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Reprise d’industrie en difficulté: la difficile équation du bon repreneur

Une usine en difficulté, des salariés et élus inquiets, un chevalier blanc qui surgit mais n’a parfois ni l’expertise, ni même l’intention nécessaires au redressement de l’entreprise… Trouver le bon repreneur n’est pas chose aisée.Le dossier Novasco en donne un exemple criant: un an seulement après avoir repris l’aciériste anciennement nommé Ascométal, le fonds britannique Greybull se retrouve voué aux gémonies par le gouvernement.Le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin a annoncé lundi son intention de “saisir les tribunaux” contre le fonds, alors que l’aciériste s’apprête à changer une nouvelle fois de mains avec à la clé la fermeture de plusieurs sites industriels et 500 emplois supprimés.”Quand vous êtes dans une situation critique, si n’importe qui passe par là et fait une proposition, vous regardez”, synthétise un bon connaisseur de l’industrie auprès de l’AFP. Ce n’est pas le premier fleuron historique à devoir se mettre sous la protection du tribunal de commerce. Concurrence internationale, inflation des coûts ou érosion des recettes… Les causes sont diverses, les conséquences se ressemblent souvent: emplois supprimés, grogne locale, sentiment d’abandon.”Un emploi industriel, c’est trois emplois induits dans la région. Les caméras, les politiques, tout le monde s’en mêle et il devient compliqué d’étudier sereinement les offres” de reprise, poursuit la source. – Incertitudes inévitables -A charge au tribunal de commerce de s’assurer de la crédibilité d’un candidat à la reprise. Il prend au préalable les avis des administrateurs judiciaires, des mandataires judiciaires qui représentent les intérêts des créanciers, du ministère public et des représentants des salariés.”Qu’il y ait des incertitudes sur la capacité d’un repreneur à faire face à ses obligations, c’est inhérent au monde de l’entreprise”, observe auprès de l’AFP l’avocat spécialisé dans le redressement d’entreprise, Jean-François Puget.Trois critères doivent en pratique guider les choix, poursuit cet associé du cabinet Cornet Vincent Ségurel: “la poursuite pérenne de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi, l’apurement du passif”.”Il faut regarder l’historique de l’éventuel repreneur, percevoir sa compréhension intime du métier et des savoir-faire” et bien sûr “évaluer sa solidité financière”, estime auprès de l’AFP Stéphane Gorce, président de la Société des Ingénieurs Arts & Métiers et bon connaisseur du monde de l’industrie.Se pose en outre la question délicate de l’éventuel passage sous pavillon étranger d’un fleuron national.Mais le candidat idéal ne se présente pas toujours.”Quel investisseur aujourd’hui va mettre 200 millions d’euros pour remettre sur pied un outil industriel” comme Novasco, alors que “les usines de sidérurgie européennes tournent à moins de 65% de leur capacité” et que le plan acier européen devant protéger la filière de la concurrence étrangère n’est, à date, “ni validé ni a fortiori mis en œuvre”, déplore Bruno Jacquemin, délégué général de A3M (extraction minière, métallurgie, sidérurgie et recyclage des métaux).- Liquidation parfois préférable -“Si aucun repreneur n’apparaît vraiment viable, on voit de plus en plus des tribunaux qui préfèrent liquider plutôt que continuer avec un énième” acheteur, observe Me Puget.Un temps candidats à la reprise de Novasco, deux repreneurs en série d’industriels, ACI Groupe et Europlasma, ont vu leur étoile pâlir dernièrement.Le premier, créé en 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, a demandé fin septembre son placement en redressement judiciaire à Lyon, décision qui a poussé le ministre de l’Economie Roland Lescure à commander un “audit” sur cet acteur qui emploie 1.600 salariés.Le second a fait l’objet d’un droit d’alerte économique du CSE d’une des entreprises reprises, Fonderie de Bretagne. Dans la foulée, le cabinet de Sébastien Martin a annoncé un comité de suivi pour s’assurer que le repreneur tienne les engagements prononcés à la barre du tribunal de commerce.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Climat: près de Bordeaux, levures et porte-greffe à la rescousse du vin

