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En RDC, des communautés s’unissent face à la ruée sur leurs forêts

Les chants allègres des travailleurs du village de Romée résonnent encore sous les voûtes de leur cathédrale sylvestre aux piliers à la sève rouge sang. En RDC, les communautés tentent de faire face à la prédation de leurs forêts et à l’anarchie foncière qui engendrent parfois des conflits meurtriers.Les quelque 150 millions d’hectares de forêts …

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Pesticides: deux études alertent sur leur impact “sur l’ensemble du vivant”

Santé dégradée pour les perdrix, davantage de parasites sanguins pour les passereaux: deux études récentes “interrogent sur l’impact de l’usage des pesticides sur l’ensemble du vivant”, selon les chercheurs d’un immense laboratoire à ciel ouvert des Deux-Sèvres.Dans cette vaste plaine de 450 km2 au sud de Niort, qui comprend 24 communes et 435 exploitations agricoles, …

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Crash électrique pour Stellantis, qui annonce la deuxième plus lourde perte pour un groupe français

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français.Cette énorme perte du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui traduisent un plan de réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes initiales, et de relance de modèles à essence et diesel.Une décision prise à la suite des difficultés des modèles électriques aux Etats-Unis, marché clé pour Stellantis, où ce segment recule faute de soutien de l’administration Trump.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé aux commandes en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux Etats-Unis.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries. La perte comptable de Stellantis est la deuxième plus importante jamais annoncée par un groupe français, derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d’euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont eux aussi passé de très lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan la lenteur des ventes de voitures électriques aux Etats-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires du groupe italo-franco-américain a baissé de 2%, à 153,5 milliards, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules.Les recettes ont pâti d’une politique de baisse des prix, un tournant après la stratégie de prix élevés de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10%, avec 2,8 millions de véhicules vendus, grâce à un rebond de 39% aux Etats-Unis.Pour 2026, il a confirmé ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux Etats-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux Etats-Unis ont impacté les comptes de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026. Estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider les taxes douanières du président Donald Trump.Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans l’électrique en annonçant la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première “gigafactory” de batteries pour voitures électriques du Canada, et une prochaine sortie de sa coentreprise avec Samsung, qui construit deux giga-usines de batteries aux Etats-Unis. L’annonce des charges début février avait fait chuter de 24% le cours de l’action Stellantis, mais celle-ci n’a quasiment pas bougé jeudi matin, signe que les marchés avaient anticipé ces résultats.Même s’ils jugeaient nécessaire un tournant stratégique au vu des difficultés du groupe, les analystes restent mitigés sur son choix de fortement ralentir dans l’électrique.La vente des voitures tout-électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux Etats-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. Un niveau insuffisant pour Stellantis qui, en 2022, annonçait vouloir vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux Etats-Unis en 2030. 

