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Loi d’orientation agricole: le Sénat planche sur la “reconquête” de la souveraineté alimentaire

Près d’un an après son dépôt, le projet de loi d’orientation agricole a enfin repris son parcours législatif mardi soir au Sénat, la ministre Annie Genevard appelant le Parlement à “semer les premières graines de la reconquête de notre souveraineté alimentaire”.Adopté à l’Assemblée nationale au début du printemps 2024, suspendu par la dissolution puis reporté par la censure, ce texte revient enfin au Parlement. L’examen s’étirera jusqu’au 18 février avec un vote solennel prévu quatre jours seulement avant le lancement du Salon de l’agriculture à Paris.A l’ouverture des débats, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a promis un “changement de cap” sur la politique agricole de la France, impératif pour atteindre des objectifs très ambitieux: 30% d’apprenants supplémentaires dans les filières agricoles et agroalimentaires d’ici 2030, 400.000 exploitations et 500.000 exploitants agricoles à l’horizon 2035.”Ce sont bien les intérêts fondamentaux de la nation qui sont en cause lorsqu’il s’agit de garantir la souveraineté alimentaire et agricole de la France”, a-t-elle lancé, promettant “d’aller vite, afin de permettre l’entrée en vigueur au plus vite de ce texte très attendu”.Si l’adoption du texte ne fait aucun doute, l’alliance droite-centristes majoritaire au Sénat entend nettement muscler ce projet de loi programmatique, qui balaye nombre de sujets, de l’enseignement à la formation en passant par le dossier crucial de la transmission des exploitations.- “Intérêt général majeur” et “non-régression” -Dans son article inaugural, cette loi d’orientation élève l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur”. En commission, le Sénat a maintenu cette notion tout en allant plus loin, érigeant notamment la “souveraineté alimentaire” en “intérêt fondamental de la Nation”.Le Sénat a également institué un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”. La portée juridique de cette disposition, qui fait volontairement écho au principe de “non-régression environnementale” déjà existant, interroge ses détracteurs.”Quand on a fait ça sur l’environnement, on disait que ça n’aurait aucun impact et on a vu que ça a été l’inverse. Pourquoi cela ne marcherait-il pas?”, balaye Laurent Duplomb (LR), l’autre rapporteur du texte.Si la notion n’a pas convaincu le gouvernement qui tentera de la faire supprimer, M. Duplomb assume une version sénatoriale plus “ambitieuse”, susceptible, selon lui, de répondre au “manque de courage politique” du texte initial, qui “évitait tous les sujets qui fâchent”.Cette démarche ulcère la gauche, qui s’alarme d’un “durcissement” et d’une “radicalisation” du débat public sur l’agriculture, selon l’écologiste Daniel Salmon. “La droite estime qu’il n’y a qu’un modèle qui est le bon, celui d’une souveraineté alimentaire réécrite à la sauce libérale”, déplore-t-il.La droite sénatoriale a déjà remporté un succès ces derniers jours sur ce volet, en faisant adopter à la chambre haute, avec l’appui du gouvernement, un texte plus sensible encore sur la levée des “barrières” à la profession, avec la réintroduction notable de certains pesticides.- Femmes en agriculture -Parmi ses autres dispositions, la loi d’orientation prévoit la création d’un “Bachelor Agro”, un diplôme de bac+3 censé faire référence à l’avenir. Les sénateurs proposent également de créer un “volontariat agricole” dans le cadre du service civique.La création d’un guichet unique départemental, censé favoriser les installations et transmissions d’exploitations, est également au cœur du projet.Annie Genevard a par ailleurs insisté mardi sur l’importance d’augmenter la place des femmes en agriculture, promettant plusieurs amendements en ce sens, pour faciliter par exemple leur accès au statut de cheffe d’exploitation. Elle a aussi annoncé le lancement à venir de “conférences de la souveraineté alimentaire”, pour permettre aux filières de définir collégialement des “objectifs à dix ans” avec “l’accompagnement” de l’Etat.L’alliance syndicale majoritaire FNSEA-JA a appelé ces derniers jours les sénateurs à “concrétiser l’ambition” en faveur du renouvellement des générations, regrettant certains freins à la transmission dans le texte, tout en saluant des “avancées significatives” comme le renforcement du service de remplacement ou la mise en place d’une “aide au passage de relais”, dont l’objectif est d’offrir une sortie digne à des agriculteurs désespérés.Le texte entend aussi accélérer les procédures de contentieux en cas de recours contre des stockages d’eau ou des bâtiments d’élevage, et propose d’aménager les sanctions en cas d’atteintes à l’environnement non-intentionnelles.