Enfouis dans la terre des vignes, ces plants font rarement parler d’eux: les porte-greffe, qui équipent quasiment tous les ceps depuis la vieille épidémie de phylloxéra, font désormais partie de l’arsenal des chercheurs dans la course infernale contre le réchauffement climatique.Sur le campus de l’institut Inrae près de Bordeaux, des alignements de porte-greffe grandissent sous serre. Une nouvelle piste pour que perdure la viticulture, qui compte plus de 2.500 ans d’histoire en France et représente les deux tiers de son excédent agroalimentaire.De premières variétés de raisin résistantes ont été mises au point, mais elles ne correspondent pas forcément à tous les terroirs. Agir sur le porte-greffe contourne le problème: on ne touche pas au précieux cépage.Il est comme le doubleur de voix d’un acteur, dit Elisa Marguerit, enseignante chercheuse à Bordeaux Sciences Agro: “ce n’est pas de lui dont on parle le plus, il est dans l’ombre, mais il a un effet” manifeste sur la production.Le porte-greffe forme le système racinaire du pied de vigne, sa partie souterraine, sur laquelle est greffé le cépage, la partie aérienne, qui porte les grappes.Ces plants ont été déployés au 19e siècle dans les vignes françaises pour leur capacité à résister au puceron phylloxéra. Aujourd’hui encore ils sont là, car le fameux ravageur “est toujours présent”, rappelle la scientifique.A Bordeaux, les chercheurs étudient les performances face à la sécheresse des 30 types disponibles en France, et de 25 étrangers (italien, hongrois…), chacun associé à cinq grands cépages français.”C’est un exemple ancien de lutte biologique, une belle invention qui limite l’utilisation de produits chimiques”, souligne Kees van Leeuwen, professeur de viticulture à Bordeaux Sciences Agro: “un porte-greffe qui résiste bien à la sécheresse n’a pas besoin d’être irrigué, celui qui assimile bien les minéraux a moins besoin d’être fertilisé”.Alors que le réchauffement s’accélère, la recherche explore tous azimuts, car il n’y a pas de solution unique. Sur le campus, on teste par exemple le “vitivoltaïsme”: quel impact sur le rendement et la qualité des vignes de l’ombre de panneaux solaires plantés à 5 m du sol?Les chercheurs misent aussi sur la vinification, une fois le raisin récolté, pour tenter de garder aux vins le style qui fait leur réputation.- Inconnue post-deux degrés -“Le réchauffement modifie les équilibres sensoriels, les vins sont plus riches en alcool, moins frais, moins élégants”, explique Alexandre Pons, chercheur oenologue pour le groupe Oeneo, détaché à l’université de Bordeaux.Pour les vins de Bordeaux, on “passe d’un style de fruits frais à un modèle plus de fruit confituré”, “vers ce que l’on a l’habitude d’observer dans la Napa Valley en Californie, au climat historiquement plus chaud”.Les consommateurs apprécient peu ce changement, souligne-t-il. “La typicité – le lien entre le produit et son terroir – est une notion très importante en oenologie. C’est aussi un élément de valorisation” du vin.Dans ses outils, le vigneron dispose de nouvelles levures, sélectionnées sur des baies de raisin et permettant, en plus de transformer les sucres en alcool, de rapporter l’acidité perdue.Un vin issu de raisin trop mûr a aussi un moindre potentiel de garde. D’où l’importance de maîtriser l’oxygénation: “on a démontré dans des travaux récents que le bouchon joue un rôle très net sur la capacité du vin à préserver sa fraîcheur au cours du vieillissement en bouteille”, dit M. Pons.”Des innovations et des solutions existent déjà, dans les labos et chez les viticulteurs, et permettent d’envisager que l’on puisse s’adapter dans la plupart des vignobles”, souligne Jean-Marc Touzard, directeur de recherche Inrae qui a coanimé le vaste projet Laccave, réunissant l’écosystème des sciences et du vin.Mais “ce n’est jouable que si l’on arrive à stabiliser le climat le plus tôt possible”, s’empresse-t-il d’ajouter: au-delà de +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, “on ne sait plus quoi dire. Si on est sur un scénario à la Trump à +4°C à la fin du siècle au niveau mondial, on a trop d’instabilité pour construire une viticulture telle qu’on la connaît”.Cet été, sur les parcelles du campus bordelais, les thermomètres ont mesuré jusqu’à 52,4°C sur la peau des raisins.

