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Nucléaire: le projet Cigéo franchit une étape clé vers le stockage des déchets radioactifs à Bure

Le projet de Cigéo à Bure (Meuse), où doivent être enfouis à partir de 2050 les déchets nucléaires les plus dangereux, a franchi jeudi une étape clé avec la publication de l’avis technique du gendarme du nucléaire, qui juge ses conditions de sûreté “satisfaisantes” en l’état.Avec cet avis, fruit de 30 mois d’expertise et d’instruction, le projet peut désormais être soumis aux consultations obligatoires de l’enquête publique, attendue à l’automne 2026.Il reviendra ensuite au gouvernement de délivrer l’autorisation de création du site à travers un décret pris en Conseil d’État, au mieux en 2028.”C’est une étape clé, très importante, mais ce n’est pas la fin de l’histoire”, a déclaré à l’AFP Pierre Bois, directeur général adjoint de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). De fait, bien des phases techniques et réglementaires jalonneront ce projet hors norme qui doit s’étaler sur 150 ans, de sa construction jusqu’à la fermeture définitive du stockage vers 2170. Lancé en 1991, le projet Cigéo, contesté par des écologistes et des associations locales, doit accueillir à 500 mètres sous terre des déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Au total, 83.000 mètres cubes, dont la moitié déjà produits, sont destinés à reposer dans des alvéoles. Ces tunnels de stockage accueilleront les déchets les plus nocifs, à “haute activité”, ainsi que les déchets dits de “moyenne activité à vie longue”. Cet avis, présenté jeudi au Parlement, apporte un éclairage technique sur le dossier de demande de création, déposé début 2023 par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), mais sans constituer “un feu vert”, a souligné l’ASNR.”Sur de nombreux points”, l’évaluation préliminaire de sûreté présentée par l’Andra dans son dossier est “satisfaisante”, donc conforme aux attendus réglementaires, a déclaré Pierre Bois, devant les parlementaires de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.Pour autant, “d’autres compléments” devront ensuite être apportés par l’Andra à l’occasion des grands jalons du projet et jusqu’à la mise en service progressive de Cigéo prévue à l’horizon 2050 avec le dépôt des premiers colis radioactifs.- “Sentiment du fait accompli” -Parmi les sujets de vigilance identifiés, certains portent sur la performance des ouvrages de scellement bouchant les galeries souterraines, la vitesse de corrosion des conteneurs métalliques contenant les déchets “haute activité”, la maîtrise du risque d’explosion dans les alvéoles et la maîtrise du risque d’incendie en cas de stockage de colis de déchets bitumés, des boues radioactives conditionnées dans du bitume et qui présentent un risque d’échauffement.”Malgré toutes ces lacunes, vous donnez un avis favorable et vous demandez à l’Andra de faire cette démonstration (de sûreté) plus tard”, y compris après le lancement de la construction, s’est étonné le député LFI Maxime Laisney, membre de l’Opecst, en évoquant une situation qui “renforce le sentiment du fait accompli”.Au contraire, cet avis n’est pas “un chèque en blanc”, a souligné auprès de l’AFP, Lydie Evrard, directrice générale de l’Andra, qui “s’est engagé” à apporter des réponses “par étapes” et à les communiquer “en transparence”. Après “30 ans d’expérimentation et d’études de sûreté (…) c’est un travail de longue haleine qui se poursuit”, a-t-elle ajouté. En cas de feu vert, le projet débutera par une phase pilote “permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation, notamment par un programme d’essais”, précise la loi. Le site a été pensé pour accueillir les déchets existants et futurs des installations nucléaires déjà autorisées à fin 2016, ce qui comprend les réacteurs actuels d’EDF dont l’EPR de Flamanville, les sites d’Orano (cycle du combustible) et du CEA (recherche), mais pas les déchets des six nouveaux réacteurs que le gouvernement veut construire. Si bien que toute extension de capacité devra faire l’objet d’une nouvelle autorisation.La France a fait le choix d’un stockage dans une couche géologique argileuse profonde, âgée de 160 millions d’années, censée garantir la protection radiologique, tandis que la Suède et la Finlande ont opté pour un terrain granitique.

