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A Notre-Dame de Paris, 11 millions de visiteurs un an après la réouverture

Un an après sa réouverture, Notre-Dame de Paris a accueilli environ 11 millions de personnes, qui se pressent pour admirer la pierre blonde et le mobilier épuré de l’édifice victime d’un incendie géant en 2019.Le 7 décembre 2024, la cathédrale était rouverte après plus de cinq ans de travaux, en présence de chefs d’État et personnalités dont Emmanuel Macron et Donald Trump, lors d’une cérémonie retransmise en mondovision.Un an plus tard, Notre Dame a accueilli “11 millions à peu près de visiteurs”, explique Sybille Bellamy-Brown, responsable de l’accueil des publics de la cathédrale.Maria Vega, Colombienne de 22 ans, n’envisageait pas un voyage à Paris sans passer par Notre-Dame. “C’est particulièrement important pour moi qui me suis récemment réengagée dans l’Eglise”, explique la jeune femme qui s’émerveille d’une restauration “très précise”: “La beauté et la simplicité sont frappantes.”Dany Tavernier, 55 ans, venue de Seine-et-Marne avec sa famille, visite pour la première fois la cathédrale restaurée: “C’est magnifique, on voudrait en voir plus, comme la +forêt+ de la charpente”, assure-t-elle.La fréquentation est en hausse de “30% à peu près” par rapport à avant l’incendie du 15 avril 2019, qui avait ravagé la toiture et la charpente de ce chef d’œuvre de l’art gothique du XIIe siècle, ajoute Mme Bellamy-Brown.Un chantier titanesque, financé grâce à 843 millions d’euros de dons, a été nécessaire pour restaurer la cathédrale qui ne désemplit pas depuis sa réouverture.Les files s’étirent toujours sur le parvis, surtout le week-end, mais avec moins d’attente: “chacun peut très spontanément rentrer dans Notre-Dame”, indique encore la responsable.Les visiteurs individuels peuvent entrer avec ou sans réservation, et toujours gratuitement, malgré l’idée d’une contribution de 5 euros avancée par la ministre de la Culture Rachida Dati. Une suggestion fermement rejetée par le diocèse de Paris.- Dons -Face à l’afflux de visiteurs, on affiche toutefois à Notre-Dame une volonté de “réguler” les entrées, particulièrement pendant les offices, en fonction du nombre de visiteurs déjà présents. “Nous souhaitons accueillir le mieux possible l’ensemble des visiteurs” qu’il s’agisse de fidèles ou de touristes, précise Mme Bellamy-Brown.”Quand vous êtes à l’intérieur, vous pouvez vraiment prier, je viens de le faire pendant vingt minutes, vous n’entendez pas les gens autour”, assure Melissa Catapang, 39 ans, venue de Dubaï, qui loue “la solennité” de l’endroit.Car la cathédrale se veut aussi “pleinement lieu de prière” avec plus de 1.600 célébrations organisées cette année, et un véritable essor des pèlerinages: plus de 650, dont un tiers venus de l’étranger.Il s’agit là d’un phénomène relativement nouveau, des pèlerins venant pour la Vierge, d’autres pour la couronne d’épines (une relique acquise par Saint Louis en 1238)… Et “chacun a envie de méditer aussi sur ce chantier qui est long”, affirme la responsable.La cathédrale compte poursuivre cette dynamique spirituelle et culturelle.Jusqu’au 2 février, une crèche provençale d’une cinquantaine de santons est installée.La couronne d’épines est désormais présentée en ostension tous les vendredis de 15H00 à 18H30 – alors qu’elle n’était jusqu’ici vénérée que le premier vendredi de chaque mois.Les vitraux contemporains de l’artiste Claire Tabouret seront installés fin 2026 pour remplacer six des sept baies du bas-côté sud de l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Mais dès mercredi, des maquettes grandeur nature seront exposées au Grand Palais.Et s’il reste 140 millions d’euros sur les dons collectés, “il manque encore au moins l’équivalent” pour terminer la restauration d’un édifice qui n’était pas en bon état avant l’incendie, souligne l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage de la restauration, qui lance un appel aux dons.Des travaux sur des parties extérieures ont été engagés en 2025 et ‘devront être programmés jusqu’au-delà de 2030″, ajoute-t-on: après la restauration déjà lancée du chevet, il faudra se pencher sur la sacristie, les trois grandes roses de la cathédrale, les façades nord et sud du transept, le presbytère…La Fondation Notre Dame espère elle lever 6 millions d’euros.

