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PrĂ©vert dĂ©trĂ´nĂ© par Mistinguett ? L’appartement du poète menacĂ© par un projet d’expansion du Moulin Rouge

L’appartement parisien de Jacques PrĂ©vert tombera-t-il aux oubliettes ? Un projet d’expansion du Moulin Rouge destinĂ© Ă  ressusciter la scène de la lĂ©gendaire Mistinguett des annĂ©es folles menace l’ancienne demeure du poète, au coeur de Montmartre.Le Conseil de Paris rĂ©uni cette semaine a adoptĂ© un voeu demandant Ă  l’Etat d’intervenir “rapidement” pour sauver ce patrimoine “unique”, tĂ©moin de l’histoire culturelle et littĂ©raire de la capitale.Jacques PrĂ©vert vĂ©cut plus de 20 ans CitĂ© VĂ©ron, une Ă©troite impasse bordĂ©e de vignes situĂ©e derrière les ailes du cabaret du boulevard de Clichy, avant de s’installer en Normandie peu avant sa mort en 1977.Son appartement ouvre sur une terrasse qu’il partageait avec Boris Vian et sa seconde Ă©pouse, Ursula Vian-KĂĽbler, oĂą se dĂ©roulaient les fĂŞtes du Collège de Pataphysique, la sociĂ©tĂ© savante parodique inventĂ©e par Alfred Jarry.Mais il fait aussi partie d’un site emblĂ©matique de l’histoire du spectacle vivant, celui oĂą la lĂ©gende du music-hall, Mistinguett, s’est produite pendant plus de dix ans, jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1930.Ses grandes revues hissèrent le temple du “french cancan” au sommet de sa gloire, lui qui avait Ă©tĂ© entièrement dĂ©truit par un incendie en 1915.”La +salle Mistinguett+, c’est la salle historique du Moulin Rouge”, explique Ă  l’AFP son directeur gĂ©nĂ©ral, Jean-Victor ClĂ©rico.Le rĂ©habilitation du site, Ă  l’origine un théâtre Ă  l’italienne, offrirait aux futures revues un “cadre scĂ©nique plus fort” que la salle accueillant aujourd’hui le public – entre 550.000 et 600.000 visiteurs par an – jugĂ©e “en bout de course”.Le cabaret parisien a donc dĂ©cidĂ© en septembre dernier de ne pas renouveler les baux des appartements de Jacques PrĂ©vert et Boris Vian, dont il est propriĂ©taire depuis 2009, et que la salle Mistinguett englobait.”On a jusqu’Ă  mars 2026 pour partir”, se dĂ©sole auprès de l’AFP EugĂ©nie Bachelot-PrĂ©vert, la petite-fille du poète et scĂ©nariste. Siège de l’association “Chez Jacques PrĂ©vert”, l’appartement est aussi un petit musĂ©e qu’on peut visiter, seulement certains jours et sur demande.- “Toute la mĂ©moire de mon grand-père” -Il contient le bureau de l’Ă©crivain, son vieux tĂ©lĂ©phone, sa salle Ă  manger, ses petites toiles et la chambre de sa fille Michèle, meublĂ©e du lit Ă  baldaquin qui servit de dĂ©cor au film Notre-Dame de Paris (1956) avec Gina Lollobrigida.”Toute la mĂ©moire de mon grand-père est lĂ ”, rĂ©sume l’hĂ©ritière. Elle fait aussi valoir l’architecture si particulière Ă  l’appartement que l’Ă©crivain fit amĂ©nager par Jacques CouĂ«lle, rĂ©putĂ© pour ses maisons aux formes organiques et sculpturales.Avec ses murs creusĂ©s de niches et blanchis Ă  la chaux, c’est aussi “cet esprit mĂ©diterranĂ©en en plein Paris qui sera dĂ©truit par le projet de transformation du Moulin Rouge”, s’inquiète EugĂ©nie Bachelot-PrĂ©vert. Le Moulin Rouge lui a suggĂ©rĂ© de relocaliser l’appartement ailleurs, emportant son mobilier.Mais “une reconstitution ailleurs ne saurait restituer l’esprit et l’Ă©nergie du quartier Montmartre, inscrit dans la mĂ©moire collective et dans l’histoire artistique du XXe siècle”, selon la mairie de Paris.Le voeu Ă©manant des Ă©lus communistes demande Ă  l’Etat de “reconnaĂ®tre et protĂ©ger sans dĂ©lai” le site “in situ”, “dans le respect de sa mĂ©moire”. L’hĂ©ritière de PrĂ©vert, qui projette d’en faire un musĂ©e permanent, est en discussions avec la Direction rĂ©gionale des affaires culturelles (Drac). “Le ministère de la Culture suit avec attention ce dossier” et “Ă©change actuellement” avec les parties concernĂ©es pour trouver une solution, a-t-il rĂ©pondu Ă  l’AFP. Le maire du 18e arrondissement, Eric Lejoindre, a proposĂ© de son cĂ´tĂ© une mĂ©diation pour “regarder les solutions qui garantissent l’histoire du site tout en respectant les droits de propriĂ©tĂ© du Moulin Rouge”. Sans retour pour l’instant, a-t-il prĂ©cisĂ© Ă  l’AFP.”Nos Ă©lus ont voulu prendre un coup de projecteur en amont des municipales. A aucun moment ils ne sont intĂ©ressĂ©s Ă  notre projet, alors qu’ils sont bien contents de prendre la lumière du Moulin Rouge quand il faut”, s’agace pour sa part Jean-Victor ClĂ©rico.Il prĂ©cise vouloir “laisser le temps de la discussion” avec les ayants droit de Jacques PrĂ©vert et Boris Vian, au-delĂ  de mars 2026, sachant que la rĂ©habilitation de la salle Mistinguett “s’Ă©tendra sur plusieurs annĂ©es d’ici 2030”.InterrogĂ©e par l’AFP, Nicole Bertolt, mandataire du patrimoine de Boris Vian, a dit observer avec le petit-fils de l’Ă©crivain “un temps de rĂ©flexion”, et qu’ils essayaient de “trouver une voie de conciliation avec le Moulin Rouge”.  

