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Faut-il redéfinir pénalement le viol? Un rapport parlementaire relance le débat

“Il est temps d’agir” : un rapport parlementaire, publié mardi, préconise d’intégrer la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol, relançant le débat sur une question qui divise tant chez les professionnels du droit que dans les rangs des associations féministes. “Alors que s’est clos” le procès des viols de Mazan “qui aura été par bien des égards le procès de la culture du viol, il est temps d’agir”, estime dans son rapport final la mission d’information sur “la définition pénale du viol” conduite par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. Face à une “criminalité sexuelle qui ne recule pas” et “un climat d’impunité qui perdure”, cette mission, dont les conclusions devraient déboucher sur une proposition de loi, propose d'”intégrer la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles”.”La nouvelle définition doit préciser que le consentement est spécifique, doit être donné librement et peut être retiré à tout moment”, précise encore le rapport qui doit être présenté par les députées Véronique Riotton (Ensemble pour la République) et Marie-Charlotte Garin (Europe-Ecologie Les Verts).A l’heure actuelle, l’article 222-23 du code pénal définit le viol comme “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise”.Ces quatre critères – violence, contrainte, menace, surprise – seront conservés, précise le rapport. L’idée est d’ajouter la notion de non consentement afin que soient pris en compte les “cas de sidération, de contrôle coercitif ou d’exploitation de situations de vulnérabilités” qui ne sont à l’heure actuelle “pas explicitement couverts par la loi”.- Inquiétudes -Car aujourd’hui, “faute de définition claire”, le “consentement est souvent instrumentalisé par les agresseurs (+Je ne pouvais pas savoir+, +Elle n’a rien dit+), ce qui alimente les stéréotypes sur le viol, complique les dépôts de plainte et engendre de nombreux classements sans suite, au détriment des victimes”, met en avant la mission parlementaire. Pour les rapporteures, la définition actuelle contribue par ailleurs “au maintien de préjugés sociétaux sur ce qu’est une + bonne +victime (qui résiste, se débat, est +exemplaire+ dans son comportement), un +vrai+ viol (avec violence et contrainte, par un individu monstrueux et/ou étranger).”La question d’une redéfinition pénale du viol, à laquelle Emmanuel Macron s’est dit favorable, ne fait pas l’unanimité en France. Ses opposants mettent notamment en garde contre un renversement de la charge de la preuve quand d’autres s’inquiètent d’un “glissement vers une contractualisation des rapports sexuels”.Au sein même des associations féministes, la question divise. D’un côté, celles qui défendent la réforme, estimant que la prise en compte de la notion du consentement ne serait que l’application de la Convention d’Istanbul, ratifiée en 2014 par la France. De l’autre, celles qui s’inquiètent de la non prise en compte de situations dans lesquelles le consentement est extorqué et contraint.- “Baguette magique” -“On ne dit pas que tout est simple et binaire. Nous ce qu’on dit, c’est que le viol ne peut pas être uniquement caractérisé par la violence, la menace, la contrainte et la surprise, parce que cela laisse des centaines de milliers de victimes sur le côté, et ça, ce n’est pas acceptable”, souligne auprès de l’AFP Marie-Charlotte Garin. “Ce que nous souhaitons changer, c’est la façon de faire l’enquête”, indique de son côté Véronique Riotton. “On donne des outils différents aux forces de sécurité et aux magistrats pour pouvoir sanctionner autrement”. Dans son rapport, la mission reconnaît que la réforme “n’aura pas l’effet d’une baguette magique sur les violences sexuelles” et qu’elle ne doit pas “nous dispenser d’un plan global, ambitieux et financé, de lutte contre les violences sexuelles et la culture du viol”. En 2022, 230.000 femmes ont été victimes de viols, tentatives de viol et/ou agressions sexuelles en France, selon les données du ministère de l’Intérieur. 