Le sanglier sur le ballast, “bête noire” de la SNCF

Le long des voies de la ligne Rouen-Caen, en pleine forêt normande, des balises sonores et lumineuses diffusent tous les 50 mètres des “bruits de forêt” – claquement sec, froissement d’ailes, craquements de branche –  avant chaque passage de train, pour prévenir les animaux: il faut s’éloigner des rails.Et ça marche. Depuis l’installation de ces avertisseurs “Safe”, la SNCF a “réduit les collisions de trains avec les sangliers et la faune sauvage de quasi 100%” sur cette portion de voie, explique Frédéric Cochepain, chef du projet.Le son se déplace à la vitesse du train. Les animaux sont alertés quelques secondes avant le passage de la rame.Grâce à un radar, une balise détectrice plantée le long des rails calcule la vitesse du convoi à l’approche. L’information est transmise à une balise émettrice alimentée par énergie solaire. Celle-ci déclenche un haut-parleur et répercute l’alerte sonore à la borne suivante. Et ainsi de suite.Safe a été créé par la SNCF avec une société spécialisée dans la signalétique et une jeune chercheuse en thèse de doctorat qui a élaboré les “bruits de forêt” susceptibles d’avertir les animaux.”Le but est de leur faire relever la tête”, explique à l’AFP Maxime Gombart, référent national faune à SNCF Réseau, la filiale qui entretient les 28.000 kilomètres de voies ferrées en France.- Zone de collision -“Les collisions arrivent souvent à tombée de nuit, l’heure où les animaux sortent s’abreuver ou s’alimenter”, explique-t-il, et surtout en automne ou en hiver car ils sortent au moment des heures de pointe des trains, en fin de journée.Ils ne voient pas ou n’entendent pas les trains, “de plus en plus silencieux” et rapides, souligne M. Gombart. Ce matin-là, de part et d’autre du ballast – la couche de cailloux disposée sous et autour des rails – des empreintes de pattes sont imprimées dans la terre noire et grasse de lisière forestière.Un sanglier a traversé la voie, une biche a remonté le talus en sautant: Maxime Gobart sait lire la forêt. Safe a été installé là car c’est une zone de passage et de collision. “On était à 10 heurts de sangliers par an” sur ces 5,5 km, souligne M. Cochepain. Plus aucun depuis l’installation du système.Avec l’augmentation du nombre de sangliers, les collisions sont devenues un tel problème pour la SNCF qu’elle a élaboré en 2024 son premier “plan faune”, avec “régulateurs” humains et avertisseurs balises.Car tout arrêt de train – quinze par jour en moyenne en France liés aux sangliers – génère des retards en chaîne et des pertes financières, souligne Valérie Lallemand, directrice du programme végétation-faune de la SNCF.A chaque collision, le conducteur doit vérifier son train, surtout le châssis du dessous. Un train croiseur est ensuite envoyé à 30 km/heure pour nettoyer les voies.- “La bête noire” -En 2025, la SNCF a comptabilisé 1.400 heurts entre trains et sangliers, 27% de plus qu’en 2024. “C’est la bête noire, l’animal qui nous cause le plus de dégâts”, dit Maxime Gombart. Un problème dans toute l’Europe.Sans être classé nuisible, le sanglier est chassable en raison des dommages qu’il cause dans les champs agricoles. Près de 900.000 sangliers ont été abattus en 2025, contre 100.000 dans les années 1990, indique Eric Baubet, de l’Office français de la biodiversité (OFB). Il estime la population de sangliers “entre 1,5 et 2 millions d’individus” en France.”Nous travaillons avec les autorités” et les fédérations de chasseurs, dit M. Gombart. Parfois des battues sont organisées. Il n’y a “pas de solution unique, c’est du cas par cas”, et le mieux, c’est d’inciter les animaux à ne pas pénétrer sur les voies.Plus loin sur la ligne Rouen-Caen, à Beaumont-le-Roger, d’autres dispositifs permettent aux sangliers de s’échapper à temps des voies. La SNCF en installe aussi sur son réseau TGV, grillagé et théoriquement protégé des intrusions.  Outre la Seine-Maritime, la SNCF a placé deux effaroucheurs Safe en Pays de Loire sur la ligne Angers-Le Mans, et un en Alsace. Coût: 350.000 euros l’unité. Il pourrait baisser si le système s’industrialise, estime la compagnie qui compte sur l’aide financière des régions pour le déployer.

Cuba kills four on US-registered speedboat trying to ‘infiltrate’

Cuba said it thwarted gunmen trying to infiltrate from the United States as its coastguard opened fire Wednesday at a Florida-registered speedboat near its shores, killing four people and wounding six.The clash was a new source of tension with Washington as the communist-ruled nation endures intense US pressure following the capture of Venezuelan leader Nicolas …

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Alerte enlèvement, 20 ans d’un dispositif exceptionnel pour protéger les enfants