Viols sur de jeunes patients: 12 ans de prison pour un médecin

Un mĂ©decin jugĂ© depuis lundi Ă  Montpellier a Ă©tĂ© condamnĂ© vendredi Ă  12 ans de prison pour viols et agressions sexuelles de 13 jeunes patients, dont certains porteurs de handicap, avec interdiction d’exercer la profession de mĂ©decin.Ses gestes “n’avaient aucun intĂ©rĂŞt d’un point de vue mĂ©dical” mais sont bien “des attouchements, des masturbations” et des viols sur de jeunes patients, avait dĂ©noncĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral, qui avait requis plus tĂ´t vendredi 15 ans de prison.Pour ses derniers mots devant la cour criminelle de l’HĂ©rault, le praticien s’est Ă  nouveau excusĂ©, confiant mĂŞme sa “honte”. “Pour moi la mĂ©decine c’est fini, c’est terminĂ© et c’est bien. Je me suis complètement aveuglĂ©, tout seul”, “je me suis emballĂ© en oubliant les valeurs mĂŞmes de la mĂ©decine et du respect d’autrui.”AgĂ© de 54 ans, il a Ă©galement Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  une interdiction d’exercer une activitĂ© professionnelle ou bĂ©nĂ©vole impliquant un contact avec des mineurs, Ă  une interdiction de sĂ©jour dans l’HĂ©rault pendant 10 ans et Ă  l’inscription au fichier des auteurs d’infractions Ă  caractère sexuel.”Il nous faut, dans cette affaire, sortir du piège du tout mĂ©dical qui apparait comme un Ă©cran de fumĂ©e tendu par l’accusĂ©”, a dĂ©clarĂ© lors de son rĂ©quisitoire l’avocat gĂ©nĂ©ral, Jean-Luc Beck s’adressant ensuite Ă  l’accusĂ©: “vous n’êtes pas coupable d’erreur mĂ©dicale comme vous semblez le comprendre mais bien de viols et d’agressions sexuelles” sur 13 jeunes patients.”Les faits reprochĂ©s sont des attouchements, des masturbations avec ses mains, sans gant, et avec des objets de pĂ©nĂ©tration par toucher rectal qui sont constitutifs de viols. Le docteur Philippe Moulin se dĂ©fend en affirmant que tous ces gestes ont Ă©tĂ© commis sous couvert de sa fonction. Son argumentaire est-il acceptable? La rĂ©ponse est non”, a martelĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral. “Si monsieur Moulin n’a pas pris suffisamment de prĂ©cautions et a fait fi du cadre et des règles, c’est aussi parce que la santĂ© sexuelle des adolescents en France est totalement mĂ©connue”, a plaidĂ© son avocate, Me Aude Widuch, estimant que c’est ce qui pousse certains parents Ă  consulter.- “immonde et aberrant” -Au cours des dĂ©bats, des victimes ont livrĂ© des tĂ©moignages accablants. Comme ce jeune homme de 21 ans, âgĂ© de 14 ans au moment des faits reprochĂ©s. Atteint de troubles du spectre de l’autisme, il a dĂ©taillĂ© le contenu “immonde et aberrant” des 37 sĂ©ances subies avec lui durant trois ans.”Le Dr Philippe Moulin appliquait de la pommade sur mon gland car il disait que j’avais un problème de dĂ©calottage”. “Puis, il m’a astiquĂ© et m’a demandĂ© de mettre un chronomètre sur son tĂ©lĂ©phone. Au dĂ©but, ça durait cinq minutes puis c’est passĂ© Ă  dix minutes vers les dernières sĂ©ances”, a-t-il racontĂ©.Le jeune homme avait “confiance” dans le mĂ©decin qui le ramenait d’ailleurs chez lui après chaque consultation. “Tous les experts ont dĂ©clarĂ© que la plupart des gestes et actes commis ne se pratiquent pas sur des mineurs, voire non plus sur des majeurs, et n’avaient aucun intĂ©rĂŞt d’un point de vue mĂ©dical”, a redit vendredi l’avocat gĂ©nĂ©ral, pour qui l’accusĂ© est “complètement hors sol”. L’accusĂ© avait exercĂ© dans plusieurs Ă©tablissements de la rĂ©gion de Montpellier et Ă  son domicile et avait Ă©tĂ© interpellĂ© en octobre 2021, après des plaintes de parents. DiplĂ´mĂ© en 2000, le Dr Moulin, après avoir exercĂ© une quinzaine d’annĂ©es en gĂ©riatrie, s’Ă©tait tournĂ© vers la santĂ© sexuelle des adolescents et se prĂ©tendait “andrologue pĂ©diatrique”, une spĂ©cialitĂ© qui n’existe pas en France.Le mĂ©decin intervenait parallèlement comme confĂ©rencier auprès d’associations s’occupant d’enfants autistes ou handicapĂ©s, parvenant ainsi Ă  gagner la confiance des parents et crĂ©ant des liens avec certains jeunes en prĂ©tendant par exemple partager leur passion pour les jeux vidĂ©o.Lors des dizaines de consultations qui ont suivi, dont certaines Ă  son domicile ou dans sa voiture, il prenait systĂ©matiquement les mesures des testicules et du sexe des adolescents, au repos et en Ă©rection. Il leur demandait aussi de se masturber devant lui ou les masturbait lui-mĂŞme, et recueillait leur sperme.

