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À Rungis, sangliers et chevreuils s’imposent timidement au menu des fêtes

Autre choix que la traditionnelle volaille, la viande de gibier trouve sa place dans les allées du marché national de Rungis pendant les fêtes, au sein d’un secteur dominé par les importations car mal structuré, malgré l’abondance de sangliers et chevreuils dans les forêts françaises.A l’approche de Noël, Rungis est déjà sur le pont. Obéissant à un ballet millimétré, des milliers de semi-remorques sillonnent les 234 hectares du plus grand marché du monde de produits frais. Chaque nuit, 25.000 acheteurs parcourent entre 23H00 et 6H00 du matin les pavillons de la marée, des volailles, des fruits et légumes ou du fromage à la recherche des produits incontournables pour les fêtes.”C’est la quinzaine à ne pas manquer, c’est 25% du chiffre d’affaires”, souligne le PDG de Rungis, Stéphane Layani, malgré le cahotage d’un transpalette rempli de bourriches d’huîtres. Avec 1,8 million de tonnes de produits alimentaires qui transitent par ses portes, le “Ventre de Paris” nourrit près d’un Français sur quatre.Devant cette avalanche de mets fins, d’huiles parfumées et de fruits charnus, un secteur tente timidement de s’imposer sur la table du réveillon: la viande de gibier. Civets de cerf au pain d’épices, cuissots de sanglier à la sauce tomate ou gigues de chevreuil dopent le secteur qui réalise 30% de ses ventes annuelles pendant les fêtes. “Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une viande forte en goût, on peut le cuisiner aujourd’hui de façon très moderne. Ce sont des viandes maigres qui présentent beaucoup de qualités nutritives”, explique Jérôme Mascle, responsable du gibier chez le grossiste Avigros à Rungis, montrant une cuisse de sanglier, sous vide, à 8 euros le kilo.- Sanglier de Nouvelle-Zélande, biche américaine -Au milieu de l’avalanche de volailles françaises déclinées à tarif compétitif, Avigros est la dernière des six entreprises du pavillon à proposer du gibier à ses clients. Reilhe-Martin, autre grossiste, a jeté l’éponge il y a trois ans lors du rachat de l’entreprise, et le groupe Alvidis commercialise la venaison (viande de gibier) de façon plus marginale.En cause: un produit jugé compliqué à cuisiner par le grand public et tombé en désuétude. “Il y a trente ans, le gibier représentait 30% de la marchandise sur la période des fêtes et aujourd’hui à peine 5% !”, relève le “Roi de la volaille”, Gino Catena. Sous son chapeau de feutre bleu, le président du Syndicat de la volaille et du gibier grimace : “Le secteur n’est pas du tout organisé en France. Le sanglier vient de Nouvelle-Zélande, la biche d’Amérique du Nord et le chevreuil des pays de l’Est, alors que l’on fait face à une abondance dans nos bois!”Environ la moitié des 36.000 tonnes de viande de gibier consommées en France chaque année sont issues de l’importation, selon une étude du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) menée en 2021. La ressource est pourtant prolifique en France: “881.000 sangliers sont abattus chaque année entre septembre et mars”, relève Olivier Touchard, chargé de la venaison à la Fédération nationale des chasseurs, pour seulement 40.000 carcasses livrées sur le marché.”Le reste de la venaison est fléché vers l’auto-consommation des chasseurs, les boucheries en circuits courts et pour moitié dans ce que l’on appelle le réseau gris, c’est-à-dire le don, le troc ou la vente sans contrôle sanitaire ni visibilité”, poursuit M. Touchard qui incrimine une législation trop contraignante.Pour tenter de répondre à la problématique, la Fédération des chasseurs a lancé en octobre la marque-label “Gibiers de France”, afin de garantir la traçabilité de la viande et structurer la filière.S’il n’est pas encore présent sur les étals de Rungis, le label concerne dans un premier temps les centres de traitement du gibier, au nombre de 26 en France.”Pour ces fêtes de fin d’année, il ne faut pas se leurrer, le gibier restera majoritairement une option pour les restaurateurs haut de gamme”, souligne M.  Mascle, qui espère un retour en grâce à plus long terme. L’Auvergnat Paul Marcon a remporté cette année le Bocuse d’or, Graal de la gastronomie, en réalisant un plat… au chevreuil.