Hegseth’s Signal use risked harm to US forces, watchdog says

US Defense Secretary Pete Hegseth’s use of commercial messaging app Signal to discuss strikes on Yemen risked compromising sensitive information and could have put troops at risk, the Pentagon’s independent watchdog said Thursday.The report piles further pressure on Hegseth, who is already under fire over US strikes on alleged drug-trafficking boats that experts say amount …

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La clémentine corse, Petit Poucet centenaire qui parie sur la qualité

Elle est sucrée, finement acidulée et vendue “le cul vert” avec ses feuilles: la clémentine corse, qui fête ses 100 ans, est un Petit Poucet face au géant espagnol mais a su trouver sa niche haut de gamme sur le marché français.Issue d’une hybridation mandarine-orange douce en Algérie au début du XXe siècle par le frère Clément, un religieux français qui lui a donné son nom, la clémentine “a été plantée en Corse en 1925”, explique à l’AFP Jean-Paul Mancel, président de l’Association pour la promotion et la défense de la clémentine de Corse (Aprodec), sur son exploitation de Santa-Lucia-di-Moriani (Haute-Corse).Depuis 2007, la quasi-unique clémentine française (quelques tonnes sont produites dans les Alpes-maritimes) se distingue par son indication géographique protégée (IGP), qui garantit le respect d’un cahier des charges très strict: taux de sucre, niveau d’acidité, calibre (46 à 68 mm), couleur naturelle “sans activateur de coloration” avec jusqu’à 1/5e de peau verte, absence de pépin et teneur en jus de 42 % minimum.Ce label de qualité est essentiel pour sa promotion, car si la clémentine corse pèse 90 millions d’euros, selon M. Mancel, avec 48.600 tonnes récoltées en 2024 dont 36.000 vendues sous IGP, elle fait figure de poids plume face aux géants du secteur. Numéro 1 mondial, la Chine a produit 25 millions de tonnes en 2021, devant l’Espagne (2 millions), la Turquie (1,8 million) et le Maroc (1,2 million), selon les chiffres de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.Producteurs et autorités insistent donc sur le fait que les clémentines corses, à la différence des importées, “ne subissent aucun traitement après avoir été cueillies à la main et à maturité”, les feuilles vertes “faisant preuve de sa fraîcheur”, comme le souligne le ministère de l’Agriculture.Quatre-vingt-dix à 95% de la production est expédiée par voie maritime vers les étals de France continentale dans un “délai maximal de 24 heures”, insiste l’Aprodec, qui réunit 205 producteurs insulaires et pèse 2.000 emplois dont 1.000 saisonniers marocains, spécialistes de la coupe.- “Le nouveau produit à la mode” -Toutes choses qui ont un prix: la clémentine corse se vend près du double que ses concurrentes espagnoles ou marocaines: en supermarchés sur l’île, l’espagnole s’achetait lundi 2,80 euros le kilo contre 5,20 euros pour l’insulaire.L’agrume corse ne représente d’ailleurs qu’une petite fraction des clémentines consommées en France, qui en importe 200.000 tonnes par an, principalement d’Espagne et du Maroc.Pour rentabiliser au mieux la filière, notamment les fruits non admis dans l’IGP (quelque 12.000 tonnes en 2024), deux unités de transformation ont été créées dans l’île dont l’atelier Corse Fruits et Légumes, en 2018 à Linguizzetta (Haute-Corse). L’an dernier, quelque “3.000 tonnes de clémentines” y ont été transformées, principalement en “jus, huile essentielle” ou base pour glaces ou boissons, explique à l’AFP Caroline Albertini, ingénieure production de l’usine.Autre débouché, la gastronomie. Au restaurant “Rosette et Charlot” d’Ajaccio, le chef Romain Rotondi voit l’agrume “un peu comme le nouveau produit à la mode”, qui peut “s’utiliser sous toutes ses formes, en sauce, en dessert, sur un plat, sur un canard”.Au Carl’s, à Ajaccio, le chef argentin Sebastian Burgos mise également sur elle pour réinventer le cheesecake, remplaçant le speculoos par le canistrelli associé à une crème de clémentine, “plus léger et plus local”. Pour l’heure, la récolte du centenaire qui vient de commencer s’annonce “très moyenne”, “sous les 30.000 tonnes” à cause de “l’excès de pluie pendant la floraison”, anticipe M. Mancel. Mais en tendance, depuis 2019, la production insulaire a presque doublé et la surface plantée est aujourd’hui de 1.700 hectares, selon le service de la statistique de l’agriculture (Agreste).A l’inverse, l’Espagne, touchée par des “épisodes de chaleur (..) qui ont freiné le développement des fruits”, accuse une baisse de production “pour la cinquième année” de suite et un niveau “au plus bas depuis au moins une décennie”, relève l’observatoire des marchés FruiTrop.

