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Chantage à la sextape: prison ferme et inéligibilité immédiate pour le maire de Saint-Etienne

Le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a été reconnu coupable lundi de chantage à la sextape et condamné à quatre ans de prison ferme et une inéligibilité immédiate, une peine plus sévère que celle requise lors de son procès.”Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible”, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal correctionnel de Lyon, en annonçant qu’il ferait appel.L’édile de 53 ans, ex-LR, a été jugé fin septembre dans cette affaire de piège tendu à un rival, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.Lors des longues journées d’audience, “le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé” aux accusations, mais “n’a rien trouvé en termes d’excuses” pour minimiser “l’extrême gravité des faits”, a déclaré la présidente du tribunal Brigitte Vernay.Soulignant “le devoir d’exemplarité”, “de dignité” et “de représentation” des élus, elle a déclaré le maire “entièrement coupable” de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics et a prononcé des peines allant au-delà des trois ans ferme requis par le ministère public.Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire, autrement dit il sera bientôt incarcéré, et à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui lui impose de quitter tout de suite la mairie. A l’annonce du jugement, M. Perdriau est resté impassible, et quelques applaudissements ont retenti dans la salle. Pendant l’enquête et lors de son procès, il avait martelé n’avoir joué aucun rôle dans le complot ourdi contre Gilles Artigues.Cet ancien député centriste, qui avait révélé lors du procès ses pensées suicidaires, s’est félicité lundi de la décision. “Aujourd’hui je pense que je vais pouvoir me reconstruire”, a-t-il dit, entouré de sa famille.- “Les juges ont compris” -Si Gaël Perdriau a toujours nié avoir participé à un chantage pour le museler, plusieurs membres de son entourage ont assumé leur rôle dans le piège et ont également été condamnés à de peines lourdes.Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans directeur de cabinet du maire et n’était pas présent à l’audience de délibéré, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis.Lors de l’instruction, et à la barre, il a assuré que M. Perdriau lui avait demandé, dès son élection en 2014, “une solution pour tenir en respect Gilles Artigues”, dont il doutait de la loyauté.L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet.Pour le premier, qui avait servi d’appât et avait posé la caméra cachée, le tribunal a retenu une peine de quatre ans de prison dont un avec sursis.La même peine a été prononcée contre Gilles Rossary-Lenglet, qui a reconnu avoir eu l’idée de piéger Gilles Artigues sur le plan des moeurs, avoir réservé l’escort-boy et monté les rushs de la vidéo intime.Ce personnage atypique, qui de son propre aveu “grenouillait” dans le milieu politique stéphanois, est l’homme par lequel le scandale est arrivé: c’est lui qui, séparé, au chômage, et malade, est allé voir Médiapart avec la “sextape” en 2022.”Les juges ont compris et ont puni, c’est une bonne chose”, a-t-il commenté lundi en se félicitant que le tribunal n’ait pas hésité à condamner un homme politique.Lors du procès, fin septembre, deux couples à la tête d’associations stéphanoises avaient comparu à leurs côtés pour “abus de confiance”, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans le financement du piège.Sans être au courant de l’existence de la vidéo, ils étaient accusés d’avoir perçu des subventions municipales, attribuées sur la réserve du maire, et de les avoir reversées à Gilles Rossary-Lenglet. Le tribunal les a relaxés, estimant ne pas avoir discerné d”intentions frauduleuses” de leur part.

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Inondations au Sri Lanka: la stupeur des villageois évacués du nord de Colombo

