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La natalité, notamment freinée par des craintes financières, selon une consultation citoyenne

Qu’est-ce qui vous empêche d’avoir un enfant ? La crainte de manquer de moyens financiers, la peur de l’avenir ou tout simplement l’absence d’un partenaire, ont répondu les 30.000 Français qui ont participé à une consultation citoyenne sur la natalité.Ouverte sur le site de l’Assemblée nationale du 23 octobre au 4 décembre, cette consultation publique visait à recueillir “les témoignages et les expériences concrètes des Français” afin “de mieux comprendre les freins” aux projets de famille, dans le cadre d’une mission d’information sur la natalité, explique un communiqué vendredi. “Le désir d’enfant reste important” mais “ne se concrétise pas toujours”, en raison de multiples facteurs, relève le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), rapporteur de cette mission, cité dans le communiqué. “La peur d’un déclassement social, financier ou professionnel est un frein important”, notamment.Parmi les répondants, 28% ont évoqué “l’aspect financier de l’éducation et de l’entretien” comme principal frein pour avoir un premier enfant, 18% les “inquiétudes liées à l’avenir de la société” et 15% les craintes autour de la conciliation entre vie professionnelle et personnelle.S’il s’agit d’avoir un enfant supplémentaire, 42% des répondants citent l’aspect financier comme frein principal.Interrogés sur les mesures qui pourraient les aider à franchir le pas pour avoir un enfant ou un enfant supplémentaire, les répondants ont d’abord plébiscité des “congés parentaux plus longs et mieux rémunérés” puis des politiques publiques en faveur des modes de garde.Cette consultation a aussi fait émerger la problématique de l’absence de partenaire stable. “La crise de la conjugalité est une réalité qui pèse directement sur la natalité”, souligne Jérémie Patrier-Leitus.Parmi les répondants, 81% étaient âgés de 25 à 45 ans. Plus des trois quarts sont des femmes. Une majorité habitent dans des grandes villes ou des villes de taille moyenne et dispose d’un salaire supérieur au salaire médian, soit environ 2.200 euros nets.Leurs réponses alimenteront les travaux de la mission qui publiera un rapport en janvier.La natalité décline en France depuis plusieurs années. En 2024, 660.800 nouveaux-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee, soit le plus faible nombre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la troisième année consécutive.Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement du système de protection sociale. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.

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Indonésie: les mosquées inondées, les fidèles ne savent pas où prier

Dans l’île indonésienne de Sumatra, ravagée par des inondations qui ont fait près de 1.000 morts, des arbres déracinés par milliers témoignent du désastre autour d’une mosquée inaccessible aux fidèles qui, vendredi, ne savaient pas où prier.Le bilan de ces inondations parmi les pires que Sumatra ait récemment connues, dans le nord de l’île, y compris à Aceh (dévasté par un tsunami en 2004), s’élevait vendredi à 995 morts, 226 disparus et près de 890.000 personnes déplacées, selon l’Agence nationale de gestion des catastrophes.A Darul Mukhlisin, vendredi, jour de prière pour les musulmans, les rescapés des inondations meurtrières ne peuvent toujours pas accéder à la mosquée, dont l’entrée est barrée par des milliers d’arbres depuis les pluies torrentielles qui se sont abattues il y a deux semaines.”Nous n’avons aucune idée d’où provient tout ce bois”, déclare Angga, 37 ans, originaire du village voisin de Tanjung Karang.Avant le déluge, la mosquée était très fréquentée par les fidèles qui assistaient aux prières quotidiennes et du vendredi.”Aujourd’hui, elle est impraticable. La mosquée se trouvait près d’une rivière”, a ajouté Angga. “Mais la rivière a disparu, elle s’est changée en terrain mort.”Des villageois ont déclaré à l’AFP que la structure de la mosquée avait probablement absorbé une grande partie de l’impact des arbres et troncs d’arbres emportés par les torrents en aval. Elle a ainsi évité des destructions encore plus importantes, selon eux.L’AFP a constaté sur place que la mosquée était totalement cernée par des monceaux d’arbres déracinés et de troncs, probablement venus d’ exploitations forestières voisines.- Exploitation forestière incontrôlée  -Les autorités ont attribué en partie l’ampleur des dégâts à l’exploitation forestière incontrôlée.Les écologistes affirment que la déforestation généralisée a aggravé les inondations et les glissements de terrain, en détruisant la couverture forestière qui stabilise normalement les sols et retient les précipitations. L’Indonésie figure régulièrement parmi les pays affichant les taux de déforestation annuels les plus élevés.Le président Prabowo Subianto, en visite vendredi dans le district d’Aceh Tamiang, a assuré aux victimes que le gouvernement s’efforçait de rétablir la situation.”Nous savons que les conditions sont difficiles, mais nous les surmonterons ensemble”, a-t-il déclaré, appelant la population à “rester vigilante et prudente”.Il a également présenté ses excuses “pour les éventuelles défaillances, mais nous travaillons d’arrache-pied”, a-t-il ajouté.Abordant les questions environnementales, M. Prabowo a appelé à une meilleure protection des forêts.”Les arbres ne doivent pas être abattus sans discernement”, a-t-il poursuivi.”Je demande aux gouvernements locaux de rester vigilants, de surveiller et de protéger notre nature du mieux possible”, a-t-il souligné.Mais la frustration va croissante, les victimes des inondations se plaignent de la lenteur de l’aide.Le coût de la reconstruction après la catastrophe pourrait s’élever à 51.820 milliards de roupies (3,1 milliards de dollars) et le gouvernement indonésien se refuse à solliciter l’aide internationale.Babo, Khairi Ramadhan, 37 ans, s’est rendu dans le village voisin de Babo, comptant  trouver une autre mosquée pour prier.”Je vais en trouver une qui n’a pas été touchée par les inondations”, assure-t-il. “Certaines ont peut-être déjà été nettoyées. Je ne veux plus être habité par le chagrin.” 