Laitages, prières, échanges avec l’aumônier: Sarkozy lève le voile sur sa détention

A quelques jours de la parution de son livre “Le journal d’un prisonnier”, Nicolas Sarkozy, condamné au procès libyen, lève samedi le voile sur ses trois semaines de détention, faites de prière, discussions avec l’aumônier et consommation de laitages.”Je fus frappé par l’absence de toute couleur. Le gris dominait tout, dévorait tout, recouvrait toutes les surfaces”, écrit l’ancien président de la République dans le livre, publié le 10 décembre et édité par Fayard, contrôlé par Vincent Bolloré.Europe 1, également contrôlé par le milliardaire breton, en publie des extraits samedi, tout comme le quotidien Le Figaro.Au premier jour de son incarcération, selon Europe 1, l’ancien président s’agenouille pour prier. “C’est venu comme une évidence”, raconte-t-il dans son livre. “Je suis resté ainsi de longues minutes. Je priais pour avoir la force de porter la croix de cette injustice”, poursuit-il, décrivant également ses discussions dominicales avec l’aumônier de la prison.Le 25 septembre, l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgé de 70 ans, a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour association de malfaiteurs, et à une amende de 100.000 euros.Il a aussitôt fait appel et sera jugé à nouveau du 16 mars au 3 juin par la cour d’appel de Paris.Au Figaro, M. Sarkozy confie avoir “écrit au bic sur une petite table en contreplaqué, tous les jours”. “Je donnais les feuilles à mes avocats, qui les donnaient à ma secrétaire pour les mettre au propre. J’ai écrit d’un seul jet et après ma libération, un lundi, j’ai terminé le livre dans les jours suivants”, décrit M. Sarkozy. “Il fallait que je réponde à cette simple question: +Mais comment en suis-je arrivé là?+. Que je m’interroge sur cette vie si étrange que la mienne, qui m’a fait passer par tant de situations extrêmes”, explique-t-il.Condamné définitivement dans deux autres affaires, celle dite des écoutes et Bygmalion, il réserve aussi dans ce livre quelques pics au personnel politique, dont Emmanuel Macron qui, selon Le Figaro, aurait “détourné le regard” de la condamnation et de l’emprisonnement de son prédécesseur. M. Sarkozy, numéro d’écrou 320535 selon Le Figaro, décrit aussi sa détention et son alimentation à la prison parisienne de la Santé, faite de “laitage, barre de céréales, eau minérale, jus de pomme et quelques douceurs sucrées”.L’ancien président, protégé en prison par deux officiers de sécurité, est resté enfermé dans sa cellule 23 heures sur 24, sauf à l’occasion des visites. “J’aurais donné beaucoup pour pouvoir regarder par la fenêtre, prendre le plaisir de voir passer les voitures”, assure-t-il.