‘Around 10’ dead, including shooter, in Sweden campus attack

Around 10 people were killed Tuesday in a shooting at an education centre in Sweden, including the suspected gunman, in the deadliest school attack in the Scandinavian country’s history. Authorities had initially said that several people were wounded in the violence at Campus Risbergska, a secondary school for young adults in the town of Orebro, but …

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Les consommateurs incités à jeter tous les pots de yaourt dans la poubelle d’emballages

Une fois consommés, les pots de yaourt, même souillés, doivent tous être jetés dans la poubelle jaune des emballages: ce simple message va apparaître au dos d’une partie des opercules recouvrant les milliards de yaourts vendus en France chaque année.Les industriels des produits laitiers frais réunis au sein du groupement Syndifrais ont décidé de prendre en main l’avenir des déchets qu’ils produisent. Leur espoir: créer un jour une “boucle fermée” vertueuse, pour l’instant l’Arlésienne du recyclage du plastique, où les petits pots en polystyrène redeviendraient des pots de yaourt.Pour la première fois, la quasi-totalité des marques de desserts ultrafrais se sont unies – à l’exception de Danone – pour lancer ensemble une campagne de communication, baptisée #TriTonPot, destinée à favoriser la collecte et le recyclage des pots après consommation.Pas de campagne de télévision, pas de message radio, mais une campagne “au plus près du consommateur”, explique Muriel Casé, déléguée générale de Syndifrais: lorsqu’il ouvrira son yaourt, il trouvera “un petit message très simple qui lui indiquera de mettre son pot dans le bac jaune avec l’opercule détaché”.- “Opercule détaché” -Juste sous le pictogramme d’un yaourt rigolard, une douzaine de messages sont prévus tels que “Pensez à me trier”. Le slogan “Je vais dans le bac jaune avec mon opercule détaché” vise à inciter le consommateur à dissocier au maximum les matières plastique et aluminium dans sa poubelle, afin de faciliter les opérations ultérieures de tri et de recyclage.L’urgence est de convaincre les gens de jeter leurs emballages dans le bac jaune. Car malgré les consignes de tri élargies en vigueur depuis janvier 2023, la France paie à l’Europe chaque année 1,5 milliard d’euros par an, pour non atteinte de ses objectifs de recyclage de plastique. “Il y a un vrai enjeu économique”, souligne Roland Marion, directeur de l’économie circulaire à l’Agence de la transition écologique (Ademe), qui soutient l’opération.Le tri est “un point bloquant” aujourd’hui, dit Patrick Falconnier, président de Syndifrais et directeur général de la coopérative Eurial. “Parce que si le consommateur ne met pas son pot de yaourt dans le bac jaune, nous, on ne peut pas le récupérer pour le retraiter, le recycler, le réincorporer dans notre produit. On a vraiment besoin que le consommateur fasse sa part du boulot.”Au total, 500 millions de pots seront concernés par la campagne pendant six mois, soit une fraction des 1,5 milliard de packs de yaourts, fromages blancs et autres desserts lactés vendus en France chaque année, des lots de 4 à 16 unités en général.- 25% dans les ordures ménagères -Chaque marque a choisi deux ou trois références pour porter la campagne, dont des desserts plébiscités par les enfants, dans l’espoir qu’ils entraînent leurs parents dans le “geste de tri”. Car 25% au moins des yaourts finissent dans les poubelles d’ordures ménagères générales. Des pots qui finissent leur vie, soit enfouis soit incinérés, regrette Sophie Génier, directrice du recyclage chez Citeo, l’éco-organisme qui gère la collecte, le tri et le recyclage des emballages ménagers en France.La campagne démarrera au moment de l’ouverture du Salon de l’agriculture le 22 février. Elle est financée par les professionnels.Un an de préparation a été nécessaire. Dans les usines, “il a fallu réimprimer les cylindres qui servent à l’impression des opercules”, précise Mme Casé. Et des tests sanitaires “ont été faits et refaits” pour vérifier qu’il n’y ait pas de migration de l’encre vers le yaourt.Le groupe Danone a indiqué mardi soir à l’AFP “partager la même ambition de transparence et de pédagogie du consommateur sur l’importance du geste de tri”. “Depuis 2022, nous avons intégré les mentions liées à l’info-tri sur nos pots de yaourt, et nous avons inclus ce message également dans nos campagnes de communication sur nos produits laitiers frais en 2024 pour inciter le geste de tri auprès des consommateurs”, a précisé le groupe.

