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La tenue de la cavalière d’argent des JO de Paris exposée à Paris

La tenue de la cavalière d’argent qui avait fait sensation en chevauchant le cheval métallique de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques sera exposée à partir de samedi au Palais Galliera, musée de la mode parisien.Imaginée par la créatrice française Jeanne Friot, en collaboration avec le spécialiste du cuir Robert Mercier et la marque de chaussures Both pour les cuissardes, cette armure de cuir ouvre le troisième volet de l’exposition “La Mode en mouvement”, qui se tient jusqu’au 12 octobre. Elle intégrera ensuite la collection permanente.”C’est la seule pièce de la cérémonie des JO de Paris qu’on a décidé de faire rentrer”, a expliqué à l’AFP la commissaire de l’exposition Marie-Laure Gutton.”On s’est concentré sur cette silhouette parce qu’elle est à la fois icône des Jeux, donc icône sportive d’une certaine manière, et dans le même temps icône de mode aussi, puisque créée par une jeune styliste qui prend vraiment sa place sur la scène de la mode parisienne et un artisan du cuir. Ça rejoint nos problématiques mode et savoir-faire”, a précisé la spécialiste.”Je suis hyper heureuse et ravie. En plus, je suis quand même très jeune, donc c’est assez particulier de rentrer au musée avant 30 ans”, a réagi avec enthousiasme la créatrice âgée de 29 ans auprès de l’AFP.”Je suis hyper fière qu’elle soit à Galliera. C’est hyper important pour moi qu’elle soit dans le musée de la mode et que les gens puissent venir la voir dans un lieu qui célèbre mon industrie”, a-t-elle ajouté.Après un premier accrochage retraçant l’impact du mode de vie actif sur l’évolution de la tenue vestimentaire depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, puis un deuxième consacré au balnéaire, ce troisième et ultime volet concentre une large section aux sports d’hiver. Il revient notamment sur l’essor de la pratique du ski à l’entre-deux-guerres et ses tenues qui gagnent en technicité et en confort, avec notamment le pantalon fuseau d’Armand Allard, et l’engouement des maisons de couture pour le sujet, ou comment être chic sur les pistes mais aussi après. L’exposition s’achève sur les looks plus originaux de ces dernières années, avec une robe-doudoune bustier Jean Paul Gaultier ou une tenue de ski haute en couleurs signé du designer belge Walter Van Beirendonck.

