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Conférence Travail et Retraites: premiers débats sur fond de crise budgétaire

La conférence Travail et Retraites entre vendredi dans le vif du sujet avec pour ambition d’éclairer le débat public avant la présidentielle de 2027, au moment où le gouvernement bataille contre un possible rejet de son projet de budget de la Sécurité sociale par les députés.Voulue par le Premier ministre Sébastien Lecornu au moment de l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mesure inscrite dans le projet de budget de la Sécu (PLFSS), cette conférence a été lancée il y a un mois par une réunion de méthode, lors de laquelle le Medef a claqué la porte.La principale organisation patronale, très remontée contre les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget, a fait savoir qu’elle préférait s’en tenir à l'”agenda autonome” des partenaires sociaux, qui “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.”Le souci du gouvernement et du ministre du Travail, c’est de faire en sorte que petit à petit, peut-être dans le cadre des ateliers, on puisse se retrouver dans une situation où le Medef pourra prendre toute sa part”, a souligné jeudi lors d’un briefing pour la presse le coordinateur de la conférence, l’ancien haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle.”Lieu de débat et pas de négociation”, après l’échec du conclave sur les retraites mené au printemps, selon les mots du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, la conférence s’ouvre vendredi matin en présence de l’ensemble des cinq syndicats représentatifs. La CGT a décidé jeudi d’y participer, après avoir demandé des garanties au gouvernement sur l’ordre du jour.Le Premier ministre s’est engagé à ce que l’objectif de la conférence “soit de renforcer, pérenniser, conforter notre système par répartition”, a affirmé la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.”Ce que nous demandons, c’est que cette conférence puisse déboucher sur un ou des référendums pour que les Françaises et les Français puissent enfin voter, notamment en matière de retraite”, a précisé Sophie Binet vendredi matin, sur France Info.- “Virage démographique” -Très allante, la CFDT estime pour sa part que la conférence permettra de “remettre le sujet du travail, de l’emploi et des retraites dans le bon sens”, s’est félicitée sa dirigeante Marylise Léon.”L’idée c’est de faire quelque chose de nouveau dans la méthode. Rien n’est écrit, il n’y a pas de cadre”, a expliqué M. Combrexelle, pour qui “le maître-mot est le dialogue social”.Trois thèmes seront discutés au cours de la première journée plénière des débats qui se tiennent au Conseil économique, social et environnemental (Cese), à Paris.Chacun sera introduit par un “grand témoin”, suivi du “regard croisé” des syndicats et organisations patronales puis d’une table ronde regroupant “chercheurs, experts et praticiens”, selon le programme communiqué par le ministère du Travail.A partir de 10h15 seront discutées les mutations du monde du travail avec un “angle prévention et conditions de travail”.A 13h30 seront abordés “les parcours de progression professionnelle”, “l’emploi des jeunes et des seniors” ainsi que “les compétences pour réindustrialiser le pays”, puis à 15h15 “le virage démographique et la situation du système de retraites”.Cette première journée, qui sera suivie par deux autres et d’ateliers mensuels jusqu’à l’été prochain, sera clôturée par Jean-Pierre Farandou et son homologue de la Fonction publique David Amiel.

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Au Zimbabwe, tournées à vélo et données satellites pour faciliter la coexistence avec les éléphants

