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Inondations, avaries, vétusté: le Louvre mal en point, alerte sa présidente

Infiltrations d’eau, problèmes de température pour la conservation des œuvres… Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre à Paris, tire la sonnette d’alarme sur la vétusté du plus grand musée du monde, espérant obtenir un soutien financier adéquat.Dans une note du 13 janvier adressée à la ministre de la Culture, Rachida Dati, révélée par le quotidien Le Parisien et que l’AFP a pu consulter, la dirigeante déplore “la multiplication d’avaries dans des espaces parfois très dégradés”, “l’obsolescence (des) équipements techniques”, ainsi que “d’inquiétantes variations de températures mettant en danger l’état de conservation des œuvres”.”C’est mon devoir d’alerter en tant que présidente sur ces questions et je l’ai déjà fait à de nombreuses reprises”, a-t-elle confié à quelques journalistes jeudi, en marge de la présentation d’une nouvelle exposition.Si la salle qui abrite La Joconde, admirée chaque jour par environ 20.000 visiteurs, n’est pas touchée par les avaries, ce n’est pas le cas d’autres parties du bâtiment dans l’aile Sully (côté Est), a confirmé à l’AFP une source proche du dossier. Ce vaste espace, qui se déploie sur quatre niveaux, abrite notamment des chefs-d’œuvre de Chardin et Watteau.- Salle inondée -En novembre 2023, une exposition de dessins de Claude Gillot avait dû être fermée et déplacée au bout de quelques jours en raison d’une inondation dans la salle de l’Horloge, selon le musée. D’autres fermetures temporaires de salles sont passées plus inaperçues.Interrogé par l’AFP, l’Élysée a indiqué que le président de la République Emmanuel Macron avait été “alerté” et qu’il avait “échangé à plusieurs reprises avec la ministre et la direction du musée”. Il “va s’exprimer prochainement”, a ajouté une source proche du dossier.Dans sa note, Laurence des Cars évoque aussi la pyramide de verre, inaugurée en 1988 et “structurellement dépassée” dans un édifice conçu pour accueillir quatre millions de visiteurs par an mais qui en a accueilli près de neuf millions en 2024 (dont près de 80% de touristes étrangers) et dix millions avant la crise du Covid.Autres griefs: le manque d’espaces de détente et de restauration, ainsi que des sanitaires en deçà des standards internationaux.Le musée est “loin d’être à la hauteur de son rayonnement universel”, a déploré auprès de l’AFP Christian Galani, membre du bureau national du syndicat CGT Culture, dont il est un représentant au Louvre.Selon lui, “il ne se passe pas un jour sans qu’on constate la dégradation du bâtiment, avec de la peinture qui s’effrite, des salles, réserves et espaces de travail parfois inondés, des pannes d’électricité et des retards de paiement des prestataires faute de budget”.- Températures -“Faute d’effectifs, des salles sont régulièrement fermées et les conditions de travail des agents se dégradent avec des températures avoisinant les 10-12 degrés parfois en hiver, et plus de 30 degrés en été”, a affirmé M. Galani, dénonçant la suppression de “plus de 200 emplois en dix ans”.Au moins “100 millions d’euros d’investissements seraient nécessaires, notamment pour des travaux de restauration prioritaires, dont seulement 26 millions sont assurés en 2024, le reste devant s’étaler jusqu’en 2032, faute de budget”, a indiqué à l’AFP une autre source proche du dossier.En 2024, le Louvre a bénéficié de 96 millions d’euros de subvention de l’État, selon le ministère de la Culture, en baisse d’après les chiffres transmis par le musée (103 millions en 2023 et 111 millions en 2022).En 2023, il a réalisé 161 millions d’euros de recettes en propre (contre 141 millions en 2022) grâce à la billetterie, le mécénat et la location de ses espaces. S’y ajoutent 83 millions d’euros de recettes provenant de sa licence de marque, dont le Louvre Abu Dhabi. Tous les chiffres pour 2024 n’ont pas encore été rendus publics.Comme beaucoup