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La clémentine corse, Petit Poucet centenaire qui parie sur la qualité

Elle est sucrée, finement acidulée et vendue “le cul vert” avec ses feuilles: la clémentine corse, qui fête ses 100 ans, est un Petit Poucet face au géant espagnol mais a su trouver sa niche haut de gamme sur le marché français.Issue d’une hybridation mandarine-orange douce en Algérie au début du XXe siècle par le frère Clément, un religieux français qui lui a donné son nom, la clémentine “a été plantée en Corse en 1925”, explique à l’AFP Jean-Paul Mancel, président de l’Association pour la promotion et la défense de la clémentine de Corse (Aprodec), sur son exploitation de Santa-Lucia-di-Moriani (Haute-Corse).Depuis 2007, la quasi-unique clémentine française (quelques tonnes sont produites dans les Alpes-maritimes) se distingue par son indication géographique protégée (IGP), qui garantit le respect d’un cahier des charges très strict: taux de sucre, niveau d’acidité, calibre (46 à 68 mm), couleur naturelle “sans activateur de coloration” avec jusqu’à 1/5e de peau verte, absence de pépin et teneur en jus de 42 % minimum.Ce label de qualité est essentiel pour sa promotion, car si la clémentine corse pèse 90 millions d’euros, selon M. Mancel, avec 48.600 tonnes récoltées en 2024 dont 36.000 vendues sous IGP, elle fait figure de poids plume face aux géants du secteur. Numéro 1 mondial, la Chine a produit 25 millions de tonnes en 2021, devant l’Espagne (2 millions), la Turquie (1,8 million) et le Maroc (1,2 million), selon les chiffres de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.Producteurs et autorités insistent donc sur le fait que les clémentines corses, à la différence des importées, “ne subissent aucun traitement après avoir été cueillies à la main et à maturité”, les feuilles vertes “faisant preuve de sa fraîcheur”, comme le souligne le ministère de l’Agriculture.Quatre-vingt-dix à 95% de la production est expédiée par voie maritime vers les étals de France continentale dans un “délai maximal de 24 heures”, insiste l’Aprodec, qui réunit 205 producteurs insulaires et pèse 2.000 emplois dont 1.000 saisonniers marocains, spécialistes de la coupe.- “Le nouveau produit à la mode” -Toutes choses qui ont un prix: la clémentine corse se vend près du double que ses concurrentes espagnoles ou marocaines: en supermarchés sur l’île, l’espagnole s’achetait lundi 2,80 euros le kilo contre 5,20 euros pour l’insulaire.L’agrume corse ne représente d’ailleurs qu’une petite fraction des clémentines consommées en France, qui en importe 200.000 tonnes par an, principalement d’Espagne et du Maroc.Pour rentabiliser au mieux la filière, notamment les fruits non admis dans l’IGP (quelque 12.000 tonnes en 2024), deux unités de transformation ont été créées dans l’île dont l’atelier Corse Fruits et Légumes, en 2018 à Linguizzetta (Haute-Corse). L’an dernier, quelque “3.000 tonnes de clémentines” y ont été transformées, principalement en “jus, huile essentielle” ou base pour glaces ou boissons, explique à l’AFP Caroline Albertini, ingénieure production de l’usine.Autre débouché, la gastronomie. Au restaurant “Rosette et Charlot” d’Ajaccio, le chef Romain Rotondi voit l’agrume “un peu comme le nouveau produit à la mode”, qui peut “s’utiliser sous toutes ses formes, en sauce, en dessert, sur un plat, sur un canard”.Au Carl’s, à Ajaccio, le chef argentin Sebastian Burgos mise également sur elle pour réinventer le cheesecake, remplaçant le speculoos par le canistrelli associé à une crème de clémentine, “plus léger et plus local”. Pour l’heure, la récolte du centenaire qui vient de commencer s’annonce “très moyenne”, “sous les 30.000 tonnes” à cause de “l’excès de pluie pendant la floraison”, anticipe M. Mancel. Mais en tendance, depuis 2019, la production insulaire a presque doublé et la surface plantée est aujourd’hui de 1.700 hectares, selon le service de la statistique de l’agriculture (Agreste).A l’inverse, l’Espagne, touchée par des “épisodes de chaleur (..) qui ont freiné le développement des fruits”, accuse une baisse de production “pour la cinquième année” de suite et un niveau “au plus bas depuis au moins une décennie”, relève l’observatoire des marchés FruiTrop.