“Un traumatisme”: la liquidation de Brandt prononcée, quelque 700 emplois supprimés

“Un choc”: la justice a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français qui disparaît en laissant quelque 700 salariés au chômage à la veille de Noël.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a indiqué à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, évoquant un “traumatisme” pour les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre.Bercy a de son côté exprimé sa “profonde tristesse” après la liquidation d’un “fleuron français”.Devant une des usines du groupe, à Vendôme, qui emploie 93 salariés dans le Loir-et-Cher, une soixantaine de salariés ont fait part de leur colère.”C’est une décision très choquante. On a tout fait, mais ça n’a pas marché, on était bien ici, on est tous sous le choc. Les fêtes de Noël seront tristes”, a déclaré à l’AFP Célia Pinto à l’AFP, devant plusieurs braseros allumés.Comme d’autres, elle a décidé de brûler des documents administratifs devant l’usine, façon de dire “au revoir à Brandt”.Face au risque d’une mise en liquidation, particulièrement redouté, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Cette offre, présentée comme celle de la dernière chance, avait reçu ces derniers jours un large soutien des pouvoirs publics et d’une majorité de salariés.La tâche s’annonçait difficile. Eentre 20 et 25 millions d’euros étaient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt.Les pouvoirs publics ont pourtant annoncé des soutiens en cascade: le gouvernement avait promis une aide de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, suivi par la région Centre-Val de Loire et la métropole d’Orléans pour une somme atteignant au moins 20 millions d’euros.”On ne comprend pas, les soutiens étaient là, une mobilisation sans précédent avait été faite”, a dit M. Bonneau.Le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et son collègue en charge de l’Industrie, Sébastien Martin ont déploré que “malgré cela, les autres acteurs indispensables n’ont pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, semblant désigner, sans les nommer, les banques.Face à ce “traumatisme” porté à ces emplois et au territoire, ce dernier doit se rendre dans la journée aux côtés des salariés du site situé près d’Orléans.- “La rage” -La coopérative était aussi l’unique possibilité de sauver les deux usines du groupe, situées près d’Orléans (Loiret), et à Vendôme (Loir-et-Cher). Avec cette décision, environ 450 postes industriels sont supprimés.Au total, quelque 700 emplois disparaissent, alors que leurs salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est de la rage, de la colère, de l’incompréhension. On se sera battus jusqu’au bout”, a abondé le secrétaire CGT Melkonyan Khachatur auprès de l’AFP, évoquant avec aperture “un beau cadeau de Noël”.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît, tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager, lié au ralentissement du marché immobilier.Ce secteur a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.ngu-js-pvt-tmn/mb/rhl

A69: Début d’une audience décisive devant la cour administrative d’appel de Toulouse

La cour administrative d’appel de Toulouse a commencé jeudi matin à se pencher sur le dossier de l’autoroute A69, lors d’une audience décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Au terme de l’audience jeudi, la cour administrative d’appel va mettre son arrêt en délibéré, la décision devant intervenir dans plusieurs semaines.Plusieurs dizaines d’opposants à l’A69 s’étaient rassemblés devant la juridiction, avant le début de l’audience, espérant “un peu de justice, un peu de clarté”, comme l’a affirmé à l’AFP Sylvie Baune, retraitée et militante contre l’autoroute.”On a vraiment l’impression que quoi qu’il se passe, ça (le chantier, ndlr) continue, ça avance alors qu’ils sont hors la loi, ils font ce qu’ils veulent, c’est catastrophique”, a-t-elle déploré, non loin d’une affichette portant le message: “Aujourd’hui, l’État nous vole la justice”.A quelques mètres, une dizaine d'”écureuils”, ces militants écologistes qui se suspendent dans les arbres pour défendre la nature, descendaient des platanes où ils s’étaient accrochés depuis la veille, devant la cour.”Une nouvelle fois, il faut montrer à quel point il y a une proximité entre le porteur de projet, les décideurs politiques et les tribunaux”, a déploré Thomas Brail, l’un d’entre eux, fondateur du Groupement national de Surveillance des arbres (GNSA).M. Brail, comme d’autres manifestants, dénonçait à cet égard la position prise par le rapporteur public dans cette affaire.Jeudi matin, Frédéric Diard va développer ses arguments dans une salle d’audience comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Récusation rejetée -“Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’État et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience de jeudi.Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.- Phase ultime du chantier -Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent actuellement sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.

