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L’actualisation de la Loi de programmation militaire repoussée à début 2026

Une actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 sera présentée  au Parlement “au premier trimestre 2026″ et non plus d’ici la fin de l’automne comme prévu initialement, a annoncé mardi la ministre des Armées Catherine Vautrin.”Les textes budgétaires prennent beaucoup de temps et donc l’actualisation de la loi de programmation militaire se passera au premier trimestre de 2026”, a-t-elle déclaré sur TF1.L’actualisation de la LPM, qui prévoit 413 milliards d’euros pour les armées entre 2024 et 2030, est rendue nécessaire par une rallonge budgétaire supplémentaire souhaitée par le président Emmanuel Macron de 3,5 milliards d’euros en 2026 et d’une autre de 3 milliards en 2027.Le projet de budget pour 2026, qui reflète cette “surmarche” de 3,5 milliards d’euros pour la défense, s’élève à 57,1 milliards d’euros, en hausse de 13%.”L’Europe se réarme. La situation mondiale est une situation qui a beaucoup changé. Les dividendes de la paix sont terminés. Augmenter le budget (…) nous le faisons évidemment pour augmenter notre sécurité, pour quelque part montrer que la France est capable de se défendre”, a fait valoir la ministre.Des débats suivis de votes auront lieu à l’Assemblée nationale le 10 décembre sur ce budget défense, “qui est le seul budget en augmentation importante présenté dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2026”, a rappelé Mme Vautrin.Ces débats font partie des discussions parlementaires thématiques voulues par le Premier ministre Sébastien Lecornu sur des sujets jugés prioritaires face au “blocage” sur le budget au Parlement. Il s’agit de débats en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, suivis d’un vote non contraignant pour l’exécutif.Le projet de budget défense 2026 prévoit notamment une hausse de 10%, à 6,5 milliards d’euros, des crédits d’entretien des matériels afin d’accroître leur disponibilité. Il prévoit aussi “d’améliorer l’équipement des forces et d’accélérer leur livraison pour être prêt à un engagement au plus tôt”, selon les documents budgétaires.Les crédits d’acquisition d’équipements et matériels sont ainsi en hausse de 37%, à 22,9 milliards d’euros. Le ministère prévoit par ailleurs la création de 800 postes pour atteindre près de 272.300 équivalents temps plein en 2026.

