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Procès en appel de l’assassinat de Paty: Ruffin dénonce “l’infâme défense des bourreaux”

François Ruffin a critiqué mardi, au lendemain de l’ouverture du procès en appel des personnes impliquées dans l’assassinat en 2020 de Samuel Paty, “l’infâme défense des bourreaux” et a accusé le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui et son avocat de “salir la mémoire et l’honneur” du professeur. “Sefrioui, le prédicateur islamiste ayant jeté Samuel Paty à la vindicte sur les réseaux sociaux, change de pied. Sa défense ne consiste plus à refuser tout lien avec l’assassin Anzorov. Désormais, il attaque l’enseignant reprenant la rumeur: il aurait discriminé des élèves. La morale est retournée: à l’origine, le délit viendrait de Samuel Paty”, a écrit sur X le député de Picardie, candidat à la primaire des unitaires de gauche pour l’élection présidentielle de 2027.”Sefrioui et son avocat diffament Samuel Paty, l’insultent, salissent sa mémoire et son honneur. Où sont les réactions du ministre de l’Education nationale?”, a ajouté l’élu de la Somme en dénonçant une “intimidation directe pour tout le corps enseignant”.”Que nous valent ces pudeurs de gazelle quand l’honneur d’un enseignant décapité pour transmettre les valeurs de la République est ainsi souillé en place publique?”, conclut-il en interpellant la gauche.L’ancien Insoumis, fondateur du parti Debout, réagissait aux déclarations de Me Francis Vuillemin lundi.L’avocat d’Abdelhakim Sefrioui a accusé le professeur d’avoir “procédé à la discrimination des élèves musulmans”.”Je démontrerai qu’il faisait la même chose dans le précédent établissement où il était affecté en 2016 (…) Lui disait que c’était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature. Mais on ne protège personne dans l’école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion”, a-t-il dit devant la presse.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Une élève de 13 ans avait menti en l’accusant d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté.”Il n’est évidemment pas question de faire le procès post-mortem de Samuel Paty. Ce n’est pas le sujet et ce serait totalement contreproductif, qui plus est compte tenu de l’émotion suscitée par la barbarie de l’acte”, a déclaré un autre des conseils d’Abdelhakim Sefrioui, Me Vincent Brengarth, à l’AFP.”Rien ne doit venir occulter le fait que notre client n’avait aucun lien avec l’auteur de l’attentat, qu’il ne connaissait pas et que ce dernier n’a jamais vu sa vidéo”, a-t-il ajouté.

En Moselle, recherches et espoirs après la découverte “unique au monde” d’hydrogène naturel

Pourra-t-on prochainement exploiter en Lorraine des millions de tonnes d’hydrogène naturel, possible source d’énergie décarbonée? Les recherches s’intensifient autour de ce gisement sous-terrain potentiellement unique au monde, dont les retombées économiques pourraient profiter à toute la région.A Pontpierre, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, a été érigée en périphérie du village de 800 habitants.La semaine dernière, les tiges ont atteint 2.600 mètres de profondeur. Et l’objectif est de creuser encore, jusqu’à 4.000 mètres courant février, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.Ces travaux doivent permettre de poursuivre les investigations après la découverte “unique” de ce qui pourrait être “la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde”, rappelle Yann Fouant, responsable des relations publiques de La Française de l’Energie (FDE). Cette entreprise mène le projet avec l’appui scientifique du laboratoire GeoRessources du CNRS et de l’Université de Lorraine, dans le cadre d’un programme de recherches baptisé Regalor II (pour Ressources en gaz et en lithium en Lorraine).Selon les estimations du CNRS à l’issue du précédent programme de recherches, Regalor, le gisement lorrain (qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand) pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène. – “Petites bulles en surface” -Le but de ce nouveau programme de recherches est de descendre bien plus bas que le précédent (qui s’était arrêté à 1.300 m de profondeur) pour “se rapprocher peut-être de la source, de la cuisine de l’hydrogène” et ainsi mieux comprendre les mécanismes de sa formation, explique Jacques Pironon, directeur de recherches du CNRS au laboratoire GeoRessources.L’hydrogène natif se forme naturellement dans le sous-sol, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple. En Lorraine, où l’extraction minière a jadis fait fleurir l’économie, les veines de charbon, en se transformant en gaz “avec le temps (et) la température”, sont peut-être à l’origine de la création de l’hydrogène, détaille M. Pironon.Cela peut aussi provenir d’une réaction entre des molécules de fer et d’eau: le fer va créer “de la rouille en quelque sorte” pour ainsi produire de l’hydrogène. Les études actuellement menées doivent permettre de déterminer quelle hypothèse est la bonne. Cette phase de recherches permet aussi d’anticiper l’exploitation future, espérée, de cette ressource. Dans le cadre de ce forage, “on a déjà produit l’hydrogène, on l’a remonté, on a eu des petites bulles en surface”, détaille M. Fouant.- “Promesse” -“C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation”, de “source d’énergie” et “d’indépendance énergétique”, s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.Il se félicite également de “l’avance” française en matière de recherche sur l’exploitation du gaz dissout dans l’eau, grâce notamment à une sonde brevetée “que nous sommes les seuls à utiliser”. “On a continué de travailler, d’améliorer cette sonde-là, à la fois en système de mesure et maintenant en système d’extraction à dimension industrielle”.Pour le président de la Région Grand Est Franck Leroy, “ici, en Moselle, le sous-sol fait partie de notre histoire”. “Demain, il peut devenir un atout stratégique pour notre souveraineté énergétique et industrielle”, se félicite-t-il. Deux associations locales de défense de l’environnement, l’APEL57 et le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, appellent cependant à la vigilance quant à l’impact futur de ce projet sur les nappes d’eau souterraine.Un précédent projet de la Française de l’Energie, qui visait à exploiter les gaz de couche, autrement dit le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain, a d’ailleurs été enterré en décembre par le Conseil d’Etat, justement à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