Starvation fears as flood toll passes 900 in Indonesia

Ruinous floods and landslides have killed more than 900 people on Indonesia’s island of Sumatra, the country’s disaster management agency said Saturday, with fears that starvation could send the toll even higher. A chain of tropical storms and monsoonal rains has pummelled Southeast and South Asia, triggering landslides and flash floods from the Sumatran rainforest to …

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Inondations en Indonésie: craintes de famine, le bilan dépasse les 900 morts

Des inondations et des glissements de terrain dévastateurs ont fait plus de 900 morts sur l’île indonésienne de Sumatra, a annoncé samedi l’agence nationale de gestion des catastrophes, et il est à craindre que la famine n’aggrave encore ce bilan.La série de tempêtes tropicales et de pluies de mousson qui s’est abattue sur cette région de l’Asie, provoquant des glissements de terrain et des crues soudaines, a tué depuis la semaine dernière quelque 1.790 personnes en Indonésie, au Sri Lanka, en Malaisie, en Thaïlande et au Vietnam.Parmi elles, 908 personnes sont mortes à Sumatra, grande île de l’ouest de l’Indonésie, selon un bilan actualisé publié samedi par l’agence nationale de gestion des catastrophes, et 410 autres sont toujours portées disparues.Ce bilan pourrait être alourdi par la faim qui menace les villages et “zones (qui) restent inaccessibles dans les régions reculées d’Aceh”, s’est inquiété Muzakir Manaf, le gouverneur de cette province “complètement détruite, du nord au sud, des routes à la mer”. “De nombreuses personnes ont besoin de produits de première nécessité”, a-t-il déclaré à la presse. “Les gens ne meurent pas à cause des inondations, mais à cause de la faim”.D’après l’agence météorologique indonésienne, la pluie pourrait revenir samedi dans les provinces d’Aceh et du nord de Sumatra, où l’eau et la boue ont enseveli les maisons.- “Trahi” -Fachrul Rozi, victime des inondations à Aceh, a raconté avoir passé la semaine dernière entassé dans un vieux magasin avec d’autres personnes ayant fui la montée des eaux. “Nous mangions ce que nous trouvions, en nous entraidant avec les maigres provisions que chacun avait apportées”, a-t-il dit à l’AFP. “Nous dormions entassés les uns sur les autres”. Munawar Liza Zainal, habitant d’Aceh, se sent “trahi” par le gouvernement indonésien, qui n’a jusqu’à présent pas déclaré l’état de catastrophe nationale, malgré les pressions. “C’est une catastrophe extraordinaire qui doit être traitée avec des mesures extraordinaires”, insiste auprès de l’AFP l’homme, frustré comme de nombreuses autres victimes. Selon certains experts, Jakarta pourrait hésiter à déclarer l’état de catastrophe nationale, et donc à solliciter l’aide internationale qui traduirait son incapacité à faire face seule à cet évènement.Au Sri Lanka, île au sud de l’Inde qui a sollicité l’aide internationale cette semaine, Colombo a confirmé un bilan de 607 morts et 214 disparus, présumés morts, dans ce que le président Anura Kumara Dissanayake a qualifié de catastrophe naturelle la plus grave jamais connue par le pays.Plus de deux millions de personnes, soit près de 10% de la population, ont été touchées.Les rescapés recevront jusqu’à dix millions de roupies (33.000 dollars) pour acquérir un terrain dans un endroit plus sûr et construire une nouvelle maison, a promis vendredi soir le ministère des Finances dans un communiqué.Le gouvernement offre également un million de roupies (3.300 dollars) à titre d’indemnisation aux proches de chaque personne décédée ou handicapée.Le Centre de gestion des catastrophes (DMC) a indiqué que plus de 71.000 maisons avaient été endommagées, et que de nouvelles précipitations sont attendues samedi.Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré examiner la demande du Sri Lanka visant à obtenir 200 millions de dollars supplémentaires, en plus de la tranche de 347 millions de dollars que le pays devait déjà recevoir ce mois-ci.