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Les consommateurs incités à jeter tous les pots de yaourt dans la poubelle d’emballages

Une fois consommés, les pots de yaourt, même souillés, doivent tous être jetés dans la poubelle jaune des emballages: ce simple message va apparaître au dos d’une partie des opercules recouvrant les milliards de yaourts vendus en France chaque année.Les industriels des produits laitiers frais réunis au sein du groupement Syndifrais ont décidé de prendre en main l’avenir des déchets qu’ils produisent. Leur espoir: créer un jour une “boucle fermée” vertueuse, pour l’instant l’Arlésienne du recyclage du plastique, où les petits pots en polystyrène redeviendraient des pots de yaourt.Pour la première fois, la quasi-totalité des marques de desserts ultrafrais se sont unies – à l’exception de Danone – pour lancer ensemble une campagne de communication, baptisée #TriTonPot, destinée à favoriser la collecte et le recyclage des pots après consommation.Pas de campagne de télévision, pas de message radio, mais une campagne “au plus près du consommateur”, explique Muriel Casé, déléguée générale de Syndifrais: lorsqu’il ouvrira son yaourt, il trouvera “un petit message très simple qui lui indiquera de mettre son pot dans le bac jaune avec l’opercule détaché”.- “Opercule détaché” -Juste sous le pictogramme d’un yaourt rigolard, une douzaine de messages sont prévus tels que “Pensez à me trier”. Le slogan “Je vais dans le bac jaune avec mon opercule détaché” vise à inciter le consommateur à dissocier au maximum les matières plastique et aluminium dans sa poubelle, afin de faciliter les opérations ultérieures de tri et de recyclage.L’urgence est de convaincre les gens de jeter leurs emballages dans le bac jaune. Car malgré les consignes de tri élargies en vigueur depuis janvier 2023, la France paie à l’Europe chaque année 1,5 milliard d’euros par an, pour non atteinte de ses objectifs de recyclage de plastique. “Il y a un vrai enjeu économique”, souligne Roland Marion, directeur de l’économie circulaire à l’Agence de la transition écologique (Ademe), qui soutient l’opération.Le tri est “un point bloquant” aujourd’hui, dit Patrick Falconnier, président de Syndifrais et directeur général de la coopérative Eurial. “Parce que si le consommateur ne met pas son pot de yaourt dans le bac jaune, nous, on ne peut pas le récupérer pour le retraiter, le recycler, le réincorporer dans notre produit. On a vraiment besoin que le consommateur fasse sa part du boulot.”Au total, 500 millions de pots seront concernés par la campagne pendant six mois, soit une fraction des 1,5 milliard de packs de yaourts, fromages blancs et autres desserts lactés vendus en France chaque année, des lots de 4 à 16 unités en général.- 25% dans les ordures ménagères -Chaque marque a choisi deux ou trois références pour porter la campagne, dont des desserts plébiscités par les enfants, dans l’espoir qu’ils entraînent leurs parents dans le “geste de tri”. Car 25% au moins des yaourts finissent dans les poubelles d’ordures ménagères générales. Des pots qui finissent leur vie, soit enfouis soit incinérés, regrette Sophie Génier, directrice du recyclage chez Citeo, l’éco-organisme qui gère la collecte, le tri et le recyclage des emballages ménagers en France.La campagne démarrera au moment de l’ouverture du Salon de l’agriculture le 22 février. Elle est financée par les professionnels.Un an de préparation a été nécessaire. Dans les usines, “il a fallu réimprimer les cylindres qui servent à l’impression des opercules”, précise Mme Casé. Et des tests sanitaires “ont été faits et refaits” pour vérifier qu’il n’y ait pas de migration de l’encre vers le yaourt.Le groupe Danone a indiqué mardi soir à l’AFP “partager la même ambition de transparence et de pédagogie du consommateur sur l’importance du geste de tri”. “Depuis 2022, nous avons intégré les mentions liées à l’info-tri sur nos pots de yaourt, et nous avons inclus ce message également dans nos campagnes de communication sur nos produits laitiers frais en 2024 pour inciter le geste de tri auprès des consommateurs”, a précisé le groupe.