“La lumière n’est jamais venue”: au procès Lafarge, une cimenterie dans le chaos syrien

Pour la première semaine de dĂ©bats au fond du procès Ă  Paris de Lafarge pour financement du terrorisme, les ex-responsables de la multinationale ont cherchĂ© Ă  justifier le maintien, pour “un peu trop longtemps”, de leur cimenterie dans les tourbillons de la Syrie en guerre.Le groupe français et d’anciens responsables sont jugĂ©s pour le versement en 2013-2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d’euros Ă  des groupes jihadistes armĂ©s afin de maintenir l’activitĂ© d’une cimenterie Ă  Jalabiya, dans le nord de la Syrie.”Il y avait cette conviction que (la guerre) n’allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines dĂ©cisions qui ont Ă©tĂ© prises”, explique vendredi au tribunal Bruno Pescheux, l’un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 Ă  l’Ă©tĂ© 2014.”Cette crise Ă©tait un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu’on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n’est jamais venue.”Se succĂ©dant Ă  la barre, les prĂ©venus cherchent Ă  casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, un investissement flambant neuf de 680 millions d’euros, a Ă©tĂ© maintenue en activitĂ© pour des raisons purement financières, au dĂ©triment de la sĂ©curitĂ© de son millier de salariĂ©s. Les autres entreprises Ă©trangères avaient pliĂ© bagage de longue date.”Quand j’ai pris la dĂ©cision de fermer l’usine (en septembre 2014), je n’ai pas pensĂ© une minute aux consĂ©quences financières”, affirme mercredi Ă  la barre l’ex-PDG de Lafarge, Bruno Lafont, tout en reconnaissant que l’infrastructure est restĂ©e opĂ©rationnelle “un peu trop longtemps”.PassĂ© de puissant patron Ă  la tĂŞte d’une entreprise de 65.000 salariĂ©s Ă  simple prĂ©venu devant la justice, Bruno Lafont relativise le poids de la Syrie pour une multinationale opĂ©rant dans une soixantaine de pays dans le monde.”Maintenir la Syrie n’Ă©tait pas forcĂ©ment bon pour le groupe du point de vue rĂ©sultats. Mais c’Ă©tait tout petit, donc ça ne pesait pas beaucoup”, balaie-t-il.- “Obligation” envers les salariĂ©s -Créée ex-nihilo après le rachat du cimentier Ă©gyptien Orascom en 2008, la filiale LCS Ă©tait devenue pleinement opĂ©rationnelle avec l’entrĂ©e en service de la cimenterie en 2010.”C’Ă©tait une Ă©quipe qui avait Ă©tĂ© formĂ©e, qui Ă©tait capable de faire tourner une des cimenteries les plus modernes du Moyen-Orient, et une Ă©quipe qui, si on partait, n’avait plus rien”, dĂ©clare vendredi Bruno Pescheux, qui dit avoir ressenti “une obligation, un devoir” envers ses effectifs.Mais face aux questions d’avocats de parties civiles les interrogeant sur des kidnappings d’employĂ©s de l’usine Ă  l’Ă©poque, les prĂ©venus font valoir leur droit au silence.FatiguĂ© par des annĂ©es d’un “rĂ©gime de tension permanente” – “quand le tĂ©lĂ©phone sonne, vous avez neuf chances sur dix que ça soit pour une mauvaise nouvelle” -, Bruno Pescheux obtient de sa hiĂ©rarchie d’ĂŞtre remplacĂ© Ă  l’Ă©tĂ© 2014 par FrĂ©dĂ©ric Jolibois, un cadre en provenance de Chine.Au tribunal, ce dernier soutient ĂŞtre tombĂ© dans un “piège managĂ©rial” avec cette nomination. Devant ses juges, il Ă©voque longuement les modalitĂ©s de l’installation en Jordanie de sa famille pour son bien-ĂŞtre, “condition première d’une bonne expatriation”.Par contre, la guerre en Syrie, les versements de la multinationale Ă  des groupes armĂ©s locaux, il soutient n’en avoir jamais entendu parler avant de prendre ses fonctions. Après coup, “on me parle d’un système de racket, on doit payer pour laisser notre marchandise passer. Étonnement. Je me dis +tiens, Lafarge fait ça ?+”.Son ignorance de l’affaire Ă  l’Ă©poque semble telle que les procureurs du parquet national antiterroriste font mine de s’Ă©tonner qu’il soit arrivĂ© “les mains dans les poches” Ă  la tĂŞte de la branche d’un pays en guerre civile. Le prĂ©venu s’agace, parle d’avoir pris Ă  l’Ă©poque des vacances en France “bien mĂ©ritĂ©es”.”Gardez-en sous la pĂ©dale, M. Jolibois”, le calme la prĂ©sidente Isabelle PrĂ©vost-Desprez, “parce que ça va ĂŞtre compliquĂ© pour vous. Très compliquĂ©.”Mi-septembre 2014, la cimenterie de Jalabiya, tout juste Ă©vacuĂ©e, tombe aux mains des jihadistes de l’État islamique.Le procès est prĂ©vu jusqu’au 19 dĂ©cembre. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Séisme au Bangladesh: neuf morts, plus de 300 blessés

