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Devant les assises du Var, Asma, “brûlée à l’intérieur” par son ex-mari

“Je suis brûlée à l’intérieur”: Asma*, victime d’une tentative d’immolation en 2021 à Nice, a livré mardi le récit glaçant de l’attaque et de ses conséquences devant la cour d’assises d’appel du Var où son ex-mari risque la réclusion à perpétuité.Elle a 42 ans, le visage rond enserré dans un voile noir, un pull marron et un pantalon noir, un gant de contention à la main gauche. Elle s’exprime en arabe, d’une voix douce mais décidée, assistée d’un interprète, s’interrompant parfois pour verser une larme ou reprendre son souffle.Elle a tenu à montrer à la cour des photos d’elle “avant”, jeune femme aux longs cheveux noirs, maquillée et souriante, posant à côté de Nabil, un cousin éloigné de cinq ans son cadet, cuisinier à Nice, visiblement radieux.C’était un mariage arrangé entre cousins éloignés, que l’un comme l’autre était libre de refuser, assure-t-elle. Elle vivait avec sa famille en Tunisie, travaillait dans une usine de fabrication d’aiguilles médicales et était heureuse. Mais Nabil lui a plu. Et puis, il vivait en France.Après quelques mois d’attente, elle obtient son visa pour le rejoindre en mai 2021. Mais elle a vite déchanté, violemment prise en grippe par sa belle-mère et ses belles-soeurs.Et Nabil “n’était plus la même personne qu’en Tunisie”. Il buvait tous les jours, rentrait très tard du travail, se montrait agressif et insultant, ne s’intéressait à elle qu’au lit et laissait sa mère la traiter “comme une bonne”.Mais elle n’envisage pas de partir: “Je voulais que ce mariage réussisse (…). Je voulais avoir des enfants, fonder un foyer”.Le soir du 13 août 2021, une nouvelle dispute a éclaté au sein du couple au retour de la plage. Nabil l’a menacée avec un couteau, puis quand elle est allée boire un verre d’eau à la cuisine, il a versé un liquide sur elle. A proximité de la gazinière, tout s’est enflammé et elle s’est enfuie dans les escaliers de l’immeuble.- “Une mort-vivante” -“C’est une brûlure que personne ne peut imaginer”, a-t-elle raconté. Les jurés ont pu écouter l’enregistrement d’un appel à la police: sur fond des cris de douleur d’Asma, une voisine décrit une femme en feu, poursuivie par son mari armé d’un couteau.Asma n’a que des souvenirs confus: “Je criais, je criais. En bas il y avait beaucoup de monde. J’étais toute nue. Des gens ont enlevé leur foulard pour essayer de me couvrir. Je leur criais de verser de l’eau sur moi”.Transportée par hélicoptère au service des grands brûlés de Marseille, elle a passé plusieurs semaines dans le coma, avant des mois d’hospitalisation puis de rééducation.”J’aurais voulu mourir”, a-t-elle témoigné. “Ce que j’aimais en moi c’était mon corps, mes cheveux”. Si son visage est épargné, son corps est brûlé à 29%, dans le dos et sur le côté gauche. Les oreilles sont brûlées, la tête couverte de plaques. “Je me gratte tout le temps, je dors avec des médicaments, je souris avec des médicaments”.”Partout dans le monde, des gens rêvent de venir en France. Mais je n’ai vu de la France que les hôpitaux, les salles d’opération, les kinés, les assistantes sociales. Je suis une morte-vivante”.”Quand je suis habillée, les gens qui me voient pensent que je vais bien alors qu’à l’intérieur, je suis brûlée”, a-t-elle expliqué. Et depuis quatre ans, elle est “habitée par la peur” que son ex-belle-famille vienne l’achever.Condamné à la perpétuité lors du premier procès en décembre 2024 devant les assises des Alpes-Maritimes, Nabil a toujours contesté les faits, assurant que sa femme était insatisfaite de leur mariage et qu’elle avait fait une tentative de suicide par immolation, alors qu’il était parti en voiture après la dispute.Mais son téléphone bornait dans le quartier au moment des faits et un expert a témoigné que les zones du corps touchées étaient incompatibles avec une auto-immolation. Le verdict est attendu vendredi.(*prénom d’emprunt)