d’institutions publiques, le Louvre mise de plus en plus sur ses ressources propres, avec une privatisation accrue de ses espaces, y compris la salle des États (qui abrite la Joconde), et cherche à multiplier celles issues du mécénat.Le 4 mars, le musée organisera le dîner annuel de ses mécènes visant à lever des fonds, à l’instar du gala du MET à New York, avec, espère-t-il, quantité de célébrités internationales, dont les égéries de grandes maisons de couture.La ministre de la Culture, interrogée par la presse à Paris, a aussi évoqué son projet d’augmentation des prix pour les touristes non européens. “J’ai souhaité une politique tarifaire différenciée”, a-t-elle indiqué, avec pour objectif une entrée en vigueur au 1er janvier 2026.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Les pompiers progressent contre le nouvel incendie près de Los Angeles

Après avoir lutté toute la nuit contre un nouveau violent incendie près de Los Angeles, les pompiers semblent prendre le dessus sur les flammes jeudi, malgré des vents d’une force inquiétante dans la région.Plus de 4.000 soldats du feu, assistés d’avions et de bulldozers, luttent actuellement dans les environs du lac Castaic, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la mégapole américaine.Des ordres d’évacuation ont été émis à l’attention de plus de 31.000 personnes. De quoi mettre les nerfs des habitants à rude épreuve, au moment où Los Angeles se remet à peine d’incendies qui se sont déclarés début janvier et ont défiguré une partie de la ville, tuant près d’une trentaine de personnes.La propagation de ce nouveau feu, qui s’est déclenché mercredi, a considérablement ralenti pendant la nuit. L’incendie est contenu à 14%, selon les pompiers.Les vents violents qui ont nourri sa croissance explosive dans les premières heures doivent se poursuivre jeudi, avec des rafales atteignant 80 km/h, selon Bryan Lewis, des services météorologiques américains (NWS).La région reste “super sèche” et les conditions sont “toujours dangereuses”, a-t-il expliqué à l’AFP. Mais vendredi, “en fin de matinée ou d’après-midi, le vent devrait être bien meilleur” et baisser selon lui.- Pluie attendue -Le sud de la Californie manque cruellement de précipitations depuis huit mois, ce qui a transformé la région en poudrière. Dans ce contexte, la pluie attendue ce week-end sera accueillie avec soulagement.”Cela va nous aider à court terme”, a estimé M. Lewis. Mais selon lui, d’autres épisodes pluvieux seront nécessaires “pour vraiment sortir de cette saison des incendies”.Les scientifiques rappellent régulièrement que le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des événements extrêmes, qu’il s’agisse de tempêtes ou de sécheresses.Frappée par des incendies en plein mois de janvier, Los Angeles se prépare désormais, avec la pluie, à d’éventuelles coulées de boues et glissements de terrain dans les zones dévastées par le feu, remplies de déchets toxiques calcinés.Dans le comté de Los Angeles, des ouvriers ont préparé des sacs de sable, du gravier et des barrières en béton qui pourront être déployés en cas de fortes pluies. “Sans végétation pour ancrer le sol, les fortes précipitations peuvent entraîner des coulées de débris soudaines et rapides, qui peuvent détruire des maisons, bloquer des routes et poser de graves risques pour la vie et les biens”, a averti le gouverneur de Californie, Gavin Newsom.Le démocrate a assuré que ses services travaillent “en étroite collaboration” avec les partenaires locaux “pour empêcher les eaux de ruissellement toxiques de pénétrer dans les cours d’eau”.Investi lundi, Donald Trump doit se rendre à Los Angeles vendredi pour constater les dégâts. Le milliardaire républicain doit rencontrer des pompiers et des personnes touchées par les incendies, selon les autorités.Cette visite sera scrutée de près par les habitants et les autorités locales, car le tribun a menacé de couper les aides fédérales reçues par la Californie pour la lutte anti-incendies.