Affaire Karachi: décision en appel dans le volet financier

La cour d’appel de Paris se prononce mardi, trente ans après les faits et près de cinq ans après le jugement de première instance, sur le sort de six hommes soupçonnés d’avoir joué un rôle dans un système de commissions occultes, en marge de contrats d’armement, qui auraient alimenté la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.Dans ce volet financier de l’affaire Karachi, le tribunal correctionnel avait condamné, le 15 juin 2020, les six prévenus à des peines allant de deux à cinq ans de prison ferme.Tous avaient fait appel.Parmi eux, le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, qui avait fui au Liban juste avant le jugement, ainsi que Thierry Gaubert, un proche de Nicolas Sarkozy – deux hommes actuellement jugés dans l’affaire des soupçons de financement libyen d’une autre campagne présidentielle, celle de 2007.Au coeur de ce dossier exceptionnel par son ancienneté et son ampleur: des commissions colossales, alors légales, versées lors de ventes de frégates et de sous-marins en 1994 avec l’Arabie saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta).En première instance, le tribunal avait estimé qu’une partie de ces pots-de-vin étaient revenus en France sous forme de rétrocommissions – elles illégales -, notamment pour financer la campagne présidentielle du Premier ministre Edouard Balladur.En cause en particulier: un dépôt suspect de 10,25 millions de francs en liquide le 26 avril 1995 sur le compte de campagne du candidat.- Eléments probants pas suffisants -Mais lors du procès en appel en juin, le parquet général a estimé que le lien avec la campagne Balladur n’était pas suffisamment établi, en s’appuyant sur une décision rendue entre-temps par la Cour de justice de la République (CJR).La CJR, seule habilitée à juger des ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions, avait en effet relaxé en 2021 Edouard Balladur et condamné le ministre de la Défense François Léotard, depuis décédé, à deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d’amende.Dans la lignée de cette décision, le parquet général a demandé la relaxe de Nicolas Bazire, directeur de campagne d’Edouard Balladur.Il a néanmoins requis la condamnation des cinq autres prévenus, car il a estimé qu’un réseau d’intermédiaires dit “réseau K” avait été imposé par le pouvoir politique de l’époque, alors qu’il était “inutile”, et que des commissions “exorbitantes” avaient été versées au détriment de deux entités détenues par l’Etat, la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCNI) et la Sofresa.L’accusation a cependant requis des sanctions bien plus basses: quatre ans avec sursis et 60.000 euros d’amende contre Thierry Gaubert ; trois ans avec sursis et 60.000 euros d’amende contre Renaud Donnedieu de Vabres, principal conseiller du ministre de la Défense François Léotard à l’époque des faits (avant d’être ministre des Affaires européennes en 2002, puis ministre de la Culture de 2004 à 2007); deux ans avec sursis et 40.000 euros d’amende contre l’ex-patron de la DCNI Dominique Castellan.Seules exceptions: les deux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdul Rahman Al Assir, contre qui ont été requis respectivement cinq ans de prison ferme et cinq ans, dont deux ans ferme.Les soupçons de financement occulte de la campagne Balladur ont émergé à la fin des années 2000, au fil de l’enquête sur l’attentat de Karachi, l’explosion d’un bus transportant des salariés de la DCN le 8 mai 2002, qui a fait 15 morts et de nombreux blessés.Toujours en cours, l’information judiciaire sur cette attaque a au départ privilégié la piste d’Al-Qaïda, puis exploré celle – non confirmée à ce jour – de représailles pakistanaises à la décision de Jacques Chirac, tombeur d’Edouard Balladur à la présidentielle 1995, d’arrêter le versement de commissions qui auraient servi à financer son adversaire.Des familles des victimes et des blessés, à l’origine de la procédure avec une plainte, se sont constitués parties civiles dans ce procès. En première instance, ils ont été déclarés irrecevables car ne pouvant être considérés comme victimes de l’infraction d’abus de biens sociaux.

Tech billionaires take center stage at Trump inauguration

Tech billionaires including Elon Musk, Mark Zuckerberg and Jeff Bezos were given prime positions at Donald Trump’s inauguration Monday, in an unprecedented demonstration of their power and influence on US politics.Musk, Bezos and Zuckerberg are the world’s three richest people, according to Forbes. Google co-founder Sergey Brin, who also attended, ranks seventh.US tech tycoons have …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Trump enclenche une nouvelle sortie avec fracas de l’accord de Paris sur le climat