Après des mois de débats, le programme d’éducation à la sexualité publié

Épilogue de longs mois de débats ponctués de vives oppositions, le premier programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle a été officiellement publié jeudi, pour une mise en œuvre en septembre 2025 dans les écoles, collèges et lycées.Contesté par une partie de la droite et les milieux conservateurs, ce programme sensible, qui a fait l’objet de concertations depuis mars 2024, a été publié au Bulletin officiel de l’Éducation nationale. Il prévoit “au moins trois séances annuelles spécifiques obligatoires” dans l’ensemble des écoles, collèges et lycées, publics comme privés sous contrat. Ces séances étaient jusque là théoriquement imposées par la loi depuis 2001, mais étaient de fait peu réalisées. Convaincu de leur nécessité, l’ex-ministre de l’Éducation Pap Ndiaye avait annoncé la relance de ce chantier en septembre 2022 puis saisi en juin 2023 l’instance chargée des programmes.Publiée plus d’un an et demi après, la version finale a été élaborée avec “l’idée d’avoir un programme équilibré, qui s’appuie sur une expertise scientifique au sens large du terme et qui a fait l’objet d’une concertation qui a duré dans le temps”, a souligné le ministère de l’Éducation. Il a fait part de son “soutien inconditionnel contre toute forme de pression et de contestation dont pourrait faire l’objet cet enseignement”. Ce programme prévoit d’abord une “éducation à la vie affective et relationnelle” pour l’école maternelle et l’école élémentaire puis à “la vie affective et relationnelle et à la sexualité” au collège et au lycée.- “Soulagés” -Sa publication “vient asseoir de façon essentielle le travail et l’engagement de toute la communauté éducative en faveur de l’éducation et du respect de nos jeunes”, s’est réjouie Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa. “Nous sommes extrêmement soulagés que ce programme soit sorti”, a renchéri Guislaine David, secrétaire générale de la FSU Snuipp, principal syndicat du premier degré. Pour Jean-Rémi Girard, président du Snalc, il est “équilibré et protecteur pour les collègues”, même si, a-t-il regretté, “il n’y a toujours pas les heures pour l’enseigner”. Le programme ne précise pas, pour les collèges et lycées, quels professeurs doivent assurer ces séances. Il évoque la “co-responsabilité” entre les personnels enseignants et de santé, la “collégialité” dans l’organisation et la possibilité d’intervenants extérieurs.  Après plusieurs réécritures, une étape-clé avait été franchie la semaine dernière avec le vote d’une instance consultative de l’Éducation nationale, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), qui s’était prononcé avec 60 voix pour et 0 contre. Près de 150 amendements avaient été débattus.A l’automne, ce programme avait fait l’objet d’une fronde de la part d’associations conservatrices, puis de responsables politiques, dénonçant notamment la présence d’une “théorie du genre”. Le terme d'”identité du genre”, qui avait fait polémique, figure dans la dernière version, mais avec moins d’occurrences que dans des versions précédentes, et n’apparaît qu’à partir de la troisième. Le SE Unsa a cependant regretté “le retrait du terme +transphobie+”, estimant que “rien n’apaisera jamais des ultra minorités gênées par le principe du programme lui-même”.- Formations pour les enseignants -Alors que des craintes avaient été exprimées, notamment par l’enseignement catholique, que ce programme veuille “se substituer à la responsabilité éducative des parents”, la version définitive du programme prévoit qu’ils seront “informés des objectifs d’apprentissage annuels de cette éducation”, et qu’elle se fera “en complément du rôle des parents et des familles”.Mais il n’indique plus, comme une précédente version, que les parents seront “informés de la tenue et du contenu” de chacune des “séances obligatoires”.Pour accompagner la mise en œuvre de ce programme, des formations seront dispensées, a précisé le ministère de l’Éducation. Des ateliers auront lieu pour deux ou trois référents par circonscription et une personne par collège et par lycée.Un parcours d’auto-formation sera aussi accessible pour les enseignants ou personnels sociaux de santé, une formation renforcée de deux jours proposée aux personnels volontaires, et des contenus publiés pour les enseignants (livret par niveau, exemples de séances…).Pour Guislaine David cependant, sur le volet formation, “on peut avoir des doutes, parce que les moyens ne sont pas abondés en conséquence”.

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Grèce: nouvelles secousses au large de Santorin dont l’une supérieure à 5

Une nouvelle série de secousses a frappé l’île grecque de Santorin entre mercredi soir et jeudi, dont l’une de magnitude supérieure à 5, s’inscrivant dans une vague sismique qui déconcerte les scientifiques.Sept tremblements de terre successifs, d’une magnitude supérieure à 4,0, ont été enregistrés jeudi entre 02H23 GMT et 03H36 GMT par l’Institut Géodynamique d’Athènes, l’autorité de référence en matière d’analyse sismique en Grèce.Cela fait suite à un séisme de magnitude 5,2, le plus fort depuis le week-end, qui a été enregistré mercredi soir.Les experts n’ont pas encore été en mesure de donner une estimation définitive de la fin de cette activité sismique qui n’a fait jusqu’ici ni victime ni dégât.Mais ils insistent sur le fait qu’elle est sans précédent.Malgré les dernières secousses successives, “l’intensité diminue mais elle n’est pas encore stabilisée”, a assuré le directeur de recherche de l’Institut, Athanassios Ganas, à la télévision publique ERT.”Nous sommes à mi-parcours”, a ajouté le directeur adjoint de l’institut, Vassilis Karastathis, sur la même chaîne.De son côté, le porte-parole du gouvernement Pavlos Marinakis a assuré que “tout le mécanisme d’Etat est mobilisé” afin de prévenir tout problème éventuel.Il a annoncé qu’une plateforme digitale, “mysafetyplan”, serait lancée prochainement pour informer la population sur les séismes ou autres catastrophes naturelles dans le pays.L’Institut a indiqué jeudi qu’au moins 6.000 secousses avaient été enregistrées dans la zone maritime des îles de Santorin, Amorgos, Anafi et Ios, toutes touristiques, depuis le 26 janvier.Plus de 11.000 habitants et travailleurs saisonniers ont quitté Santorin depuis dimanche par voie maritime et aérienne, les opérateurs ayant renforcé les liaisons par ferries et par avion.Les experts soulignent que la région n’a pas connu une telle activité sismique depuis le début des relevés en 1964.”Le scénario le plus probable est que l’activité sismique continue pendant des jours ou semaines à la même intensité”, a estimé Efthymios Lekkas, directeur de l’Autorité grecque de planification et de protection contre les séismes, sur ERT.Mondialement connue, Santorin repose sur un volcan qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1950, mais un comité d’experts a affirmé lundi que les secousses actuelles “ne sont pas liées à une activité volcanique”.Cependant, des équipes de secours ont été envoyées dans la région par mesure de précaution et des capteurs sismiques supplémentaires ont été déployés.Efthymios Lekkas a averti mercredi qu’il y avait cinq zones à risque de glissements de terrain éventuels sur Santorin, une île qui souffre de problèmes de surtourisme en été notamment à cause des nombreux bateaux de croisière qui font escale dans la caldeira.”Nous examinons ces cinq zones (…) afin de prendre des mesures qui réduiront l’exposition au danger”, a assuré M. Lekkas soulignant que le port Athinios par lequel transitent “1,5 million de touristes chaque année” est une zone “de haut risque”.”Nous proposons aux gardes-côtes et à la police des actions pour réduire le nombre de personnes qui traversent cette zone”, a-t-il ajouté.Il a rappelé que “le risque d’éboulement de terrain est élevé sur presque toute la longueur des pentes de la caldeira de Santorin” compte tenu du “grand nombre de personnes qui visitent l’île pendant au moins huit mois chaque année”.Santorin a attiré environ 3,4 millions de visiteurs en 2023.Les écoles de plus d’une douzaine d’îles des Cyclades ont été fermées par précaution jusqu’à vendredi, incitant de nombreuses familles avec enfants à quitter Santorin jusqu’à ce que la situation s’améliore.