A69: Début d’une audience décisive devant la cour administrative d’appel de Toulouse

La cour administrative d’appel de Toulouse a commencé jeudi matin à se pencher sur le dossier de l’autoroute A69, lors d’une audience décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Au terme de l’audience jeudi, la cour administrative d’appel va mettre son arrêt en délibéré, la décision devant intervenir dans plusieurs semaines.Plusieurs dizaines d’opposants à l’A69 s’étaient rassemblés devant la juridiction, avant le début de l’audience, espérant “un peu de justice, un peu de clarté”, comme l’a affirmé à l’AFP Sylvie Baune, retraitée et militante contre l’autoroute.”On a vraiment l’impression que quoi qu’il se passe, ça (le chantier, ndlr) continue, ça avance alors qu’ils sont hors la loi, ils font ce qu’ils veulent, c’est catastrophique”, a-t-elle déploré, non loin d’une affichette portant le message: “Aujourd’hui, l’État nous vole la justice”.A quelques mètres, une dizaine d'”écureuils”, ces militants écologistes qui se suspendent dans les arbres pour défendre la nature, descendaient des platanes où ils s’étaient accrochés depuis la veille, devant la cour.”Une nouvelle fois, il faut montrer à quel point il y a une proximité entre le porteur de projet, les décideurs politiques et les tribunaux”, a déploré Thomas Brail, l’un d’entre eux, fondateur du Groupement national de Surveillance des arbres (GNSA).M. Brail, comme d’autres manifestants, dénonçait à cet égard la position prise par le rapporteur public dans cette affaire.Jeudi matin, Frédéric Diard va développer ses arguments dans une salle d’audience comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Récusation rejetée -“Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’État et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience de jeudi.Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.- Phase ultime du chantier -Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent actuellement sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.

Les inondations meurtrières en Asie favorisées par le dérèglement climatique, indique une étude

Des mers plus chaudes et des pluies plus abondantes liées au changement climatique et associées aux particularités géographiques de l’Indonésie et du Sri Lanka, ont contribué à engendrer les récentes inondations qui ont fait des centaines de morts dans les deux pays, ont expliqué jeudi des scientifiques. Deux tempêtes tropicales ont déversé d’énormes quantités de pluie sur ces territoires le mois dernier, provoquant des glissements de terrain et des inondations qui ont tué plus de 600 personnes au Sri Lanka et près de 1.000 en Indonésie. Plusieurs milliers de personnes ont été blessées et des centaines sont toujours portées disparues.Une analyse rapide des deux tempêtes réalisée par un groupe international de scientifiques a détaillé les différents facteurs, qui, combinés, ont provoqué la catastrophe. Parmi eux, des précipitations plus abondantes et des mers plus chaudes liées au changement climatique, ainsi que des phénomènes météorologiques comme La Niña et le dipôle de l’océan Indien. “Le changement climatique est au moins l’un des facteurs participant à l’augmentation des précipitations extrêmes que nous observons”, a expliqué Mariam Zachariah, l’une des auteurs de l’étude et chercheuse associée à l’Imperial College de Londres.- Hausse des précipitations extrêmes  -Ces recherches n’ont pas pu quantifier précisément l’influence du changement climatique, car les modèles ne reflètent pas entièrement certains phénomènes météorologiques saisonniers et régionaux, ont précisé les chercheurs.Ils ont tout de même constaté que le dérèglement climatique avait intensifié les épisodes de fortes pluies dans les deux pays au cours des dernières décennies et contribué à la hausse des températures de surface de la mer, qui peut renforcer les tempêtes.Le nombre de précipitations extrêmes dans la région du détroit de Malacca, entre la Malaisie et l’Indonésie, a ainsi “augmenté d’environ 9 à 50% en raison de la hausse des températures mondiales”, a déclaré Mme Zachariah. “Au Sri Lanka, les tendances sont encore plus marquées, les fortes pluies étant désormais de 28 à 160% plus intenses en raison du réchauffement que nous avons déjà observé”, a-t-elle déclaré aux journalistes. Même si les données “présentent une grande variabilité”, précise la chercheuse, “elles vont toutes dans le même sens, à savoir que les précipitations extrêmes s’intensifient dans les deux régions étudiées”. D’autres facteurs entrent également en jeu, comme la déforestation et la géographie du terrain qui canalise les fortes pluies vers les plaines inondables densément peuplées, ajoutent les chercheurs.L’Indonésie figure parmi les pays qui enregistrent les plus fortes pertes forestières annuelles. En 2024, plus de 240.000 hectares de forêt primaire ont ainsi disparu.- Mousson -Par ailleurs, les deux tempêtes tropicales ont coïncidé avec les habituelles pluies de mousson, mais l’ampleur de la catastrophe est presque sans précédent.”Les pluies de mousson sont naturelles dans cette partie du globe”, a réaffirmé Sarah Kew, autrice principale de l’étude et chercheuse en climatologie à l’Institut royal météorologique des Pays-Bas.”Ce qui n’est pas normal, c’est l’intensité croissante de ces tempêtes, leur impact sur des millions de personnes et les centaines de vies qu’elles prennent”, établit-elle.Le dérèglement climatique généré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs dans le monde.”Sans équivoque, les humains sont la cause du changement climatique auquel nous assistons”, a souligné Jim Skea, président du Giec, dans un entretien à l’AFP début décembre.Désormais, l’heure est au nettoyage et à la reconstruction dans les zones touchées par les inondations. Le coût de la reconstruction dans les trois provinces de Sumatra pourrait atteindre l’équivalent de 3,1 milliards de dollars, a indiqué l’Agence indonésienne de gestion des catastrophes.

