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Collecte de vêtements en France: un modèle usé jusqu’à la corde

En crise depuis 18 mois, la filière française de la collecte des vêtements périclite. Mais les travaux ont repris avec les différentes parties et le gouvernement espère avoir les grandes lignes d’une réforme d’ici mars.Débordé par les flux massifs de l’ultra fast-fashion, le modèle est “à bout de souffle” et “s’effondre progressivement”, estime pour l’AFP Maud Hardy, directrice générale de Refashion, éco-organisme chargé d’accompagner l’industrie de la mode vers une économie plus circulaire.Ce constat n’est pas nouveau, mais la réforme lancée au printemps 2025 patine. Lors d’une réunion sous son égide vendredi dernier, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a présenté un scénario de désenvasement.Le gouvernement espère un cahier des charges de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) textiles d’ici fin mars. Mais de nombreux arbitrages restent à faire et le nouveau modèle n’entrera pas en vigueur avant 2027, prévient-il.- Emplois menacés -En 2024, pour 891.309 tonnes de nouveaux produits (vêtements, linge de maison et chaussures), 289.393 tonnes de produits usagés ont été collectées. Or le système repose encore à “plus de 60%” sur l’export, notamment en Afrique, rappelle Maud Hardy, et les marchés africains sont désormais saturés de vêtements importés de Chine, d’occasion ou neufs et à bas prix. Résultat: effondrement des prix, difficultés financières pour les trieurs, accumulation de stocks…En outre, “on ne peut pas continuer à envoyer nos déchets à l’autre bout du monde”, une bonne partie des textiles finissant en décharge ou dans les cours d’eau, ajoute-t-elle.Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge…) affrontent aussi la concurrence des plateformes comme Vinted ou les dispositifs seconde main des marques.La crise a éclaté au grand jour l’an dernier quand le réseau d’entreprises de tri Le Relais a déversé des tonnes de vêtements devant de grandes enseignes.Pierre Duponchel, fondateur du Relais, est inquiet: “On tient la filière à bout de bras, nous ne tiendrons pas six mois s’il n’y a pas de décision”. “On a de plus en plus de vêtements de moindre qualité qui nous coûtent de l’argent”, abonde Emmanuel Pilloy, président du Relais France, rencontré dans le plus grand centre de tri du Relais en France, à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), où 350 salariés embauchés en insertion trient chaque jour manuellement 70 tonnes de textiles.Les acteurs de la collecte jugent toujours insuffisante la revalorisation du montant versé par Refashion, passé à l’été dernier de 156 à 223 euros par tonne de déchets triés. Ce montant provient de l’éco-contribution payée par les marques à Refashion pour chaque vêtement neuf vendu. Mais selon M. Pilloy, elle ne couvre plus les coûts: “Sur quatre centimes prélevés” par pièce “un centime nous est reversé, on a besoin de plus”.Chez Emmaüs France, Thomas Ladreyt alerte sur “plus de 5.000 emplois menacés” et demande un soutien porté à 304 euros la tonne.- “Submersion” -La contribution “ne permet plus aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de faire correctement leur métier”, estime Benoît Hamon, président de l’association ESS, accusant certains vendeurs, “Shein, Temu”, d’organiser “une forme de submersion de textiles” sans “mettre l’argent sur la table” pour financer leur fin de vie.Le gouvernement a réclamé à Refashion des propositions cette semaine pour “faire payer davantage” l’ultra fast-fashion, et à l’Agence de la transition écologique Ademe de chiffrer sous un mois les soutiens nécessaires pour les opérateurs.A long terme, l’État veut accélérer l’émergence d’une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements: réemploi d’abord, recyclage ensuite.Le scénario inclut des pénalités pour les produits polyester ou multi-matières, des primes pour l’incorporation de matières recyclées et une traçabilité intégrale pour chaque maillon de la chaîne.Toutes les parties questionnées par l’AFP trouvent le scénario “plausible” mais restent “vigilantes” en attendant un chiffrage.Une question reste sensible: l’accès aux fripes de meilleure qualité, “la crème”. Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce (grandes enseignes), fixe une “ligne rouge”: “Nous ne voulons pas de discrimination entre opérateurs et metteurs en marché”. “Il y a de la place pour tout le monde”, dit-il, soulignant que seuls 30% des vêtements sont aujourd’hui collectés, loin de l’objectif de 60% fixé pour 2028.