Le ministre du Commerce Serge Papin déchargé des dossiers liés à Auchan

Le ministre du Commerce Serge Papin ne pourra pas intervenir sur les dossiers liés au groupe Auchan ni sur ceux portant sur les entreprises qu’il a accompagnées comme consultant au cours des cinq ans précédant son entrée au gouvernement, selon un décret publié au Journal officiel samedi.La gestion des dossiers concernés sera assurée directement par le Premier ministre Sébastien Lecornu.”Le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat ne connaît pas des actes de toute nature relatifs aux sociétés du groupe Auchan”, mais aussi “spécifiquement aux personnes, physiques ou morales, qu’il a eues pour clientes dans le cadre de son activité de conseil en stratégie d’entreprise durant les cinq années précédant sa nomination au sein du Gouvernement”, précise le décret.Serge Papin, l’ancien patron de la coopérative de commerçants de grande distribution Système U, avait été nommé fin 2022 au conseil d’administration d’Auchan Retail International, qui chapeaute l’activité distribution du groupe dans le monde. Il a quitté ce poste en janvier.Système U (Super U, Hyper U, U Express…) s’appelle désormais Coopérative U. Cette coopérative n’est pas concernée par les dispositions du décret, M. Papin ayant quitté ses fonctions en 2018, après l’avoir dirigée depuis 2005.La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pourra par ailleurs demander d’autres déports en fonction des déclarations d’intérêts et de patrimoine des différents ministres en cas de conflit d’intérêts avec leurs attributions.

L’ancien patron de France Télécom Didier Lombard privé de sa Légion d’honneur

L’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et deux anciens cadres de l’entreprise se sont vu retirer leur Légion d’honneur, plus haute distinction honorifique en France, selon des décrets publiés samedi au Journal officiel.”Par décret du Président de la République en date du 2 décembre 2025″, Didier Lombard, 83 ans, “est exclu de l’ordre de la Légion d’honneur et privé définitivement du droit de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère ressortissant à la grande chancellerie de la Légion d’honneur”, indique l’institution.Avec son ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès, l’ancien dirigeant de France Télécom (devenue Orange en 2013) avait vu sa peine confirmée en janvier dans l’affaire des suicides dans l’entreprise après le rejet de son pourvoi en cassation.Ils ont été condamnés pour harcèlement moral institutionnel le 30 septembre 2022 par la cour d’appel de Paris à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende, des peines allégées par rapport à celles prononcées en première instance en 2019.”Toute condamnation pénale ou tout acte contraire à l’honneur commis par un décoré peut justifier une procédure disciplinaire”, indique la grande chancellerie sur son site.L’article R92 du code de la Légion d’honneur précise que “peut être exclue de l’Ordre toute personne qui a fait l’objet d’une condamnation à une peine correctionnelle”. Selon un autre décret paru samedi, Didier Lombard est également exclu de l’ordre national du Mérite.Condamné en première instance à un an de prison dont huit mois avec sursis et 15.000 euros d’amende dans l’affaire des suicides à France Télécom, l’ex-DRH Olivier Barberot s’est également vu retirer sa Légion d’honneur, tout comme Brigitte Dumont, ancienne directrice adjointe du groupe.Le 13 février, la CFE-CGC Orange avait adressé une lettre au Grand chancelier de la Légion d’honneur demandant le retrait des décorations d’anciens cadres de l’entreprise condamnés dans cette affaire.”Le maintien de ces distinctions serait une insulte aux victimes et un déshonneur pour notre République”, avait écrit le syndicat.

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Automobile: l’UE va-t-elle assouplir le passage au tout-électrique en 2035?