Le cofondateur d’une entreprise de cryptomonnaies enlevé puis libéré, 10 personnes interpellées

Dix personnes sont en garde à vue jeudi soir, soupçonnés d’être impliqués dans le kidnapping et la séquestration, avec actes de torture, du cofondateur d’une société spécialisée dans la sécurisation de cryptoactifs et de sa compagne, depuis libérés.Une information judiciaire sera ouverte vendredi, notamment pour “enlèvement et séquestration en bande organisée”, accompagnés d'”actes de torture ou de barbarie” ainsi qu'”extorsion avec arme”, a indiqué la procureure de Paris Laure Beccuau, dont la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) est chargée des investigations.Ces dix suspects, neuf hommes et une femme âgés de 20 à 40 ans, ont été notamment interpellés à Châteauroux (Indre) pour trois d’entre d’entre eux et à Étampes (Essonne) pour six.La plupart étaient connus de la justice pour des faits de droit commun, mais pas pour liens avec la criminalité organisée, selon Mme Beccuau, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Paris.Interrogée sur l’éventualité d’un commanditaire encore non identifié, voire à l’étranger, Mme Beccuau a simplement répondu que les investigations se poursuivaient pour “identifier tous les acteurs”.- Main mutilée -L’enlèvement a eu lieu mardi, au “petit matin”.David Balland, cofondateur et ex-employé de Ledger, ainsi que sa compagne ont été kidnappés à leur domicile à Méreau dans le Cher.L’un est emmené à Châteauroux, l’autre est séquestrée dans plusieurs lieux.L’alerte est donnée par Eric Larchevêque, cofondateur de l’entreprise: il a reçu une vidéo d’un doigt mutilé de David Balland et une demande de rançon, selon une source proche du dossier.C’est une “importante rançon en cryptomonnaie” exigée, a dit le parquet, sans en préciser jeudi le montant.”Une partie” de cette “rançon a été versée dans le cadre de la négociation” avec les forces de l’ordre, mais “la majorité des cryptomonnaies ont été saisies et gelées”, a toutefois précisé Mme Beccuau.Mercredi, les forces de l’ordre parviennent à libérer David Balland, hospitalisé pour sa mutilation.A Châteauroux, deux suspects ont été interpellés à sa libération mercredi, et un troisième dans la nuit suivante, alors qu’il revenait sur les lieux, a précisé une source proche du dossier. Sa compagne restait introuvable.- “Soulagement” -Des pistes récoltées au cours des premières auditions, l’exploitation de téléphones… ont permis de mettre les enquêteurs sur la piste d’Étampes (Essonne), sans vraiment savoir ce qu’ils allaient y trouver, souligne la source proche du dossier: un commanditaire? l’autre victime? Ils la retrouvent finalement “ligotée dans le coffre dans un véhicule” dans cette commune au sud de Paris, a expliqué la procureure, où six  autres suspects sont interpellés.Une dixième personne avait été arrêtée au début des investigations, à un endroit et une date qui n’ont pas été précisées à ce stade. “Nous sommes profondément soulagés que David et sa femme aient été libérés et soient désormais en sécurité”, a réagi jeudi soir Pascal Gauthier, président-directeur général de Ledger.Même “immense soulagement” exprimé par Eric Larchevêque sur le réseau social X.Les investigations ont d’abord été dirigées par le parquet de Bourges, pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Puis le parquet de Paris a pris la suite.La gendarmerie nationale a été saisie dans son ensemble, de la section de recherches de Bourges à l’unité nationale Cyber.”Un enlèvement, c’est extrêmement complexe car c’est une prise d’otages non localisée” d’autant que l’enlèvement était “en deux lieux”, a souligné le GIGN lors de la conférence de presse. “La négociation est vraiment un outil tactique” pour parvenir à avoir “des preuves de vie”.Une quinzaine de cyberenquêteurs de la gendarmerie ont également travaillé pour rechercher, identifier et saisir les cryptoactifs.Au total, plus de 230 gendarmes ont été mobilisés.Ledger est une licorne (startup qui a dépassé le milliard de dollars) française, fondée en 2014, leader mondial dans la conception de portefeuilles physiques de cryptomonnaies, permettant à chacun de gérer en direct ses propres cryptoactifs.L’entreprise, valorisée à plus d’un milliard d’euros, a vendu plus de sept millions d’appareils dans plus 180 pays et en 10 langues. Elle sécurise 20% des actifs numériques mondiaux, et compte plus de 100 clients institutionnels.Cette affaire d’enlèvement, en lien avec les cryptomonnaies, n’est pas sans rappeler celle d’un homme de 56 ans, retrouvé début janvier dans le coffre d’une voiture près du Mans, à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui dans l’Ain.Selon plusieurs médias, il s’agissait d’un influenceur en cryptomonnaies basé à Dubaï, qui publie régulièrement des vidéos sur ses gains, et une demande de rançon avait été faite.A ce stade, le parquet de Paris ne fait pas de lien entre les deux affaires.

