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La pluie de retour au Sri Lanka et en Indonésie, déjà ravagés par les intempéries

La pluie a repris vendredi dans certaines régions du Sri Lanka et de l’Indonésie, faisant craindre une aggravation de la situation pour les millions de sinistrés des intempéries qui ont fait au total plus de 1.750 morts dans cinq pays d’Asie.Le bilan humain en Indonésie s’est encore alourdi, grimpant vendredi à 867 morts, pour 521 disparus, tous à Sumatra.Alors que plus de 800.000 personnes sont hébergées dans des abris temporaires, la pluie a fait son retour notamment sur Banda Aceh, à l’extrémité nord-ouest.Région la plus touchée par les destructions, “Aceh pourrait connaître des pluies fortes à très fortes aujourd’hui (vendredi) et demain”, a prévenu l’agence météorologique indonésienne.Le bilan est également très lourd au Sri Lanka où 607 personnes ont trouvé la mort dans les inondations et les glissements de terrain qui ont accompagné le passage la semaine dernière du cyclone Ditwah. Quelque 214 personnes sont toujours portées disparues.Vendredi, les autorités ont lancé de nouvelles alertes aux intempéries pour les régions du centre du pays, déjà ravagées.La Thaïlande compte 276 morts, quand deux personnes sont décédées en Malaisie.Au Vietnam, des pluies torrentielles ont inondé la province de Lam Dong (sud) jeudi faisant au moins deux morts, selon le média Voice of Vietnam qui a fait état de 16 glissements de terrain.- “Terre jusqu’au plafond” -A Sumatra, dans l’ouest de l’Indonésie, les survivants tentent de reconstruire leur vie après les inondations.Rumita Laurasibuea est réfugié dans un lycée. “L’état de notre maison était inimaginable (…) Elle était recouverte de terre jusqu’au plafond. Tout autour, des monceaux de bois”, a témoigné ce fonctionnaire de 42 ans, selon qui se relever des inondations “pourrait prendre plus d’un an”.”Nous sommes toujours inquiets… Si la pluie revient, où irons-nous ? Si l’école rouvre, où pourrons-nous loger?”, s’interroge Rumita.”C’est une calamité à laquelle nous devons faire face”, constate Hendra Vramenia, 37 ans, qui a fui son village de Kampung Dalam dans le sud-est d’Aceh et se dit inquiet car nombreux sont ceux qui, dans les zones non encore atteintes par l’aide humanitaire, sont menacés de famine.”La situation est très critique et déchirante en raison des difficultés d’accès à l’aide”, a confirmé Nanang Subana Dirja, directeur général de l’ONG Secours islamique indonésien.”L’impact des inondations est généralisé”, a déclaré à l’AFP Ade Soekadis, directeur exécutif de l’ONG Mercy Corps Indonésie. La superficie qui s’étend sur trois provinces de Sumatra est plus grande que le Bangladesh, a-t-il ajouté.Au Sri Lanka, les inondations commencent à se résorber, selon les autorités, même si le pays reçoit à nouveau de fortes précipitations depuis jeudi.Dans la ville de Gampola (centre), les habitants s’activaient vendredi pour déblayer la boue.”Nous recevons l’aide de volontaires d’autres régions pour ce nettoyage”, a déclaré à l’AFP le religieux musulman Faleeldeen Qadiri à la mosquée Gate Jumma.”Nous avons calculé qu’il faut dix hommes et une journée entière pour nettoyer une seule maison”, a ajouté un bénévole du nom de Rinas. Personne ne peut y arriver seul”.- Poursuites pénales -Une grande partie de l’Asie connaît actuellement la pleine saison de la mousson, souvent à l’origine d’inondations.Selon les experts, le changement climatique engendre des épisodes de pluie plus intenses car une atmosphère plus chaude contient davantage d’humidité, et des températures plus élevées dans les océans peuvent amplifier les tempêtes.Mais écologistes et experts et même le gouvernement indonésien ont souligné la responsabilité de la déforestation dans les crues soudaines et les glissements de terrain.L’Indonésie figure parmi les pays qui enregistrent les plus fortes pertes forestières annuelles, avec plus de 240.000 hectares de forêt primaire disparus en 2024.Jakarta a annoncé mercredi la révocation des permis de huit entreprises soupçonnées d’avoir aggravé les effets de la catastrophe.Si leur implication dans l’exploitation forestière illégale ou le défrichement de terres est démontrée, “les enquêtes pourraient donner lieu à des poursuites pénales”, a déclaré le ministre de l’Environnement Hanif Faisol Nurofiq.L’ampleur de la catastrophe à Sumatra rend les opérations de secours difficiles. Interrogé sur la possibilité de solliciter l’aide internationale, comme l’a fait le Sri Lanka, l’Indonésie a assuré cette semaine pouvoir faire face seule, malgré les appels d’ONG et de responsables politiques et les témoignages de sinistrés dénonçant l’insuffisance des mesures prises.burs-jhe/ebe/alv/am