“Une caisse de résonance qui permet de toucher à peu près tout le monde”: vingt ans après sa création, le dispositif “alerte enlèvement” a permis à 38 enfants d’être retrouvés vivants grâce à une mobilisation massive et strictement encadrée.”Vous n’avez pas vu le modèle ou la plaque (minéralogique) ? Il est seul le père ? C’était le seul accompagnant du petit ?”. Dans une salle de crise de la direction nationale de la police judiciaire à Nanterre, les questions fusent au rythme des appels.Au milieu de l’effervescence, huit enquêteurs, casques vissés sur les oreilles, ont les yeux rivés sur leurs écrans dans l’attente de témoignages décisifs pour retrouver le petit Mezzo, “âgé de 5 ans, 1 mètre environ, corpulence normale, cheveux châtain, yeux marrons vêtu d’un short et d’un tee-shirt bleu”, enlevé dans “la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 février 2026″.S’il ne s’agit-là que d’une simulation en conditions réelles à laquelle a pu assister l’AFP, l’impératif reste le même: agir vite et avec méthode.”Le maître-mot, c’est l’écoute” pour pouvoir poser les bonnes questions et obtenir des éléments supplémentaires, explique la commissaire de police Charlotte Sawicki, adjointe au chef de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP).Adopté en France en février 2006, l'”alerte enlèvement” est un dispositif d’alerte “massive et immédiate” engagé pour aider à la recherche d’enfants présumés enlevés, et inspiré du plan américain “Amber Alert” créé après l’enlèvement et l’assassinat de la petite Amber Hagerman au Texas en 1996.- Critères stricts -Le déclenchement appartient au procureur de la République et répond à quatre critères stricts: la victime doit être un mineur, l’enlèvement avéré, il doit y avoir un risque établi pour sa vie ou son intégrité et des éléments d’identification “précis” disponibles.Une fois lancée, l’alerte est envoyée à plus d’une soixantaine d’annonceurs et partenaires (médias, sociétés d’autoroute, SNCF…), qui diffusent le message toutes les 15 minutes pendant au moins trois heures renouvelables.Le dispositif “a modifié en profondeur dans le temps de l’urgence la gestion de certaines enquêtes”, selon Laurent Dumaine, procureur d’Avesnes-sur-Helpe (Nord), à l’origine d’une alerte en janvier 2025 qui a permis de retrouver deux frères enlevés par leur père.Au-delà des témoignages recueillis via un numéro dédié, la diffusion massive exerce aussi une pression sur les ravisseurs. “Dans mon cas, la mise en place des messages ont conduit le père, qui avait trouvé refuge chez un tiers, à sortir”, se rappelle M. Dumaine. Selon le ministère de la Justice, dans plus de la moitié des cas, l’auteur est un parent de l’enfant.Une fois l’enfant retrouvé, le plan est arrêté et les photos sont retirées pour préserver son droit à l’oubli. La Chancellerie peut aussi lever le dispositif à tout moment, selon l’avancée de l’enquête.Les autorités insistent sur la nécessité de maintenir un usage rare pour préserver son efficacité.”Il en va de l’intérêt même du dispositif”, appuie Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, chargée de valider le déclenchement. Si l’alerte se banalise ou dure trop longtemps, “l’attention diminue”, ça doit rester “très exceptionnel”, rappelle Mme Peyrefitte.- Résistance -Aujourd’hui largement saluée, l’alerte enlèvement n’a pas immédiatement fait consensus.”J’étais convaincu d’avoir trouvé une bonne solution”, se souvient auprès de l’AFP Nicole Guedj, ancienne secrétaire d’État aux Droits des victimes, à l’origine de la création du dispositif. “Mais on redoutait les témoignages intempestifs qui compromettent les recherches, ou encore que la pression mise sur les ravisseurs pouvait les pousser à passer à l’acte”.”Il aura fallu qu’une petite fille soit enlevée (en Maine-et-Loire, NDLR)”, raconte Mme Guedj, “pour qu’une procureure s’inspire d’un dispositif ressemblant à l’alerte enlèvement (…) et que l’enfant soit retrouvée”, atténuant ainsi les réticences.En 20 ans, 37 alertes ont été déclenchées. La dernière l’a été samedi, après l’enlèvement en Seine-Saint-Denis par leurs parents de trois enfants, dont un nourrisson de six semaines souffrant d’une cardiopathie retrouvé vivant quelques heures plus tard dans un hôpital de Lille, où il avait été déposé. Les recherches se poursuivent pour retrouver son frère et sa soeur.”On peut dire que (le plan) tient toutes ses promesses”, se félicite Laureline Peyrefitte. “On estime à 16 les alertes qui ont été décisives dans la découverte de l’enfant, et onze celles qui ont contribué” à le retrouver.

Procès d’une Iranienne à Paris: décision jeudi, le sort des Français Kohler et Paris en suspens