L’Assemblée ouvre une semaine décisive pour le budget de la Sécu

Un acte 2 décisif: les députés planchent à nouveau mardi sur le budget de la Sécurité sociale, à l’avenir très incertain, avec encore de multiples compromis à trouver pour le gouvernement à gauche… sans perdre sa droite. Retraites, franchises, déficit à contenir… Les sujets explosifs ne manquent pas, tous facteurs d’une équation difficile pour rassembler des voix de groupes aux positions souvent opposées.Une adoption du texte mardi prochain serait une victoire majeure pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui, contraint par son absence de majorité, place le Parlement au centre de la construction budgétaire. Des cadres du camp gouvernemental espèrent qu’elle enclenche une dynamique positive pour le budget de l’Etat, encore plus clivant.Mais un rejet serait un désaveu cinglant de la méthode gouvernementale.L’examen du texte devrait commencer en fin d’après-midi, en présence du Premier ministre, par une motion de rejet préalable des Insoumis, a priori vouée à l’échec. Les débats sur les quelque 980 amendements pourront aller jusqu’à dimanche. A mi-parcours, les députés voteront d’abord sur la partie “recettes”. Rejetée, elle emporterait l’ensemble du texte.Son adoption de justesse en première lecture avait permis de débattre notamment de la suspension de la réforme des retraites, concédée par le gouvernement contre une non-censure du PS. Les députés n’avaient pas fini l’examen dans les temps, et le Sénat a profondément remanié le texte, annulant la suspension de la réforme. C’est de sa copie que les députés repartent.- “Dernier kilomètre” -Le moment est crucial car si le dernier mot est donné à l’Assemblée après un nouveau passage au Sénat, la copie finale ne pourra que très peu différer de celle écrite par les députés cette semaine.Pour le rapporteur général Thibault Bazin (LR), “si on évite les irritants, et qu’on n’en crée pas de nouveau (…) on peut avoir un chemin”.Mais cela impliquera selon lui un déficit de la Sécu plus important que 20 milliards d’euros, limite fixée par le gouvernement, alors que l’Assemblée en première lecture le portait à 24 milliards.”On a l’impression d’être à la veille d’un match de Ligue des Champions”, souligne Jérôme Guedj, député PS. “Sur les 660 milliards du budget de la Sécu, le dernier kilomètre porte” sur quelques milliards, note-t-il.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minimas sociaux et pensions de retraites. Et suspendre de nouveau la réforme des retraites.Une bataille aura lieu sur une mesure proposée par la gauche pour engranger des recettes: l’augmentation de la part de CSG sur les revenus du capital. Irritant la droite, elle avait motivé certains députés LR et Horizons à s’abstenir en première lecture.”Ils refusent toute recette supplémentaire”, déplore Sandrine Rousseau (groupe écologiste), alors qu’il manque “5 milliards rien que pour que les hôpitaux fonctionnent correctement”.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret.”Il doit renoncer” à cette “mesure injuste”, a martelé le groupe écologiste, dont le vote pourrait être décisif. Sébastien Lecornu le rencontrera mardi.Côté Rassemblement national, Christophe Bentz dénonce à la fois des “dérapages et insincérités budgétaires” et des mesures “injustes socialement et contraignantes économiquement”. – “Qu’un chemin: le compromis” -A l’approche du match, tout le monde semble se renvoyer la balle.Les socialistes estiment que le gouvernement doit convaincre les écologistes. “Le PS doit faire le travail” auprès d’eux, lance en retour un cadre Renaissance, qui appelle parallèlement PS et LR à se “rendre compte qu’ils ont besoin (des concessions) de l’un et l’autre” pour que le texte passe.”Je ne suis pas là pour rassurer les gens. Les parlementaires, ils sont là pour rassurer les Français”, en adoptant un budget, a insisté lundi M. Lecornu.Le gouvernement, qui alerte sur un déficit de la Sécu approchant “30 milliards” en l’absence de budget, pourrait-il ressusciter le 49.3 pour passer l’obstacle ? Certains députés le souhaitent, estimant plus facile pour les socialistes, voire pour Horizons et LR, de ne pas censurer le gouvernement que de voter ce compromis.Une piste écartée par l’entourage de M. Lecornu: “il n’y a qu’un chemin, le compromis parlementaire”.

Pietro Beccari, PDG de Louis Vuitton, prend aussi la tête de LVMH Fashion Group

Pietro Beccari, PDG de Louis Vuitton, a été nommé à la tête de LVMH Fashion Group, en remplacement de Sidney Toledano, et cumulera les deux fonctions à partir du 1er janvier, a annoncé le géant du luxe dans un communiqué mardi.LVMH Fashion Group est la division qui regroupe les maisons Celine, Givenchy, Kenzo, Loewe, Marc Jacobs, Patou, Pucci et Rossimoda.Pietro Beccari a rejoint le groupe LVMH en 2006, d’abord comme directeur marketing et communication de Louis Vuitton avant de devenir PDG de Fendi puis de Christian Dior Couture en 2018.Il a été nommé PDG de Louis Vuitton en 2023. Le directeur général délégué de Louis Vuitton, Damien Bertrand, devient membre du comité exécutif de LVMH a également annoncé le groupe.”Après plus de 30 années aux côtés de Bernard Arnault, président-directeur général du groupe LVMH, Sidney Toledano a décidé de cesser ses fonctions opérationnelles”, précise le communiqué de presse. Sidney Toledano, a notamment passé 20 ans à la tête de Dior avant de prendre la direction de LVMH Fashion Group entre 2018 et janvier 2024, puis à nouveau depuis juillet 2025 après la nomination de Michael Burke aux Etats-Unis.Il “a toujours su répondre présent, en toutes circonstances, avec détermination, talent et loyauté. Il demeure mon conseiller spécial”, le loue dans le communiqué Bernard Arnault, PDG du numéro un mondial du luxe.

