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La natalité devrait encore s’inscrire au plus bas en 2025

Toujours moins de bébés en France… De janvier à novembre 2025, le nombre de naissances quotidien moyen a reculé de 2,4% par rapport à la même période en 2024 et pourrait atteindre un nouveau point bas historique sur l’ensemble de l’année, selon des données de l’Insee publiées jeudi.Cette baisse des naissances sur onze mois s’observe dans toutes les régions du pays, sauf dans les Pays de la Loire, en Martinique, à la Réunion ainsi qu’à Mayotte, précise l’Institut national de la statistique. Un peu plus de 51.000 bébés ont vu le jour en novembre dernier, ce qui porte le nombre de nouveau-nés sur les onze premiers mois de 2025 à 590.000.Sur l’ensemble de l’année, le nombre de naissance devrait ainsi atteindre son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde guerre mondiale pour la quatrième année de suite.Ce nouveau repli s’inscrirait dans une tendance de long terme. En France, le nombre de naissances a diminué chaque année depuis 2011, à l’exception de celle de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.Cette tendance baissière s’explique principalement par un recul de la fécondité (nombre d’enfants par femme). L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’est établi à 1,62 enfant par femme en 2024, contre 1,66 en 2023.Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète du financement du système de protection sociale, en particulier des retraites. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.En parallèle, le nombre de décès augmente, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. De janvier à octobre 2025, leur nombre a progressé de 1,4% par rapport à la même période l’année précédente, selon les dernières données disponibles de l’Insee.Résultat, en 2025, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances sur une année civile, pour la première fois depuis 1944.Un solde naturel de population négatif “est de l’ordre du possible”, avait déjà indiqué l’Insee à l’AFP en juillet dernier.

Des tracteurs au coeur de Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée par les agriculteurs

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi pour porter au coeur de la capitale les revendications de leur profession en colère, certains s’installant en milieu de matinée devant l’Assemblée nationale où la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a été chahutée.”Mission accomplie”, s’est félicité Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.Yaël Braun-Pivet a pourtant été prise à partie au moment d’aller à la rencontre des agriculteurs rassemblés aux alentours du Palais Bourbon. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants, dans une ambiance hostile, esquivant invectives, appels à démission.Un échange est aussi prévu avec des membres de la commission des affaires économiques à 12H30, selon des parlementaires et des membres de la CR. Plus tôt, des responsables de la CR ont échangé avec des élus devant l’Arc de Triomphe, puis à l’Assemblée. Des tracteurs se sont aussi installés devant la Tour Eiffel avant l’aube, proclamant “NON AU MERCOSUR” sur des pancartes.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait le syndicat, habitué des opérations coup de poing, notamment contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest d’où sont partis de nombreux convois.”On n’a pas eu de réponse”, a déploré M. Venteau sur BFMTV, dénonçant un problème “français” de normes trop contraignantes et réitérant la proposition du syndicat, à la fois libéral et souverainiste, de supprimer les agences environnementales.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- Actions “illégales” -Le gouvernement “ne laissera pas faire” les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont “illégales”, a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur France info.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a elle joué l’apaisement, appelant au “calme” et au “dialogue” face à des revendications et inquiétudes “légitimes”, dans une déclaration à l’AFP.Les avancées obtenues à Bruxelles mercredi, sur les engrais ou encore les importations de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes, ne font toujours pas passer la pilule de l’accord avec le Mercosur. Mardi, la FNSEA, syndicat dominant mais plus en retrait des actions jeudi, avait dit attendre des annonces “concrètes” du Premier ministre dans la semaine.La France devrait voter vendredi à Bruxelles contre cet accord, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La préfecture de police avait interdit mercredi les manifestations autour de certaines zones sensibles notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau.- Blocages ailleurs en France -Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricoles de la CR, selon la préfecture.Une dizaine de blocages routiers ont été recensés, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Des tracteurs de la CR tentent de bloquer l’accès à Rodez dans l’Aveyron.Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales.Plusieurs dizaines de leurs adhérents des sections Ile-de-France se sont toutefois rassemblés avec des drapeaux jeudi matin devant la Tour Eiffel pour déposer une gerbe “aux agriculteurs français” entourées de fumigènes. sha-meh-alh-mdz-ved/bfi

Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité du fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a déclaré jeudi, au lendemain du placement en redressement, le candidat à la reprise, Timothée Durand, à l’issue d’une réunion à Bercy.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter des centaines de suppressions d’emplois.Ce placement était “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…)  pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand, qui souhaite “concentrer la production”.L’usine compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le grand public: “dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a indiqué M. Durand.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, a indiqué M. Durand.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés, le candidat à la reprise n’a pas donné de chiffres, donnant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.La poursuite de l’activité passera également par “plus de flexibilité”, a prévenu M. Durand, qui a rencontré dès mercredi les représentants du personnel pour esquisser avec eux “un nouveau pacte social”.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a indiqué M. Durand, membre d’une famille de propriétaires historiques d’Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu’en 2024.Ce projet “est sérieux”, a estimé le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qui a reçu jeudi matin M. Durand et les élus du territoire, assurant que “l’État sera(it) extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, qualifié de “signe d’espoir”.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État, le dernier il y a un an à peine.Le plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a indiqué le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.Il a notamment évoqué des discussions avec les élus du territoire, pour mobiliser des terrains susceptibles d’être “réindustrialisés par d’autres” entreprises que Arc.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs”, a souligné M. Durand, qui cite notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.

Le budget de l’Etat de retour à l’Assemblée, au bout du tunnel le 49.3?

Après une première lecture infructueuse, l’Assemblée a repris jeudi en commission l’examen du budget de l’Etat pour 2026, avec l’espoir partagé par le gouvernement et les parlementaires de trouver une issue rapide, quitte à en passer par l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.Le 19 décembre, une commission mixte partiaire – composée de sept députés et sept sénateurs – avait rapidement acté l’impossibilité pour les représentants des deux chambres de s’accorder sur une version du texte, rendant impossible l’adoption du budget avant le 31 décembre.Le gouvernement a donc dû recourir en fin d’année à une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025. Mettant en suspens notamment l’augmentation des crédits de défense, ou encore quelques mesures agricoles à l’heure où la profession manifeste sa colère.Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu’à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l’hémicycle, et théoriquement jusqu’au 23 janvier. En cas d’adoption du texte, il faudra encore, pour qu’elle soit définitive, que le Sénat l’approuve dans les mêmes termes, ou que l’Assemblée statue une troisième fois. Les députés repartiront de la version du Sénat.Le gouvernement souhaite quoi qu’il en soit aller vite, afin de doter la France d’un véritable budget d’ici la fin du mois, et de revenir en 2026 sous la barre des 5% de déficit, contre 5,4% en 2025. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a lui aussi estimé dans Libération mercredi qu’il était “temps (…) de sortir de cette séquence budgétaire”.- Montchalin “n’exclut rien” -Sur le plan de la méthode, l’utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus inéluctable, faute de majorité à l’Assemblée nationale.La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu’elle “n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français”, confirmant qu’il “y a des méthodes autres que le vote si le vote n’est pas possible”. Mais en l’absence d’accord politique, notamment avec les socialistes qui détiennent une partie des clés de la censure, “il n’y aura pas de budget”, a-t-elle rappelé.La voie des ordonnances, inédite, semble elle compromise, le PS y voyant la “pire des solutions”.La question du 49.3 a été agitée lors d’une réunion à Bercy mardi, qui a réuni pendant plus de quatre heures des représentants de la coalition gouvernementale, des indépendants de Liot et du PS autour des ministres Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Roland Lescure (Economie).Alors que Sébastien Lecornu s’est engagé auprès du PS en octobre à ne pas utiliser le 49.3, la balle est désormais dans son camp. Mais il “devra donner des motifs de ne pas être censuré”, a prévenu M. Vallaud dans Libération.- Plus de 2.000 amendements -Quels pourraient être les termes d’un pacte de non-censure? Ils sont pour l’heure difficiles à cerner. Le rapporteur général du budget LR Philippe Juvin propose dans un document révélé par Les Echos et consulté par l’AFP une hausse des recettes de 2,93 milliards par rapport à la version du Sénat et une baisse des dépenses de 6,2 milliards.Bien éloigné du PS, qui souhaite, lui, augmenter les dépenses de neuf milliards d’euros, par rapport à la version initiale du gouvernement.L’examen en commission devrait en tout donner lieu de nouveau à des débats enflammés, avec plus de 2.000 amendements déposés.Que ce soit sur le barème de l’impôt sur le revenu – dont les députés LR exigent le dégel total, contrairement aux sénateurs LR; la surtaxe sur les bénéfices des entreprises – le PS en espère 8 milliards d’euros, LR au maximum 4; ou côté dépenses, sur la réduction des effectifs d’enseignants souhaitée par le gouvernement et que rejettent les socialistes.Avec de fortes chances selon plusieurs parlementaires d’aboutir au même résultat qu’en première lecture: la commission avait rejeté la partie recettes comme la partie dépenses du budget.