Jugement imminent pour Joël Guerriau, trois ans ferme requis pour avoir drogué Sandrine Josso

Jugement imminent pour Joël Guerriau: le tribunal correctionnel de Paris s’est retiré mardi pour délibérer au procès de l’ex-sénateur, contre lequel le parquet a requis trois ans de prison ferme pour avoir lourdement drogué en 2023 la députée Sandrine Josso afin de la violer.À la surprise générale de la salle, le tribunal a indiqué à l’issue des débats lundi et mardi qu’il se retirait pour délibérer, sans remettre la décision à une date ultérieure. Le jugement sera rendu dans les prochaines heures.Dans cette affaire, souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, ce que nie le prévenu, “M. Guerriau a volontairement placé de la MDMA dans le verre de champagne qu’il a servi à Sandrine Josso” lors d’un dîner à son domicile parisien le 14 novembre 2023, a estimé un peu plus tôt dans son réquisitoire le procureur Benjamin Coulon.Le représentant du ministère public a demandé au tribunal de prononcer un mandat de dépôt à effet différé pour les trois ans de prison ferme, ainsi que cinq années d’inéligibilité avec exécution provisoire et l’inscription au fichier des délinquants sexuels.En tant que sénateur de Loire-Atlantique de 2011 à 2025, Joël Guerriau “a lui-même voté la loi du 3 août 2018 qui a créé le délit d’administration de substance nuisible en vue de commettre un viol ou une agression sexuelle”, qui lui vaut d’encourir cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende, a relevé le procureur.Pour calibrer ses réquisitions, le parquet a souligné le “caractère préparé, prémédité” des faits “d’une gravité extrême” commis par “un sénateur de la République” astreint à “un devoir d’exemplarité”.Il a toutefois noté à sa décharge que Joël Guerriau, 68 ans, possède un casier judiciaire vierge et a “donné une partie de sa vie au fonctionnement de la démocratie française”, appelant le tribunal à trancher “dans l’ambivalence de ces faits, de cette personnalité”.Lors de son interrogatoire lundi par le tribunal, Joël Guerriau a argué d’une inadvertance pour expliquer pourquoi une très forte dose de MDMA pure à 91,1% était diluée dans la coupe de champagne qu’il a servie à son amie de dix ans, niant toute intentionnalité ou caractère sexuel.- Débats sur l’intention sexuelle -L’élu centriste “n’est pas passé à l’acte, c’est vrai, aucun geste n’a été esquissé en direction de Mme Josso mais il lui a administré de la drogue dans le but de la violer”, a soutenu Benjamin Coulon. S’il l’a droguée, c’est “pour lui voler son portefeuille ?”, a-t-il ironisé.En grande détresse, parlant et se tenant debout avec difficulté, persuadée d’être sur le point de mourir, Sandrine Josso avait quitté précipitamment le domicile de Joël Guerriau deux heures après y être arrivée, et été prise en charge par des collègues à l’Assemblée nationale.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques avaient relevé une forte intoxication de son corps à l’ecstasy. Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire.Aujourd’hui politiquement engagée contre le fléau de la soumission chimique, Sandrine Josso est une femme traumatisée depuis les faits, déclarant lundi à la barre avoir découvert un “agresseur” sous le visage familier d’un vieil ami de sa famille politique.”Six mois d’arrêt de travail, des traitements physiques, un suivi psychologique et psychiatrique, des cauchemars, des réminiscences, une dissociation”, a listé son avocat Me Arnaud Godefroy, en réclamant 10.000 euros au titre du préjudice moral.Ayant la parole en dernier, la défense de M. Guerriau a appelé le tribunal à rendre non “pas un jugement sur la soumission chimique, mais un jugement sur les faits, le droit”.Sur l’intention sexuelle du sénateur, son avocat Me Henri Carpentier s’est étonné ainsi de “l’écart abyssal entre la certitude absolue affichée par le ministère public (…) et l’absence de tout acte certain”.Dès la révélation de cette affaire très médiatisée, “l’émotion a été unanime, le dégoût légitime. À partir de là, toute autre parole devenait absolument inaudible. L’émotion est mauvaise conseillère, elle efface toute nuance”, a-t-il mis en garde.Face aux dénégations de Joël Guerriau, “la crédibilité (de la partie civile) ne suffit pas à asseoir des poursuites et une condamnation”, a appuyé son autre avocate, Me Marie Roumiantseva, en demandant la relaxe.