La marine et la justice française poursuivent la chasse aux pétroliers fantômes russes

Deuxième pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe arraisonné par la Marine française, le Grinch a vu sont capitaine indien, âgé de 58 ans, être placé en garde à vue samedi soir après avoir été escorté dans le golfe de Fos, près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos.Trois jours après la spectaculaire opération des commandos marine français, héliportés sur le pétrolier, la justice marseillaise a pris le relais et a débuté les investigations dans le cadre de l’enquête préliminaire pour défaut de pavillon ouverte jeudi.Les enquêteurs la section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon et le centre de sécurité des navires de Marseille doivent procéder à un certain nombre de vérifications, notamment à bord du Grinch, pour contrôler les documents de navigation ainsi que “la validité du pavillon”, a indiqué le parquet de Marseille.L’équipage, “également de nationalité indienne” est “maintenu à bord” du pétrolier, a précisé la même source.Le Grinch est soupçonné d’appartenir à une flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. – Coopération maritime internationale -Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, entouré d’un navire de la Marine nationale ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie.Pour garantir “la sûreté et la sécurité” de l’enquête en cours, les autorités maritimes ont défini “des zones d’exclusion nautique et aérienne”.Le Grinch avait été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, dont le Royaume-Uni, avait annoncé alors sur X le président français Emmanuel Macron.- “French navy” -Sur des images de l’opération d’arraisonnement, transmises par la Marine nationale, on peut voir les commandos marine français prendre le contrôle du navire après avoir été déposés en rappel depuis un hélicoptère sur le pont du Grinch, alors qu’un deuxième hélicoptère s’était posté à l’avant du bateau pour sécuriser l’intervention.Rapidement les commandos français prenaient le contrôle de la passerelle en lançant “French Navy, French Navy” (Marine française, NDLR) aux personnels présents sur la passerelle.Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de Carl sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l’issue, le parquet de Brest a décidé d’engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour “refus d’obtempérer”.Le président français Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir “accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre” en Ukraine. Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

SOS Racisme porte plainte contre l’influenceuse Mila pour une image de saluts nazis

L’association SOS Racisme a déposé plainte contre la militante anti-islam Mila pour “apologie de crime contre l’humanité” après la diffusion sur Instagram en septembre d’une image montrant des saluts nazi sur un tee-shirt, a indiqué à l’AFP son président, confirmant des informations de Streetpress.”Je vous confirme le dépôt d’une plainte”, a indiqué à l’AFP le président de SOS Racisme Dominique Sopo.Cette plainte, déposée en septembre auprès du Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) et renvoyée au parquet de Lyon, fait suite à la publication d’une photo le 6 septembre par l’influenceuse de 22 ans dans une story sur son compte Instagram très suivi (plus de 59.000 abonnés à l’époque et plus de 79.000 actuellement). Cette photo montre le tee-shirt d’un homme portant l’inscription “Adidolf” et “assortie de trois bras levés à 45 degrés, paume vers le sol, évoquant sans ambiguïté les saluts nazis”, indique SOS Racisme dans sa plainte, consultée par l’AFP.Cette image, qui détourne le logo Adidas pour remplacer ses trois bandes par ces saluts, “remplit les conditions nécessaires à la qualification du délit d’apologie de crimes contre l’humanité”, poursuit l’association.Dans une vidéo publiée samedi sur Instagram, l’influenceuse a annoncé qu’elle était “convoquée” par la justice “pour apologie du terrorisme” pour cette publication. Dans sa vidéo, elle invoque le “second degré”, estimant qu’il s’agissait “d’humour noir sur un tee-shirt” avec “un simple jeu de mots”.Mila Orriols a été condamnée en décembre à Lyon à 2.000 euros d’amende avec sursis pour l’envoi d’un tweet raciste en février 2024, une décision dont son avocat avait annoncé faire appel. Elle avait écrit sur X: “Une immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et de très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours.”Mila est apparue dans le paysage médiatique en 2020, victime d’un harcèlement continu après ses critiques en ligne sur l’islam, qui l’a notamment contrainte à vivre sous protection policière.Plusieurs peines de prison avec sursis et allant jusqu’à quatre mois ferme sous bracelet électronique ont été prononcées depuis 2021 contre des cyberharceleurs l’ayant pris pour cible.Ces dernières années, Mila est devenue l’égérie de l’extrême droite: en 2024, elle a rejoint le collectif identitaire Némésis, se réclamant du féminisme, et participé aux universités d’été de Reconquête!.

