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COP30: Lula reçoit le monde en Amazonie, bataille en vue entre pays

La 30e conférence sur le climat de l’ONU s’est ouverte lundi à Belém en Amazonie brésilienne, avec déjà une bataille en vue entre pays sur l’urgence et les moyens de contenir le réchauffement climatique.”Il est temps d’infliger une nouvelle défaite aux négationnistes”, a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva en entamant deux semaines de conférence, sans les Etats-Unis, par une vigoureuse défense de l’action multilatérale.Le président brésilien a répété qu’investir pour le climat – point éternel de dispute dans cette enceinte – coûtait “beaucoup moins cher” que les guerres. Avec une volonté d’éviter le fatalisme: “Nous allons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse.”Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et deuxième émetteur de gaz à effet de serre, sont absents pour la première fois de l’histoire de ces réunions.”C’est mieux que d’envoyer des gens tout bloquer, non?”, dit à l’AFP la cheffe de Greenpeace au Brésil, Carolina Pasquali.Cette COP, la première en Amazonie, rassemble moins que lors des éditions précédentes, avec 42.000 personnes accréditées. Au premier jour, les délégués présents ont pu entendre la pluie tropicale cogner violemment contre le toit du centre de conventions, et même sentir des gouttes s’infiltrer dans l’enceinte.”Se lamenter n’est pas une stratégie, nous avons besoin de solutions”, a lancé Simon Stiell, chef de l’ONU Climat, qui coorganise la COP30 avec le pays hôte. Il s’est félicité d’une petite avancée: en incluant les toutes dernières feuilles de route climatiques déposées par certains pays, la baisse des émissions d’ici 2035 sera de 12%. Toujours loin du compte mais un peu mieux que les 10% annoncés dernièrement sur une base plus limitée. “Chaque fraction de degré de réchauffement évitée sauvera des millions de vies et évitera des milliards de dollars en dommages climatiques”, a souligné Simon Stiell. Mais il demande que les tractations produisent plus de concret: davantage d’engagements pour sortir des énergies fossiles, pour développer les renouvelables, et pour envoyer l’argent promis aux pays pauvres pour les aider dans un climat plus violent.Le temps presse, rappellent les scientifiques. Jim Skea, président du Giec, le groupe de chercheurs qui travaille sur le climat sous l’égide de l’ONU, a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, l’objectif le plus ambitieux fixé par l’accord de Paris en 2015.- “Question de survie” -Un groupe de petites îles bataille pour que soit inscrit à l’ordre du jour le besoin de formuler une réponse à cet échec, mais le groupe des pays arabes et d’autres refusent, craignant une nouvelle attaque contre pétrole. La position de l’Arabie saoudite est “toxique”, déplore un diplomate occidental.Un échec à maintenir la limite de 1,5°C “scelle notre perte”, a dit à l’AFP Maina Vakafua Talia, ministre du Tuvalu, petit archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux.”Je garde espoir. On doit garder un certain optimisme”, a-t-il toutefois dit.”1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie”, abonde auprès de l’AFP Manjeet Dhakal, conseiller du groupe des pays les moins développés à la COP. “Nous ne pourrons cautionner aucune décision qui n’inclue pas de discussion sur notre échec à éviter 1,5°C.”Mais il n’y aura pas de bras de fer d’emblée sur l’ordre du jour officiel de la conférence: les discussions les plus tendues sur ce sujet ainsi que la taxe carbone européenne et les mesures commerciales unilatérales ont été reportées à mercredi.- “Sujet sensible” -D’ici là, la présidence brésilienne organise des consultations entre pays, après de premiers échanges “assez tendus”, selon un participant. “Personne ne veut bouger de ses positions”, regrette un représentant d’un pays d’Amérique latine.L’un des mystères de ces deux semaines de négociation concerne la “feuille de route” sur les énergies fossiles mise sur la table par Lula lors du sommet de chefs d’Etat, la semaine dernière à Belem.La sortie du pétrole, du gaz et du charbon fera-t-elle l’objet d’une nouvelle décision négociée et contraignante – après une première étape il y a deux ans à Dubaï – ou, plus probablement, d’engagements volontaires de certains pays?”On sait que c’est un sujet sensible pour un certain nombre de nos partenaires, que pour certains, c’est plus simple d’en discuter, pas sous un format de négociation, mais sous un format de coalition”, reconnaît-on dans la délégation française.ffb-lg-app-ico-jmi/liu