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La France met à jour sa méthode pour devenir “neutre en carbone” en 2050

Le gouvernement a publié vendredi la stratégie actualisée de la France pour devenir “neutre en carbone” en 2050, un objectif extrêmement ambitieux qui passe entre autres par la fin du pétrole et du gaz.Ce projet de troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) paraît dix ans jour pour jour après l’Accord de Paris, traité signé en France pour abaisser les émissions de gaz à effet de serre mondiales.Depuis, le pays est resté fidèle à l’objectif de sortir des activités industrielles et des énergies qui alimentent le réchauffement de la planète.”Au terme de ces dix ans, nous pouvons être fiers du chemin parcouru”, écrit le président Emmanuel Macron dans une tribune publiée par le site d’opinions Projet Syndicate. Il y vante “la réussite de notre écologie à la française, qui combine progrès et protection, qui permet de réduire nos émissions et le chômage à la fois”.La France, avec l’Union européenne plus généralement, a des partenaires qui croient aussi à ces objectifs. Mais ils semblent de moins en moins influents, comme l’ont montré les négociations internationales récentes, en particulier à la conférence climat de novembre (COP30) à Belém (Brésil).Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, comptent sur les hydrocarbures pour leur avenir, tandis que leur président Donald Trump ne croit pas aux prévisions des climatologues. De plus, de grands pays émergents ne souhaitent pas que la sortie des énergies fossiles soit un objectif explicite de la communauté internationale.En France, l’opinion publique est divisée sur les changements radicaux de mode de vie qu’implique cette “neutralité en carbone”. Moins de viande, moins d’essence, moins d’avion, d’autres modes de chauffage: de telles préconisations sont parfois impopulaires, qualifiées par exemple par l’opposition d’extrême droite d'”écologie punitive”.- “Électricité décarbonée” -“Attention, cette stratégie n’est pas une façon de dicter des changements de mode de vie, elle met l’accent sur les leviers dont nous disposons déjà: déployer davantage les pompes à chaleur, promouvoir les véhicules électriques…”, réplique la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, dans le quotidien Les Échos.”Ce n’est pas une transition écologique de centres-villes, où on mange du soja et on fait du vélo. C’est une transition écologique avec véhicules électriques pour tout le monde”, a appuyé son cabinet, en présentant à la presse ce projet de Stratégie.Certains objectifs ciblés peuvent paraître très compliqués à atteindre dans le temps imparti. Parmi les préconisations de cette Stratégie nationale bas carbone, on lit par exemple “2040-2045: sortie du pétrole”, et “2050: fin du gaz fossile”.La réduction de la dépendance aux importations d’hydrocarbures est un objectif largement partagé, qui profitera à la production nationale d’électricité, notamment renouvelable. L’objectif fixé est de passer à 55% d’électricité dans la consommation énergétique en 2050, contre 37% en 2023.”Avec une électricité décarbonée abondante, nous sommes dans une situation très favorable pour agir, pour le climat, mais aussi pour notre compétitivité, notre indépendance énergétique et notre prospérité”, a commenté le directeur de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), Benoît Leguet.Dans les transports, l’électrique doit aussi progresser. Le gouvernement espère 15% de voitures électriques sur les routes en 2030. En 2050, pour les transports intérieurs, seul l’aérien continuerait à émettre du CO2, d’après la Stratégie. Camions électriques, trains et péniches déplaceraient les marchandises.L’agriculture est un autre champ d’action crucial pour la France. Les recommandations vont de “davantage de fruits et légumes, et de légumineuses” dans le régime alimentaire à “réduire l’intensité carbone de l’élevage”, via le retour des pâturages entre autres.Dans l’alimentation, le gouvernement veut “réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2030 par rapport à 2015”.Dans l’industrie, il s’agira de “réindustrialiser en décarbonant la production”, ou encore de “faire évoluer les modes de consommation pour réduire la demande en processus intensifs en carbone”.Greenpeace s’est dite très sceptique. “La réalité de la trajectoire de la France laisse craindre des ambitions de façade”, écrit un de ses experts sur l’énergie, Nicolas Nace.

