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Après des incendies monstres, l’Albanie doit repenser l’avenir de ses forêts

Après un été marqué par des incendies parmi les plus dévastateurs de son histoire, l’Albanie doit prendre les mesures nécessaires pour retrouver de l’oxygène et prévenir de telles catastrophes.Environ 60.000 hectares ont été ravagés par les flammes en Albanie cet été, soit un peu plus de 2% de la superficie du pays. Des incendies favorisés par une vague de chaleur intense et prolongée, associée à une grave sécheresse. Dans la région de Gramsh, dans le centre du pays, il ne reste rien des centaines d’hectares de pinède qui hébergeaient lièvres, renards, loups… Plusieurs semaines après les incendie, l’air sent encore le charbon et les visages sont marqués.Armand Kisha a perdu sa maison, sa menuiserie et son bétail dans les flammes. Il les pleure, comme il pleure la forêt de pins qui l’a vu grandir. “Les forêts ont besoin de temps pour se régénérer. Notre génération, celle de nos enfants… nous ne verrons plus de pins verts par ici …”, dit-il, abattu et soucieux.Et le temps presse pour ne pas ajouter une catastrophe à la précédente. “Il faut agir vite pour régénérer la forêt car cette catastrophe naturelle peut entraîner des inondations meurtrières”, alerte le responsable des pompiers de Gramsh, Ilir Llapushi.La disparition des racines et de la végétation altèrent la capacité du sol à absorber les précipitations – et le changement climatique augmente le risque de précipitations extrêmes.L’Albanie compte parmi les pays les plus exposés aux catastrophes climatiques en Europe, prévenait en 2024 un rapport de la Banque mondiale, et presque toutes ses régions ont été touchées par des inondations, des incendies de forêt, des glissements de terrain ou des tremblements de terre ces vingt dernières années.Et les milliers de constructions illégales, souvent bâties sur des terrains inondables, ajoutent au risque, met en garde le rapport.Face à tout cela, il est vital de réformer la gestion de ses forêts, prévient Abdulla Diku, ingénieur forestier et chercheur basé à Tirana, après des années sans réformes dans la gestion des forêts, d’abus liés à la déforestation, de barrages hydroélectriques qui réduisent les débits d’eau et d’exode rural”.- Bombes de pin -La PPNEA, une ONG de protection de l’Environnement en Albanie collabore désormais avec l’Union internationale pour la conservation de la nature pour évaluer les besoins de restauration des forêts. “Le programme vise à diversifier les peuplements des forêts pour mieux favoriser la biodiversité avec des arbres résistants aux situations extrêmes comme les incendies, les inondations et les glissements de terrain”, explique Melitjan Nezaj, biologiste.A Gramsh, la municipalité étudie les options pour remplacer les forêts disparues. Le projet prévoit d’alterner des pins et d’autres arbres, notamment des feuillus. Car lorsque les flammes ont déferlé, elles n’ont fait qu’une bouchée des pins dont les pommes de sont transformées en “bombes remplies de feu”, explique Kujtim Palloçi, les yeux rougis.En moins de 30 minutes, sa maison a été rasée par les flammes, ses chèvres brûlées vives, les souvenirs de sa famille et les photos de ses enfants engloutis par le feu.Samedi 4 octobre, le Premier ministre Edi Rama a esquissé un semblant de réponse et promis un plan d’action sur la renaissance des forêts. Le gouvernement a adopté une loi interdisant toute construction sur les terrains nés d’incendies de forêts. Les autorités prévoient aussi un durcissement des peines pour les pyromanes, dont une dizaine ont été arrêtés en août, mais vite relâchés.