Dans les villages qui s’étalent au nord de la capitale du Sri Lanka, les inondations sont devenues une routine saisonnière. Alors c’est peu de dire que leurs habitants n’en reviennent pas de la violence de la crue du fleuve Kelani qui les a noyés ce weekend.”Je n’aurais jamais pensé que les inondations seraient si terribles”, avoue Dinusha Sanjaya, 37 ans, dans le camp d’hébergement d’urgence installé par les autorités dans une école de Kolonnawa.”Chaque année nous avons les pieds dans l’eau, mais cette fois-ci c’est différent”, poursuit ce livreur au milieu de ses voisins évacués. “Ce n’est pas que la quantité de pluie qui nous est tombée dessus, mais surtout la vitesse à laquelle elle a tout recouvert…”Dans la nuit de vendredi à samedi, il a fallu moins d’une heure pour que sa maison de deux étages proche des berges du Kaleni soit entièrement noyée.Comme elle, des milliers d’habitations des bas-quartiers de Colombo ont été inondées par les précipitations hors-normes et les glissements de terrain qui ont accompagné le passage sur une partie de l’île du cyclone Ditwah.Le dernier bilan lundi de l’agence en charge de la gestion des catastrophes faisait état dans l’ensemble du pays d’au moins 355 morts, 366 disparus et plus de 1,3 million de personnes sinistrées.Ce désastre est d’ores et déjà considéré par les autorités comme le pire depuis le tsunami de 2004, qui s’était soldé par la mort de 31.000 personnes.Comme son voisin Dinusha Sanjaya, Fatima Rushna, 48 ans, confesse avoir largement ignoré les alertes des autorités. Elle a pris la fuite lorsqu’elle s’est rendue compte samedi matin que l’eau avait atteint son lit.”Nous n’avons pas eu le temps d’emporter quoi que ce soit”, poursuit-elle, encore choquée, au côté de son mari Azmi, “juste les vêtements que nous portions”.- “Plus rien” -“Nous avons traversé pas mal d’inondations, mais celle-là est encore pire qu’en 2016″, se souvient C.V. Ariyaratne, 70 ans, qui a eu toutes les peines du monde à arracher son épouse qui souffre de scoliose, Emalin, 65 ans, à la montée des eaux.Il y a neuf ans, les inondations avaient causé la mort de 71 personnes dans l’ensemble du Sri Lanka.”Il n’y avait pas de pluie sur Colombo et je ne pensais vraiment pas que les inondations allaient être aussi sérieuses que le disaient les autorités”, reconnaît elle aussi Nirushika, 44 ans.”Toutes mes machines sont perdues”, se lamente la couturière, “je n’ai plus rien”.Les crues qui ont recouvert certains secteurs de Colombo sont nées en amont du fleuve Kaleni, au centre du pays, où des pluies diluviennes ont provoqué des glissements de terrain qui ont enseveli des villages entiers.Plus des deux tiers des décès recensés à ce jour l’ont été dans ces collines où l’on cultive le thé, qui ont reçu jusqu’à 500 mm de pluie par endroits.En aval, à Kolonnawa, les autorités distribuent lundi des rations alimentaires d’urgence aux 300 personnes rassemblées dans les trois étages de l’école.La bonne nouvelle du jour est venue des autorités. “Les inondations ont atteint leur plus haut aujourd’hui”, a assuré un responsable du département de l’irrigation, L. S. Sooriyabandara. “Partout ailleurs, le niveau de l’eau a commencé à baisser significativement”.Alors dans leur camp de fortune, les évacués commencent à redouter l’heure du retour à leur domicile.”Ma mère a 80 ans, elle est aveugle et je ne serai pas capable de nettoyer la maison tout seul”, s’inquiète déjà G. Patrick, 60 ans. “Pour moi, le problème sera de trouver quelqu’un pour me donner un coup de main”.