Putin offers India ‘uninterrupted’ oil in summit talks with Modi

Russian President Vladimir Putin said Friday he was ready to continue “uninterrupted shipments” of fuel to India, as New Delhi faces heavy US pressure to stop buying oil from Moscow.US President Donald Trump imposed punishing 50 percent tariffs on most Indian products in August, citing New Delhi’s continued purchases of Russian oil — revenue Washington …

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Retraites et travail: la conférence sociale percutée par le débat budgétaire

La conférence Travail et retraites a lancé ses travaux vendredi, des “matériaux précieux pour le débat politique”, espère le gouvernement qui bataille contre un possible rejet de son projet de budget de la Sécurité sociale par les députés.”Si on veut avancer les retraites, il faut passer par la case travail”, a déclaré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou en ouverture de cette conférence voulue par Sébastien Lecornu, moins de six mois après l’échec du conclave initié par son prédécesseur François Bayrou.”Ce n’est pas impossible que les partenaires sociaux s’emparent des travaux de cette conférence et peut-être arrivent à converger sur le sujet des retraites”, a-t-il estimé lors d’un point de presse. “Ces travaux de qualité que nous allons engager, qui vont durer jusqu’à l’été de l’année prochaine, constitueront des matériaux précieux pour le débat politique”, a-t-il ajouté.”Le Premier ministre avait bien prévu de venir mais l’actualité parlementaire est exigeante”, a indiqué M. Farandou, ajoutant qu’il passerait au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui héberge la conférence, si les débats à l’Assemblée le permettent.Le ministre du Travail a rappelé que “s’il n’y a pas de loi (budgétaire) sur la sécurité sociale, comme la suspension est encapsulée dedans, il n’y aura pas d’arrêt, de décalage, de suspension de la réforme de 2023″.Voulue par Sébastien Lecornu au moment de l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, la conférence a été lancée il y a un mois par une réunion de méthode, dont le Medef a claqué la porte.La principale organisation patronale, très remontée contre les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget, préfère s’en tenir à l'”agenda autonome” des partenaires sociaux, qui “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.Jean-Pierre Farandou s’est montré compréhensif: “Je comprends que le Medef, en ce moment, reporte plutôt son regard sur les débats à l’Assemblée”. Il s’est dit “convaincu” qu’une fois les débats budgétaires passés, le Medef “retrouvera sa place, et on a besoin de lui pour avancer”.Les représentants des petites et moyennes entreprises, CPME et U2P étaient en revanche présents vendredi, tout comme l’ensemble des organisations syndicales, sauf Solidaires. La CGT a décidé jeudi de participer, après avoir obtenu du Premier ministre que l’objectif de la conférence de “conforter notre système par répartition”, a affirmé la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.- “Enorme gâchis” -Elle a ajouté sur France Info que la CGT voulait que “cette conférence puisse déboucher sur un ou des référendums pour que les Françaises et les Français puissent enfin voter, notamment en matière de retraite”.”Il y a un fossé grandissant entre le travail tel qu’il est imposé et le travail tel qu’il est vécu”, a affirmé pour sa part la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, lors du premier débat thématique de la journée, sur les mutations du monde du travail.Elle a également dénoncé “l’énorme gâchis en matière de dialogue social avec la réforme des instances représentatives du personnel” de 2017. Comme d’autres intervenants, elle a mentionné les défis du monde du travail, de la révolution numérique à la transition écologique.Depuis 40 ans, les politiques publiques ont “trop souvent privilégié les enjeux d’emploi au détriment de la question du travail, en se focalisant sur les chiffres” du marché du travail, a expliqué le président du Cese Thierry Beaudet. “Tant que nous n’aurons pas le courage de rouvrir le débat sur le financement du modèle social, nous ne revalorisons pas le travail lui-même”, a estimé le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi.Le président du syndicat des cadres CFE-CGC François Hommeril a loué un ministre du Travail “très sincère”, disant avoir “vraiment envie de jouer le jeu” de la conférence, tout en disant qu’il “peine à comprendre” l’absence du Medef.L’après-midi, les questions d’emploi, notamment des jeunes et des seniors, et les liens entre le “virage démographique” et les retraites sont abordés.Cette première conférence plénière, qui sera suivie de deux autres et d’ateliers mensuels jusqu’à l’été prochain, sera clôturée par Jean-Pierre Farandou et son homologue de la Fonction publique David Amiel.