Comme tous les matins, Takesure Moyo enfourche sa bicyclette et sillonne les environs de son village, près du plus grand parc national du Zimbabwe, pour aider sa communauté à mieux coexister avec les éléphants et autres prédateurs en liberté.Équipé d’un téléphone portable, il enregistre dans une application dédiée les incursions de pachydermes près du village ou simplement les traces de leur passage, permettant aux autorités de limiter les risques d’accidents avec ces animaux, qui parfois sortent des limites du parc national de Hwange (ouest).Âgé de 49 ans, M. Moyo fait partie d’une équipe de plusieurs personnes ayant reçu une formation dans le cadre d’une initiative du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et de l’Autorité des parcs et de la faune du Zimbabwe (ZimParks).”Nous avons toujours vécu avec des animaux sauvages autour de nous, mais notre réponse aux conflits entre humains et faune sauvage était souvent individuelle et sans coordination”, explique-t-il. “Cette initiative a aidé la communauté à acquérir une meilleure connaissance du comportement des animaux et, au final, à minimiser les incidents.”Environ 300 personnes ont été tuées par des animaux sauvages au Zimbabwe ces cinq dernières années, selon ZimParks, sans compter les cultures endommagées et les attaques contre le cheptel.Quelque 70% des incidents rapportés se déroulent dans les zones frontalières de parcs comme celui de Hwange, toujours selon Zimparks.Il y a quelques années, M. Moyo a perdu six vaches dans des attaques de lions, ce qui l’a incité à rejoindre le programme de surveillance de la faune. Ses relevés et messages d’alerte viennent compléter des données transmises par les colliers GPS dont 16 éléphants ont été équipés, permettant de suivre leurs déplacements en direct et de mieux coordonner le déploiement d’une équipe de ZimParks si nécessaire.- Alerte en temps réel -Le Zimbabwe abrite environ 100.000 éléphants, soit la deuxième plus grande population au monde d’éléphants de savane après celle du Botswana voisin, selon un recensement aérien conduit en 2022 par la Zone de conservation transfrontalière du Kavango-Zambèze, fruit d’un partenariat entre l’Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe.”Durant la saison sèche, les éléphants viennent parfois chercher de l’eau dans la retenue voisine, qui alimente nos jardins communaux”, explique M. Moyo. “Et pendant la saison des récoltes, il leur arrive de venir et manger nos cultures.”L’application qu’il alimente quotidiennement lors de ses tournées à vélo – The EarthRanger – est utilisée dans 80 pays, selon son site internet, et s’avère “très efficace”, souligne un responsable de la communication de Zimparks, Tamirirashe Mudzingwa.Agissant comme un système d’alerte en temps réel, elle donne aux villageois la possibilité de se mettre à l’abri à temps et de protéger leurs troupeaux ou leurs champs. Parmi les éléphants équipés d’un collier GPS, certains ont été secourus, soignés puis réintroduits dans leur habitat naturel par l’organisation Wild Is Life. Devant son écran, l’un des techniciens, Simbarashe Mupanhwa, suit ainsi les déplacements de Samson, un mâle de sept ans. “En plus d’aider à surveiller les déplacements des éléphants, l’application est également capable de suivre les rangers et les véhicules de l’organisation, ce qui permet de garantir qu’en cas d’incidents de braconnage, la réaction soit aussi rapide que possible”, explique M. Mupanhwa à l’AFP.Cette télémétrie offre des informations de première main sur l’habitat, “les schémas de déplacement et l’identification des zones fréquemment utilisées”, ou encore les “les zones de dispersion”, explique Philip Kuvawoga, directeur pour la conservation de l’environnement chez IFAW.Si les deux organisations, IFAW et ZimParks, s’accordent à vouloir impliquer les communautés locales dans la préservation de la faune, elles n’ont pas la même approche concernant la gestion de la population croissante d’éléphants au Zimbabwe.ZimParks, agence gouvernementale, plaide pour un tourisme de chasse aux trophées, à l’image de ce qui existe en Afrique du Sud voisine, tandis que IFAW veut continuer de promouvoir les safaris photo, comme au Kenya par exemple.”Cette collaboration incarne une entente pragmatique: les efforts de conservation doivent être inclusifs, fondés sur la science et adaptables”, estime Alleta Nyahuye, directrice nationale de l’IFAW, qui affiche comme idéal d'”aider les animaux et les humains à prospérer ensemble”.M. Moyo renchérit: “Il ne s’agit pas seulement de protéger les animaux. Il s’agit aussi de protéger notre mode de vie”.