La justice française doit rendre sa décision jeudi dans le procès pour apologie du terrorisme de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, possible monnaie d’échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris assignés à l’ambassade de France en Iran.Quatre ans de prison dont trois avec sursis avaient été requis lors de l’audience du 16 janvier, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Elément important: la procureure avait estimé qu’il n’était pas nécessaire de la réincarcérer, l’accusée ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire.L’issue de ce procès est attendue avec fébrilité par les proches de Cécile Kohler et Jacques Paris, dans un contexte de haute tension en Iran, secoué par de récentes contestations réprimées dans le sang et menacé d’une intervention militaire américaine.Les autorités iraniennes ont émis le souhait d’échanger, une fois la procédure judiciaire close en France, leur ressortissante contre les deux Français. Ces derniers avaient été incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés à de lourdes peines notamment pour espionnage, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le territoire iranien. Agée de 39 ans, Mahdieh Esfandiari, née en Iran et arrivée en France en 2018, était jugée à Paris pour apologie du terrorisme, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs. Quatre hommes étaient aussi jugés dans cette affaire.”On attend que la justice relaxe Mme Esfandiari”, a déclaré mercredi à l’AFP son avocat, Me Nabil Boudi, ajoutant que sa cliente “veut être blanchie”. “Concernant l’échange (avec les deux Français, ndlr), tout dépendra de la décision à venir”, a-t-il commenté. La justice française accuse Mme Esfandiari d’avoir alimenté les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, sur les réseaux sociaux et le site Egalité et Réconciliation de l’essayiste français d’extrême droite multicondamné Alain Soral.- Incertitude en Iran -A la barre, cette admiratrice des gardiens de la Révolution, qui a traduit en français des ouvrages publiés par une maison d’édition rattachée au régime iranien, a reconnu être à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance, mais contesté être l’autrice des publications.Elle a cautionné les massacres du 7 octobre 2023 commis par le Hamas en Israël.”Il y a eu des enfants tués, des femmes tuées, des prises d’otages du côté palestinien et le 7-Octobre, c’était une réponse logique”, a affirmé cette femme. Avant d’ajouter: “ce n’est pas un acte de terrorisme, c’est un acte de résistance”.Téhéran, de son côté, estime que sa ressortissante a été injustement détenue et a publiquement demandé son échange contre Cécile Kohler et Jacques Paris.”Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays”, a déclaré fin novembre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la chaîne France 24.”Le verdict a été prononcé mais comme je vous l’ai dit, sur la base de la loi iranienne (…) les prisonniers, sur la base des intérêts nationaux, peuvent être échangés”, a expliqué Abbas Araghchi. “Tout est prêt. Nous attendons que le processus judiciaire s’achève en France”.Au ministère français des Affaires étrangères, on a pris acte de ces déclarations mais on souligne que la justice est indépendante.S’agissant de Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, la procédure est close: ils ont déjà purgé trois ans et demi de prison et ont été condamnés en octobre dernier respectivement à 20 et 17 ans de prison pour espionnage au profit notamment d’Israël.Tous deux ont pu sortir de prison mais restent assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran. “Ils vont bien. Ils sont en sécurité”, a déclaré mercredi à l’AFP le porte-parole du Quai d’Orsay Pascal Confavreux.Les modalités d’un tel échange restent inconnues, alors qu’une grande incertitude continue de peser sur la situation en Iran.Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie sur le programme nucléaire iranien, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe. Des pourparlers doivent reprendre jeudi à Genève.

Une accumulation de discriminations pour les jeunes d’origine étrangère, alerte la Défenseure des droits