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Bassins industriels: risque accru de problèmes respiratoires pour les riverains

Les personnes habitant près d’un bassin industriel semblent avoir plus de risque de développer des problèmes respiratoires, notamment de l’asthme chez les enfants, avance jeudi une étude de l’agence française de santé publique.Il existe “un sur-risque d’asthme de l’enfant et de morbidité respiratoire chronique chez les adultes de 40 ans ou plus dans les communes situées à proximité d’un grand bassin industriel par rapport aux communes éloignées de tout type d’industrie”, résume dans un communiqué Santé publique France (SpF), à l’occasion de la publication de la première menée en France sur le sujet.La littérature scientifique internationale met déjà en évidence que vivre près de bassins industriels, c’est-à-dire des zones regroupant plusieurs sites industriels, favorise l’apparition de certains problèmes de santé, en premier lieu respiratoires.Pour mener son étude, SpF a cartographié des communes françaises à l’aide de plusieurs types d’indicateurs. L’un d’eux mesure la proximité directe avec un bassin industriel, mais d’autres vont plus dans le détail en évaluant l’exposition à divers polluants.Ces informations ont ensuite été croisées avec des données sur l’état de santé des habitants des différentes communes.Ils concluent qu'”une part des résultats (sont) en faveur d’un lien” entre la proximité industrielle et la santé des riverains.L’agence de santé publique appelle toutefois à la prudence dans l’analyse de ces résultats, soulignant qu’ils sont “différents selon les sources de données utilisées et les indicateurs considérés”.Elle conclut à la nécessité d’élaborer de meilleurs indicateurs quant à l’exposition des habitants aux sites industriels afin de mener des études plus complètes et une surveillance plus approfondie des risques encourus en complément d'”actions de protection des populations riveraines de sites industriels, notamment via la réglementation et le contrôle des émissions industrielles”.

