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Hamas says no Gaza truce second phase while Israel ‘continues violations’

Hamas said on Tuesday that the Gaza ceasefire plan cannot proceed to its second phase as long as Israeli “violations” persist and called on mediators to pressure Israel to respect the agreement.The US-sponsored ceasefire, in effect since October 10, halted the war that began after Hamas’s deadly attack on Israel on October 7, 2023. But …

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Budget de la Sécu: à quelques heures d’un vote crucial pour Lecornu, les groupes se comptent

Chaque vote comptera et tous les calculs pointent vers un scrutin extrêmement serré. Sébastien Lecornu espère faire adopter mardi en fin de journée le projet de budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale, étape-clé de sa stratégie privilégiant le dialogue avec le parti socialiste.Car si le texte est rejeté, il ne le devra pas à Olivier Faure, le patron du PS, qui a appelé à voter “pour” et avec lequel le Premier ministre a mené les négociations, mais à son propre camp. Les Républicains et Horizons refusent de soutenir un budget qui, à leurs yeux, fait trop de concessions à la gauche.Le vote en deuxième lecture du projet de loi, dans lequel le chef du gouvernement a concédé la suspension de l’emblématique réforme des retraites, est attendu en toute fin d’après-midi ou en début de soirée.Son rejet pourrait affaiblir encore Sébastien Lecornu, Premier ministre sans majorité, même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a jugé dimanche qu’une démission “n’aurait pas de sens”.Nommé il y a trois mois à Matignon, le chef du gouvernement a renoncé à recourir au 49.3, qui permet de faire passer un texte sans vote mais expose à la censure. Et défend la méthode des “petits pas”.- Pêche aux voix -Il a déjà senti le vent du boulet souffler sur le volet “recettes” du texte, adopté de justesse grâce à plusieurs compromis, sur la CSG sur le capital par exemple ou à la promesse d’abandonner l’augmentation des franchises médicales. Mais aussi grâce aux nombreux absents dans l’hémicycle, notamment au RN.Après avoir mouillé sa chemise sur cette partie “recettes”, Sébastien Lecornu est reparti à la pêche aux voix pour le vote sur le volet “dépenses” et surtout pour celui sur l’ensemble du projet de loi, qui doivent s’enchaîner mardi.L’issue du scrutin est d’autant plus incertaine que les votes ne seront pas unanimes au sein des groupes.Sébastien Lecornu a tenté d’arracher des abstentions du côté des 38 écologistes avec un amendement visant à augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) de 3% au lieu de 2%.”L’abstention est une possibilité”, a reconnu mardi matin la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain qui attend dans l’hémicycle un “engagement” du gouvernement sur le fait que “chaque euro voté pourra être dépensé par les soignants”. Chez Horizons, le chef des députés Paul Christophe a confirmé mardi qu'”une très large majorité” du groupe s’abstiendrait, après l’appel en ce sens du président du parti, Edouard Philippe. Le candidat déclaré pour 2027 a affirmé ne pas être “partisan du chaos” en proposant de voter contre.Le patron du parti LR Bruno Retailleau a appelé à ne pas voter un “budget socialiste” qui “prépare un crash social”. Le chef des députés, Laurent Wauquiez, a lui demandé mardi à ses troupes de ne pas constituer “un facteur de blocage”, en préconisant une position d’abstention “majoritaire”.Certains LR pourraient voter pour, peut-être jusqu’à une quinzaine de voix selon une députée du groupe, alors que celui-ci compte des élus opposés à la réforme des retraites.- Déficit à 19,6 milliards -Renaissance, le MoDem, le PS et le groupe indépendant Liot devraient voter pour, à quelques voix près, quand les insoumis et l’alliance RN-UDR ont annoncé qu’ils voteraient contre.Les communistes se dirigent vers un vote majoritairement contre.En direction des élus d’outre-mer, M. Lecornu a par ailleurs proposé un amendement pour financer davantage la santé de ces territoires.La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a appelé à “absolument” voter le budget de la Sécurité sociale. Son adoption est une “nécessité absolue” pour le secteur hospitalier, ont aussi prévenu les fédérations hospitalières.Le gouvernement ne cesse d’avertir que sans texte, le déficit de la Sécu flamberait à 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025.Selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist, il devrait se situer selon le texte final à 19,6 milliards d’euros. En comptant toutefois 4,5 milliards d’euros transférés des caisses de l’Etat pour donner de l’air à la Sécu – ce qui reporte le problème, pointe la droite.Si le texte est adopté, son chemin n’est pas terminé pour autant: il repartira au Sénat, avant de revenir à l’Assemblée, à qui le gouvernement donnera alors le dernier mot en espérant qu’elle réédite son vote.