Le marché automobile français victime de l’attentisme, les électriques en force

Le marché automobile français s’est effrité de 0,3% en novembre sur un an, confirmant une année 2025 maussade sur fond d’attentisme des consommateurs, alors que les voitures électriques ont pour la première fois dépassé le quart des immatriculations.Au total, 132.927 voitures particulières neuves ont été mises en circulation sur les routes le mois dernier, un niveau équivalent à celui de novembre 2022, a précisé lundi la Plateforme automobile (PFA) dans sa livraison mensuelle de statistiques. Le marché automobile français, qui ne s’est jamais remis de la crise sanitaire, évolue 23% sous son niveau de novembre 2019, a souligné à l’AFP une porte-parole de la PFA, qui représente les constructeurs et équipementiers automobiles de l’Hexagone.Sur les 11 premiers mois de l’année, les immatriculations se sont contractées de 4,9% par rapport à la même période de 2024.La porte-parole a noté, parmi les facteurs expliquant la déprime du marché, un attentisme des consommateurs et des entreprises, dû aux “incertitudes politiques et économiques”, notamment le flou sur l’avenir du projet de loi de finances 2026 au Parlement.De leur côté, les voitures 100% électriques ont confirmé leur succès en novembre, conquérant 26% du marché, un niveau mensuel inédit attribué par la porte-parole de la PFA au succès du “leasing social”, la location avec option d’achat de véhicules électriques pour les ménages modestes avec aide de l’État, relancée en octobre pour un contingent limité de clients.Ce dispositif “a été assez porteur sur les ventes de véhicules” zéro émission, outre l’obligation faite aux entreprises d’intégrer au moins 20% de tels véhicules dans leurs flottes, selon la même source.Ce dynamisme a permis aux voitures électriques de conquérir une immatriculation française sur cinq depuis le début de l’année, là aussi un niveau record après les 17% sur l’ensemble des années 2023 et 2024.Ce sont néanmoins les voitures hybrides (carburant-électricité), dont les rechargeables, qui règnent sur le marché, avec 50,4% des immatriculations depuis janvier, une progression de 8,6 points sur un an. Les voitures à essence ont connu une trajectoire inverse, tombant à 21,6% contre 30,2% un an plus tôt.Le diesel, ancienne motorisation fétiche des Français, ne représente plus qu’une immatriculation sur 20 depuis début 2025, dix ans après le “dieselgate”, scandale des émissions polluantes truquées dont Volkswagen était à l’origine.- Débat sur l’horizon 2035 -La pénétration du marché français par l’électrique intervient pendant que le débat fait rage en Europe sur l’interdiction de la vente de voitures thermiques à l’horizon 2035. Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment annoncé qu’il demanderait à la Commission européenne de revoir sa copie, alors que l’industrie automobile de son pays accuse du retard dans la technologie électrique face à une Chine conquérante.C’est le 10 décembre que la Commission a prévu d’annoncer des mesures pour soulager le secteur automobile et l’aider dans sa transition vers la décarbonation.Le groupe Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën, Opel, Jeep…) salue “le soutien apporté par le gouvernement allemand à la révision des réglementations européennes”, a indiqué son PDG Antonio Filosa, dans une déclaration transmise à l’AFP.”Nous avons aujourd’hui une excellente occasion de repenser les règles et de concilier les trois objectifs clés de l’Europe : la décarbonation, la résilience industrielle qui protège les emplois et l’autonomie stratégique, et l’accessibilité financière”, a-t-il ajouté. En France, Stellantis a vu ses immatriculations reculer de 5,5% sur un an en novembre, selon les chiffres de la PFA lundi. Le groupe détient 23% de part de marché, derrière son rival Renault (dont Dacia) qui règne sur 26,6% grâce à une progression de 4% sur fond de développement de sa gamme électrique, en particulier la R5.Sur 11 mois, les deux groupes sont au coude-à-coude, l’entreprise au losange dépassant son rival de 0,2 point, à 26,7%. Stellantis a vu ses immatriculations fondre de 8% depuis le début de l’année, contrastant avec la hausse de 2,6% de Renault.Depuis le début de l’année, la R5 est la voiture électrique la plus vendue en France et pointe à la neuvième place du classement général, en tête duquel on retrouve la Renault Clio, la Peugeot 208 et la Dacia Sandero.

Climat: la France accueille le Giec, qui entame son prochain rapport

La France accueille lundi près de 600 experts du climat de l’ONU, le Giec, pour entamer les travaux de son prochain rapport, dans un contexte d’éclatement du consensus international sur le changement climatique.Le rapport doit paraître en 2028 ou 2029. D’ici là, les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat devraient être entravés par la position hostile des Etats-Unis.Le président américain Donald Trump l’avait résumée à la tribune de l’ONU à New York en septembre. Pour lui, lutter contre le changement climatique, “c’est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde” et “une supercherie inventée par des gens aux intentions malveillantes”.La France, à l’inverse, cherche à sauver les engagements pris par les Etats lors de l’Accord de Paris en 2015, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a ouvert lundi matin cette réunion de cinq jours, à la Tour Pleyel à Saint-Denis, à côté de Paris. Elle s’est inquiétée, en plus de la hausse des températures, de “la montée de la désinformation liée au climat. Sur nos réseaux sociaux, dans nos journaux, et même au cœur de nos institutions politiques, trop de gens nient les résultats de votre travail”, a-t-elle dit aux délégués.- Format inédit -Le format est inédit: rassembler dans un même lieu les “auteurs principaux” de ce rapport censé faire référence dans le monde entier sur le dérèglement en cours du climat de la planète, menace très directe pour la vie et les écosystèmes.Le dernier rapport en date du Giec, paru en mars 2023, montrait que la planète était en route pour franchir au début des années 2030 la limite de 1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère dite pré-industrielle. Depuis, des scientifiques ont estimé que ce plafond risquait fort d’être enfoncé avant 2030.Ce rapport requiert en principe une unanimité des Etats.”Le Giec fonctionne par consensus. Et si un pays, quel qu’il soit, s’oppose au compte rendu, eh bien le compte rendu ne peut pas être approuvé. Chaque pays a une sorte de droit de veto”, expliquait vendredi un climatologue du Groupe, Robert Vautard, lors d’une visioconférence avec la presse.”Les déclarations, par exemple, de l’administration américaine sur l’origine du changement climatique, le fait que ce soit un canular, si vous voulez, nous on trouve ça quand même assez surprenant”, poursuivait un responsable du ministère français.Un climatologue américain interrogé par l’AFP lundi à Saint-Denis relevait que si ses collègues scientifiques étaient plus d’une cinquantaine de compatriotes à s’être déplacés, les fonctionnaires et représentants du gouvernement ne l’avaient pas fait. Donald Trump estime les travaux du Giec contraires aux intérêts de son pays.Le président du Groupement d’experts, le Britannique Jim Skea, s’est également dit “assez sûr que personne du gouvernement britannique n’est ici”, et a loué l’engagement de la France.”Aujourd’hui marque le moment où les préparatifs s’arrêtent et l’évaluation scientifique elle-même démarre vraiment (…) Notre mission reste claire: elle est de fournir aux gouvernements des informations pertinentes pour l’action publique et scientifiquement neutres”, a-t-il affirmé.- 2028 ou 2029 -Le premier tiraillement visible entre Etats porte sur le calendrier.Le Giec publie tous les cinq à sept ans plusieurs rapports d’évaluation scientifique faisant le point sur les connaissances et les enjeux concernant le changement climatique.Les membres de la “Coalition pour la haute ambition” souhaitent un calendrier accéléré pour que les rapports clé du septième cycle du Giec soient disponibles lors du bilan mondial de 2028 prévu par l’Accord de Paris. Cette coalition regroupe de nombreux pays riches, dont ceux de l’Union européenne, et des pays du Sud vulnérables.De l’autre côté, des pays, notamment émergents ou grands producteurs d’énergies fossiles, jugent cette échéance trop proche, et plaident pour 2029.Les précédentes réunions des membres du Giec cette année, dont la dernière à Lima fin octobre, ont montré l’impasse sur cette question.Cette ligne de fracture rappelle celle visible à la conférence de l’ONU sur le climat (COP30) à Belem, au Brésil, achevée le 22 novembre, sur la mention ou non de l’objectif d’abandonner les combustibles fossiles.

