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L’épidémie de grippe s’achève en métropole

L’épidémie de grippe est en train de s’achever en métropole, plusieurs régions françaises étant déjà revenues à la normale, a constaté mercredi l’agence de santé publique, rapportant que les taux de vaccination étaient un peu meilleurs que l’année précédente.”L’épidémie de grippe 2025-26 (est) terminée dans l’Hexagone”, a résumé Santé publique France dans un bilan hebdomadaire, soulignant que quatre régions – Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire, ¨Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine – étaient complètement revenues à la normale.Les neuf autres devraient vite suivre, étant dites en “post-épidémie”. Outre-mer, néanmoins, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane restent touchées par l’épidémie.Il est encore trop tôt pour dresser un bilan en matière de mortalité, mais l’épidémie de grippe s’avère déjà moins longue qu’un an plus tôt, quand elle avait été marquée par deux pics successifs et avait été particulièrement meurtrière avec plus de 17.000 décès.L’agence de santé publique remarque que le taux de vaccination s’est un peu amélioré par rapport à la saison dernière, marquée par des chiffres assez médiocres. “Au 31 décembre 2025, la couverture vaccinale contre la grippe de l’ensemble des personnes ciblées par la vaccination (…) était de 46,3%”, estime Santé publique France. “Elle était de 53,3% chez les personnes âgées de 65 ans et plus.””Ces couvertures vaccinales sont supérieures à celles observées à la même date pour la saison 2024-2025”, souligne-t-elle, rappelant les chiffres: 42,5% pour l’ensemble des personnes à risque (et) 49,8% chez les personnes âgées de 65 ans et plus.En revanche, la vaccination contre le Covid, recommandée par les autorités de manière couplée avec celle contre la grippe, continue à baisser alors que ses taux sont déjà très bas: fin décembre, à peine plus de 15% des plus de 65 ans et moins de 13% de l’ensemble des personnes à risque s’étaient fait vacciner dans le cadre de la campagne actuelle. Santé publique France explique toutefois que ces chiffres peuvent être sous-estimés en raison d’une méthodologie différente de décompte par rapport à la grippe.

France appoints new Louvre chief after jewellery heist

The president of France’s Palace of Versailles on Wednesday took over as head of the Louvre following a litany of problems at the world’s most-visited museum including a $100 million jewellery robbery.Christophe Leribault replaced Laurence des Cars as the Louvre chief, with government spokeswoman Maud Bregeon saying he would “lead major projects for the institution’s …

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Bill Gates admits affairs but denies involvement in Epstein crimes

Bill Gates has admitted making a “huge mistake” in associating with Jeffrey Epstein, telling staff at his charity foundation that he had affairs with two Russian women but denying involvement in the disgraced financier’s crimes.The Microsoft co-founder is among the prominent names appearing in documents released by the US Justice Department that revealed close friendships, …

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A Angers, Shein accueille ses premiers clients sans attirer la foule