Lecornu fait monter la pression avant un vote décisif sur le budget de la Sécu

Sébastien Lecornu a fait monter la pression sur les députés jeudi avant un vote décisif sur le budget de la Sécu, dont l’absence pourrait creuser selon lui le déficit, mais en refusant toujours de réactiver le 49.3. Juste avant qu’il ne prenne la parole dans l’hémicycle, son entourage a publié un courrier daté de mardi au directeur de la Sécurité sociale, dans lequel le Premier ministre demande “de manière urgente” de lui présenter les “conséquences” d’une absence ou d’un retard de budget de la Sécu, notamment en matière de remboursements.Sa réponse, faisant état d’un “risque très élevé sur le financement du système de protection sociale”, a été transmise jeudi aux députés.Peu après la reprise des débats à 15H00, Sébastien Lecornu a martelé que la France ne pouvait se priver d’un budget de la Sécu, qui conduirait à “29 ou 30 milliards” d’euros de déficit l’an prochain.Pressé par plusieurs ténors de son camp, chez Horizons, Les Républicains ou par le président LR du Sénat Gérard Larcher, d’activer l’article 49.3 de la Constitution pour faciliter l’adoption de ce texte, il l’a de nouveau exclu.Il avait abandonné cet outil constitutionnel, qui permet l’adoption d’un texte sans vote, dans un geste en direction des socialistes qui le réclamaient. “Vous avez critiqué le 49.3 pendant des années et, au moment où nous le laissons tomber, vous continuez de critiquer. Vous ne souhaitez être responsables de rien”, a lancé M. Lecornu, en invitant les députés à “engager (leur) propre responsabilité” pour la Sécurité sociale.- Menace -Le scrutin sur l’ensemble du projet de loi n’est prévu que le 9 décembre. Mais un rejet de son volet “recettes” prévu ce jeudi ou vendredi pourrait emporter tout le texte, sur fond de divergences dans le camp gouvernemental. Ce qui compliquerait grandement l’adoption du budget de la Sécu au Parlement avant le 31 décembre.Signe qu’on approche de l’heure de vérité, le Premier ministre consacre sa journée aux débats parlementaires, reportant ses rendez-vous prévus.Le texte est réécrit par les députés depuis mardi dans l’hémicycle en nouvelle lecture, après que le Sénat a supprimé plusieurs concessions du gouvernement et de ses troupes au PS, dont l’emblématique suspension de la réforme des retraites ou une hausse de la CSG sur le capital pour générer des recettes.Le prix à payer pour espérer une adoption du budget de la Sécu, avec des voix venues de la gauche. Mais ces concessions échaudent le groupe Horizons et Les Républicains, qui envisagent à ce stade de se partager entre abstention et vote contre.En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a asséné Édouard Philippe, quand Laurent Wauquiez, patron des députés LR, refuse de voter un budget qui prévoirait des hausses d’impôts.De quoi faire peser une sérieuse menace sur l’adoption du texte. Car même avec des votes “pour” du PS et des abstentions écologistes – deux conditions loin d’être acquises -, l’absence de soutien des deux groupes à la droite du camp gouvernemental pourrait concourir au rejet du texte.- “Clarifications” -Notamment si LFI, le RN –qui prévoit de voter contre selon son porte-parole Laurent Jacobelli–, et une partie de la gauche hors-PS votent contre, comme en première lecture. LR et Horizons “ont tout fait péter”, pointe un cadre PS, critiquant le manque d’unité du camp gouvernemental.La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite sur TF1 “confiante” dans un “compromis global” tandis que le chef de Renaissance Gabriel Attal appelait sur RTL Édouard Philippe à “accepter des concessions”.Dans le détail du texte, concernant la CSG sur le capital, M. Lecornu a évoqué une mesure de “rendement” budgétaire qui peut aider à ce que le déficit tourne autour des “20 milliards” et a appelé à ce qu’elle ne “soit pas instrumentalisée à des fins politiques”.La mesure “est déjà bien calibrée”, estime toutefois Boris Vallaud, patron des députés socialistes, alors que le vote sur cette mesure peut être décisif pour tout le projet de loi.De l’autre côté de l’hémicycle, le groupe RN a exigé mercredi son retrait parmi d’autres mesures clivantes comme le gel des pensions de retraite et prestations sociales.Sébastien Lecornu a promis jeudi en séance des “clarifications” sur le gel des pensions de retraite et le doublement des franchises médicales.Pendant ce temps, le Sénat a adopté la partie dédiée aux recettes du projet de budget de l’Etat pour 2026, après l’avoir largement remaniée par rapport à la copie initiale du gouvernement, supprimant notamment plusieurs milliards d’euros de hausses de prélèvements.