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En Géorgie, les chiens errants entre adoration et danger sanitaire

A l’instar des chats d’Istanbul, les chiens errants de Tbilissi recueillent l’affection des locaux et touristes, mais le risque sanitaire lié à leur population de plusieurs dizaines de milliers domine les préoccupations.Dans le centre-ville de la capitale géorgienne, deux chiens roupillent sur un banc d’abribus, sous les regards tantôt cajoleurs, tantôt énervés, des usagers. Reconnaissables à leurs tags colorés à l’oreille, ces concitoyens canins sillonnent librement les rues de la ville et sont omniprésents aux entrées de stations de métro, de boulangeries, d’écoles… Certains les voient comme la preuve vivante de l’hospitalité géorgienne et de la culture urbaine chaleureuse de Tbilissi, tant appréciée des touristes. “Les chiens errants ont eu un impact positif plus grand que les gens et la culture seuls sur le tourisme et l’image de la Géorgie”, affirme Elena Nikoleisvili, une journaliste de 51 ans qui aide à prendre soin des animaux. “Ces adorables créatures devraient plutôt être le symbole de la capitale, comme les chats d’Istanbul”. Chaque quartier et cul-de-sac peut se vanter de posséder sa mascotte, tandis que sous les tables des cafés, les habitués glissent des os aux corniauds couchés à leurs pieds.Pour autant, le problème de la population croissante des chiens errants – ils sont des dizaines de milliers rien qu’à Tbilissi – est au sommet des préoccupations, cité en premier par 22% des personnes interrogées dans une enquête de l’Institut national démocratique. – “Une goutte d’eau” -“Il y a deux semaines, un chien a mordu ma fille et nous avons dû être vaccinés”, témoigne Oleg Berlovi, un plombier de 43 ans. “Ils aboient et font peur au gens. Les animaux sont super, mais il faut s’en occuper”. Chaque année en Géorgie, plusieurs personnes meurent encore de la rage dont les chiens sont le principal vecteur. Le pays administre des dizaines de milliers de traitements, selon l’Alliance mondiale pour le contrôle de la rage.Les autorités de Tbilissi défendent une solution “humaine” au problème.”La politique officielle du pays est de contrôler ces animaux par des méthodes les plus humaines possibles et de réduire au minimum le nombre de chiens errants dans les rues”, affirme à l’AFP Nicoloz Aragveli, directeur de l’agence de surveillance animalière de la ville.D’après un recensement récent, la capitale abrite quelque 29.000 chiens errants dont 74% ont été stérilisés, d’après M. Aragveli qui promet d’atteindre l’objectif de “100%”.La ville organise des campagnes d’éducation dans les écoles et du porte-à-porte pour encourager l’enregistrement des animaux de compagnie afin d’empêcher les abandons.Les autorités comptent aussi sur le durcissement des sanctions en cas d’abandon d’animaux de compagnie ou de violations des règles sur l’entretien et la propriété d’animaux.Trop peu, trop tard pour Mme Nikoleisvili.Les quelque 50.000 stérilisations réalisées à Tbilissi ces dix dernières années ne sont selon elle qu'”une goutte d’eau dans l’océan”.- “La faute de l’homme” -Là où les politiques publiques manquent, les volontaires s’activent.”Vous pouvez édicter des règles mais si vous ne pouvez pas les appliquer cela ne servira à rien”, affirme Sara Anna Modzmanashvili Kemecsei, directrice d’un refuge où vivent une cinquantaine de chiens.Selon elle, “dans certaines régions il n’y a absolument aucun système de stérilisation”.”Je n’ai pas vraiment l’impression que le gouvernement maîtrise le problème”, poursuit-elle, ajoutant que les volontaires sont, eux, nombreux et “vraiment super pour prendre soin des animaux”.Zacharia Dolidze collecte des dons pour acheter les matériaux et faire des niches. “J’en ai construit à peu près 2.500 en sept ans”, raconte à l’AFP le metteur en scène de théâtre, âgé de 40 ans.Mais l’adoption l’an dernier d’une nouvelle loi controversée sur les “agents de l’étranger” a rendu plus compliqué l’accès des ONG aux financements par des donateurs étrangers, comme l’organisation britannique Mayhew qui dirige un programme pour attraper, vacciner, stériliser puis relâcher les chiens de Tbilissi.Nino Adeishvili, une géologue de 50 ans, dépend des levées de fonds sur Facebook pour soigner et nourrir une dizaine d’animaux.”Dans la rue, un chien reste sans protection. C’est la faute de l’homme”, assène-t-elle.

