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Nucléaire: feu vert pour l’exploitation de l’EPR de Flamanville à pleine puissance (ASNR)

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a donné vendredi son feu vert à l’énergéticien EDF pour augmenter au-delà de 80% la puissance du réacteur EPR de Flamanville (Manche), ouvrant la voie à une exploitation à pleine puissance après des années d’attente.L’ASNR a indiqué vendredi sur son site internet n’avoir “pas mis en évidence d’élément susceptible de remettre en cause la possibilité de poursuivre la montée en puissance” du très attendu réacteur “Flamanville 3”, qui avait atteint pour la première fois le seuil de 80% de sa puissance mi-novembre.Le feu vert du gendarme de la sûreté nucléaire “permet à EDF de poursuivre la montée en puissance du réacteur” jusqu’à la puissance maximale et de “terminer le programme d’essais de démarrage”, déclare l’ASNR vendredi. “Les équipes de Flamanville 3 lancent les opérations de montée en puissance”, a réagi vendredi EDF auprès de l’AFP. “Les équipes sont mobilisées pour amener le réacteur à 100% de puissance d’ici la fin de l’automne”, conformément aux annonces faites précédemment.En novembre, l’énergéticien avait aussi annoncé une “visite complète” du site, impliquant l’arrêt complet du réacteur pendant 350 jours à compter du 26 septembre 2026. A cette occasion, le couvercle de la cuve, concerné par des anomalies connues de longue date, sera remplacé, justement à la demande de l’ASNR.Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, a été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date prévue.Ses coûts ont explosé par rapport au devis initial de 3,3 milliards d’euros, estimés désormais par la Cour des Comptes aux alentours de 23,7 milliards d’euros aux conditions de 2023.L’EPR, construit face à la Manche au côté de deux autres réacteurs, est le plus puissant du parc nucléaire français et doit pouvoir alimenter deux millions de foyers. Mais sa puissance théorique d’abord annoncée à 1.620 MW, reste à confirmer.Dans un rapport du 30 septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), avait en effet révélé qu’EDF lui avait communiqué une hypothèse de puissance maximale de 1.585 MW. En novembre, EDF a précisé qu’il s’agissait du “bas de la fourchette”, disant espérer atteindre les 1.620 MW. La puissance d’un réacteur, une donnée importante pour estimer sa capacité de production électrique, dépend de facteurs météorologiques influençant la température des eaux de refroidissement, mais aussi de réglages et d’optimisations. 

Nucléaire: feu vert pour l’exploitation de l’EPR de Flamanville à pleine puissance (ASNR)

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a donné vendredi son feu vert à l’énergéticien EDF pour augmenter au-delà de 80% la puissance du réacteur EPR de Flamanville (Manche), ouvrant la voie à une exploitation à pleine puissance après des années d’attente.L’ASNR a indiqué vendredi sur son site internet n’avoir “pas mis en évidence d’élément susceptible de remettre en cause la possibilité de poursuivre la montée en puissance” du très attendu réacteur “Flamanville 3”, qui avait atteint pour la première fois le seuil de 80% de sa puissance mi-novembre.Le feu vert du gendarme de la sûreté nucléaire “permet à EDF de poursuivre la montée en puissance du réacteur” jusqu’à la puissance maximale et de “terminer le programme d’essais de démarrage”, déclare l’ASNR vendredi. “Les équipes de Flamanville 3 lancent les opérations de montée en puissance”, a réagi vendredi EDF auprès de l’AFP. “Les équipes sont mobilisées pour amener le réacteur à 100% de puissance d’ici la fin de l’automne”, conformément aux annonces faites précédemment.En novembre, l’énergéticien avait aussi annoncé une “visite complète” du site, impliquant l’arrêt complet du réacteur pendant 350 jours à compter du 26 septembre 2026. A cette occasion, le couvercle de la cuve, concerné par des anomalies connues de longue date, sera remplacé, justement à la demande de l’ASNR.Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, a été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date prévue.Ses coûts ont explosé par rapport au devis initial de 3,3 milliards d’euros, estimés désormais par la Cour des Comptes aux alentours de 23,7 milliards d’euros aux conditions de 2023.L’EPR, construit face à la Manche au côté de deux autres réacteurs, est le plus puissant du parc nucléaire français et doit pouvoir alimenter deux millions de foyers. Mais sa puissance théorique d’abord annoncée à 1.620 MW, reste à confirmer.Dans un rapport du 30 septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), avait en effet révélé qu’EDF lui avait communiqué une hypothèse de puissance maximale de 1.585 MW. En novembre, EDF a précisé qu’il s’agissait du “bas de la fourchette”, disant espérer atteindre les 1.620 MW. La puissance d’un réacteur, une donnée importante pour estimer sa capacité de production électrique, dépend de facteurs météorologiques influençant la température des eaux de refroidissement, mais aussi de réglages et d’optimisations. 