Sommet sur l’IA à Paris: coup d’envoi et premières annonces officielles

Devenir la figure de proue de l’intelligence artificielle (IA) en Europe: les ambitions françaises sont grandes pour le sommet mondial à Paris les 10 et 11 février, qui s’est ouvert jeudi avec l’annonce de 35 nouveaux sites “prêts” à accueillir des data centers.Le programme de l’événement, porté depuis des mois par le président Emmanuel Macron qui a convié Donald Trump et le propriétaire de X Elon Musk, s’étale sur six jours et devrait rassembler des milliers de participantsLe sommet, co-présidé avec l’Inde, a débuté jeudi à l’école d’ingénieur Polytechnique avec des tables rondes aux sujets pointus, tandis que la ministre française chargée de l’IA, Clara Chappaz, annonçait dans la matinée que 35 sites étaient “prêts à l’emploi” pour accueillir de nouveaux data centers sur le territoire français.Après avoir dîné mercredi avec une vingtaine de chercheurs renommés, le président Macron s’entretiendra jeudi avec le président des Émirats Arabes Unis, Mohamed Bin Zayed Al-Nahyan, a annoncé l’Élysée. Avec probablement de nouvelles annonces à la clé.Les rencontres se poursuivront samedi et dimanche avec deux journées consacrées à l’IA dans la culture, avant des échanges diplomatiques lundi et mardi ainsi qu’un “business day” mardi à Station F, l’incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel, lui-même acteur de la tech. – La science en éclaireur -Plus d’une cinquantaine de chercheurs se retrouvent jeudi et vendredi au campus de Polytechnique, sur le plateau de Saclay (Essonne), autour du thème “IA, sciences et société”. Il y est question de recherche scientifique mais aussi de questionnements sur la confiance dans l’IA et les dangers potentiels de cette technologie qui suscite des inquiétudes. “Il est de notre devoir de nous assurer que les décideurs mondiaux disposent des connaissances et des questions qui émergent (du monde scientifique) pour élaborer les politiques et les stratégies qui définiront l’avenir de l’IA”, a déclaré Thierry Coulhon, président du directoire de l’Institut Polytechnique, devant un amphithéâtre plein à craquer.”Je ne pense pas qu’il y ait déjà eu un moment dans l’histoire où une nouvelle technologie a déclenché autant d’engouement et d’hystérie”, a complété Michael Jordan, professeur à l’université de Californie à Berkeley.En parallèle, trois prix Nobel, Maria Ressa (journaliste et Nobel de la Paix), Joseph Stiglitz (économie) et Geoffrey Hinton (physique), intervenu à distance, se retrouvaient pour une conférence organisée par l’Association internationale pour une IA sûre et éthique, créée en 2024.Alors que la participation d’une centaine de pays est annoncée, la liste des représentants politiques a commencé à se préciser: le vice-président américain J.D. Vance représentera les États-Unis, tandis que seront également présents le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou le chancelier allemand Olaf Scholz.L’incertitude persiste sur la présence d’Elon Musk, et sur celle du fondateur de la start-up chinoise DeepSeek, Liang Wenfeng, avec lequel l’Elysée a indiqué être en “discussions”. – Nouveaux sites -Au premier jour de l’événement, Paris a déjà fait d’importantes annonces pour le secteur français de l’IA. Les nouveaux sites destinés à accueillir des centres de données pour l’intelligence artificielle, une technologie qui en est très consommatrice, occuperont quelque 1.200 hectares au total et leur localisation sera dévoilée en début de semaine prochaine.En parallèle, le ministre de l’Action publique et de la fonction publique Laurent Marcangeli a indiqué qu’un logiciel conversationnel similaire à ChatGPT serait bientôt mis à la disposition des 5,7 millions d’agents publics. La France, qui a déjà attiré les laboratoires de recherche en IA de plusieurs géants de la tech tels que Google, Meta ou OpenAI, espère ainsi réaffirmer le potentiel national dans le domaine. Face à l’irruption de DeepSeek, qui a stupéfié par sa capacité à égaler ses concurrents américains à un coût très inférieur, et la puissance de frappe des États-Unis, qui ont annoncé 500 milliards de dollars d’investissements pour développer des infrastructures dans l’IA, il s’agit pour le pays hôte de prouver avec ce sommet sa crédibilité sur la scène mondiale.mng-fff-dax-kf-are-tg/pel/dch   

