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Trump supprime des restrictions de Biden sur la consommation des véhicules

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi un allègement de la réglementation sur la consommation et les émissions des véhicules, arguant que cela baisserait leur prix d’achat mais des critiques anticipent une hausse des factures à la pompe et l’accélération du changement climatique.”Nous supprimons officiellement les ridiculement contraignants et horribles standards CAFE de Joe Biden qui imposaient des restrictions coûteuses, et toutes sortes de problèmes”, a déclaré le président, depuis le Bureau ovale à la Maison Blanche, sans donner de détail.Il faisait référence à la réglementation dite “Corporate average fuel economy” mise en place en 1975 pour après la crise pétrolière, puis amendée par différentes administrations pour réduire leurs émissions polluantes et de gaz à effet de serre.Après être revenu, lors de son premier mandat, sur les mesures du gouvernement Obama en la matière, il a décidé d’en faire de même avec le renforcement drastique instauré par Joe Biden.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le climato-sceptique Donald Trump a révoqué ou amputé de nombreuses mesures favorisant la transition électrique des véhicules.”Mon administration entreprend la mesure historique d’abaisser les coûts pour les consommateurs américains, pour protéger les emplois de l’industrie automobile américaine et pour que l’acquisition d’un véhicule soit beaucoup plus abordable pour d’innombrables familles américaines”, a poursuivi M. Trump mercredi.La Maison Blanche avait indiqué dans la matinée, sur son compte X, que les restrictions imposées par l’administration Biden “auraient augmenté le coût d’un véhicule neuf de 1.000 dollars”.”Le président Trump opère une réinitialisation, faisant économiser 109 milliards de dollars aux Américains”, avait-elle poursuivi.- Changement climatique -Les trois grands constructeurs américains avaient salué la décision présidentielle quelques heures avant qu’il ne l’annonce.Plusieurs représentants de l’industrie automobile américaine se trouvaient dans le Bureau ovale, en particulier les patrons de Ford et de Stellantis (Chrysler, Jeep, etc).”En tant que plus gros producteur américain de véhicules, nous apprécions l’initiative du président Trump d’aligner les standards d’économie de carburant sur les réalités du marché”, a commenté Jim Farley, patron de Ford. D’après lui, il est possible d’effectuer “de vrais progrès en matière d’émissions et d’efficacité énergétique tout en offrant aux clients du choix et des prix abordables”, a-t-il poursuivi, qualifiant cette décision de “victoire pour les clients et le sens commun”. Réaction similaire d’Antonio Filosa, patron de Stellantis, qui a salué une mesure pour “réaligner les standards (…) CAFE aux vraies conditions du marché mondial” dans l’optique de développer l’industrie automobile américaine. Il a plaidé pour des “politiques environnementales responsables permettant aussi (aux constructeurs) d’offrir à (leurs) clients la liberté de choisir le véhicule qu’ils souhaitent au prix qu’ils peuvent payer”. Un porte-parole de General Motors a réitéré l’engagement du groupe “à fournir la meilleure et plus large gamme de véhicules à motorisations électrique et à combustion du marché”.Mais Gina McCarthy, qui a travaillé dans les administrations Biden et Obama en tant que conseillère sur le climat notamment, estime que ce rétropédalage va, au bout du compte, nuire à l’industrie automobile et aggraver le dérèglement climatique.”S’il y a une chose dont nous pouvons être sûrs, c’est que ce gouvernement n’agira jamais dans l’intérêt de notre santé ou de l’environnement”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.Pour Dan Becker, du Centre pour la diversité biologique, Donald “Trump détruit la plus grande initiative jamais entreprise par un pays pour lutter contre la consommation de pétrole et la pollution liée au changement climatique, et pour aider les consommateurs à économiser à la pompe”.Le dispositif CAFE requiert des véhicules qu’ils parviennent à la meilleure performance “possible” en matière de limite de consommation de carburant par kilomètre parcouru.Le gouvernement Biden avait imposé une amélioration de 8% pour les modèles 2024 et 2025 et de 10% pour ceux de 2026, le tout par rapport à 2021, avec l’objectif de rouler plus de 50 miles avec un gallon d’ici 2031 (80 km pour 3,78 litres).Le ministère américain des Transports avait estimé en juin qu’elles seraient inaccessibles aux véhicules à combustion et imposeraient par conséquent la transition électrique.Depuis fin 2023, les grands constructeurs ont revu à la baisse de nombreux projets en matière de véhicules électriques car l’appétence du public a été inférieure aux anticipations.