“Parlez” du harcèlement: foule à la marche pour Camélia qui s’est suicidée à 17 ans

“Parlez” du harcèlement scolaire, “les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer”, a imploré dimanche à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) l’oncle de Camélia, qui s’est suicidée le 13 janvier à 17 ans, à l’issue d’une marche en sa mémoire réunissant plus de 2.000 personnes.Salim Ayachi s’exprimait devant le lycée Honoré-de-Balzac de Mitry-Mory où était scolarisée sa nièce, devant une foule compacte – 2.200 personnes de source policière – formée de familles et de nombreux élèves de cet établissement et d’autres de la région. Il a ensuite pris dans ses bras la mère de Camélia, qui tenait un portrait de sa fille unique et a seulement prononcé quelques remerciements, avant que des ballons blancs soient lancés vers le ciel. Sur la banderole de tête de la marche blanche partie de la gare de Mitry-Claye, on lisait “Ensemble contre le harcèlement scolaire”, et sur une autre banderole de la FCPE 77 “Un mot peut blesser, un mot peut sauver”.L’élève de terminale, qui devait fêter ses 18 ans vendredi, s’est tuée le 13 janvier dans une gare de la ville, en se couchant sur des rails de RER B, où elle a été percutée par un train. Le lendemain, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont l’une pour “harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider”, et une enquête administrative ordonnée.”Je lance un appel au calme mais certainement pas un appel au silence, car face au harcèlement, se taire, c’est laisser mourir”, a dit à la foule M. Ayachi, rapportant que Camélia avait subi quotidiennement insultes, brimades, humiliations, dans sa classe et en dehors. Il a assuré que la maman de Camélia avait “appelé à l’aide” et “reçu en retour le silence”, en insistant: “Minimiser” le harcèlement, “ou ajouter un +mais+, c’est déjà y participer”.”Ce week-end Camélia aurait eu 18 ans, elle avait préparé sa fête, la liste des invités, des cadeaux (…) C’est elle qui nous offre un cadeau, un cadeau à toutes les victimes de harcèlement scolaire, c’est un espace d’écoute”, a-t-il encore déclaré. “Lycéens, vous nous avez dit que vous vouliez être entendus. C’est le moment. Parlez, racontez, dénoncez (…) Parents, parlez à vos enfants (…) Etablissements scolaires, soyez transparents. Quand des faits sont signalés, prenez vos responsabilités”, a-t-il encore dit.Dans un communiqué publié mardi, le procureur de Meaux Jean-Baptiste Bladier avait appelé “solennellement à la plus grande prudence dans l’expression publique et la mise en cause médiatique de personnes, notamment le proviseur” du lycée, actuellement en retrait de l’établissement. 

Trois départements bretons maintenus en vigilance orange crues jusqu’à lundi

Trois départements bretons, le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, restent placés en vigilance orange crues jusqu’à lundi, malgré une accalmie dimanche, a indiqué dimanche Météo-France. Une succession de perturbations “a concerné la Bretagne cette semaine, occasionnant des crues sur la majorité des cours d’eau. Des débordements sont en cours sur de nombreux cours d’eau bretons”, selon le point de Vigicrues publié à 10H00.Toutefois, les précipitations ont “perdu en intensité et une accalmie relative s’amorce pour la journée de dimanche”, indique Vigicrues.Ainsi, en Bretagne, “les averses attendues ne seront pas de nature à relancer significativement les crues. Les décrues et la propagation s’amorcent ou se poursuivent sur de nombreux secteurs”, d’après la même source.Interrogé par l’AFP, Michaël Quernez, maire de Quimperlé, ville du Finistère de 12.000 habitants où la Laïta est sortie cette semaine de son lit, pointait dimanche une amélioration de la situation dans sa commune.”On a une décrue qui nous permet de prendre des décisions qui vont faciliter la vie des gens”, a-t-il dit, citant la réouverture de certaines voies.Toutefois, malgré cette accalmie, “on reste extrêmement vigilant et extrêmement prudent, puisque nous savons que la pluviométrie nous est défavorable, malgré des coefficients de marée qui eux sont favorables. On a une pluviométrie qui va être très importante, à la fois sur le bassin versant et sur Quimperlé”, prévient le maire.Ainsi, il n’est pas impossible que mardi ou mercredi “la Laïta passe par-dessus des barrières anti-inondations à nouveau”.En Ille-et-Vilaine, à Redon, ville qui avait été touchée par des inondations à la même période l’an passé, “il y a déjà quelques voies qui ont été fermées à la circulation. Mais on n’est pas encore au niveau de janvier 2025”, a expliqué à l’AFP le maire Pascal Duchêne. Mais, “la situation devrait se détériorer en milieu/fin de semaine prochaine”.Aussi, le Plan communal de sauvegarde (PCS) a été déclenché et la sécurité civile était présente à Redon dimanche “en reconnaissance technique du terrain, dans le cas où les dispositifs anti-inondation devraient être installés”.