L’UE va-t-elle assouplir l’interdiction de vendre des voitures neuves à moteur essence ou diesel à partir de 2035? La pression monte sur Bruxelles pour amender cette mesure environnementale majeure, vu la crise aiguë que traverse l’industrie automobile en Europe.La Commission européenne est censée revoir cet objectif le 10 décembre, dans le cadre d’un vaste plan en faveur de l’industrie automobile, mais elle pourrait repousser ses annonces, pour tenter de concilier les multiples demandes des différents États membres, reflétant souvent celles de leurs filières nationales.L’objectif de faire passer les voitures neuves au tout-électrique en 2035 avait été fixé en 2023. C’était l’une des mesures phares du Pacte vert européen, et un jalon crucial dans la difficile quête de la neutralité climatique en 2050.Mais deux ans plus tard, les appels se multiplient, au nom du “pragmatisme”, à revoir ce symbole du Green Deal européen.”Notre secteur a reçu l’objectif le plus contraignant, car à l’époque il était perçu comme l’un des plus faciles à décarboner. Mais c’est en réalité beaucoup plus compliqué, car l’écosystème et la demande des consommateurs n’ont pas pu suivre le rythme” imposé par Bruxelles, a plaidé l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA).Pendant ce temps, les constructeurs chinois s’installent en masse sur le marché européen, avec leurs véhicules électriques bien plus abordables que les modèles “made in Europe”. Résultat, les constructeurs européens craignent une crise sans précédent, si les objectifs de Bruxelles ne sont pas corrigés, avec des licenciements et fermetures d’usines en série.”Le sol se dérobe sous nos pieds”, a résumé début novembre Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, qui regroupe les constructeurs et équipementiers français, dénonçant une impasse résultant “d’un choix politique et dogmatique, et non pas technologique”.- “Oubliez les usines de batteries” -Le chancelier Friedrich Merz s’est fait ces dernières semaines le porte-voix des constructeurs, particulièrement puissants en Allemagne et qui appellent depuis des mois Bruxelles à revoir cette obligation.Dans un courrier à la Commission, le chef du gouvernement allemand a réclamé le maintien après 2035 des ventes de voitures neuves à propulsion hybride rechargeables, mais aussi les véhicules équipés de prolongateurs d’autonomie ou de moteurs thermiques “à très haute efficacité”.L’Italie défend quant à elle l’autorisation post-2035 des véhicules neufs roulant aux biocarburants (ou agrocarburants), produits à partir de biomasse. La France, elle, appelle au contraire à dévier le moins possible de la trajectoire vers le tout-électrique, histoire de ne pas compromettre les énormes investissements déjà réalisés par les constructeurs.”Si demain on abandonne l’objectif de 2035, oubliez les usines de batteries électriques européennes”, a lancé le président Emmanuel Macron, à l’issue d’un sommet européen en octobre.La France demande d’ailleurs à l’UE de soutenir à la production de batteries électriques, en plein développement dans le Nord du pays, et propose des obligations de verdissement (c’est-à-dire une électrification imposée) des flottes professionnelles avec des véhicules européens (pour ne pas favoriser les constructeurs chinois).Mais les Allemands ne sont pas favorables au verdissement des flottes.”Electrifier les flottes d’entreprises à 100%, c’est faire revenir par la fenêtre l’interdiction des véhicules à moteur thermique”, a ainsi dénoncé cette semaine le patron de BMW, Oliver Zipse, de passage à Bruxelles.L’ONG spécialisée Transport & Environment, appelle elle à ne surtout pas accorder d’exemption aux biocarburants.”Ce serait une terrible erreur”, prévient Lucien Mathieu, un de ses responsables, pointant leur mauvais bilan carbone et leurs effets indirects imprévus, notamment sur la déforestation.

L’art-thérapie comme alternative à “la machine psychiatrique industrielle”