“Polluants éternels” autour de l’incinérateur d’Ivry: une étude ravive les inquiétudes

Des analyses effectuées par la fondation néerlandaise ToxicoWatch, dévoilées fin septembre, ont mis en évidence la présence dans l’air de “polluants éternels” ou PFAS près de l’incinérateur d’Ivry-Paris 13, qui dénonce en retour une “démarche de désinformation”.Construit en bordure du périphérique, à cheval sur le 13e arrondissement de Paris et la ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), cet incinérateur d’ordures ménagères est le plus grand d’Europe et brûle chaque année 700.000 tonnes d’ordures, en provenance de 14 communes d’Ile-de-France et de 12 arrondissements de Paris.Commandée par le collectif 3R (pour “réduire, réutiliser, recycler”) et financée par l’ONG Zero Waste Europe, l’étude publiée en septembre a révélé la présence de PFAS dans l’air à proximité de cet incinérateur.Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), certaines de ces substances, présentes dans quantité d’objets et produits comme les poêles antiadhésives ou les cosmétiques, peuvent avoir des effets délétères sur la santé: taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement des fœtus.Dans l’étude, des chercheurs de ToxicoWatch, spécialisés dans l’analyse toxicologique des polluants émis par les incinérateurs, ont mesuré la concentration de métaux lourds et de polluants organiques persistants (POP), dont les PFAS, sur les filtres d’aération de cinq écoles primaires situées à moins de 1,5 km du site.Résultat: les filtres usagés, collectés à Ivry-sur-Seine et Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) entre octobre 2024 et février 2025, font apparaître des niveaux élevés de PFAS.Pour Thierry Billard, chercheur au CNRS à Lyon et spécialiste des composés fluorés, interrogé par l’AFP, l’étude “montre qu’il y a des PFAS qui circulent dans l’atmosphère”. Une conclusion “indéniable”.Mais ces niveaux élevés de “polluants éternels” sont-ils attribuables à l’incinérateur?”Avec cette étude pilote réalisée avec des moyens limités, on ne peut pas l’affirmer de manière certaine. Cette étude visait principalement à donner des pistes pour des études complémentaires”, souligne Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R qui milite pour des alternatives à l’incinération des déchets.    “On ne dit pas qu’il n’y a pas d’autres pollutions”, poursuit-elle. “On dit que justement, c’est parce qu’il y avait déjà des sources de pollution qu’il ne fallait pas en rajouter une de plus en reconstruisant l’incinérateur”, en référence à la nouvelle unité de valorisation qui doit entrer en service début 2026 pour remplacer l’incinérateur existant.Dans une étude datant de février 2025, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) relève que les températures de combustion des incinérateurs d’ordures ménagères “ne sont pas suffisantes pour garantir une minéralisation complète de tous les PFAS”.- “Préoccupation légitime” -Propriétaire de l’incinérateur, l’agence métropolitaine Syctom dénonce pour sa part une “démarche de désinformation” et pointe “l’utilisation de protocoles d’analyse approximatifs”, créant “un sentiment d’angoisse chez les riverains”.Une réponse “emblématique des tactiques qui peuvent être employées pour discréditer les lanceurs d’alerte”, objecte Amélie Boespflug.A proximité de l’incinérateur, la publication de cette étude a ravivé les inquiétudes des riverains quant aux impacts sanitaires et environnementaux des panaches de fumées blanchâtres qui s’échappent de ses cheminées.”J’ai été interpellé il y a deux jours par des salariés d’une entreprise installée à Ivry, inquiets de savoir si leur santé était exposée du fait de ces PFAS”, raconte le maire communiste d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou.A Charenton-le-Pont, commune voisine, l’inquiétude est tout aussi vive.”Cela relance la préoccupation légitime de mes concitoyens sur les pollutions ambiantes et sur l’air qu’on fait respirer à nos enfants”, abonde Hervé Gicquel, maire LR de Charenton-le-Pont.”S’il y a émergence de nouvelles formes de pollution qui rejaillissent sur nos communes, il faut que je sache de quoi il en retourne. Et surtout quel est l’environnement qui le dégage”, explique l’élu.Les deux communes ont saisi l’Agence régionale de santé (ARS).Depuis des années, le collectif 3R alerte sur les nuisances liées à l’incinérateur d’Ivry.En avril, une étude menée par ToxicoWatch pour ce collectif avait mis en évidence des niveaux importants de métaux lourds et dioxines (un polluant organique persistant) dans des mousses prélevées à proximité.En 2022, la même fondation avait réalisé une étude commandée par 3R révélant la présence de dioxines dans les œufs de plusieurs poulaillers domestiques de l’aire urbaine parisienne. Depuis, l’ARS recommande de ne pas consommer d’œufs issus de ces poulaillers.