La France doit donner la priorité à l’électricité pour s’affranchir des importations d’énergies fossiles, selon RTE

En plein débat sur les choix énergétiques de la France, le gestionnaire du réseau de haute tension RTE sonne la mobilisation générale pour accélérer la transition vers l’électricité et réduire la dépendance coûteuse aux énergies fossiles, sans quoi le pays pourrait manquer ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation.”La pertinence d’une électrification rapide du pays pour réduire ses dépendances aux fossiles importés, améliorer sa balance commerciale et permettre sa décarbonation rapide est attestée”, écrit RTE dans son bilan prévisionnel 2025, destiné à éclairer les politiques gouvernementales.Le gardien de l’équilibre électrique français rappelle que les importations d’hydrocarbures (gaz, pétrole) constituent la première source du déficit commercial, une note de 64 milliards d’euros en 2024, portée à près de 120 milliards lors de la crise énergétique.La stratégie de décarbonation de la France vise à réduire d’ici 2035 la part des énergies fossiles dans sa consommation d’énergie de 60% aujourd’hui à 30-35% en augmentant l’usage de l’électricité bas carbone – nucléaire ou renouvelable – dans la mobilité, l’industrie, les bâtiments…Cette bascule “va bien au-delà” des objectifs climatiques, précise à l’AFP Thomas Veyrenc, directeur général Economie, stratégie et finances de RTE. “C’est un enjeu de souveraineté de réduire des importations d’énergies fossiles de la Russie, du Moyen-Orient, ou même des Etats-Unis”.Problème: le pays accuse aujourd’hui un “retard” dans cette “électrification” alors qu’il dispose de “l’avantage quasi-unique en Europe d’une production d’électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95%”, avec des prix sur les marchés de gros parmi les plus bas du continent, souligne RTE.Cela se traduit par “un épisode de surcapacité transitoire d’électricité” qui nécessite des “recalages”, explique Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE. Mais cette “abondance”, grâce au redressement de la production nucléaire et hydraulique, signifie aussi un niveau de risque “historiquement bas” en cas de vague de froid hivernal, poursuit-il. Tout le contraire d’il y a 3 ans quand la France frisait la pénurie de courant.Aujourd’hui, la France tend à s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation dite “lente” qui se traduit par une demande d’électricité en berne et un épisode de surcapacité avérée jusqu’en 2027-2028.Pour en sortir, RTE présente en parallèle une trajectoire de décarbonation “rapide” alignée sur ses objectifs climatiques et de réindustrialisation.- prudence sur le ralentissement des renouvelables -Ce rapport “confirme la nécessité d’accélérer sur l’électrification des usages pour atteindre nos objectifs”, a réagi Bercy en citant notamment décarbonation de l’industrie, réindustrialisation et indépendance énergétique.Il doit ouvrir une séquence politique avec des annonces du gouvernement sur une “stratégie d’électrification complémentaire” à la future feuille de route énergétique de la France (PPE), selon le ministère. La publication de ce décret a déjà plus de deux ans de retard en raison de profondes divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables, auxquelles est notamment opposé le Rassemblement national. Mais du point de vue de RTE, les deux ne se concurrencent pas. “L’épisode actuel ne doit pas conduire la France à donner trop de préférence au présent, au risque d’hypothéquer la résilience retrouvée du système électrique national fondée sur la complémentarité”, prévient Xavier Piechaczyk.La combinaison du nucléaire et des énergies renouvelables reste “le mix le moins cher, le plus accessible techniquement et le plus +dérisqué+ technologiquement pour la France”, ajoute-t-il.De plus, l’accélération de la consommation électrique “est trois fois plus efficace économiquement (…) que de baisser” des rythmes d’installation de renouvelables terrestres, le solaire en particulier, même si ce levier reste “activable dès lors qu’il est fait dans des bonnes proportions”.Greenpeace s’est inquiété du “risque que cette publication serve de prétexte à des politiques publiques freinant encore plus notre transition”, tandis que le Réseau action climat a appelé à un “sursaut rapide” en faveur de “l’élimination des énergies fossiles”.”Aujourd’hui, beaucoup de gens disent c’est probablement le scénario de décarbonation lente” qui est joué, relève Thomas Veyrenc. “La réalité, c’est que ça joue dans les prochains trimestres”. RTE dispose dans son portefeuille de 30 GW de projets très gourmands en électricité dans l’industrie, l’hydrogène, les centres de données qui veulent une connexion électrique d’ici 2030, dont une partie se concrétiseront, “c’est du jamais vu”, dit-il.