Pas de foule comme à l’automne à Paris, mais des fidèles du site internet venus découvrir Shein “en vrai”: des amateurs de la marque de mode asiatique ultra-éphémère se sont pressés mercredi matin au BHV d’Angers, prêts à acheter mais parfois déçus.Un quart d’heure avant l’ouverture, Maud Bigot, 34 ans, patiente avec ses filles de 10 et 12 ans en tête d’une file d’attente d’une dizaine de personnes. La jeune femme, chignon blond et lunettes de soleil plantées sur la tête, passe “très régulièrement” commande sur le site internet de Shein.”Environ une fois par mois, mais ce serait toutes les semaines si j’écoutais mes filles… Les tarifs sont hyper abordables, on ne peut pas se le permettre ailleurs”, explique cette comptable. Une fois dans le magasin, ses filles slaloment dans les rayons, essayent ici un pull, là un pantalon. “C’est bien plus cher que sur le site”, souffle Maud Bigot. Carla, caissière de 25 ans dans un hypermarché, passe commande depuis “quatre ou cinq ans” sur le site de Shein et était impatiente de découvrir la marque “en vrai”. “La collection est plus basique que le site, plus chère aussi”, relève-t-elle.La direction du BHV d’Angers assure que les prix affichés sont les mêmes que sur le site, le magasin ne proposant toutefois que la gamme “premium” de Shein. Comme à Angers, des corners ont ouvert mercredi à Limoges, Dijon, Grenoble et Reims, découlant d’un partenariat dévoilé en octobre par l’exploitant du BHV — la Société des grands magasins (SGM) cofondée par Frédéric Merlin — et le géant de la vente en ligne Shein, régulièrement accusé de concurrence déloyale et de pollution environnementale. – Promotion -A Dijon, seuls sept clients ont franchi les portes du BHV à l’heure d’ouverture pour rejoindre le corner Shein, loin des foules qui s’étaient massées l’an dernier pour l’ouverture d’une boutique éphémère dans la même ville. Les ouvertures en province avaient été reportées mi-novembre, en pleine tempête médiatique après la découverte de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes et d’armes de catégorie A sur la section du site de Shein dédiée aux vendeurs tiers. Le dirigeant avait invoqué la nécessité d'”adapter l’offre” et la “politique de prix”, dix jours après l’inauguration d’un magasin Shein au BHV de Paris.Avec ces nouvelles ouvertures, “l’idée est de tester, d’apprendre et d’ajuster avant d’élargir”, a indiqué le groupe SGM mardi.”Je sais qu’il y a des critiques mais pour les gens comme moi, qui n’ont pas beaucoup de revenus, ça permet d’acheter de jolies choses, d’avoir l’impression d’être bien habillée”, explique dans les rayons Irmine Pontalba, 63 ans, un pull noir et blanc à la main. Elle écarte sa veste pour montrer sa tunique: “Ca aussi, c’est Shein.” Les cent premiers clients ont reçu à l’entrée un bon pour un “cadeau collector” à retirer en caisse. Un panneau rose annonce une promotion de 40% dès le deuxième article acheté. – “Créer un flux” -“On propose des prix très attractifs pour les quatre premiers jours”, précise la directrice du magasin, Adeline Commard. Selon elle, l’arrivée de Shein au BHV “va créer un flux”: “en ce moment, beaucoup de magasins ferment, ce genre d’enseignes fait venir la clientèle.” Les polémiques ne sont pour elle “pas un sujet”. Près du grand magasin, un cafetier partage son analyse: “en ce moment, toute ouverture est bonne à prendre, cela fait vivre le centre-ville”, affirme ce gérant, qui souhaite rester anonyme pour “ne pas entrer dans la polémique”. Plusieurs magasins de vêtements du centre-ville, qui ne souhaitaient pas non plus être cités, se sont inquiétés auprès de l’AFP de l’arrivée de cette concurrence “à coup de prix réduits” qui pourrait capter leur clientèle. Dans le corner de 300 mètres carrés du BHV, des vendeuses vêtues de combinaisons noires marquées “Shein Squad” orientent les clientes. Sac noir et blanc à la main, Maud Bigot s’apprète à quitter le magasin. Elle continuera, dit-elle, à passer commande sur internet. 

Dernière ligne droite pour les négociations sur l’assurance chômage et les ruptures conventionnelles

Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies par an, principalement sur les ruptures conventionnelles, et d’éviter ainsi que le gouvernement ne reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Pour les salariés ayant conclu une rupture de contrat d’un commun accord avec leur employeur, les droits au chômage seraient ainsi réduits.Les trois organisations patronales interprofessionnelles (Medef, CPME, U2P) ont transmis lundi un projet d’accord qui ferait passer de 18 à 15 mois la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs ayant signé une rupture conventionnelle.Cette seule mesure permettrait d’économiser 270 millions dès 2027 et 940 millions d’euros une fois la mesure pleinement montée en charge, c’est-à-dire à partir de 2030, selon un chiffrage de l’Unédic. Elle aurait toutefois besoin d’être votée par le Parlement avant de pouvoir être appliquée.Selon plusieurs négociateurs, un accord pourrait également être trouvé pour assurer un meilleur recouvrement des trop-perçus versés aux chômeurs, dont les trois quarts sont inférieurs à 650 euros et dont 68% sont d’ores et déjà recouvrés au bout de quatre ans.Ces trop-perçus représentent au total près de 1,3 milliard d’euros en 2025, soit 3% des indemnités versées par l’Unédic.Les autres mesures envisagées par le patronat, comme la dégressivité des allocations après une rupture conventionnelle ou un durcissement des conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle, seraient abandonnées.Pour protester contre cette dernière éventualité, au moins 300 personnes se sont réunies dans la matinée à l’appel de la CGT devant le siège de l’Unédic, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle estimé.Des rassemblements sur le même thème se sont également tenus dans d’autres villes, dont Marseille, où plus d’une centaine de personnes ont manifesté devant le siège régional du Medef. Une dizaine de manifestants se sont introduits dans les locaux de l’organisation patronale pendant une heure sans commettre de dégradations, a-t-on appris de sources concordantes.- “Voie de passage” –  Le patronat a depuis le début tenu à élargir le spectre de la négociation et à dégager un milliard d’euros d’économies par an, au grand dam des syndicats, alors que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver au moins 400 millions, “notamment” sur les ruptures conventionnelles.En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic. Le gouvernement Lecornu a écarté une remise à plat complète de la convention d’assurance chômage de novembre 2024, demandée en août par son prédécesseur François Bayrou, avec un objectif d’économies de quatre milliards d’euros.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats de salariés représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. De l’issue de cette journée dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.bj-gag-boc-dac/ito/tes