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Climat: la France accueille le Giec, qui entame son prochain rapport

La France accueille lundi près de 600 experts du climat de l’ONU, le Giec, pour entamer les travaux de son prochain rapport, dans un contexte d’éclatement du consensus international sur le changement climatique.Le rapport doit paraître en 2028 ou 2029. D’ici là, les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat devraient être entravés par la position hostile des Etats-Unis.Le président américain Donald Trump l’avait résumée à la tribune de l’ONU à New York en septembre. Pour lui, lutter contre le changement climatique, “c’est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde” et “une supercherie inventée par des gens aux intentions malveillantes”.La France, à l’inverse, cherche à sauver les engagements pris par les Etats lors de l’Accord de Paris en 2015, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a ouvert lundi matin cette réunion de cinq jours, à la Tour Pleyel à Saint-Denis, à côté de Paris. Elle s’est inquiétée, en plus de la hausse des températures, de “la montée de la désinformation liée au climat. Sur nos réseaux sociaux, dans nos journaux, et même au cœur de nos institutions politiques, trop de gens nient les résultats de votre travail”, a-t-elle dit aux délégués.- Format inédit -Le format est inédit: rassembler dans un même lieu les “auteurs principaux” de ce rapport censé faire référence dans le monde entier sur le dérèglement en cours du climat de la planète, menace très directe pour la vie et les écosystèmes.Le dernier rapport en date du Giec, paru en mars 2023, montrait que la planète était en route pour franchir au début des années 2030 la limite de 1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère dite pré-industrielle. Depuis, des scientifiques ont estimé que ce plafond risquait fort d’être enfoncé avant 2030.Ce rapport requiert en principe une unanimité des Etats.”Le Giec fonctionne par consensus. Et si un pays, quel qu’il soit, s’oppose au compte rendu, eh bien le compte rendu ne peut pas être approuvé. Chaque pays a une sorte de droit de veto”, expliquait vendredi un climatologue du Groupe, Robert Vautard, lors d’une visioconférence avec la presse.”Les déclarations, par exemple, de l’administration américaine sur l’origine du changement climatique, le fait que ce soit un canular, si vous voulez, nous on trouve ça quand même assez surprenant”, poursuivait un responsable du ministère français.Un climatologue américain interrogé par l’AFP lundi à Saint-Denis relevait que si ses collègues scientifiques étaient plus d’une cinquantaine de compatriotes à s’être déplacés, les fonctionnaires et représentants du gouvernement ne l’avaient pas fait. Donald Trump estime les travaux du Giec contraires aux intérêts de son pays.Le président du Groupement d’experts, le Britannique Jim Skea, s’est également dit “assez sûr que personne du gouvernement britannique n’est ici”, et a loué l’engagement de la France.”Aujourd’hui marque le moment où les préparatifs s’arrêtent et l’évaluation scientifique elle-même démarre vraiment (…) Notre mission reste claire: elle est de fournir aux gouvernements des informations pertinentes pour l’action publique et scientifiquement neutres”, a-t-il affirmé.- 2028 ou 2029 -Le premier tiraillement visible entre Etats porte sur le calendrier.Le Giec publie tous les cinq à sept ans plusieurs rapports d’évaluation scientifique faisant le point sur les connaissances et les enjeux concernant le changement climatique.Les membres de la “Coalition pour la haute ambition” souhaitent un calendrier accéléré pour que les rapports clé du septième cycle du Giec soient disponibles lors du bilan mondial de 2028 prévu par l’Accord de Paris. Cette coalition regroupe de nombreux pays riches, dont ceux de l’Union européenne, et des pays du Sud vulnérables.De l’autre côté, des pays, notamment émergents ou grands producteurs d’énergies fossiles, jugent cette échéance trop proche, et plaident pour 2029.Les précédentes réunions des membres du Giec cette année, dont la dernière à Lima fin octobre, ont montré l’impasse sur cette question.Cette ligne de fracture rappelle celle visible à la conférence de l’ONU sur le climat (COP30) à Belem, au Brésil, achevée le 22 novembre, sur la mention ou non de l’objectif d’abandonner les combustibles fossiles.