Un puissant tremblement de terre de magnitude 5,5 a frappĂ© vendredi le centre du Bangladesh, au nord-est de la capitale Dacca, faisant au moins neuf morts et plus de 300 blessĂ©s, selon un nouveau bilan du gouvernement.Des reporters de l’AFP ont vu des gens pleurer dans les rues de Dacca tandis que d’autres semblaient sous le choc.Le sĂ©isme est survenu Ă  une heure oĂą une part importante de la population se trouvait Ă  son domicile vendredi, jour de congĂ© hebdomadaire dans le pays de 170 millions d’habitants Ă  forte majoritĂ© musulmane.Au moins neuf personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et plus de 300 blessĂ©es, notamment des Ă©tudiants d’une universitĂ© et des ouvriers d’usine, a dĂ©clarĂ© la service de presse du gouvernement provisoire qui a dĂ©taillĂ© le nombre de victimes par district. Au moins 14 bâtiments ont Ă©tĂ© endommagĂ©s et un incendie s’est dĂ©clarĂ© dans une centrale Ă©lectrique, avant d’ĂŞtre maĂ®trisĂ©. Le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, s’est dit “profondĂ©ment choquĂ© et attristĂ© par les informations faisant Ă©tat de victimes dans diffĂ©rents districts”.Trois personnes, dont un enfant, ont Ă©tĂ© tuĂ©s par la chute de la balustrade d’un immeuble de huit Ă©tages devant une boucherie dans le quartier d’Armanitola, dans les faubourgs de Dacca.”J’étais venu acheter de la viande et je faisais la queue quand le tremblement de terre a frappĂ©. La balustrade s’est effondrĂ©e sur quatre ou cinq personnes devant moi. Un enfant, grièvement blessĂ© au cou, est mort sur le coup”, a racontĂ© Ă  l’AFP, Md Sharif, 26 ans.”J’ai vu des vĂ©hicules transporter des blessĂ©s. J’ai appris plus tard que trois d’entre eux avaient succombĂ© Ă  leurs blessures”, a expliquĂ© un voisin, Sakib Hossain, 50 ans, qui a dit s’ĂŞtre prĂ©cipitĂ© dans la rue après avoir entendu un grand bruit.- Jusqu’Ă  Calcutta -La secousse s’est produite Ă  10H38 (04H38 GMT) et son Ă©picentre a Ă©tĂ© localisĂ© près de la ville de Narsingdi, selon l’Institut amĂ©ricain d’Ă©tudes gĂ©ologiques (USGS), qui a Ă©voquĂ© dans son alerte la possibilitĂ© d’un “nombre significatif de victimes et de dĂ©gâts”.Les services bangladais de mĂ©tĂ©orologie ont pour leur part fait Ă©tat d’un sĂ©isme d’une magnitude de 5,7 avec pour Ă©picentre la ville de Mabhabdi, dans le district de Narsingdi, ajoutant que la secousse avait Ă©tĂ© ressentie pendant 26 secondes.Elle a Ă©tĂ© fortement ressentie dans les rues de Dacca, ont rapportĂ© des journalistes de l’AFP.M. Yunus a indiquĂ© que “toutes les mesures nĂ©cessaires (Ă©taient) prises” pour assurer la sĂ©curitĂ© de la population, ajoutant qu’il Ă©tait “conscient de l’anxiĂ©tĂ© et la panique” causĂ©es par l’Ă©vĂ©nement.La secousse a Ă©tĂ© perçue jusque dans la mĂ©gapole indienne de Calcutta, Ă  quelque 300 km Ă  l’ouest de Dacca, a indiquĂ© Ă  l’AFP le directeur du centre indien de sismologie, OP Mishra.Dans le quartier de Salt Lake City, qui accueille de nombreuses entreprises de la “tech” locale, de nombreux habitants ont Ă©vacuĂ© rapidement bureaux et domiciles, a rapportĂ© un correspondant de l’AFP.”J’ai senti des secousses et des secousses et mon lit a tremblĂ©”, a tĂ©moignĂ© l’un d’eux, Sumit Dutta, 66 ans: “je suis sorti en trombe de ma chambre”.Les autoritĂ©s de Calcutta n’ont fait Ă©tat d’aucune victime ni dĂ©gât dans l’immĂ©diat.

Rennes: rassemblement de soutien à un enseignant de maternelle menacé

Un rassemblement de soutien d’environ 150 personnes se tenait vendredi matin devant une Ă©cole maternelle dont un enseignant a Ă©tĂ© menacĂ© par une famille refusant que leur fillette soit encadrĂ©e par un homme.Cet enseignant, Ă©galement directeur de l’Ă©cole maternelle publique ClĂ´teaux, dans le sud de Rennes, a portĂ© plainte le 14 octobre “pour des faits de menace de mort datant du 10 octobre”, a indiquĂ© jeudi le procureur de la RĂ©publique, FrĂ©dĂ©ric Teillet. Le rectorat a Ă©galement portĂ© plainte.Selon des sources syndicales, la famille n’aurait pas tolĂ©rĂ© que l’instituteur accompagne la fillette aux toilettes.”On reproche simplement au collègue d’ĂŞtre un homme et d’encadrer des jeunes enfants”, a dĂ©plorĂ© MickaĂ«l BĂ©zard, secrĂ©taire dĂ©partemental du syndicat Force ouvrière des Ă©coles en Ille-et-Vilaine, prĂ©sent devant l’Ă©cole.”Il n’y a pas d’aspect religieux derrière tout ça” a insistĂ© Fabrice Lerestif, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral FO d’Ille-et-Vilaine, reprenant les termes du ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, en marge d’un dĂ©placement jeudi Ă  Villeurbanne (RhĂ´ne).Environ 150 personnes, dont des enseignants d’Ă©coles voisines et une trentaine de parents d’Ă©lèves, Ă©taient prĂ©sents devant l’Ă©cole, fermĂ©e pour la journĂ©e. “Soutien Ă  notre collègue”, “Parents unis ! Respect et soutien total Ă  nos enseignants”, clamaient deux pancartes accrochĂ©es aux grilles.Parmi les parents d’Ă©lèves, Pierre Yacger est venu avec ses enfants soutenir l’Ă©quipe Ă©ducative “en qui on a pleinement confiance”. Concernant le directeur, “on n’a jamais eu de retour nĂ©gatif”, a-t-il dit.ChoquĂ©, l’enseignant est depuis en arrĂŞt de travail. Il est “meurtri par la situation” qui a “eu un impact fort sur l’ensemble de l’Ă©cole”, “une Ă©cole oĂą tout se passe bien”, a prĂ©cisĂ© MickaĂ«l BĂ©zard.Le corps enseignant demande que la fillette, toujours scolarisĂ©e dans cette Ă©cole, soit changĂ©e d’Ă©tablissement, “pour retrouver aussi un climat serein”, a-t-il poursuivi.”Cette enfant, peut-ĂŞtre, va ĂŞtre scolarisĂ©e ailleurs”, a estimĂ© GaĂ«lle Rougier, adjointe Ă  l’Ă©ducation Ă  la ville de Rennes. “Il va bien falloir poursuivre une mĂ©diation avec la famille”, a-t-elle ajoutĂ©.