Contrôle de France Télé: la Cour des comptes réaffirme son indépendance

La Cour des comptes, mise en cause par le député UDR Charles Alloncle au sujet de son récent rapport sur France Télévisions, a réaffirmé mardi son indépendance dans une rare mise au point, à la veille d’une audition clé à l’Assemblée nationale.La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci sera auditionnée mercredi par les députés de la commission d’enquête sur la “neutralité” et “le financement de l’audiovisuel public”.En septembre, un rapport de la Cour des comptes a mis en évidence une “situation financière critique” à France Télé, imposant “sans délai des réformes structurelles”. Le député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire, a auditionné jeudi dernier plusieurs magistrats à l’origine de ce rapport. Il a cherché à savoir si sa publication avait été retardée afin de permettre la reconduction de Delphine Ernotte Cunci pour un troisième mandat à la tête de France Télévisions en mai dernier.Les magistrats ont récusé cette idée assurant qu’il n’y avait pas eu de “décalage” dans le temps.M. Alloncle a aussi demandé à plusieurs reprises si le secrétaire général de France Télé avait pu demander par mail un tel report.”Après s’en être assurés, les quatre magistrats auditionnés affirment, de manière catégorique, ne pas avoir reçu un tel courriel”, répond la Cour des comptes dans un communiqué mardi. “L’équipe de contrôle n’a reçu aucune pression d’aucune sorte pour modifier le cours de son instruction” et “en tout état de cause, et contrairement à ce qui était insinué, la réception d’un tel courriel aurait été sans incidence”, poursuit la Cour.”Le renouvellement de la présidente de France Télévisions est intervenu alors que l’instruction du rapport n’en était qu’à un stade provisoire”, relève-t-elle.La Cour dénonce en outre un message sur le réseau social X du député Alloncle, mettant en cause directement le président de chambre auditionné. De “tels procédés” sont “de nature à jeter une suspicion sur l’impartialité de magistrats assermentés et sur l’indépendance de la Cour des comptes, qui est une valeur cardinale de l’institution”, conclut la Cour.

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Dermatose bovine: pas de vaccination générale à ce stade, mais des “réflexions”