Shell poursuivi au Royaume-Uni par des survivants d’un typhon aux Philippines

Des survivants du typhon Rai, qui a fait plus de 400 morts en 2021 aux Philippines, ont déposé plainte à Londres contre le géant britannique des hydrocarbures Shell, accusé de n’avoir pas pris ses responsabilités face aux conséquences du changement climatique, ont annoncé jeudi les ONG qui les soutiennent.”Les habitants des îles comme nous ne contribuent que très peu à la pollution. Mais qui en paye le prix? Les pauvres comme nous”, raconte à l’AFP Trixy Elle, l’une des plaignantes dont la maison familiale et quatre bateaux ont été emportés par la tempête.Le typhon Rai avait ravagé des régions très pauvres du pays en décembre 2021 et fait des centaines de milliers de sans-abri.La plainte déposée à Londres constitue selon les ONG, dont Greenpeace, “une contribution essentielle au mouvement mondial grandissant visant à remettre en cause l’impunité des compagnies pétrolières”.Elle s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance en mai par la justice allemande d’une responsabilité mondiale des entreprises productrices d’électricité dans les dommages liés aux émissions de gaz à effet de serre, quel que soit l’endroit où ils se produisent. Les affaires de ce genre se multiplient dans le monde entier.Il s’agit d'”une étape décisive pour tenir le géant pétrolier Shell responsable des morts, blessures et destructions causées par cette tempête”, est-il souligné dans le communiqué des ONG.Jeudi à Manille, la militante de Greenpeace Virginia Benosa-Llorin a qualifié la plainte de “test pour responsabiliser les entreprises”.- “Dette” -Un porte-parole de Shell a dénoncé “une allégation infondée, qui n’aidera pas à lutter contre le changement climatique, ni à réduire les émissions”. “Chez Shell, nous réduisons les émissions de nos opérations et aidons nos clients à réduire les leurs”, a-t-il ajouté dans sa déclaration à l’AFP.Les Philippines, classées parmi les pays les plus exposés au changement climatique, sont balayées par près de 20 tempêtes tropicales ou typhons chaque année.La plainte, qui s’appuie sur le droit philippin, a été déposée au nom de 103 survivants qui demandent “réparation pour les vies perdues, les blessures subies et les maisons détruites”, selon le communiqué.L’un d’entre eux, Rickcel Inting, un pêcheur, raconte à l’AFP que sa famille a “tout perdu en un instant” lorsque la tempête a frappé la province de Bohol (centre). “Shell est responsable de ce dont nous avons souffert par ses actions qui ont causé de la pollution et nui à l’environnement”, et “a une dette envers les personnes pauvres”, ajoute cet homme de 46 ans, qui dit n’avoir jamais pu remplacer ses bateaux de pêche perdus.Trixy Elle, 34 ans, explique, elle, que sa famille continue de rembourser les prêts contractés après la catastrophe. Elle réclame un million de pesos philippins de dommages-intérêts (14.500 euros).- “Preuves scientifiques” -Les plaignants disent s’appuyer sur “des preuves scientifiques, notamment de nouvelles recherches qui permettent désormais d’attribuer directement des événements météorologiques extrêmes individuels au changement climatique et les émissions à des compagnies pétrolières spécifiques”.Leur action est également soutenue par l’avis inédit – bien que non contraignant – rendu fin juillet par la Cour de justice internationale, selon lequel les Etats qui violent leurs obligations climatiques pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés.De nombreux experts considèrent que cette analyse va influencer les tribunaux de la planète, les négociations sur le climat et les délibérations politiques à travers le globe.”Les survivants soutiennent que Shell, responsable de plus de 41 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit plus de 2% des émissions mondiales de combustibles fossiles, ne peut pas invoquer l’ignorance”, est-il souligné dans le communiqué des ONG.L’entreprise a fait machine arrière ces dernières années sur certains de ses objectifs climatiques pour se recentrer sur les hydrocarbures, dans l’espoir de doper ses bénéfices.Le groupe est régulièrement attaqué pour le coût environnemental de ses activités pétrolières, en particulier au Nigeria.burs-zap/lul/jnd/vk