Les adolescents consomment toujours moins de tabac et de cannabis

Les adolescents consomment toujours moins de substances psychoactives en France, selon une étude publiée mercredi, à l’exception de l’alcool dont la consommation progresse après une baisse marquée durant le Covid-19.La plupart des niveaux d’usage de substances sont en baisse en 2024 par rapport à 2022, selon la dernière édition de l’enquête nationale EnCLASS, menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et à laquelle ont participé près de 12.000 collégiens et lycéens.En 2024, moins d’un collégien sur dix (7,7%) a déclaré avoir expérimenté le tabac – contre 11,4% deux ans plus tôt, tandis que chez les lycéens, cette proportion diminue de 3,4 points, à 30,6 %.”En près de quinze ans”, notent les auteurs du rapport, “l’expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, tandis que le tabagisme quotidien parmi ces derniers a été divisé par cinq”.En revanche, la diffusion de la cigarette électronique “demeure importante”: près d’un collégien sur cinq (19%) et plus d’un lycéen sur quatre (25,3%) a ainsi déjà testé ce type de cigarette. Chez les lycéens, l’usage quotidien de la cigarette électronique (6,8 %) dépasse désormais celui du tabac (5,6 %).Comme le tabac, l’expérimentation du cannabis a aussi baissé chez les adolescents – passant de 22,5 % à 16,1 % en deux ans -, à l’instar d’autres substances illicites dont l’usage expérimental “a été divisé par deux et demi entre 2011 et 2024”, selon l’OFDT.Fumer des cigarettes et du cannabis est “davantage perçu comme dangereux pour la santé, y compris consommés de façon occasionnelle”, indique l’office.Quant à l’expérimentation de l’alcool, après une baisse continue entre 2010 et 2022 – et plus particulièrement entre 2018 et 2022 à cause de la pandémie de Covid-19 qui a “bouleversé les sociabilités adolescentes”, note le rapport -, celle-ci est repartie à la hausse entre 2022 et 2024.La moitié des collégiens et sept lycéens sur dix déclarent avoir déjà expérimenté l’alcool, contre plus de sept collégiens sur dix et neuf lycéens sur dix au début des années 2010. 