Le PDG de la SNCF Jean Castex “sidéré” par la polémique “no kids”

“C’est complètement fou!”: Jean Castex, le PDG de la SNCF, s’est dit mardi “sidéré” par l’ampleur prise par la polémique “no kids” autour des voitures TGV “sans enfants” de la nouvelle classe affaires Optimum. “Dans nos trains, non seulement les enfants sont les bienvenus, mais ils sont surtout de plus en plus nombreux”, a-t-il assuré lors d’un déplacement à la gare TGV de Lille-Europe.Selon lui, en 2025, 8,4 millions d’enfants ont pris le train sur le réseau SNCF, “une très forte progression par rapport à cinq ans auparavant”. “Si j’élargis aux familles, il y a 10-15% de plus de familles à bord”, des données “à des années-lumières des polémiques sur le +no kids+”, a-t-il insisté.”L’espace Optimum est utile, répond à un besoin spécifique”, celui d’avoir “des espaces dédiés à l’activité professionnelle”, mais ne remet pas en cause la présence d’enfants par ailleurs dans les TGV: “Il y a aussi des espaces nurseries, des espaces familles”, a encore plaidé M. Castex.Dès le début de la polémique, la SNCF avait rappelé que la classe “Optimum” était pensée “pour les attentes spécifiques de nos clients professionnels” et que l’absence de jeunes enfants (moins de 12 ans) n’avait “rien d’une nouveauté”, puisque “c’était déjà le cas depuis des années” dans l’offre Business Première.Lundi, M. Castex a également écarté l’idée d’instaurer, à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays européens, des voitures strictement dédiées aux familles ou aux enfants, mais s’est dit “personnellement à la disposition de toutes les associations de familles, des pouvoirs publics, pour encore améliorer la situation”.Jusqu’à présent le PDG de la SNCF n’avait pas publiquement réagi depuis l’émergence de la polémique sur la nouvelle classe affaires Optimum “sans enfants” lancée début janvier.La controverse a éclaté la semaine dernière sur les réseaux sociaux lorsqu’un compte dédié à l’enfance avait pointé du doigt un document publicitaire dans lequel SNCF Voyageurs indiquait que “pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants n’étaient pas acceptés”.De nombreuses personnalités politiques de tous bords avaient largement critiqué cette communication.Face aux reproches, la SNCF avait reconnu une “formule marketing maladroite”, qui a été ensuite “retirée”.Les places Optimum ne représentent que 8% des places proposées, et seulement du lundi au vendredi, avait-elle ajouté, rappelant aussi ses tarifications spéciales enfants et adolescents, ainsi que ses “espaces familles” proposés dans les TGV Inoui les weekends, jours fériés et jours de départs en vacances.