La ville de Lyon s’illumine pour la Fête des Lumières

Arches colorées, trompe-l’œil lumineux, images projetées sur les façades: Lyon a commencé à s’illuminer jeudi soir avec les tests de la vingtaine d’installations de la Fête des Lumières, à la veille de son lancement officiel.”On n’est pas blasé même si on vient depuis des années”, sourit Jean-Jacques Bouteloup, 72 ans, venu en voisin depuis Villeurbanne avec son épouse, rencontré jeudi soir dans les rues de la ville.”On aime être surpris, découvrir de nouvelles choses, partager avec d’autres. Les gens qui applaudissent, c’est formidable”, se réjouit-il. Du 5 au 8 décembre, 23 œuvres lumineuses seront exposées sur plusieurs places emblématiques de la ville, mais aussi à l’opéra et dans le parc de la Tête d’or, où se tiendra la principale innovation de cette édition: un spectacle de drones du collectif local Allumée. Dès jeudi soir, à la faveur des essais de lumières, les badauds peuvent déjà profiter de certaines œuvres.Les visiteurs pourront également voir un hommage pop aux mères lyonnaises, les cuisinières connues pour leurs recettes régionales et populaires, avec une œuvre du collectif barcelonais Tigrelab nommée “le lundi, c’est ravioli”.Critiqué par l’opposition sur le périmètre réduit de la nouvelle édition, le maire de Lyon Grégory Doucet a lancé les festivités en mettant en avant “dispositifs inédits” et “hommages à la culture lyonnaise”.La ville a dû composer cette programmation avec un budget restreint. Elle annonce une dépense nette hors masse salariale de 2,1 millions d’euros pour la mairie, soit 800.000 de moins d’en 2024, compensée en partie par le mécénat. Le budget total atteint 3,4 millions. Parmi les nouveaux mécènes, la traditionnelle fête lyonnaise compte cette année le géant américain de la vidéo à la demande Netflix, qui a financé une oeuvre dédiée à la promotion de sa série phare “Stranger Things”.C’est l’une des installations qui a attiré Elena Geagea, 22 ans, étudiante à Lyon depuis cinq ans, qui essaie avec deux amis d’éviter le pic de la fréquentation.Chaque année, le festival attire près de deux millions de spectateurs.”J’aime la couleur, les lumières, l’ambiance dans toute la ville”, confie-t-elle à l’AFP. Une installation en hommage à l’océan, “avec des petits bateaux” style origami mais taille géante, lui a beaucoup plu. “Avec le tonnerre, on est dedans!”La Fête des Lumières découle d’une tradition catholique, visant à remercier la Vierge Marie, protectrice de la cité, chaque 8 décembre en déposant un lumignon à sa fenêtre. Depuis une quarantaine d’années, elle donne lieu à des créations artistiques lumineuses.