Vaccination générale des bovins ou non? Le gouvernement, confronté à la colère d’éleveurs, a lancé mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une stratégie qui divise les acteurs de l’élevage.Cette maladie, apparue en juin en France et non transmissible à l’humain, est “sous contrôle en France (…), la stratégie de lutte a fait ses preuves”, assure-t-on au ministère.Mais cette stratégie, qui consiste à abattre tous les animaux des foyers concernés, déchaîne la colère d’éleveurs soutenus par les syndicats Coordination rurale (CR) et Confédération paysanne, qui la jugent “injuste et inefficace” et multiplient les actions pour s’y opposer.Réuni mardi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, un “Parlement de l’élevage”, rassemblant syndicats, vétérinaires, instituts de recherche…, “a été l’occasion de [lancer] les réflexions et les échanges sur les perspectives de vaccination en 2026”, selon le ministère.Ces “perspectives (…) sont encore en cours de réflexion”, a-t-on ajouté.”On a posé les termes du débat”, a dit Mme Genevard à l’AFP, en marge d’un autre rendez-vous: “il y a des pour, il y a des contre… il y aura certainement bientôt un autre comité parce que beaucoup ont dit qu’il fallait qu’on ait des évaluations des conséquences”, notamment commerciales.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Depuis le 29 juin, 108 foyers ont été détectés dans sept départements et quelque 3.000 bovins euthanasiés. Trois des cinq zones réglementées ne le sont plus, depuis le 22 octobre, le 5 novembre et le 30 novembre.Mais l’apparition récente de foyers dans des zones réglementées — où le transport de bovins est quasi-proscrit — “demeure préoccupante et résulte probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites”, assure le ministère, qui indique que les contrôles seront “renforcés”.- Questions pour l’export -Les opposants à ces mesures dénoncent des abattages systématiques inutiles, notamment des animaux vaccinés. La CR comme la Confédération paysanne réclament un plan vaccinal large.”La stratégie est de tuer des vaches. Nous, ce que l’on veut c’est de l’anticipation, ne pas avoir une épée de Damoclès en permanence” au-dessus de la tête. “La vaccination, on sait que ça fonctionne”, dans un périmètre à définir et accompagnée de restrictions de mouvements d’animaux, a dit à l’AFP, Stéphane Gallais, porte-parole de la Confédération, après la réunion.Mais “ce que j’ai senti, c’est qu’il n’y a pas une vraie volonté globale d’aller vers ça”, a-t-il estimé, précisant que son syndicat continuait ses actions partout en France.A l’inverse, d’autres redoutent qu’une vaccination générale remette en cause le “statut indemne” de la France, lui permettant d’exporter.En 2024, l’Hexagone, premier exportateur mondial d’animaux vivants, a envoyé à l’étranger près de 1,3 million de jeunes bovins, pour plus d’un milliard d’euros, selon les Douanes. Ils partent principalement en Italie, et en Espagne, pour être engraissés.Un accord avec Rome permet, depuis lundi, aux bovins vaccinés en zones touchées d’être expédiés vers l’Italie.Mais ce type d’accord s’accompagne de restrictions, souligne Patrick Benezit, président de la Fédération nationale bovine (association spécialisée de la FNSEA), notamment l’obligation vaccinale autour de l’élevage, ce qui peut bloquer les échanges sur plusieurs mois. “Et il faudra négocier pays par pays”, ajoute-t-il.”On a demandé à connaître toutes les conséquences (…) pour qu’on puisse se positionner”, souligne Laurent Saint-Affre, de la FNSEA, présent mardi.La “forte réticence” de la FNSEA concernant la vaccination “tient au risque d’effondrement des exportations et des prix”, a expliqué à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.”On sera peut-être obligés de le faire si la maladie est incontrôlable. Mais vacciner 15 millions d’animaux, c’est entre 30 et 40 semaines” avant d’avoir une couverture nationale et espérer “retrouver le statut indemne”, a-t-il souligné.Côté CR, Natacha Guillemet s’est dite “très fâchée”, déplorant “une décision pas courageuse” consistant à “ménager la chèvre et le chou”. Le risque pour l’export? “En France, on manque de bovins, revitalisons l’engraissement”, suggère-t-elle.Un nouveau “parlement de l’élevage”, “décisionnel” selon le ministère, aura lieu fin janvier.

Dermatose bovine: pas de vaccination générale à ce stade, mais des “réflexions”