Dans le salon d’un parfait inconnu à Marseille, Yann Klimenko donne un dernier coup de pinceau à sa toile avant d’achever sa séance d’art-thérapie. “C’est plus sympathique qu’un médicament”, témoigne le quadragénaire atteint de schizophrénie qui y voit une alternative bienvenue aux soins institutionnels.Autour de la table, il y a aussi Sasha* (prénom d’emprunt), 22 ans, pour qui participer à une activité artistique hors les murs d’une institution médicale “fait du bien”. Elle comptabilise plus d’une vingtaine de tableaux depuis un an, dont certains décorent les intérieurs de ses proches.  Pour Yann, qui a connu de longues périodes d’internement, sortir, créer et le soutien entre personnes partageant son vécu sont autant d'”avancées dans le prendre soin”.”Je ne suis pas dans un hôpital, dans ce que j’appelle la machine psychiatrique industrielle.”Ce groupe thérapeutique se déroule sous la forme d'”une promenade dans Marseille”, explique l’artiste Arnaud Deschin de Beir, qui a fondé l’association Aigle Abeilles, dédiée à l’intégration sociale par les arts plastiques. Deux fois par mois, ce diplômé des Beaux-Arts formé à l’art-thérapie propose des expositions, des balades architecturales ou de se faire inviter chez des particuliers pour peindre.Ce jour-là, c’est Cyril Lahlou qui met à disposition son élégant appartement doté d’un jardin luxuriant. “Je trouve intéressant ce partage. Cela permet une meilleure appréhension de la maladie mentale, d’enlever les préjugés”, explique le régisseur, enclin à renouveler l’expérience. La peinture ou tout autre média artistique est utilisé “pour sortir de la marginalité, pour ancrer les patients sur du réel. Le plus important n’est pas le résultat mais tout le processus pour en arriver là”, explique l’art-thérapeute qui a choisi cette discipline après avoir été diagnostiqué d’un trouble de déficit de l’attention (TDAH) à 50 ans. L’artiste plasticien regrette d’avoir trop longtemps “erré” sans savoir ce dont il souffrait.La santé mentale a été déclarée “grande cause nationale” en 2025, permettant de briser un silence autour du sujet. Le gouvernement vient de décider de la prolonger en 2026, les acteurs du secteur réclamant désormais des mesures concrètes.Dans sa capacité à contourner les limitations du langage verbal, “l’art-thérapie est bénéfique”, constate le Dr Jean-Luc Martinez, pédopsychiatre et coordinateur d’une unité d’hospitalisation pour jeunes adultes (18-25 ans) à la clinique des Trois Cyprès en périphérie de Marseille.- “Pas une fatalité” -Dans la cité phocéenne, les besoins en psychiatrie “explosent mais les moyens ne suivent pas”, selon le syndicat Sud Santé.La crise de la psychiatrie publique, qui touche l’ensemble du territoire, est “particulièrement aiguë dans les quartiers populaires de la ville, ceux-là mêmes où les inégalités sociales sont les plus marquées et où la précarité pèse lourdement sur la santé mentale des habitants”, développe le syndicat.Les professionnels interrogés constatent l’étiolement de la psychiatrie avec la fermeture de lits, des délais d’accès aux soins qui s’allongent, des structures de proximité saturées ou inexistantes, des agents à bout et in fine “des usagers trop souvent abandonnés à leur détresse”.La ville a connu plusieurs incidents violents impliquant des personnes souffrant de troubles psychiatriques non prises en charge.”Ce n’est pas une fatalité d’avoir des problèmes psys”, affirme Matthieu Saliceti, 25 ans. Dans son studio de musique à Aubagne, l’entrepreneur accueille une fois par semaine de jeunes adultes suivis par la clinique des Trois Cyprès où lui même a séjourné à ses 18 ans. Au programme: écriture de morceaux et enregistrement.Un fois installée dans la cabine, Zou, 22 ans, exprime sa “violence”, son “mal-être dans la société”. “Je me sens libre. C’est plus simple de partager un texte que de parler à mon psychiatre” et “la santé mentale ne se guérit pas qu’avec les médicaments”, ajoute l’étudiante.L’institution défend “une psychiatrie tournée vers l’extérieur pour aider les jeunes à retrouver le goût du monde qui les entoure et à reprendre confiance en eux”, détaille Céline Giner, éducatrice qui accompagne le groupe. L’autre enjeu est de prévenir les hospitalisations à répétition.