Budget: le gouvernement s’engage à ne pas augmenter les franchises médicales

Le gouvernement s’est engagé vendredi à ne procéder à aucune augmentation des franchises médicales ni dans le budget de la Sécurité sociale, actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, ni par décret par la suite, a déclaré sa porte-parole Maud Bregeon. “Il n’y a pas de majorité pour augmenter les franchises donc (…)  il n’y aura pas d’augmentation des franchises médicales dans le budget qui est étudié aujourd’hui”, a assuré Maud Bregeon sur TF1.Interrogée sur la possibilité qu’une augmentation passe par décret par la suite, elle a promis que le gouvernement “ne fera pas sans les parlementaires”. “Par contre, attention, si on renonce à cette mesure-là (…), il faudra trouver des mesures d’économies à mettre en face, parce que la question de la cible du déficit qu’on souhaite, nous, autour de 20 milliards d’euros, n’a pas changé”, a prévenu la porte-parole. Alors que l’ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) affirme dans Les Echos qu’il ne votera pas “en l’état” le budget de la Sécurité sociale, Maud Bregeon l’a interpellé: “quelle est l’alternative?”. “Comment fait-on puisque aucune loi spéciale n’est possible?”, a-t-elle questionné à propos de cet outil permettant au Parlement d’autoriser l’Etat à reconduire tel quel au 1er janvier son budget de l’année précédente. “Il y a eu des avancées encore hier sur la question de la CSG (du capital) et on va continuer, il reste de nombreuses heures de débats à l’Assemblée nationale”, a-t-elle rappelé. L’Assemblée doit se prononcer vendredi sur la partie recettes du budget de la Sécu au lendemain d’une journée marquée par d’intenses tractations entre le gouvernement et les députés, qui ont notamment abouti à l’adoption d’un compromis sur la question clé de la hausse de la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital.L’adoption de la partie recettes est cruciale puisque son rejet vaudrait rejet de tout le texte et entraînerait une troisième lecture, elle-même décisive.

“Prime à l’accouchement”: petite ville cherche mamans pour sauver sa maternité

Une prime pour attirer les mamans: la ville de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, a adopté jeudi soir la proposition du maire d’offrir 1.000 euros aux femmes venant accoucher en 2026 dans la maternité de la ville, menacée par un nombre de naissances insuffisant.Cette mesure vise notamment à sauver la maternité de la commune, située à 50 km au sud de Bourges, qui risque la fermeture car elle est passée sous le seuil des 300 accouchements par an fixé par la réglementation. En 2025, la prévision est de 226 accouchements.Une prime de 1.000 euros en bons cadeau, à dépenser chez 150 commerçants participants selon la municipalité, sera donc versée à partir du 1er janvier 2026 aux mères accouchant sur place. 500 euros seront pris en charge par la municipalité et 500 par la communauté de communes.Le maire LR de cette ville de 10.000 habitants, Emmanuel Riotte, avait déjà vu sa proposition adoptée par la communauté de communes mercredi.Le maire espère notamment ramener vers la maternité des patientes du département et des environs qui se dirigent aujourd’hui vers des maternités plus importantes à Bourges, Montluçon ou Nevers.”On ne donne pas d’argent à une maman pour qu’elle fasse des bébés, on donne de l’argent à une maman enceinte qui déciderait de venir accoucher à Saint-Amand”, a précisé M. Riotte à l’AFP.Le maire souhaite que cette incitation financière s’accompagne de “visites prénatales obligatoires”. “Il serait complètement idiot qu’une maman parte de Bretagne à 5h00 du matin pour venir accoucher à 13h00 à Saint-Amand”, insiste-t-il.19.000 habitants vivent dans la communauté de communes autour de Saint-Amand-Montrond, dont la maternité compte parmi la vingtaine en France qui dérogent au seuil minimal de 300 accouchements par an fixé par la réglementation.- Risques sanitaires ? -L’initiative de la mairie a provoqué l’indignation de quatre syndicats de médecins pour qui “le choix d’une maternité ne doit pas être influencé par la perspective d’une récompense purement financière”. Le Snphare (anesthésistes réanimateurs), le Syngof (gynécologues obstétriciens), le Snpeh (pédiatres) et Samu Urgences de France (urgentistes) mettent aussi en garde contre des risques sanitaires en cas de complications.”Il est évident que les naissances compliquées devront être dirigées vers un établissement spécialisé, comme c’est le cas depuis des dizaines d’années”, répond Emmanuel Riotte.Cette prime à l’accouchement se fait dans un contexte généralisé de fermeture de maternités amorcé ces dernières années: la France comptait 457 maternités en 2023, soit 100 de moins qu’en 2010.Pour le Dr Anne Wernet, du syndicat national des anesthésistes-réanimateurs, il faut accepter de fermer les petites maternités, au nom de la sécurité des mères et des nouveaux-nés.Dans les maternités trop petites, “il ne se passe rien pendant longtemps, et quand il y a un problème, il n’y a plus personne pour gérer la situation”, souligne-t-elle. Mais les élus, le plus souvent, ne veulent pas entendre parler de la fermeture de la maternité ou de l’hôpital, synonyme pour eux de perte d’attractivité et de désertification économique, la maternité et l’hôpital étant souvent le gros employeur local.C’est le cas à Saint-Amand-Montrond, où près de 34 personnes travaillent à la maternité, et 675 au total pour le centre hospitalier et l’Ehpad.Aiguillonnée par les élus locaux, l’Assemblée nationale a adopté au printemps une proposition de loi instituant un moratoire sur la fermeture des petites maternités, dans l’attente d’un rapport du gouvernement sur les moyens pour les maintenir. Le Sénat doit maintenant l’examiner.La natalité ne cesse de reculer en France depuis 2010. Elle est passée de 832.799 à 663.000 en 2024, une baisse de de 20%, selon les chiffres de l’Insee.  Dans le Cher, ce recul atteint 30%, avec 2.374 naissances en 2024.

