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Enlèvement d’un homme dans le Val-d’Oise, une rançon réclamée à son fils

Un quinquagénaire a été enlevé et violenté lundi, puis libéré quelques heures plus tard dans le Val-d’Oise par des malfaiteurs qui réclamaient une rançon à son fils installé à Dubaï, a appris mercredi l’AFP de sources proches du dossier, confirmant des informations de RTL et du Parisien.La victime avait été enlevée lundi après-midi à Eaubonne (Val-d’Oise) puis libérée dans une forêt, près d’une commune voisine, a-t-on ajouté. Blessé, l’homme a été hospitalisé. Son pronostic vital n’est pas engagé, a-t-on précisé de même source.Les ravisseurs “ont réclamé au fils 300.000 euros dans une première vidéo puis la même chose dans une autre vidéo où l’on voyait le père être violenté plus fort”, a indiqué à l’AFP une autre source proche de l’enquête, confirmant une information de La Gazette du Val-d’Oise.Le fils est un entrepreneur dans le domaine de la cybersécurité, détenteurs de cryptomonnaies, a indiqué cette source proche de l’enquête.Le quinquagénaire a expliqué aux enquêteurs qu’il avait été enlevé par quatre hommes encagoulés. Un automobiliste l’a plus tard retrouvé “nu, tabassé, au bord d’une route, du côté de Louvres” (Val-d’Oise), à 25 km d’Eaubonne, et a appelé les pompiers et gendarmes, a indiqué à l’AFP la source proche de l’enquête.Selon RTL, le père est un cadre supérieur dans le domaine de la santé, domicilié à Eaubonne. Selon Le Parisien, le fils, seulement âgé de 19 ans, est installé depuis peu à Dubaï.Parmi les pistes explorées par les enquêteurs figure celle d’une tentative d’extorsion de fonds liée aux cryptomonnaies.Les rapts contre rançon ou tentatives d’enlèvement liés aux cryptomonnaies, parfois spectaculaires, ont connu une recrudescence ces derniers mois.Dans nombre de ces affaires, plusieurs suspects ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire.

Airbags Takata : la CLCV lance une action de groupe contre Stellantis

L’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) a annoncé mercredi lancer une action de groupe visant le constructeur automobile Stellantis au nom de 150 propriétaires de voitures équipées d’airbags Takata défectueux.La CLCV a décidé de saisir le tribunal judiciaire de Paris afin de “faire valoir le préjudice” des propriétaires de véhicules concernés par la campagne de rappel jugée “tardive, partielle et désorganisée” par l’association.Actuellement, “quelque 1,8 million de véhicules sont recensés en France comme étant encore à réparer, dont 1,3 million font l’objet d’un rappel dit +Stop drive+”, qui implique de ne plus rouler avant le remplacement (gratuit) des airbags du véhicule, a indiqué le ministère des Transports mercredi soir.Les départements et territoires ultramarins sont particulièrement touchés.Au total, selon le ministère des Transports, les accidents de voiture attribués à des éclatements d’airbags défectueux ont fait 20 morts en France dont 18 en Outre-mer, et 25 blessés – dont 24 en Outre-Mer, au cours de 46 accidents, dont 42 ont eu lieu en Outre-mer.Les morts ou les graves blessures liées à ces airbags sont en effet causées par un gaz, le nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec le temps, particulièrement dans les climats chauds et humides: les coussins de sécurité des véhicules se déclenchent alors même en cas de collision mineure, provoquant une explosion identique à celle d’une grenade et projetant dans l’habitacle des pièces de métal et de plastique.La CLCV dénonce plusieurs préjudices engendrés par la mesure de rappel auprès des propriétaires de véhicules concernés dont des préjudices “matériels” et de “jouissance” liés à l’immobilisation des véhicules ainsi que des préjudices moraux comme le “préjudice d’anxiété”.Stellantis n’a pas souhaité commenter la procédure en cours mais a tenu à rappeler à l’AFP que le groupe “mobilise l’ensemble de son réseau et met en oeuvre les moyens les plus importants pour garantir la sécurité de ses clients”.Le constructeur a également précisé que 70% des véhicules de sa flotte française des marques Citroën, DS et Opel “ont été traités” dont 90% des véhicules C3 et DS3.Selon les chiffres du ministère des Transports mercredi soir, 670.000 véhicules ont été réparés depuis juillet, date de l’arrêté ayant renforcé les mesures de rappel. Et au total, “presque 1,2 million de véhicules ont été réparés” a ajouté la même source.UFC-Que Choisir, autre grande association de consommateurs, avait lancé en juillet pour la première fois en France une action de groupe contre Stellantis.Aux Etats-Unis, pays le plus touché avec 28 morts, Ford, Toyota, Honda, BMW, Nissan et Mazda ont versé un total de 1,5 milliard de dollars d’indemnisations aux victimes.