La mère accusée d’avoir empoisonné ses filles condamnée à 30 ans de réclusion

Maylis Daubon a été condamnée à 30 années de réclusion criminelle pour avoir empoisonné ses deux filles, dont l’une est morte, et avoir voulu faire assassiner son ex-mari, mercredi devant la cour d’assises des Landes.À Mont-de-Marsan, l’accusée âgée de 53 ans a été reconnue coupable de l’empoisonnement de sa fille Enea, morte à l’âge de 18 ans après une absorption massive de médicaments. Des analyses ont également révélé la prise importante d’un somnifère réservé aux adultes chez la fille cadette Luan, mais cette dernière a défendu l’innocence de sa mère à la barre.”La cour a estimé votre culpabilité acquise” sur les faits concernant Enea et “la vie de Luan a été sauvée du fait de votre interpellation”, a déclaré Emmanuelle Adoul, la présidente de la cour d’assises, au moment du verdict.La magistrate a justifié la décision, prise à la majorité, “au regard de la gravité des faits, de la mort d’Enea, de leur durée, des modes opératoires et des préjudices pour les parties civiles”.La cour a assorti la peine d’une période de sûreté de 20 ans, plus longue de cinq ans que celle requise par l’avocat général, qui avait également demandé 30 ans de réclusion criminelle.Dans son box, Maylis Daubon, est restée stoïque, la tête basse, dissimulée par ses cheveux, sans regard pour la cour. Elle a dix jours pour faire appel.Me Gérard Danglade, l’un de ses deux avocats, a qualifié le verdict d'”extrêmement lourd et inquiétant”. “Sa culpabilité posait vraiment un problème sur le plan du doute du doute, du mode opératoire, du mobile”, a-t-il fait valoir, sans exclure un appel de sa cliente. “Vu l’importance de la peine, elle va très sérieusement y réfléchir.”- Convulsions -Enea, déscolarisée depuis plus d’un an et souffrant de troubles psychologiques, a été prise d’une crise de convulsions le 13 novembre 2019 au domicile familial. Sa mort a été causée par une prise de Propranolol, un bêta-bloquant qui ralentit l’activité du cœur, à un taux “dix fois supérieur à la dose thérapeutique”, selon l’enquête.Selon les réquisitions de l’avocat général, “rien” ne pouvait étayer la thèse du suicide de la fille aînée, avancée par l’accusée pour clamer son innocence. La mère avait deux mobiles, selon lui: “J’ai une emprise sur quelqu’un qui va m’échapper, je ne peux pas le supporter, je le tue. C’est le syndrome de Münchhausen par procuration. Et la détestation du père, tellement forte”.Yannick Reverdy, ancien international français de handball, avait divorcé en 2009 de Maylis Daubon, qui l’accusait de violences, et avait ensuite perdu contact avec ses filles. En larmes au moment du verdict, il a déclaré ensuite avoir une “pensée” pour Enea, qui “a vécu un martyre”.”C’est le combat de ma vie et peut-être un nouveau départ”, a-t-il ajouté, disant espérer que le jugement permette à son autre fille de comprendre “que sa maman n’est pas parfaite et son papa n’est pas un monstre”.Confrontée aux “incohérences” relevées dans ses déclarations, aux soupçons de falsifications d’ordonnances, l’accusée a persisté à l’audience dans ses dénégations.Pour l’avocat général, “l’absorption de Propranolol” a eu lieu le matin de la mort d’Enea. “On lui donne ou elle le prend, je ne peux l’affirmer, mais l’absorption a été faite dans des conditions d’emprise”, a dit Marc Bourragué, présentant l’adolescente “comme une enfant affaiblie par la surmédicalisation, avec une soumission chimique”.- “Emprise” -L’avocat général n’a pas apporté la “preuve de la culpabilité”, a répliqué dans sa plaidoirie Me Carine Monzat, également avocate de la défense, décrivant Enea comme une adolescente “aux troubles psychiatriques sévères et chroniques” dont les intentions suicidaires étaient connues de certains de ses proches.La fille cadette Luan a aussi maintenu pendant le procès que sa mère n’était “pas coupable”, revenant sur leur enfance “heureuse” mais “compliquée” par le divorce des parents et des violences imputées à son père.Ce dernier accuse son ex-femme de s’être servi de ses filles comme “outil de sa vengeance” contre lui.Devant la cour, un expert psychiatre a décrit “l’emprise” que la mère exerçait sur ses filles, vouée à “s’aggraver” à mesure qu’elles grandiraient, doublée d’une volonté d'”éliminer le père”.Outre l’empoisonnement d’Enea et Luan, Maylis Daubon était aussi soupçonnée d’avoir voulu faire assassiner son ex-mari en soudoyant des codétenues à la prison de Pau. Mme Daubon a dénoncé des “ragots de prison”, mais la cour l’a également déclarée coupable de ces faits.cas-eve-kal-mer-jed/gf/frd/