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“Polluants éternels” autour de l’incinérateur d’Ivry: une étude ravive les inquiétudes

Des analyses effectuées par la fondation néerlandaise ToxicoWatch, dévoilées fin septembre, ont mis en évidence la présence dans l’air de “polluants éternels” ou PFAS près de l’incinérateur d’Ivry-Paris 13, qui dénonce en retour une “démarche de désinformation”.Construit en bordure du périphérique, à cheval sur le 13e arrondissement de Paris et la ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), cet incinérateur d’ordures ménagères est le plus grand d’Europe et brûle chaque année 700.000 tonnes d’ordures, en provenance de 14 communes d’Ile-de-France et de 12 arrondissements de Paris.Commandée par le collectif 3R (pour “réduire, réutiliser, recycler”) et financée par l’ONG Zero Waste Europe, l’étude publiée en septembre a révélé la présence de PFAS dans l’air à proximité de cet incinérateur.Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), certaines de ces substances, présentes dans quantité d’objets et produits comme les poêles antiadhésives ou les cosmétiques, peuvent avoir des effets délétères sur la santé: taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement des fœtus.Dans l’étude, des chercheurs de ToxicoWatch, spécialisés dans l’analyse toxicologique des polluants émis par les incinérateurs, ont mesuré la concentration de métaux lourds et de polluants organiques persistants (POP), dont les PFAS, sur les filtres d’aération de cinq écoles primaires situées à moins de 1,5 km du site.Résultat: les filtres usagés, collectés à Ivry-sur-Seine et Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) entre octobre 2024 et février 2025, font apparaître des niveaux élevés de PFAS.Pour Thierry Billard, chercheur au CNRS à Lyon et spécialiste des composés fluorés, interrogé par l’AFP, l’étude “montre qu’il y a des PFAS qui circulent dans l’atmosphère”. Une conclusion “indéniable”.Mais ces niveaux élevés de “polluants éternels” sont-ils attribuables à l’incinérateur?”Avec cette étude pilote réalisée avec des moyens limités, on ne peut pas l’affirmer de manière certaine. Cette étude visait principalement à donner des pistes pour des études complémentaires”, souligne Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R qui milite pour des alternatives à l’incinération des déchets.    “On ne dit pas qu’il n’y a pas d’autres pollutions”, poursuit-elle. “On dit que justement, c’est parce qu’il y avait déjà des sources de pollution qu’il ne fallait pas en rajouter une de plus en reconstruisant l’incinérateur”, en référence à la nouvelle unité de valorisation qui doit entrer en service début 2026 pour remplacer l’incinérateur existant.Dans une étude datant de février 2025, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) relève que les températures de combustion des incinérateurs d’ordures ménagères “ne sont pas suffisantes pour garantir une minéralisation complète de tous les PFAS”.- “Préoccupation légitime” -Propriétaire de l’incinérateur, l’agence métropolitaine Syctom dénonce pour sa part une “démarche de désinformation” et pointe “l’utilisation de protocoles d’analyse approximatifs”, créant “un sentiment d’angoisse chez les riverains”.Une réponse “emblématique des tactiques qui peuvent être employées pour discréditer les lanceurs d’alerte”, objecte Amélie Boespflug.A proximité de l’incinérateur, la publication de cette étude a ravivé les inquiétudes des riverains quant aux impacts sanitaires et environnementaux des panaches de fumées blanchâtres qui s’échappent de ses cheminées.”J’ai été interpellé il y a deux jours par des salariés d’une entreprise installée à Ivry, inquiets de savoir si leur santé était exposée du fait de ces PFAS”, raconte le maire communiste d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou.A Charenton-le-Pont, commune voisine, l’inquiétude est tout aussi vive.”Cela relance la préoccupation légitime de mes concitoyens sur les pollutions ambiantes et sur l’air qu’on fait respirer à nos enfants”, abonde Hervé Gicquel, maire LR de Charenton-le-Pont.”S’il y a émergence de nouvelles formes de pollution qui rejaillissent sur nos communes, il faut que je sache de quoi il en retourne. Et surtout quel est l’environnement qui le dégage”, explique l’élu.Les deux communes ont saisi l’Agence régionale de santé (ARS).Depuis des années, le collectif 3R alerte sur les nuisances liées à l’incinérateur d’Ivry.En avril, une étude menée par ToxicoWatch pour ce collectif avait mis en évidence des niveaux importants de métaux lourds et dioxines (un polluant organique persistant) dans des mousses prélevées à proximité.En 2022, la même fondation avait réalisé une étude commandée par 3R révélant la présence de dioxines dans les œufs de plusieurs poulaillers domestiques de l’aire urbaine parisienne. Depuis, l’ARS recommande de ne pas consommer d’œufs issus de ces poulaillers.