Reprise ou liquidation: la justice tranchera l’avenir de Brandt le 11 décembre

Des centaines de salariés inquiets chez Brandt, groupe centenaire d’électroménager, sont suspendus à une décision de justice désormais attendue le 11 décembre sur l’avenir de ce fleuron industriel français en grandes difficultés financières.”On subit, c’est l’inquiétude qui prédomine et nous aurons encore dix jours à attendre”, a soupiré Dylan Wrede, agent logistique depuis dix ans chez Brandt. “C’est une situation très difficile”, a ajouté ce salarié, rencontré mercredi par l’AFP à la sortie d’une usine du groupe près d’Orléans, où la production est au ralenti depuis des semaines.La décision du tribunal des affaires économiques de Nanterre sera rendue le 11 décembre prochain, ont indiqué plusieurs élus locaux à l’AFP.Une audience mercredi était suivie de près par les quelque 700 employés de Brandt, inquiets alors que leurs salaires ne seront plus versés après le 15 décembre. “Un beau cadeau de Noël”, a résumé l’un d’eux.Le scénario d’un arrêt de l’activité et d’une mise en liquidation est particulièrement redouté.Parmi les offres présentées, seul le projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, permettrait de sauver au moins 300 emplois, d’après le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.Plusieurs élus et représentants de collectivités ont d’ailleurs fait le déplacement à Nanterre mercredi pour soutenir une initiative présentée comme celle de la dernière chance, notamment au nom de la défense du “savoir-faire français”.”Nous avons mis tous les éléments sur la table, cela a été l’occasion de montrer la nature et la fermeté de notre engagement”, a déclaré à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, à l’issue de l’audience.La Scop serait aussi l’unique possibilité de sauver les deux usines du groupe, situées près d’Orléans (Loiret), et à Vendôme (Loir-et-Cher), selon des sources syndicales.Ce projet rappelle le cas de la verrerie Duralex, reprise sous ce même statut de Scop en juillet 2024.La tâche s’annonce difficile. Entre 20 et 25 millions d’euros au total seraient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt.- Soutien de l’Etat -Le gouvernement a annoncé un soutien de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, suivi par la région Centre-Val de Loire qui a promis de mettre sur la table plus de 5 millions d’euros au total.La métropole d’Orléans s’est engagée sur une contribution du même ordre de grandeur, selon François Bonneau.”Quand on fait la somme de tout ça, on est à près de 20 millions d’euros d’engagements publics” consacrés au “redémarrage” de deux usines, a affirmé le président de région, jugeant l’effort “assez remarquable”.Il reste à savoir si les banques, poussées par le ministre délégué à l’Industrie à “jouer le jeu”, répondront à l’appel pour convaincre le tribunal de la viabilité du projet.En jeu, le 11 décembre prochain, l’avenir du fabricant des produits Brandt, mais aussi celui de trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager, lié à la crise de l’immobilier.Ce secteur a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La prolifération des satellites menace l’observation du ciel par télescope