L’écrivain à succès Paul-Loup Sulitzer est décédé à l’âge de 78 ans

L’écrivain à succès français et ancien homme d’affaires Paul-Loup Sulitzer est décédé jeudi à l’âge de 78 ans à l’Ile Maurice où il vivait depuis plusieurs mois, a annoncé sa fille à l’AFP.”Il est décédé ce matin à l’hôpital des suites d’un AVC”, a indiqué Olivia Sulitzer, précisant que son père, auteur prolifique de thrillers politico-financiers, avait été hospitalisé il y a plusieurs jours après une chute.”Flamboyant milliardaire” pendant les années 80 avant de connaître d’importants revers de fortunes, “PLS” a signé une quarantaine d’ouvrages qu’il décrivait comme des “westerns financiers” et qu’il a écoulés à 60 millions d’exemplaires. Il avait toutefois été accusé d’avoir fait rédiger plusieurs de ces romans par d’autres.Pendant la décennie 1980, ce natif de Boulogne (Hauts-de-Seine) et ancien patron d’une société de porte-clefs avait multiplié les best-sellers aux titres explicites (“Money”, “Cash”, “Fortune”…) et continué de rencontrer un immense succès public avec “Le Régime Sulitzer”, sa méthode de perte de poids.Dans ces années fastes, il habite un palais italien de 450 m2 à Paris, possède une villa à Saint-Tropez et un ranch en Arizona, des tableaux de maître ou une Ferrari, selon ses confidences à L’Obs en 2018.Les revers s’étaient accumulés à partir du début des années 2000. Victime en 2004 d’un AVC, il vit par ailleurs un divorce compliqué assorti d’une interminable bataille judiciaire autour de sa fortune avec sa troisième épouse, Delphine Jacobson.Il est ensuite mis en cause dans la tentaculaire affaire de l’Angolagate (une vente d’armes à l’Angola dans les années 1990). Condamné en 2009 pour recel d’abus de biens sociaux, il sera finalement relaxé en appel mais sort considérablement affaibli de cette procédure.”J’ai été dix ans sous contrôle judiciaire, on m’a pris mon passeport. Ma carrière de conseiller financier international a été décrédibilisée et j’ai fait deux comas”, déclarait-il en 2011, passant du “statut multimilliardaire flamboyant à celui de ruiné”.Père de quatre enfants nés de plusieurs unions, il a été officier de l’Ordre national du mérite mais, après l’Angolagate, en a été exclu. Il s’était fait discret ces dernières années, vivant en Belgique et à Nice, et souffrait de problèmes de santé, selon sa fille Olivia. “Il était parti vivre à l’Ile Maurice pour reprendre un peu de santé”, a-t-elle expliqué jeudi à l’AFP.