Découverte exceptionnelle dans l’Hérault: un crocodile du Jurassique quasi-complet

Le squelette quasi-complet d’un fossile de crocodile, datant de la période du Jurassique il y a 180 millions d’années a été dévoilé vendredi au grand public au musée de Lodève dans l’Hérault.Une découverte “exceptionnelle”, a expliqué à l’AFP Stéphane Fouché, responsable des collections de paléontologie du musée de Lodève: “C’est la première fois en France qu’on trouve un squelette de crocodile de cette qualité aussi bien conservé”.Le fossile est long de cinq mètres, large de plus de deux. Ses pointes dorsales, sa colonne vertébrale, ses pattes, son long rostre – bouche très allongée – garni de dents sont encore bien visibles.Il a été apporté au musée par un promeneur, curieux, qui l’avait trouvé par hasard à quelques dizaines de kilomètres de Montpellier, dans l’arrière-pays.”Ce monsieur ouvre une boîte en carton et nous montre, dedans, 11 vertèbres. Sur le coup, je ne savais pas de quel animal il s’agissait”, confie Stéphane Fouché qui raconte s’être ensuite rendu sur les lieux et avoir contacté des chercheurs.”L’érosion avait fait le travail pour nous, les fossiles étaient là, il n’y avait plus qu’à les ramasser”.Les fouilles ont été menées pendant quatre ans dans le Lodévois – “l’un des territoires géologiques les plus riches de France”, selon Stéphane Fouché, sous la direction scientifique de Jérémy Martin, chercheur au CNRS, avec l’aide de l’association Paléorhodania et du groupe archéologique lodévois.La fossile était “recouvert d’une grosse couche de sédiments”, explique Camille Auclair, restauratrice et paléontologue pour la société Kraniata. “On a retiré des petits morceaux petit à petit et à la fin, par sablage, avec des grains de différentes densités, on est venus retirer la fine pellicule de sédiments qui restait, pour vraiment rendre le fossile parfaitement lisible et faire ressortir tous les petits détails”.Ce crocodile de l’ère des dinosaures vivait en partie dans l’eau et en surface. Si sa dentition montre une adaptation à un mode d’alimentation très piscivore, l’espèce n’a pas encore été officiellement identifiée, des analyses scientifiques devant encore être menées, notamment en analysant le crâne “encore rattaché au reste du corps par les cervicales”.”Ce crâne est particulièrement intéressant et important car c’est lui qui doit déterminer à quelle espèce il appartient”, détaille Camille Auclair. “Potentiellement, cela peut être une nouvelle espèce. C’est ça que les scientifiques devront déterminer”.Au musée de Lodève, ce fossile s’insère dans une collection déjà riche de pièces prélevées, pour la majorité localement, et qui témoignent de 540 millions d’années de l’histoire de la Terre.xysp/jp/spi