Alcool: un coût massif pour la société et un carburant des violences faites aux femmes

Si le Dry January incite les Français à moins boire pour leur santé, le coût massif de l’alcool pour la société et son rôle dans les violences commises par les hommes doivent faire l’objet de politiques publiques plus volontaristes, disent des experts.”L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus”, déclare à l’AFP le Dr Emmanuel Ricard, président de la Ligue contre le cancer. “Première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de violences, d’altercations, de bagarres, de violences conjugales et sexuelles, d’accidents de la route”, énumère ce médecin de santé publique.Si la consommation quotidienne diminue en France, le coût global de l’alcool pour la société demeure majeur: il est de 102 milliards d’euros par an, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.Cela englobe le coût direct pour les finances publiques (soins, répression, prévention…) et le coût “externe” (perte de vies humaines, de qualité de vie pour les malades, de productivité pour les entreprises…) dont on déduit les recettes des taxes sur l’alcool et l’économie sur les retraites non versées aux personnes mortes prématurément.”L’alcool coûte extrêmement cher à la société, il faut en avoir conscience”, abonde l’historienne Lucile Peytavin, qui a passé les statistiques au crible pour son livre “Le coût de la virilité” (Michel Lafon).Fin décembre, l’OMS a imputé à l’alcool, qui “altère le jugement et la maîtrise de soi, ralentit les temps de réaction, réduit la coordination et favorise les comportements à risque”, 800.000 morts par an en Europe, soit “un décès sur trois dus à des traumatismes et des actes de violence”. C’est un “facteur de risque majeur” de violences intra-familiales que subissent femmes et enfants, a-t-elle souligné.Plaidant pour des politiques publiques plus volontaristes, la chercheuse Leane Ramsoomar l’affirmait elle aussi le mois dernier dans The Conversation, au vu d’une étude mondiale publiée par l’institut RTI International: “la consommation d’alcool chez les hommes nuit aux femmes et aux enfants”.- “Chialer comme une gonzesse” -“On parle beaucoup du GHB dans la soumission chimique, mais l’alcool est la première molécule utilisée”, constate le Dr Ricard.”Les agresseurs font boire les femmes pour pouvoir abuser d’elles, et parce qu’ensuite elles vont culpabiliser, se dire que c’était de leur faute, alors que c’est le contraire: l’alcool est une circonstance aggravante”, rappelle le Dr Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.Pour un Français sur quatre, si une victime d’agression sexuelle était alcoolisée, il ne s’agit pas d’un viol (enquête Ipsos, 2022).Pointant un angle mort des politiques de santé, cinq associations d’addictologie ont écrit “Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool” et réclamé la fixation d’un “prix minimum par unité d’alcool” – une mesure prise par l’Ecosse et l’Irlande, plébiscitée par les associations mais rejetée au Sénat cet automne -, ainsi qu’un “contrôle de la publicité”, dans une lettre ouverte en octobre 2019.Constatant que les hommes sont “surreprésentés dans les comportements asociaux et d’addiction dans lesquels l’alcool intervient”, dont 99% des viols et 97% des agressions sexuelles, Lucile Peytavin a chiffré à 95,2 milliards d’euros le coût annuel des violences masculines (sanctions judiciaires, conséquences pour les victimes…), soit le coût évitable pour la société… si la criminalité des hommes était au niveau de celle des femmes. Réédité à l’automne, son livre pointe “l’éléphant au milieu de la pièce”, dit-elle. “Les femmes ne se comportent pas ainsi: si on peut donner cette éducation à 50% de la population, on peut le faire pour les 50% restants”.Pour l’historienne, il faut interroger l'”éducation à la virilité” des garçons auxquels “on inculque des comportements de domination qui s’expriment avec la désinhibition liée à l’alcool”. “On leur apprend tout petits à se couper de leurs émotions, de leur vulnérabilité, ce qui les prive de capacités d’adaptation: comment ensuite affronter les deuils, les difficultés ?”, demande l’auteure de “Tu vas pas chialer comme une gonzesse !” (La Meute).”Plutôt que d’être méprisé, tout ce qu’on considère comme féminin, l’empathie, la communication, la douceur… devrait être un modèle pour une société plus riche, plus apaisée”, dit Lucile Peytavin. “C’est statistique: il y aurait moins de victimes”.