Les antécédents judiciaires des professionnels dans le handicap vérifiés à partir d’avril

Les antécédents judiciaires des personnes travaillant dans les établissements pour enfants handicapés vont être vérifiés avec le déploiement progressif “à compter d’avril” de “l’attestation d’honorabilité”, a annoncé mercredi la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq.”Aucune personne condamnée pour les crimes de violences, d’agressions ou d’atteintes sexuelles ne doit pouvoir travailler auprès d’enfants”, a déclaré la ministre des Personnes handicapées lors d’un colloque organisé par la Commission Indépendante sur l’Inceste et les violences sexuelles (Ciivise). “C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends cet outil qui doit arriver à compter d’avril 2026”, a-t-elle dit, soulignant qu’il serait “déployé progressivement sur le secteur du handicap”, en commençant par les services et établissements accompagnant les enfants.L’attestation d’honorabilité est un document qui certifie qu’une personne n’a pas de condamnation au casier judiciaire ou d’inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) qui l’empêchent d’intervenir auprès de mineurs.Ce dispositif a été généralisé début octobre pour tous les professionnels et bénévoles de la Protection de l’Enfance (personnels des foyers, assistants familiaux) et de l’accueil du jeune enfant (personnels des crèches et assistants maternels).Il a permis d’écarter 1.733 demandeurs – dont 80% travaillaient dans la Protection de l’Enfance – depuis son lancement en septembre 2024, selon un décompte de la Direction générale des Affaires sociales (DGCS) en octobre.”Professionnels, bénévoles, intervenants extérieurs devront donc présenter à l’embauche, à chaque changement de poste, puis tous les trois ans, cette attestation”, indique-t-elle.Cette attestation est demandée sur une plateforme internet dédiée qui, en l’absence de mention problématique dans les fichiers judiciaires, la délivre automatiquement en trois jours.Pour mieux lutter contre les violences sexuelles, “nous devons également renforcer la culture du signalement, de l’alerte et de la transparence au sein des structures” accueillant les enfants handicapés, a-t-elle poursuivi.”Nous devons faciliter l’accès à la justice. Trop d’enfants n’ont pas de moyens de signaler, trop de familles sont isolées, trop de procédures qui restent encore inadaptées aux besoins spécifiques des enfants en situation de handicap”, a-t-elle dit.