Climat: près de Bordeaux, levures et porte-greffe à la rescousse du vin

Enfouis dans la terre des vignes, ces plants font rarement parler d’eux: les porte-greffe, qui équipent quasiment tous les ceps depuis la vieille épidémie de phylloxéra, font désormais partie de l’arsenal des chercheurs dans la course infernale contre le réchauffement climatique.Sur le campus de l’institut Inrae près de Bordeaux, des alignements de porte-greffe grandissent sous serre. Une nouvelle piste pour que perdure la viticulture, qui compte plus de 2.500 ans d’histoire en France et représente les deux tiers de son excédent agroalimentaire.De premières variétés de raisin résistantes ont été mises au point, mais elles ne correspondent pas forcément à tous les terroirs. Agir sur le porte-greffe contourne le problème: on ne touche pas au précieux cépage.Il est comme le doubleur de voix d’un acteur, dit Elisa Marguerit, enseignante chercheuse à Bordeaux Sciences Agro: “ce n’est pas de lui dont on parle le plus, il est dans l’ombre, mais il a un effet” manifeste sur la production.Le porte-greffe forme le système racinaire du pied de vigne, sa partie souterraine, sur laquelle est greffé le cépage, la partie aérienne, qui porte les grappes.Ces plants ont été déployés au 19e siècle dans les vignes françaises pour leur capacité à résister au puceron phylloxéra. Aujourd’hui encore ils sont là, car le fameux ravageur “est toujours présent”, rappelle la scientifique.A Bordeaux, les chercheurs étudient les performances face à la sécheresse des 30 types disponibles en France, et de 25 étrangers (italien, hongrois…), chacun associé à cinq grands cépages français.”C’est un exemple ancien de lutte biologique, une belle invention qui limite l’utilisation de produits chimiques”, souligne Kees van Leeuwen, professeur de viticulture à Bordeaux Sciences Agro: “un porte-greffe qui résiste bien à la sécheresse n’a pas besoin d’être irrigué, celui qui assimile bien les minéraux a moins besoin d’être fertilisé”.Alors que le réchauffement s’accélère, la recherche explore tous azimuts, car il n’y a pas de solution unique. Sur le campus, on teste par exemple le “vitivoltaïsme”: quel impact sur le rendement et la qualité des vignes de l’ombre de panneaux solaires plantés à 5 m du sol?Les chercheurs misent aussi sur la vinification, une fois le raisin récolté, pour tenter de garder aux vins le style qui fait leur réputation.- Inconnue post-deux degrés -“Le réchauffement modifie les équilibres sensoriels, les vins sont plus riches en alcool, moins frais, moins élégants”, explique Alexandre Pons, chercheur oenologue pour le groupe Oeneo, détaché à l’université de Bordeaux.Pour les vins de Bordeaux, on “passe d’un style de fruits frais à un modèle plus de fruit confituré”, “vers ce que l’on a l’habitude d’observer dans la Napa Valley en Californie, au climat historiquement plus chaud”.Les consommateurs apprécient peu ce changement, souligne-t-il. “La typicité – le lien entre le produit et son terroir – est une notion très importante en oenologie. C’est aussi un élément de valorisation” du vin.Dans ses outils, le vigneron dispose de nouvelles levures, sélectionnées sur des baies de raisin et permettant, en plus de transformer les sucres en alcool, de rapporter l’acidité perdue.Un vin issu de raisin trop mûr a aussi un moindre potentiel de garde. D’où l’importance de maîtriser l’oxygénation: “on a démontré dans des travaux récents que le bouchon joue un rôle très net sur la capacité du vin à préserver sa fraîcheur au cours du vieillissement en bouteille”, dit M. Pons.”Des innovations et des solutions existent déjà, dans les labos et chez les viticulteurs, et permettent d’envisager que l’on puisse s’adapter dans la plupart des vignobles”, souligne Jean-Marc Touzard, directeur de recherche Inrae qui a coanimé le vaste projet Laccave, réunissant l’écosystème des sciences et du vin.Mais “ce n’est jouable que si l’on arrive à stabiliser le climat le plus tôt possible”, s’empresse-t-il d’ajouter: au-delà de +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, “on ne sait plus quoi dire. Si on est sur un scénario à la Trump à +4°C à la fin du siècle au niveau mondial, on a trop d’instabilité pour construire une viticulture telle qu’on la connaît”.Cet été, sur les parcelles du campus bordelais, les thermomètres ont mesuré jusqu’à 52,4°C sur la peau des raisins.