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De fortes vagues attendues dans l’ouest, trois départements en vigilance orange samedi

Les départements du Finistère, des Côtes-d’Armor et de la Manche ont été placés en vigilance orange “vagues-submersion” pour samedi, a annoncé vendredi Météo-France, en raison d’une dépression située au nord-ouest de l’Irlande.La vigilance orange sera mise en place à partir de 03H00 et doit rester en vigueur jusqu’à 11H00.Cet épisode de fortes vagues, nécessitant une “attention particulière” selon Météo-France, est lié à la dépression “Davide”.”La conjonction de niveaux marins élevés et de fortes vagues risque d’engendrer des submersions par franchissement de paquets de mer sur les zones exposées ou vulnérables du littoral”, expliquent les services météorologiques.Le reste du littoral atlantique, des Pyrénées-Atlantiques au Morbihan, est quant à lui placé en vigilance jaune samedi, de même que le littoral du Pas-de-Calais.

De fortes vagues attendues dans l’ouest, trois départements en vigilance orange samedi

Les départements du Finistère, des Côtes-d’Armor et de la Manche ont été placés en vigilance orange “vagues-submersion” pour samedi, a annoncé vendredi Météo-France, en raison d’une dépression située au nord-ouest de l’Irlande.La vigilance orange sera mise en place à partir de 03H00 et doit rester en vigueur jusqu’à 11H00.Cet épisode de fortes vagues, nécessitant une “attention particulière” selon Météo-France, est lié à la dépression “Davide”.”La conjonction de niveaux marins élevés et de fortes vagues risque d’engendrer des submersions par franchissement de paquets de mer sur les zones exposées ou vulnérables du littoral”, expliquent les services météorologiques.Le reste du littoral atlantique, des Pyrénées-Atlantiques au Morbihan, est quant à lui placé en vigilance jaune samedi, de même que le littoral du Pas-de-Calais.

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Les prix alimentaires en baisse, reflet de l’abondance agricole mondiale

Le prix global des denrées alimentaires dans le monde a reflué en novembre, pour le troisième mois consécutif, reflet d’une offre abondante et d’une concurrence accrue entre exportateurs, a indiqué vendredi l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Au vu des récoltes en cours, la FAO a d’ailleurs de nouveau relevé sa prévision de production céréalière pour 2025, qui devrait pour la première fois dépasser 3 milliards de tonnes, en hausse de 4,9% par rapport à la récolte 2024.Cette hausse globale de production est notamment liée aux belles récoltes de blé attendues en Australie et surtout en Argentine, où “des semis plus importants que prévu et des rendements probablement records (…) devraient conduire à une récolte historique”.Les productions de blé augmentent aussi en Europe et aux Etats-Unis, de même que celles de céréales secondaires comme l’orge. Et les récoltes de riz s’annoncent en hausse (+1,6%).L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit l’évolution des prix internationaux d’un ensemble de denrées, a globalement reculé de 1,2% sur un mois. Il se situe “2,1% en dessous de son niveau de novembre 2024” et près de 22% sous son pic de mars 2022, juste après l’invasion russe de l’Ukraine.Paradoxalement, seules les céréales voient leur prix légèrement rebondir (+1,3% sur un mois), portées par la hausse du blé (+2,5%). Les prix de la céréale du pain sont soutenus par “un potentiel intérêt de la Chine” pour les productions américaines, la “poursuite des hostilités” en mer Noire et “une diminution attendue des semis en Russie”.L’ensemble des autres productions voient leurs prix refluer.Le prix des huiles végétales, qui était en octobre au plus haut depuis l’été du fait de commandes de biocarburants et de retards de récoltes, baisse de 2,6% en novembre en raison d’une baisse des cotations de l’huile de palme, de colza et de tournesol. L’huile de soja demeure “soutenue par une forte demande du biodiesel, notamment au Brésil”.Les prix de la viande évoluent peu (-0,8%) alors que ceux des produits laitiers reculent de 3,1% en novembre, “sous l’effet d’une baisse des cotations du beurre et de la poudre de lait entier”, liée à une augmentation de la production mondiale et des disponibilités exportables.Le prix du sucre chute de près de 6% en un mois, en raison notamment des abondantes productions attendues au Brésil, en Inde et en Thaïlande.