Procès Paty: le témoignage de Laurent Nuñez continue de perturber les débats

Le témoignage de Laurent Nuñez continuait de perturber le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty mercredi, la défense dénonçant des “variations” du ministre de l’Intérieur à la lisière du “faux témoignage”, des parties civiles s’employant à relativiser ses “errements”.Première conséquence pour ce procès tendu, le retard pris devant la cour d’assises spéciale de Paris: les plaidoiries des parties civiles, qui devaient initialement débuter mardi matin, n’avaient toujours pas débuté mercredi à la mi-journée.Le verdict contre les quatre accusés, initialement attendu vendredi, a déjà été repoussé à samedi. La défense du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui avait réclamé le témoignage du ministre, en tant que coordonnateur antiterroriste à l’Elysée au moment de l’assassinat du professeur d’histoire-géographie le 16 octobre 2020, décapité par un jihadiste tchétchène, Abdoullakh Anzorov, pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet. Dans ce témoignage recueilli par un haut magistrat et lu le 20 février à la cour, c’est la réponse à une partie civile qui a mis le feu aux poudres: à la question de savoir si “désigner publiquement et nominativement une personne comme ayant porté atteinte au Prophète ou à l’islam” pouvait “objectivement l’exposer à un danger grave pour sa sécurité”, Laurent Nuñez avait répondu “non”, “pas nécessairement”.La défense d’Abdelhakim Sefrioui, accusé d’avoir orchestré avec un père d’élève, Brahim Chnina, une campagne de haine en ligne ciblant Samuel Paty, avait immédiatement salué un “fait majeur”. Pour les condamner à 13 et 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs, le rôle “causal” des deux hommes, qui ne connaissaient pas Anzorov, avait été retenu en première instance.La première cour d’assises avait considéré qu’ils avaient lancé une “véritable fatwa numérique” contre Samuel Paty et qu’ils “savaient nécessairement” que leur campagne pouvait “conduire à des réactions violentes, voire mortelles, de la part d’individus radicalisés”. Dimanche soir, Laurent Nuñez a écrit depuis son adresse mail personnelle à la présidente de la cour d’assises, pour prendre ses distances avec “l’interprétation” de ses propos. Ce courrier n’étant pas en ligne avec le code de procédure pénale, la magistrate avait demandé à ce que le ministre soit réentendu.Sa “réponse complémentaire”, qui ne porte que sur la question problématique, a été lue mardi soir à l’audience.Cette fois, Laurent Nuñez est sans ambiguïté quant à sa “certitude” d’un lien de “causalité” entre la campagne de haine et l’assassinat, la première conduisant “de manière irréfutable le terroriste à choisir (Samuel Paty) comme cible dans son projet d’attentat”. – Gêne -Il explique n’avoir initialement fait qu’apporter une réponse “générale à une question posée d’une manière générale” par une partie civile qui mettait “manifestement en cause la réactivité des services de l’Etat dans la détection de la menace” contre Samuel Paty.Il y a là une “variation indiscutable de la déposition de M. Nuñez”, estime un avocat de Brahim Chnina, Me Frank Berton. Il a obtenu l’établissement par la cour d’un “procès-verbal de variation de témoin”, car à ses yeux, celle-ci est susceptible de constituer “un faux témoignage”, une infraction pénale. “Est-ce qu’on vient nous dire que M. Nuñez n’a pas compris le sens de la question” initialement posée ?, ironise Me Vincent Brengarth, avocat d’Abdelhakim Sefrioui. Selon lui, la cour a outrepassé ses pouvoirs en limitant la deuxième audition à la seule question qui “embarrasse l’accusation”. “Vous avez un ministre en exercice qui vient vous envoyer un mail depuis son adresse personnelle. Personnelle!”, s’indigne-t-il encore, dénonçant une “atteinte à la séparation des pouvoirs”. Une des avocates générales s’est dite “atterrée par le niveau des débats”. “Je comprends pourquoi la défense (y) a invité M. Nuñez”, “c’est un moyen supplémentaire de polluer” l’audience, a-t-elle cinglé. Tout en reprochant notamment à la défense de préparer un pourvoi en cassation, certaines parties civiles dissimulent mal leur gêne. Le témoignage ministériel, c’est “l’opinion d’un témoin, ni plus ni moins”, relativise Me Francis Szpiner, conseil du fils et de l’ancienne compagne du professeur. “Votre cour n’est pas responsable des errements d’un témoin”, “la conviction de M. Nuñez, elle n’intéresse que lui, elle ne m’intéresse pas”, assène Me Vincent Berthault, pour la principale du collège. Il n’y voit que la “variation d’un homme politique. Mais c’est sans doute un pléonasme”. 