Shein et l’Etat se confrontent au tribunal sur la suspension de la plateforme

Shein et l’Etat ont rendez-vous au tribunal judiciaire de Paris vendredi: l’Etat y demande la suspension de la plateforme en raison des produits illicites qu’elle vendait. Shein trouve cette requête injustifiée et disproportionnée.Une suspension pour trois mois et des garanties pour éviter la répétition des nuisances, voilà ce que réclame le gouvernement, qui reproche à la plateforme la vente de produits illégaux comme des poupées sexuelles d’apparence enfantine, des armes de catégorie A ou encore certains médicaments.L’audience au civil, initialement prévue le 26 novembre mais renvoyée au 5 décembre après demande de l’avocat de l’Etat, doit s’ouvrir à 13h30. La décision devrait être rendue dans les prochains jours.Le gouvernement base sa demande sur l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique, selon lequel le tribunal judiciaire peut prescrire toutes les mesures propres à prévenir ou faire cesser un dommage occasionné par un contenu en ligne.Le géant asiatique du commerce en ligne estime que la demande de suspension est disproportionnée et se base sur des informations “obsolètes” et “inexactes”. Après la découverte des produits concernés, l’entreprise fondée en Chine en 2012 et basée désormais à Singapour les a retirés et a suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers (sa place de marché, ou “marketplace”), ainsi que celles des produits hors habillement. – Lutte à l’échelle européenne -Avec ces mesures, Shein avait échappé à une suspension administrative via une procédure pilotée par la Répression des fraudes (DGCCRF), service du ministère de l’Economie. Représenté en Europe par la société irlandaise ISSL (Infinite styles services co. Limited), la marque de mode ultra-éphémère assure renforcer ses contrôles en continu.Le parquet de Paris a déjà indiqué qu’il ne s’associerait pas à la demande de blocage du site Shein. La semaine dernière, avant le renvoi de l’audience, sa représentante avait indiqué qu’un blocage pour trois mois était “disproportionné au regard de la jurisprudence de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme, NDLR), sous réserve de la justification à l’audience (de vendredi) de la cessation effective de toute vente illicite”. La position du parquet ne préfigure en rien la décision du tribunal.S’il n’y a pas de blocage total du site, une suspension de la “marketplace” (déjà décidée temporairement par Shein) pourrait-elle être décidée ? Un contrôle par l’Arcom, le régulateur du numérique, pourrait-il être mis en place, comme le demande par ailleurs l’Etat ? Ce dernier a également assigné devant le tribunal les fournisseurs d’accès à internet (Bouygues, Free, Orange, SFR) afin de garantir le blocage de Shein si la justice en décide ainsi.Depuis le tollé suscité par la vente des poupées “à caractère pédopornographique” par Shein, l’exécutif a décidé de sévir contre les plateformes AliExpress ou Joom pour la vente de ces mêmes poupées.Le gouvernement a porté son combat au niveau européen. La Commission européenne a adressé une demande d’informations formelle à la plateforme, une procédure pouvant aboutir à l’ouverture d’une enquête. 