Un colis piégé explose dans une agence Allianz à Montluçon, un blessé

Une personne a été blessée lundi après-midi par un engin explosif placé dans la boîte aux lettres d’une agence du groupe Allianz à Montluçon (Allier), un acte “condamné avec la plus grande fermeté” par l’assureur allemand.L’explosion est survenue peu après 14H00 dans le centre de cette ville de 32.000 habitants, alors qu’il n’y avait pas de public dans l’établissement, a indiqué la préfecture de l’Allier dans un communiqué.”Selon les premiers éléments de l’enquête, l’explosion a eu lieu au moment de la relève du courrier, lors de la manipulation par un collaborateur de l’agence d’un colis déposé dans la boîte aux lettres”, a-t-elle ajouté.”A ce stade, ni les auteurs, ni les motivations de cet acte ne sont connus”, a souligné la préfecture.La victime, blessée par “un engin explosif”, est le fils du directeur de l’agence, a précisé à l’AFP le procureur de Montluçon Christian Magret avant de se dessaisir au profit du parquet de Cusset, puisque ce dernier dispose d’un pôle criminel.Cet homme de 34 ans a été blessé aux bras et au thorax, sans que son pronostic vital ne soit engagé. Selon la préfecture, deux autres personnes étaient présentes au moment de l’explosion, mais n’ont pas été blessées. Les trois personnes présentes lors de l’explosion ont été transportées à l’hôpital pour des examens de contrôle.- “Intolérables” -Après l’explosion, un périmètre de sécurité a été établi aux abords de l’établissement. Il a ensuite été levé alors que les vérifications se poursuivaient dans l’établissement.Des démineurs lyonnais, dépêchés avec un hélicoptère de la sécurité civile, sont arrivés vers 17H30 pour vérifier qu’il n’existait pas de risque d’une seconde déflagration, avant de laisser la place aux enquêteurs.Une quinzaine d’agents de la police scientifique, dont certains en tenue blanche, et de la police judiciaire s’activaient dans la soirée dans et devant l’agence, selon des journalistes de l’AFP sur place.Contacté par l’AFP, le groupe Allianz a souligné que sa “priorité” était “d’assurer la sécurité des personnes et de sécuriser les lieux”, et a apporté son “soutien” à la personne blessée et à ses proches.”Allianz condamne avec la plus grande fermeté tout acte de violence ou comportement criminel dirigé contre ses collaborateurs, ses opérations ou ses biens. De tels actes sont totalement intolérables et feront l’objet de poursuites”, a ajouté le groupe dans un communiqué.”La sécurité de nos employés et de nos partenaires est une priorité non négociable”, a-t-il ajouté, en refusant de commenter les faits pour “préserver l’enquête en cours”.

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COP30: le président du Giec déclare désormais “presque inévitable” de dépasser 1,5°C de réchauffement

Le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, un objectif fixé par l’accord de Paris en 2015, tout en estimant qu’il est “peut-être encore possible” de le limiter.”Il est désormais presque inévitable que le réchauffement climatique dépasse 1,5°C à court terme, et cela est clairement dû à l’insuffisance des mesures prises en faveur du climat au cours des dernières années et à l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre qui en a résulté”, a déclaré Jim Skea, président du groupe de chercheurs établissant le consensus scientifique sur le climat, lors d’un message vidéo à l’ouverture de la COP30 à Belem au Brésil.”Mais il est peut-être encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à la fin du siècle”, a précisé M. Skea, ajoutant que “cela impliquerait des réductions immédiates, profondes et durables des émissions de dioxyde de carbone, ainsi que l’élimination d’une partie importante du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère”.L’ONU et de nombreux climatologues ont déjà reconnu que ce niveau de réchauffement serait atteint prochainement, appelant à faire en sorte que le dépassement soit temporaire, ce qui se compterait en décennies.Les scientifiques insistent sur le danger de chaque dixième de degré de réchauffement au-delà de +1,5°C, avec des effets imprévisibles pour les écosystèmes et la vie humaine, entre canicules, sécheresses, incendies, inondations, tempêtes, montée du niveau des mers, atteintes à la biodiversité, etc.L’accord de Paris en 2015 a pour objectif de limiter le réchauffement “bien en dessous” de 2°C, et de maintenir les efforts pour le contenir à 1,5°C, par rapport à la période préindustrielle. Le climat est déjà réchauffé d’environ 1,4°C, selon l’observatoire européen Copernicus.