À Mayotte, les déchets du cyclone Chido empoisonnent toujours l’île

Sur le front de mer de Mamoudzou, un voilier éventré repose encore sur un trottoir, un an après que le cyclone Chido a dévasté Mayotte. À ses pieds, des débris de coques et des morceaux de polyester s’enfoncent dans les rochers.La scène rappelle le lendemain du passage du cyclone tropical Chido, qui avait frappé l’archipel de plein fouet le 14 décembre 2024, faisant 40 morts et 41 disparus. Les bateaux à l’ancre dans le lagon du département français avaient été surpris par les vents: parmi les naufrages, une vedette de la gendarmerie et une barge reliant les deux îles de Mayotte.Un peu plus loin, la route littorale débouche sur une vaste étendue de gravats: les débris des habitations dévastées y sont encore entassés, presque inchangés depuis un an, malgré les opérations de nettoyage.Selon la préfecture de Mayotte, “le passage successif des cyclones Chido et Dikeledi (qui a provoqué des pluies diluviennes le 12 janvier, ndlr) ont généré près de 10.000 tonnes de déchets” dans la collectivité de 374 km2.Quelque 50 “sites tampons” avaient alors été mis en place à travers Mayotte. “Il en reste cinq sur le territoire”, précise Chanoor Cassam, directeur général du Sidevam, en charge de la collecte et du traitement des déchets ménagers.Il espérait voir disparaître “la totalité de ces tas d’ordures en mai”. Mais en décembre, la situation reste inextricable. Il faut dire que les vents à plus de 210 km/h ont aussi perturbé durablement le service des collectes. Les premiers mois, le site d’enfouissement du nord, endommagé, ne pouvait traiter plus de 300 tonnes quotidiennes. Aujourd’hui, il en absorbe “400 à 500”. Mais les dépôts encore visibles sur l’île mêlent bois, ferrailles ou plastiques, qui doivent être triés puis exportés avant l’enfouissement des déchets non valorisablesCar Mayotte ne dispose ni de filière de recyclage ni d’incinérateur. Le tri repose sur quelques bornes d’apports volontaires, avant l’expédition des matériaux “en Hexagone”, rappelle Philippe Moccand, directeur régional outre-mer de Citeo, chargé de la collecte des déchets recyclables sur l’île.Le résultat reste marginal: “seulement 3% des emballages en verre, plastique, papier, carton ou des conserves sont triés” à Mayotte contre 66% dans l’Hexagone, souligne Chanoor Cassam.- Risques sanitaires -Ces amas de déchets créent des risques sanitaires croissants. En février, la préfecture a autorisé “pour des raisons de salubrité et de santé publique” le brûlage exceptionnel d’une partie des déchets.La mesure visait à contenir rats et moustiques, “vecteurs de maladies graves” dans un territoire touché en 2024 par une épidémie de choléra, alertait alors la sénatrice (LR) Marta de Cidrac, présidente du groupe d’études “Économie circulaire” qui appelle à “repenser la gestion des déchets à Mayotte”.Le mélange des déchets produit un lixiviat (jus) toxique qui s’infiltre dans les sols, menace les nappes phréatiques et, par ruissellement, gagne le littoral. “Les appareils électroménagers peuvent aussi rejeter des métaux lourds”, rappelle le directeur du Sidevam, Chanoor Cassam.Une pollution diffuse qui atteint la végétation, les rivières et finit parfois dans le lagon de Mayotte, que les élus locaux ambitionnent d’inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco.Pour Damien Devault, maître de conférences en éco-toxicologie qui participe au projet Plasma (“Pollution aux microplastiques du lagon de Mayotte”), “les conséquences sur l’écosystème marin sont indéniables”.D’autant que les épaves accentuent le phénomène. Des fragments de coques flottent encore entre deux eaux et rejoignent parfois les mangroves. Les rivières rejettent d’autres déchets.”Les navires en polyester sont en décomposition dans l’eau depuis un an. Nous manquons de moyens pour les extraire du lagon, le risque qu’ils cassent et polluent encore davantage le milieu est grand et on ne sait pas où les mettre”, souligne le chercheur.”Le cyclone a rendu extrêmement visibles des problématiques qui étaient déjà présentes sur l’île en les amplifiant”, poursuit-il. En août, l’État a missionné une entreprise pour retirer certaines épaves qui menaçaient la navigation. Pour les autres, il n’y a plus d’urgence, veut croire un spécialiste de la biodiversité dans l’archipel, souhaitant rester anonyme.”Le gazole et l’huile des moteurs se sont déjà échappés. Et quand un bateau est échoué sur les rochers, il est quasiment inaccessible”.