Lecornu envisage un ajustement de son gouvernement après la séquence budgétaire

Le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage un “ajustement” de son équipe gouvernementale une fois le budget définitivement adopté, a-t-on appris auprès de son entourage, confirmant une information de La Tribune Dimanche.”Le Premier ministre réfléchit à proposer au président de la République un ajustement gouvernemental après la séquence budgétaire, si elle se termine bien”, a-t-on précisé.Le chef du gouvernement pourrait également profiter des prochaines élections municipales (15 et 22 mars) pour procéder à ces changements. La ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a fait savoir qu’elle quitterait le gouvernement avant le scrutin pour se consacrer à sa campagne. Deux autres ministres, Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité) sont candidats aux municipales, respectivement à Aix-les-Bains et dans les Vosges.Quant à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, elle était engagée dimanche dans un second tour de législative partielle dans le Loiret. En position plutôt favorable après le premier tour, elle a prévenu qu’elle quitterait le gouvernement en cas de défaite.Sébastien Lecornu a brandi à deux reprises l’article 49.3 pour faire adopter les volets recettes et dépenses du budget 2026. Il doit encore affronter en début de semaine une nouvelle motion de censure. Après un nouveau passage au Sénat, le texte devrait être définitivement adopté début février.Interrogée sur LCI dimanche matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a refusé de commenter les informations sur cet éventuel ajustement gouvernemental. “C’est une prérogative, vous le savez, qui appartient uniquement au président de la République et au Premier ministre”, a-t-elle déclaré.Alors que la page budgétaire est en train de se tourner, Mme Bregeon a estimé que l’activité du gouvernement ne pourra se limiter à gérer les affaires courantes.”Il y a les débats qui seront ceux de la présidentielle et je ne doute pas qu’il y en aura beaucoup. Et puis il y a toutes les urgences du quotidien (qui) ne peuvent pas attendre 2027″, a-t-elle déclaré.Elle s’est dite “convaincue” qu’une majorité était trouvable sur un certain nombre de ces sujets, citant la relance de la construction de logements, l’armement des polices municipales ou encore l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui sera débattue à l’Assemblée lundi.

Le pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe à disposition de la justice française

Le pétrolier Grinch, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, se trouve dimanche au mouillage dans le golfe de Fos, près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos, sous la garde de la Marine et à la disposition de la justice française.Le navire a été escorté jusqu’au golfe de Fos, dans le sud de la France, pour y être “maintenu à la disposition du procureur de la République de Marseille, dans le cadre de l’enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon”, avait indiqué samedi la préfecture maritime de Méditerranée.Le Grinch est soupçonné d’appartenir à une flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.Le parquet de Marseille doit procéder, avec les enquêteurs de la gendarmerie maritime, à un certain nombre de vérifications sur le Grinch.Selon une source proche du dossier, le capitaine et son équipage devraient être entendus dans le cadre de cette enquête.Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, a constaté dimanche matin un photographe de l’AFP.Il est entouré d’un navire de la Marine nationale, également au mouillage à proximité, ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie, dont l’une tourne autour du Grinch.Pour garantir “la sûreté et la sécurité” de l’enquête en cours, les autorités maritimes ont défini “des zones d’exclusion nautique et aérienne”.Le pétrolier avait été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, dont le Royaume-Uni, avait annoncé alors sur X le président français Emmanuel Macron.- “French navy” -Sur des images de l’opération d’arraisonnement transmises par la Marine nationale l’on peut voir les commandos marine français prendre le contrôle du navire après avoir été déposés en rappel depuis un hélicoptère sur le pont du Grinch, alors qu’un deuxième hélicoptère s’était posté à l’avant du bateau pour sécuriser l’intervention.Rapidement les commandos français prenaient le contrôle de la passerelle en lançant “French Navy, French Navy” (Marine française, ndlr) aux personnels présents sur la passerelle.A la suite de cet arraisonnement, le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon. Comme le prévoit le droit maritime, l’équipage a été soumis à une mesure de restriction ou de privation de liberté qui permet de faire la transition entre l’arraisonnement et la remise aux autorités françaises, selon une source judiciaire.Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de “Carl” sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l’issue, le parquet de Brest a décidé d’engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour “refus d’obtempérer”.Le président français Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir “accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre” en Ukraine. Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la “flotte fantôme” font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