End to US government shutdown in sight as Democrats quarrel

The longest-ever US government shutdown appeared headed Monday to an eventual resolution, after several Democratic senators broke ranks to join Republicans in advancing a compromise deal — sparking intra-party backlash.Since October 1, the first day of the shutdown, more than a million federal workers have been unpaid, while government benefits and services have been increasingly …

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Mondial de rugby 2023: un juge d’instruction va enquêter sur des escroqueries autour de places VIP

Nouveau contentieux judiciaire autour du Mondial-2023 de rugby: un juge parisien va enquêter sur le sensible marché des billets VIP ou “hospitalités”, après une plainte du comité d’organisation dénonçant une “escroquerie en bande organisée” de la société gestionnaire du marché.Sollicité par l’AFP, le parquet de Paris a indiqué lundi avoir ouvert jeudi une information judiciaire, visant Daimani, plateforme d’achats en ligne de billets dits d’hospitalité, et plus précisément ses structures “Daimani Holding AG, Daimani France, Daimani AG” ainsi que “leurs dirigeants, Andreas Truttenbach, Max Müller, Pascal Portes”.L’Equipe avait annoncé vendredi que le GIP France (comité d’organisation du Mondial-2023 de rugby) et le GIE (groupement d’intérêt économique), liés à la Fédération française de rugby, auraient déposé plainte en septembre pour escroquerie contre ces sociétés.L’AFP n’a pu en avoir confirmation en l’état, et ni les avocats du GIP et de GIE, ni ceux de Daimani n’ont commenté dans l’immédiat.Pour gérer les “hospitalités” du Mondial 2023, soit la vente groupée de prestations comprenant la billetterie, les déplacements, la réception et la restauration, le GIE a signé en 2021 un contrat portant sur l’exclusivité de la distribution de ces packages à l’international avec Daimani France, filiale de la société suisse Daimani holding AG.- “Insolvabilité organisée” -La décision de confier le marché à cette jeune société aurait été prise, selon L’Equipe, par le contesté ancien directeur général de la Coupe du monde, Claude Atcher.Selon une décision de justice consultée par l’AFP, Daimani s’était engagée envers le GIE “pour un montant d’achats d’environ 45 millions d’euros, garanti par un engagement personnel de l’actionnaire principal” de Daimani Holding AG.Toujours de même source, “au 13 juillet 2023, les versements de la société Daimani France s’élevaient à environ 22,7 millions d’euros sur un total d’engagement d’achats porté à environ 50 millions d’euros.”Mais la société a fait faillite juste après la Coupe du monde après avoir raté plusieurs échéances de paiement, sans avoir payé plus de 11 millions d’euros qu’elle devait contractuellement. La maison mère suisse a été condamnée en janvier 2024 par le tribunal de commerce de Paris à payer au GIE une somme correspondant au montant dû.D’autant qu’en mai 2025, la cour d’appel de Paris a infirmé la décision pour motifs procéduraux. La somme n’a donc toujours pas été récupérée.Selon le quotidien sportif, la plainte dénonce une potentielle “insolvabilité organisée”.Le GIP et le GIE feraient eux-même état dans cette plainte d’un préjudice financier de plus de 27 millions d’euros hors taxe, un montant corroboré lundi par le parquet de Paris.- Issue “incertaine” -Dans un rapport rendu début avril, la Cour des comptes estime que l’Etat a eu des “défaillances majeures” dans le contrôle de l’organisation du Mondial-2023 de rugby en France, qui a été caractérisée par de nombreux dysfonctionnements et des pertes financières.La Cour des comptes a pointé en premier lieu la responsabilité du premier directeur général du comité d’organisation, Claude Atcher, celle de la Fédération français de rugby (FFR) et de l’État.Loin des promesses initiales, l’organisation du Mondial-2023 a engendré de lourdes pertes financières, notamment pour la FFR.Sur le marché avec Daimani, la Cour des comptes déplorait dans ce rapport que le GIE ait “engagé en décembre 2020 une consultation de gré à gré, sans appel public à candidature, pour accorder l’exclusivité des packages d’hospitalités à l’international qui s’est achevée en mars 2021 par le choix de Daimani France”.”Cette consultation de gré à gré et le choix final qui en est résulté posent question”, assurent les magistrats financiers, étrillant dans le détail la manière dont le marché avec Daimani a été passé, géré, et peu contrôlé.Pour eux, “l’issue du contentieux commercial” désormais engagé avec Daimani “paraît pour le moins incertaine”.Un redressement fiscal et des pénalités de plus de 20 millions d’euros ont par ailleurs été notifiés au GIE, en raison d’une mauvaise application de la TVA sur des packages billet+voyage ou billet+hospitalités.