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Grèce: 7.000 personnes ont quitté Santorin face à une activité sismique sans précédent

Plus de 7.000 personnes, inquiètes, ont quitté Santorin en 48 heures en raison des séismes à répétition qui continuent mardi de secouer l’île touristique grecque, un phénomène sans précédent qui surprend les scientifiques.Quelque 5.755 passagers ont embarqué depuis dimanche à bord des ferries au départ de cette île volcanique, mondialement connue pour ses chapelles à coupoles bleues accrochées aux falaises, selon un décompte fourni à l’AFP par une garde-côte grecque.La principale compagnie aérienne grecque Aegean Airlines a indiqué de son côté avoir acheminé 1.294 passagers lundi de Santorin vers Athènes, assurant au total neuf vols dont cinq exceptionnels.L’activité sismique près de l’île en forme de croissant est une séquence sans précédent dans cette zone depuis le début des relevés en 1964, selon des données de l’Institut géodynamique de l’Observatoire d’Athènes analysées par l’AFP.Plus de 180 séismes ont été enregistrés quotidiennement depuis dimanche, dont plus de la moitié dépassent une magnitude de 3.Dans une zone d’environ 1.000 km2 autour de l’île, entre le 24 janvier et le 4 février à la mi-journée, 750 séismes ont été recensés.Pour le professeur de sismologie Kostas Papazachos, ces séismes à répétition constituent un “phénomène sans précédent pour les données de la région grecque”.”Nous n’avons pas de tremblement de terre principal, nous avons une séquence de nombreux tremblements de terre”, a-t-il observé sur la chaîne de télévision privée ANT1.”Nous n’avons jamais connu cela auparavant”, a renchéri Athanassios Ganas, directeur de recherche à l’Observatoire d’Athènes, en calculant: “Nous avons maintenant plus de 41 tremblements de terre supérieurs à 4 dans une période de 72 heures”.Santorin compte environ 15.500 résidents permanents et de nombreux saisonniers dans l’hôtellerie, la restauration ou le BTP.Dans la journée de mardi, Aegean Airlines prévoit huit vols d'”une capacité totale de plus de 1.400 sièges”.Dans un communiqué, la compagnie a précisé qu’elle pourrait avoir transporté au total entre lundi et mardi 2.500 à 2.700 personnes.Des files d’attente se sont formées dans le calme devant des agences de voyage et avant le départ des ferries mais aucun mouvement de panique, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.De nombreux passagers ont embarqué en milieu d’après-midi sur un ferry à destination du Pirée, le grand port au sud d’Athènes.- Tourisme réduit -L’activité touristique est réduite en cette saison à Santorin qui reçoit plus de 3 millions de visiteurs chaque année. Toutefois, quelques touristes rencontrés à Fira, l’un des principaux villages de l’île, ne semblaient pas perturbés outre mesure malgré les secousses, même minimes, qui se font ressentir à intervalle régulier.”Au Japon, comme vous savez, chaque jour nous faisons face à des tremblements de terre”, relativisait auprès de l’AFP Walter Saito, 43 ans, économiste de Tokyo, “pas particulièrement inquiet”.A l’aéroport, l’Américain Roger Beauchamp, originaire de l’Arizona, a lui aussi ressenti toute la journée “de petites secousses légères”. “Nous venons d’un endroit où (…) il y a eu de grands séismes par le passé”, ajoute-t-il.Mardi vers 02h45 locales (04h45 GMT), un nouveau séisme de magnitude 4,9 a été enregistré en mer Egée, à quelque 31 km de Santorin, selon l’Institut géodynamique de l’Observatoire d’Athènes.Vers 13h00 GMT, une nouvelle secousse de 4,8 intervenant moins de 30 minutes après une précédente de 4,6 a été enregistrée dans la même zone, au sud-ouest d’Amorgos, une autre île touristique de l’archipel des Cyclades, où vivent moins de 2.000 habitants permanents.D’autres séismes de plus faible intensité ne cessent d’être répertoriés et des scientifiques grecs préviennent que cette activité sismique, qui s’est intensifiée depuis samedi, pourrait durer des semaines. – “en sécurité” -“Le scénario de tremblements de terre de magnitude 6 et plus reste peu probable”, a insisté le président de l’Organisation pour la planification et la protection antisismique (OASP), Efthymios Lekkas sur la chaîne de télévision privée Mega.”Les habitants de Santorin doivent se sentir en sécurité. Il ne faut pas céder à la panique”, a-t-il ajouté, après que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a appelé les habitants au calme.Selon lui, “un tremblement de terre d’environ 5,5 n’aurait aucune conséquence sur l’île”.Les secousses actuelles ne sont pas le résultat d’une activité volcanique mais d’une activité tectonique, ont par ailleurs martelé les autorités qui ont ordonné la fermeture par précaution de tous les établissements scolaires de Santorin, d’Amorgos et des îles voisines jusqu’à vendredi.Le paysage spectaculaire de Santorin a été créé par une éruption volcanique vers 1.600 ans avant notre ère qui a provoqué la formation d’une caldeira.