Pandas et ping-pong : Macron achève sa visite en Chine sur une note plus légère

Barrage, pandas et ping-pong : Emmanuel Macron achève vendredi sa quatrième visite d’Etat en Chine sur une note plus intimiste et détendue après les échanges ardus de la veille avec son homologue Xi Jinping sur l’Ukraine et le commerce.Le président français et son épouse Brigitte, qui ont quitté jeudi soir la capitale pour Chengdu, dans le Sichuan (sud-ouest), doivent y retrouver le couple présidentiel chinois dans un décor aux antipodes du monumental et solennel Palais du Peuple de Pékin.Emmanuel Macron s’est dit d’avance “très sensible” à ce “geste” d’attention, loin du protocole officiel, après avoir lui-même invité Xi Jinping dans les Pyrénées de son enfance en mai 2024.Autant de signes d’une “confiance” mutuelle et d’une volonté d'”agir ensemble” alors que les tensions internationales se multiplient et les déséquilibres commerciaux se creusent au bénéfice de la Chine, a-t-il souligné jeudi.Après les cimes des Pyrénées, Xi Jinping a choisi d’emmener son hôte près du Mont Qingcheng, où se dresse un imposant barrage et système d’irrigation du IIIe siècle avant notre ère, à une heure de route de Chengdu.Les deux couples présidentiels ponctueront ces retrouvailles par un déjeuner, avant qu’Emmanuel et Brigitte Macron ne poursuivent un programme plus personnel.- Panda mania -Comme en avril 2023 à Canton, le chef de l’Etat aura un échange avec des étudiants. Chengdu – la quatrième ville de Chine avec 21 millions d’habitants – est considérée comme l’une des plus ouvertes sur les plans culturel et social.Brigitte Macron se rendra de son côté au Centre de conservation des pandas géants de Chengdu, où deux plantigrades âgés de 17 ans prêtés à la France en 2012 dans le cadre de la “diplomatie chinoise du panda” viennent tout juste de revenir.Elle y retrouvera Yuan Meng, le premier des pandas géants nés en France en 2017, dont elle est la marraine et qui a rejoint la Chine en 2023.Les forêts du Sichuan abritent de nombreuses espèces protégées, des léopards des neiges aux pandas géants, célèbres pour leur démarche nonchalante et leur yeux sombres entourés de taches noires. La Chine a fait de ces ursidés des ambassadeurs emblématiques de son amitié avec les peuples, du Japon à l’Allemagne, à travers des prêts à des zoos. Les petits nés à l’étranger sont envoyés quelques années plus tard à Chengdu pour participer à des programmes de reproduction et de réadaptation en milieu naturel.De son côté, le chef de l’Etat rencontrera les frères pongistes Alexis et Félix Lebrun, vedettes des Jeux olympiques de Paris en 2024 et présents en Chine pour la coupe du monde de tennis de table par équipes mixtes.- Timides signaux -L’occasion d’un nouvel échange de balles pour le président français, après celui à l’Elysée avec Alexis Lebrun en novembre 2024?  Jeudi à Pékin, le président français s’est livré à un échange autrement plus délicat, pressant son homologue chinois d’oeuvrer à la fin de la guerre en Ukraine en usant de son “influence” sur la Russie et de corriger les déséquilibres commerciaux avec la France et l’Europe.S’il s’est dit prêt à “soutenir tous les efforts de paix”, Xi Jinping a surtout haussé le ton face aux accusations récurrentes de soutien de la Chine à l’économie de guerre russe, qu’il a jugées “diffamatoires”.La Chine n’a jamais condamné l’invasion de l’Ukraine par la Russie, un partenaire primordial dans sa vision “mutipolaire” du monde, et lui achète massivement du pétrole, alimentant ainsi sa machine de guerre.Emmanuel Macron semble avoir été entendu en revanche dans son appel à plus d’investissements chinois en France, avec en corollaire un partage de technologies comparable à celui opéré par les Européens lors du décollage économique de Pékin.Une lettre d’intention a été signée en ce sens, Xi Jinping se disant prêt à “accroître les investissements réciproques” pour un “environnement commercial équitable”.