L’annulation d’un colloque sur la Palestine au Collège de France suscite des remous

L’annulation d’un colloque sur la Palestine par le prestigieux Collège de France a suscité des remous académiques et politiques lundi, France Universités exprimant son “incompréhension” et sa “vive inquiétude” face à une décision qui “porte atteinte à la liberté académique”, selon elle.France Universités “a découvert avec stupeur l’annulation du colloque scientifique +La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines+”, a souligné dans un communiqué cette association, qui regroupe les dirigeants d’universités.Le Collège de France avait annulé dimanche ce colloque qui devait se tenir de jeudi à vendredi, co-organisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris), “en réaction à la polémique entourant la tenue” de l’événement.Le colloque avait été qualifié d’événement “propalestinien” par plusieurs personnalités. “Rien n’allait dans ce colloque”, avait notamment réagi sur X Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), avait, elle, dénoncé une “foire antisioniste”, et évoqué le “dévoiement d’une institution prestigieuse”. L’association avait annoncé vendredi saisir le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptise. Ce dernier a qualifié dimanche sur X l’annulation de “responsable”. “Défendre la liberté académique, c’est défendre un débat libre, respectueux et pluriel”, a-t-il souligné. Lundi, France Universités a exprimé son incompréhension et une vive inquiétude par rapport à cette décision”. “Les universités doivent pouvoir continuer, à l’abri de toutes formes de pressions extérieures, à promouvoir des débats éclairés par des travaux de recherche scientifique”.Dans une lettre adressée à l’administrateur du Collège de France Thomas Römer, rendue publique lundi, le sociologue et démographie François Héran, professeur honoraire au Collège de France, a protesté contre cette décision. “Je découvre que, loin d’être l’apanage du wokisme, la cancel culture peut aussi inspirer l’administration du Collège”, a-t-il ironisé.Le principal syndicat de l’enseignement supérieur, le Snesup, a, lui, estimé dans un communiqué que ce colloque devait “impérativement se tenir”. “Faisant l’objet de pressions pour obtenir son annulation, le ministre de l’Enseignement supérieur (…) a choisi de céder”, a-t-il déploré.À gauche, plusieurs élus LFI ont critiqué cette annulation, et la cheffe de ses députés Mathilde Panot a écrit lundi une lettre à l’administrateur du Collège de France pour lui proposer “d’organiser ce colloque dans l’enceinte de l’Assemblée nationale”. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait estimé dimanche “inadmissible” cette annulation “après intervention du ministre de l’Enseignement supérieur”.Le Grand rabbin de France Haïm Korsia a jugé lundi sur X ce colloque “scandaleusement biaisé”. 

France’s ex-leader Sarkozy says after jail release ‘truth will prevail’

France’s former president Nicolas Sarkozy vowed on Monday that the truth would win out after he was released from prison under judicial supervision ahead of an appeal trial over Libyan funding.Sarkozy, 70, earlier Monday left La Sante prison in Paris — a 20-day experience the former president called a “nightmare”, after a judge ordered his …

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Trump threatens air traffic controllers over shutdown absences

US President Donald Trump threatened Monday to dock pay of air traffic controllers he accused of shirking their “patriotic” duty, while their union decried being used as “political pawns” during the government shutdown.The statements highlighted the mounting strains on the aviation industry as the record-long shutdown hits day 41, though a compromise bill advancing in …