“Malheureusement, la discrimination c’est notre quotidien”, témoigne Camille, d’origine ivoirienne: comme elle, les jeunes d’origine étrangère sont “surexposés” à la “ségrégation”, alerte jeudi dans un rapport la Défenseure des droits qui appelle à faire du sujet une “priorité politique”.Environ un quart des jeunes immigrés, descendants d’immigrés ou nés en outre-mer font état d’une discrimination liée à la couleur de peau, aux origines ou à la nationalité au cours des cinq dernières années, souligne en préambule le rapport, en s’appuyant sur une étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire.Pour Camille, 35 ans, qui a grandi à Amiens, cela a commencé en primaire quand on se moquait de ses cheveux crépus ou quand son maître lui a confié la lecture d’un livre sur l’esclavage car “forcément” elle connaissait le sujet. Plus tard, c’est un courtier qui sans même regarder ses revenus avec son compagnon lui a dit que son dossier serait “difficile” à défendre auprès des banques pour obtenir un prêt immobilier.  Au lycée puis à l’université, lors de la recherche d’un stage, d’un emploi ou d’un appartement, mais aussi pour l’accès aux soins ou au cours des contrôles policiers, les jeunes d’origine étrangère ou perçus comme tels sont confrontés à un “cumul de discriminations”, liste la Défenseure des droits Claire Hédon.”Cet effet boule de neige est délétère et a des conséquences sur la trajectoire de ces personnes, leur confiance dans la société et les institutions”, souligne-t-elle auprès de l’AFP, estimant que le sujet “n’est pas suffisamment une priorité politique”.A l’école les inégalités de traitement sont “souvent inconscientes” et pour partie “systémiques”, estime le rapport. Cela s’illustre par le manque de mixité sociale dans certains établissements, les choix d’orientation, les propos stigmatisants ou les violences physiques directement liés à leurs origines, relève le document.Pour remédier à cette “ségrégation”, la Défenseure des droits recommande notamment de “rendre obligatoires” les formations traitant les “préjugés raciaux” pour les enseignants et les personnels et appelle à réévaluer les modalités d’affectation en lycée. L’enseignement supérieur n’est pas plus épargné. Le rapport regrette par exemple que le lycée d’origine des futurs étudiants soit utilisé comme “critère implicite” (en raison d’algorithmes locaux) pour être admis à certaines formations, en particulier les plus sélectives.- “Cohésion sociale” -Même constat côté logement: que ce soit à travers la demande de caution pour louer un appartement – ce qui constitue un frein pour les jeunes les plus modestes- ou avec le rejet de la part des loueurs des dossiers des personnes perçues comme étrangères ou résidant dans des quartiers prioritaires, pointe-t-elle.Concernant l’insertion professionnelle, le rapport rappelle que selon le dernier Baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi publié en décembre dernier, 41% des jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins déclarent avoir été discriminés dans la recherche d’emploi au cours des cinq dernières années, ainsi que 33% dans le déroulé de carrière, contre respectivement 18% et 27% des jeunes perçus comme blancs.Enfin, la Défenseure des droits réitère sa demande d’encadrer les pratiques des contrôles d’identité par la police et d’évaluer l’efficacité de ces contrôles et leur impact sur leurs relations avec la population. Elle cite à l’appui son enquête de juin, selon laquelle les jeunes hommes perçus comme étant d’origine étrangère ont en effet quatre fois plus de risques d’être contrôlés que le reste de la population, douze fois plus de faire l’objet d’un contrôle +poussé+ (fouille, palpation, conduite au poste, injonction à quitter les lieux) et deux fois plus de faire l’objet d’un comportement inapproprié des forces de l’ordre (tutoiement principalement mais aussi insultes, provocations, brutalité).”Le respect effectif des droits fondamentaux est une condition essentielle de la cohésion sociale”, insiste en conclusion Claire Hédon.

César 2026: le cinéma français désigne ses lauréats jeudi soir

Qui pour succéder à “Emilia Perez”? Malgré les dix nominations de “Nouvelle Vague”, les César, remis jeudi soir, s’annoncent particulièrement indécis cette année en l’absence de succès incontestable dans les salles de cinéma françaises.Revisitant le tournage mythique d'”A bout de souffle”, le long-métrage en noir et blanc de l’Américain Richard Linklater est une déclaration d’amour au mouvement qui révolutionna le cinéma à la fin des années 1950 et vise le prix du meilleur film.Il fait face à “L’Attachement” de Carine Tardieu, sur une femme qui se lie à son voisin de palier et ses enfants, “Dossier 137” de Dominik Moll, consacré à une enquête de la police des polices sur une bavure policière, “La Petite dernière” de Hafsia Herzi, sur une musulmane déchirée entre sa foi et l’éveil de son désir pour les femmes, et “Un Simple accident” du cinéaste iranien Jafar Panahi, manifeste contre l’arbitraire et la violence de la République islamique, tourné clandestinement en Iran et lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes.Ces cinq œuvres seront départagées au cours d’une cérémonie animée par Benjamin Lavernhe et retransmise sur Canal+ et sur la chaîne de la TNT CStar à partir de 20H30, depuis l’Olympia à Paris.Autre film en vue, “L’Inconnu de la Grande Arche”, de Stéphane Demoustier, sur le destin méconnu de l’architecte danois qui conçut ce bâtiment emblématique du quartier d’affaires de La Défense dans les années 1980, a décroché de nombreuses nominations dans les catégories d’interprétation.- Carrey à l’honneur -Claes Bang, acteur danois qui incarne Johan Otto von Spreckelsen, l’architecte consumé par ce chantier pharaonique, est ainsi en lice pour le César du meilleur acteur. Il sera opposé à Laurent Lafitte, qui incarne François-Marie Banier dans “La Femme la plus riche du monde”, long-métrage sur l’intrusion de ce photographe auprès de la milliardaire Liliane Bettencourt.Cette dernière est jouée par Isabelle Huppert, nommée pour le César de la meilleure actrice, face notamment à Léa Drucker (“Dossier 137”) et Valeria Bruni-Tedeschi (“L’Attachement”).L’Académie remettra également un César d’honneur à Jim Carrey pour l’ensemble de sa carrière. L’acteur de 64 ans, qui joue moins ces dernières années, est un des visages les plus connus de la comédie américaine, grâce à ses rôles dans “The Mask” et “Ace Ventura”.Ses performances dans des films dramatiques comme “The Truman Show”, “Man on the Moon” ou “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”, lui ont aussi valu distinctions et reconnaissance de la critique.Plusieurs personnalités du 7e Art sont attendues pour remettre des prix, à commencer par le réalisateur canadien David Cronenberg (“La Mouche”, “Les Promesses de l’ombre”).La cérémonie pourrait servir de relais au monde du cinéma pour porter certains combats. Dimanche, 4.000 acteurs, actrices et cinéastes ont par exemple signé une tribune dénonçant le “pillage en règle” de leur travail par des outils d’intelligence artificielle.Certains nouveaux visages du cinéma français sont eux attendus, après le succès de leurs films en 2025. C’est le cas de la réalisatrice de “Partir un jour” Amélie Bonnin, dont le film est nommé dans quatre catégories, tout comme “Arco” d’Ugo Bienvenu, également nommé pour le prix du meilleur film d’animation aux Oscars.Enfin, un visage très connu du public français malgré tout nommé aux César pour la première fois à 62 ans: Franck Dubosc prétend au trophée du meilleur scénario original pour son film “Un ours dans le Jura”, l’un des plus grands succès du cinéma français l’année dernière.