Dermatose: extension de la vaccination en Occitanie, sur fond de colère agricole

Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie face “à la dégradation soudaine de la situation sanitaire”, dans un contexte de colère d’éleveurs contre la stratégie d’abattage de troupeaux jusqu’ici déployée.Alors que les manifestants réclament une vaccination préventive élargie du cheptel, le ministre du Commerce Serge Papin a estimé vendredi que “la solution, c’est le vaccin””On ne résoudra que par la vaccination”, a-t-il affirmé sur Europe 1. “Tout le monde est de bonne foi dans cette affaire. L’Etat doit prendre une décision et protéger l’essentiel”, a-t-il dit.Mardi, un cas de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté en Ariège. Le lendemain, un autre l’a été dans les Hautes-Pyrénées. Ce sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie fin juin.”Face à la dégradation soudaine de la situation sanitaire, le ministère chargé de l’Agriculture a décidé d’étendre le dispositif de lutte en instaurant une zone vaccinale couvrant les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques (à l’exception des communes déjà situées en zone règlementée)”, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse vendredi.Désormais, la vaccination de tous les bovins y est obligatoire et ils ne peuvent sortir de la zone vaccinale, sauf vers un abattoir, précise le ministère.Dans un communiqué séparé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques cite aussi le département des Landes parmi ceux qui font l’objet de l’extension de la zone vaccinale.En Ariège, les agriculteurs sont toujours mobilisés contre la décision d’abattre un troupeau de vaches de la ferme où un cas de DNC a été détecté.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC en juin implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Mais les opposants à cette stratégie, soutenus par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, dénoncent un protocole “injuste et inefficace” et réclament une vaccination élargie.Le puissant syndicat FNSEA, qui a jusqu’ici soutenu le choix gouvernemental, redoutant qu’une vaccination prive la France de son statut “indemne” et donc de sa capacité à exporter, a semblé jeudi infléchir cette position.Son président Arnaud Rousseau a annoncé jeudi soir dans une vidéo à ses adhérents avoir demandé à Mme Genevard une “extension de la zone vaccinale au-delà des zones règlementées”.Lors d’un comité spécial rassemblant tous les acteurs du dossier, le gouvernement a lancé mardi la “réflexion” sur la stratégie vaccinale à adopter en 2026.Apparue en juin en France, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est non transmissible à l’humain mais peut entraîner la mort des animaux.Le ministère estime que la situation est “stabilisée” dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Jeu de l’année, record de trophées… la folle soirée du jeu français “Clair Obscur” aux Game Awards