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Sorti de prison, Nicolas Sarkozy assure que la “vérité triomphera”

“La vérité triomphera”, a lancé Nicolas Sarkozy quelques heures après sa libération de prison sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Paris, qui lui a interdit d’entrer en contact avec de hauts responsables judiciaires comme le garde des Sceaux Gérald Darmanin.”Le droit a été appliqué. Je vais maintenant préparer le procès en appel. Mon énergie n’est tendue que vers le seul but de prouver mon innocence. La vérité triomphera. C’est une évidence que la vie enseigne”, a écrit sur X l’ex-chef de l’Etat, dans sa première prise de parole depuis sa libération par la justice à la mi-journée.Dans l’attente de son procès en appel, qui devrait se tenir à partir de mars, la cour d’appel de Paris a autorisé vers 13H45 la sortie de l’ancien chef de l’État, 70 ans, de la prison de la Santé à Paris où il était incarcéré depuis le 21 octobre.Celle-ci a été mise en œuvre presque immédiatement. Peu avant 15H00, Nicolas Sarkozy a quitté la prison à bord d’une voiture aux vitres teintées, escortée par des motards de la police, pour regagner son domicile dans le XVIe arrondissement, ont constaté des journalistes de l’AFP.La prison, “c’est dur, c’est très dur, ça l’est certainement pour tout détenu, je dirais même que c’est éreintant”, avait-il témoigné lundi matin en visio-conférence à l’audience d’examen de sa requête, offrant la première image de l’histoire d’un ancien président de la République en prison.Dans le cadre d’un contrôle judiciaire, les juges ont toutefois imposé deux interdictions au champion déchu de la droite, embourbé dans ses affaires judiciaires. La cour a estimé que “le risque de pression, de concertation ne (peut) pas être totalement écarté” sur ses co-prévenus mais surtout sur “un certain nombre de témoins-clés”, comme les ex-dignitaires du régime Kadhafi disséminés à travers le monde, et lui a interdit tout voyage à l’étranger.De manière plus inattendue, la justice a aussi imposé une “interdiction de contact” élargie avec de hauts responsables de la justice française, notamment le garde des Sceaux Gérald Darmanin, constatant sa “capacité à actionner différents services de l’Etat” en tant qu’ex-président.Le 29 octobre, Nicolas Sarkozy avait reçu la visite à la prison de la Santé du ministre, une entrevue qui a suscité des critiques, notamment de magistrats. Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel.Contacté par l’AFP, l’entourage de M. Darmanin a assuré que “le garde des Sceaux respecte toujours les décisions de justice”.- “Un cauchemar” -Lors de l’examen de sa requête dans la matinée, le parquet général avait requis la sortie de prison sous contrôle judiciaire de l’ex-chef de l’Etat, jugeant que les “garanties de représentation en justice sont rarement réunies à un tel niveau”.Sur les trois personnes détenues à l’issue du jugement de première instance dans le procès libyen, la justice a donc libéré Nicolas Sarkozy et l’ex-banquier Wahib Nacer, mais a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, arguant un risque de fuite et de pressions sur des protagonistes de l’affaire.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Nicolas Sarkozy coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison ferme avec un mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire, entraînant son incarcération malgré son appel.Nicolas Sarkozy a été incarcéré un peu moins d’un mois après sa condamnation. Cette détention inédite pour un ex-président de la République a suscité de vifs débats. Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne, où aucun ancien chef d’Etat n’a connu l’emprisonnement.”Je veux rendre hommage au personnel pénitentiaire qui a été d’une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar, parce que c’est un cauchemar, supportable”, a déclaré à l’audience Nicolas Sarkozy, vêtu d’une veste bleu foncé, pull et chemise, apparaissant à l’écran dans une salle aux murs blancs avec deux de ses avocats.Cette libération “met un terme au feuilleton judiciaire et à la mécanique de victimisation pour désormais permettre de se concentrer sur le fond. Elle prévient aussi des risques d’ingérence vis-à-vis du restant des protagonistes mais aussi du pouvoir en place”, a réagi Me Vincent Brengarth, avocat de l’organisation Sherpa, partie civile dans le dossier libyen.La famille politique de Nicolas Sarkozy s’est de son côté réjouie de sa libération. Le président des Républicains Bruno Retailleau a salué le “courage” et la “détermination” avec lesquelles il “a affronté cette épreuve”, tandis que le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, s’est félicité d’une “décision juste et digne, à la hauteur de l’homme qui a tant donné à notre pays”.L’ancien chef de l’Etat ne se rendra pas mardi matin aux commémorations du 11-Novembre sur les Champs-Elysées et à l’Arc de triomphe, auxquelles il est protocolairement invité, a indiqué son entourage à l’AFP.