“Le journal d’un prisonnier”: Sarkozy va publier un livre sur ses trois semaines de dĂ©tention

Moins de deux semaines après sa sortie de prison, Nicolas Sarkozy annonce vendredi la sortie le 10 dĂ©cembre d’un livre sur son incarcĂ©ration dans le cadre du procès libyen, “Le journal d’un prisonnier”, publiĂ© aux Ă©ditions Fayard, contrĂ´lĂ©es par Vincent BollorĂ©.”En prison, il n’y a rien Ă  voir, et rien Ă  faire. J’oublie le silence qui n’existe pas Ă  la SantĂ© oĂą il y a beaucoup Ă  entendre. Le bruit y est hĂ©las constant. A l’image du dĂ©sert, la vie intĂ©rieure se fortifie en prison”, Ă©crit sur le rĂ©seau social X l’ancien prĂ©sident, incarcĂ©rĂ© trois semaines suite Ă  sa condamnation dans le procès libyen.Long de 216 pages, l’ouvrage sera commercialisĂ© au prix de 20,90 euros, ont prĂ©cisĂ© dans un communiquĂ© les Ă©ditions Fayard.Le 25 septembre, l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgĂ© de 70 ans, a Ă©tĂ© condamnĂ© en première instance Ă  cinq ans de prison avec mandat de dĂ©pĂ´t assorti d’une exĂ©cution provisoire pour association de malfaiteurs, et Ă  une amende de 100.000 euros.- Officiers de sĂ©curitĂ© -Il a aussitĂ´t fait appel et jouera son avenir lors d’un nouveau procès, prĂ©vu du 16 mars au 3 juin Ă  la cour d’appel de Paris.En dĂ©tention Ă  l’isolement, et protĂ©gĂ© par deux officiers de sĂ©curitĂ©, ce qui a ulcĂ©rĂ© les syndicats pĂ©nitentiaires, l’ancien prĂ©sident Ă©tait “dans une cellule de 9 m2, il y a du bruit tout le temps”, avait commentĂ© au dĂ©but de sa dĂ©tention son avocat et ami Jean-Michel Darrois, après son premier entretien au parloir avec Nicolas Sarkozy.”Il envisage de passer son temps en Ă©crivant, en faisant le plus de sport possible, en recevant les visites de sa famille et de ses avocats”, avait dĂ©crit son conseil, prĂ©cisant qu’il avait “commencĂ© Ă  Ă©crire son livre” dès le premier jour de dĂ©tention.  Le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir sciemment laissĂ© ses collaborateurs dĂ©marcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne prĂ©sidentielle victorieuse de 2007.Celui qui clame son innocence depuis le dĂ©but de l’affaire a vĂ©cu une dĂ©tention inĂ©dite pour un ex-prĂ©sident dans l’histoire de la RĂ©publique française et qui a suscitĂ© de vifs dĂ©bats.Pour les juges, le mandat de dĂ©pĂ´t prononcĂ© Ă©tait justifiĂ© par la “gravitĂ© exceptionnelle” des faits. Pour Nicolas Sarkozy, il a Ă©tĂ© motivĂ© par “la haine”.ÉcrouĂ© le 21 octobre, Nicolas Sarkozy a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© de prison le 10 novembre par la cour d’appel de Paris, qui a estimĂ© qu’il ne prĂ©sentait pas de risque de fuite et l’a placĂ© sous contrĂ´le judiciaire.La justice lui a toutefois imposĂ© une interdiction de quitter la France, d’entrer en contact avec les autres prĂ©venus et un certain nombre de personnes, dont le ministre de la Justice GĂ©rald Darmanin, qui lui avait rendu visite en prison le 29 octobre, ou tout membre de son cabinet ou cadre judiciaire susceptible de bĂ©nĂ©ficier d’informations sur les procĂ©dures.- Dix prĂ©venus rejugĂ©s -Neuf autres personnes seront rejugĂ©es Ă  partir de mi-mars aux cĂ´tĂ©s de Nicolas Sarkozy.Parmi les prĂ©venus figurent deux anciens proches collaborateurs de M. Sarkozy, Claude GuĂ©ant – condamnĂ© Ă  six ans de prison mais sans mandat de dĂ©pĂ´t – et Brice Hortefeux – qui a Ă©copĂ© pour sa part de deux ans de prison, une peine Ă  effectuer sous bracelet Ă  domicile assortie de l’exĂ©cution provisoire.Autre prĂ©venu Ă  ĂŞtre rejugĂ©, l’intermĂ©diaire Alexandre Djouhri, condamnĂ© Ă  six ans de prison et trois millions d’euros d’amende en première instance, et incarcĂ©rĂ© depuis.D’ici lĂ , une autre Ă©chĂ©ance judiciaire capitale attend Nicolas Sarkozy.DĂ©jĂ  condamnĂ© dĂ©finitivement dans l’affaire des Ă©coutes, l’ancien prĂ©sident saura le 26 novembre si la Cour de cassation valide ou non sa condamnation en appel dans l’affaire Bygmalion, Ă  un an d’emprisonnement dont six mois ferme amĂ©nageables, pour le financement illĂ©gal de sa campagne prĂ©sidentielle perdue de 2012.