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Indonésie: comment la déforestation a aggravé les inondations

Les inondations meurtrières qui ont fait des centaines de victimes en Indonésie sont principalement dues aux pluies de mousson et à une tempête tropicale exceptionnelle. Mais un autre facteur pourrait également avoir joué un rôle: la déforestation qui défigure Sumatra.Ecologistes, experts et même le gouvernement indonésien ont souligné la responsabilité de la déforestation dans les crues soudaines et les glissements de terrain qui ont déversé des torrents de boue et piégé les habitants sur les toits, faisant selon le dernier bilan plus de 680 morts.Quand les forêts disparaissent, elles ne peuvent plus absorber les précipitations et stabiliser le sol grâce à leurs racines, rendant les régions plus sujettes aux crues et aux éboulements.Or, l’Indonésie figure parmi les pays qui enregistrent les plus fortes pertes forestières annuelles.En 2024, plus de 240.000 hectares de forêt primaire ont ainsi disparu, même si c’est un peu moins que l’année précédente, selon une analyse du projet Nusantara Atlas de la start-up de conservation The TreeMap.”Les forêts en amont agissent comme une barrière protectrice, un peu comme une éponge”, explique David Gaveau, fondateur de The TreeMap. “La canopée capte une partie de la pluie avant qu’elle n’atteigne le sol. Les racines contribuent également à stabiliser le sol”. A contrario, “lorsque la forêt est défrichée en amont, l’eau de pluie ruisselle rapidement dans les rivières, provoquant des crues soudaines”, ajoute M. Gaveau.- “Prévenir la déforestation” -Les défenseurs de l’environnement exhortent depuis longtemps le gouvernement à mieux protéger les forêts du pays, qui constituent également un puits de carbone essentiel, absorbant le dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique.Le président Prabowo Subianto a lui-même déclaré vendredi qu’il fallait “absolument empêcher la déforestation et la destruction des forêts”.”Protéger nos forêts est crucial”, a-t-il ajouté avant de se rendre lundi dans les zones sinistrées.Les inondations ont charrié non seulement des torrents de boue mais aussi du bois abattu, alimentant les spéculations sur le lien entre la déforestation et la catastrophe.Sur une plage de Padang, l’AFP a vu des ouvriers occupés, à l’aide de tronçonneuses, à débiter d’énormes troncs d’arbres jonchant le sable.Selon plusieurs médias, le ministère des Forêts enquêterait sur des allégations d’exploitation forestière illégale dans les zones touchées.”Le pendule entre l’économie et l’écologie semble avoir trop penché du côté de l’économie et doit être ramené au centre”, a estimé ce week-end le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni.Dans l’une des zones les plus touchées, Batang Toru, pas moins de sept entreprises sont présentes, indique Uli Arta Siagian, du groupe indonésien de conservation Walhi.”Une mine d’or a déjà rasé environ 300 hectares de forêt… la centrale hydroélectrique de Batang Toru a entraîné la disparition de 350 hectares de forêt”, ajoute-t-elle.De plus, de vastes étendues forestières ont également été converties en plantations de palmiers à huile. “Tout cela contribue à accroître notre vulnérabilité”, souligne encore Mme Uli à l’AFP.- Protéger et restaurer -Sumatra, où les dégâts causés par les inondations se sont concentrés, est particulièrement vulnérable car ses bassins fluviaux sont relativement petits, explique Kiki Taufik, responsable de la campagne forêts de Greenpeace Indonésie.”Le changement massif du couvert forestier est le principal facteur à l’origine des crues soudaines”, affirme-t-il accusant le gouvernement d’accorder “de manière imprudente et négligente” des permis pour les mines et les plantations.Les taux de déforestation à Sumatra sont plus élevés que la moyenne dans le reste de l’Indonésie, indique pour sa part Herry Purnomo, directeur national du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR-ICRAF).La disparition des forêts accroît également les risques d’inondations, car la terre est emportée dans les rivières, ce qui rehausse le lit des cours d’eau et réduit leur capacité à absorber les averses torrentielles soudaines, ajoute-t-il.”Deux choses sont nécessaires”, préconise M. Herry, également professeur à l’université IPB de Bogor: “prévenir la déforestation, l’éviter, et également procéder à la restauration des forêts”.