Les principales mesures du budget de l’Etat, examiné au Sénat

Impôt sur le revenu, taxation mesurée sur les entreprises et les ménages les plus riches, baisses des dépenses… Voici les principales mesures du projet de budget de l’Etat pour 2026, examiné jusqu’au 15 décembre au Sénat.Après le rejet très large de ce projet de loi de finances (PLF) par l’Assemblée nationale en première lecture, les sénateurs ont remodelé la partie dédiée aux recettes, adoptée jeudi. Ils s’apprêtent à entamer le volet lié aux dépenses.- DéficitLa copie initiale vise un déficit ramené à 4,7% du PIB en 2026 contre 5,4% en 2025, avec une trentaine de milliards d’euros d'”économies”, entre nouveaux prélèvements (14 milliards) et économies de dépenses (17 milliards). Les sénateurs ont largement réduit les nouveaux prélèvements, à hauteur de 7,7 milliards d’euros selon le chiffrage provisoire du gouvernement. Mais ils entendent compenser ces baisses de recettes par des baisses de dépenses.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé comme “priorité absolue” de “garder une cible de déficit à moins de 5% du PIB” à l’issue des débats.- Contribution des hauts revenusInstaurée en 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée d’un an. Approuvée au Sénat, elle fixe un taux minimal d’imposition de 20% pour les ménages dont les revenus dépassent 250.000 euros par an pour un célibataire, et 500.000 euros pour un couple. Le gain espéré est de 1,5 milliard d’euros. – Taxation des holdingsLe projet de budget entend instaurer une taxe visant le patrimoine financier des holdings patrimoniales, parfois utilisées pour contourner l’impôt. Mais le rendement de cette taxe a été nettement réduit par les sénateurs, le faisant passer à environ 100 millions d’euros, selon le gouvernement, contre un milliard dans la version initiale.- Gel du barème de l’impôt sur le revenuLes tranches du barème de l’impôt sur le revenu ne seront pas revalorisées en fonction de l’inflation, ce qui se traduira par 200.000 “nouveaux entrants” dans cet impôt, selon Bercy. D’autres ménages paieraient davantage d’impôt sur le revenu. La mesure rapporterait 2 milliards d’euros. Le Sénat propose de revaloriser seulement la tranche la plus basse du barème. Les députés avaient, eux, rejeté l’ensemble du dispositif.- Abattement forfaitaire pour les retraitésL’abattement de 10% dont bénéficient les retraités sur leur pension est remplacé par un abattement forfaitaire de 2.000 euros, selon la proposition gouvernementale. Le Sénat a adopté un autre dispositif, préférant abaisser le plafond de cet abattement de 4.399 euros à 3.000 euros.- Surtaxe pour les grandes entreprisesInstaurée en 2025, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est reconduite pour un an, mais avec un rendement réduit de moitié, à 4 milliards d’euros, selon le projet de loi de finances initial. A l’Assemblée, le ministre de l’Economie Roland Lescure a présenté un amendement, adopté, portant le rendement à 6 milliards. Mais le dispositif est très mal embarqué car le Sénat a rejeté la reconduction de la surtaxe, tandis que l’Assemblée a rejeté l’ensemble des recettes du budget. – Suppression de 23 niches fiscalesLe projet de budget prévoit de supprimer 23 niches fiscales jugées “obsolètes ou inefficaces” parmi les 474 existantes, pour un gain d’environ 5 milliards d’euros. Parmi elles, la suppression d’un avantage fiscal accordé à deux biocarburants (B100 et E85), est décriée à la fois par l’Assemblée et par le Sénat.- Taxe sur les petits colisUne taxe de 2 euros ciblerait les petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros livrés par des entreprises établies hors de l’UE. La mesure pourrait rapporter 5 à 600 millions d’euros. Le Sénat l’a faite passer à 5 euros par article.- Accélération de la suppression de la CVAELe projet de budget prévoit de baisser la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), un impôt de production, et de la supprimer définitivement en 2028, deux ans avant l’échéance précédemment prévue. Le coût est de 1,3 milliard.- Maîtrise des dépensesLe projet de budget prévoit de baisser légèrement “en valeur” les crédits des ministères, à l’exception de celui des Armées qui bénéficie d’une augmentation de 6,7 milliards d’euros, de l’Intérieur (600 millions) et de la Justice (200 millions). Les sénateurs seront les seuls à pouvoir examiner ce volet “dépenses”, à partir de jeudi. Les députés n’ont pas pu s’y pencher à cause du rejet de la partie dédiée aux recettes.