Budget de la Sécu: les députés votent sur les recettes, après un compromis sur la CSG du capital

L’Assemblée se prononce vendredi sur la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, au lendemain d’une journée marquée par d’intenses tractations entre le gouvernement et les députés, qui ont notamment abouti à l’adoption d’un compromis sur la question clé de la hausse de la CSG sur les revenus du capital.L’adoption de cette partie recettes est cruciale, puisque son rejet vaudrait rejet de tout le texte, dans une nouvelle lecture elle-même décisive. Pour obtenir un vote favorable des députés, le gouvernement a multiplié les signes d’ouverture jeudi, que ce soit sur les franchises médicales ou le niveau des dépenses de l’Assurance maladie, avec un Sébastien Lecornu très présent au banc.Cette hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) visant spécifiquement les revenus du capital, supprimée au Sénat après avoir été approuvée en première lecture à l’Assemblée, était particulièrement attendue par la gauche, mais désapprouvée par la droite.”Ne tapez pas l’épargne populaire des Français”, a martelé Laurent Wauquiez, patron des députés LR. Les séances de l’après-midi et du soir ont été entrecoupées de nombreuses suspensions permettant des discussions en coulisses entre les députés et le gouvernement.Pour arracher un compromis, le gouvernement a déposé un amendement cherchant à la fois à “sécuriser des recettes” et “assurer que les classes moyennes ne soient pas impactées”, avec un rendement attendu de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale.Il a finalement été adopté par 177 voix contre 84 et 92 abstentions. Un vote vivement critiqué par le député RN Jean-Philippe Tanguy, qui a dénoncé une taxe “qui va frapper plus durement un artisan à 2.000 euros qu’un multimillionnaire”.- Moment “potentiellement critique” -Signe de la bonne volonté du gouvernement, Mme de Montchalin a aussi dit prendre “acte” de l’absence de consensus concernant le doublement des franchises médicales, c’est à dire le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les médicaments. “Cette proposition (…) ne peut être incluse dans nos projections financières”, a-t-elle dit, sans pour autant fermement s’engager sur une absence totale de décret en ce sens.Concernant l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam), elle a précisé que le gouvernement envisageait de les augmenter “jusqu’à plus 2,5%” contre une hausse d’environ 2% prévue aujourd’hui.Elle s’est par ailleurs engagée à “accompagner un compromis” sur “l’année blanche” concernant les retraites et les minima sociaux, c’est-à-dire leur non indexation sur l’inflation.Dans un moment “potentiellement critique”, le Premier ministre a consacré sa journée aux débats parlementaires, reportant ses rendez-vous prévus.Il a fait monter la pression dans l’hémicycle, martelant que l’absence de texte conduirait à “29 ou 30 milliards” d’euros de déficit pour la Sécu l’an prochain, alors que le gouvernement souhaite le contenir autour de 20 milliards d’euros. Une note du ministère de la Santé a été distribuée aux députés, faisant état d’un “risque très élevé sur le financement du système de protection sociale”, faute de budget. Elle a suscité des réactions houleuses du côté de LFI ou du RN accusant le gouvernement de jouer sur les “peurs”.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp, chez Horizons, Les Républicains ou par le président LR du Sénat Gérard Larcher, d’activer l’article 49.3 de la Constitution, M. Lecornu l’a de nouveau exclu.”Vous avez critiqué le 49.3 pendant des années et, au moment où nous le laissons tomber, vous continuez de critiquer”, a-t-il tancé.- Camp gouvernemental divisé -Le scrutin sur l’ensemble du projet de loi n’est prévu que le 9 décembre. Son rejet hypothèquerait grandement l’adoption du budget de la Sécu au Parlement avant le 31 décembre. Le texte est réécrit par les députés depuis mardi dans l’hémicycle en nouvelle lecture, après que le Sénat a supprimé plusieurs concessions du gouvernement au PS, dont l’emblématique suspension de la réforme des retraites.Des concessions que désapprouvent le groupe Horizons et Les Républicains. En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a asséné Edouard Philippe, chef des députés Horizons qui oscillent à ce stade entre abstention et vote contre.De quoi faire peser une sérieuse menace sur l’adoption du texte. Car face au rejet attendu du RN, de son allié l’UDR et de LFI, l’absence de soutien des deux groupes à la droite du camp gouvernemental pourrait concourir à faire tomber le texte, même avec des votes “pour” du PS.Marque de son ouverture au compromis, celui-ci a approuvé une taxe sur les mutuelles censée rapporter un milliard d’euros, qu’il avait rejetée en première lecture.Pendant ce temps, le Sénat a adopté la partie dédiée aux recettes du projet de budget de l’Etat pour 2026, après l’avoir largement remaniée par rapport à la copie initiale du gouvernement, supprimant notamment plusieurs milliards d’euros de hausses de prélèvements.sac-far-are-la-sl/jmt/cbn/vgu