Trump-backed candidate leads Honduras poll

A conservative candidate backed by US President Donald Trump led Sunday’s presidential election in Honduras, according to partial results from the electoral commission.Nasry Asfura had 40.5 percent of the vote, a one-and-a-half-point lead over fellow right-wing candidate Salvador Nasralla, according to the National Electoral Council (CNE).Both candidates were well ahead of Rixi Moncada, 60, of …

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En Provence, champ libre pour l’essor de l’amande et de la pistache

Dans un atelier qui embaume la pâte d’amande, des employés enfournent des plateaux de calissons. La traditionnelle confiserie de Provence est de plus en plus fabriquée avec des amandes locales, dont la culture est relancée depuis une décennie.Dans le sillon de l’amande, la pistache s’implante aussi en Provence, en Occitanie et en Corse, encore timidement mais portée par la volonté des agriculteurs de se diversifier face aux difficultés économiques et au réchauffement climatique.Et si la Californie, géant mondial du secteur, inonde les marchés, les producteurs français mettent en avant conscience écologique et fierté de produits haut de gamme.Dans les ateliers du Roy René, confiserie d’Aix-en-Provence, 50 tonnes d’amandes françaises sont désormais utilisées pour certains produits phares: calissons traditionnels, nougats ou pralines.Quand la maison est rachetée en 2014 par l’entrepreneur Olivier Baussan, elle importe des amandes américaines et espagnoles, rappelle le responsable communication Alexis Bertucat. Rapidement germe l’idée de replanter des amandiers.D’une part pour “retrouver une tradition” remontant au 15e siècle. “Si on fait des calissons à Aix-en-Provence, c’est qu’il y avait des producteurs d’amandes tout autour”, poursuit M. Bertucat.Volonté aussi d’instaurer des circuits courts. “Si on prend des amandes plus proches de chez nous, on fait baisser l’impact carbone.”- “Respectueuse de l’environnement” -La France compte désormais plus de 2.700 hectares d’amandiers, selon des chiffres officiels. La production (fruit débarrassé de sa coque) est d’environ 1.200 tonnes explique à l’AFP le producteur François Moulias.Une récolte qui “continuera d’augmenter” mais restera “toujours faible au regard du marché”, reconnaît-il, évoquant des importations frôlant les 50.000 tonnes.”Avec nos pratiques agronomiques plus vertueuses, on ne peut pas avoir les rendements des Américains”, ajoute M. Moulias indiquant que l’amande française “consomme cinq fois moins d’eau” que la californienne.En 2018, il cofonde avec l’ancien ministre Arnaud Montebourg la Compagnie des Amandes, qui s’associe aux agriculteurs pour planter des amandiers sur leurs terrains. L’entreprise dispose aujourd’hui de 230 hectares de vergers “sur tout l’arc méditerranéen”: Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Hérault et Aude.Une usine de transformation a été lancée en octobre. Elle approvisionne des artisans –chocolatiers, producteurs de nougat ou de macarons –comme Ladurée– et des grandes surfaces. Pour l’industrie cosmétique, les amandes se déclinent en poudre ou en huile.L’ambition: “Apporter au consommateur final une amande plus goûteuse, plus respectueuse de l’environnement et produite localement.”- “Résister aux sécheresses” -Dès 2011, Fabien Dauphin, producteur de cerises, s’est lancé dans l’amande comme “culture de diversification.”Il marche ainsi dans les pas de son arrière-grand-père, qui possédait des amandiers avant que le grand gel des années 1950 ne terrasse la filière.Aujourd’hui, M. Dauphin -président du syndicat des producteurs d’amande de Provence- possède 22 hectares à Cucuron. Ses amandes représentent la moitié de ses revenus, notamment grâce aux ventes en ligne, sur les marchés et dans des épiceries fines.”Ca reste un marché de niche. Nos clients sont souvent des gens à fort pouvoir d’achat”, reconnaît-il.Il réfléchit à se lancer dans la pistache. “C’est vraiment deux filières jumelles: on a besoin du même matériel et surtout, on a les mêmes clients.”Si la pistache française en est à ses débuts –550 hectares plantés, une récolte annuelle de 200 kilos–, dans un bassin méditerranéen enchaînant des records de canicule, la culture apparaît “fortement résiliente face au changement climatique”, explique Benoit Dufay, du Syndicat France Pistache.Le pistachier “résiste très bien aux sécheresses”, poursuit-il, même si pour garantir le rendement il faut “irriguer un minimum.”L’initiative a débuté en 2018 avec des agriculteurs et entrepreneurs locaux. La production s’oriente vers “un marché plutôt premium” valorisant un produit “100% français”.Mais pour des volumes conséquents il faudra attendre: les premières récoltes n’arrivent que six ans après avoir planté et les producteurs cherchent surtout une diversification, explique M. Dufay, dont le syndicat compte 130 adhérents.”Un vigneron qui diversifie, le but, ce n’est pas qu’il arrête totalement la vigne”, plaide-t-il. “Quand vous avez une culture qui ne se porte pas bien une année, vous avez la culture numéro deux qui permet d’assurer quand même un revenu.”