M23 addresses crowds in captured DR Congo city, as fighters advance

Rwandan-backed M23 said Thursday it wanted to “liberate all of the Congo” in its first public meeting since seizing the eastern city of Goma after deadly clashes, as its fighters advanced towards another regional capital.After capturing Goma, the main city in North Kivu province, last week, the M23 and Rwandan troops launched a new offensive …

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Renouvelables: dans la campagne anglaise couve la guerre des pylônes

C’est l’Angleterre rurale. Campé au bord d’un champ de blé d’hiver, John Stacey balaye l’horizon d’une main solide: “ils vont couper notre ferme en deux”. La future ligne de pylônes qui transportera l’électricité éolienne et solaire jusqu’à Londres lui reste en travers de la gorge.D’ici 2031, quatre immenses structures de métal seront plantées là, sur ses terres, encadrées par une route de service clôturée, à 150 mètres du corps de ferme. Le tracé passe au beau milieu de l’enclos des chevaux.Regard bleu perdu dans le lointain, où des haies bien taillées délimitent ses parcelles, le sexagénaire s’interroge. “Nous ne savons pas comment nous pourrons accéder à l’autre moitié de la ferme.”Le bourg de Witham, à soixante kilomètres au nord-est de Londres, se situe sur la route qui relie la capitale à plusieurs champs d’éoliennes de la mer du Nord, un projet de centrale nucléaire et de nouveaux parcs solaires.Tom McGarry, un responsable “infrastructures stratégiques” chez National Grid, entreprise propriétaire du réseau en Angleterre et au Pays de Galles, dit “comprendre les points de vue des gens” et assure que l’entreprise est ouverte au dialogue pour “limiter l’impact” des pylônes. Mais il insiste: le pays a besoin d’être “recâblé”.Le réseau a été construit pour “les centrales à charbon du Nord et des Midlands, qui sont aujourd’hui fermées” et “notre électricité provient désormais de sources différentes”, de plus en plus renouvelables, développe-t-il.- Ampleur inédite -Derrière lui, le poste de transformation de Bramford, hérissé de parafoudres et grand comme presque 20 terrains de football, déploie déjà ses alignements de pylônes dans trois directions, à perte de vue, dans un entêtant grésillement.Le site attire d’autres entreprises qui ont besoin d’être proche du réseau. Dans un ballet de camions, une nouvelle centrale solaire sort de terre. Plus loin, un hangar vert servira bientôt à connecter les éoliennes en mer.National Grid prévoit d’investir 35 milliards de livres (42 milliards d’euros) d’ici 2031 pour transformer le réseau électrique, un chantier d’une ampleur inédite depuis les années 1960.Les nouveaux lieux de production sont “beaucoup plus éloignés des lieux où vivent les gens ce qui nécessite la construction de nombreuses lignes de transmission”, explique Stephen Jarvis, chercheur à la London School of Economics (LSE).”De gros investissements sont nécessaires, pas seulement au Royaume-Uni, c’est un phénomène assez mondial”, selon ce spécialiste d’économie de l’environnement.S’ils reconnaissent que ces nouvelles connexions sont nécessaires, les groupes d’opposants qui essaiment partout dans le pays estiment que les alternatives n’ont pas été sérieusement étudiées: des câbles qui passeraient en mer et émergeraient plus proche de Londres ou, à défaut, des lignes enterrées.Les projets “sont menés à l’envers, sans consultation préalable des riverains”, peste Rosie Pearson, fondatrice d’un groupe d’action en Est-Anglie, cette région au nord-est de Londres.- “Bloqueurs” -Dans un petit café en périphérie du village d’Ardleigh, où le patron ne décolère pas à l’idée de voir sa terrasse en bord de vigne défigurée par un pylône de 50 mètres, Mme Pearson retrouve un groupe d’opposants. Les griefs vont de la biodiversité aux compensations “dérisoires” versées aux propriétaires.Sur une table en bois sont étalées des cartes grand-format, hyper-détaillées, des futures lignes électriques, à la façon d’un état-major révisant son plan de bataille.”C’est le début d’une longue guerre des pylônes”, affirme Mme Pearson, le regard perçant, déterminée à se battre en justice s’il le faut pour prouver que d’autres solutions sont viables et pas nécessairement plus chères.Mais le premier ministre travailliste Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet, a juré de passer outre ceux qu’il voit comme des “bloqueurs” et de réformer des règles d’aménagement du territoire particulièrement contraignantes dans le pays.”Il faut améliorer nos infrastructures de façon économique”, or “enterrer les câbles revient plus cher” et ces coûts se répercutent, au final, sur les factures, tranche un porte-parole de l’exécutif auprès de l’AFP.Dans la ferme de Witham, une volée de mouettes décolle d’un champ, portée par une bourrasque, rappelant que la mer du Nord n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Fataliste, M. Stacey n’a “aucun espoir” que le gouvernement actuel changera ses plans.”J’avais l’intention de passer ma retraite ici et que la ferme reste dans la famille. Mais est-ce que je peux vivre avec des pylônes et le bruit qu’ils feront peut-être? Probablement pas.”

