurs pays, ils ont décidé de créer un cinéma “modulable”. L’une de ses salles peut ainsi se transformer en salle de réception “en une heure”, pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes.Pour être en adéquation avec le quartier, très huppé, les propriétaires ont réalisé des rénovations haut de gamme et créé un “cinéma de luxe” avec un mobilier très léché. Le coût d’une telle transformation est élevé, près de 2,3 millions d’euros, mais plusieurs institutions publiques ont apporté leur soutien. “Il était inimaginable de voir un autre cinéma fermer sur les Champs-Élysées”, estiment les deux frères, pour qui, maintenir la place de la culture sur la célèbre avenue est un acte “militant”. “Ils remplissent la mission d’animer leurs salles pour proposer une offre différente dans un quartier qui en a besoin”, explique Sophie Cazes, déléguée de Mission Cinéma à la ville de Paris. Le projet s’inscrit dans la tendance actuelle de transformation des cinémas en catégorie “premium”, une gamme offrant un grand confort et une qualité visuelle et sonore élevée. “Le public se fait de plus en plus rare. Il faut le séduire, lui offrir des conditions exemplaires d’accueil, de confort et de qualité de projection”, affirme Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF). En France, la fréquentation des cinémas a reculé d’environ 15% en 2025 par rapport à 2024, revenant au niveau des années 2000.Paris tire cependant son épingle du jeu avec une moyenne de 8,03 entrées de cinéma par an et par habitant, contre 2,73 au niveau national, selon les chiffres du Centre national du cinéma (CNC).- “Résister” -D’autres cinémas indépendants ont fait le choix de réorganiser un espace déjà étroit pour ouvrir une nouvelle salle, afin d’augmenter le nombre de spectateurs. Fabien Houi, gérant du Brady dans le 10e arrondissement, espère passer à 100.000 entrées par an (au lieu de 65.000 actuellement) grâce à l’ouverture d’une troisième salle de 34 places.”Il faut dans la mesure de ses moyens, de ses possibilités, même en termes de place, toujours inventer des choses pour essayer d’exister”, explique-t-il à l’AFP, couvert de poussière de travaux, au milieu du chantier inachevé. Ouvrir une nouvelle salle alors que la fréquentation est en baisse pourrait paraître incongru. Mais l’expérience du Grand Action, situé en plein quartier latin, plaide pour l’initiative.Avec sa nouvelle salle de 27 places (ouverte en 2022), la propriétaire Isabelle Gibbal-Hardy affirme avec satisfaction qu’elle a presque doublé le nombre de sorties par an et “la fréquentation a augmenté bien plus qu’espéré”. Tout en continuant à défendre une offre de cinéma d’auteur.

Aux assises, une mère jugée pour avoir empoisonné ses filles aux médicaments

Le procès d’une femme de 53 ans, accusée d’avoir empoisonné ses deux filles, dont l’une est décédée, en les assommant de médicaments, puis d’avoir voulu faire assassiner leur père depuis la prison, s’est ouvert lundi matin devant la cour d’assises des Landes.Maylis Daubon affirme, depuis sa mise en examen en janvier 2022, que l’aînée, Enea, morte à l’âge de 18 ans, s’est suicidée.Avant l’ouverture des débats, l’un de ses avocats, Me Gérard Danglade, a évoqué “la profonde angoisse” de sa cliente, “qui a toujours dit n’avoir jamais eu de rôle actif dans ce qui s’est passé”.Le 13 novembre 2019 vers midi, la mère appelle les secours, alertée par la cadette – Luan – d’une crise de convulsions de sa sœur Enea, au domicile familial de Dax. Le Samu la découvre dans son lit en état de mort respiratoire, la réanime mais elle succombe six jours plus tard à l’hôpital.L’enquête sur les causes du décès, outre la présence d’un médicament surdosé, met au jour un conflit parental majeur. Depuis leur divorce en 2009, Maylis Daubon et Yannick Reverdy, ancien joueur international de handball, se déchiraient autour de leurs filles, coupées de toute relation avec leur père à partir de 2011.”Pendant dix ans, je me suis battu un peu tout seul”, a confié à l’AFP celui que l’accusée aurait voulu faire assassiner en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau.Un chien d’assistance, présent au palais de justice de Mont-de-Marsan pour soutenir les victimes qui le souhaitent, était à ses côtés lundi matin sur le banc des parties civiles.- “50 à 75 cachets” -Les analyses du corps de la défunte ont révélé la présence de “l’équivalent de 50 à 75 cachets” de Propranolol, un traitement qui ralentit le cœur.Le rapport d’expertise fait aussi apparaître 22 molécules différentes et une “consommation régulière et importante” de cannabis. Les médecins légistes ont lié le décès à une “décompensation cardiorespiratoire aiguë d’origine toxique”.Les mois précédents, la défunte s’était vu prescrire quantité de neuroleptiques, anxiolytiques sédatifs, traitements contre les convulsions et antidépresseurs. Les enquêteurs estiment qu’elle a consulté près de 30 médecins au cours de sa jeune vie.L’avocat de Yannick Reverdy, Me Victor Font, s’interroge sur cet enchevêtrement risqué d’ordonnances délivrées “sans coordination”.Pour le père, sa fille “n’avait pas de pathologie”, sa mère en a “inventé” pour la mettre “sous emprise psychique, puis chimique”.- Münchhausen par procuration -Une psychologue de la Protection de l’enfance, intervenue en 2018 face à l’absentéisme scolaire anormal d’Enea, a évoqué un possible syndrome de Münchhausen par procuration.Ce syndrome conduit un parent à exagérer ou provoquer des problèmes de santé sérieux chez son enfant, afin d’attirer l’attention ou la compassion. En août 2019, Maylis Daubon avait répété dans son entourage que sa fille était hospitalisée en soins palliatifs pour une leucémie et qu’elle préparait son enterrement.”Il n’y a pas de Münchhausen par procuration”, balaie l’autre avocate de la défense, Me Carine Monzat, Me Danglade soulignant qu'”aucun expert psychiatre n’a, dans le cadre de l’instruction, posé clairement ce diagnostic”.La personnalité de la mère, décrite comme “menteuse et manipulatrice” par des témoins, sera au cœur des débats. Tantôt professeure à la Sorbonne, ingénieure nucléaire ou casque bleu à Sarajevo, elle manifeste “le besoin d’être sur le devant de la scène”, selon l’accusation.Lundi matin, Maylis Daubon a déclaré qu’elle était “conseillère en formation continue” jusqu’à son incarcération.- “Incohérences” -Elle devra s’expliquer sur les “importantes et graves incohérences” pointées par les juges dans ses déclarations sur le déroulé de la matinée du 13 novembre 2019, touchant à son emploi du temps, ses échanges téléphoniques et la disparition du portable d’Enea.Si l’accusée maintient la thèse du suicide, la cadette a évoqué les “projets d’avenir” qu’avait sa sœur – passer son permis de conduire ou être rescolarisée.L’absentéisme scolaire de Luan a également éveillé les soupçons et des analyses ont révélé des traces de médicaments – codéine, anxiolytique sédatif, somnifère ou antidépresseur – dans ses cheveux, sans prescriptions médicales, conduisant à une nouvelle mise en examen de Maylis Daubon.Sa deuxième fille n’a jamais voulu la mettre en cause: elle sera entendue comme témoin au procès, prévu jusqu’au 3 décembre.