Décès du journaliste Jean-François Kahn, fondateur de Marianne et engagé au centre

Fondateur de L’Événement du jeudi et de Marianne, engagé en politique auprès de François Bayrou, le journaliste Jean-François Kahn est mort à 86 ans, a annoncé jeudi à l’AFP sa veuve, la productrice Rachel Assouline-Kahn.Elle a précisé que le décès avait eu lieu mercredi. Le magazine Le Point avait le premier donné l’information, évoquant “une légende du journalisme”.Jean-François Kahn avait apporté son soutien à la candidature de François Bayrou à la présidentielle en 2007 puis 2012, se disant “convaincu que c’était l’homme dont la France avait besoin”.Le Premier ministre a salué sur X “un géant et un homme rare”. “L’incroyable créativité qui l’animait, son audace, lui ont fait fonder de véritables journaux-époque, L’Evénement du Jeudi, Marianne. Il incarnait le +centrisme révolutionnaire+, l’humanisme et la fidélité. Nous l’aimions”, a-t-il écrit.”Le président de la République et son épouse saluent une grande figure du journalisme français et de notre vie intellectuelle, un spectateur engagé de son époque, un esprit fait d’insolence et de liberté, d’enracinement et de curiosité, profondément français”, a indiqué l’Élysée dans un communiqué.”JFK” s’était présenté aux élections européennes de 2009 sur une liste MoDem mais sans prendre la carte du parti. Il démissionnera sitôt élu pour reprendre la plume et les débats qu’il affectionnait tant.Pour la ministre de la Culture Rachida Dati, il était un “homme de presse audacieux et républicain passionné”.Fils du philosophe Jean Kahn, Jean-François Kahn était le frère du médecin généticien Axel Kahn, mort en 2021.”C’était un intellectuel avant d’être un journaliste”, a réagi auprès de l’AFP Maurice Szafran, qui a cofondé Marianne à ses côtés en 1997. Selon lui, “le journalisme était un moyen de comprendre l’histoire, de faire l’histoire et de s’inscrire dans l’histoire”. À la tête de Marianne à partir de mars et en lien avec lui encore récemment, Frédéric Taddeï s’est dit “terriblement triste”. “Il a été très important pour moi. (…) Je lisais déjà Les Nouvelles littéraires quand j’avais 18 ans”, où il était directeur de la rédaction, et “c’était un sacré patron de presse”, a-t-il souligné auprès de l’AFP.Denis Olivennes, président de CMI France, propriétaire de Marianne, a dit craindre “qu’il n’y en ait plus jamais sur ce modèle”.Le jeune Jean-François Kahn avait opté pour l’enseignement. Mais, “pour fuir la dureté du professorat, je suis devenu journaliste par faiblesse”, confiait-il il y a quelques années.C’est la politique qui le passionne et les politiques qu’il aime provoquer, l’œil pétillant derrière d’épaisses lunettes.En 1984, il sera le premier à défier Jean-Marie Le Pen de débattre avec lui. L’échange, courtois, tournera au dialogue de sourds et JFK le bretteur jubilera, affirmant qu’on peut contrer l’extrême droite sur le débat des idées.- Politique jusqu’au bout -Son caractère bien trempé séduit nombre de médias. Entré très jeune à Paris Presse, il couvre la guerre d’Algérie et révèle l’affaire Ben Barka, l’opposant marocain enlevé en plein Paris par des policiers en 1965 et dont le corps n’a jamais été retrouvé.L’Express, Le Monde, Europe 1, la direction des Nouvelles littéraires, du Quotidien de Paris, brièvement du Matin… il assouvit sa passion pour la presse et ne mâche pas ses mots. En 1986, après cinq ans de débat Face à Face avec Alain Duhamel, il est viré d’Europe 1 pour avoir traité de “requins” les patrons d’Hachette, alors propriétaire de la radio. À la même époque, son talent d’intervieweur l’amène souvent sur le plateau de L’Heure de Vérité.En 1984, il lance L’Événement du Jeudi, hebdomadaire