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Le gouvernement veut revoir le soutien public aux énergies renouvelables

Le Premier ministre a annoncé mercredi une “mission” pour évaluer le coût des énergies renouvelables pour les finances publiques, en plein débat sur le futur énergétique de la France.Cette mission consacrée à “l’optimisation des soutiens publics aux énergies renouvelables électriques et au stockage d’électricité”, a été confiée à Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d’EDF, le géant tricolore du nucléaire, et au haut fonctionnaire Thierry Tuot, conseiller d’Etat. Leurs conclusions sont attendues sous 3 mois. “Dans un contexte budgétaire exigeant et face à la maturité croissante des filières, la mission aura pour objectif de proposer un modèle de soutien plus efficace, plus soutenable et mieux partagé entre acteurs publics et privés”, explique Matignon dans un communiqué.En octobre, Sébastien Lecornu avait donné le ton, en indiquant vouloir réexaminer “la manière dont l’argent public est employé” pour financer les renouvelables.Le sujet est électrique politiquement. Ces derniers mois, le coût des énergies éoliennes et solaires s’est invité dans des débats houleux entre parlementaires pro-renouvelables et pro-nucléaires. A l’occasion de l’examen d’une proposition de loi, un moratoire sur l’installation de nouvelles capacités d’énergies éoliennes et solaires avait même été voté à l’Assemblée nationale, à l’initiative d’un député LR, soutenu par le Rassemblement national, avant d’être écarté. – Prix négatifs -Aujourd’hui, les centrales solaires et éoliennes bénéficient pour la plupart de contrats avec l’Etat, garantissant un prix fixe au producteur, qui ont permis d’accompagner l’essor du secteur. Mais dans l’actuel contexte de demande électrique en berne, ces installations peuvent générer des surplus d’électricité, parfois accompagnés de prix négatifs. Ce phénomène pèse sur les finances publiques car l’Etat doit payer au producteur la différence entre le prix sur le marché et le prix de référence. Ces mécanismes de soutien représentent “aujourd’hui un engagement financier majeur pour la puissance publique”, estimé à 8,2 milliards d’euros dans le projet de budget 2026, souligne Matignon.”Après plusieurs années de montée en charge (…) il y a une volonté de remettre les choses à plat”, indique à l’AFP une source à Matignon.La mission devra notamment proposer des pistes “pour mettre en place davantage de flexibilité et de stockage” par batteries, afin de mieux intégrer les renouvelables intrinsèquement intermittentes dans le réseau électrique. M. Lévy apportera sa compétence d’industriel, en tant qu’ancien patron du géant nucléaire EDF, dont il a aussi piloté la diversification dans les renouvelables, fait valoir Matignon. Thierry Tuot a, lui, été le premier directeur général de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).Sur le principe, les syndicats des énergies renouvelables ne sont pas contre cet audit qui doit permettre de corriger des situations de “rentes”. Mais l’absence du nucléaire dans cette étude interroge, alors que son coût “est celui qui par définition est le plus important”, souligne Daniel Bour, chez Enerplan.Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) Jules Nyssen a lui évoqué une “provocation”, ironisant sur le fait qu'”en matière de coûts”, le chantier du réacteur EPR de Flamanville, “conduit en grande partie” lors du mandat de M. Lévy à EDF, “est un bon exemple”. “Si le travail mené est complet et sérieux, il confirmera que les retombées” des renouvelables “dépassent largement leurs coûts”, en évitant de coûteuses importations de pétrole et de gaz, a commenté auprès de l’AFP Bastien Cucq, du Réseau action climat.Le gouvernement ne compte en tout cas pas attendre la fin de ces travaux pour mettre en place ses annonces sur l’énergie, notamment des mesures pour baisser les prix de l’électricité et accélérer l’électrification des usages.Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN, très critique des renouvelables, a réclamé “une mesure forte” sur les prix, lors d’un entretien mercredi avec Sébastien Lecornu, selon un communiqué du RN. En parallèle, le gouvernement poursuit ses consultations avec les parlementaires pour publier le décret sur la stratégie énergétique française (dite PPE3) qui accuse déjà deux ans de retard. Matignon promet une décision “courant décembre”.