Montchalin annonce ne plus tabler sur le doublement des franchises médicales

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a déclaré jeudi devant les députés que le doublement des franchises médicales, l’une des mesures les plus inflammables discutée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, ne pouvait plus “être inclus” dans “les projections financières” pour l’année prochaine, faute de consensus.”Je ne passerai pas en force sur la question des franchises médicales”, a également déclaré un peu plus tard le Premier ministre Sébastien Lecornu.Les compromis recherchés dans l’hémicycle de l’Assemblée peuvent “permettre de repousser un certain nombre de mesures qui étaient dans les textes initiaux du gouvernement, dont peut-être les franchises médicales, mais je souhaite qu’on puisse les compenser”, a-t-il ensuite ajouté.Les franchises médicales sont le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les boîtes de médicaments. Les franchises sur ces dernières passeraient de 1 à 2 euros si elles étaient doublées. Mais “le gouvernement prend acte du fait que dans la majorité de ce pays, manifestement, cette proposition ne fait pas consensus et que donc elle ne peut être incluse dans nos projections financières”, a déclaré Amélie de Montchalin. La mesure de doublement, censée rapporter 2,3 milliards, peut être prise par décret.Mais les recettes attendues sont prises en compte dans les équilibres financiers du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. Or, les députés discutent âprement cette semaine lors d’une nouvelle lecture du texte pour contenir le déficit de la Sécu l’année prochaine. Après ces déclarations, le député socialiste Jérôme Guedj a demandé au gouvernement de s’engager clairement: “Aujourd’hui vous devez nous dire qu’il n’y aura pas de décret portant doublement des franchises médicales.”- Rallonge pour l’Ondam? -Mme de Montchalin a également abordé jeudi soir le sujet brûlant de l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam). Elle a annoncé que le gouvernement souhaitait “potentiellement rehausser encore l’Ondam, qui, vous le savez aujourd’hui, est à à peu près plus 2%. Le gouvernement envisage potentiellement d’aller jusqu’à plus 2,5 %.””Mais pour ce faire”, il faut “continuer à travailler à des économies”, a-t-elle ajouté. La ministre a enfin annoncé que le gouvernement avait pris “la décision” de “compenser 2 milliards d’euros de plus d’exonérations d’allègement généraux”. Ces allègements généraux de cotisations sociales sur les salaires visent à réduire le coût du travail. L’Etat peut compenser sur ses deniers ce manque à gagner pour la Sécurité sociale.”C’est une manière de considérer que les entreprises, par les allègements généraux, contribuent aux recettes de la Sécurité sociale”, a fait valoir Amélie de Montchalin. Mais ces compensations “renvoient le problème vers le PLF”, le budget de l’Etat, a noté plus tard M. Lecornu.