L’Assemblée s’empare du projet de loi contre la fraude fiscale et sociale

Après le Sénat en novembre, l’Assemblée nationale s’empare à partir de mercredi soir du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, vivement critiqué par la gauche qui dénonce un texte par trop focalisé selon elle sur la fraude sociale.Les débats pour cette première lecture devraient se tenir à partir de 21H30 et jusqu’à vendredi, avec à la clé plus de 1.000 amendements à examiner, sur une grosse centaine d’articles. La France insoumise a déposé une motion de rejet qui sera examinée à l’entame des débats, et le gouvernement devrait appeler certains articles en priorité.Nouveaux moyens de détection des fraudes, sanctions et obligations renforcées, partage d’informations amélioré dans les administrations… le projet de loi entend “accélérer le passage de la suspicion à la détection, de la détection à la sanction et de la sanction au recouvrement”, avait résumé la ministre de la Santé Stéphanie Rist en novembre.Le gouvernement espère qu’il fasse entrer dans les caisses plus de deux milliards d’euros, une manne bienvenue à l’heure où le déficit public peine à se résorber.Sur le volet social à lui seul, la fraude représenterait un manque à gagner annuel de 13 milliards d’euros, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale. Or seuls 2,9 milliards ont pu être détectés en 2024, avec un taux de recouvrement effectif très faible.Le projet de loi, touffu, propose notamment d’étendre les informations fiscales et patrimoniales auxquels pourront avoir accès différents organismes sociaux ; de rendre obligatoire la géolocalisation des transporteurs sanitaires et des taxis conventionnés ; de mieux réguler le secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC) ; de s’attaquer à la fraude à la formation ; et de renforcer l’obligation de vigilance du donneur d’ordre et du maître d’ouvrage face au travail dissimulé dans les chaînes de sous-traitance.Il prévoit aussi de créer une procédure de “flagrance sociale” permettant une saisie à titre conservatoire des actifs d’une entreprise suspectée de travail au noir, ou encore de suspendre le versement des allocations chômage lorsque France Travail a des “indices sérieux de manœuvres frauduleuses”.- Données des compagnies aériennes -Une mesure similaire concernant les prestations sociales a été supprimée en commission à l’initiative de la gauche et du groupe centriste Liot.Egalement supprimée en commission, cette fois-ci à la demande du rapporteur Patrick Hetzel (LR), une disposition particulièrement polémique introduite au Sénat, donnant à France Travail l’accès aux données du fichier des compagnies aériennes et aéroportuaires pour mieux détecter les fraudes. Des députés LR tenteront de la rétablir dans l’hémicycle, contre l’avis du ministère du Travail qui a fait savoir qu’il y était opposé.Face à la grogne des médecins libéraux, le gouvernement a comme il s’y était engagé déposé un amendement pour supprimer le caractère obligatoire de la “mise sous objectif” par l’Assurance maladie des médecins qui sur-prescrivent.Un autre amendement gouvernemental doit permettre aux préfets de prononcer la fermeture administrative temporaire d’un établissement ayant recouru sciemment, directement ou indirectement, au service d’une personne exerçant un travail dissimulé.Lors des débats en commission, le député LFI Louis Boyard a fustigé une “politique de classe” et un acharnement sur “un petit pourcentage de personnes qui vivent avec 800 à 1.000 euros (…) tandis que les gros fraudeurs échappent aux sanctions”.Un point de vue que ne devrait pas manquer de conforter la publication la semaine dernière d’une note de Bercy montrant que plus de 13.000 foyers fortunés ne payent aucun impôt sur le revenu.Le ministère du Travail souligne lui que c’est un “devoir républicain de lutter contre les fraudes”, et entend tordre le cou à “certaines idées reçues”: “la moitié de la fraude sociale concerne la fraude aux cotisations, c’est-à-dire du travail dissimulé, qui concerne les entreprises”, souligne-t-on.Un vote solennel sur le texte est prévu le 31 mars, après la coupure parlementaire liée aux élections municipales.

Loi sur la protection de l’enfance: les associations critiquent un “abandon” du gouvernement

La décision du gouvernement de ne pas inscrire son projet de loi sur la Protection de l’enfance à l’agenda législatif d’ici juin inquiète les associations qui dénoncent un “abandon non assumé”. Le texte sur la refondation de la protection de l’enfance n’a pas été inscrit à l’agenda législatif du gouvernement pour la session ordinaire qui s’achève en juin, où figurent la loi fin de vie et l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.Le calendrier paraît bouché après l’été avec les sénatoriales en septembre et les discussions sur le budget.Souhaitant que le texte soit voté, Matignon a proposé à la députée socialiste Isabelle Santiago de le reprendre en tant que proposition de loi avec “l’appui du gouvernement”, a-t-elle indiqué à l’AFP mercredi.Cette option supposerait de trouver une place dans les semaines réservées aux initiatives parlementaires, et donc avoir un accord entre plusieurs groupes politiques, souligne la députée.Ce recul “interroge sur les choix politiques du gouvernement et la priorité accordée aux enfants”, a relevé Mme Santiago, autrice d’un rapport parlementaire alarmant sur la Protection de l’enfance en avril 2025.”La fenêtre se referme: il est impossible qu’un projet ou proposition de loi soit adopté sous cette législature. Tout le monde le comprend et le gouvernement essaie de noyer le poisson”, a réagi Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la Cnape, qui rassemble 180 associations gestionnaires de la Protection de l’enfance, y voyant un “abandon non assumé”.Le projet de loi prévoit notamment des mesures de soutien aux familles pour éviter le placement. S’il est nécessaire, il prévoit de recourir davantage à un environnement familial plutôt qu’à des foyers.La ministre des Familles Stéphanie Rist avait annoncé mi-février que ce texte, également porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, allait “arriver dans les semaines qui viennent”. Interrogé par l’AFP, son cabinet n’avait pas réagi mercredi.Près de 400.000 jeunes sont suivis en Protection de l’enfance, dont 224.600 placés hors de leur famille, selon les services statistiques des ministères sociaux.Mineures prises dans la prostitution, enfants victimes de brimades par des éducateurs ou frappés par d’autre mineurs: depuis plusieurs années, les cris d’alarme se succèdent sur l’Aide sociale à l’enfance (Ase, ex-Ddass). Elle est confrontée à un nombre croissant de jeunes pris en charge, une pénurie de professionnels, un épuisement des acteurs de terrain et une justice saturée.