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De nouvelles pluies torrentielles menacent le Sri Lanka et l’Indonésie, où la faim guette

Le Sri Lanka et l’Indonésie redoutent de nouvelles pluies torrentielles prévues samedi, ce qui risque d’entraver les opérations de nettoyage après les inondations et glissements de terrain meurtriers de la semaine passée.La série de tempêtes tropicales et de pluies de mousson qui s’est abattue sur cette région de l’Asie, provoquant des glissements de terrain et des crues soudaines a tué depuis la semaine dernière quelque 1.770 personnes en Indonésie, au Sri Lanka, en Malaisie, en Thaïlande et au Vietnam.Parmi elles, 883 personnes sont mortes à Sumatra, grande île de l’ouest de l’Indonésie, selon l’agence de gestion des catastrophes indonésienne samedi matin, où 520 autres sont portées disparues.Ce bilan pourrait être alourdi par la faim qui menace les villages et “zones (qui) restent inaccessibles dans les régions reculées d’Aceh”, s’est inquiété Muzakir Manaf, le gouverneur de cette province “complètement détruite, du nord au sud, des routes à la mer”. “Beaucoup de gens ont besoin de produits de première nécessité”, a-t-il déclaré à la presse. “Les gens ne meurent pas à cause des inondations, mais à cause de la faim”.D’après l’agence météorologique indonésienne, la pluie pourrait revenir samedi dans les provinces d’Aceh et du nord de Sumatra, où l’eau et la boue ont enseveli les maisons.- “Trahi” -Munawar Liza Zainal, habitant d’Aceh, se sent “trahi” par le gouvernement indonésien, qui n’a jusqu’à présent pas déclaré l’état de catastrophe nationale, malgré les pressions. “C’est une catastrophe extraordinaire qui doit être traitée avec des mesures extraordinaires”, insiste l’homme auprès de l’AFP, frustré comme de nombreuses autres victimes. Selon certains analystes, Jakarta pourrait hésiter à déclarer l’état de catastrophe nationale, et donc à solliciter l’aide internationale qui traduirait son incapacité à faire face seule.Au Sri Lanka, île au sud de l’Inde qui a sollicité l’aide internationale cette semaine, Colombo a confirmé le bilan de 607 morts et 214 disparus, présumés morts, dans ce que le président Anura Kumara Dissanayake a qualifié de catastrophe naturelle la plus grave jamais connue par le pays.Plus de deux millions de personnes, soit près de 10% de la population, ont été touchées.Les rescapés recevront jusqu’à dix millions de roupies (33.000 dollars) pour acquérir un terrain dans un endroit plus sûr et construire une nouvelle maison, a promis vendredi soir le ministère des Finances dans un communiqué.Le gouvernement offre également un million de roupies (3.300 dollars) à titre d’indemnisation aux proches de chaque personne décédée ou handicapée.Le Centre de gestion des catastrophes (DMC) a indiqué que plus de 71.000 maisons avaient été endommagées, et que de nouvelles précipitations sont attendues samedi.Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré examiner la demande du Sri Lanka visant à obtenir 200 millions de dollars supplémentaires, en plus de la tranche de 347 millions de dollars que le pays devait déjà recevoir ce mois-ci.

Meurtres au fusil d’assaut à Stains: deux condamnés à 20 ans de réclusion, trois acquittés