La France au firmament du jeu vidéo: “Clair Obscur: Expedition 33”, première création du studio français Sandfall Interactive, a remporté jeudi soir le titre de “jeu vidéo de l’année” lors de la cérémonie des Game Awards à Los Angeles, une première pour une production française.Avec neuf statuettes sur les onze auxquelles il prétendait, “Clair Obscur” a éclipsé la concurrence en remportant notamment les titres de “meilleur jeu indépendant”, “meilleure direction artistique” ou encore “meilleure narration”.Il bat le record du nombre de trophées remportés par un seul jeu à cette cérémonie phare du secteur.”C’est un projet passion dans lequel on a mis toute notre âme et tout notre cœur. Etre récompensé comme ça, c’est trop beau !” a réagi le directeur du jeu Guillaume Broche à l’issue de la cérémonie, dans une vidéo transmise par le studio à l’AFP, dans laquelle il apparaît entouré de son équipe.”On espère que ça pourra inspirer d’autres studios à faire des œuvres qui viennent du cœur”, a-t-il ajouté.”Vous avez changé nos vies et celle de notre studio, et c’est vraiment merveilleux”, avait-il lancé aux joueurs quelques minutes plus tôt sur la scène du Peacock Theater, vêtu avec son équipe d’une marinière et d’un béret rouge en hommage à l’un des costumes très “frenchy” créés pour les héros du jeu.”C’était supposé être une blague”, s’est-il d’ailleurs amusé sur scène à propos de cette tenue.- Pluie de récompenses -L’équipe a reçu le “Goty” (jeu de l’année) des mains d’un autre français, Nicolas Doucet.Le directeur du studio japonais Team Asobi, propriété de Sony, avait décroché le titre l’an dernier pour “Astro Bot”, jeu de plateforme rendant hommage aux héros phares de la Playstation.En grande partie développé par une trentaine de personnes, une taille plutôt modeste comparée aux mastodontes du secteur, “Clair Obscur: Expedition 33” est, pour beaucoup de membres de l’équipe, leur premier jeu.Jeu de rôle situé dans un univers postapocalyptique, “Clair Obscur: Expedition 33” narre l’odyssée tragique d’un groupe de personnages parti défier une entité surnaturelle menaçant Lumière, ville rappelant le Paris de la Belle Epoque.Vendu à plus de cinq millions d’exemplaires, le jeu est devenu un phénomène mondial depuis sa sortie en avril.La ministre française de la Culture, Rachida Dati, a salué son “succès historique” aux Game Awards: “Bravo à l’équipe pour cet exploit qui prouve le talent de nos créateurs!”, s’est-elle réjouie sur le réseau social X.”Clair Obscur” n’a rien laissé, ou presque, à ses principaux concurrents de la soirée: “Hades 2”, “Hollow Knight: Silksong” et “Donkey Kong Bananza” repartent chacun avec une statuette. Le compositeur français de 31 ans Lorien Testard, qui signait avec “Clair Obscur” son premier projet, a lui remporté le titre de “meilleure bande-son”, après être monté sur scène pour jouer l’un des morceaux du jeu.Pour leur douzième édition, les Game Awards ont invité plusieurs célébrités, dont l’acteur Jeffrey Wright, le réalisateur J.J. Abrams ou encore le chanteur Lenny Kravitz, au casting du jeu “007: First Light”.- Retour de Lara Croft -La cérémonie de près de trois heures, suivie par des millions de spectateurs, a fait la part belle aux annonces de futurs titres.Deux nouveaux jeux mettant en scène Lara Croft, héroïne de la saga Tomb Raider, ont été présentés: “Tomb Raider: Legacy of Atlantis”, un remake du tout premier jeu sorti en 1996 sur Playstation, prévu pour 2026, et “Tomb Raider Catalyst”, nouveau titre attendu pour 2027.En outre, le studio belge Larian, grand vainqueur de l’édition 2023, a dévoilé les premières images de “Divinity”, son nouveau titre.”Star Wars: Fate of the Old Republic” et “Star Wars Galactic Racers”, deux nouveaux jeux de l’univers de science-fiction créé par George Lucas, ont également été annoncés, tout comme “Control Resonant”, du studio finlandais Remedy.De premières images d’un film basé sur la populaire saga de jeux de combat “Street Fighter”, avec l’acteur américain Jason Momoa, ont été dévoilées. Depuis 2014, les Game Awards sont organisés et présentés par l’ancien journaliste et animateur canadien Geoff Keighley.Retransmise en ligne, et pour la première fois cette année sur Prime Video, le service de streaming d’Amazon, la cérémonie des Game Awards avait revendiqué l’an dernier 154 millions de visionnages en direct dans le monde sur ses différents canaux.Le jury, composé d’une centaine de médias et d’influenceurs spécialisés, pèse pour près de 90% dans la désignation des vainqueurs, contre 10% pour le vote du public, selon le site officiel de la cérémonie.