Stellantis affiche une perte de 22,3 milliards en 2025, la deuxième plus lourde pour un groupe français

Le constructeur automobile Stellantis a annoncé jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour 2025, la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français, en raison d’une charge exceptionnelle de 25,4 milliards.Le groupe avait annoncé le 6 février qu’il allait passer des charges exceptionnelles colossales de 22 milliards d’euros pour le seul second semestre 2025, pour financer un coup de frein dans la production de véhicules électriques, dont les ventes sont très inférieures à  ses attentes. Comme Stellantis, Ford et General Motors ont passé de lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan des ventes de voitures électriques plus faibles que prévu aux Etats-Unis.  Le chiffre d’affaires de Stellantis a baissé de 2%, à 153,5 milliards, malgré une légère hausse en volume, à 5,48 millions de véhicules (+1%) contre 5,41 millions en 2024. Les recettes ont pâti de taux de change défavorables mais aussi d’une politique de baisse des prix au premier semestre, un tournant après la stratégie de prix élevés de l’ancien DG Carlos Tavares.Le groupe a enregistré une perte opérationnelle courante de 842 millions d’euros l’an dernier avec une marge négative de 0,5%. Il ne distribuera aucun dividende.Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10% et atteindre 2,8 millions de véhicules, soit une hausse de 11% en volume, grâce notamment à un rebond de 39% en volume aux Etats-Unis.Le groupe, qui disposait de liquidités industrielles de 46 milliards d’euros fin 2025, a confirmé ses perspectives 2026 d’une amélioration progressive de son chiffre d’affaires net et d’un retyour à une marge positive “basse à un chiffre”. Les ventes devraient être portées par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux Etats-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse aux Etats-Unis mais en baisse en Europe.L’impact pour le groupe des droits de douanes mis en place aux Etats-Unis est estimé à 1,2 milliard pour 2025 et prévu à 1,6 milliard en 2026, estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême d’invalider les décisions du président américain Donald Trump.Stellantis a décidé de revenir à une publication trimestrielle de ses résultats financiers, l’occasion de rassurer des marchés financiers inquiets.La perte comptable de Stellantis est la deuxième plus importante jamais annoncée par un groupe français, derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d’euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans le secteur de l’électrique en annonçant son désengagement de plusieurs projets, dont la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première “gigafactory” de batteries du Canada, et une sortie envisagée de sa coentreprise avec Samsung, qui devait construire deux gigafactories aux Etats-Unis. Le groupe a aussi annoncé relancer des modèles thermiques aux Etats-Unis et en Europe, y compris diesel. Des choix qui selon le groupe ne sont pas en conflit avec l’innovation et n’impactent pas son engagement pour l’électrification”.