au concept inédit: un journal qui appartient à ses lecteurs. Pour un Pascal (le billet de 500 francs d’alors), on devient actionnaire de l’EdJ. Le magazine prospère pendant une petite décennie avant de finir dans l’escarcelle d’Hachette et de disparaître après quelques vaines tentatives de relance.Jean-François Kahn avait quitté le navire en 1997 pour lancer Marianne, nouveau succès de presse même si les recettes publicitaires ne sont pas au rendez-vous.Il avait annoncé se retirer du journalisme en 2011, après un commentaire très critiqué sur l’affaire Strauss-Kahn. “Si c’est un troussage de domestique, c’est pas bien”, avait-il dit sur France Culture, avant de s’en excuser.JFK a tenu des chroniques dans le quotidien belge Le Soir jusqu’en 2022. Auteur de nombreux ouvrages principalement politiques, il avait encore sorti “Ne m’appelez plus jamais gauche” l’année dernière aux éditions de l’Observatoire.D’après Maurice Szafran, il venait de terminer un livre sur “le retour du fascisme”. 

Trente ans de prison pour l’homme qui avait attaqué deux personnes devant Charlie Hebdo

L’homme qui a tenté de tuer deux personnes devant les locaux de Charlie Hebdo en septembre 2020, pensant s’en prendre à des salariés du journal satirique, a été condamné jeudi soir à 30 ans de prison par la cour d’assises spéciale des mineurs de Paris.Zaheer Mahmood, un Pakistanais de 29 ans, a été reconnu coupable de tentatives d’assassinat et association de malfaiteurs terroriste. Sa peine est assortie d’une interdiction définitive du territoire national et d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).A l’annonce du verdict, il n’a pas réagi, écoutant le détail de sa condamnation grâce à un traducteur. Zaheer Mahmood, originaire d’une région rurale du Pakistan, est arrivé clandestinement en France au cours de l’été 2018. Ce musulman pratiquant et adepte d’un émir radical entendait “venger le Prophète” après la republication de caricatures de Mahomet par le journal satirique le 2 septembre 2020, à l’occasion de l’ouverture du procès des attaques jihadistes de janvier 2015. Il ignorait que l’hebdomadaire avait déménagé après l’attentat qui a décimé sa rédaction.Le 25 septembre 2020, aux alentours de 11H40, Zaheer Mahmood était arrivé rue Nicolas-Appert devant l’ancienne adresse de Charlie Hebdo, armé d’une feuille de boucher. Il avait blessé grièvement deux employés de l’agence de presse Premières Lignes. Cinq autres Pakistanais, dont certains étaient mineurs au moment des faits, ont été condamnés pour association de malfaiteurs terroriste à des peines allant de trois à douze ans de prison, à l’inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) et à l’interdiction définitive du territoire national pour les majeurs.La cour a suivi le parquet qui avait soutenu que Zaheer Mahmood n’aurait pas pu agir sans leur soutien et leurs encouragements.- “Le but, c’était de tuer” -Pendant tout le procès, l’assaillant a expliqué son geste par le profond décalage culturel qu’il ressentait à l’époque, lui qui a grandi dans un Pakistan rural et très religieux.Or à Lahore, Islamabad et Karachi, la nouvelle publication des caricatures de Mahomet en 2020 a été à l’origine d’une vague de colère et de manifestations monstres, dans un pays où les blasphémateurs sont condamnés à mort.”Le but, c’était de tuer”, avait admis Zaheer Mahmood au cours des débats.Les avocats généraux pendant leur réquisitoire avaient dénoncé l’”idéologie arriérée” de l’accusé, qualifié de “pseudo justicier-vengeur du Prophète”, s’acharnant sur les victimes pour “les décapiter avec son hachoir brandi comme un trophée”. La feuille de boucher qui frappe, plusieurs fois, qui met à terre, qui ouvre le