Procès Péchier: l’anesthésiste fixé vendredi sur la peine requise à son encontre

Décrit par l’accusation comme “l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française”, il encourt la perpétuité, mais clame son innocence: l’anesthésiste Frédéric Péchier, jugé depuis trois mois à Besançon pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, connaîtra vendredi la peine requise à son encontre.Les deux représentantes du ministère public, Thérèse Brunisso et Christine de Curraize, ont poursuivi leur réquisitoire débuté la veille. Elles s’efforcent de convaincre les jurés que chaque cas de cette “affaire totalement hors norme”, marquée par “le tabou social du meurtre médical”, est bien un empoisonnement et que “tout désigne” le médecin de 53 ans comme coupable.L’accusé “n’est évidemment ni Guy Georges, ni Michel Fourniret, il n’en est pas moins un tueur en série”, a insisté Thérèse Brunisso.Qualifié de “menteur” et “manipulateur”, Frédéric Péchier est un “criminel qui a utilisé la médecine pour tuer”, ont martelé jeudi les deux magistrates.Selon elles, le praticien a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par des confrères. Son objectif: nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit.- “Meurtre psychologique”Il est aussi responsable du “meurtre psychologique” de ses collègues anesthésistes, traumatisés par la perte de leurs patients, a souligné Christine de Curraize vendredi matin à la reprise de l’audience. Elle a évoqué avec émotion la descente aux enfers de l’anesthésiste Colette Arbez, qui a été à “sept reprises la cible de Frédéric Péchier”, soit près d’un quart des empoisonnements présumés.Ces incidents cardiaques à répétition mènent les collègues de Mme Arbez à “douter de ses capacités à prendre en charge ses patients”, jusqu’à l’exclure des blocs opératoires pour la cantonner aux consultations ou aux interventions ophtalmologiques, moins à risque.Mais même en ophtalmologie, un de ses patients, âgé de 79 ans, venu se faire opérer de la cataracte, décède. C’est le “coup de grâce” qui provoquera le départ définitif de la clinique du docteur Arbez.Très affectée par la perte de ses patients, cette “femme pétillante et pimpante”, qui approchait de la fin de sa carrière, “est devenue l’ombre d’elle-même”, raconte Mme de Curraize. Elle “est partie du jour au lendemain, comme une malpropre”.Pour la magistrate, avec ce départ, Frédéric Péchier a atteint son objectif: “éliminer le docteur Arbez”.- L’accusé imperturbable -Selon les deux avocates générales, qui se relaient toute la journée pour porter l’accusation, “les tueurs en série font toujours une erreur qui signe leur perte”.C’est le cas de l’accusé, estiment-elles, notamment lors du dernier cas qui lui est imputé, celui d’un patient de 70 ans empoisonné en janvier 2017.Pendant leur exposé implacable, Frédéric Péchier est resté imperturbable, relisant ses notes, écoutant attentivement, aux côtés de sa sœur Julie Péchier et de Randall Schwerdorffer, ses deux conseils. Depuis l’ouverture du procès, où il comparaît libre, il a admis qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé, mais a constamment répété qu’il n’était pas cet empoisonneur.A quelques jours du verdict – attendu au plus tard le 19 décembre, après un procès long et “très fatigant” -, “je ne crains rien du tout”, a affirmé jeudi Me Schwerdorffer.Lundi, “on développera notre argumentaire en défense”, pour plaider l’acquittement. “Je n’ai aucun doute que la cour d’assises écoutera cet argumentaire et j’espère qu’il sera entendu”, a-t-il insisté.Interrogé jeudi soir par les journalistes sur les mots des avocates générales, qui voient en lui un “serial killer”, Frédéric Péchier a répondu de manière lapidaire: “C’est leur avis. On verra à la fin.”

Attaque informatique au ministère de l’Intérieur: “pas de trace de compromission grave”, selon Nuñez

Laurent Nuñez a affirmé vendredi qu’il n’y avait “pas de trace de compromission grave” des messageries du ministère de l’Intérieur qui ont fait l’objet d’une attaque informatique.”Il y a un assaillant qui a pu pénétrer sur un certain nombre de fichiers. On a mis en place les procédures de protection habituelles”, a dit le ministre de l’Intérieur sur RTL.Comme on lui demandait s’il savait si des fichiers avaient “été pris”, il a répondu: “on ne sait pas encore, mais on n’a pas de trace de compromission grave”.”On investigue (…) et surtout on a renforcé notre niveau de sécurité, notamment les modalités d’accès au système d’information de tous nos agents”, a développé le ministre, en rappelant qu’une enquête était “en cours”.Quant à l’origine de cette attaque, Laurent Nuñez a cité plusieurs hypothèses: ça peut être “des ingérences étrangères”, “des gens qui veulent défier les pouvoirs publics et montrer qu’ils sont capables d’accéder à des systèmes” et “ça peut être aussi de la cybercriminalité”.”Pour l’instant, on ne sait pas ce que c’est”, a-t-il conclu.Une enquête a été ouverte après la découverte de “l’existence d’activités suspectes visant des serveurs de messagerie” du ministère de l’Intérieur et des mesures ont été mises en œuvre afin de “circonscrire la menace”, avait annoncé jeudi soir la place Beauvau.