Le gouvernement inscrit le rythme de réchauffement dans la réglementation

+4°C en France métropolitaine à horizon 2100, +2,7°C en Martinique, +2,9°C à La Réunion… Le gouvernement a inscrit dans la réglementation le rythme du réchauffement climatique, basé sur les projections mondiales, selon un arrêté au Journal Officiel publié dimanche. Attendu depuis plusieurs mois, l’arrêté fixant la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, ou Tracc, a été publié après une consultation publique lancée en septembre.Cette trajectoire s’appuie sur les travaux des scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) combinés à ceux des chercheurs français et de Météo-France.Pour la France métropolitaine le réchauffement anticipé dans ce document est ainsi de 2°C à l’horizon 2030, de 2,7°C à l’horizon 2050 et de 4°C à l’horizon 2100.Pour la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, le réchauffement attendu est de 1,4°C à l’horizon 2030, de 1,9°C à l’horizon 2050, et de 2,7°C à l’horizon 2100.Pour la Guyane il est de 1,7°C à l’horizon 2030, 2,3°C à l’horizon 2050, et 3,5°C à l’horizon 2100. Pour La Réunion, respectivement de 1,5°C, 2°C et 2,9°C. Pour Mayotte il est de 1,5°C, 2°C, et 3°C.La France, comme plus généralement l’Europe, devrait continuer, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, à se réchauffer plus rapidement que la moyenne de la planète, d’après les projections des climatologues.Le thermomètre mondial affiche depuis trois ans des niveaux jamais vus à l’échelle de l’humanité, avec une moyenne sur la période supérieure de 1,5°C au niveau préindustriel (1850-1900), a observé l’observatoire européen Copernicus dans son bilan annuel publié à la mi-janvier.L’ensemble des plans, nationaux ou locaux, adoptés pour l’adaptation au changement climatique devraient ainsi se fier aux mêmes projections de températures.