Aux abords du Rhin, la délicate réintroduction de tortues d’eau

A peine au contact de l’eau, la petite carapace s’engouffre et disparaît dans les roseaux: des cistudes d’Europe élevées en captivité découvrent les rives sauvages du Rhin, où ces tortues menacées sont progressivement réintroduites.Depuis plus d’une décennie, quelque 500 spécimens de ces reptiles à la peau noire tachetée de jaune ont déjà été lâchés, aussi bien côté Alsace que côté Rhénanie-Palatinat.En ce mercredi ensoleillé d’octobre, elles ne sont que 20 petites tortues, âgées de trois ans, à plonger vers l’inconnu, à savoir la zone alluviale de Woerr, une ancienne gravière renaturée des bords du Rhin.Le moment est particulièrement “symbolique”, confie Benoît Quintard, directeur du parc zoologique et botanique de Mulhouse, où les spécimens ont été élevés. Car pour la première fois, “des animaux nés côté français sont relâchés côté allemand”, à Neuburg am Rhein.”Cela nous permet d’augmenter la diversité génétique”, souligne Torsten Collet, représentant local de la Fédération allemande des associations environnementalistes (NABU), qui porte le projet dans le Land.”Et c’est le seul moyen de garantir que la population de cistudes d’Europe reste en bonne santé et continue à bien se reproduire ici”.- Ratons laveursCes reptiles aquatiques, également présents à l’état sauvage en milieu méditerranéen, avaient disparu des abords du Rhin il y a un siècle et demi suite à sa canalisation.Un vaste programme de réintroduction transfrontalier, financé côté français par la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), a été lancé en 2013 pour un coût global de plus de 1,3 million d’euros.”La volonté était de recréer des zones humides favorables au retour de la cistude, mais aussi favorables à une multitude d’autres espèces d’amphibiens et d’invertébrés aquatiques qui vont profiter de cette renaturation des sites”, souligne Benoît Quintard.Omnivore, cette tortue doit notamment à terme faire office de prédatrice pour des espèces exotiques envahissantes, comme la moule zébrée ou l’écrevisse calicot, originaire d’Amérique du Nord.Mais le pari n’est pas encore gagné. Jusqu’ici “35 à 40% des spécimens lâchés survivent”, souligne Jean-Yves Georges, directeur de recherche au CNRS à Strasbourg.D’abord parce que le reptile, qui mesure jusqu’à 20 cm à l’âge adulte et peut vivre de 60 à 80 ans, n’atteint sa maturité sexuelle qu’à partir de dix ans, ce qui rend le processus de reconstitution des populations particulièrement long.Et si des reproductions ont bien été actées, “il est clair qu’elles ne compensent pas la mortalité qu’on observe par exemple par la prédation du raton laveur”, nouvelle espèce exotique très friande de jeunes cistudes, qui s’est récemment jointe aux autres prédateurs traditionnels que sont les renards ou les grands échassiers, y compris les cigognes.- “Enormément de fierté”A ce stade, l’écrevisse calicot, quant à elle, consomme les proies de la tortue, qui se nourrit beaucoup d’invertébrés (insectes, vers) et de plantes, et réduit ainsi ses ressources alimentaires.”Donc, on a une population qui malheureusement est prise en sandwich et qui a globalement peut-être un peu de mal à s’en sortir”, reconnaît Jean-Yves Georges, dont les équipes surveillent méticuleusement l’évolution du programme.Les individus, identifiés par une puce électronique, sont régulièrement recapturés pour permettre un suivi précis de leur croissance, déplacements et reproduction.Il est trop tôt pour dire si l’opération réussira dans la durée, dit-il, et peut-être que d’autres réintroductions seront nécessaires à l’avenir pour assurer la pérennité de l’espèce. A Neuburg, Clément Creton est venu participer au relâchage des 20 cistudes qu’il a contribué à élever depuis trois ans.”Personnellement, c’est la première fois que je vis cela”, confie le jeune soigneur animalier du zoo de Mulhouse, disant ressentir “énormément de fierté”.”C’est pour ça qu’on fait ce métier (…) pour pouvoir réintroduire des espèces en danger dans leur milieu naturel”.

Lecornu, reconduit par Macron, dans une course contre la montre pour former un gouvernement