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En Provence, champ libre pour l’essor de l’amande et de la pistache

Dans un atelier qui embaume la pâte d’amande, des employés enfournent des plateaux de calissons. La traditionnelle confiserie de Provence est de plus en plus fabriquée avec des amandes locales, dont la culture est relancée depuis une décennie.Dans le sillon de l’amande, la pistache s’implante aussi en Provence, en Occitanie et en Corse, encore timidement mais portée par la volonté des agriculteurs de se diversifier face aux difficultés économiques et au réchauffement climatique.Et si la Californie, géant mondial du secteur, inonde les marchés, les producteurs français mettent en avant conscience écologique et fierté de produits haut de gamme.Dans les ateliers du Roy René, confiserie d’Aix-en-Provence, 50 tonnes d’amandes françaises sont désormais utilisées pour certains produits phares: calissons traditionnels, nougats ou pralines.Quand la maison est rachetée en 2014 par l’entrepreneur Olivier Baussan, elle importe des amandes américaines et espagnoles, rappelle le responsable communication Alexis Bertucat. Rapidement germe l’idée de replanter des amandiers.D’une part pour “retrouver une tradition” remontant au 15e siècle. “Si on fait des calissons à Aix-en-Provence, c’est qu’il y avait des producteurs d’amandes tout autour”, poursuit M. Bertucat.Volonté aussi d’instaurer des circuits courts. “Si on prend des amandes plus proches de chez nous, on fait baisser l’impact carbone.”- “Respectueuse de l’environnement” -La France compte désormais plus de 2.700 hectares d’amandiers, selon des chiffres officiels. La production (fruit débarrassé de sa coque) est d’environ 1.200 tonnes explique à l’AFP le producteur François Moulias.Une récolte qui “continuera d’augmenter” mais restera “toujours faible au regard du marché”, reconnaît-il, évoquant des importations frôlant les 50.000 tonnes.”Avec nos pratiques agronomiques plus vertueuses, on ne peut pas avoir les rendements des Américains”, ajoute M. Moulias indiquant que l’amande française “consomme cinq fois moins d’eau” que la californienne.En 2018, il cofonde avec l’ancien ministre Arnaud Montebourg la Compagnie des Amandes, qui s’associe aux agriculteurs pour planter des amandiers sur leurs terrains. L’entreprise dispose aujourd’hui de 230 hectares de vergers “sur tout l’arc méditerranéen”: Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Hérault et Aude.Une usine de transformation a été lancée en octobre. Elle approvisionne des artisans –chocolatiers, producteurs de nougat ou de macarons –comme Ladurée– et des grandes surfaces. Pour l’industrie cosmétique, les amandes se déclinent en poudre ou en huile.L’ambition: “Apporter au consommateur final une amande plus goûteuse, plus respectueuse de l’environnement et produite localement.”- “Résister aux sécheresses” -Dès 2011, Fabien Dauphin, producteur de cerises, s’est lancé dans l’amande comme “culture de diversification.”Il marche ainsi dans les pas de son arrière-grand-père, qui possédait des amandiers avant que le grand gel des années 1950 ne terrasse la filière.Aujourd’hui, M. Dauphin -président du syndicat des producteurs d’amande de Provence- possède 22 hectares à Cucuron. Ses amandes représentent la moitié de ses revenus, notamment grâce aux ventes en ligne, sur les marchés et dans des épiceries fines.”Ca reste un marché de niche. Nos clients sont souvent des gens à fort pouvoir d’achat”, reconnaît-il.Il réfléchit à se lancer dans la pistache. “C’est vraiment deux filières jumelles: on a besoin du même matériel et surtout, on a les mêmes clients.”Si la pistache française en est à ses débuts –550 hectares plantés, une récolte annuelle de 200 kilos–, dans un bassin méditerranéen enchaînant des records de canicule, la culture apparaît “fortement résiliente face au changement climatique”, explique Benoit Dufay, du Syndicat France Pistache.Le pistachier “résiste très bien aux sécheresses”, poursuit-il, même si pour garantir le rendement il faut “irriguer un minimum.”L’initiative a débuté en 2018 avec des agriculteurs et entrepreneurs locaux. La production s’oriente vers “un marché plutôt premium” valorisant un produit “100% français”.Mais pour des volumes conséquents il faudra attendre: les premières récoltes n’arrivent que six ans après avoir planté et les producteurs cherchent surtout une diversification, explique M. Dufay, dont le syndicat compte 130 adhérents.”Un vigneron qui diversifie, le but, ce n’est pas qu’il arrête totalement la vigne”, plaide-t-il. “Quand vous avez une culture qui ne se porte pas bien une année, vous avez la culture numéro deux qui permet d’assurer quand même un revenu.”