Le dossier judiciaire s’alourdit pour Morandini, maintenu à l’antenne

Le dossier judiciaire de Jean-Marc Morandini s’alourdit: déjà condamné pour corruption de mineurs, l’animateur a renoncé à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, accentuant la pression sur sa chaîne CNews qui le maintient à l’antenne.L’animateur de 60 ans présentera bien mercredi le “Morandini Live”, comme chaque jour, a indiqué la chaîne à l’AFP.M. Morandini s’est désisté jeudi dernier de son pourvoi en cassation contre sa condamnation pour harcèlement sexuel, ce qui va la rendre définitive, a appris mardi l’AFP de source judiciaire, confirmant une information de BFMTV.Il avait été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis, reconnu coupable d’avoir “usé de pressions pour obtenir un acte sexuel” de la part d’un jeune comédien.L’animateur doit en outre payer une amende de 10.000 euros et indemniser Gabriel, la victime, et il a également l’obligation de suivre des soins psychologiques.Il était poursuivi pour avoir encouragé des comédiens, âgés de 19 à 26 ans au moment des faits, entre juin et septembre 2015, à s’exhiber nus pour les castings d’une web-série intitulée “Les Faucons” dont il était le producteur.Une pseudo directrice de casting, Catherine Leclerc – qui n’était autre que Jean-Marc Morandini sous pseudonyme – leur avait adressé des courriels pour leur demander avec insistance d’envoyer des vidéos d’eux nus, le pubis rasé, et de scènes de masturbation parfois avec éjaculation.Selon les enquêteurs, le “personnage totalement fictif” de Catherine Leclerc constituait une “figure maternelle et sécurisante inspirant confiance” notamment au plus jeune des plaignants, Gabriel.Le 14 janvier déjà, la Cour de cassation avait rendu définitive une autre condamnation à son encontre, pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.Pour ces faits, il a écopé de deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende. M. Morandini a en outre une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs, et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles est confirmée.- “le coeur et la raison” -Dans la foulée de la décision de la Cour de cassation, CNews avait annoncé maintenir l’animateur à l’antenne, faisant valoir que “Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice” avec un recours envisagé devant la Cour européenne des droits de l’Homme.Mais depuis, plusieurs figures de CNews – Sonia Mabrouk, Pascal Praud, Laurence Ferrari – ont pris leurs distances.Le 20 janvier, la première avait été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj: la décision du maintien de M. Morandini “ne m’appartient pas” mais “votre question est légitime, j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours”, avait-elle répondu.Mardi matin, Sonia Mabrouk n’était pas à l’antenne mais a posté sur X que “le coeur et la raison ont parlé”. Elle sera de retour mercredi, d’après CNews.Aucune de ces vedettes n’a demandé le retrait de l’animateur.En interne, certains le réclament cependant. Le syndicat +Libres de Canal+ a ainsi demandé “le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini”, comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s’y était engagée en 2016 en cas de condamnation.La première chaîne d’information en continu de France en parts d’audience, appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.L’animateur revendique 400.000 téléspectateurs en moyenne cette saison devant le “Morandini Live”, où sont conviés politiques, journalistes et personnalités pour débattre de l’actualité.  En fin de semaine dernière, Jordan Bardella a donné consigne aux élus et porte-parole du RN de ne plus participer à ses émissions, alors qu’ils s’y rendaient régulièrement.Depuis septembre, Jean-Marc Morandini enregistre son émission dans les locaux de CNews et d’Europe 1 à Paris. Il n’est pas au même étage que les jeunes stagiaires.Le statu quo “n’est pas souhaitable, même pour Morandini”, estime une source interne auprès de l’AFP, en déplorant que “ceux qui attaquent la chaîne vont utiliser cette histoire”.En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l’arrivée de l’animateur à l’antenne. Il venait d’être mis en examen pour “corruption de mineurs” et avait été écarté d’Europe 1.