Pétards, boules puantes et french cancan: une Nuit du bien commun mouvementée à Paris

Les célèbres Folies Bergère accueillaient un gala de charité pas comme les autres jeudi soir: la Nuit du bien commun, fondée par le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin. Comme à chaque édition, des manifestants ont protesté contre cet événement selon eux “lié à l’extrême droite”.Sur scène, un huissier en costume rouge harangue les donateurs, accompagné d’un poussin jaune en guise de mascotte. Dans la rue, des manifestants s’égosillent pour conspuer les “milliardaires” et les “fachos”. Entre ces deux mondes, quelques dizaines de CRS dissuadent toute tentative d’intrusion dans le fameux théâtre parisien.Certains ont manifestement réussi à déjouer la vigilance des organisateurs. “Des attardés avec des boules puantes”, lance un des animateurs de la soirée, tandis l’on ouvre les portes pour aérer la salle. Mais rien n’arrête la levée de fonds, les dons pleuvent par dizaines de milliers d’euros.Pas même lorsque dehors résonnent pétards et feux d’artifices tirés par quelques opposants grimpés sur le toit du bâtiment. En accrochant, au passage, une banderole “Paris antifa” noire et blanche sur l’enseigne du prestigieux cabaret.En catastrophe, les vigiles rentrent barrières, poteaux et cordons dans le hall envahi par les fumigènes, tandis que des policiers casqués s’élancent pour repousser les opposants. Les talkies-walkies grésillent, les agents de sécurité s’affairent en tous sens pour sécuriser les issues.A l’intérieur, la fête continue, des danseuses en robes à froufrous tricolores entament un french cancan qui ravit les quelque mille spectateurs déjà chauffés à blanc. “Il y en a qui essaient de saboter cette soirée, mais on ne lâchera rien”, s’époumone l’huissier en rouge, avant de faire huer les fauteurs de trouble.Le spectacle doit continuer, les présentations d’associations s’enchainent: pour les “personnes atteintes d’autisme”, les “jeunes en milieu rural”, les “vacances de familles défavorisées” ou encore les “chiens d’assistance” pour “l’inclusion” des personnes handicapées. Toutes déductibles des impôts, toutes sélectionnées par la Nuit du bien commun.- “Des gens extrêmement riches” -Le concept, lancé en 2017, a déjà permis de lever plus de 28 millions d’euros – dont 8 millions cette année – pour 550 associations. “Elles sont toutes d’intérêt général, je vous mets au défi d’en trouver qui sont politisées”, affirme Stanislas Billot de Lochner, co-fondateur aux côtés notamment de Pierre-Edouard Stérin.Ce dernier, entré dans le champ politique depuis la révélation l’an dernier de son projet Périclès visant à “promouvoir” des “valeurs libérales et conservatrices”, a quitté cet été le conseil d’administration de la Nuit du bien commun. Mais en reste un des mécènes, au travers d’une autre structure portant un nom similaire, le Fonds du bien commun.Des liens pas totalement rompus, donc, qui sont la principale motivation des manifestants désormais systématiquement mobilisés contre ces événements, comme à Dijon mardi soir. Une pression qui pousse certaines associations à s’en retirer, comme à La Rochelle en septembre, voire à annuler des dates comme à Aix-en-Provence en octobre.”Il faut combattre l’extrême droite sur son terrain”, justifie Léo, 25 ans, croisé en début de soirée parmi la petite foule massée dans une rue étroite. Pour cet étudiant en sciences sociales, “la liberté d’expression a des limites, quand ils s’organisent pour développer l’homophobie et le racisme”.Sous les drapeaux de la CGT, SUD, LFI et Attac, ils sont 350 (selon une source policière) à scander “pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers” et “tout le monde déteste les milliardaires”.Slogans qui traduisent une inquiétude face “une extrême droite devenue puissante” avec l’aide de “gens extrêmement riches qui soutiennent une idéologie de la haine et de la division”, martèle Emmanuelle Jollet, co-responsable du syndicat FSU dans la capitale.Une dimension politique qui échappe à la plupart des participants. Comme Bruno, 55 ans, venu de Loire-Atlantique pour “voir du beau, du positif” et “de l’altruisme”. Et si un milliardaire investit sa fortune dans une bataille politico-culturelle, “je ne vois pas du tout où est le problème”, dit-il, “il fait ce qu’il veut de son argent”.