La justice remet Sarkozy en liberté… et Darmanin à sa place

En interdisant à Nicolas Sarkozy d’entrer en contact avec Gérald Darmanin dans le cadre de son contrôle judiciaire, la justice a infligé un camouflet au garde des Sceaux, dont la visite à l’ancien président en prison a irrité magistrats et avocats.Si la remise en liberté de l’ancien président de la République, condamné fin septembre à cinq ans de prison dans le dossier libyen, était largement attendue par la plupart des observateurs, l’une des obligations assorties à son contrôle judiciaire a en revanche surpris.La cour d’appel de Paris a en effet interdit à M. Sarkozy, “afin d’éviter un risque d’obstacle à la sérénité des débats et d’atteinte à l’indépendance des magistrats”, d’entrer en contact avec “le ministre de la Justice en exercice”, “les membres de son cabinet” ou “tout cadre du ministère de la Justice susceptible d’avoir connaissance des remontées d’informations” prévues par le code de procédure pénale.En lisant la décision, le président de la cour, Olivier Géron, a souligné que le ministre de la Justice menait “la politique pénale du gouvernement” et que les procureurs généraux devaient lui “rédiger des rapports particuliers”.”Le garde des Sceaux applique toujours les décisions de justice”, s’est contenté de déclarer l’entourage du ministre, refusant de faire tout autre commentaire sur cette décision.- “Indépendance des magistrats” -Le 29 octobre, le ministre de la Justice, qui considère Nicolas Sarkozy comme un de ses mentors en politique et qui avait confié sa “tristesse” après sa condamnation dans le dossier libyen, s’était entretenu avec lui à la prison parisienne de la Santé, en présence du directeur de l’établissement. La visite, annoncée à l’avance, avait suscité des critiques, notamment de magistrats.Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait notamment vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel, qui doit s’ouvrir en mars.”S’assurer de la sécurité d’un ancien président de la République en prison, fait sans précédent, n’atteint en rien à l’indépendance des magistrats mais relève du devoir de vigilance du chef d’administration que je suis”, s’était défendu M. Darmanin sur X. Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) s’était ému de cet apparent soutien, ainsi que de celui du président de la République, Emmanuel Macron, qui avait reçu son prédécesseur à l’Elysée avant son incarcération, y voyant “une confusion des rôles inacceptable dans un Etat de droit”. “Ni le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, ni le garde des Sceaux, ne peuvent ignorer le poids de leur soutien dans une procédure en cours et les pressions qu’ils font peser sur celles et ceux” qui rendent la justice, avait dénoncé le syndicat.Un collectif d’une trentaine d’avocats a de son côté porté plainte auprès de la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour des crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions, pour “prise illégale d’intérêts” contre le ministre.Les avocats se disent “particulièrement indignés par les déclarations du garde des Sceaux” faisant part “publiquement de sa compassion à l’égard de M. Sarkozy en soulignant les liens personnels qu’ils entretiennent”.En “s’exprimant publiquement quant à sa volonté de rendre visite à M. Sarkozy en détention” ainsi “qu’en lui apportant implicitement son soutien”, M. Darmanin a “nécessairement pris position” dans une entreprise dont il a aussi “un pouvoir de surveillance en tant que supérieur hiérarchique du parquet”, soulignent-ils dans leur plainte.Pour Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), l’interdiction de contact édictée par la cour d’appel renvoie “à une revendication assez essentielle de l’ensemble de la magistrature, qui est l’indépendance du parquet”.La sénatrice de Paris Agnès Evren, porte-parole des Républicains, a elle fait part de son incompréhension. “Très sincèrement, je ne comprends pas. Gérald Darmanin était parfaitement légitime dans son rôle d’aller visiter les conditions de sécurité”, a-t-elle déclaré sur BFMTV.