crâne, c’est le souvenir qu’ont gardé Hélène et Paul (prénoms modifiés) aujourd’hui âgés de 32 et 37 ans.”J’ai perdu mon insouciance, ça a cassé quelque chose en moi”, avait expliqué Paul à la cour, tout en racontant son long parcours de rééducation après avoir frôlé la mort.Hélène, l’autre victime de l’attaque, a elle raconté les douleurs physiques au quotidien et le sentiment terrible que sa vie était “restée bloquée rue Nicolas-Appert”. A de nombreuses reprises pendant les plus de deux semaines de procès, Zaheer Mahmood a demandé pardon, parfois en larmes.”J’ai beaucoup de peine pour eux. J’ai vraiment honte de ce que j’ai fait. De ce qu’ils ont subi à cause de moi. Je comprends leur souffrance, vraiment je regrette énormément”, avait-il déclaré lors de son interrogatoire.Hélène et Paul ont assisté à chaque journée d’audience pour comprendre notamment les motivations de leur agresseur ainsi que son parcours mortifère. Ni l’un ni l’autre n’ont accepté les excuses de Zaheer Mahmood. Émus et fatigués, ils n’ont pas souhaité s’exprimer à l’issue du verdict. Les avocats de Mahmood n’ont pas indiqué à ce stade si leur client comptait faire appel de la condamnation.

Disparition de Lydie Logé: Monique Olivier a donné “des précisions”

La “mémoire assez précise” de Monique Olivier va-t-elle permettre de retrouver le corps de Lydie Logé, comme l’espère son avocat ? 31 ans après la disparition de cette femme, que Michel Fourniret est soupçonné d’avoir tuée, son ex-épouse a participé jeudi dans l’Orne à un troisième jour de recherches.”On a des éléments qui nous permettent d’être optimistes”, a déclaré à des journalistes Me Richard Delgenes, devant la gendarmerie d’Argentan où sa cliente a été interrogée dans la matinée. “J’avais peu d’espoir parce que 30 ans plus tard c’est difficile mais compte tenu de la participation de Mme Olivier aujourd’hui, je me dis que c’est possible de retrouver le corps de Lydie Logé”.L’ex-épouse de Michel Fourniret est repartie durant l’après-midi sur différents sites, s’arrêtant notamment durant quelques minutes dans les carrières de Tinchebray, dans un convoi formé de plusieurs fourgons de la gendarmerie, selon des journalistes de l’AFP sur place.Le convoi est revenu à la gendarmerie d’Argentan vers 18h00.”Sur l’endroit où peut se trouver le corps de Lydie Logé, on n’a pas l’endroit en tant que tel (…) mais Mme Olivier a donné des précisions”, a ajouté Me Delgenes. “Compte tenu de l’endroit décrit, je pense qu’on peut trouver le corps de la victime”.”Ce matin, c’est le troisième jour de déplacement ici dans l’Orne pour essayer de retrouver le corps de Lydie Logé et l’objectif de ce matin, c’était de mettre dans des procès-verbaux (…) toutes les dépositions de Monique Olivier et le résultat des investigations qui avaient été faites jusqu’à présent”, a expliqué Me Delgenes. Depuis mardi, Monique Olivier, 76 ans, a été emmenée sur différents lieux du Calvados et de l’Orne, ainsi qu’au domicile de Lydie Logé à l’époque des faits à Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne).Monique Olivier a, selon son avocat, “une mémoire assez précise” de ce qu’il s’est passé il y a plus de 30 ans.”Elle était très volontaire, en tout cas elle a répondu à toutes les questions, la sincérité était là”, a ajouté Me Delgenes, à propos de sa cliente, condamnée deux fois, en 2008 et en 2023, à la réclusion à perpétuité notamment pour complicité dans sept meurtres de jeunes filles au total, dont celui d’Estelle Mouzin. Lydie Logé, mère d’un garçon de sept ans, avait disparu le 18 décembre 1993 à l’âge de 29 ans à Saint-Christophe-le-Jajolet, petit village de 240 habitants peu après avoir fait des courses de Noël avec une amie.