Le traitement judiciaire de l’inceste parental en question en France

Ya-t-il un problème dans le traitement judiciaire de l’inceste parental? Soulevée par des associations et des collectifs de mères depuis plusieurs années, cette question pourrait bientôt faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Portée par le député apparenté au groupe socialiste Christian Baptiste, cette initiative est au coeur d’une proposition de résolution (PPR) qui devrait être examinée mardi ou mercredi à l’Assemblée nationale. Si elle voit le jour, la commission d’enquête sera notamment chargée d’examiner les causes des classements sans suite, d’évaluer la prise en compte de la parole de l’enfant et de “formuler des recommandations législatives et réglementaires garantissant une protection réelle des enfants victimes d’inceste et une sécurité juridique des parents protecteurs”.Car à l’heure actuelle, “les outils juridiques existants ne protègent pas les enfants”, estime Christian Baptiste, qui cite les chiffres de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Selon cette dernière, seule une plainte pour inceste sur dix aboutit à une condamnation.Les enfants victimes demeurent par ailleurs “encore trop souvent exposés à leur agresseur, et les parents qui tentent de les protéger – le plus souvent des mères – se retrouvent eux-mêmes poursuivis”, ajoute le député. Ces critiques et ces inquiétudes rejoignent les cris d’alerte lancés depuis le début des années 2020 par la Ciivise et notamment l’emblématique juge des enfants Edouard Durand.  Le magistrat s’est notamment à plusieurs reprises ému de voir le parent protecteur être condamné pour non représentation d’enfant, dénonçant une inversion de culpabilité.  Longtemps menée dans l’ombre, la lutte de ces mères dites “protectrices”, en particulier celle menée par le collectif Incesticide, a reçu ces dernières années le soutien médiatique de l’ancienne Première dame Carla Bruni ou de la comédienne Isabelle Carré. – “Folles” -Au sein de la classe politique et du gouvernement, les lignes commencent à bouger. La ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé s’est à plusieurs reprises inquiétée du manque de protection des mères lançant l’alerte dans les affaires d’inceste paternel. “Il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur elles”, a-t-elle déploré fin novembre auprès de l’AFP, “elles seraient donc toutes folles et elles prendraient tout un malin plaisir à dénoncer les violences sexuelles que leurs enfants subiraient”. “Si on veut une société vigilante, où les gens osent signaler, il faut aussi protéger ceux qui dénoncent, on doit avoir une présomption de protection qui doit bénéficier à nos enfants”, ajoutait-elle. Sollicité par l’AFP, l’entourage du ministre de la Justice Gérald Darmanin reconnaît qu’il “y a un certain nombre de dysfonctionnements dans la prise en charge des enfants” et qu’il convient de “pallier ces manquements”.La loi a déjà évolué. Suivant les préconisations de la Ciivise, le code pénal a été modifié en mars 2024. Désormais, le retrait total de l’autorité parentale en cas de condamnation pour inceste est rendu plus systématique. – Réserves -Evoquée par Gérald Darmanin en août, une “ordonnance de sûreté” visant à “protéger sans délai un enfant face à un parent agresseur” est, elle, soumise à un calendrier parlementaire bousculé par la crise budgétaire.”Il doit y avoir une ordonnance de protection immédiate” et ce dès le dépôt de plainte de l’enfant, insiste la présidente de l’association Face à l’inceste Solène Podevin-Favre.”Un enfant qui a le courage de déposer une plainte va devoir rester chez son parent potentiellement agresseur pendant toute la durée de l’enquête et l’enquête en moyenne c’est 5 ans. Cette situation est intenable”, insiste Solène Podevin-Favre. L’avocate Marie Dosé émet, elle, certaines réserves. “Une interdiction générale absolue de tout contact entre l’enfant et le parent mis en cause est susceptible de porter atteinte à l’intérêt supérieur de certains enfants concernés.””Ériger de telles interdictions en principe irréfragable et intangible me paraît dangereux”, ajoute-t-elle. “Ce qu’il faut, surtout, c’est donner les moyens aux juges d’agir le plus rapidement possible en ayant le maximum d’informations”. 

Cinéma: “De la Comédie-Française” triomphe au Festival de l’Alpe d’Huez

“De la Comédie-Française”, de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, a remporté un record de quatre prix au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, qui a également récompensé Laurent Lafitte et Laure Calamy.Le Grand prix a été accordé par le jury du festival, dirigé par Audrey Lamy, à “C’est quoi l’amour ?”, de Fabien Gorgeart. Cette comédie retrace avec humour les efforts d’un couple afin de faire reconnaître la nullité de leur mariage auprès de l’Église.Pour son rôle dans le film, Laure Calamy a reçu le prix d’interprétation féminine.De manière inédite dans le festival, clos ce dimanche, quatre autres prix ont été accordés à une seule œuvre: “De la Comédie-Française”. Premier film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, il est consacré par les prix du jury, du public, de la Région Auvergne-Rhône-Alpez et des abonnés Canal +.L’opus se déroule entièrement au sein même de la Comédie Française et narre l’histoire d’une metteuse en scène de la célèbre institution.Cette dernière était d’autant plus à l’honneur du festival que c’est un de ses anciens pensionnaires, Laurent Lafitte, qui a reçu le Prix d’interprétation masculine pour ses rôles dans “Alter Ego”, des réalisateurs Nicolas Charlet et Bruno Lavaine.Dans cette comédie décalée attendue en salles en mars, le comédien de 53 ans incarne Alex, un quinquagénaire dégarni dont la vie bascule avec l’arrivée d’un nouveau voisin, Axel – également campé par Lafitte – son sosie parfait et chevelu à qui tout semble réussir.Dans une récente interview à l’AFP, l’acteur avait confié s’être senti “porté” par ce projet et, “du coup, j’ose faire plein de choses”, avait-il dit. Le postulat absurde d'”Alter Ego” repose sur la performance de l’acteur, déjà trois fois nominé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle aux César – “Elle” (2017), “Au revoir là-haut” (2018), “Le comte de Monte-Cristo” (2024) -, crédible ici dans ces deux personnages opposés.