Le narcotrafic vient percuter la campagne des municipales Ă  Marseille

Ă€ quatre mois des municipales, le narcotrafic, Ă©tonnement peu prĂ©sent dans la campagne marseillaise jusqu’Ă  prĂ©sent, est venu percuter le dĂ©bat avec l’assassinat de Mehdi Kessaci, la plupart appelant Ă  l’unitĂ©, sauf l’extrĂŞme droite.L’insĂ©curitĂ© due au narcotrafic s’impose comme un thème de campagne dans de nombreuses villes et mĂŞme dans des villages. Ă€ Marseille, Ă©picentre du narcobanditisme en France, les passes d’arme se concentraient jusqu’Ă  prĂ©sent plus sur la sĂ©curitĂ© du quotidien, la saletĂ© ou l’immigration.TaxĂ© de “maire laxiste” par l’ex-ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau (LR), Benoit Payan, le maire sortant de Marseille divers-gauche, se prĂ©sente comme garant de “l’unitĂ©”. “Ça veut dire que tout le monde s’y met, c’est-Ă -dire que celles et ceux qui ont Ă©tĂ© absents, je parle des politiques, des Ă©lus et des institutions pendant des annĂ©es doivent rĂ©investir ces quartiers”, plaide-t-il dans une interview Ă  l’AFP. Il revendique l’installation de camĂ©ras de vidĂ©oprotection, d’avoir “doublĂ© la police municipale” mais dĂ©fend aussi une approche globale pour lutter contre ce flĂ©au: “j’ai aussi fait des Ă©coles, des centres sociaux, des stades et c’est toute la rĂ©novation urbaine et c’est toute la question des transports en commun qui dĂ©sormais se pose”.Pas encore officiellement candidat, il tacle les “discours martiaux” de certains Ă  droite et Ă  l’extrĂŞme droite notamment sur l’immigration qui “n’ont eu aucun effet”.- “ProtĂ©ger les Marseillais” -Pour Franck Allisio, candidat Rassemblement national Ă  la mairie, c’est pourtant de sa faute si Marseille, un port qui dĂ©jĂ  au siècle dernier a connu les ravages de l’hĂ©roĂŻne, est devenue “la capitale de la drogue” selon lui. “Le maire dĂ©couvre la sĂ©curitĂ©”, ironise le dĂ©putĂ© auprès de l’AFP. Il assure que Marseille comptera, s’il est Ă©lu, sur “la première police municipale de France”. Il a demandĂ© au gouvernement de dĂ©crĂ©ter l'”Ă©tat d’urgence” et un couvre-feu pour les mineurs, bien que les trois derniers meurtres par balles ont eu lieu en plein jour.Comme le maire, Martine Vassal, candidate de la droite et du centre et actuelle prĂ©sidente du dĂ©partement des Bouches-du-RhĂ´ne et de la mĂ©tropole appelle Ă  la “concorde”.Elle veut engager “un choc d’autoritĂ©” mais “tout ça ne pourra pas s’envisager non plus sans une vĂ©ritable politique sociale au sens très large du terme”, relève son directeur de campagne Romain Simmarano, dans une approche qui tranche avec le discours très droitier employĂ© par la candidate jusqu’ici.SĂ©bastien Delogu, candidat LFI, qui part en solo en marge de la coalition du Printemps marseillais Ă  la tĂŞte de la ville depuis 2020, a appelĂ© Ă  cesser les “petites disputes” auprès de l’AFP: “Aujourd’hui, il est temps que le peuple de Marseille se rĂ©unisse” pour “dire stop Ă  ce qu’il se passe dans notre ville”.- Aucune dĂ©fection -Samedi, lors de la marche blanche en hommage Ă  Mehdi Kessaci, BenoĂ®t Payan, Martine Vassal, SĂ©bastien Delogu mais aussi les chefs des Écologistes, des socialistes, des communistes ont dĂ©jĂ  annoncĂ© leur prĂ©sence.Au-delĂ  des divergences politiques, cet assassinat a par ailleurs ravivĂ© les craintes de pressions, voire des menaces en pĂ©riode Ă©lectorale. Il y a un mois, le procureur Nicolas Bessone a annoncĂ© la crĂ©ation d’une cellule anticorruption et dit craindre que pendant cette campagne des Ă©lus puissent “subir les mĂŞmes assauts”, que des greffiers ou employĂ©s de prison de la part de narcotrafiquants. Mi-septembre, le prĂ©sident de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, Christian Charpy, avait interpellĂ© dans un entretien au Monde sur “les risques d’ingĂ©rence liĂ©e au narcotrafic” pour les municipales, notamment via des tentatives de corruption en dons liquide ou en paiement en cryptomonnaies.MalgrĂ© ce contexte et les doutes soulevĂ©s par cet assassinat chez tous ceux qui combattent et commentent ce narcobanditisme, les Ă©lus et candidats contactĂ©s par l’AFP ont unanimement assurĂ© n’avoir subi aucune dĂ©fection.  BenoĂ®t Payan a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il ne “faut pas avoir peur”. Le maire de Marseille a Ă©voquĂ©, auprès de l’AFP, le tĂ©moignage sur RTL d’une Ă©lue qui, sous couvert d’anonymat, a confiĂ© ne pas vouloir se reprĂ©senter parce qu’elle craignait pour sa vie.”Ça, ça veut dire que c’est la mafia qui a gagnĂ©. Et je ne l’accepterai pas en fait”, a-t-il assĂ©nĂ©. Son entourage nuance: “on comprend la peur des Ă©lus, des militants, des journalistes, des magistrats, mais il faut se relever, exiger la fin de ces violences”.

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Les nations s’opposent sur les Ă©nergies fossiles Ă  la COP30 en Amazonie