Comment arrêter un antidépresseur ? Une question toujours dure à trancher

Que faire quand un patient sous antidépresseurs va mieux ? Longtemps négligée, la question est aujourd’hui perçue comme un enjeu médical majeur et les recherches s’accumulent sur la manière d’arrêter un traitement. Mais les réponses restent incertaines et difficiles à appliquer.”Dès que l’on change ou réduit un antidépresseur, c’est une source d’angoisse pour la personne concernée”, rapporte à l’AFP Christine Villelongue, co-présidente de l’association France Dépression. Or, “il n’y aucun cadre: très souvent, quand on arrête, il n’y a pas de suivi”.Après plusieurs décennies d’usage, les médecins savent très bien dans quelles conditions prescrire un antidépresseur, lequel privilégier dans un premier temps, comment évaluer sa réussite… Des règles précises sont enseignées et mises en pratique.Mais, quand le patient va mieux, les incertitudes se multiplient. Faut-il poursuivre le traitement tel quel, avec des effets secondaires qui peuvent s’accumuler à long terme ? Le continuer à faible dose ? L’arrêter, au risque d’une rechute ou d’un sevrage difficile ? Et, si oui, soudainement ou progressivement ?Ces questionnements font, depuis plusieurs années leur chemin chez les psychiatres, avec l’émergence d’un concept: la “déprescription” qui incarne l’importance de réfléchir à l’arrêt d’un antidépresseur, une prise de conscience qui n’a longtemps rien eu d’évident.”Tout au long de mon internat, achevé pourtant très récemment, ce sujet n’a jamais été abordé dans l’enseignement”, explique à l’AFP la psychiatre française Maeva Musso, présidente de l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues.Lorsque les patients “expriment le souhait de réduire leurs traitements, cela est encore trop souvent interprété par le corps médical comme un déni de leur trouble”, poursuit Mme Musso, très engagée sur le sujet de la déprescription.- Une vaste étude -Elle note que d’autres pays sont plus avancés que la France, comme la Norvège, où des consultations dédiées à la déprescription sont proposées, ou les Pays-Bas, où des micro-doses d’antidépresseurs sont autorisées afin de permettre une réduction très progressive.Mais est-ce réellement la meilleure stratégie, comme en sont convaincus nombre de psychiatres ? L’idée semble intuitive mais les spécialistes restent confrontés à un manque criant de données probantes sur la conduite à tenir.Dans ce contexte, une vaste étude, publiée ce jeudi dans le Lancet Psychiatry, apporte enfin des réponses d’une solidité sans précédent, grâce à l’ampleur des données recueillies.Les auteurs, emmenés par les chercheurs italiens Giovanni Ostuzzi et Debora Zaccoletti, ont évalué l’ensemble des études déjà menées pour comparer les différentes options quand un patient dépressif va mieux, soit plus de 70 essais cliniques portant sur quelque 17.000 personnes.Résultat mis en avant par les chercheurs: un patient chez qui l’on arrête progressivement un antidépresseur n’a pas plus de risque de rechute que s’il poursuit son traitement, mais à condition de disposer d’un soutien psychologique. La pire option reste, dans tous les cas, un arrêt brutal du médicament.”Même si les antidépresseurs sont efficaces pour empêcher les rechutes dépressives, rien n’oblige à en faire un traitement à long terme pour tout le monde”, en conclut Mme Zaccoletti, citée dans un communiqué du Lancet.Mais plusieurs spécialistes appellent à la prudence: ils pointent par exemple qu’une diminution progressive sans soutien psychologique n’apparaît pas forcément plus sûre qu’un arrêt soudain.”Même quand on diminue très progressivement un antidépresseur, l’arrêt reste associé à un risque de rechute”, prévient le psychiatre allemand Jonathan Henssler dans un commentaire, également publié par le Lancet Psychiatry. Selon lui, les résultats montrent surtout “le bénéfice supplémentaire apporté par une psychothérapie”.Or, pour de nombreux patients, un tel soutien n’est pas une option réaliste, comme le souligne Mme Villelongue, insistant sur la “carence” de soignants en France. Les conclusions du Lancet Psychiatry s’inscrivent “dans un monde idéal mais la réalité du terrain, ce n’est pas ça”, juge-t-elle. “Parfois le psychiatre est absent, on reste un mois ou deux sans le voir. Entretemps, si la personne est en déprescription et ne va pas bien, elle n’a personne pour en parler.”