Budget de la Sécu: Lecornu intensifie les consultations à l’aube d’une semaine déterminante

Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera à la manœuvre cette semaine pour tenter d’arracher un compromis sur le budget de la Sécurité sociale, de retour dans l’hémicycle à partir de mardi pour une nouvelle lecture décisive.Lundi à la mi-journée, le chef du gouvernement doit rencontrer successivement les responsables du PS et du PCF à Matignon. Il rencontrera également les représentants des écologistes mardi, et ceux du RN mercredi, après avoir vu ceux de Liot et de LR la semaine dernière.M. Lecornu, qui assistera à la discussion générale sur le budget de la Sécu mardi, a par ailleurs prévu des rencontres avec plusieurs organisations patronale et syndicales (Medef, CFDT, FO) et échangera avec des parlementaires sur la défense ou l’énergie, thèmes clés du budget de l’État.Lundi, il a adressé une lettre aux entrepreneurs afin de les rassurer face au “vrai danger pour le pays”: “l’absence de budget”. Il y évoque notamment “un moment de clarification nationale”, où chacun “devra dire où il se situe: avec ceux qui veulent faire tenir le pays, ou avec ceux qui préfèrent le voir vaciller”. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale revient à l’Assemblée dans la version transmise par le Sénat, assez éloignée de celle des députés, puisque les sénateurs en ont rejeté la mesure phare, la suspension de la réforme des retraites, et écarté une piste de recettes arrachée de haute lutte par les socialistes, à savoir la hausse de la CSG sur les revenus du capital.Un premier vote sur la partie “recettes” est attendu dans la semaine, et le vote sur l’ensemble du texte le 9 décembre.Samedi, la commission des Affaires sociales a rejeté le projet de budget, LR votant contre, tandis que le PS s’est abstenu.”On est assez loin d’un accord”, a convenu le président de la commission, Frédéric Valletoux, dont le groupe Horizons devrait hésiter en séance entre vote contre et abstention.Le vote de la commission ne préjuge pas forcément de la suite, mais il témoigne de l’étroitesse du chemin, avec un PS frileux et surtout un “socle commun” de plus en plus timoré.Alors que tout indique que LFI et l’alliance RN-UDR voteront contre, il faudrait, pour que ce budget soit adopté, que les groupes de la coalition gouvernementale l’approuvent, et qu’au minimum le PS et les écologistes s’abstiennent. Ou bien que le PS vote pour, alors que les écologistes semblent de plus en plus tentés de voter contre. – “Vitalité démocratique” -Lundi, les socialistes vont redire au Premier ministre leurs priorités: “défendre le pouvoir d’achat et les services publics, par la contribution des plus fortunés”, a expliqué le président du groupe des députés PS Boris Vallaud au Parisien samedi.Également sur la table: le sujet des franchises médicales, dont le gouvernement souhaite le doublement, à rebours de la gauche, et les exonérations de cotisations sociales, dont le PS souhaite la réduction “plutôt que de mettre à contribution les hauts patrimoines”.Les responsables PS viendront aussi selon M. Vallaud avec un message politique, pour demander à M. Lecornu s’il est “effectivement le chef de cette majorité”, alors qu’ils constatent “une grande dispersion” entre les quatre groupes censés soutenir le gouvernement, “notamment LR et Horizons”.De fait, LR montre peu d’empressement à soutenir le texte: “A l’heure où je vous parle (…) j’ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale”, a déclaré le rapporteur général du Budget de l’État Philippe Juvin.Dans sa lettre aux entrepreneurs, le Premier ministre défend la “vitalité démocratique” selon lui à l’œuvre depuis que la dissolution de 2024 qui n’a pas donné de majorité claire. Mais rappelle qu'”aujourd’hui, l’urgence est simple: avoir un budget”. “Je sais déjà que celui-ci ne reflètera pas mes convictions. Il est d’ailleurs bien possible qu’il ne reflètera complètement les convictions de personne. Mais ce budget de compromis issu du Parlement sera la condition pour que la France continue de se tenir à vos côtés”, affirme Sébastien Lecornu.Le gouvernement est décidé à obtenir un vote sur le budget mais la petite musique du 49.3 de se faire de plus en plus insistante, au PS comme chez LR.L’utilisation de cette arme constitutionnelle, abandonnée par M. Lecornu à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire adopter son texte sans que le PS ni LR ne soient obligés de le voter.