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Greenpeace asperge de peinture la place de l’Étoile à Paris

Des militants de l’ONG Greenpeace ont aspergé de peinture vendredi à Paris les pavés de la place de l’Étoile pour protester contre les modestes avancées de l’accord de Paris sur le climat, adopté il y a dix ans jour pour jour.Vers 11H15, a constaté un journaliste de l’AFP, ces militants, accompagnés de ceux d’Action justice climat et d’Action non-violente COP21, ont aspergé de la peinture de couleur orange foncé, aux “pigments naturels”, “pas nocive et qui s’efface à l’eau” selon eux, le sol de la place où se trouve l’Arc de triomphe, sur le rond-point en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées.Les militants climatiques ont déployé plusieurs banderoles près du rond-point. L’une d’elles arborait le message “10 ans de sabotage climatique”.Ils se sont dispersés au moment de l’arrivée de la police, alors que les voitures continuaient à circuler sur le rond-point.Adopté par la quasi-totalité des pays du monde à la COP21 le 12 décembre 2015, l’accord de Paris fixait l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale “bien en deçà de 2°C” par rapport à l’ère pré-industrielle et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C.De nombreuses voix, dont celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, ont toutefois reconnu récemment que l’objectif de 1,5°C ne serait pas tenu à court terme.La dernière COP qui s’est tenue au Brésil en novembre s’est par ailleurs terminée sur de modestes engagements, sans citer les énergies fossiles dans ses conclusions.”Il faut faire des choses spectaculaires qui vont attirer l’attention des journalistes, des gens et de l’État pour faire parler de ça. C’est un peu navrant, mais c’est ça la résistance citoyenne aujourd’hui, c’est trouver des moyens innovants d’attirer l’attention sur ces sujets”, a expliqué à l’AFP Jason Temaui Man, un militant pro-climat polynésien ayant participé à l’action organisée par Greenpeace.Le ministère de la transition écologique a prévu de son côté de commémorer les dix ans de l’accord de Paris avec des tables-rondes, en présence du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de l’ancien président de la COP21, Laurent Fabius.