Donald Trump a enclenché lundi un nouveau retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, une marche arrière toute dans la lutte contre le dérèglement climatique qui met en péril les efforts mondiaux pour le freiner.Le républicain, climatosceptique notoire, a tenu parole en signant dès son premier jour de retour au pouvoir un décret présidentiel puis une lettre aux Nations unies en ce sens.”Je me retire immédiatement de l’accord de Paris sur le climat, une escroquerie injuste et unilatérale”, a lancé Donald Trump devant des milliers de personnes réunies dans un stade de Washington, avant de signer devant eux les documents. “Les États-Unis ne saboteront pas leurs propres industries pendant que la Chine pollue en toute impunité”, a-t-il poursuivi.Conclu sous l’égide des Nations unies il y a près de dix ans, l’accord de Paris rassemble la quasi-totalité des Etats du monde et vise à maintenir le réchauffement climatique sous un certain seuil en réduisant considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis, deuxième pollueur mondial derrière la Chine, l’avaient déjà quitté brièvement sous le premier mandat du républicain, avant que Joe Biden n’acte leur retour. Ce nouveau retrait, hautement symbolique, devrait entrer en vigueur dans un an.”L’incapacité de Donald Trump à comprendre la portée de ce moment est aussi incompréhensible que cruelle”, a fustigé Ben Jealous, directeur de l’ONG environnementale Sierra Club, dans un communiqué transmis à l’AFP.Les Etats-Unis, première puissance économique mondiale et premier pollueur historique, avaient la “profonde obligation morale” d'”agir aussi courageusement que possible” pour “éviter le pire de la crise climatique”.- Or noir -Dans une série de décrets, Donald Trump a annoncé une foulée d’autres mesures visant majoritairement à détricoter le bilan de son prédécesseur.Le nouveau président a ainsi ordonné aux agences fédérales de rejeter les engagements financiers internationaux pris en matière de climat par l’administration précédente et de mettre fin aux aides allouées à l’achat de véhicules électriques.Il a également décrété un état d'”urgence énergétique” visant à doper la production de pétrole et de gaz des Etats-Unis, déjà premier producteur mondial, en revenant notamment sur des interdictions de forage dans plusieurs zones, dont l’une dans une aire protégée d’Alaska.”Nous redeviendrons une nation riche et c’est l’or (noir) liquide sous nos pieds qui nous y aidera”, avait-il clamé plus tôt lors de son discours d’investiture.D’autres mesures, comme un moratoire sur le développement de parcs éoliens et un démantèlement de la loi climatique phare de Joe Biden dite “IRA”, qui a permis de grands investissements dans les énergies propres, ont été annoncées.Certaines de ces actions pourraient toutefois nécessiter l’intervention du Congrès et être contestées devant les tribunaux.- “Bonne affaire” – Alors que les deux années passées ont été les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale, ce retour en arrière devrait considérablement ralentir la trajectoire de diminution des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, selon les projections d’experts.Il fait également courir le risque que d’autres grands pollueurs, comme la Chine et l’Inde, réduisent leurs ambitions environnementales ou encore quittent l’accord de Paris.Si aucun pays n’a jusqu’ici suivi Washington en ce sens, le gouvernement argentin du président ultralibéral Javier Milei – allié de Donald Trump – a récemment dit “réévaluer” sa position en la matière.”La porte reste ouverte”, a assuré le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, après l’annonce de l’administration Trump.Si ce retrait est “regrettable”, il ne signifie pas pour autant la fin de cette action multilatérale, a insisté Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris. “Le contexte actuel est très différent de celui de 2017. La transition mondiale bénéficie d’un élan économique imparable.”Le secteur des énergies renouvelables ne cesse de croître, relève Simon Stiell pour qui il s’agit de la “bonne affaire économique de la décennie”. “L’ignorer équivaut à laisser cette richesse à des économies concurrentes.”Si les investissements dans ce domaine devraient se poursuivre à l’échelle locale, le retrait des Etats-Unis pourrait ainsi donner à la Chine et à l’Union européenne “un avantage”, estime Ani Dasgupta, dirigeant du groupe de réflexion américain World Resources Institute.

6.0-magnitude earthquake shakes Taiwan

A 6.0-magnitude earthquake hit Taiwan on Tuesday, the US Geological Survey said, injuring 27 people, triggering landslides and causing ceilings of homes to cave in according to local authorities.An AFP journalist in the capital Taipei felt tremors for nearly a minute as the shallow quake struck shortly after midnight.The epicentre was recorded 12 kilometres (7.5 …

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