Narcotrafic: 110 morts et explosion des saisies de cocaïne en France en 2024

Un total de 110 morts, 341 blessés et une explosion des saisies de cocaïne: le narcotrafic continue à monter en puissance en France, comme le montrent les chiffres définitifs de l’année 2024, communiqués jeudi par le ministère de l’Intérieur.Les services français (police, gendarmerie, douanes et marine nationale) ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne en 2024, soit une augmentation de 130% comparé à 2023 (23 tonnes).Des chiffres “records”, a répété jeudi le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lors du lancement d’une campagne de sensibilisation contre l’usage de drogue à destination des consommateurs.Cette campagne (un clip diffusé à la télévision, sur les réseaux sociaux et affichée dans les transports) est la “première” du genre, a assuré le ministre, qui a reconnu que la France faisait face à une “submersion” de drogue, un “tsunami blanc”.Le lancement de la campagne intervient au moment où le gouvernement affiche sa fermeté contre le phénomène, en soutenant la proposition de loi narcotrafic, adoptée quasiment unanimement au Sénat cette semaine.Le texte, désormais transmis à l’Assemblée nationale, prévoit notamment la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), des mesures antiblanchiment et de nouveaux outils pour les enquêteurs.- Profils jeunes -Les chiffres des saisies 2024 sont également en hausse pour les drogues de synthèse: plus de 9 millions de comprimés d’ecstasy et de MDMA ont été saisis (+123 % par rapport à 2023), ainsi que 618 kg d’amphétamines et de méthamphétamines (+133 %).A contrario, les chiffres pour le cannabis sont en baisse (101 tonnes saisies, -19%). Une tonne d’héroïne a aussi été saisie en 2024.Les violences liées au narcotrafic ont fait 110 morts et 341 blessés en 2024. Des chiffres en baisse par rapport à 2023 (139 morts et 413 blessées), relève le ministère de l’Intérieur.Mais cette baisse est liée à la fin de la guerre entre deux groupes criminels rivaux de Marseille (DZ Mafia et Yoda) à l’origine d’une part importante des narchomicides de 2023, a précisé à l’AFP une source policière. “En tendance, 2024 reste supérieure à 2022 et à 2021”, a ajouté cette source.Ces chiffres sont à rapporter au nombre total d’homicides : 980 en France en 2024.En 2024, il y a eu 367 assassinats et tentatives d’assassinats liés au trafic de stupéfiants (contre 418 en 2023), précise le ministère, relevant la proportion élevée de jeunes dans ces faits. En 2024, sur les 176 personnes écrouées pour assassinat et tentatives d’assassinat, “un quart” d’entre elles étaient âgées “de moins de 20 ans”, dont 16 étaient mineures, détaillent les autorités. Ce phénomène “touche particulièrement la moitié sud de la France”, ajoutent-elles.Au total, 51.700 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants en 2024, soit une hausse de 6% par rapport à 2023. Et 288.000 personnes ont été mises en cause pour usage de stupéfiants,(+10% par rapport à 2023).Quelques 122 millions d’euros (+4%) ont été saisis par la police et la gendarmerie dans des enquêtes liées aux stupéfiants, ce qui ne représente que 11% du total des saisies des avoirs criminels (1,129 milliard euros).