Chez France Travail, des psychologues face à la tâche immense de panser les blessures de travail

Ecouter et conseiller des demandeurs d’emploi parfois en grande souffrance, que peurs ou traumatismes empêchent d’avancer: un petit millier de psychologues oeuvrent chez France Travail pour des chômeurs sous pression face au durcissement des règles.”Je n’ai pas de divan dans mon bureau”, blague Mélanie Cordazzo. Dans l’agence France Travail d’Ingré, près d’Orléans, au décor impersonnel, son bureau se distingue par une vraie porte et le tableau d’une fleur rose.L”une des 954 psychologues travaillant chez France Travail, répartis dans les 896 agences, elle accompagne 41 demandeurs d’emploi, une toute petite proportion des 11.500 suivis dans cette agence.Des personnes qui, parfois, “ont perdu pied, n’arrivent plus à exister dans le travail” à la suite d’un licenciement ou de harcèlement subi sur un poste précédent, explique-t-elle.  Egalement “beaucoup de jeunes diplômés ou mis de côté par Parcoursup qui essayent de trouver du sens”. Margot, 25 ans, diplômée d’un master en Business Development, se sentait illégitime face aux offres d’emploi. “J’étais assez déprimée par ma recherche et j’ai repris petit à petit espoir en me disant que je ne suis pas forcément moins bien que les autres”, confie la jeune femme suivie depuis six mois. Estelle (prénom modifié), elle, se sentait “perdue” après avoir démissionné d’un emploi dans le prêt-à-porter. Suivie pendant deux ans, elle a construit un autre projet professionnel.En complément des conseillers, les psychologues aident ces demandeurs d’emploi à “porter un autre regard” sur eux-mêmes, à réfléchir aux “difficultés actuelles ou passées qui (les) empêchent d’avancer dans (leur) parcours de retour à l’emploi”, explique France Travail.Ces dernières années, plusieurs réformes successives ont durci les conditions d’accès aux allocations chômage. Aujourd’hui, seuls quelque 40% des inscrits à France Travail en touchent et la durée maximale d’indemnisation (hors seniors) est réduite à 18 mois, contre 24 auparavant.La semaine dernière les organisations patronales ont écrit au Premier ministre avoir pour “objectif” de diminuer le coût annuel de l’assurance chômage d’un milliard d’euros.En 2024, un rapport des chercheurs Antoine Duarte, Stéphane Le Lay et Fabien Lemozy soulignait la “paradoxalité” du travail des psychologues, “le registre de l’écoute” pouvant entrer en conflit avec les objectifs de France Travail, qui vise à les remettre au travail le plus vite possible.- Epuisement -De fait, ces rendez-vous sont également l’occasion, pour des personnes qui voient souvent un psychologue pour la première fois, de faire remonter d’autres souffrances que celles liées au travail.  “La question du traumatisme sexuel, on m’en parle toutes les semaines”, témoigne Sylvie Dujardin, présidente de l’association Pôle Psycho qui fédère 250 psychologues de France Travail, évoquant viol, inceste… Une partie du travail consiste alors à orienter vers d’autres d’autres psychologues.S’ils ne peuvent pas le diagnostiquer, car ils ne sont pas cliniciens, les psychologues du travail peuvent également repérer les signes de burn out.Certains chômeurs souffrent aussi d'”épuisement de la recherche d’emploi”, constate Mélanie Cordazzo. Elle leur explique qu’il est inutile de “postuler à tout” et nécessaire de prévoir des “fenêtres de récupération” dans la semaine. Face à l’ampleur de la tâche, “on manque de professionnels et de moyens”, déplore une autre psychologue, Marie (prénom modifié). Néanmoins, “la plupart des gens qu’on reçoit ressortent hyper-soulagés d’avoir été reconnus dans leur souffrance au travail ou entendus face à leur statut de +chômeurs+ toujours aussi stigmatisés”, constate sa consoeur Anne (prénom modifié).Certains déplorent que France Travail convoque et non invite les demandeurs d’emploi à ces rendez-vous, ce qui est contraire au code de déontologie de la profession. Mais, se félicite le délégué syndical de la FSU-emploi, Olivier Parandon, la formulation des courriers doit être corrigée courant 2026. Le suivi psychologique ne décale pas la durée d’indemnisation. La question du temps est présente dans le suivi parce qu'”une personne privée de ressources est aux abois”, résume Mélanie Cordazzo.”Quand vous mettez quelqu’un dans une filière en tension parce que c’est là qu’il y a du boulot, s’il en sort au bout de deux mois, c’est un échec de plus”, avertit Denys Neymon, président de Solidarités nouvelles face au chômage.