Des tracteurs de la Coordination rurale ont rejoint la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs membres du syndicat Coordination rurale sont entrés dans Paris jeudi avant l’aube et certains ont gagné la tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, afin de porter les revendications d’une profession en colère.”Mission accomplie”, s’est félicité sur Europe 1 Bertrand Venteau, président du deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.”Mais aussi une forte pensée à tous ceux qui se sont fait arrêter par les forces de police qui aujourd’hui sont parqués dans le froid (…) et des tracteurs qui sont mis en fourrière”, a-t-il ajouté, sans plus de précisions.Selon le ministère de l’Intérieur à l’AFP, une centaine de tracteurs sont dans Paris “mais la plupart sont bloqués aux portes de la capitale”.Un appel à manifester devant l’Assemblée nationale à 10H00 a été lancé par la CR.Bertrand Venteau avait précédemment affirmé que la CR entendait porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Un arrêté de la préfecture de police mercredi soir avait interdit l’accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.D’après un journaliste de l’AFP, une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs (une dizaine) garés tout près.Sur la pelle d’un tracteur, il est inscrit “CR 33 NON AU MERCOSUR”.Selon Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33, les agriculteurs sont arrivés vers 03H30-04H00 près de la Dame de fer. “On a mis 40 minutes à arriver, on n’a pas trouvé de gendarmes sur notre route”, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Sous l’Arc de Triomphe à 06H00, une quinzaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre étaient immobilisés, a constaté un journaliste de l’AFP.”France! Veux-tu encore de tes paysans”, peut-on lire sur la pelle de l’un de ces tracteurs. “On avait dit qu’on monterait à Paris, on y arrive”, a ajouté Ludovic Ducloux.La CR entend protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricole de la Coordination rurale, a indiqué jeudi matin la préfecture.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propices à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025 ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.nal-mdz-ved-sha-meh/jbo/bfi

Assurance chômage: le patronat veut négocier bien au-delà des ruptures conventionnelles et contrats courts