Un an de prison avec sursis pour l’homme qui a profané la tombe de Badinter

L’homme de 23 ans qui a reconnu avoir profané la tombe de Robert Badinter, quelques heures avant l’entrée au Panthéon le 9 octobre de l’ex-garde des Sceaux, a été condamné mercredi soir à Nanterre à un an d’emprisonnement avec sursis.Jugé en comparution immédiate pour profanation de sépulture et dégradation du bien d’autrui, cet étudiant ingénieur d’une école prestigieuse a reconnu les faits, en garde à vue puis à l’audience. La peine, conforme aux réquisitions du procureur de Nanterre Yves Badorc, a été assortie d’un stage de citoyenneté, d’une obligation de soins et de 140 heures de travail d’intérêt général. La profanation de la tombe au cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine) avait été constatée quelques heures avant la panthéonisation de l’ancien avocat et garde des Sceaux, artisan de l’abolition de la peine de mort en France. “Je ne me faisais pas à cette idée que M. Badinter allait au Panthéon (…) Au même moment, je m’intéressais au personnage de Jean-Marie Le Pen, au fait que sa sépulture avait été détruite” (elle a été dégradée en janvier à La Trinité-sur-Mer, NDLR), avait tenté de justifier l’étudiant à l’audience, se présentant comme “royaliste loyaliste”. “Comment les écoles de la République qui sont censées former des élites peuvent attirer dans leurs rangs des gens qui ont un tel projet criminel”, s’est demandé le président du tribunal judiciaire de Nanterre, Benjamin Deparis, qui présidait l’audience.Questionné longuement sur ses idées politiques, le prévenu s’est dit “séduit” par l’idéologie royaliste et a répondu à l’affirmative aux questions du procureur sur une éventuelle “décadence” de la société.Deux croix gammées avaient été retrouvées dans ses cahiers, qu’il avait expliqué en garde à vue comme un “esprit d’école” puis en audience comme de “l’humour noir”.L’air contrit, l’étudiant a cependant reconnu à plusieurs reprises avoir agi “avec froideur”, présenté ses excuses à la famille de M. Badinter et admis: “C’est vrai, ce que j’ai fait, c’était lâche”.Elisabeth Badinter, veuve de M. Badinter, n’était pas présente ou représentée à l’audience.- Carte du cimetière annotée -L’homme a été retrouvé grâce à l’étude d’images de vidéosurveillance, qui le montraient entrant et sortant du cimetière dans la nuit, et au bornage de son téléphone.L’enquête a permis d’établir qu’il s’était rendu quelques jours plus tôt au cimetière et avait chez lui un plan des lieux, où il avait annoté l’emplacement de la tombe de M. Badinter.”On parle de préméditation, pour autant il a hésité jusqu’au bout, la préméditation est là, la détermination n’y est pas”, a argué son avocate Me Fanny Ginsburg.Interpellé mardi matin, le jeune homme était inconnu de la justice.  Après la constatation de la profanation de la sépulture de Robert Badinter, le parquet avait immédiatement ouvert une enquête préliminaire, confiée à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.Les mots “Eternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la REPUBLIQUE le (Robert Badinter, NDLR) sanctifient” avaient été tagués à la peinture bleue sur la pierre tombale de l’ancien ministre, décédé en février 2024 à l’âge de 95 ans.La tombe, qui n’a pas subi de dégât matériel, avait été rapidement nettoyée par les services de la ville de Paris.”Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire”, avait réagi Emmanuel Macron. “La République est toujours plus forte que la haine”, avait encore écrit le chef de l’Etat dans un message publié sur le réseau social X.