Treize hommes comparaîtront au procès en appel des viols de Mazan à l’automne

Au maximum treize des 51 hommes condamnés en décembre à Avignon, lors du procès des viols de Mazan, comparaîtront à nouveau à l’automne, face à un jury populaire cette fois, devant la cour d’assises du Gard, pour tenter d’obtenir une réduction de leurs peines.Parmi eux ne figurera cependant pas le “chef d’orchestre” de cette décennie de viols sur Gisèle Pelicot, son ex-mari Dominique, condamné par la cour criminelle de Vaucluse à 20 ans de réclusion criminelle, une peine assortie d’une mesure de sûreté des deux tiers (environ 14 ans).Le septuagénaire devrait toutefois être appelé à témoigner à la barre, mais uniquement en tant que témoin, lors de cette nouvelle étape judiciaire prévue entre le 6 octobre et le 21 novembre, devant la cour d’assises de Nîmes. “Nous apprenons, avec Dominique Pelicot, les dates de l’audience d’assises d’appel. Mon client se tient à la disposition des juges d’appel pour réitérer ce qu’il a toujours soutenu: à savoir que chacun des accusés était avisé de la proposition de viol qu’il formulait, avec la sédation de Mme Pelicot”, a affirmé à l’AFP son avocate, Me Béatrice Zavarro.Il n’a lui même pas fait appel car il “refuse” de contraindre “Gisèle à une nouvelle épreuve, à de nouveaux affrontements”. Pour Dominique Pelicot, âgé de 72 ans, “Madame Pelicot n’est pas et n’a jamais été son adversaire”, avait-elle expliqué préalablement.- 13 appelants, voire moins ? -Un choix inverse effectué initialement par 17 de ses 50 coaccusés, ces hommes qu’il avait recrutés sur internet pour venir violer son épouse, droguée aux anxiolytiques, à leur domicile de Mazan (Vaucluse) entre 2011 et 2020.Quatre se sont depuis désistés, d’où le nombre de 13 accusés à ce second procès, qui cette fois aura donc lieu devant une cour d’assises, c’est-à-dire une cour composée de jurés populaires. La cour criminelle de Vaucluse était elle formée de magistrats professionnels.D’ici l’ouverture de ce second procès, ces 13 appelants ont cependant encore la possibilité de se désister.Reconnus pour la plupart coupables de viols sur Gisèle Pelicot, les 50 coaccusés, âgés de 27 à 74 ans, avaient été condamnés à des peines allant de trois ans de prison dont deux avec sursis, pour un retraité jugé pour agression sexuelle, à 15 ans de réclusion criminelle pour un homme venu six fois violer Mme Pelicot. Cette dernière, devenue une icône féministe, notamment pour avoir refusé que le premier procès se tienne à huis clos, afin que la “honte change de camp” et ne pèse plus sur les épaules des victimes de viols, devrait elle aussi être présente pour ce nouveau procès.La septuagénaire n’a “pas peur” d’un nouveau procès, avait indiqué à l’AFP Me Antoine Camus, l’un de ses avocats. “Elle entend en être et elle se prépare à affronter ce nouveau procès avec la même détermination et le même courage”, avait-il insisté.- Cold cases -Le procès de première instance avait provoqué une véritable onde de choc, en France comme à l’étranger, devenant emblématique des questions de violences sexistes et sexuelles et plus largement des rapports hommes-femmes.Le combat de Gisèle Pelicot “nous oblige tous et doit être poursuivi”, avait ainsi commenté le Premier ministre François Bayrou. “Merci Gisèle”, avaient réagi sur X les chefs des gouvernements espagnol et allemand Pedro Sanchez et Olaf Scholz.Même s’il ne comparaîtra donc qu’en tant que témoin, Dominique Pelicot n’en a pas pour autant fini avec la justice. Mis en examen par le pôle “cold cases” de Nanterre, il pourrait encore être jugé pour une tentative de viol en 1999 en Seine-et-Marne, mais surtout un viol suivi de meurtre en 1991 à Paris, celui de Sophie Narme, une jeune agente immobilière de 23 ans.Jeudi il avait ainsi été auditionné pendant plus de quatre heures sur ces deux dossiers par une juge d’instruction de ce pôle de Nanterre. Il avait alors à nouveau maintenu sa version des faits, ne reconnaissant que son implication dans l’affaire de 1999, après avoir été confondu par son ADN.