Chantage à la sextape: l’heure du jugement pour le maire de Saint-Etienne

Deux mois après son procès pour chantage à la vidéo intime, le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau saura lundi si ses protestations d’innocence ont convaincu les juges, malgré les témoignages à charge de ses co-prévenus et un enregistrement accablant.Le tribunal correctionnel de Lyon doit rendre sa décision à 09H30 dans cette affaire de piège tendu à un rival du maire, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.Après de longues et poisseuses journées d’audience fin septembre, cinq ans de prison, dont trois ferme, et une peine d’inéligibilité avec application immédiate ont été requis contre Gaël Perdriau.”C’est lui qui avait les mains sur la manette nucléaire”, avait déclaré la procureure Audrey Quey, qualifiant le maire de “décideur”, même si le complot a été mis en œuvre par d’anciens collaborateurs, qui sont, eux, passés aux aveux.Se disant consciente de l’enjeu démocratique d’une peine synonyme de fin de mandat même en cas d’appel, la magistrate avait estimé que “l’abjection” et “la vilenie” des faits la justifiait.Gaël Perdriau “n’a jamais eu la vidéo et aucun écrit ne montre qu’il a donné son aval à cette odieuse opération”, avait au contraire plaidé son avocat Me Jean-Félix Luciani, en demandant au tribunal de déclarer son client non coupable “au bénéfice du doute”.- “Tenir en respect” -Depuis que le scandale a éclaté avec une enquête de Mediapart en 2022, l’élu de 53 ans, exclu du parti Les Républicains, a toujours nié avoir participé au kompromat et a refusé de démissionner.Lors de son procès pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, Gaël Perdriau a encore bataillé pied à pied pour convaincre de son innocence, mais son témoignage a été fragilisé par celui de ses co-prévenus.Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans son directeur de cabinet, a assuré que dès son élection en 2014, le maire lui avait demandé de trouver “une solution pour tenir en respect Gilles Artigues” dont il doutait de la loyauté.L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet, ont-ils tous les trois reconnu.Selon Pierre Gauttieri, le maire a ensuite donné son feu vert et pris en charge le volet financier du piège, en faisant voter deux subventions de 20.000 euros chacune à des associations stéphanoises, qui les ont reversées à Gilles Rossary-Lenglet, “barbouze” autoproclamé de l’opération.- “Clé USB” -Pour le directeur de cabinet, la procureure n’a requis qu’un an de prison ferme, aménageable à domicile sous bracelet, prenant acte de ses efforts de contrition.Elle a demandé deux ans de prison ferme pour Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, mais la relaxe pour les dirigeants d’associations poursuivis pour “abus de confiance”, jugeant qu’ils avaient été “bernés” dans cette affaire.Tout au long du procès, Gaël Perdriau a martelé ne pas avoir brimé son premier adjoint et n’avoir jamais rien exigé de lui, les fameuses “contreparties” qui juridiquement sont nécessaires pour qualifier un chantage.La diffusion d’un enregistrement réalisé à son insu par Gilles Artigues en 2017 a mis à mal cette ligne de défense. On l’entend expliquer à son rival qu’il détient une “clé USB” avec des images compromettantes et menacer de les diffuser “en petits cercles”, “avec parcimonie”.Gilles Artigues, très meurtri, a assuré à la barre que le maire avait évoqué la vidéo à d’autres reprises: “j’étais paralysé, je ne faisais plus rien” à la mairie, a-t-il décrit. “J’étais comme une marionnette, on me posait là et je souriais.”