De nouveau sous la menace de censure après sa reconduction très critiquée, Sébastien Lecornu doit constituer, dans un délai ultra-court, son nouveau gouvernement afin de pouvoir présenter un projet de budget lundi.Emmanuel Macron a annoncé peu après 22H00 vendredi la reconduction à Matignon de Sébastien Lecornu, à l’issue d’une folle semaine entamée par sa démission et celle de son premier gouvernement, qui n’aura survécu que 14 heures.Nouvel essai, donc: le Président lui donne “carte blanche” pour proposer une nouvelle équipe gouvernementale et mener “les négociations” avec les partis politiques.Dans la foulée, le Premier ministre démissionnaire a dit accepter la mission “par devoir”, et devrait s’atteler dès samedi à la formation de son équipe.Entre les menaces de censure des oppositions et un socle commun largement mis à mal, sa tâche s’annonce éminemment difficile. Avec d’abord une première question urgente: qui asseoir à la table du Conseil des ministres lundi pour la présentation du projet de budget 2026, dont l’examen au Parlement doit démarrer au plus vite ? Le temps presse pour pouvoir laisser au Parlement les 70 jours requis par la Constitution pour l’examiner avant le 31 décembre. Sébastien Lecornu a prévenu que le futur gouvernement “devra incarner le renouvellement et la diversité des compétences”, demandant aux prochains ministres de “s’engager à se déconnecter des ambitions présidentielles pour 2027”.Ce qui semble exclure a priori plusieurs poids lourds de son ancien gouvernement, comme le garde des Sceaux Gérald Darmanin, mais surtout le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, détonateur de la chute de Lecornu I. La gauche n’y participera pas. Mais qui au sein du socle commun, qui a implosé au cours de cette séquence politique, en sera ? Les Républicains, doivent décider dans la matinée de leur participation. Les députés de son groupe lui ont toutefois déjà apporté leur soutien.Autre formation, le parti Horizons d’Edouard Philippe, qui envisage un soutien sans participation au gouvernement si celui-ci touche au “coeur” de la réforme des retraites de 2023.Or, le Premier ministre a promis que “tous les dossiers évoqués” pendant ses consultations avec les partis seraient “ouverts au débat parlementaire”. – “Une honte démocratique” -Mais pris en étau entre la gauche et l’aile droite de sa coalition, Sébastien Lecornu devrait faire preuve de doigté pour rouvrir la réforme de 2023 d’Élisabeth Borne.Pour se prononcer, le Parti socialiste attend la déclaration de politique générale du Premier ministre prévue la semaine prochaine. La date exacte n’est pas encore connue.Mais il a prévenu: sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, nous le censurerons”.Le reste des formations politiques d’opposition de gauche n’ont pas attendu longtemps. Dès l’annonce de la reconduction, La France insoumise, le Parti communiste français et les Ecologistes ont immédiatement promis de censurer. Tout comme le Rassemblement national.”Un nouveau bras d’honneur aux Français d’un irresponsable ivre de son pouvoir. La France et son peuple sont humiliés”, a écrit le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur X, en précisant que la formation de gauche radicale déposerait “une nouvelle motion de destitution du président de la République” et censurerait “immédiatement” le prochain gouvernement.”Nous proposons dès ce soir aux parlementaires de la gauche de l’hémicycle de signer une motion de censure immédiate et une nouvelle motion de destitution du Président de la République”, a précisé le groupe insoumis à l’Assemblée nationale.Même son de cloche à l’autre bout du spectre politique, où le président du Rassemblement national Jordan Bardella a déclaré que son parti “censurera bien sûr immédiatement cet attelage sans aucun avenir”, en dénonçant “une mauvaise plaisanterie, une honte démocratique et une humiliation pour les Français”. Position également adoptée par l’allié du RN, Eric Ciotti.