Brèves échauffourées à Toulouse entre agriculteurs et policiers, six interpellations

De brèves échauffourées entre agriculteurs et policiers ont fait cinq blessés, selon les pompiers, mardi matin dans le centre de Toulouse, où une centaine de manifestants protestaient contre le traité de libre-échange Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a constaté un journaliste de l’AFP.Réunis à l’appel de l’intersyndicale agricole Coordination rurale-Confédération paysanne et FDSEA, des manifestants ont brièvement jeté des chaises sur les forces de l’ordre, qui ont de leur côté tiré des gaz lacrymogène, après que le cortège a tenté d’emprunter un itinéraire non autorisé par la préfecture. “C’est de la provocation, on a été bousculés”, a déclaré Eloi Nespoulous, coprésident de la Coordination rurale (CR) de l’Aveyron, annonçant à l’AFP que la CR serait reçue en préfecture dans l’après-midi. Les incidents, qui ont duré quelques minutes, ont laissé la place à un face-à-face tendu entre les policiers et les manifestants sur une place du centre-ville, encadrée par une dizaine de fourgons de police.Un manifestant a été interpellé, selon un photographe de l’AFP.”Interdire aux paysans de venir en tracteurs (…), c’est un manque de considération”, a déclaré à l’AFP le secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, Luc Mesbah, selon lequel cinq agriculteurs ont été placés en garde à vue en périphérie de Toulouse, où des manifestants ont été bloqués par les forces de l’ordre avec leurs tracteurs.La préfecture de Haute-Garonne a confirmé ces six interpellations, “dont cinq pour refus d’obtempérer aggravé (usage de tracteurs face aux forces de l’ordre avec mise en danger), une pour rébellion et violences aggravées sur forces de l’ordre”, selon un communiqué.”C’est la dermatose qui a mis le feu aux poudres, et on va continuer jusqu’à ce qu’on nous entende”, a déclaré à l’AFP Jean-Philippe Causse, membre de la Coordination rurale de l’Aveyron, lors de la manifestation.”On est contre l’abattage (systématique des troupeaux en cas de DNC) et pour l’arrêt des traités de libre-échange”, a ajouté Jonathan Kirchner, secrétaire général de la Confédération paysanne de Haute-Garonne, “c’est de la concurrence déloyale.”L’Inde et l’Union européenne (UE) ont officialisé mardi la conclusion d’un vaste accord de libre-échange commercial qui, au terme de vingt ans de négociations, va créer “une zone de libre-échange de deux milliards de personnes”.Le Parlement européen a saisi mercredi la Cour de justice de l’UE pour vérifier la légalité du traité avec le Mercosur, ce qui suspend le processus de ratification pendant un an et demi.

Immigration: plus de titres de séjour et moins de régularisations en France en 2025

Plus de titres de séjour, moins de régularisations et une petite diminution des demandes d’asile: Beauvau a dévoilé mardi les chiffres 2025 de l’immigration, qui alimenteront un débat public toujours plus polarisé sur le sujet dans la perspective de la présidentielle.La France a délivré 384.230 premiers titres de séjour l’an dernier (376.364 hors Britanniques), en hausse de 11% sur un an, avec comme l’année précédente une prédominance des motifs étudiants (118.00), suivis des titres humanitaires qui ont bondi de 65% (à 92.600), selon les chiffres rendus publics par la Direction générale des étrangers en France (DGEF).Mais les titres délivrés pour motifs économiques ont reculé de 13% à 51.190.”On a un marché de l’emploi qui peut-être attire un peu moins la population étrangère” en termes d’embauches, mais aussi de salaires où “la dynamique a disparu en 2025″, a expliqué Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.Pour ces premiers titres de séjour, les premières nationalités des demandeurs sont le Maroc (36.100) et l’Algérie (28.000).Et il y avait au total 4,47 millions de titres de séjour valides au 31 décembre 2025, soit une hausse de 3,2% sur un an.Le nombre de régularisations a lui baissé de 10%, avec 28.610 étrangers régularisés l’an dernier; la baisse est due aux motifs économiques (-11,5%) et familiaux (-6,4%).”Il y a l’impact de la circulaire Retailleau qui visait à rappeler le caractère exceptionnel” de ces régularisations et à en “durcir les conditions”, a expliqué M. Mordant.La durée recommandée pour délivrer une carte de séjour à un travailleur sans-papiers a ainsi été allongée à sept ans de présence en France contre cinq auparavant, voire parfois trois ans.Interrogé sur des chiffres précédemment publiés par le ministère de l’Intérieur, qui faisaient état d’une baisse de 42% des régularisations sur la période janvier-septembre, M. Mordant a expliqué qu’il y avait “peut-être eu une évolution de la dynamique en cours d’année” et que les chiffres de la DGEF comprenaient aussi “les régularisations de plein droit”.Ces chiffres sont publiés alors que le gouvernement espagnol de gauche s’apprête à adopter un plan de régularisation de sans-papiers qui pourrait bénéficier à 500.000 personnes, afin de soutenir la croissance économique du pays.Après la publication de la circulaire Retailleau en janvier 2025, le monde économique avait appelé à ne pas durcir outre mesure les conditions de régularisation, sous peine de voir certains secteurs péricliter.- “Dynamique” -Le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière a augmenté de 30% l’an dernier, concernant notamment des Algériens (+52%), des Tunisiens (+33%) et des Marocains (+19%).Les éloignements ont eux augmenté de 15,7% avec 24.985 étrangers renvoyés. Les seuls éloignements forcés ont eux progressé de 21% à 15.569.Du côté de l’asile, une baisse de 3,7% a été enregistrée en 2025 avec 151.665 demandes, qui sont ainsi “orientées à la baisse pour la deuxième année consécutive”, a noté M. Mordant.Les premiers pays d’origine des demandeurs ont été l’Ukraine, la RDC et l’Afghanistan (tous trois autour de 11.500 demandes), suivis d’Haïti, du Soudan et de la Guinée.Le taux d’accord a atteint 52% l’an dernier. “Plus d’une demande sur deux s’est vu attribuer l’asile”, ce qui marque une forte hausse : “on était plutôt autour de 40% il y a cinq ou six ans”, a rappelé M. Mordant.En ce qui concerne les visas, la DGEF a fait état d’une “hausse plus atténuée” que les années précédentes, (+1,1% demandés, +3,5% délivrés). Ainsi pour les courts séjours, la croissance est portée par les visas de tourisme (+6%), “témoignant de l’attractivité de la France”, tandis que les visas économiques baissent de 4,4%.Enfin 62.235 personnes ont acquis la nationalité française (-6,8% après une année “assez élevée”): cela s’explique par une baisse de 13,5% des acquisitions par décret, dans le sillage d’une circulaire de mai durcissant les conditions d’octroi.Six sur dix de ces nouveaux Français étaient originaires d’Afrique, notamment des trois pays du Maghreb, “mais aussi dans une moindre mesure l’Afrique subsaharienne”, a expliqué le responsable des statistiques.