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Environnement: les pays incapables de s’entendre sur un rapport de l’ONU

Les gouvernements du monde, appelés à s’entendre sur les questions environnementales, mais très divisés sur l’avenir des énergies fossiles, se sont montrés incapables de se mettre d’accord sur un texte de l’ONU.Le 7e rapport de l’ONU sur l’avenir de l’environnement, publié mardi, se veut une mise à jour scientifique des enjeux environnementaux dans le monde. La dernière édition de ce tour d’horizon publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) datait de 2019.Le “résumé pour les décideurs”, condensé politique de plus de 1.000 pages de texte, doit être normalement validé par les gouvernements, qui en négocient chaque ligne avant publication, en même temps que le rapport lui-même.Or, pour la première fois depuis le début des publications en 1997, les pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord, selon l’ONU. “C’est regrettable”, a déclaré à l’AFP la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen.”Les États membres n’ont pas réussi à s’accorder sur un résumé du fait de discussions qui sont un peu difficiles”, a déploré une source diplomatique française.”On est sur un rapport qui traite de la triple crise, qui aborde tous les sujets, y compris des sujets qui aujourd’hui sont des sujets sur lesquels certains pays ont des problèmes sémantiques” et “pas seulement sémantiques”, a-t-elle observé.Cette “triple crise” fait référence au changement climatique, à la perte de la biodiversité et aux pollutions.- “Désaccords” -Des représentants des États étaient réunis fin octobre en amont de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement qui s’est ouverte lundi à Nairobi, siège du PNUE, pour approuver le résumé.Mais l’Arabie Saoudite et les États-Unis, deux gros producteurs d’hydrocarbures, se sont opposés aux références à la sortie des énergies fossiles, selon un compte rendu du PNUE. D’autres pays étaient opposés à des passages sur le genre ou les subventions néfastes pour l’environnement.Dans une déclaration conjointe à l’issue des négociations, l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ont regretté des “tentatives de diversion” de la part de certains pays, sans en nommer aucun en particulier.Les pays avaient des “désaccords significatifs”, a reconnu Mme Andersen. “C’est ce qui fait que les Nations unies sont les Nations unies”, mais “on aimerait certainement espérer que cela ne crée pas un précédent pour d’autres processus”, a-t-elle dit.Ces nouvelles difficultés font suite à l’échec, jusqu’à présent, à parvenir à un traité pour limiter la pollution plastique, ainsi qu’à celui des négociations sur la décarbonation des navires à l’Organisation maritime internationale (OMI), sous la pression des États-Unis.La COP30 s’est pour sa part achevée le 22 novembre par un modeste consensus sur l’action climatique, mais sans la feuille de route de sortie des énergies fossiles espérée par certains pays.Le rapport publié mardi évalue à quelque 8.000 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et assurer des financements nécessaires pour conserver et restaurer la biodiversité.”Le coût de l’inaction est bien plus élevé”, notent les auteurs, qui chiffrent les bénéfices économiques attendus d’un changement de modèle plus respectueux de l’environnement.Ces bénéfices commenceraient à apparaître en 2050, pour atteindre 20.000 milliards de dollars annuels d’ici à 2070, puis jusqu’à 100.000 milliards annuels ensuite.La clef de ce changement réside dans une “transformation totale de notre système énergétique”, soulignait le coprésident du groupe d’experts auteurs, Robert Watson, lors d’une visioconférence de présentation du rapport.”Nous devons clairement éliminer l’utilisation des combustibles fossiles sur les prochaines décennies”, insistait-il, tout en reconnaissant “qu’en ce moment le multilatéralisme semble en difficulté”.