Foie gras et volailles festives investissent dans la publicité avant les fêtes

Les filières du foie gras et de la volaille haut de gamme misent sur des campagnes publicitaires d’envergure pour assurer leur présence sur les tables des fêtes de fin d’année et rattraper plusieurs années difficiles.Entre 2021 et 2023, l’offre de produits festifs issus de l’élevage de volaille a été fortement touchée par les épizooties de grippe aviaire dont la dernière en 2022 avait conduit à l’abattage de dizaines de millions de volailles. La production de foies gras avait alors chuté de près de moitié, à plus de 8.000 tonnes en 2022 contre 16.000 en 2020, avant de rebondir à près de 14.000 en 2024. En 2025, les professionnels du secteur annoncent des productions “stables” pour les filières du foie gras et des volailles festives (chapon, dinde, pintade…).Mais pour éviter de nouvelles saisons dévastatrices, la France a mis en place la vaccination obligatoire dans les élevages supérieurs à 250 canards depuis 2023. Elle est à ce jour le seul pays européen à l’avoir rendue obligatoire.La menace de la grippe aviaire n’a pas pour autant disparu: elle connait un rebond en Europe depuis début août avec 235 foyers recensé par la plateforme ESA, dont 24 foyers dans des élevages de volailles français.”Il n’y a pas eu de cas d’influenza aviaire dans les volailles festives, le produit sera donc bien sur les tables de fin d’année”, a cependant affirmé Patrick Pageart, trésorier d’Anvol, l’interprofession des volailles de chair, lors d’une conférence de presse le 25 novembre.En 2024, le retour des produits festifs en rayon s’est traduit par une hausse de leur consommation: +10,4% pour les achats de foie gras en volume et +5,4% pour les volailles.Cette année, la filière souhaite poursuivre la dynamique en mettant “tout en œuvre pour favoriser la demande”, a assuré Benoît Drouin, président du syndicat des labels avicoles (Synalaf).Les filières ont lancé d’importantes campagnes de communication à l’image du Cifog, l’interprofession du foie gras, qui a annoncé investir “deux millions d’euros dans la communication” lors d’une conférence de presse en novembre.- Réseaux sociaux -Avec deux spots publicitaires diffusés depuis la mi-novembre après quatre ans d’absence à la télévision et des collaborations avec des influenceurs culinaires sur les réseaux sociaux, le Cifog espère “donner envie de consommer” du foie gras.Dans le secteur de la volaille, le Synalaf a investi dans une “puissante campagne de rentrée” — confinancée par l’Union européenne — tandis que les acteurs de la filière encouragent également “les mises en avant des volailles festives dans les grandes surfaces”, comme l’a expliqué Yann Nédélec, directeur d’Anvol.La crise inflationniste en 2022 et 2023 a poussé les Français à changer leurs habitudes de consommation en optant pour des produits “alternatifs qui pouvaient être un peu moins chers”, observe Juliette Favre, experte en produits de grande consommation au sein du cabinet de conseil Circana, interrogée par l’AFP.Depuis 2024, la hausse de l’offre et le ralentissement de l’inflation ont permis “un recul des prix” du foie gras selon les chiffres de Circana: notamment, -2,8% sur les deux premières semaines de novembre 2025 par rapport à 2024. En revanche, pour les volailles entières en libre service hors rayon boucherie traditionnelle, les “prix sont presque stables” avec une légère inflation de 1,4% par rapport à novembre 2023.La filière du foie gras mise également sur des campagnes de communication pour répondre à la défiance d’une partie des consommateurs. Un rapport FranceAgriMer de 2023 soulignait que les 18-34 ans accordent moins de confiance au secteur notamment sur les questions de bien-être animal. Le Cifog multiplie ainsi les initiatives: participation à la campagne européenne “Teach Further” et diffusion, depuis 2024, d’une série de vidéos sur les réseaux sociaux dans laquelle vétérinaires et éleveurs décrivent les pratiques d’élevage et d’engraissement.”En dépit de tout ce qu’on peut dire sur le gavage, le foie gras ne baisse pas en quantité consommée”, souligne Christophe Burtin, spécialiste de l’alimentaire du cabinet de conseil français Kéa. Les achats de foie gras ont enregistré une hausse de 55,3% en volume sur les six premiers mois de 2025 par rapport au premier semestre 2024 selon les chiffres communiqués par le Cifog, qui affirme que “cette dynamique permet aux professionnels de la filière d’aborder la saison des réveillons avec sérénité”. 