Un an de prison avec sursis requis contre l’homme qui a profané la tombe de Badinter

Une peine d’un an de prison avec sursis a été requise mercredi devant le tribunal correctionnel de Nanterre à l’encontre d’un étudiant de 23 ans, qui a reconnu avoir profané la tombe de Robert Badinter le 9 octobre au cimetière de Bagneux. Jugé en comparution immédiate, cet étudiant ingénieur d’une école prestigieuse a reconnu les faits, commis quelques heures avant l’entrée au Panthéon de l’ancien garde des Sceaux, artisan de l’abolition de la peine de mort en France. Le procureur de Nanterre Yves Badorc a demandé que la peine soit assortie d’un stage de citoyenneté et d’un travail d’intérêt général. “Je ne me faisais pas à cette idée que M. Badinter allait au Panthéon (…) Au même moment, je m’intéressais au personnage de Jean-Marie Le Pen, au fait que sa sépulture avait été détruite” (elle a été dégradée en janvier à La Trinité-sur-Mer, NDLR), a tenté de justifier le prévenu, qui s’est présenté comme “royaliste loyaliste”. “Comment les écoles de la République qui sont censées former des élites peuvent attirer dans leurs rangs des gens qui ont un tel projet criminel”, s’est demandé le président du tribunal judiciaire de Nanterre, Benjamin Deparis, qui présidait l’audience.Questionné longuement sur ses idées politiques, le prévenu s’est dit “séduit” par l’idéologie royaliste et a répondu à l’affirmative aux questions du procureur sur une éventuelle “décadence” de la société.Deux croix gammées avaient été retrouvées dans ses cahiers, qu’il avait expliqué en garde à vue comme un “esprit d’école” puis en audience comme de “l’humour noir”.L’air contrit, l’étudiant a cependant reconnu à plusieurs reprises avoir agi “avec froideur”, présenté ses excuses à la famille de M. Badinter et admis: “C’est vrai, ce que j’ai fait, c’était lâche”.Elisabeth Badinter, veuve de M. Badinter, n’était pas présente ou représentée à l’audience.- Carte du cimetière annotée -L’homme a été retrouvé grâce à l’étude d’images de vidéosurveillance, qui le montraient entrant et sortant du cimetière dans la nuit, et au bornage de son téléphone.L’enquête a permis d’établir qu’il s’était rendu quelques jours plus tôt au cimetière et avait chez lui un plan des lieux, où il avait annoté l’emplacement de la tombe de M. Badinter.”On parle de préméditation, pour autant il a hésité jusqu’au bout, la préméditation est là, la détermination n’y est pas”, a argué son avocate Me Fanny Ginsburg.Interpellé mardi matin, le jeune homme qui comparaît pour profanation de sépulture et dégradation du bien d’autrui est inconnu de la justice. Le jugement doit être rendu dans la soirée.  L’ancien ministre de la Justice Robert Badinter était entré au Panthéon le 9 octobre, quelques heures après la profanation de sa sépulture à Bagneux (Hauts-de-Seine).Le parquet avait immédiatement ouvert une enquête préliminaire, confiée à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.Les mots “Eternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la REPUBLIQUE le (Robert Badinter, NDLR) sanctifient” avaient été tagués à la peinture bleue sur la pierre tombale de l’ancien ministre, décédé en février 2024 à l’âge de 95 ans.La tombe, qui n’a pas subi de dégât matériel, avait été rapidement nettoyée par les services de la ville de Paris.”Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire”, avait réagi Emmanuel Macron. “La République est toujours plus forte que la haine”, avait encore écrit le chef de l’Etat dans un message publié sur le réseau social X.