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Audience décisive jeudi pour la poursuite du chantier de l’A69

La poursuite du chantier de l’A69, autoroute contestée entre Toulouse et Castres, sera jeudi au cœur d’une audience décisive devant la cour administrative d’appel de Toulouse alors que les travaux doivent prochainement entrer dans leur phase terminale.Mardi matin, le rapporteur public, magistrat dont l’avis est généralement suivi par la justice administrative, a recommandé à la cour administrative d’appel d’annuler la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait ordonné l’arrêt des travaux à la surprise générale.Le rapporteur s’est prononcé pour le “rejet au fond de la demande qui avait été présentée devant le tribunal administratif de Toulouse”. Examinant un recours des opposants à l’autoroute, le tribunal administratif avait alors stoppé le chantier jugeant que “le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur”, justifiant des atteintes à l’environnement.Lors de l’audience jeudi, le rapporteur développera ses arguments. La cour administrative d’appel rendra ensuite sa décision début janvier.L’État avait fait appel de la décision du 27 février et s’il n’avait pas pu empêcher un arrêt des travaux pendant près de quatre mois, il avait obtenu en mai de la justice un “sursis à exécution”, en attendant le jugement sur le fond du dossier, permettant la reprise du chantier au cours de l’été.Aujourd’hui, près d’un millier de personnes travaillent sur ce vaste chantier. Sur le terrain, le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.- “Continuer sereinement” -Les opposants à ce projet devenu emblématique des luttes écologiques espèrent voir les juges de la cour confirmer le jugement du tribunal administratif de Toulouse.Dans le cas contraire, le pourvoi devant le Conseil d’État qu’ils ne manqueront pas de déposer ne sera examiné que dans quelques mois, à l’heure où la voie rapide de 53 km sera sans doute en passe d’être inaugurée.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.Il a dit espérer que l’audience d’appel permettra de définitivement “clarifier” les choses, espérant voir le chantier “continuer sereinement pour tenir les délais”.Contacté par l’AFP, Atosca n’a pas souhaité s’exprimer sur ce rendez-vous devant la justice. Début septembre, son directeur général Martial Gerlinger avait déclaré: “je suis là pour respecter un contrat, pour livrer une autoroute attendue sur ce territoire, je suis là bien entendu pour respecter les décisions de justice et je n’ai rien d’autre à dire à ce sujet”.- Référé environnemental -La justice est “au pied du mur”, estime de son côté La Voie est libre (LVEL), le principal collectif d’opposants, qui appelle jeudi à un rassemblement devant la cour.Il espère une décision “en droit et rien qu’en droit”, s’inquiétant d’un risque de partialité de la cour.En effet, constatant que deux magistrats de la formation de jugement retenue – le président et un assesseur – ainsi que le rapporteur public, avaient participé en mai à l’audience sur le sursis à exécution, LVEL en avait demandé la récusation.Mais cette requête a été rejetée. Le maintien des magistrats visés “n’est pas de nature à priver les appelants des garanties d’impartialité auxquelles ils ont droit”, a estimé la juridiction qui par ailleurs a choisi une composition élargie de cinq juges (contre trois habituellement) pour statuer sur ce dossier, en raison de sa complexité.Parallèlement, LVEL lance une autre procédure, pénale, lié à des dépassements de l’emprise du chantier qu’il a dénoncés fin novembre.Une plainte devait être déposée en ce début de semaine, assortie d’un référé pénal environnemental, un outil juridique d’urgence pour demander, là encore, la suspension du chantier, a expliqué à l’AFP un de ses porte-parole.