Le général de Villiers appelle à “retrouver une unité nationale” face aux menaces

La France doit “réarmer massivement” durant les 10 prochaines années pour faire face aux menaces, juge l’ancien chef d’état-major français Pierre de Villiers, pour qui il est essentiel de “retrouver une unité nationale”.Le général en retraite, ex-chef d’état-major des armées (2014-2017), a accordé cet entretien à l’AFP à l’occasion de la publication de son nouvel ouvrage, “Pour le succès des armes de la France” (Fayard).R: Le réveil est brutal. La guerre en Ukraine a progressivement fait sortir les dirigeants de cette forme de somnambulisme dans lequel nous étions. Avec les échéances électorales qui sont devant nous, je voudrais que le sujet de la défense, de la protection de la France et des Français puisse être discuté et être en première ligne des débats parce que la situation est grave.R: Je crois que oui. Il y avait une inquiétude et maintenant il y a une peur et même une angoisse. La peur fait réagir, le courage fait décider. Je pense que nous sommes arrivés à ce stade.Dans l’histoire du monde, on voit bien que les faibles sont attaqués par les forts. Si on veut de nouveau être forts et respectés, il faudra réarmer massivement en équipements, en personnels, en munitions, en logistique, mais aussi en forces morales. Ce réarmement me semble possible et souhaité par les Français. Mais nous sommes dans une situation financière très délicate, la tentation du renoncement à ce réarmement sera grande.La cohésion nationale a été mise à mal par de multiples fractures sociales, géographiques, intergénérationnelles. Il faut retrouver cette unité nationale.Aujourd’hui, nous sommes en risque parce que nous avons oublié que la guerre était possible et les fractures nous affaiblissent énormément. Il faut à tout prix les soigner, en commençant par la jeunesse, l’éducation, la famille, par ce service militaire que j’appelle de mes vœux depuis très longtemps.R: Je ne peux que souscrire à cet effort de 6,7 milliards deux ans de suite. Mais je note que la situation politique est très inquiétante. Tous nos moulinets diplomatiques doivent faire un peu sourire ceux à qui ils s’adressent car nous ne sommes même pas capables d’avoir un budget.L’effort pour aboutir au modèle d’armée que je propose nécessitera en moyenne cinq milliards d’euros de plus par an jusqu’en 2035. R: Il y a déjà une bonne nouvelle, c’est la fin du service national universel (SNU) qui était une fausse bonne idée. Réunir des jeunes non majeurs pendant quelques jours seulement, c’est la colonie de vacances, cela n’apporte pas le résultat escompté.L’annonce d’un service national a le mérite d’exister avec un objectif pragmatique (jusqu’à 50.000 personnes par an en 2035). Il y aura trois difficultés à surmonter. La première est budgétaire: il ne faut pas que les crédits nécessaires amputent le budget des armées. Ensuite, il faudra résoudre les problèmes d’infrastructures parce que nous n’avons plus de casernes. La troisième c’est l’encadrement, il va falloir trouver des effectifs supplémentaires.Cet encadrement pourrait provenir en partie d’un service militaire obligatoire pour les étudiants des grandes écoles françaises. Par ce brassage, cela permettrait d’apprendre à ces jeunes ce qu’est la nation française. Cela leur permettrait aussi de développer leur capacité à exercer l’autorité, et ce serait une belle expérience.