Les lumières engendrées par le demi-million de satellites que l’humanité a prévu de mettre en orbite dans les prochaines années pourraient menacer à l’avenir les images captées par les téléscopes spaciaux, avertissent des astronomes de la Nasa.Depuis 2019, le nombre de satellites en orbite basse est passé de 2.000 à 15.000, selon l’étude publiée mercredi dans la revue Nature. Mais ce n’est rien à côté de ce qui est prévu dans les prochaines années. Si l’ensemble des projets de lancements satellitaires est mené à bien, il y en aura 560.000 en orbite autour de la Terre à l’horizon 2040, selon l’étude.Cela pose une “très sérieuse menace” pour les télescopes spaciaux, explique à l’AFP Alejandro Borlaff, auteur principal de l’étude et membre du Ames Research Center de la Nasa en Californie.Pour les besoins de leur étude, les astronomes ont simulé l’impact que pourraient avoir ces 560.000 satellites sur quatre téléscopes spaciaux.Les reflets de la lumière émise par ces satellites affecteraient ainsi 96% des images produites par le SPHEREx de la Nasa, du futur téléscope ARRAKIHS de l’Agence spatiale européenne (ESA), et du futur Xuntian chinois.Le télescope spatial Hubble, qui offre une vision plus restreinte de l’univers et est donc moins susceptible de photographier un satellite, verrait un tiers de ses images altérées.Cela engendrait des conséquences pour tous les types de recherche scientifique.”Imaginez que vous essayez de trouver des astéroïdes qui peuvent être potentiellement dangereux pour la Terre”, explique M. Borlaff.Un astéroïde qui traverse le ciel “ressemble exactement à un satellite… c’est vraiment difficile de trouver lequel est le mauvais”, souligne-t-il.Certains télescopes, comme le fameux James Webb, ne sont pas affectés par les satellites car ils sont en orbite stable à 1,5 M de kilomètres de la Terre, au niveau du deuxième point de Lagrange.- “Aussi brillants que la plus brillante étoile” – Une des solutions serait de déployer des satellites à de plus basses altitudes que celles des télescopes spatiaux, mais cela pourrait potentiellement détériorer la couche d’ozone, selon l’étude.La solution la plus logique serait de réduire le nombre des satellites à lancer. Mais la compétition entre les entreprises et les besoins croissants liés à l’essor de l’intelligence artificielle rendent cette option peu probable.Près de trois-quarts des satellites actuellement en orbite appartiennent au milliardaire Elon Musk via sa constellation internet Starlink, explique le chercheur. Dans une vingtaine d’années, Starlink ne devrait plus représenter que 10% de l’ensemble des satellites, selon l’étude.M. Borlaff estime que les entreprises pourraient d’ores et déjà aider en fournissant l’emplacement, l’orientation et la couleur de leurs satellites à ceux qui exploitent des télescopes spatiaux.Un autre problème vient de la taille de plus en plus grosses des satellites.À l’œil nu, les satellites d’une surface supérieure à 100 m2 sont “aussi brillants que la plus brillante des étoiles que vous pouvez voir dans le ciel”, souligne-t-il.Mais afin de répondre aux besoins de développement de l’IA, il existe déjà des projets de satellites mesurant plus de 3.000 m2. Ces géants pourraient être “aussi brillants qu’une planète”, conclut M. Borlaff.

Trois jeunes meurent dans leur voiture tombée dans une piscine

Trois très jeunes gens sont morts noyés après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de protoxyde d’azote ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d’un pavillon mercredi à Alès (Gard), a-t-on appris de sources concordantes.”Vers 02H00 du matin, une voiture avec trois jeunes garçons à bord a raté son virage et percuté le muret d’un pavillon où il y a une piscine. La voiture a défoncé le muret, s’est retournée et est tombée à l’intérieur de la piscine, sur le toit, les quatre roues en l’air”, a expliqué à l’AFP le procureur d’Alès, Abdelkrim Grini.”Les trois personnes à bord, âgées de 14, 15 et 19 ans, sont décédées, a priori par noyade”, a ajouté M. Grini, qui a ordonné une enquête pour “recherche de la cause de la mort” ainsi qu’une autopsie.”Plusieurs bouteilles”, voire “de nombreuses bouteilles” de protoxyde d’azote “ont été retrouvées dans le véhicule” accidenté, a-t-on par ailleurs appris de sources policières. C’est le propriétaire du pavillon, un boulanger, qui a appelé les secours en constatant la présence du véhicule vers 6H00 du matin, selon le procureur.Les pompiers ont eu beaucoup de mal à accéder aux passagers de la voiture, la voiture étant pratiquement “emboitée” dans la piscine, a-t-il ajouté.”C’est vraiment le comble de l’horreur. C’était impossible pour les passagers d’ouvrir les portes. Ce n’est pas le choc de l’accident qui les a tués. Ils se sont retrouvés la tête retournée, dans de l’eau glacée, incapables de sortir. Ils n’avaient aucune chance”, a estimé Abdelkrim Grini, pour qui cet “accident” relève d’un “concours de circonstances invraisemblable”.Surnommé “gaz hilarant” et ayant notamment pour effet secondaire la perte de contrôle de ses consommateurs, le protoxyde d’azote a été récemment à l’origine de plusieurs drames routiers, comme par exemple début novembre à Lille, où un jeune homme de 19 ans a été mortellement percuté par un automobiliste ayant consommé ce gaz et fuyant la police. Les trois corps ont été emmenés à l’institut médico-légal de Nîmes pour y être autopsiés, en principe jeudi matin. Une analyse toxicologique est notamment prévue, selon le procureur. L’enquête a été confiée au commissariat de la police nationale à Alès.