Protection de l’enfance: le Conseil national des barreaux réclame un “plan Marshall”

Le Conseil national des barreaux plaide pour “un plan Marshall de la protection de l’enfance”, qui doit être “une priorité pour la France”, a estimé vendredi Me Arnaud de Saint-Rémy, quelques jours après un nouveau scandale dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance.”Nous pensons au Conseil national des barreaux qu’il faut un plan Marshall de la protection de l’enfance” et celui-ci “doit être aujourd’hui une priorité pour la France”, a jugé l’avocat chargé des droits des enfants au Conseil, sur Sud Radio.”Il faut que l’année 2026 soit une année pour la protection de l’enfance et la lutte contre la traite des êtres humains”, a estimé Me Saint Rémy.Il a rappelé que des mineurs “se livrent à la prostitution” et que “des majeurs, des adultes (…) font des actes de prostitution avec des mineurs”.Le secteur de la protection de l’enfance est secoué par un nouveau scandale depuis la diffusion cette semaine d’une vidéo réalisée dans un foyer parisien et montrant un enfant de huit ans tondu de force, en guise de “punition”, par ses éducateurs.Jeudi, l’Assemblée nationale a adopté deux propositions de loi du groupe socialiste visant à mieux protéger les mineurs, dont l’une, votée à l’unanimité, pour garantir un avocat à chaque enfant placé ou suivi dans sa famille par des services sociaux.Environ 380.000 jeunes sont concernés par des mesures d’assistance éducative en France. Ces enfants sont, sur décision d’un juge le plus souvent, placés en famille d’accueil ou en foyer, ou bien suivis directement dans leur famille.Le plus souvent ces enfants ne sont pas assistés d’un avocat, même s’ils peuvent en faire la demande ou s’en voir désigner un par un juge, lorsqu’ils sont capables de discernement.Dans un rapport rendu public en avril, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale avait jugé que la protection de l’enfance “qui hier était à bout de souffle” est “aujourd’hui dans le gouffre”.Quelques mois plus tôt, Lily, une adolescente de 15 ans placée dans un hôtel, avait mis fin à ses jours.

Les violences sexuelles sur nourrissons, un tabou “insoutenable” qui peine à être pris en compte