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Inondations en Asie: course contre la montre pour venir en aide aux survivants

En Indonésie, où les inondations et glissements de terrain ont fait plus de 630 morts et 500.000 déplacés, l’urgence est désormais d’acheminer de la nourriture aux sinistrés dans de nombreuses zones totalement isolées, alors que le bilan des intempéries en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka atteint près de 1200 morts.Les pluies torrentielles de la mousson, associées à deux cyclones tropicaux distincts la semaine dernière, ont déversé des trombes d’eau sur l’ensemble du Sri Lanka et certaines régions de Sumatra (Indonésie), du sud de la Thaïlande et du nord de la Malaisie.Le bilan en Indonésie est monté mardi à 631 morts et un million de personnes évacuées, a indiqué l’Agence nationale de gestion des catastrophes.Selon les experts, le changement climatique engendre des épisodes de pluie plus intenses car une atmosphère plus chaude contient davantage d’humidité, et des températures plus élevées dans les océans peuvent amplifier les tempêtes.Si la pluie a cessé, permettant aux eaux de se retirer en partie, la catastrophe a laissé derrière elle un paysage de désolation et un choc pour les survivants désormais confrontés à d’énormes difficultés pour trouver de la nourriture ou de l’eau potable.Dans la région d’Aceh, à l’extrémité occidentale de Sumatra, déjà meurtrie par le tsunami dévastateur de 2004, ceux qui en ont les moyens constituent des réserves par crainte de pénuries, ont indiqué des habitants à l’AFP.”Les routes sont en grande partie coupées dans les zones inondées”, a déclaré Erna Mardhiah, 29 ans, au milieu d’une longue file d’attente à une station-service de Banda Aceh.”Les gens craignent de manquer de carburant”, a-t-il ajouté, alors qu’il fait la queue depuis déjà deux heures.La nourriture se fait si rare que les prix explosent. “La plupart des choses sont déjà hors de prix… les piments à eux seuls coûtent désormais jusqu’à 300.000 roupies le kilo (15,5 euros), c’est probablement pourquoi les gens achètent en panique”, a-t-il dit.Lundi, le gouvernement indonésien a annoncé l’envoi de 34.000 tonnes de riz et de 6,8 millions de litres d’huile de cuisson aux trois provinces les plus touchées: Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest.”Il ne peut y avoir aucun retard”, a affirmé le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, alors que beaucoup ont appelé le président Prabowo Subianto à décréter un état d’urgence national afin d’accélérer et de coordonner le déclenchement des aides. – “Risques de pénurie et de famine” -Les organisations humanitaires ont indiqué qu’elles s’efforçaient d’acheminer de l’aide vers les zones sinistrées, tout en avertissant que les marchés locaux étaient à court de produits de première nécessité et que les prix des produits disponibles avaient triplé.”Les communautés de toute la province d’Aceh courent un grave risque de pénurie alimentaire et de famine si les chaînes d’approvisionnement ne sont pas rétablies dans les sept prochains jours”, a prévenu l’organisation caritative Islamic Relief.Dans les différentes provinces de Sumatra, où le bilan pourrait encore s’alourdir alors que 472 personnes sont toujours portées disparues et 2.600 ont été blessées, les habitants évoquent des scènes terrifiantes, face à la montée soudaine des eaux.La crue a été “irrésistible, comme une vague de tsunami”, a témoigné Zamzami, un habitant de Aceh Est.”Nous ne pouvons pas expliquer à quel point le flot paraissait immense”, a dit cet homme de 33 ans, qui, comme beaucoup d’Indonésiens, ne porte qu’un seul nom.Une autre tempête a provoqué de fortes précipitations au Sri Lanka, déclenchant des crues soudaines et des glissements de terrain qui ont fait au moins 390 victimes et 352 disparus.Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l’état d’urgence, s’est engagé samedi dans un discours à reconstruire les zones dévastées, après la catastrophe “la plus importante de notre histoire”.L’armée de l’air srilankaise, appuyée par ses homologues indienne et pakistanaise, a procédé à l’évacuation de résidents bloqués et à la livraison de nourriture.Les pluies se sont calmées dans tout le pays, mais les alertes aux glissements de terrain restent en vigueur dans la majeure partie de la région centrale la plus touchée, ont indiqué les autorités.burs-sah-ebe/tmt