Dans l’eau en France, un polluant éternel presque partout, le TFA

Des mesures des “polluants éternels” de la famille des PFAS par l’État confirment les craintes que suscite l’un de ces composés chimiques, le TFA, présent presque partout en France dans l’eau, y compris du robinet, comme le craignaient des associations environnementales.L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a révélé mercredi que l’acide trifluoroacétique (de formule chimique CF₃COOH) était présent dans 92% des eaux analysées.Ce chiffre provient de prélèvements dans 647 échantillons d’eau brute (cours d’eau, mares, lacs, eaux souterraines, puits, etc.) et 627 d’eau du robinet, sur tout le territoire, en métropole et Outre-mer.”Nous étions un peu seuls, avec nos modestes moyens, à dénoncer ce problème”, a affirmé à l’AFP François Veillerette, le porte-parole de l’association Générations futures, qui avait déjà réalisé des mesures de moindre ampleur. “Il est clair que l’alerte que nous avions lancée était justifiée. Les chiffres de l’Anses sont même pires que les nôtres”.Le TFA est un composé qui, selon plusieurs études, est nocif pour le foie et la fertilité et fait courir aux fœtus le risque de malformations.Utilisé par les industries pharmaceutique ou agrochimique, il est extrêmement persistant dans l’environnement, mobile et capable de contaminer largement toute la chaîne alimentaire, solides comme liquides, et les organismes.En tant que “PFAS à chaîne courte”, c’est-à-dire avec peu d’atomes de carbone, ce qui en fait une molécule très petite, il est extrêmement difficile à extraire lors du traitement de l’eau et pratiquement indestructible.Il n’y a aucune obligation à ce jour de mesurer sa concentration dans l’eau du robinet.L’Anses a recherché dans l’eau la présence de 35 PFAS différents. Les 34 autres sont moins fréquents, le plus répandu ensuite étant l’acide perfluorohexane sulfonique (PFHxS), trouvé dans 27% des échantillons.- “Le problème est mondial” -La concentration médiane en TFA est de 0,81 microgramme par litre d’eau et elle grimpe jusqu’à 20 microgrammes aux alentours de l’usine de TFA de Solvay à Salindres (Gard). Celle-ci a produit du TFA pendant plus de 40 ans, jusqu’en 2024.L’Anses relève que la concentration la plus forte reste trois fois inférieure à la “valeur sanitaire indicative” retenue par le ministère de la Santé, en l’absence de réglementation actuellement, de 60 microgrammes par litre d’eau.Mais, relève le porte-parole de Générations futures, “cette valeur indicative est extrêmement élevée, alignée sur l’Allemagne, alors que les Pays-Bas par exemple ont choisi 2,2 microgrammes”.L’Union européenne doit trancher en 2026 sur des seuils harmonisés.Le TFA provient de multiples sources industrielles, entre autres la décomposition dans l’atmosphère des gaz fluorés employés pour la réfrigération et les rejets des fabricants d’un herbicide, le flufénacet.”Ces retombées atmosphériques vont impacter directement et rapidement les eaux de surface, que ce soit les cours d’eau ou les plans d’eau, et vont donc entraîner une présence généralisée” de TFA, a expliqué à la presse Xavier Dauchy, un chimiste du laboratoire de l’Anses à Nancy qui a produit ces résultats.”Il peut y avoir des émissions directes par des sites qui synthétisent le TFA. Il peut y avoir des émissions […] par des sites qui utilisent le TFA”, a-t-il ajouté.D’après Générations futures, cette pollution ne devrait faire qu’empirer.”Les quantités vont augmenter puisque les sources de ce PFAS, de loin le plus répandu, restent les mêmes. Sur les gaz fluorés, on ne contrôle rien: le problème est mondial. Sur les pesticides fluorés, la France doit agir sur son territoire. C’est que nous demandons depuis des années”, a expliqué à l’AFP M. Veillerette.