Vaccination générale des bovins ou non? Le gouvernement, confronté à la colère d’éleveurs, a lancé mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une stratégie qui divise les acteurs de l’élevage.Cette maladie, apparue en juin en France et non transmissible à l’humain, est “sous contrôle en France (…), la stratégie de lutte a fait ses preuves”, assure-t-on au ministère.Mais cette stratégie, qui consiste à abattre tous les animaux des foyers concernés, déchaîne la colère d’éleveurs soutenus par les syndicats Coordination rurale (CR) et Confédération paysanne, qui la jugent “injuste et inefficace” et multiplient les actions pour s’y opposer.Réuni mardi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, un “Parlement de l’élevage”, rassemblant syndicats, vétérinaires, instituts de recherche…, “a été l’occasion de [lancer] les réflexions et les échanges sur les perspectives de vaccination en 2026”, selon le ministère.Ces “perspectives (…) sont encore en cours de réflexion”, a-t-on ajouté.”On a posé les termes du débat”, a dit Mme Genevard à l’AFP, en marge d’un autre rendez-vous: “il y a des pour, il y a des contre… il y aura certainement bientôt un autre comité parce que beaucoup ont dit qu’il fallait qu’on ait des évaluations des conséquences”, notamment commerciales.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Depuis le 29 juin, 108 foyers ont été détectés dans sept départements et quelque 3.000 bovins euthanasiés. Trois des cinq zones réglementées ne le sont plus, depuis le 22 octobre, le 5 novembre et le 30 novembre.Mais l’apparition récente de foyers dans des zones réglementées — où le transport de bovins est quasi-proscrit — “demeure préoccupante et résulte probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites”, assure le ministère, qui indique que les contrôles seront “renforcés”.- Questions pour l’export -Les opposants à ces mesures dénoncent des abattages systématiques inutiles, notamment des animaux vaccinés. La CR comme la Confédération paysanne réclament un plan vaccinal large.”La stratégie est de tuer des vaches. Nous, ce que l’on veut c’est de l’anticipation, ne pas avoir une épée de Damoclès en permanence” au-dessus de la tête. “La vaccination, on sait que ça fonctionne”, dans un périmètre à définir et accompagnée de restrictions de mouvements d’animaux, a dit à l’AFP, Stéphane Gallais, porte-parole de la Confédération, après la réunion.Mais “ce que j’ai senti, c’est qu’il n’y a pas une vraie volonté globale d’aller vers ça”, a-t-il estimé, précisant que son syndicat continuait ses actions partout en France.A l’inverse, d’autres redoutent qu’une vaccination générale remette en cause le “statut indemne” de la France, lui permettant d’exporter.En 2024, l’Hexagone, premier exportateur mondial d’animaux vivants, a envoyé à l’étranger près de 1,3 million de jeunes bovins, pour plus d’un milliard d’euros, selon les Douanes. Ils partent principalement en Italie, et en Espagne, pour être engraissés.Un accord avec Rome permet, depuis lundi, aux bovins vaccinés en zones touchées d’être expédiés vers l’Italie.Mais ce type d’accord s’accompagne de restrictions, souligne Patrick Benezit, président de la Fédération nationale bovine (association spécialisée de la FNSEA), notamment l’obligation vaccinale autour de l’élevage, ce qui peut bloquer les échanges sur plusieurs mois. “Et il faudra négocier pays par pays”, ajoute-t-il.”On a demandé à connaître toutes les conséquences (…) pour qu’on puisse se positionner”, souligne Laurent Saint-Affre, de la FNSEA, présent mardi.La “forte réticence” de la FNSEA concernant la vaccination “tient au risque d’effondrement des exportations et des prix”, a expliqué à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.”On sera peut-être obligés de le faire si la maladie est incontrôlable. Mais vacciner 15 millions d’animaux, c’est entre 30 et 40 semaines” avant d’avoir une couverture nationale et espérer “retrouver le statut indemne”, a-t-il souligné.Côté CR, Natacha Guillemet s’est dite “très fâchée”, déplorant “une décision pas courageuse” consistant à “ménager la chèvre et le chou”. Le risque pour l’export? “En France, on manque de bovins, revitalisons l’engraissement”, suggère-t-elle.Un nouveau “parlement de l’élevage”, “décisionnel” selon le ministère, aura lieu fin janvier.

Après le suicide de son fils de 15 ans, une mère dénonce le silence des plateformes numériques