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Des militants de l’ONG Greenpeace ont aspergé de peinture vendredi à Paris les pavés de la place de l’Étoile pour protester contre les modestes avancées de l’accord de Paris sur le climat, adopté il y a dix ans jour pour jour.Vers 11H15, a constaté un journaliste de l’AFP, ces militants, accompagnés de ceux d’Action justice climat et d’Action non-violente COP21, ont aspergé de la peinture de couleur orange foncé, aux “pigments naturels”, “pas nocive et qui s’efface à l’eau” selon eux, le sol de la place où se trouve l’Arc de triomphe, sur le rond-point en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées.Les militants climatiques ont déployé plusieurs banderoles près du rond-point. L’une d’elles arborait le message “10 ans de sabotage climatique”.Ils se sont dispersés au moment de l’arrivée de la police, alors que les voitures continuaient à circuler sur le rond-point.Adopté par la quasi-totalité des pays du monde à la COP21 le 12 décembre 2015, l’accord de Paris fixait l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale “bien en deçà de 2°C” par rapport à l’ère pré-industrielle et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C.De nombreuses voix, dont celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, ont toutefois reconnu récemment que l’objectif de 1,5°C ne serait pas tenu à court terme.La dernière COP qui s’est tenue au Brésil en novembre s’est par ailleurs terminée sur de modestes engagements, sans citer les énergies fossiles dans ses conclusions.”Il faut faire des choses spectaculaires qui vont attirer l’attention des journalistes, des gens et de l’État pour faire parler de ça. C’est un peu navrant, mais c’est ça la résistance citoyenne aujourd’hui, c’est trouver des moyens innovants d’attirer l’attention sur ces sujets”, a expliqué à l’AFP Jason Temaui Man, un militant pro-climat polynésien ayant participé à l’action organisée par Greenpeace.Le ministère de la transition écologique a prévu de son côté de commémorer les dix ans de l’accord de Paris avec des tables-rondes, en présence du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de l’ancien président de la COP21, Laurent Fabius.

Ariège: l’abattage des bovins a débuté dans la ferme où un cas de dermatose a été détecté

Après deux jours de mobilisation d’agriculteurs contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les services vétérinaires ont commencé vendredi à abattre les 207 vaches d’un élevage d’Ariège sous la protection des gendarmes mobiles, après des incidents la veille dans cette ferme.Vendredi matin, aux alentours de 10h30, les premières vaches ont été abattues et chargées par un engin dans un des camions benne devant les conduire dans un centre d’incinération, a constaté le journaliste de l’AFP. Une demi-heure plus tard, le premier camion a quitté la ferme.Jeudi soir, les gendarmes ont délogé par la force quelques centaines de manifestants qui bloquaient l’accès à l’exploitation avec des dizaines de tracteurs et des troncs d’arbres en travers de la route étroite et sinueuse, au pied des Pyrénées.L’intervention des gendarmes en tenue anti-émeutes, appuyés par des véhicules blindés Centaures, a été émaillée d’incidents entre les forces de l’ordre et les manifestants. Des journalistes de l’AFP sur place ont assisté à des jets de pierre et de grenades lacrymogènes entre les deux positions.Vers 23h00, les forces de l’ordre ont pris le contrôle de l’exploitation et les manifestants se sont dispersés, essentiellement des fermiers affiliés à la Coordination rurale (CR) ou à la Confédération paysanne, mais aussi quelques militants “d’ultragauche”, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. – Quatre interpellations -Quatre personnes ont été interpellées jeudi soir lors de l’opération dans le village des Bordes-sur-Arize, mais une seule restait en garde à vue vendredi matin, selon le parquet de Foix.”On agit pour éviter qu’il y ait une maladie qui se propage qui causerait des dégâts terribles dans l’élevage bovin”, a déclaré sur RTL M. Nuñez.Pour Guilhem Boudin, 56 ans, ancien céréalier en Ariège, l’un des rares manifestants présents vendredi matin autour de la ferme, “on est en train de faire quelque chose de stupide. Une bête était réellement malade. Elle est morte et au lieu de faire un ciblage en fonction des bêtes malades et d’abattre au fur et à mesure, ils veulent tout abattre”, a-t-il regretté.Vendredi matin, il n’y avait plus qu’une dizaine de manifestants mais plus aucun tracteur à proximité de la ferme, dont l’accès est toujours restreint par plusieurs véhicules de la gendarmerie mobile.”On s’est pris pas loin de mille grenades sur la gueule. C’est la manière dont on nous traite, comme de la merde”, a regretté auprès de l’AFP Lionel Candelon, président de la CR du Gers.Des agriculteurs restent mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de la stratégie du gouvernement face à la DNC, mais aussi pour d’autres raisons.- Vaccination étendue -A Agen, des manifestants ont déversé de nombreux déchets dans la nuit de jeudi à vendredi devant des bâtiments administratifs. La CR du Lot-et-Garonne, qui s’est aussi mobilisée jeudi aux Bordes-sur-Arize, avait qualifié la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, de “pompier pyromane”.En Lozère, un barrage filtrant a été établi sur l’A75 Clermont-Béziers dans la nuit de jeudi à vendredi.Alors que les manifestants réclament une vaccination préventive élargie du cheptel, le ministre du Commerce Serge Papin a estimé vendredi que “la solution, c’est le vaccin”.”On ne résoudra que par la vaccination”, a-t-il affirmé sur Europe 1. “Tout le monde est de bonne foi dans cette affaire. L’Etat doit prendre une décision et protéger l’essentiel”, a-t-il dit.En Ariège, le préfet a annoncé jeudi qu’une campagne de vaccination des 33.000 bovins du département allait débuter en fin de semaine prochaine.Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie.”Face à la dégradation soudaine de la situation sanitaire, le ministère chargé de l’Agriculture a décidé d’étendre le dispositif de lutte en instaurant une zone vaccinale couvrant les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques (à l’exception des communes déjà situées en zone règlementée)”, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse vendredi.Dans un communiqué séparé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques cite aussi le département des Landes parmi ceux qui font l’objet de l’extension de la zone vaccinale.