Immigration 2024: titres de séjour et expulsions en hausse, demandes d’asile en baisse

Plus de titres de séjour et d’expulsions, moins de demandes d’asile: le bilan 2024 de l’immigration a été publié mardi. Des chiffres scrutés de près par Bruno Retailleau qui s’est fixé l’objectif de diminuer le nombre d’étrangers en France.La France a délivré 336.700 premiers titres de séjour l’an dernier, un chiffre en hausse de 1,8% par rapport à 2023, tandis que les expulsions augmentaient de 26,7% avec 21.601 reconduites au total, a annoncé le ministère de l’Intérieur.L’immigration reste un sujet brûlant: fin janvier, François Bayrou a indigné la gauche et une partie de son camp en affirmant que la France “approch(ait)” d’un “sentiment de submersion en matière d’immigration”.”Hausse de 27% du nombre de clandestins expulsés en 2024. Je me réjouis de ces résultats obtenus grâce à la politique de fermeté que nous avons menée durant les 9 premiers mois de l’année 2024, poursuivie par @BrunoRetailleau”, a écrit sur X le ministre de la Justice Gérard Darmanin, auteur de la dernière loi immigration en 2024. Ce message a été reposté par le LR Bruno Retailleau qui lui a succédé à Beauvau en septembre. Depuis son arrivée, le ministre multiplie les déclarations contre l’immigration dont il estime qu’elle “n’est pas une chance” et a répété son souhait de la diminuer. La cheffe de file des députés Rassemblement national, Marine Le Pen, a déploré la hausse des premières demandes: “Il n’est plus possible pour les Français de se contenter de mots et de déclarations sans lendemain, il faut désormais passer aux actes et mettre en place les mesures nécessaires pour reprendre le contrôle de notre politique migratoire”, a-t-elle posté sur X.La hausse des titres de séjour l’an dernier s’est faite à “un rythme moins soutenu” que l’année précédente (+4%), souligne la direction générale des étrangers en France (DGEF) qui dépend du ministère de l’Intérieur. En tête des motifs de délivrance, les titres étudiants ont représenté un tiers du total (109.300) et les motifs familiaux un quart (90.600), selon le rapport annuel sur l’immigration rendu public par le ministère.Une forte augmentation (+13,5%) a été enregistrée pour les motifs humanitaires, autour de 55.000, tandis que les titres de séjour pour motifs économiques se stabilisaient autour de 55.600.Les trois pays du Maghreb arrivent en tête des primo-délivrances, avec un quart des titres. Les Algériens qui demandent pour la première fois un titre sont en baisse de 9% . Au total, au 31 décembre 2024, on dénombrait 4,3 millions de titres de séjour valides en France (+3,9%).- Retours forcés -Sur les expulsions, l’Intérieur a fait état d’une hausse de 26,7% d’étrangers en situation irrégulière reconduits à la frontière l’an dernier (qu’ils soient forcés, aidés, ou spontanés), soit 21.601 personnes. Les éloignements forcés s’élèvent à 12.856 (+9,7% sur un an).Par ailleurs 31.250 personnes sans-papiers ont été régularisées, soit une baisse de 10%. C’est la première fois depuis 2020 que la tendance diminue pour cette “admission exceptionnelle au séjour”, faite au titre de la circulaire Valls récemment durcie par Bruno Retailleau.”La régularisation n’est pas un droit” pour les sans-papiers, avait-il affirmé.Parmi ces personnes régularisées on trouve des travailleurs sans-papiers (10.330, en baisse de 10%) tandis que le motif familial concernait 20.090 personnes (-9%).En ce qui concerne la demande d’asile, le ministère a fait état d’une baisse de 5,5% du total, à 157.947 dossiers. Cette baisse s’explique notamment par une chute “de 45% des demandes Dublin”, c’est-à-dire formulées dans un autre pays où le demandeur est passé initialement, a expliqué Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.Les demandes d’asile baissent “globalement” en Union européenne, puisqu’on estime à 950.000 le nombre de dossiers déposés en 2024 après 1,050 million en 2023, a-t-il ajouté.L’an dernier, l’Ukraine a pris le relais de l’Afghanistan comme première nationalité des ressortissants demandant l’asile. La demande ukrainienne a en effet été multipliée par quatre en un an à 13.350 demandes. “Sur l’ensemble de l’Union européenne la France enregistre les deux tiers des demandes d’asile ukrainiennes”, a souligné M. Mordant, qui n’a pas d’explications à ce phénomène.Le taux de protection (y compris avec les recours) a lui bondi de 4,6 points à 49,3%.