Audience décisive jeudi pour la poursuite du chantier de l’A69

La poursuite du chantier de l’A69, autoroute contestée entre Toulouse et Castres, sera jeudi au cœur d’une audience décisive devant la cour administrative d’appel de Toulouse alors que les travaux doivent prochainement entrer dans leur phase terminale.Mardi matin, le rapporteur public, magistrat dont l’avis est généralement suivi par la justice administrative, a recommandé à la cour administrative d’appel d’annuler la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait ordonné l’arrêt des travaux à la surprise générale.Le rapporteur s’est prononcé pour le “rejet au fond de la demande qui avait été présentée devant le tribunal administratif de Toulouse”. Examinant un recours des opposants à l’autoroute, le tribunal administratif avait alors stoppé le chantier jugeant que “le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur”, justifiant des atteintes à l’environnement.Lors de l’audience jeudi, le rapporteur développera ses arguments. La cour administrative d’appel rendra ensuite sa décision début janvier.L’État avait fait appel de la décision du 27 février et s’il n’avait pas pu empêcher un arrêt des travaux pendant près de quatre mois, il avait obtenu en mai de la justice un “sursis à exécution”, en attendant le jugement sur le fond du dossier, permettant la reprise du chantier au cours de l’été.Aujourd’hui, près d’un millier de personnes travaillent sur ce vaste chantier. Sur le terrain, le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.- “Continuer sereinement” -Les opposants à ce projet devenu emblématique des luttes écologiques espèrent voir les juges de la cour confirmer le jugement du tribunal administratif de Toulouse.Dans le cas contraire, le pourvoi devant le Conseil d’État qu’ils ne manqueront pas de déposer ne sera examiné que dans quelques mois, à l’heure où la voie rapide de 53 km sera sans doute en passe d’être inaugurée.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.Il a dit espérer que l’audience d’appel permettra de définitivement “clarifier” les choses, espérant voir le chantier “continuer sereinement pour tenir les délais”.Contacté par l’AFP, Atosca n’a pas souhaité s’exprimer sur ce rendez-vous devant la justice. Début septembre, son directeur général Martial Gerlinger avait déclaré: “je suis là pour respecter un contrat, pour livrer une autoroute attendue sur ce territoire, je suis là bien entendu pour respecter les décisions de justice et je n’ai rien d’autre à dire à ce sujet”.- Référé environnemental -La justice est “au pied du mur”, estime de son côté La Voie est libre (LVEL), le principal collectif d’opposants, qui appelle jeudi à un rassemblement devant la cour.Il espère une décision “en droit et rien qu’en droit”, s’inquiétant d’un risque de partialité de la cour.En effet, constatant que deux magistrats de la formation de jugement retenue – le président et un assesseur – ainsi que le rapporteur public, avaient participé en mai à l’audience sur le sursis à exécution, LVEL en avait demandé la récusation.Mais cette requête a été rejetée. Le maintien des magistrats visés “n’est pas de nature à priver les appelants des garanties d’impartialité auxquelles ils ont droit”, a estimé la juridiction qui par ailleurs a choisi une composition élargie de cinq juges (contre trois habituellement) pour statuer sur ce dossier, en raison de sa complexité.Parallèlement, LVEL lance une autre procédure, pénale, lié à des dépassements de l’emprise du chantier qu’il a dénoncés fin novembre.Une plainte devait être déposée en ce début de semaine, assortie d’un référé pénal environnemental, un outil juridique d’urgence pour demander, là encore, la suspension du chantier, a expliqué à l’AFP un de ses porte-parole.

La France doit mettre la priorité sur l’électricité pour s’affranchir des importations d’énergies fossiles, selon RTE