Les réseaux sociaux savaient “qu’il n’allait pas bien”. Quinze mois après le suicide de son fils de 15 ans en Bretagne, une mère mène un combat pour que les responsabilités de ces plateformes soient établies dans le drame et pour rouvrir l’enquête.En septembre 2024, Clément, qui vient de rentrer en Seconde, se suicide en se jetant d’un pont qui enjambe une rivière entre le Finistère et le Morbihan.Selon sa mère, Emmanuelle Pouédras, les gendarmes classent rapidement l’enquête, sans mener d’investigations sur le téléphone de l’adolescent. Mais pour elle, “il y a un problème”, car cette mère se méfie du rôle potentiellement néfaste des smartphones, exigeant par exemple que les portables de ses deux garçons soient loin des chambres le soir et la nuit.Les mois passent, elle tente vainement de contacter les plateformes pour découvrir si son fils n’a pas été victime de cyberharcèlement. Elle finit par trouver dans une sauvegarde effectuée par son fils défunt “des traces de cyberharcèlement sur Whatsapp”, explique à l’AFP cette mère de famille de 55 ans, commerçante, qui habite à Lorient. Parmi les messages dénichés dans un groupe Whatsapp: “t’as fini ton suicide de merde?” reçu quelques heures avant la mort de Clément.De fil en aiguille, elle découvre que son fils adolescent avait un compte Snapchat, Discord, Instagram, TikTok, ce dernier “créé avec la tablette fournie par l’établissement” scolaire.- “Obstruction délibérée” -Elle contacte ces quatre plateformes pour avoir accès aux données et ainsi faire toute la lumière sur ce qui a pu pousser son fils à commettre le geste fatal.Mais elle n’obtient “que des réponses partielles” dans le meilleur des cas alors que “selon la CNIL, les plateformes doivent me donner accès à ces données”, assure-t-elle.Cyberharcelé sur la messagerie cryptée Whatsapp, filiale de Meta, Clément allait sur les réseaux sociaux et notamment sur TikTok “pour se divertir”, mais les algorithmes lui proposaient des vidéos liées au suicide qui ont “aggravé son mal-être”, l’entraînant “dans une spirale”, dénonce-t-elle. Contactée par l’AFP, la plateforme TikTok a assuré interdire “strictement les contenus montrant ou faisant la promotion du suicide ou de l’automutilation” et “supprimer 98% des contenus enfreignant ces règles avant même qu’ils ne soient signalés”.Les recherches incluant des mots tels que “suicide” sont redirigées vers “une page avec des ressources dédiées”, ajoute TikTok.Meta n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.Le 19 septembre, les parents de Clément ont déposé plainte au parquet de Quimper pour “provocation au suicide”, “mise en danger de la vie d’autrui”, “complicité de cyberharcèlement” et “non-assistance à personne en danger”.Dans la plainte que l’AFP a pu consulter, leur conseil, Me Pierre Debuisson, pointe “l’obstruction délibérée de ces plateformes” alors que “les réseaux sociaux sont le théâtre d’une déferlante (…) de multiples incitations au suicide, accessibles aux mineurs sans le moindre filtre protecteur”.Dans un entretien vidéo à l’AFP, l’avocat fustige “le comportement indécent” des plateformes numériques “qui répondent de façon tout à fait standardisée” et qui n’ont “que faire de la souffrance” des familles cherchant des explications. Sollicité par l’AFP, le parquet de Quimper n’a pas indiqué les suites données à la plainte.Début novembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête après le signalement d’un député pointant l’influence néfaste sur les jeunes de l’algorithme de la plateforme TikTok, qui rejette ces accusations. L’Australie va être le premier pays au monde à interdire aux moins de 16 ans, à partir du 10 décembre, l’accès à des plateformes et sites web parmi les plus populaires, notamment Facebook, Instagram, TikTok et YouTube.Emmanuelle Pouédras a indiqué à l’AFP avoir contacté lundi par écrit le président de la République, expliquant à Emmanuel Macron que son fils était “une victime de plus des réseaux sociaux”, se disant “désemparée” et demandant à le rencontrer. Mercredi à Saint-Malo, elle participera aux côtés d’autres lecteurs d’Ouest-France à une rencontre avec le président Macron sur le thème de “la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes”.

Air Antilles interdite de vols pour “défaillances très significatives” en matière de sécurité