Des policiers dans la rue pour réclamer une augmentation de leurs moyens

Plusieurs milliers de policiers se sont rassemblés mardi devant l’Assemblée nationale à Paris, à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale, pour réclamer “un budget à la hauteur” pour la police, au lendemain de l’utilisation par le Premier ministre François Bayrou du 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat.Sous les yeux du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, du préfet de police de Paris Laurent Nuñez ou du directeur de la police nationale Louis Laugier, près de 5.000 policiers, selon le syndicat majoritaire, ont manifesté leur mécontentement, rappelant aux parlementaires qu’il fallait “investir massivement dans la sécurité” ou bien “accepter d’être complices de son effondrement”.Venus de l’Yonne, de Bretagne, de Vendée, de Normandie ou de Toulouse notamment, ils ont été rejoints devant le palais Bourbon par d’autres syndicats, Synergie-Officiers, le Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), le Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques et scientifiques (SNIPAT) ou le Syndicat autonome des préfectures et de l’administration centrale du ministère de l’Intérieur (SAPACMI).”Tout le monde nous dit que le budget est passé, le 49.3 est fait… mais non, ce n’est pas fini: ce n’est qu’une petite bataille, il peut y avoir une loi rectificative, avec un budget supplémentaire. Parce que, aujourd’hui, le budget n’est pas en adéquation avec ce que nous méritons et les moyens matériels pour pouvoir travailler d’une manière confortable”, a expliqué le secrétaire général du syndicat Alliance Fabien Vanhemelryck.”Ce n’est pas le tout de dire qu’on va lutter contre l’immigration clandestine. Ce n’est pas le tout de dire qu’on va lutter contre le narcotrafic, la délinquance du quotidien… sans avoir les moyens de le faire!”, a-t-il poursuivi.Le syndicat avait déjà fait pression sur Bruno Retailleau début janvier, promettant de “descendre dans la rue” si le budget 2025 du ministère de l’Intérieur ne leur convenait pas.