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Perrier: un tribunal français rend sa décision quant à la suspension des ventes

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages? Un tribunal français rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association française de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, qui avait saisi le tribunal de Nanterre (région parisienne) en référé au printemps.L’association argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe suisse, au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse”? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement français en 2023.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse, affirmant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’État de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, souligne l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide. “Nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.

Perrier: un tribunal français rend sa décision quant à la suspension des ventes

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages? Un tribunal français rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association française de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, qui avait saisi le tribunal de Nanterre (région parisienne) en référé au printemps.L’association argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe suisse, au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse”? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement français en 2023.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse, affirmant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’État de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, souligne l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide. “Nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.

Lancement de la campagne de distribution alimentaire des Restos du coeur

Les Restos du coeur lancent mardi leur traditionnelle campagne de distribution alimentaire dans un contexte économique marqué par une précarité grandissante des publics les plus vulnérables. “Nous sommes mobilisés, nos donateurs nous suivent, les équipes sont prêtes mais nous sommes inquiets parce que la précarité est là”, déclare à l’AFP le président de l’association, Jean-Michel Richard.Environ “77% des publics que nous accueillons vivent avec moins de la moitié du seuil de pauvreté, soit 644 euros”, par mois, ajoute-t-il. “Plus de 50% de nos publics sont des jeunes de moins de 25 ans et 40% sont des mineurs, c’est dramatique. Et on a également des retraités, des travailleurs précaires, des étudiants qui viennent nous trouver”. Lors de la campagne 2024-2025, les Restos du Coeur avaient accueilli 1,3 million de personnes et distribué 161 millions de repas. A titre de comparaison, en 1985 lors de leur première année d’existence, ils avaient servi 8,5 millions de repas.Fondée par Coluche, l’association, qui assure 35% de l’aide alimentaire en France, avait lancé un cri d’alarme en septembre 2023 en prévenant qu’elle allait être contrainte de restreindre le nombre de ses bénéficiaires.”Chaque année, on est amené malheureusement à refuser du monde mais on fait le maximum en fonction de nos capacités financières”, souligne Jean-Michel Richard, dont l’association compte 78.000 bénévoles réguliers et 30.000 occasionnels.Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de pauvreté a atteint un niveau record en France métropolitaine en 2023 avec près de 10 millions de personnes concernées. Les inégalités ont atteint des niveaux parmi les plus élevés depuis 30 ans. 