Les députés s’apprêtent à de nouveau voter sur l’aide à mourir

L’Assemblée nationale va de nouveau se prononcer mercredi après-midi sur la création d’un droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure débattue depuis plusieurs années, et qui avait été largement adoptée en première lecture, mais sur laquelle subsistent des points de friction.Le suspense sur le nombre de députés qui soutiendront le texte est bien là, à cause de certaines modifications pendant son examen. Certains points clivants feront l’objet d’un nouveau vote mercredi, avant celui sur l’ensemble du texte, et pourraient faire basculer certains élus.Les scrutins, prévus à partir de 15H00, ont dû être repoussés d’une journée pour terminer l’examen des quelque 2.000 amendements, qui aura duré plus d’une semaine. La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.”J’espère que, cet après-midi, l’Assemblée nationale montrera qu’elle est la France, parce que la France, elle exprime depuis des années (…) qu’elle souhaite ce droit”, a déclaré l’auteur du texte, Olivier Falorni (groupe MoDem), lors d’une conférence de presse à quelques heures du vote.”Ce texte ouvre une boîte de Pandore et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives”, a au contraire estimé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, exprimant une position personnelle.Les députés adopteront d’abord un premier texte sur le développement des soins palliatifs, consensuel, qui prévoit notamment la création de “maisons d’accompagnement”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, ses contempteurs invoquant des risques de contentieux qu’il entraînerait.- Mode d’administration -L’Assemblée enchaînera ensuite avec le texte sur l’aide à mourir, adopté une première fois en mai par 305 voix contre 199.Ils n’auront toujours pas de consigne de vote de leur groupe, sur un sujet jugé plus intime que politique. Ainsi le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a expliqué qu’il voterait pour alors que la cheffe du groupe y est opposée.Mais avant le vote solennel, l’Assemblée devra trancher deux points précis.Source de la principale incertitude: la seconde délibération réclamée sur le mode d’administration de la substance létale qu’un patient pourra demander pour mettre fin à sa vie.Initialement le texte prévoyait que le malade s’administre lui-même le produit, sauf s’il n’était “physiquement pas en mesure” de le faire, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargerait.Mais plusieurs amendements ont été adoptés, parfois sur un fil, pour que l’administration par un soignant ne soit plus l’exception, et puisse être librement choisie. Dans un communiqué le conseil national de l’Ordre des médecins a exprimé sa “très vive préoccupation”.C’est aussi une “ligne rouge” pour Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), pour qui l’auto-administration est une façon de vérifier la “volonté libre et éclairée (du patient) jusqu’au bout”. Un tel changement mettrait selon elle “en péril le vote du texte”. Le député RN Théo Bernhardt avait lui aussi dit dans l’hémicycle qu’il ne pourrait alors plus “voter pour”. – Adopté définitivement avant l’été? -M. Falorni modère toutefois les inquiétudes, estimant que les “secondes délibérations n’auront pas un impact fondamental”. Les députés devront également à nouveau voter sur l’ajout, souhaité par le gouvernement, d’une précision indiquant qu’une “souffrance psychologique seule” ne peut permettre de bénéficier de l’aide à mourir.”Superfétatoire”, estime M. Falorni. Une dépression ne pourra par exemple jamais permettre d’accéder à une aide à mourir, vu les critères cumulatifs à remplir pour y être éligible, a-t-il dit à l’AFP.Mis à part ces points en suspens, le texte n’a que peu évolué.Les députés ont validé les critères d’éligibilité, la procédure collégiale d’instruction de la demande, et la clause de conscience pour les soignants.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie, ou de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a été toutefois ajouté au texte.Son parcours législatif est encore loin d’être fini. Il doit retourner en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, un nouvel examen dans chaque chambre, puis une lecture définitive à l’Assemblée.Pour M. Falorni, “le texte peut être définitivement voté avant l’été”, même si certains trouvent ce calendrier serré. Il a ajouté souhaiter qu'”il puisse être applicable au 1er janvier 2027″, après la publication des décrets nécessaires.