En plein débat sur les choix énergétiques de la France, le gestionnaire du réseau de haute tension RTE sonne la mobilisation générale pour accélérer la transition vers l’électricité et réduire la dépendance coûteuse aux énergies fossiles, sans quoi le pays pourrait manquer ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation.”La pertinence d’une électrification rapide du pays pour réduire ses dépendances aux fossiles importés, améliorer sa balance commerciale et permettre sa décarbonation rapide est attestée”, écrit RTE dans son bilan prévisionnel 2025, destiné à éclairer les choix gouvernementaux en matière énergétique.Le gardien de l’équilibre électrique français rappelle que les importations d’hydrocarbures (gaz, pétrole) constituent la première source du déficit commercial, une note salée de 50 à 70 milliards d’euros chaque année, et même près de 120 milliards lors de la crise énergétique.La stratégie de décarbonation de la France vise à réduire d’ici 2035 la part des hydrocarbures dans sa consommation d’énergie de 60% aujourd’hui à 30-35% en augmentant l’usage de l’électricité bas carbone – nucléaire ou renouvelable – dans les transports, l’industrie, les bâtiments…Problème: le pays accuse aujourd’hui un “retard” dans cette “électrification” alors qu’il dispose de “l’avantage quasi-unique en Europe d’une production d’électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95%”, et avec des prix sur les marchés de gros parmi les plus bas du continent, souligne RTE.L’impératif de remplacement des énergies fossiles par de l’électricité décarbonée “va bien au-delà” des objectifs climatiques de baisse des émissions, précise à l’AFP Thomas Veyrenc, directeur général Economie, stratégie et finances de RTE. “C’est un enjeu de souveraineté de réduire des importations d’énergies fossiles de la Russie, du Moyen-Orient, ou même des Etats-Unis”.Ce rapport “confirme la nécessité d’accélérer sur l’électrification des usages pour atteindre nos objectifs : transition écologique, des logements plus résilients, décarbonation de l’industrie et réindustrialisation, indépendance énergétique”, a commenté Bercy. Sa publication doit ouvrir une séquence politique avec des annonces du gouvernement sur une “stratégie d’électrification complémentaire” à la future feuille de route énergétique de la France (PPE), selon le ministère de l’Economie. Des décisions concernant cette PPE seront d’ailleurs “prises d’ici Noël”. – Avancer sur deux jambes -La publication de ce décret a déjà plus de deux ans de retard en raison de profondes divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables, auxquelles est notamment opposé le Rassemblement national. Leurs adversaires venus aussi d’une partie de la droite les accusent de coûter cher en aides publiques et de déséquilibrer le système électrique en raison de leur intermittence.Mais du point de vue de RTE, nucléaire et renouvelables ne se concurrencent pas. “Le système énergétique de demain devra marcher sur deux jambes, les renouvelables et le nucléaire. Il n’y aurait aucun intérêt à se priver de l’une maintenant, au risque de ne plus pouvoir avancer”, souligne Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE.Le rapport actualise la trajectoire de décarbonation de la France en tenant compte du retard pris dans l’électrification depuis 2023, de la dégradation du contexte macroéconomique et des conséquences durables des actions de sobriété instaurées durant la crise énergétique de 2022-2023. De ce fait, le gestionnaire ajuste à la baisse le besoin d’électricité de la France à l’horizon 2035, “d’environ 35 TWh” par rapport à ses précédentes projections de 2023.La France tend ainsi à s’inscrire actuellement dans une trajectoire de décarbonation dite “lente” dans laquelle elle n’atteint pas ses objectifs climatiques et voit la part de l’industrie manufacturière dans son PIB baisser. Cela se traduit par une demande d’électricité en berne et un épisode de surcapacité avérée jusqu’en 2027-2028.Pour en sortir, RTE prône une accélération de la consommation électrique dans les secteurs qui n’en consomment pas, correspondant à une trajectoire de décarbonation “rapide” alignée sur ses objectifs climatiques et de réindustrialisation – la solution la moins coûteuse et la plus efficace selon RTE. “Face à cette situation de surcapacité électrique temporaire, la France a le choix entre actionner un levier de décarbonation rapide, possible car les projets industriels existent ou bien ralentir transitoirement le rythme d’installation des renouvelables”, souligne M. Piechaczyk.Mais il met en garde: “ce levier-là, bien moins efficace économiquement, doit être manié avec proportionnalité” pour ne pas affaiblir les filières des renouvelables.

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Vigilance environnementale des grandes entreprises: l’UE reporte encore la loi, en 2029

L’Union européenne a entériné un nouveau report de sa loi sur le devoir de vigilance environnementale des grandes entreprises, en 2029, après avoir déjà largement détricoté ce texte.Selon un accord scellé dans la nuit de lundi à mardi entre pays européens et eurodéputés, les Etats auront jusqu’au 26 juillet 2028 pour transposer cette loi et les entreprises devront se conformer aux nouvelles règles d’ici juillet 2029, contre juillet 2028 auparavant.Adopté il y a seulement un an et demi, ce texte visait à obliger les grandes entreprises à prévenir et remédier aux violations de droits humains (travail des enfants, travail forcé, sécurité…) et aux dommages environnementaux tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris chez leurs fournisseurs dans le monde.Mais il fait les frais du virage probusiness de l’Union européenne, bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane aux Etats-Unis. Au nom de la “simplification”, les Vingt-Sept et les eurodéputés ont décidé de réviser largement cette loi.Le compromis scellé dans la nuit reprend ainsi les grandes lignes d’un vote du Parlement où droite et extrême droite s’étaient alliées pour sabrer une partie du texte mi-novembre.Le seuil des entreprises concernées a été relevé à plus de 5.000 employés et plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Surtout, Etats et eurodéputés ont supprimé le régime de responsabilité civile européenne, qui servait à harmoniser les obligations des entreprises et leurs responsabilités devant la justice en cas de manquements. Ils ont préféré s’en tenir aux législations de chaque pays. Ils ont également renoncé aux plans de transition climatique que les entreprises étaient censées fournir.Les 27 et le Parlement ont en outre simplifié une autre loi sur le “reporting durable” que devaient faire les entreprises. Ils ont exclu les PME de ce texte, qui concernera les entreprises de plus de 1.000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires.Le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’UE jusqu’à fin décembre, s’est réjoui d’avoir réduit les “formalités” des entreprises.Les écologistes ont dénoncé à l’inverse une nouvelle remise en cause de lois environnementales.”Les conservateurs du Parlement européen et les États membres de l’UE ont enfoncé cette nuit le dernier clou dans le cercueil de la loi” sur le devoir de vigilance des entreprises, a déploré l’eurodéputée verte allemande Anna Cavazzini.Ce compromis devra être soumis à un ultime vote du Parlement et des Etats, sans suspense.