Budget: Lecornu ferme clairement la porte au 49.3 malgré les demandes

Sébastien Lecornu a clairement fermé la porte au retour du 49.3 pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale malgré des appels de plus en plus nombreux, et a exhorté les députés à la “cohérence” et à la “responsabilité” pour trouver un compromis in extremis.Le Premier ministre est intervenu dans l’après-midi à l’Assemblée nationale alors que plusieurs pans de la fragile coalition censée soutenir le gouvernement menacent de ne pas voter pour le texte.”Il n’y aura pas d’utilisation du 49.3 de la Constitution et d’engagement de la responsabilité du gouvernement. Ça veut donc dire que vous avez la responsabilité finale de cette copie”, a-t-il confirmé pour couper court à la pression qui monte des rangs du centre et de la droite.Après le leader d’Horizons Edouard Philippe mardi, ce sont les ténors du parti Les Républicains qui sont montés au créneau mercredi.”Je lui dis en toute liberté que pour donner un budget à la France, Sébastien Lecornu doit envisager le 49.3″, a lancé le président du Sénat Gérard Larcher dans un entretien au Figaro, disant préférer “clairement le 49.3 aux ordonnances ou la loi spéciale”.”Je suis persuadé que jamais les socialistes ne voteraient une censure. Donc pourquoi n’utilise-t-il pas ce que la Constitution lui permet ?”, s’est interrogé pour sa part le président de LR Bruno Retailleau.Sébastien Lecornu a renoncé début octobre à utiliser cet outil constitutionnel pour redonner la main au Parlement, un geste alors en direction des socialistes qui depuis… ne l’exigent plus vraiment.- “Petits épargnants” -Dans l’hémicycle, le chef du gouvernement a aussi appelé les “présidents de groupes parlementaires” à “un moment de cohérence” pour parvenir à contenir le déficit de la Sécu “autour de 20 milliards d’euros”, “ce qui est déjà absolument colossal”. Les députés ne peuvent pas vouloir “des dépenses” ou “refuser de faire des économies” s’ils commencent par “une multiplication de niches qui par définition vont priver la Sécurité sociale de recettes”, a-t-il mis en garde.Les députés ont encore de nombreux compromis à trouver à gauche mais aussi à droite et même au sein du camp présidentiel. Ils sont repartis de la copie du Sénat, qui a profondément remanié le texte en écartant la suspension de la réforme des retraites, concédée par l’exécutif en échange d’une non-censure du PS.Si cette suspension devrait être réintégrée à l’Assemblée, un autre sujet bloque: la hausse de la CSG sur les revenus du capital, dont LR et Horizons ne veulent pas.”Un budget dans lequel il y a des augmentations d’impôts (…) je ne le voterai pas”, a affirmé le chef des députés LR Laurent Wauquiez sur TF1.Les socialistes tiennent eux à cette mesure qui rapporterait 2,8 milliards d’euros et pourrait financer certaines dépenses, y compris la suspension de la réforme des retraites.”Augmenter la CSG sur les revenus du capital, c’est mettre à contribution le patrimoine plutôt que le travail pour épargner les retraités, les malades, les personnes en situation de handicap”, a répliqué le président des députés PS Boris Vallaud à son homologue LR.La cheffe des députés du Rassemblement national Marine Le Pen, reçue par Sébastien Lecornu dans le cadre d’une nouvelle série de consultations des forces parlementaires, a érigé “la supression de la hausse de la CSG sur les petits épargnants votée en première lecture” au rang de ses “exigences”, avec le “dégel des prestations sociales”. Sans pour autant “présumer du vote du groupe RN sur le texte qui dépendra de la copie finale”, selon un communiqué.Le Premier ministre a lui aussi assuré ne pas vouloir “que les petits épargnants soient touchés dans le cadre de ce débat sur le patrimoine”, demandant à Bercy de trouver des aménagements en ce sens.Autre piste évoquée par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon: un gel de la revalorisation d’une partie des retraites, comme l’a voté le Sénat, au-dessus de 1.400 euros, alors que les députés avaient voté un dégel total en première lecture.- Heure de vérité -Mais rien ne dit que cela pourrait satisfaire une majorité, le “dégel total” étant défendu à droite comme à gauche.L’Assemblée doit voter mardi sur l’ensemble du texte. Mais l’heure de vérité pourrait intervenir avant, puisqu’elle doit d’abord se prononcer sur la partie recettes, potentiellement dès jeudi.Rejetée, elle emporterait le projet de loi. Cela laisserait peu d’espoir d’adoption d’un budget de la Sécu avant le 31 décembre.Le déficit de la Sécu pourrait alors filer jusqu’à 30 milliards, prévient le gouvernement.far-parl-are-fff/jmt/cbn