Une incursion, des protestations indigènes, un incendie et dĂ©sormais un affrontement sur le pĂ©trole: les chaotiques nĂ©gociations climatiques de la COP30 entre près de 200 pays achoppent vendredi, au dernier jour, sur la question de pointer du doigt ou non les Ă©nergies fossiles.Au point que l’Union europĂ©enne Ă©voque ouvertement la perspective d’une COP30 “sans accord”, ce qui serait un Ă©chec humiliant pour le BrĂ©sil et cette première confĂ©rence climatique de l’ONU en Amazonie.La prĂ©sidence brĂ©silienne du sommet, qui se tient Ă  Belem depuis la semaine dernière, a mis un projet de texte sur la table avec une grande omission: il ne contient pas le mot “fossiles”, et encore moins la crĂ©ation de la “feuille de route” rĂ©clamĂ©e par au moins 80 pays europĂ©ens, latino-amĂ©ricains ou insulaires.Protestation immĂ©diate des EuropĂ©ens et de leurs alliĂ©s, dont la Colombie, qui mène la bataille contre la “prolifĂ©ration” du pĂ©trole.”Ce qui est actuellement sur la table est inacceptable”, a dĂ©clarĂ© le commissaire au climat, Wopke Hoestra, Ă  des journalistes. “C’est malheureux Ă  dire, mais nous sommes vraiment face Ă  un scĂ©nario sans accord”.”Le texte ne peut pas rester tel qu’il est”, a relevĂ© le ministre allemand de l’Environnement, Carsten Schneider.Qui s’oppose? L’Inde, l’Arabie saoudite et la Russie, rejoints par des pays Ă©mergents, a dĂ©clarĂ© Monique Barbut, ministre française de la Transition Ă©cologique, Ă  des journalistes.Pour la ministre colombienne de l’Environnement Irene Velez Torres, la COP30 “ne peut se terminer sans feuille de route pour abandonner les combustibles fossiles”.Le projet a aussi immĂ©diatement Ă©tĂ© rejetĂ© par des ONG. “C’est comme une page blanche, il y a si peu pour combler le manque d’ambition pour en rester Ă  1,5°C de rĂ©chauffement, ou pousser les pays Ă  accĂ©lĂ©rer l’action”, a rĂ©agi Tracy Carty de Greenpeace. Il est “extrĂŞmement dĂ©cevant” selon WWF.- Pression de Lula -“Ceux qui doutent que la coopĂ©ration soit la meilleure chose Ă  faire pour le climat seront absolument ravis de voir qu’on n’arrive pas Ă  nous mettre d’accord”, a plaidĂ© le prĂ©sident de la COP30, le diplomate AndrĂ© Correa do Lago.Après une nuit de consultations, il va continuer pour une journĂ©e qui s’annonce très longue.Il a la lourde tâche de mettre d’accord 194 pays et l’Union europĂ©enne, membres de l’accord de Paris, pour une adoption par consensus, comme c’est la règle aux COP.L’idĂ©e d’une “feuille de route” pour accĂ©lĂ©rer la sortie du pĂ©trole, du charbon et du gaz, largement responsables du rĂ©chauffement climatique, est nĂ©e de la frustration face au manque de concrĂ©tisation de l’engagement Ă  une sortie progressive des Ă©nergies fossiles pris Ă  la COP28 il y a deux ans.Dans une annĂ©e gĂ©opolitique mouvementĂ©e, avec de nombreux pays occidentaux se dĂ©tournant politiquement du climat, peu comptaient sur le retour de cette question Ă  l’ordre du jour.Mais le prĂ©sident brĂ©silien Lula l’a relancĂ©e au dĂ©but du sommet de Belem, et encore remise au centre du jeu mercredi lors de sa visite Ă  la COP30, dopant le camp anti-pĂ©trole.Aucune COP n’a terminĂ© Ă  l’heure depuis 2003, et nombre de vĂ©tĂ©rans de ces nĂ©gociations jugent probable une prolongation Ă  Belem.- Incendie -Les travaux ont Ă©tĂ© retardĂ©s par un incendie jeudi qui a forcĂ© l’Ă©vacuation du site Ă  la mi-journĂ©e, privant les dĂ©lĂ©guĂ©s de prĂ©cieuses heures.C’est le troisième incident perturbant la confĂ©rence de l’ONU, dĂ©marrĂ©e la semaine dernière dans cette grande ville emblĂ©matique de l’Amazonie urbaine. Une incursion de manifestants indigènes puis le blocage de l’entrĂ©e avaient dĂ©jĂ  dĂ©sorganisĂ© les travaux du sommet, organisĂ© par le BrĂ©sil avec l’ONU.Le feu a Ă©clatĂ© en plein cĹ“ur du site temporaire Ă©rigĂ© au Parque da Cidade, constituĂ© d’immenses tentes climatisĂ©es. En quelques minutes, de hautes flammes ont consumĂ© une partie du toit dans le secteur des stands nationaux, ont constatĂ© des journalistes de l’AFP. Le pavillon de la communautĂ© d’Afrique de l’Est est l’un de ceux dĂ©truits par le feu. Dix-neuf personnes ont Ă©tĂ© prises en charge par les secours Ă  cause des fumĂ©es, et deux pour des crises d’angoisse, selon le ministère de la SantĂ©.

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Renault ralentit le déploiement de ses bornes de recharge électrique rapide