In Somalia, a shaky front line barely holds back the ‘dogs of war’

The helicopter pilot is worried. Any more than 20 minutes in this shattered frontline village and Somalia’s Al-Shabaab militants could start lobbing mortars at their position.Roughly 1,000 Somali National Army (SNA) forces are holding Awdheegle, a strategic town roughly 35 miles (60 kilometres) outside the capital Mogadishu, with the help of an African Union contingent …

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La Coordination rurale renouvelle sa tête dans un congrès sous tension

C’est dans le Gers qui l’a vue naître que la Coordination rurale se réunit mardi et mercredi pour son congrès: deux camps s’affrontent pour prendre la tête du 2e syndicat agricole français, après sa percée historique aux dernières élections.La présidente sortante Véronique Le Floc’h, qui brigue un nouveau mandat de trois ans, fera face à Bertrand Venteau, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne depuis 2019.L’éleveuse de 52 ans, productrice de lait bio du Finistère-Sud, veut accompagner “la crise de croissance” du syndicat après son succès aux élections de chambres d’agriculture de janvier, et “consolider sa position d’acteur incontournable du monde agricole”.Bertrand Venteau, 46 ans, éleveur de vaches de race Limousine, promeut un syndicat “au service des équipes départementales dans la défense des paysans”. Une façon de rappeler aux sortants la primauté du terrain.Il est soutenu par les dirigeants des places fortes du syndicat aux bonnets jaunes, du Gers au Lot-et-Garonne: les “sudistes” estiment que la percée aux élections leur est largement attribuable, portée par une série d’actions musclées, comme la tentative de blocage de Paris en janvier dernier ou le saccage de bureaux de l’Office français de la biodiversité.Ils défendent une ligne dure, vue comme l’ADN d’un mouvement bâti de blocages en coups d’éclat. Certains ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite, à rebours d’une ligne officiellement “apolitique”.- “Dégagisme” -Le congrès débutera à 14H par un hommage à Jacques Laigneau, cofondateur et premier président de la CR, enterré au cimetière de Lussan, tout proche d’Auch.La journée sera clôturée par un discours de la présidente sortante, avant le vote organisé le lendemain matin.Mercredi, un premier scrutin départagera les deux candidats à la présidence, avant un second vote pour élire le comité directeur. Le corps électoral est composé des présidents des sections départementales de la CR, qui disposent chacun d’un nombre de mandats compris entre un et sept, au prorata du nombre d’adhérents de leur section.Les résultats seront proclamés en fin de matinée.Ils sont d’autant plus imprévisibles que depuis le dernier congrès électif, la CR a changé de dimension, s’imposant désormais dans 11 chambres d’agriculture (contre 3 auparavant) sur un total de 101.A l’issue d’une campagne de “dégagisme” qui a ébranlé l’alliance historique FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA), elle a obtenu près de 30% des voix des agriculteurs (contre 20% six ans auparavant).Toute la question est de savoir si ce dégagisme s’appliquera en interne.Car ces derniers mois, la Coordination rurale a relativement calmé le jeu sur le terrain, approfondi ses échanges avec le ministère de l’Agriculture, recruté et tenté de fédérer ses chambres.Une notabilisation qui déplaît au sud de la Loire, où le reproche de “cogestion avec l’Etat” adressé à la FNSEA vise désormais Véronique Le Floc’h et son comité directeur.- “Différence de méthode” -Insultes, intimidations, voire menaces: le ton est monté ces derniers mois, les “sudistes” estimant normal que le national renvoie l’ascenseur: en payant les amendes de ses adhérents qui ont fait le coup de poing en manifestation ou en s’alignant sur les méthodes de la bouillante “CR47”.La section syndicale du Lot-et-Garonne (47) a été longtemps dirigée par Serge Bousquet-Cassagne, qui revendique “18 procès en 30 ans” et dont la gestion “clientéliste” de la chambre d’agriculture du même département vient d’être sanctionnée par la Cour des comptes.Pour Christian Convers, secrétaire général sortant et soutien de Véronique Le Floc’h, “il n’y pas vraiment de différences de ligne” entre les deux camps “mais une différence de méthode”. “La Coordination rurale n’est plus aujourd’hui uniquement un syndicat de contestation, il faut porter les dossiers, discuter, avancer.”Un appel à “la responsabilité” qui fait bondir dans les rangs des partisans de Bernard Venteau, qui veulent ramener sur terre les “perchés” de Paris.