Lecornu sous la menace de la censure dès sa reconduction à Matignon

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, à peine reconduit vendredi soir, est déjà sous la menace d’une censure des socialistes s’il ne fait pas d’emblée plusieurs concessions majeures, dont la suspension de la réforme des retraites.”Nous rappelons de manière très claire ce soir au Premier ministre que s’il n’y a pas dès sa déclaration de politique générale la confirmation de l’abandon du 49-3 (adoption d’un texte sans vote, ndlr), des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, nous le censurerons”, a déclaré à l’AFP le secrétaire général du PS Pierre Jouvet.Les votes des socialistes seront décisifs en cas de motion de censure, le Rassemblement national et les Insoumis ayant d’ores et déjà annoncé qu’ils la voteraient.Emmanuel Macron a choisi de reconduire Sébastien Lecornu, cinq jours après sa démission, en dépit des mises en garde de son propre camp et de l’hostilité déclarée des oppositions.Le président “donne carte blanche au Premier ministre”, a-t-on ajouté dans l’entourage du chef de l’Etat.Le Premier ministre démissionnaire a dit accepter “par devoir” sa reconduction et promis que “tous les dossiers évoqués” pendant ses consultations avec les partis seraient “ouverts au débat parlementaire”.Sébastien Lecornu, 39 ans, un proche du chef de l’Etat, avait démissionné lundi matin, quatre semaines après sa nomination et 14 heures seulement après la formation de son gouvernement qui a conduit à l’implosion du “socle commun” entre le camp présidentiel et les Républicains (LR).C’est “un nouveau bras d’honneur aux Français”, a aussitôt dénoncé Manuel Bompard chez les Insoumis. Le Rassemblement national censurera “immédiatement cet attelage sans aucun avenir”, a assuré son président Jordan Bardella.Même dans le camp présidentiel, de plus en plus fracturé, le scénario Lecornu 2 ne faisait pas l’unanimité. “Je ne comprendrais pas qu’il y ait une renomination d’un Premier ministre macroniste”, avait prévenu Agnès Pannier-Runacher, macroniste de la première heure et membre du gouvernement démissionnaire.Il pourra néanmoins bénéficier du soutien des Républicains (LR) au Parlement, même si leur participation au gouvernement est incertaine.- “Ca va mal se terminer” -Lundi, peu après sa démission, Emmanuel Macron avait donné 48 heures à Sébastien Lecornu pour tenter de trouver un accord de la dernière chance avec les forces politiques et éviter la censure du futur gouvernement, en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée.Après deux jours de tractations, Sébastien Lecornu avait estimé mercredi qu’un “chemin” était encore “possible”.Mais une ultime réunion de crise, convoquée en urgence vendredi à l’Elysée entre le président et les chefs de parti, n’a pas apporté plus de clarté.La gauche, qui réclamait un Premier ministre issu de ses rangs, en est sortie “sidérée”. M. Macron n’a apporté “aucune réponse claire” sur les retraites ou le pouvoir d’achat, a déploré le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.”Tout ça va très mal se terminer” avec une possible “dissolution”, a renchéri la patronne des Ecologistes Marine Tondelier à la sortie de l’Elysée.La gauche a jugé décevantes les esquisses de concession sur la réforme des retraites, pourtant inédites dans la bouche du président qui en avait fait un totem de son second quinquennat.Emmanuel Macron a proposé “non pas de suspendre, mais décaler dans le temps” la mesure sur l’âge de départ à la retraite et non celle sur le nombre de trimestres cotisés, a expliqué la cheffe des députés écologistes, Cyrielle Châtelain.Le Parti socialiste n’a “absolument aucun deal” avec Sébastien Lecornu sur une non-censure, et n’a “aucune assurance ni garantie” sur ses demandes, a affirmé à l’AFP le secrétaire général du parti Pierre Jouvet.- “Pas parfait” -Sébastien Lecornu, dont la reconduction était évoquée avec insistance ces derniers jours, avait lui-même assuré ne pas courir “après le job” et avoir achevé sa “mission”. Il a réaffirmé vendredi que lui-même et sa future équipe devront être dépourvus de toute ambition présidentielle pour 2027.S’il parvient à former un gouvernement dans les prochains jours, Sébastien Lecornu pourrait prononcer dès la semaine prochaine une déclaration de politique générale devant le Parlement, pour exposer sa feuille de route. La France insoumise (LFI) a déjà indiqué qu’elle déposerait dès que possible une motion de censure.Confronté aux répliques sans fin du séisme de la dissolution en 2024, Emmanuel Macron a préféré se replier sur son dernier carré de fidèles après avoir tenté une semi-cohabitation avec l’opposant LR Michel Barnier puis avec le centriste Bayrou.Déjà en décembre dernier, il avait voulu nommer Sébastien Lecornu à Matignon, mais son allié historique François Bayrou avait fini par s’imposer à lui.En attendant, l’urgence est de déposer un projet de budget lundi. Le Parlement aura ensuite une fenêtre de 70 jours pour l’examiner, comme le prévoit la Constitution.Il “ne sera pas parfait”, avait reconnu le Premier ministre démissionnaire mercredi à l’issue de ses multiples rencontres avec les partis, et devra être débattu.Venu de la droite, discret au point d’être quasi inconnu du grand public, Sébastien Lecornu, qui se définit lui-même comme un “moine soldat”, est un compagnon de route du chef de l’Etat depuis 2017, devenu un rouage essentiel de la macronie. De tous les gouvernements depuis la première élection d’Emmanuel Macron, il officiait depuis 2022 au poste stratégique des Armées, après l’Ecologie, les Collectivités et l’Outre-mer.