Ukraine, commerce… Macron presse Xi, qui refuse toute responsabilité dans la guerre

Le président français Emmanuel Macron a pressé jeudi son homologue chinois Xi Jinping d’oeuvrer à la fin de la guerre en Ukraine et à corriger les déséquilibres commerciaux, mais a entendu son hôte rejeter fermement toute part de responsabilité dans la poursuite de la crise ukrainienne.”La Chine soutient tous les efforts pour la paix” et “continuera à jouer un rôle constructif pour une solution à la crise” ukrainienne, a dit M. Xi. “En même temps, elle s’oppose fermement à toute tentative irresponsable visant à rejeter la faute ou à diffamer quiconque”, a-t-il ajouté alors que M. Macron n’a publiquement formulé aucun grief.Lors d’une apparition commune devant les médias, M. Macron a dit avoir “longuement évoqué” avec son homologue le conflit en Ukraine, “menace vitale pour la sécurité européenne”. “J’espère que la Chine pourra se joindre à notre appel et à nos efforts pour parvenir dans les meilleurs délais à tout le moins à un cessez-le-feu”, a-t-il dit.Il avait auparavant qualifié la coopération avec la Chine de “déterminante” sur l’Ukraine. Il avait plus largement reconnu l’existence de “désaccords” avec la Chine, mais avait affirmé “la responsabilité de savoir les dépasser”.Le président chinois, accompagné de son épouse Peng Liyuan, a reçu M. Macron et son épouse Brigitte dans le cadre monumental du Palais du peuple, décor des congrès du Parti communiste chinois. Ils ont écouté les hymnes nationaux et passé en revue la garde, avant d’être salués par des enfants auxquels M. Macron a adressé un baiser de la main.Le chef de l’Etat français, arrivé mercredi soir, accompagné également par 35 dirigeants de grands groupes (Airbus, EDF, Danone..) et d’entreprises familiales, du luxe à l’agroalimentaire, a assisté à la signature d’un certain nombre d’accords.Il s’agit de sa quatrième visite d’Etat en Chine depuis qu’il a été élu président en 2017. Xi Jinping a lui-même été reçu en France en grande pompe en 2024 et l’Elysée présente le temps que M. Xi passera avec M. Macron d’ici à vendredi, y compris à titre privé, comme un signe de l’importance accordée à la relation.Cependant, les différends avec la France et, plus largement l’Europe, sont profonds. L’Europe voudrait voir la Chine user de son influence pour mettre fin à la guerre à ses portes.La Chine n’a jamais condamné l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Partenaire économique et politique primordial de la Russie, elle est le premier pays acheteur de combustibles fossiles russes au monde, y compris de produits pétroliers, alimentant ainsi la machine de guerre. Des Européens l’accusent de fournir des composants militaires à Moscou, ce que dément Pékin.- Diplomatie des pandas -Le président chinois a réservé un traitement privilégié à son homologue russe Vladimir Poutine en septembre en l’invitant, avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, à un défilé militaire géant célébrant les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale.Les déséquilibres commerciaux constituent un autre lourd contentieux, avec les pratiques commerciales chinoises jugées déloyales, des voitures électriques à l’acier.La relation entre la Chine et l’Union européenne se caractérise par un déficit commercial massif (357 milliards de dollars) en défaveur de l’UE.M. Macron semble avoir été entendu dans son appel à plus d’investissements chinois en France et à des investissements croisés, avec un partage de technologies comparable à celui opéré par les Européens et qui a contribué au décollage économique de Pékin.”Nous voulons accueillir davantage de projets chinois dans le domaine des batteries, de la mobilité décarbonée, de la robotique industrielle, du photovoltaïque, de l’éolien”, a dit M. Macron. Une lettre d’intention a été signée en ce sens.”Les deux parties se sont engagées à promouvoir le développement équilibré des relations économiques et commerciales bilatérales, à accroître les investissements réciproques et à offrir un environnement commercial équitable”, a dit M. Xi, dont le pays a livré en 2025 aux Etats-Unis une intense guerre commerciale aux retombées mondiales.”L’interdépendance n’est pas un risque et la convergence d’intérêts n’est pas une menace”, a-t-il dit.M. et Mme Macron devaient quitter Pékin jeudi en fin d’après-midi à destination de Chengdu, dans la province du Sichuan (sud-ouest), où les deux couples présidentiels se retrouveront dans un cadre plus informel, comme en 2024 en France.M. Macron, populaire en Chine, aura un échange avec des étudiants tandis que son épouse se rendra à la base de recherche pour la reproduction des pandas géants. Les deux pays se sont entendus sur la poursuite de la coopération pour la conservation de l’animal emblématique, devenu quasiment ambassadeur de la Chine.