Le groupe Renault va ralentir le rythme de dĂ©ploiement de son rĂ©seau de stations de recharge Ă©lectrique rapide en Europe, en raison des lourds investissements nĂ©cessitĂ©s et d’un marchĂ© de l’Ă©lectrique moins dynamique que prĂ©vu, a-t-il indiquĂ© vendredi.”Dans un contexte d’ajustement de l’allocation de capital du groupe et dans une dynamique du marchĂ© de l’Ă©lectrique contrastĂ©e en Europe, Mobilize (filiale du groupe: NDLR) a prĂ©vu d’adapter le plan de dĂ©ploiement de son rĂ©seau de stations de charge”, explique le groupe dans une dĂ©claration, confirmant une information des Echos. En mars dernier, le groupe Renault dĂ©clarait avoir pour objectif 650 stations d’ici fin 2028 en Europe, notamment en France, Belgique, Espagne et Italie. L’objectif pour la France n’avait pas Ă©tĂ© communiquĂ©.Tout en annonçant ce coup de frein, le constructeur ne donne pas de nouvel objectif chiffrĂ© Ă  horizon 2028.Il dit vouloir “se concentrer sur la valorisation du rĂ©seau existant en France, qui compte plus de 60 stations opĂ©rationnelles” et qui devrait s’Ă©lever Ă  95 stations “d’ici fin 2026″.En France, ces bornes de recharge rapide (en 15 ou 20 minutes) se trouvent en grande majoritĂ© sur le foncier de concessions Renault situĂ©es Ă  quelques minutes des grands axes routiers (ou pour quelques unes d’entre elles sur des parkings d’hĂ´tel). Elles sont au nombre de 61 fin novembre et devraient ĂŞtre 67 en fin d’annĂ©e. L’infrastructure de bornes de recharge rapide nĂ©cessite des investissements lourds et le nombre de recharge par station est infĂ©rieur aux attentes. Il s’agit donc, pour Renault, de ralentir le rythme de ce dĂ©ploiement, mais il n’est pas question de l’arrĂŞter ou de vendre cette infrastructure, indique-t-on chez le constructeur.”Les solutions de recharge, incluant les stations de charge rapide Mobilize Fast Charge, restent une prioritĂ© pour Renault Group, au service de l’expĂ©rience client et des ventes de vĂ©hicules Ă©lectriques”, souligne le groupe.Concernant l’Italie, Mobilize a investi en janvier dans un rĂ©seau de bornes de recharge situĂ©es sur les autoroutes en prenant une participation dans Free To X, filiale du rĂ©seau Autostrade per l’Italia dĂ©diĂ©e Ă  la recharge rapide des voitures Ă©lectriques (jusqu’Ă  400 kilowatts). Mobilize “continue d’étoffer le rĂ©seau existant de plus de 100 stations sur les autoroutes (italiennes) avec de nouvelles stations hors autoroutes, Ă  un rythme adaptĂ©”, indique la filiale de Renault vendredi.Pour l’Espagne et la Belgique, le dĂ©ploiement n’avait pas commencĂ© en 2025.

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Au moins cinq morts dans un séisme au Bangladesh

Un tremblement de terre de magnitude 5,5 a frappĂ© vendredi le centre du Bangladesh, au nord-est de la capitale Dacca, faisant au moins cinq morts et une centaine de blessĂ©s, selon un nouveau bilan du gouvernement.Des reporters de l’AFP ont vu des gens pleurer dans les rues de Dacca tandis que d’autres semblaient sous le choc.Le sĂ©isme est survenu Ă  une heure oĂą une part importante de la population se trouvait Ă  son domicile vendredi, jour de congĂ© hebdomadaire dans le pays de 170 millions d’habitants Ă  forte majoritĂ© musulmane.Le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, s’est dit “profondĂ©ment choquĂ© et attristĂ© par les informations faisant Ă©tat de victimes dans diffĂ©rents districts”.Au moins cinq personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et environ 100 personnes blessĂ©es, parmi eux des Ă©tudiants d’une universitĂ© et des ouvriers travaillant dans une usine, a-t-il dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ©. Deux enfants figurent parmi les personnes dĂ©cĂ©dĂ©es, selon le ministère de la SantĂ©.Trois personnes, dont un enfant, ont Ă©tĂ© tuĂ©s par la chute de la balustrade d’un immeuble de huit Ă©tages devant une boucherie dans le quartier d’Armanitola, dans les faubourgs de Dacca.”J’étais venu acheter de la viande et je faisais la queue quand le tremblement de terre a frappĂ©. La balustrade s’est effondrĂ©e sur quatre ou cinq personnes devant moi. Un enfant, grièvement blessĂ© au cou, est mort sur le coup”, a racontĂ© Ă  l’AFP, Md Sharif, 26 ans.”J’ai vu des vĂ©hicules transporter des blessĂ©s. J’ai appris plus tard que trois d’entre eux Ă©taient morts de leurs blessures”, a expliquĂ© un voisin, Sakib Hossain, 50 ans, qui a dit s’ĂŞtre prĂ©cipitĂ© dans la rue après avoir entendu un grand bruit.- Jusqu’Ă  Calcutta -La secousse, d’une magnitude de 5,5, s’est produite Ă  10H38 (04H38 GMT) et son Ă©picentre a Ă©tĂ© localisĂ© près de la ville de Narsingdi, selon l’Institut amĂ©ricain d’Ă©tudes gĂ©ologiques (USGS), qui a Ă©voquĂ© dans son alerte la possibilitĂ© d’un “nombre significatif de victimes et de dĂ©gâts”.Les services bangladais de mĂ©tĂ©orologie ont pour leur part fait Ă©tat d’un sĂ©isme d’une magnitude de 5,7 avec pour Ă©picentre la ville de Mabhabdi, dans le district de Narsingdi, ajoutant que la secousse avait Ă©tĂ© ressentie pendant 26 secondes.Elle a Ă©tĂ© fortement ressentie dans les rues de Dacca, ont rapportĂ© des journalistes de l’AFP.M. Yunus a indiquĂ© que “toutes les mesures nĂ©cessaires (Ă©taient) prises” pour assurer la sĂ©curitĂ© de la population, ajoutant qu’il Ă©tait “conscient de l’anxiĂ©tĂ© et la panique” causĂ©es par l’Ă©vĂ©nement.La secousse a Ă©tĂ© perçue jusque dans la mĂ©gapole indienne de Calcutta, Ă  quelque 300 km Ă  l’ouest de Dacca, a indiquĂ© Ă  l’AFP le directeur du centre indien de sismologie, OP Mishra.Dans le quartier de Salt Lake City, qui accueille de nombreuses entreprises de la “tech” locale, de nombreux habitants ont Ă©vacuĂ© rapidement bureaux et domiciles, a rapportĂ© un correspondant de l’AFP.”J’ai senti des secousses et des secousses et mon lit a tremblĂ©”, a tĂ©moignĂ© l’un d’eux, Sumit Dutta, 66 ans: “je suis sorti en trombe de ma chambre”.Les autoritĂ©s de Calcutta n’ont fait Ă©tat d’aucune victime ni dĂ©gât dans l’immĂ©diat.Le Bangladesh est souvent le théâtre de secousses telluriques, mais le dernier tremblement de terre en date important survenu sur son sol remonte Ă  1896.