Procès Péchier: l’avocate générale gagnée par l’émotion

L’avocate générale Thérèse Brunisso a été gagnée par l’émotion vendredi, en concluant la longue liste d’empoisonnements imputés à l’anesthésiste Frédéric Péchier, au deuxième jour des réquisitions devant la cour d’assises du Doubs.En achevant l’évocation des trente victimes présumées du docteur Péchier, la voix de la magistrate s’est brisée, signe de l’émotion provoquée par plus de trois mois d’audience intense ponctués de témoignages poignants.Avec la seconde représentante du ministère public, Christine de Curraize, elles ont poursuivi leur réquisitoire débuté la veille et qui doit s’achever dans l’après-midi. Le verdict sera rendu d’ici le 19 décembre.Les deux avocates générales se sont efforcées de convaincre les jurés que chaque cas de cette “affaire totalement hors norme”, marquée par “le tabou social du meurtre médical”, est bien un empoisonnement et que “tout désigne” le médecin de 53 ans comme coupable.L’accusé “n’est évidemment ni Guy Georges, ni Michel Fourniret, il n’en est pas moins un tueur en série”, a insisté Thérèse Brunisso.Qualifié de “menteur” et “manipulateur”, Frédéric Péchier est un “criminel qui a utilisé la médecine pour tuer”, ont martelé jeudi les deux magistrates.- “Meurtre psychologique” -Selon elles, le praticien a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par des confrères. Son objectif: nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit.Il est aussi responsable du “meurtre psychologique” de ses confrères, traumatisés par la perte de leurs patients, a souligné Christine de Curraize vendredi matin à la reprise de l’audience. Elle a évoqué avec émotion la descente aux enfers de l’anesthésiste Colette Arbez, qui a été à “sept reprises la cible de Frédéric Péchier”, soit près d’un quart des empoisonnements présumés.Ces incidents cardiaques à répétition ont mené les collègues de Mme Arbez à “douter de ses capacités à prendre en charge ses patients”, jusqu’à l’exclure des blocs opératoires pour la cantonner aux consultations ou aux interventions ophtalmologiques, moins à risque.Mais même en ophtalmologie, un de ses patients, âgé de 79 ans, venu se faire opérer de la cataracte, est décédé. Ce sera le “coup de grâce” qui provoquera le départ définitif de la clinique du docteur Arbez.- L’accusé imperturbable -Très affectée par la perte de ses patients, cette “femme pétillante et pimpante”, qui approchait de la fin de sa carrière, “est devenue l’ombre d’elle-même”, a raconté Mme de Curraize. Elle “est partie du jour au lendemain, comme une malpropre”.Pour la magistrate, avec ce départ, Frédéric Péchier a atteint son objectif: “éliminer” sa consœur.Pendant l’exposé implacable de l’accusation, Frédéric Péchier est resté imperturbable, relisant ses notes, écoutant attentivement, aux côtés de sa sœur Julie Péchier et de Randall Schwerdorffer, ses deux conseils. Depuis l’ouverture du procès, où il comparaît libre, il a admis qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé, mais a constamment répété qu’il n’était pas cet empoisonneur.Lundi, “on développera notre argumentaire en défense”, pour plaider l’acquittement, a dit Me Schwerdorffer. “Je n’ai aucun doute que la cour d’assises écoutera cet argumentaire et j’espère qu’il sera entendu”, a-t-il insisté.Interrogé jeudi soir par les journalistes sur les mots des avocates générales, qui voient en lui un “serial killer”, Frédéric Péchier a répondu de manière lapidaire: “C’est leur avis. On verra à la fin.”