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Japon: au moins 30 blessés après un fort séisme et un tsunami

Un fort séisme qui a frappé dans la nuit de lundi à mardi le nord du Japon, où des vagues de tsunami de 70 cm ont été enregistrées, a fait au moins 30 blessés, a indiqué mardi la Première ministre, Sanae Takaichi.L’agence météorologique japonaise (JMA) a prévenu la population que ce tremblement de terre de magnitude 7,5 – estimé dans un premier temps à 7,6 – qui s’est produit en mer au large de la région septentrionale d’Aomori, à 23H15 locales (14H15 GMT) pourrait être suivi d’autres secousses dans les jours à venir.”Ecoutez les informations de la JMA et des autorités locales toute la semaine, vérifiez que votre mobilier est bien fixé… et soyez prêts à évacuer si vous sentez une secousse”, a déclaré Mme Takaichi.Parmi les blessés figure une personne grièvement touchée sur l’île de Hokkaido, la plus au nord de l’archipel, selon l’Agence japonaise de gestion des incendies et des catastrophes, qui a recommandé l’évacuation de 28.000 personnes.A Sapporo, la principale ville de Hokkaido, un journaliste de l’AFP a constaté que le sol avait tremblé violemment pendant une trentaine de secondes, tandis que les alarmes des smartphones retentissaient pour alerter les habitants.Des images en direct ont montré des fragments de verre brisé éparpillés sur les routes ou des objets au sol dans les magasins.Au lever du jour mardi, les habitants ont constaté que quelques routes avaient été endommagées alors que la neige commence à recouvrir le sol dans la région.”Quand nous avons ressenti la secousse et que le système d’alerte s’est déclenché, nous sommes sortis précipitamment de la maison. Nous tenions nos enfants – une fille de 2 ans et un garçon de 1 an – dans nos bras. Cette secousse m’a rappelé la catastrophe (de Fukushima en 2011)”, a déclaré à l’AFP Daiki Shimohata, 33 ans, un employé municipal de la ville de Hashikami, dans la préfecture d’Aomori.”Des objets sont tombés (des étagères), et une sorte de poudre est tombée du plafond”, a-t-il constaté en se rendant dans la nuit dans l’une des salles municipales dont il est chargé de l’entretien.Environ 2.700 foyers ont été un temps privés d’électricité à Aomori. Une trentaine de foyers restaient sans courant en fin de matinée mardi,alors que l’hiver s’installe.La JMA avait initialement émis une alerte au tsunami en évoquant des vagues pouvant atteindre 3 m et demandant à des milliers d’habitants de la région la plus proche de l’épicentre de se mettre à l’abri.- Trains suspendus -La circulation des trains à grande vitesse Shinkansen a été suspendue dans certaines zones le temps de vérifier l’état des voies.De son côté, la compagnie Tohoku Electric Power a indiqué qu’aucune anomalie n’avait été détectée dans les deux centrales nucléaires les plus proches de l’épicentre, celle de Higashidori, à Aomori, et celle d’Onagawa, dans la région de Miyagi.La région est toujours traumatisée par le séisme de magnitude 9,0 de mars 2011, qui avait déclenché un tsunami, à l’origine de quelque 18.500 morts ou disparus.La catastrophe avait également entraîné la fusion de trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, pire désastre de ce type depuis la catastrophe de Tchernobyl, en avril 1986.Le Japon se situe à la jonction de quatre plaques tectoniques, sur la “Ceinture de feu” du Pacifique. Le pays présente l’une des plus fortes activités sismiques au monde.L’archipel de 125 millions d’habitants enregistre environ 1.500 tremblements de terre par an. La plupart sont faibles, même si les dégâts peuvent varier en fonction de leur localisation et de leur profondeur.En janvier, un groupe d’experts gouvernementaux a légèrement augmenté la probabilité d’une secousse majeure dans la fosse de Nankai au large du Japon au cours des trente prochaines années, la portant à 75-82%.Le gouvernement a ensuite publié une nouvelle estimation en mars, indiquant qu’un tel “méga-séisme” et le tsunami qui s’ensuivrait pourraient causer jusqu’à 298.000 morts et des dommages pouvant atteindre 2.000 milliards de dollars.