Le patronat a exprimé, lors de la réunion des partenaires sociaux mercredi pour lancer la négociation sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, la volonté de négocier sur l’assurance chômage bien au-delà de ces sujets, braquant les syndicats.Après un faux départ en décembre, lié à l’absence de l’U2P mais surtout du Medef, accusé par certains participants de “bouder” en raison de divergences budgétaires avec le gouvernement, toutes les organisations syndicales et patronales représentatives se sont retrouvées mercredi au siège de l’Unédic à Paris.Le gouvernement leur a donné pour objectif de trouver 400 millions d’euros d’économies sur les ruptures conventionnelles. Les syndicats souhaitent, eux, également négocier sur les contrats courts, le dispositif actuel de bonus-malus qui leur est appliqué ne satisfaisant ni syndicats ni patronat.Mais, a expliqué le négociateur du Medef Hubert Mongon à l’issue de l’après-midi, le Medef souhaite mettre sur la table des sujets bien plus vastes, comme les conditions d’entrée et règles d’indemnisation de l’assurance chômage et ses régimes spécifiques.- “Hors sujet” -Le patronat a fait le choix de “bordéliser” la discussion, s’est indigné le négociateur de la CGT Denis Gravouil, disant ne pas avoir l’intention d’ouvrir la discussion sur tous ces sujets après le “saccage” déjà connu ces dernières années des droits des chômeurs. La CFDT a trouvé la patronat “plutôt hors sujet sur quasiment tout le temps de la séance”, selon son secrétaire national Olivier Guivarch. “Je me demande sérieusement quel jeu joue le patronat”, s’est interrogé Michel Beaugas de FO, envisageant qu’il souhaite une absence d’accord pour que le gouvernement reprenne la main.Une partie des organisations syndicales et patronales représentatives se sont toutefois mises d’accord pour, avant toute chose, adresser dès jeudi un courrier au ministre du Travail pour exiger qu’il retire la lettre de cadrage sur l’assurance chômage envoyée en août par François Bayrou, alors Premier ministre, et qu’il agrée l’avenant sur les bonus-malus pour les contrats courts finalisé en juillet dernier.Cette lettre de cadrage demandait aux partenaires sociaux d’économiser de 2 à 2,5 milliards d’euros par an sur l’assurance chômage entre 2026 et 2029, puis 4 milliards à partir de 2030.Les principales règles de la dernière réforme, datant de novembre 2024, étaient pourtant entrées en vigueur en avril 2025, en théorie pour quatre ans. Ces dernières années, les règles d’indemnisation de l’assurance chômage ont été durcies à plusieurs reprises.Après le remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu, l’exécutif avait finalement recentré sa demande d’ouverture de négociations sur les ruptures conventionnelles et fixé 400 millions d’économies comme objectif et fin janvier comme échéance. Le patronat avait surenchéri en disant souhaiter économiser un milliard.”Si cette négociation ne devait pas aboutir dans ces délais, au regard du contexte dégradé des finances publiques, le gouvernement serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités”, avertissait fin novembre le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Le calendrier établi mercredi par les partenaires sociaux fixe la conclusion de la négociation sur les ruptures conventionnelles – et peut-être plus largement l’assurance chômage – au 25 février et de celles sur les contrats courts au 19 mars.Le régime de l’assurance chômage est piloté par l’Unédic, un organisme paritaire, mais depuis 2018 le gouvernement fixe des objectifs à la négociation dans une lettre de cadrage et, faute d’accord, l’État fixe les règles par décret.Le gouvernement dénonce ces derniers mois les “abus” auquel le dispositif des ruptures conventionnelles — créé en 2008 et qui permet à un salarié et un employeur de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage — donnerait lieu.D’après l’Unédic, en 2024, les dépenses d’allocations chômage liées à ces ruptures ont atteint 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total.Quant au bonus-malus sur les contrats courts, un dispositif qui ne joue qu’un “rôle limité” dans le recours aux contrats courts selon une étude de l’Unédic, le patronat souhaite le voir disparaître. L’avenant signé en juillet (sauf par la CGT et la CFE-CGC) réduisait sa portée.