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Inde: ces femmes du Rajasthan qui font passer des villages de l’ombre à la lumière

Santosh Devi, 36 ans, est fière. Grâce à l’énergie solaire, cette mère analphabète a apporté la lumière et de l’espoir à des familles démunies de son hameau isolé dans une région du Rajasthan minée par la silicose, dans l’ouest de l’Inde.Son époux, comme de nombreux ouvriers des 33.000 mines et carrières de l’Etat, souffre de cette maladie respiratoire causée par l’inhalation de poussières de silice.En juin dernier, elle a rejoint avec sept autres femmes l’ONG Barefoot College (Université aux pieds nus) de Tilonia, à deux heures de route de chez elle.Pendant trois mois, Santosh y a appris les bases de l’ingénierie solaire. “Fabriquer et réparer des lampes, installer et connecter des panneaux” solaires, énumère Kamlesh Bisht, le responsable technique de l’institut.Depuis sa création en 1972, le Barefoot College a formé 3.000 femmes dans 96 pays.En plus d’éclairer des familles qui peuvent désormais utiliser un ventilateur et recharger leurs téléphones, ces formations offrent à celles qui les suivent un complément de revenu indispensable.Comme Santosh, beaucoup de femmes redoutent de rejoindre la longue cohorte des veuves du Rajasthan à cause de la forte prévalence des maladies respiratoires.Le seul district d’Ajmer – 2,5 millions d’habitants – compte de 5.000 à 6.000 patients atteints de silicose et/ou de tuberculose, selon Lokesh Kumar Gupta, pneumologue à la clinique de Beawar. Dans le village de Santosh Devi, 70 cas de silicose pour 400 familles ont été recensés.Faute d’emplois dans d’autres secteurs, nombre d’habitants travaillent dans les carrières ou les mines de grès, de marbre et de granit.- “Confiance et courage” -Ceux qui taillent à coups de burin le grès destiné au pavage des rues du monde entier sont payés l’équivalent de 5 euros par jour. Ceux qui utilisent un marteau-piqueur, qui produit plus de poussière, touchent le double.Le mari de Santosh ne travaille plus depuis quatre ans. “Il n’arrive pas à marcher car il s’essouffle, il a de la fièvre et tout son corps le fait souffrir”, explique-t-elle. En situation de handicap, il perçoit 14,50 euros par mois. Pas assez pour faire vivre cette famille et payer les médicaments.Essuyant ses larmes avec son foulard, Santosh avoue avoir été contrainte d’emprunter de l’argent, de vendre ou d’hypothéquer ses bijoux.C’est pour “offrir une bonne éducation et un avenir meilleur” à ses enfants, âgés de 5 à 20 ans, que cette ouvrière agricole a rejoint le Barefoot College.”Au départ, j’avais très peur”, se souvient-elle, “mais cette formation m’a apporté confiance et courage”. Et elle espère en tirer jusqu’à 150 euros par mois.A quelques kilomètres de là, Champa Devi, 30 ans, a aussi suivi cette formation avant de rentrer dans son village, où seules les détonations des mines alentour brisent le silence.Elle est fière d’avoir appris “à écrire (son) nom” au Barefoot College et les bases de l’énergie solaire.Son mari Vinod Ram, 34 ans, souffre de silicose depuis six ans. Leur fils de six ans est lourdement handicapé: il ne pourra jamais ni parler, ni marcher.- Pas de traitement -Tous deux passent leurs journées allongés sur des couvertures étalées à même le sol dans l’unique pièce de leur maison.Champa a déjà électrifié quatre foyers mais sans en tirer encore de revenu. Elle travaille pour 300 roupies (3 euros) par jour sur des chantiers. Son maigre salaire ne suffit pas à couvrir le traitement de son mari – 50 à 70 euros par mois – malgré les aides perçues. D’un filet de voix, Vinod, qui a commencé à travailler dans des mines à 15 ans sans jamais porter de masque, dit qu’il a régulièrement besoin d’oxygène. “Les médicaments ne font que calmer ma toux pendant un quart d’heure”, explique le trentenaire qui ne pèse plus que 45 kilos.”Il n’existe aucun traitement contre la silicose”, observe le Dr Lokesh Kumar Gupta, même si sa prise en charge précoce augmente l’espérance de vie des malades.Une fois le diagnostic posé, les malades perçoivent 2.000 euros et une aide de 3.000 euros est versée après leur décès.Malgré les risques, de nombreux hommes comme Sohan Lal, 55 ans, qui souffre d’essoufflement et de toux sévère, n’ont d’autre choix que de continuer à tailler le grès.”Si on me diagnostiquait, ça changerait quoi?”, lâche-t-il.