La compagnie aérienne Air Antilles a été interdite de vols en raison de “défaillances très significatives” qui empêchent d'”assurer la sécurité de ses passagers”, a déclaré mardi la Direction générale de l’aviation civile à l’AFP.Le gendarme de la sécurité aérienne a “décidé de suspendre le certificat” d’Air Antilles, “avec effet au mardi 9 décembre 2025 à 00H00 (heure de Pointe-à-Pitre)”, 04H00 GMT, ce qui interdit à la compagnie d’assurer des vols.La suspension du certificat de transporteur aérien “entraîne automatiquement celle de la licence d’exploitation, interdisant également à Air Antilles de vendre des billets”, précise la DGAC. “La compagnie dispose d’un délai d’un mois pour mettre en œuvre des actions correctives susceptibles de permettre le rétablissement de son certificat de transporteur aérien”, selon la même source. La suspension du certificat est intervenue à la suite de l’audit de sécurité mené le 4 décembre qui “a révélé des défaillances très significatives dans les processus de sécurité de la compagnie”. “Compte tenu des dysfonctionnements de son système de management de la sécurité”, l’autorité a estimé que la compagnie n’était “plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels”, souligne la DGAC.Alors que les avions sont cloués au sol, les passagers devraient, dans la mesure du possible, être basculés sur Air Caraïbes, l’autre compagnie qui assure la liaison entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin.Air Antilles était avec Air Caraïbes le seul transporteur aérien à exploiter ces lignes régionales jusqu’à la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023.Elle a été relancée en juin 2024 avec l’appui de la collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire qui a investi environ 20 millions d’euros en invoquant la continuité territoriale dans cette petite île franco-néerlandaise.La compagnie, dont la licence arrivait à expiration le 30 septembre, avait annoncé le 1e octobre avoir obtenu un sursis de quatre mois jusqu’au 31 janvier 2026, alors que son avenir dépend encore de l’arrivée d’un nouvel investisseur.Air Antilles “espère pouvoir permettre une reprise rapide et durable des vols” après avoir récupéré son certificat de transport aérien, un agrément délivré par la direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC).La compagnie ne dessert que les îles françaises des Antilles (Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique). Elle a transporté plus de 100.000 passagers depuis le début de l’année.

Après le Louvre, le Château de Versailles augmente ses tarifs pour les non-Européens

Le Château de Versailles va augmenter de 3 euros son prix d’entrée pour les visiteurs extra-européens, une tarification différenciée voulue par le ministère de la Culture et déjà actée notamment au Louvre, a appris l’AFP mardi auprès de l’établissement.A partir du 14 janvier, les ressortissants hors Espace économique européen (EEE, qui comprend Union européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège) devront s’acquitter de 35 euros pour visiter le domaine de Louis XIV contre 32 actuellement, soit une hausse de 9,4%.Cette décision, actée le 27 novembre lors d’un conseil d’administration de l’établissement public gérant le Château de Versailles, devrait permettre de dégager 9,3 millions d’euros supplémentaires par an selon les projections fondées sur la fréquentation 2024.L’an dernier, le Château de Versailles a accueilli 8,4 millions de personnes, dont 83% d’étrangers. Représentant 15% de l’ensemble des visiteurs, les Américains forment le premier contingent d’étrangers devant la Chine et l’Italie, tous deux à 6%, selon le rapport annuel de l’établissement qui abrite également les jardins et les deux Trianon.Fin novembre, le musée du Louvre avait lui aussi décidé d’augmenter son billet d’entrée pour les résidents hors EEE, qui devront payer à partir du 14 janvier 32 euros contre 22 actuellement, soit une hausse de 45%.Cette tarification différenciée avait été annoncée fin janvier par la ministre de la Culture Rachida Dati et doit s’appliquer progressivement en 2026 à l’ensemble des opérateurs culturels les plus fréquentés par les publics extra-européens. “Ma position sur ce sujet est très claire : je souhaite que les visiteurs hors UE paient davantage leur billet d’entrée et que ce supplément aille financer la rénovation du patrimoine national”, avait déclaré la ministre au Figaro fin janvier, défendant une “vraie rupture” dans la politique tarifaire en France.”Les Français n’ont pas vocation à payer tout, tout seuls”, avait-elle précisé.Selon le ministère de la Culture, cette tarification différenciée doit générer au total “20 à 30 millions d’euros” de recettes supplémentaires par an et s’appliquera notamment l’an prochain aux visites de l’Opéra de Paris, à la Sainte-Chapelle ou au Château de Chambord.