- “Le nom de Fourniret” -Alors que deux enquêtes de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, avaient abouti à des non-lieux, les investigations ont été relancées en 2018 après des rapprochements établis entre les traces ADN issues de composés organiques trouvés dans la camionnette de Michel Fourniret et l’ADN de la mère de Lydie Logé.En janvier 2021, Monique Olivier a été mise en examen pour complicité d’arrestation, d’enlèvement, de détention ou de séquestration arbitraire dans cette enquête.Son ex-mari, surnommé L’Ogre des Ardennes, avait été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Il est décédé quelques mois plus tard, en mai 2021.Michel Fourniret avait été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible notamment pour sept meurtres de jeunes filles commis entre 1987 et 2001. En 2018, il avait à nouveau écopé de la perpétuité pour l’assassinat de Farida Hammiche.Selon Michel Lerat, le maire de Boischampré, dont Saint-Christophe-le-Jajolet est devenue une commune déléguée, Lydie Logé et sa famille s’étaient installés depuis “quelques mois” dans leur pavillon lorsque la mère de famille avait disparu.Il avait côtoyé la jeune femme, qui lui avait demandé un stage de secrétariat de “trois, quatre semaines” au sein de la communauté de communes. M. Lerat a décrit Lydie Logé comme “vraiment sérieuse”, ponctuelle et “tout à fait agréable”.”Quand le nom de Fourniret est apparu, là, les gens ont pris conscience de ce qui avait dû se passer”, a déclaré l’élu à l’AFP.

Lyon va transformer son centre névralgique de Perrache

La métropole de Lyon a dévoilé jeudi le projet de transformation du Centre d’échanges de Lyon Perrache (CELP), énorme bâtiment jouxtant la gare du même nom, construit à l’époque du tout-voiture, et qui coupe en deux le centre lyonnais.”Vécu comme une coupure urbaine entre le nord et le sud de la presqu’île”, rappelle la métropole, le bâtiment “concentre aujourd’hui des problèmes liés à son fonctionnement: passoire énergétique, locaux vieillissants et dégradés, surfaces commerciales inoccupées, coûts de fonctionnement importants pour la métropole…”Pour les visiteurs peu familiers de l’endroit, il est difficile de s’orienter dans ce bâtiment construit dans les années 1970, à l’architecture aujourd’hui décriée, et où sont venus se connecter au fil des années le métro et le tram.Dans ce partenariat public-privé, les deux groupes qui chapeautent le projet promettent une “métamorphose spectaculaire”, selon Emmanuel Launiau, président du groupe Quartus, et “un lieu désirable”, selon Maurice Bansay, président d’Apsys.L’investissement annoncé de 170 millions d’euros sera porté à hauteur de 130 millions par les partenaires privés.Le projet de transformation prévoit une grande percée: le bâtiment actuel sera “évidé” pour créer une place couverte et ouvrir un axe nord-sud, permettant notamment de mieux intégrer le quartier Confluences à la pointe de la presqu’île, bordée par la Saône et le Rhône. Les silos caractéristiques de sa façade nord seront supprimés.Le projet prévoit aussi cinq strates végétalisées, avec des patios du 3e au 7e étage et un vaste toit-terrasse, avec un panorama à 360° sur la ville.D’un projet actuellement “encombré”, l’architecte Dietmar Feichtinger veut tirer un espace où le visiteur pourra s’orienter rapidement, et “changer l’ambiance” avec une façade interne en bois.Une partie des parkings sera transformée en hôtel, et un restaurant sera installé sur trois niveaux.Les travaux, prévus pour durer cinq ans, doivent commencer mi-février avec la démolition de la passerelle en hauteur qui relie le CELP à la gare de Perrache. Des accès alternatifs sont prévus pour maintenir les fonctionnalités de la gare.