Le trafic d’animaux vivants a atteint de nouveaux records, selon Interpol

Le trafic d’animaux vivants a atteint des records en 2025, a indiqué jeudi l’organisation de coordination policière Interpol au terme d’une opération qui a permis la saisie de près de 30.000 bêtes et l’identification de 1.100 suspects.Entre septembre et octobre, 6.160 oiseaux, 2.040 tortues, 1.150 reptiles, 208 primates, 46 pangolins et 10 grands félins ont été interceptés, ainsi que 19.415 autres animaux sauvages, un commerce en augmentation en grande partie en raison de la demande d’animaux de compagnie exotiques, indique dans un communiqué Interpol, dont le siège est à Lyon.L’opération a mobilisé les forces de l’ordre de 134 pays. Au Qatar, les autorités ont arrêté un individu qui tentait de vendre un primate menacé d’extinction pour 14.000 dollars sur les réseaux sociaux. De leur côté les autorités brésiliennes ont identifié 145 suspects et sauvé plus de 200 animaux sauvages, démantelant notamment un réseau de trafic de tamarin-lion doré.Ces réseaux “sont de plus en plus liés à tous les domaines de la criminalité, du trafic de drogue à l’exploitation humaine”, a affirmé le secrétaire général d’Interpol Valdecy Urquiza cité dans le communiqué.Ces activités criminelles étant de plus en plus liées aux cryptomonnaies, la collaboration transfrontalière et le partage de renseignements entre les forces de l’ordre et les plateformes financières a été déterminante pour retracer les flux financiers illicites, a précisé l’organisme. “Selon les estimations, les crimes contre les espèces sauvages représentent 20 milliards de dollars par an, mais la nature clandestine de ce commerce laisse penser que le chiffre réel est probablement beaucoup plus élevé”, selon le document. Les grands mammifères ne sont pas les seuls concernés : près de 10.500 papillons, araignées et insectes ont été saisis et le trafic d’animaux marins protégés est aussi en hausse. Le volume le plus important du trafic concerne des restes ou des dérivés d’animaux destinés à la médecine traditionnelle ou à la consommation.Interpol a ainsi relevé une escalade du commerce illicite de “viande de brousse”, c’est-à-dire d’animaux sauvages (singes, girafes, zèbres, antilopes…), avec une augmentation notable de flux en provenance d’Afrique vers l’Europe. Durant l’opération, un total de 5,8 tonnes a été saisi. Le commerce illégal de plantes lui aussi a atteint des niveaux records. Les forces de l’ordre ont également saisi 32.000 mètres cubes de bois, détaille le communiqué, qui indique que l’exploitation forestière illégale représenterait entre 15 et 30% de tout le bois commercialisé dans le monde.