Jugée pour avoir intoxiqué des parents juifs aux produits d’entretien, une nourrice nie les faits

Une nourrice, jugée pour avoir intoxiqué les parents des enfants d’une famille juive qu’elle gardait en janvier 2024, a nié les faits à l’ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Nanterre.La prévenue comparaît détenue pour administration de substances nuisibles ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours avec la circonstance aggravante d’antisémitisme. Elle est aussi poursuivie pour usage d’un document administratif falsifié, à savoir une fausse carte d’identité nationale belge.”Je n’ai jamais vu de produits ou de détergent chez Madame T.”, a assuré l’ex-nourrice devant le tribunal.Pendant sa garde à vue, la nourrice, une femme algérienne âgée de 40 ans à l’époque, avait initialement reconnu avoir introduit des produits d’entretien dans des bouteilles d’alcool et cosmétiques, selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, consultée par l’AFP. Interrogée sur ses motivations, elle avait alors répondu : “parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, j’aurais jamais dû travailler pour une Juive”.Son ancienne employeuse, mère de trois enfants de 2, 5 et 7 ans qu’elle gardait, avait porté plainte le 30 janvier 2024 au commissariat de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) après avoir remarqué qu’une bouteille de vin avait une odeur de produit ménager, qu’un jus de raisin sentait la javel et que son démaquillant lui brûlait les yeux.Les enquêteurs ont trouvé des traces de produit nettoyant, toxique pour les humains, à plusieurs endroits dans la maisonnée: dans des bouteilles de vin, d’alcool et de jus de raisin, dans un plat de pâtes cuisiné au whisky ainsi que dans un démaquillant.Le juge d’instruction avait retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme lors du renvoi du dossier devant le tribunal correctionnel, contrairement aux réquisitions du parquet.Un des avocats de la famille, Me Sacha Ghozlan, a évoqué avant l’audience un “antisémitisme d’atmosphère, dans l’intimité du cadre familial”.Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi témoignera pour la partie civile.L’Union des étudiants juifs de France (UEJF), SOS Racisme et la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) se sont constitués parties civiles.

Nobel event cancellation raises questions over Machado’s whereabouts

Nobel officials cancelled a press conference with Peace Prize laureate Maria Corina Machado in Oslo Tuesday, as it was unclear where the Venezuelan opposition leader was and whether she would collect her award in person.Machado was awarded the Nobel Peace Prize on October 10 for her efforts to bring democracy to Venezuela, challenging the iron-fisted …

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Mort à 83 ans de Iain Douglas-Hamilton, fondateur de Save the Elephants

Le défenseur britannique de l’environnement Iain Douglas-Hamilton, fondateur de l’ONG “Save the Elephants”, est mort à l’âge de 83 ans, a annoncé mardi son association caritative.L’association a indiqué dans un communiqué qu’il était décédé lundi soir à Nairobi, le qualifiant de “pionnier” dans la protection des éléphants, qui “a révolutionné notre compréhension (…) grâce à ses recherches novatrices”.Ce zoologiste écossais est né et a fait ses études au Royaume-Uni, mais a passé une grande partie de sa vie en Afrique, travaillant en Ouganda et en Tanzanie, avant de s’installer avec sa famille au Kenya.”Iain a changé l’avenir non seulement des éléphants, mais aussi d’un grand nombre de personnes à travers le monde. Son courage, sa détermination et sa rigueur ont inspiré tous ceux qu’il a rencontrés”, a déclaré Frank Pope, directeur de Save the Elephants.Douglas-Hamilton a commencé son travail de recherche sur les éléphants en Tanzanie, avant de se consacrer à la protection des pachydermes dans les années 1980, lors d’une crise liée au braconnage de l’ivoire.Son travail, qui consistait à documenter l’ampleur de la crise en utilisant pour la première fois la surveillance aérienne pour compter les grandes populations, a contribué à donner un élan à la campagne intergouvernementale visant à interdire le commerce mondial de l’ivoire en 1989.Ce travail n’était pas sans risque. Lui et sa femme s’asseyaient sur des gilets pare-balles dans leur petit avion pour éviter les balles des braconniers qui auraient pu les prendre pour cible.Il a fondé Save the Elephants en 1993 et a été l’un des premiers à introduire le suivi par GPS et les techniques de surveillance aérienne. Ces techniques sont désormais considérées comme la norme dans le domaine de la protection de la faune sauvage.Lui et sa femme, Oria, ont publié deux livres primés sur les éléphants. Il a été décoré de l’Ordre de l’Empire britannique en 1992, puis de celui de Commandeur de l’Empire britannique en 2015.