Six ans après les rafales de Kalachnikov mortelles à Stains, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi deux hommes à 20 ans de réclusion pour meurtres en bande organisée mais elle en a acquitté trois.Au terme de huit heures de délibérations et d’un procès de plus de trois semaines à Bobigny, le verdict a été accueilli par des cris, menaces et insultes envers la cour, les avocates générales, des avocats… Dans la salle bondée, truffée de policiers armés, ont fusé des “bâtards” et des “vous n’avez pas de face”.Ces contestations venaient des proches de Souleymane Care, 30 ans, et Moussa Baradji, 33 ans. Tous deux ont été condamnés à 20 ans de prison – avec peine de sûreté des deux tiers – pour les faits décrits par l’accusation comme “des exécutions préparées” ayant laissé deux morts et un rescapé. Les avocates générales avaient demandé bien plus: les condamnations de cinq accusés à 20 à 30 ans de réclusion et l’acquittement d’un seul. Tous les accusés contestaient avoir joué le moindre rôle dans les faits survenus vers minuit le 16 juillet 2019, quartier du Clos Saint-Lazare à Stains, quand un assaillant à l’arrière d’un scooter avait “rafalé” les occupants d’une Twingo. Bakari T., 27 ans était allé s’écrouler, mort, dans le hall de son immeuble. Son frère, Dembo, 24 ans, avait été blessé au mollet. Leur ami Soriba M., 26 ans, était décédé.- “Humiliation lavée” -Plusieurs des accusés avaient déjà été condamnés pour trafic de stupéfiants mais pas Souleymane Care, au casier quasiment vierge, présenté par l’accusation comme le probable tireur.Selon le réquisitoire, il aurait voulu se venger des deux frères T. – à la suite d’une “bagarre transformée en humiliation publique car filmée puis diffusée”. Puis, avec Moussa Baradji, il aurait aussitôt fêté en boîte de nuit “l’humiliation lavée”.Dans ses derniers mots à la cour, ce Français de parents mauritaniens avait dit faiblement: “On m’a demandé 30 ans (de prison requis). J’ai 30 ans…” Avant d’affirmer: “je ne suis pas un tueur, je n’ai jamais touché une arme”.Ses avocats avaient plaidé que la nuit du crime, cet homme – qui disait vivre alors de “la revente au noir de véhicules” – passait une soirée “classique” pour lui, mangeant un kebab à Saint-Denis avant de finir en discothèque à Paris. Me Yann Le Bras avait jugé “complètement barjot” de lui attribuer le rôle du tireur sur scooter, invoquant la photographie du kebab envoyée de son téléphone dans une Mercedes, peu avant l’heure des meurtres. Cette enquête est “comme un arbre qui a commencé à pousser de travers”, avait lancé Me Anouck Michelin, fustigeant les “askip” (“à ce qu’il paraît”) du dossier.Moussa Baradji avait, lui, été reconnu, dans un premier temps, par ses proches sur des images de vidéosurveillance comme le conducteur d’une Mini Cooper – ayant en fait servi à exfiltrer les tueurs – et mis en cause anonymement. “L’enquête s’est trop nourrie de la rumeur et la rumeur s’est trop nourrie de l’enquête”, avait plaidé son avocat, Me Joseph Hazan.- Trois acquittements -Le travail de la brigade criminelle sur la téléphonie et la vidéosurveillance avaient notamment permis d’identifier les voitures utilisées pour exfiltrer les auteurs, dont la Mini Cooper pleine de traces ADN et géolocalisable. Mais de nombreux avocats ont fustigé “des poussettes”, consistant à “pousser quelqu’un sous les roues de la procédure pour l’impliquer” anonymement en début d’investigations.La cour a prononcé trois acquittements, dont celui de Mamadou D. Le parquet général avait conclu que sa culpabilité ne pouvait être établie faute de confrontation avec le témoin anonyme qui l’avait accusé d’avoir remis l’arme, mais qui n’a pu être localisé au moment du procès… Me Raphaël Chiche avait appelé à étendre ce raisonnement aux autres accusés mis en cause anonymement. La confrontation, “on en a été privés, c’est très exactement ce qui entache cette procédure d’iniquité”, avait-t-il lancé. Après l’audience, Me Chiche serrait avec effusion son client, Valentin D.S., acquitté, lui qui avait été présenté tardivement comme le probable conducteur du scooter.Le condamné à la plus faible peine, trois ans, l’a été pour recel de la Mini Cooper dans son parking.La défense, qui avait décrit le défunt Bakari T. comme “un racketteur faisant peur”, aura beaucoup rappelé ce que le rescapé avait lui-même admis: lui et son frère pouvaient se montrer violents et avaient “beaucoup d’ennemis dans la cité”.