“Insoutenables” et “impensables”, les violences sexuelles sur les nourrissons restent un phénomène tabou qui demeure largement sous les radars en France, en dépit des cris d’alerte de professionnels de terrain. Un enfant âgé de 0 à 2 ans représente, pour les pédocriminels attirés par les nourrissons, “la victime parfaite”: il ne dénoncera pas les faits et ne s’en souviendra pas, donc ils se disent “ce n’est pas si grave”, développe auprès de l’AFP Marion Pierre, pédiatre au service de médecine légale à Rennes. Pour la première fois en novembre, la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) a publié des chiffres concernant les tout-petits: 614 bébés ont été accueillis pour des faits de violences sexuelles dans une unité médico-judiciaire (UMJ) en 2024.Ils représentent 2% des 73.992 victimes violences sexuelles et sexistes reçues dans ces unités, selon la Miprof.”Ce chiffre n’est que la part visible d’une réalité insoutenable”, estime auprès de l’AFP Sarah el Haïry, Haute Commissaire à l’Enfance. “On parle d’enfants qui ne peuvent ni parler, ni marcher, ni demander de l’aide. Des enfants incapables de dénoncer, incapables de se défendre.”Un chiffre “largement sous-évalué”, abonde Aurélie Besançon, cheffe de l’Office mineurs (Ofmin), pour qui “le chiffre noir est bien plus conséquent”.”Les nourrissons sont très observés” et pourtant “ça existe”, ajoute Christophe Molmy, qui dirige la Brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne.  – Absence de traces -L’été dernier, la mise en examen d’une infirmière et de son ex-compagnon pour des agressions sexuelles sur des nouveau-nés à la maternité de Montreuil (Seine-Saint-Denis), a mis en lumière ce phénomène, encore tabou. “Les violences sexuelles sur les nourrissons sont totalement invisibilisées parce que c’est impensable”, considère Marion Pierre. “C’est quelque chose de tabou d’un point de vue du grand public, les violences sexuelles sur un bébé, (…) c’est inimaginable”, renchérit Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’enfance.Les agresseurs, majoritairement des hommes, se situent dans le cercle restreint qui entoure un bébé les premiers mois de sa vie – famille, entourage, professionnels de la petite enfance. Toutes les classes sociales sont concernées et aucune région n’est particulièrement épargnée, précise la cheffe de l’Ofmin. Les procédures judiciaires – aucun chiffre n’est disponible – se heurtent souvent à l’absence de marques sur le corps des tout-petits. “Une fellation avec un bébé, ça ne fera pas de traces, une introduction d’un doigt ou d’un objet fin, ça ne fait pas forcément de blessures”, relate Hélène Romano, psychologue et coautrice d’une des rares études sur “Le viol des bébés, repérage et prise en charge”, publiée en 2024. Autre difficulté rencontrée dans les procédures et pointée par Marion Pierre, le fait que les suspicions de violences sexuelles soient “dénoncées par des mères qui essayent de mettre (leur enfant) en protection”, mais qui “sont vite traitées de folles et d’aliénantes”.Au-delà des traces physiques, d’autres éléments peuvent donner l’alerte et faire l’objet d’investigations. Un nourrisson va exprimer son mal-être par son comportement: troubles du sommeil, refus d’être changé ou allongé, perturbation de la courbe de taille et/ou de poids.  “Vous avez des enfants qui restent dans le transat totalement immobiles, qui ne font pas de bruit. Ou des enfants qui sont hyper-réactifs aux bruits et qui sont hypervigilants”, détaille Marion Pierre. D’autres adoptent une “position très passive au moment du change, vont écarter les fesses”, poursuit-elle. Ils se dissocient, (…) ils font ce qu’on attend d’eux: se laisser faire”. – “Mémoire traumatique” du corps -Parfois, même “quand il y a des blessures, on va avoir des situations où des professionnels ne pensent pas que cela peut être une agression”, souligne Hélène Romano.La psychologue cite le cas de parents qui s’inquiètent à la découverte de sang dans la couche de leur fille de sept mois. Une pédiatre avance l’hypothèse hormonale, sans envisager une agression. Mais “le fils de la nounou a été surpris en train d’agresser un autre enfant, ils ont tout remonté et au final, leur fille a été violée par cet adolescent”.Quand un mis en cause conteste les accusations et que l’infraction ne peut être caractérisée faute de preuves notamment physiques, les enquêteurs parviennent parfois à l’accrocher grâce aux images pédopornographiques découvertes en perquisition.Certains signaux d’alerte peuvent, par ailleurs, ne survenir que des années plus tard, selon Hélène Romano et Marion Pierre qui alertent sur “la mémoire traumatique” du corps: les enfants, agressés sexuellement lorsqu’ils étaient bébés, peuvent manifester des troubles “à distance”, quand ils ont “3, 4 ans, 5, 6 ans” avec “des comportements sexuels très agressifs sur eux-mêmes” ou “sur les autres”. Pour les deux femmes comme pour les autres acteurs rencontrés par l’AFP, une prise en compte par la société, le monde médical et les pouvoirs publics est indispensable pour lutter contre ce phénomène et “mettre à l’abri” les petites victimes.

Brandt: le gouvernement “ne laisse pas tomber” et veut “un nouveau projet”

Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, affirme vendredi qu’il “ne laisse pas tomber” Brandt et estime qu’il est possible “d’imaginer un nouveau projet”, au lendemain d’une décision de justice ordonnant la liquidation judiciaire du groupe d’électroménager.”Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt”, a déclaré le ministre, soulignant qu'”il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs-faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site”, vendredi sur TF1.Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, qui employait quelque 700 personnes, notamment près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel du groupe, avec 350 salariés.La justice a ainsi rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois.”D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi”, a ajouté M. Martin. Il n’a cependant pas écarté, dans un premier temps, l’échéance du plan social: “on accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit”, a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises “dynamiques” du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver un emploi.  A l’annonce de la décision du tribunal, jeudi, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et Sébastien Martin, ont rappelé que l’Etat et les collectivités avaient mobilisé une vingtaine de millions d’euros, et déploré que “les autres acteurs indispensables” n’aient “pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, désignant, sans les nommer, les banques.”Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai”, a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, “face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite”.”Je suis prudent, mais il reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire”, a renchéri Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, dans le même temps vendredi, sur Europe 1. “Les banques qui font défaut actuellement, (…) en voyant le sérieux et la robustesse d’un projet alternatif pourraient peut-être s’engager”, a-t-il ajouté.