Tempête Goretti: la Manche en vigilance rouge vent pour la nuit de jeudi à vendredi

Météo-France a annoncé placer la Manche en vigilance rouge vent dans la nuit de jeudi à vendredi en raison du passage de la tempête Goretti, qui entraînera des rafales atteignant 160 km/h sur le littoral.Niveau d’alerte le plus élevé, la vigilance rouge correspond aux phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle, susceptibles de provoquer des dégâts importants avec des perturbations majeures et durables des fournitures de courant, des communications ou des transports.En plus de cette mesure appliquée de 21H00 à 03H00, 29 départements du nord-ouest incluant ceux de l’Ile-de-France entreront progressivement en vigilance orange à partir de 16H00, précise le prévisionniste dans son dernier bulletin.Le Calvados, la Seine-Maritime et la Somme seront en outre en vigilance orange vagues-submersion vendredi matin.La tempête Goretti va suivre, selon l’organisme, “une trajectoire un peu plus sud qu’envisagé hier, occasionnant donc des vents tempétueux sur une large partie nord-ouest du pays”.Dans la Manche, des rafales sont prévues jusqu’à 150 à 160 km/h sur la côte et 130 à 140 km/h dans l’intérieur.”Sur les départements en vigilance orange, les rafales attendues sont de l’ordre de 100 à 120 km/h dans l’intérieur des terres, et jusqu’à 130-140 km/h sur le littoral”, est-il ajouté.En région parisienne, “les rafales attendues sont de l’ordre de 90 à 100 km/h pour un épisode qui s’annonce durable, ces rafales pouvant se produire durant plusieurs heures”, précise l’organisme.Avant de frapper les côtes française, Goretti va traverser jeudi le Royaume-Uni, où les services météorologiques ont décrété des vigilances oranges vent pour la pointe sud-ouest en fin d’après-midi, avec des rafales pouvant atteindre localement 145 km/h, et neige dans le centre de l’Angleterre et le Pays-de-Galles, avec des chutes jusqu’à 30 cm attendues en certains endroits.Concernant l’épisode neigeux qui a perturbé une grande partie de la France depuis lundi, Météo-France ne maintient plus que trois départements en vigilance orange neige-verglas jeudi: le Vaucluse jusqu’à 10H00 ainsi que la Savoie et la Haute-Savoie jusqu’à 18H00.Dans les Alpes du Nord, l’organisme attend 10 à 20 cm en vallées intérieures.

Les tracteurs de la Coordination rurale tentent de gagner Paris “coûte que coûte”

Faisant fi des intempéries, des interdictions préfectorales ou des derniers gestes gouvernementaux, les convois de tracteurs de la Coordination rurale tentent de rejoindre “coûte que coûte” le centre de Paris jeudi pour manifester la colère du monde agricole.”On viendra coûte que coûte crier nos revendications”, a déclaré à l’AFP Eloi Nespoulous, président de la Coordination rurale (CR) d’Occitanie, à la tête d’un cortège de 40 tracteurs.Le président du deuxième syndicat agricole, coutumier des actions musclées, Bertrand Venteau, entend porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Selon un porte-parole de la CR, “plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de tracteurs” se trouvaient mercredi soir aux portes de Paris, tandis que les forces de l’ordre recensaient à la mi-journée au moins une centaine de tracteurs positionnés dans des départements aux alentours, en Seine-et-Marne, Essonne et Eure-et-Loir, selon une source policière.De fait, les tracteurs pourront s’élancer dans Paris, mais contrairement à ce que souhaitait la CR, en dehors des secteurs sensibles des lieux de pouvoir (Elysée, Matignon, Parlement, ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique), et des périmètres de l’Anses, de l’Inrae et du marché de Rungis, selon un arrêté de la Préfecture de police de Paris.Des heurts et interpellations ont émaillé certains déplacements, mais sans les arrêter.Le but pour la CR est de protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Une région aussi emblématique des difficultés qui pèsent sur les agriculteurs: précarité, changement climatique, surproduction de vin… La CR y a mené des actions d’ampleur mercredi autour de Toulouse.En Gironde, vers 22H00, des manifestants de la Coordination rurale occupaient les abords d’un dépôt pétrolier, à Bassens, au moyen d'”une quarantaine d’engins agricoles, camions et véhicules légers”, a annoncé le préfet du département dans un communiqué sur X.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propice à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025, ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, en début de semaine et sans grands déplacements, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Des actions locales, à l’initiative de la FNSEA mais aussi de ses adversaires de la Confédération paysanne, auront aussi lieu jeudi.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre Sébastien Lecornu leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.”Ce ne sont pas des avancées, on repousse des choses”, s’est désolé mercredi soir Edouard Legras, vice-président de la CR sur RTL.