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Les grandes dates de l’A69, emblème des luttes écologiques

Depuis les premiers coups de pioche il y a près de trois ans, l’A69 est devenu à l’instar de Sainte-Soline ou de Notre-Dame des Landes, un emblème national des luttes écologiques, sur le terrain comme devant les tribunaux.Voici les grandes dates du projet autoroutier de 53 km entre Toulouse et Castres, voulu par l’Etat et la majorité des élus locaux pour désenclaver le sud du Tarn, alors que le dossier revient devant la justice administrative jeudi.- Printemps 2023: les premiers coups de pioche -Le maître d’oeuvre des travaux Atosca, futur concessionnaire de l’A69, lance le chantier de l’autoroute censé raccourcir d’une vingtaine de minutes le trajet entre Toulouse et Castres, qui nécessite aujourd’hui environ 1h15 de voiture.Dès le début, la contestation prend différentes formes: manifestations, grèves de la faim, occupations d’arbres au coeur de Zones à défendre (ZAD) et recours juridiques.Dès avril, les anti-A69 se réunissent pour un premier week-end de protestation, suivi d’une mobilisation d’importance en octobre, marqué par des affrontements avec les forces de l’ordre.Les militants écologistes et scientifiques dénoncent les destructions de zones humides, de terres agricoles, d’arbres, d’écosystèmes et de nappes phréatiques provoquées par la construction du segment autoroutier.- Eté 2024: les tensions enflent -Au cours de l’été, des tensions entre pro et anti-A69 éclatent, dans une région où cette autoroute est vue par les uns comme un outil de désenclavement pour le sud du Tarn, ou par les autres comme un projet d’infrastructure anachronique à l’ère de la crise climatique. Des engins de chantier sont incendiés et des affrontements avec les forces de l’ordre surviennent lors de grands rassemblements de militants anti-A69.- Automne 2024: des commandos contre les opposants -Six hommes, dont le gérant d’une société chargée de la sécurité du chantier, participent à des “commandos” selon le procureur de Toulouse, prenant pour cible des opposants à l’A69. Ils seront mis en examen un an plus tard pour “incendie volontaire en bande organisée, association de malfaiteurs et violences en réunion”.- Février 2025: les anti-A69 remportent une victoire -Le tribunal administratif de Toulouse, saisi par les opposants au projet, annule l’autorisation environnementale du chantier, par son jugement du 27 février, qui conduit à l’interruption totale et immédiate des travaux. C’est une victoire “historique” pour La Voie est libre (LVEL), principal collectif des anti-A69, mais de courte durée, car l’Etat et le concessionnaire font appel et obtiennent un “sursis à exécution”.- Eté 2025: le chantier reprend -Autorisés fin mai par la cour administrative d’appel de Toulouse, les travaux reprennent progressivement après quatre mois d’arrêt. Venu sur place le 5 septembre, le ministre des Transports Philippe Tabarot, se félicite que le chantier retrouve son “plein régime” et l’espère achevé “dans une année”.Pour produire le revêtement de la chaussée, qui doit être posé en janvier 2026, les deux centrales d’enrobé bitumineux à chaud commencent à fonctionner en novembre. Quelque 500.000 tonnes sont nécessaires pour la future autoroute.- Décembre 2025: audience déterminante -Le chantier est avancé aux deux-tiers, l’Etat et Atosca tablent sur une livraison au 2e semestre 2026, si la cour administrative d’appel de Toulouse ordonne la poursuite du chantier, à l’issue de l’audience du 11 décembre.