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Dans l’eau en France, un polluant éternel presque partout, le TFA

Des mesures des “polluants éternels” de la famille des PFAS par l’État confirment les craintes que suscite l’un de ces composés chimiques, le TFA, présent presque partout en France dans l’eau, y compris du robinet, comme le craignaient des associations environnementales.L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a révélé mercredi que l’acide trifluoroacétique (de formule chimique CF₃COOH) était présent dans 92% des eaux analysées.Ce chiffre provient de prélèvements dans 647 échantillons d’eau brute (cours d’eau, mares, lacs, eaux souterraines, puits, etc.) et 627 d’eau du robinet, sur tout le territoire, en métropole et Outre-mer.”Nous étions un peu seuls, avec nos modestes moyens, à dénoncer ce problème”, a affirmé à l’AFP François Veillerette, le porte-parole de l’association Générations futures, qui avait déjà réalisé des mesures de moindre ampleur. “Il est clair que l’alerte que nous avions lancée était justifiée. Les chiffres de l’Anses sont même pires que les nôtres”.Le TFA est un composé qui, selon plusieurs études, est nocif pour le foie et la fertilité et fait courir aux fœtus le risque de malformations.Utilisé par les industries pharmaceutique ou agrochimique, il est extrêmement persistant dans l’environnement, mobile et capable de contaminer largement toute la chaîne alimentaire, solides comme liquides, et les organismes.En tant que “PFAS à chaîne courte”, c’est-à-dire avec peu d’atomes de carbone, ce qui en fait une molécule très petite, il est extrêmement difficile à extraire lors du traitement de l’eau et pratiquement indestructible.Il n’y a aucune obligation à ce jour de mesurer sa concentration dans l’eau du robinet.L’Anses a recherché dans l’eau la présence de 35 PFAS différents. Les 34 autres sont moins fréquents, le plus répandu ensuite étant l’acide perfluorohexane sulfonique (PFHxS), trouvé dans 27% des échantillons.- “Le problème est mondial” -La concentration médiane en TFA est de 0,81 microgramme par litre d’eau et elle grimpe jusqu’à 20 microgrammes aux alentours de l’usine de TFA de Solvay à Salindres (Gard). Celle-ci a produit du TFA pendant plus de 40 ans, jusqu’en 2024.L’Anses relève que la concentration la plus forte reste trois fois inférieure à la “valeur sanitaire indicative” retenue par le ministère de la Santé, en l’absence de réglementation actuellement, de 60 microgrammes par litre d’eau.Mais, relève le porte-parole de Générations futures, “cette valeur indicative est extrêmement élevée, alignée sur l’Allemagne, alors que les Pays-Bas par exemple ont choisi 2,2 microgrammes”.L’Union européenne doit trancher en 2026 sur des seuils harmonisés.Le TFA provient de multiples sources industrielles, entre autres la décomposition dans l’atmosphère des gaz fluorés employés pour la réfrigération et les rejets des fabricants d’un herbicide, le flufénacet.”Ces retombées atmosphériques vont impacter directement et rapidement les eaux de surface, que ce soit les cours d’eau ou les plans d’eau, et vont donc entraîner une présence généralisée” de TFA, a expliqué à la presse Xavier Dauchy, un chimiste du laboratoire de l’Anses à Nancy qui a produit ces résultats.”Il peut y avoir des émissions directes par des sites qui synthétisent le TFA. Il peut y avoir des émissions […] par des sites qui utilisent le TFA”, a-t-il ajouté.D’après Générations futures, cette pollution ne devrait faire qu’empirer.”Les quantités vont augmenter puisque les sources de ce PFAS, de loin le plus répandu, restent les mêmes. Sur les gaz fluorés, on ne contrôle rien: le problème est mondial. Sur les pesticides fluorés, la France doit agir sur son territoire. C’est que nous demandons depuis des années”, a expliqué à l’AFP M. Veillerette.