Macron réunit les chefs de parti pour évoquer les garanties de sécurité à l’Ukraine

Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les chefs des partis politiques pour leur présenter les “garanties de sécurité” promises par les Européens à Kiev, et notamment par la France, qui pourrait déployer “plusieurs milliers” de soldats en Ukraine en cas de cessez-le-feu avec la Russie.Cette réunion à huis clos a lieu deux jours après le sommet de la “coalition des volontaires” organisé mardi à Paris, où ces pays alliés de Kiev, essentiellement européens, se sont engagés à déployer une force multinationale en Ukraine après un éventuel accord avec Moscou.Des émissaires de Donald Trump ont, eux, promis un “soutien” des Etats-Unis à cette force, tandis que Washington serait à la tête d’un mécanisme de surveillance d’un cessez-le-feu – encore très hypothétique.A 17H00, le chef de l’Etat doit faire un point de la situation aux présidents du Sénat et de l’Assemblée, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, aux chefs des partis représentés au Parlement et à ceux des groupes parlementaires. Les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères des deux chambres ont aussi été conviés.Emmanuel Macron a d’ores et déjà annoncé mardi que Paris pourrait déployer en Ukraine “plusieurs milliers d’hommes” pour la force multinationale promise, le jour “d’après la paix”.Selon son entourage, le président de la République devrait fournir des précisions sur la contribution française envisagée.La question d’un vote du Parlement, le moment venu, pourrait se poser. Au Royaume-Uni et en Allemagne, le principe d’un tel feu vert parlementaire à toute contribution militaire a déjà été acté par l’exécutif.”Ce ne sont pas des forces qu’on engage au combat”, mais “une force de réassurance”, a souligné mardi Emmanuel Macron.En effet, le cessez-le-feu sur la ligne de front ne serait pas surveillé par ces hommes, mais par des drones et satellites. La force européenne serait elle dépêchée dans le pays en guise de dissuasion, même si sa réaction face à une éventuelle nouvelle attaque russe reste à déterminer.Les partis politiques devraient tous se rendre à l’invitation du chef de l’Etat, y compris ceux qui ont exprimé par le passé des réserves voire une franche hostilité sur l’envoi de troupes françaises, comme La France insoumise et le Rassemblement national.Les oppositions devraient en profiter pour interroger le président sur d’autres sujets internationaux.La cheffe des députés LFI Mathilde Panot a ainsi confirmé mardi sur BFMTV/RMC qu’elle s’y rendrait, “notamment pour rappeler l’importance du droit international et la honte que nous a fait Emmanuel Macron en ne faisant pas respecter le multilatéralisme de l’ONU”.La gauche lui reproche son attitude face à la capture par Washington du président vénézuélien Nicolas Maduro, qu’Emmanuel Macron n’a pas condamnée ni même critiquée dans sa première réaction.Les Insoumis entendent aussi évoquer la position de la France sur l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, à la veille d’un vote crucial à Bruxelles. Les agriculteurs et la quasi-totalité de la classe politique française s’y opposent.