L1: incidents à Nice, deux joueurs et un dirigeant pris à partie par des supporters

La situation devient délétère à Nice: après une sixième défaite d’affilée dimanche, deux joueurs et le directeur sportif du club ont été pris à partie physiquement par leurs propres supporters devant le centre d’entraînement, dans la nuit de dimanche à lundi.D’après plusieurs témoins de ces incidents, qui ont eu lieu au retour de Lorient, où l’OGCN a été battu 3-1 en Ligue 1, les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga, ainsi que le directeur sportif Florian Maurice, ont notamment été pris pour cible.Selon une source ayant connaissance des incidents, qui a confirmé à l’AFP une information de L’Equipe et de RMC, Boga est depuis ce lundi, et pour cinq jours, en ITT (arrêt de travail). Il a également déposé plainte contre X. Moffi aurait lui aussi reçu des coups et serait également en ITT, selon les deux médias sportifs.”Ces violences physiques sont intolérables”, a réagi lundi soir dans un communiqué l’UNFP, le syndicat des joueurs, indiquant avoir “immédiatement pris contact” avec Boga et Moffi. “Face à ces violences et aux plaintes déposées, notre syndicat se réserve le droit de se constituer partie civile”, a-t-il ajouté.Ces incidents sont intervenus au moment où le club azuréen sort de six défaites consécutives, en championnat et Ligue Europa.- Nice “condamne” -Au retour de Lorient, “400 supporteurs au moins attendaient le car des joueurs devant le portail du centre d’entraînement”, a raconté à l’AFP Maxime Bacquié, journaliste d’Ici (ex France Bleu) en charge du suivi du club et seul reporter présent sur place.A 23h15, selon la même source, ils ont barré le passage du car puis ont allumé des fumigènes et entonné des chants hostiles. Un de leurs représentants a été autorisé à monter à bord du car pour discuter.Parmi les premiers à en sortir, Florian Maurice, jugé responsable du recrutement défaillant de l’été dernier, a été “très chahuté”, d’après le journaliste. Il a dû être “exfiltré, hagard”, par le service de sécurité.Dans un bref communiqué lundi soir, l’OGC Nice a dit comprendre “la frustration générée par la succession de contre-performances”. “En revanche, les débordements constatés durant ce rassemblement sont inacceptables, plusieurs membres du club ayant été pris à partie. L’OGC Nice leur apporte tout son soutien et condamne ces actes avec la plus grande fermeté”, a ajouté le club azuréen.Contacté par l’AFP, Maurice n’a pas donné suite. Il avait dit après la défaite à Lorient: “Notre responsabilité est de faire en sorte que ce groupe puisse (…) jouer ensemble et dans les moments difficiles réagir ensemble. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas”.Les débordements ont duré environ 45 minutes, période durant laquelle l’entraîneur Franck Haise s’est efforcé d’échanger avec les supporters. Il a reconnu ne pas parvenir à faire vivre un groupe ensemble pour la “première fois”. Mais il a répété être “prêt au combat”. Le président de l’OGCN Fabrice Bocquet n’était pas sur place.- Plusieurs incidents récents -Plusieurs incidents ont déjà impliqué des supporters niçois ces dernières saisons.En août 2022, le match Nice-Marseille avait dû être arrêté, des ultras de la Tribune Populaire Sud étant descendus sur la pelouse pour en découdre avec les joueurs de l’OM, notamment Dimitri Payet, précédemment touché par une bouteille jetée des gradins. En mai de cette même année, un chant insultant envers l’ancien attaquant argentin de Nantes Emiliano Sala, décédé en 2019, avait également été unanimement condamné.Début 2025, encore contre Marseille, cette même tribune avait exhibé une banderole jugée “raciste et injurieuse” par l’OM et la Ligue. Le club avait dit s’y être opposé sans succès. La tribune avait été fermée trois matches.Mi-octobre, lors du match Nice-Lyon, la classe politique locale avait en revanche globalement apporté son soutien aux Ultras de la même tribune après l’interruption momentanée du match à cause de chants anti-Daech jugés homophobes.Dimanche, Nice, 10e avec 17 points, recevra Angers, 12e. Après deux jours de repos, l’équipe doit reprendre l’entraînement mercredi.