Franck Didron, gilet jaune éborgné: pas de policier identifié et non-lieu

Les investigations n’ont pas permis d’identifier le policier auteur du tir de LBD qui a coûté son œil droit au “gilet jaune” Franck Didron lors d’une manifestation en 2018, et un non-lieu a été rendu, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.Le jeune homme, alors âgé de 20 ans, avait été touché le 1er décembre 2018 à Paris. Il avait déposé plainte dans les mois suivants et une information judiciaire, qui permet à un juge d’enquêter, avait été ouverte courant 2019 pour violence par une personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou infirmité permanente.Les expertises ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un tir de LBD (lanceur de balles de défense), mais l’enquête n’a pas permis d’identifier l’auteur du tir dans les rangs policiers. Un non-lieu a donc été rendu fin 2025.”Huit ans pour dire que le policier n’est pas identifiable, c’est indécent. A ce jour, le fonds de garantie et la Civi (Commission d’indemnisation des victimes) ont suspendu toutes ses demandes d’indemnisation alors que l’infraction pénale est désormais évidente”, a réagi l’avocat de Franck Didron, Me Arié Alimi.Le jeune homme a expliqué avoir été visé par un policier à moins de 20 mètres de lui.”Depuis que j’ai été blessé, je me demande pourquoi il m’a tiré dessus, ce CRS. J’aimerais bien qu'(il) se manifeste, qu’il vienne devant moi, et (qu’) il me dise pourquoi il m’a tiré dessus. Parce que là, il a gâché ma vie”, racontait-il en 2019 à l’AFP.Il expliquait manifester pour “des raisons de pouvoir d’achat”. “Les fins de mois pour moi c’était la merde, j’avais beaucoup trop de mal à les finir”. “C’était la toute première fois que j’allais manifester”, ajoutait-il.Franck Didron était dans “un groupe de manifestants pacifiques”, “encerclé de CRS”. “Mon téléphone a sonné, c’était ma mère qui m’appelait pour me demander des nouvelles parce qu’elle voyait à la télé que le climat était anormal. Je rassurais ma mère”. “Des gilets jaunes m’ont dit +attention les CRS chargent+, je regarde à droite, à gauche, et au moment où je tourne ma tête pour regarder derrière je reçois une balle de LBD 40 mm”, narrait-il encore.