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Plus d’un cancer du poumon des non-fumeurs sur deux serait lié à la pollution atmosphérique

La pollution atmosphérique en particulier en Asie du sud-est, apparaît comme l’un des facteurs de la prédominance de l’adénocarcinome, devenu le type de cancer du poumon le plus fréquent dans le monde, notamment chez les non-fumeurs, selon une étude publiée mardi.Avec environ 2,5 millions de personnes diagnostiquées en 2022, le cancer du poumon demeure le plus fréquent dans le monde. Si la majorité des cas restent diagnostiqués chez les hommes (1,6 million), l’écart avec les femmes a tendance à se réduire (910.000 cas), note cette étude publiée dans la revue Lancet Respiratory Medicine à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer. Parmi les quatre principaux sous-types de cancer du poumon, l’adénocarcinome est devenu prédominant chez les femmes dans 185 pays du monde et, chez les hommes, dans 150 pays (hormis ceux d’Europe de l’est et d’Asie de l’ouest), selon cette analyse de données issues notamment de l’agence pour le cancer de l’Organisation mondiale de la santé, le CIRC.En 2022, il représentait ainsi près d’un cas de cancer du poumon sur deux chez les hommes (45,6%, soit 717.211 cas), et six sur dix (59,7%, soit 541.971 cas) chez les femmes, contre respectivement 39% et 57,1% estimés en 2020.Il arrive ainsi loin devant les trois autres types: le carcinome épidermoïde (29,4%), le carcinome à petites cellules (11,5%), étroitement lié à la consommation de tabac, et le carcinome à grandes cellules (6,5%), plus rare.Des changements dans la fabrication des cigarettes et dans les pratiques du tabagisme depuis les années 1950 ont pu jouer dans cette évolution.Mais la prévalence du tabagisme continue de diminuer dans de nombreux pays, tandis que la proportion de cancers du poumon chez les non-fumeurs a augmenté, observent les chercheurs.Le cancer du poumon chez les non-fumeurs est même devenu “la cinquième cause de mortalité liée au cancer dans le monde, se manifestant presque exclusivement sous forme d’adénocarcinome et le plus souvent chez les femmes et les populations asiatiques”, souligne l’étude.- Particules fines -Après une série d’analyses, elle conclut que “la pollution de l’air peut être considérée comme un facteur important qui explique partiellement la prédominance croissante de l’adénocarcinome -lequel représente 53 à 70% des cas de cancer du poumon chez les non-fumeurs dans le monde”.Parmi les adénocarcinomes diagnostiqués en 2022, près de 200.000 étaient ainsi associés à la pollution de l’air ambiant par les particules fines: 114.486 cas chez les hommes et 80.378 cas chez les femmes, selon leur estimation.Depuis 2019, environ 99% de la population mondiale vit dans les zones ne répondant pas aux critères de qualité de l’air de l’OMS, selon les chiffres de l’organisation.Dans “certains pays à économie en transition rapide tels que la Chine, où une hausse constante des concentrations de particules fines dans la pollution atmosphérique a été observée, l’exposition aux combustibles utilisés pour le chauffage domestique et la cuisine pourrait expliquer la survenue de cancers du poumon chez les femmes”, selon l’étude.En effet, les incidences d’adénocarcinomes attribuables à la pollution atmosphérique les plus élevées ont été relevées en Asie de l’est, en particulier en Chine.Si les auteurs appellent à interpréter leurs résultats avec prudence, compte tenu de certaines limites méthodologiques et de la disponibilité variable des données d’un pays à l’autre, ils estiment que leur étude souligne la nécessité d’une surveillance continue de l’évolution du risque de cancer du poumon.D’autant que si les taux d’incidence du cancer du poumon chez les hommes ont diminué dans la plupart des pays depuis 30 à 40 ans, ils ont augmenté chez les femmes.”Ces tendances divergentes selon le sexe” doivent guider “spécialistes de la prévention du cancer et décideurs politiques” vers des “stratégies de lutte contre le tabac et la pollution atmosphérique adaptées aux populations à haut risque”, estime le chercheur du CIRC Freddie Bray, qui a mené l’étude.Les auteurs plaident encore pour la mise en place de registres du cancer et pour l’exploration du rôle de la pollution de l’air, là où le tabagisme n’est pas considéré comme la principale cause de cette maladie.