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Les mineurs clandestins sud-africains face au crépuscule du charbon

En grandissant, Cyprial rêvait de devenir avocat. Adulte, il passe ses journées sous terre, dans une obscurité totale, à piocher la roche d’une mine de charbon clandestine en Afrique du Sud.Le grondement des brouettes résonne dans les tunnels étroits où lui et des dizaines d’autres hommes travaillent depuis l’aube. Certains creusent la paroi rocheuse, leurs faibles lampes frontales perçant à peine l’obscurité.D’autres poussent des charges pesant jusqu’à 100 kilogrammes à pleine vitesse dans les tunnels, puis sur une colline escarpée jusqu’aux camions servant à livrer le charbon à des vendeurs informels dans la ville voisine d’Ermelo, dans la province orientale du Mpumalanga, coeur charbonnier du pays.Ils pénètrent par un tunnel de fortune dans cette colline éventrée abandonnée par une entreprise minière.L’Afrique du Sud figure parmi les principaux producteurs mondiaux de charbon, qui alimente environ 80% de l’électricité du pays.Classé parmi les 12 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde, le pays est devenu en 2021 le premier au monde à signer un accord de partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) avec des pays occidentaux, pour un total de 8,5 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros). Principalement des prêts à conditions préférentielles destinés à financer la production d’énergies moins polluantes.Si la majeure partie de l’électricité est produite dans le Mpumalanga, les habitants disent avoir peu bénéficié de l’exploitation minière à grande échelle. Ils craignent que la transition énergétique ne les laisse à nouveau de côté.- “Artisanaux” ou “illégaux” ? -“Dans le puits, c’est noir comme dans un four. On ne peut même pas voir son doigt,” explique Cyprial, en tirant sur un joint pour l’aider à “faire disparaître toutes (s)es peurs”.”La moitié des jeunes d’ici à Ermelo font ce travail,” affirme cet homme qui s’exprime sous pseudonyme par peur de représailles des autorités.Avec un taux de 34%, le Mpumalanga est encore plus touché par le chômage que le reste du pays.Le charbon d’Ermelo alimente des centrales du pays et de l’étranger mais de nombreux habitants ici vivent dans des cabanes sans accès à l’électricité.”Ce minerai vient de chez nous, mais il est pris pour être vendu ailleurs… alors que les gens d’ici n’en bénéficient pas,” explique Cyprial à l’AFP.Le gouvernement qualifie Cyprial et les autres de “mineurs illégaux”, mais ils préfèrent le terme “mineurs artisanaux”.”Ce charbon, on le transporte vers des habitations pour que des gens puissent l’utiliser pour cuisiner et se chauffer,” déclare Jabulani Sibiya, représentant de l’union des mineurs artisanaux d’Ermelo.L’électricité produite dans le Mpumalanga est trop chère pour de nombreux habitants, une situation qui “n’est pas juste” selon lui.Le président Cyril Ramaphosa a qualifié ces mineurs de “menace” pour l’économie et la sécurité du pays, et les autorités tentent d’éradiquer cette activité. Il y avait plus de 40.000 mineurs clandestins en Afrique du Sud en 2021, d’après les estimations, mais principalement dans des mines d’or.- Transition vraiment “juste” ? -Les mineurs artisanaux d’Ermelo ont demandé un permis minier collectif, mais le processus est coûteux et lent, explique Zethu Hlatshwayo, porte-parole de l’Association nationale des mineurs artisanaux (NAAM).Cette année, le gouvernement a introduit un projet de loi destiné à faciliter la formalisation de l’exploitation minière artisanale. Mais le processus est entravé par la “paperasserie”, déplore Zethu Hlatshwayo.”Il faut avoir un terrain, des permis, une autorisation environnementale,” liste-t-il, en estimant le coût total à trois millions de rands (150.000 euros).Pour lui, une “transition juste” doit permettre aux gens ordinaires d’accéder aux richesses minières de l’Afrique du Sud. Cela corrigerait, d’après Zethu Hlatshwayo, “les injustices du passé”, en référence à l’apartheid, quand la lucrative industrie minière était le domaine réservé des Sud-Africains blancs.L’exploitation minière ne disparaîtra pas avec l’abandon du charbon, tant les matières premières stratégiques présentes dans le sous-sol sud-africain sont nécessaires à la fabrication de panneaux solaires ou de voitures électriques.Il est essentiel “d’inclure la durabilité et les mineurs artisanaux de communautés marginalisées,” plaide Zethu Hlatshwayo. “Ce ne sera pas une transition juste si on est laissés de côté”.