Brandt: le gouvernement veut croire à un “projet alternatif”

Opération sauvetage, acte II : au lendemain de la décision de liquidation du groupe Brandt et de quelque 700 emplois, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a assuré que le gouvernement croyait en la possibilité d’un “nouveau projet” industriel pour la région, dans un autre domaine que l’électroménager.”Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt”, a déclaré le ministre vendredi sur TF1, soulignant qu'”il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs-faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site”.”Ce ne sera pas forcément bien entendu dans le secteur de l’électroménager puisque pour Brandt c’est fini”, a toutefois précisé le cabinet du ministre dans la foulée, “mais ça peut être dans d’autres secteurs”.Le centre Val-de-Loire, où se trouve les deux usines du groupe, près d’Orléans (Loiret) et à Vendôme (Loir-et-Cher)est une région “dont l’ADN est très, très marqué par les industries de l’armement”, a déclaré à l’AFP le président de la région, François Bonneau.Il se demande s’il n’y aurait “pas la possibilité de mettre en place une fabrication de drones”.”Il y a là un patrimoine industriel qui est tout à fait intéressant sur deux sites”, a-t-il ajouté, soulignant qu'”au-delà du foncier, il y a des machines, il y a des lignes de production, des chaînes de production”.Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, qui employait 700 personnes, notamment près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel du groupe, avec 350 salariés.La justice a ainsi rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois.Mais, tout en se voulant “prudent”, le ministre des PME, Serge Papin, a estimé qu’il “reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire”, compte tenu de la vingtaine de millions d’euros mobilisés par l’Etat et les collectivités pour soutenir le projet de Scop : “on sait qu’il y a des expériences qui ont été réussies avec les Scop. Je pense notamment à Duralex”, a déclaré M. Papin.”D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi”, a ajouté M. Martin.- Un “rebond” mais “sur le temps long” -Bercy souhaite “capitaliser sur la dynamique qui a été engagée”, mais en “prenant le temps de le définir d’abord de manière concertée et que ce projet soit le plus solide, pérenne possible”, a indiqué le cabinet de Sébastien Martin, qui a indiqué souhaiter un “rebond”, tout en évoquant une réflexion “sur le temps long”.”On a besoin d’agir et d’agir vite, c’est la détermination de la région”, a déclaré pour sa part, François Bonneau.En attendant, l’Etat “accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit”, a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises “dynamiques” du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver un emploi.A l’annonce de la décision du tribunal, jeudi, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et Sébastien Martin, ont rappelé que l’Etat et les collectivités avaient mobilisé une vingtaine de millions d’euros, et déploré que “les autres acteurs indispensables” n’aient “pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, désignant, sans les nommer, les banques.”Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai”, a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, “face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite”.La CGT Métallurgie a appelé vendredi “l’ensemble des salariés à poursuivre la mobilisation”, demandant “au procureur de la République de faire appel de cette décision” et à l’Etat, “au-delà des discours”, de s’engager “pour maintenir l’activité de cette entreprise centenaire et garantir l’ensemble des emplois actuels”.