Alors que la page budgétaire se tourne, le droit du sol à Mayotte agite l’Assemblée

Le budget de l’Etat à peine adopté, le gouvernement est décidé à embrayer sur des mesures “d’ordre et d’autorité”, des thématiques qu’il défend dès jeudi avec l’examen à l’Assemblée d’un texte visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte.La proposition de loi, portée par la droite et soutenue par l’exécutif, est aussi l’occasion pour la gauche d’afficher une certaine unité, après de fortes divergences stratégiques sur les textes budgétaires.Censuré par La France insoumise mais négocié avec le Parti socialiste, le budget de l’Etat a été définitivement adopté jeudi au Parlement avec un dernier vote au Sénat.Au même moment, l’initiative des Républicains (LR) sur Mayotte, examinée à l’Assemblée lors de la journée réservée aux textes de ce groupe, était combattue par les députés socialistes et LFI, pour qui le sujet touche aux “principes républicains”.De l’autre côté de l’hémicycle, le Rassemblement national critique une mesure “trop molle, trop tiède” face à l’immigration en provenance des Comores voisines.”Nous allons certes voter cette loi”, mais “c’est un signal pas suffisant”, a jugé Marine Le Pen. Il faut “faire cesser cet appel d’air de l’immigration clandestine”, a-t-elle ajouté.Depuis 2018, une dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte. Le texte des Républicains propose d’élargir les restrictions à l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés sur l’archipel: les “deux parents” (et non plus un) devront avoir été présents de façon régulière sur le territoire français depuis un an (et non plus trois mois) au moment de la naissance.”Vous allez adopter une mesure qui est indécente et qui ne respecte pas les valeurs de la France”, a fustigé l’écologiste Dominique Voynet, qui a dirigé l’Agence régionale de santé de Mayotte de 2019 à 2021. “Vous faites de l’idéologie, faute d’être capable d’être efficace sur le terrain”, a-t-elle accusé.La proposition de loi avait été élaborée avant le passage du dévastateur cyclone Chido sur l’archipel. Mais celui-ci a ravivé les débats sur l’immigration dans le département de l’océan Indien.Une loi d’urgence sur la reconstruction à Mayotte doit être définitivement adoptée au Parlement rapidement, et une autre loi plus ambitieuse est prévue au printemps.- “Brèche” -Le texte porté par LR est “bienvenu” et “très intelligent”, selon le député macroniste Mathieu Lefèvre, car il ne nécessite pas de modification constitutionnelle, contrairement à une suppression totale du droit du sol.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui représente le gouvernement lors des débats, a rappelé être favorable à son abolition, à l’avenir, pour l’archipel, rappelant que le droit du sol n’a été instauré qu’en 1993 à Mayotte. Abolition aussi demandée par le RN, qui avait déposé un amendement – rejeté – en ce sens. Le parti de Marine Le Pen a réaffirmé vouloir la suppression du droit du sol en métropole.Ce texte ouvre “une brèche”, a dénoncé la députée PS Colette Capdevielle. “Après Mayotte, ce sera la Guyane, puis Saint-Martin, puis un beau jour, l’ensemble du territoire français”, a abondé Aurélien Taché pour LFI. La députée de Mayotte Estelle Youssouffa (groupe centriste Liot) a, elle, souligné souhaiter effectivement l’abrogation du droit du sol, “mais uniquement pour Mayotte”.- Temps compté -Les Insoumis ont déposé plusieurs dizaines d’amendements, dont certains visant ostensiblement à faire perdre du temps lors des débats. Or une “niche” parlementaire réservée à un groupe s’achève obligatoirement à minuit.”Je ne sais pas si ce sera suffisant pour empêcher le vote de se tenir. Mais si le vote ne se tenait pas, ce serait vraiment une victoire”, avait déclaré mardi à l’AFP le député LFI Ugo Bernalicis.L’adoption du texte dépendra aussi de la mobilisation sur les bancs des différents groupe, avec en début de matinée des rangs relativement clairsemés du côté d’Ensemble pour la République, le principal groupe macroniste.Quoiqu’il advienne, le temps passé sur Mayotte sera autant de moins consacré aux autres propositions prévues par LR pour la journée: notamment un texte visant à “prioriser les travailleurs” dans l’attribution de logements sociaux, suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs délinquants, ou un autre visant à plafonner le cumul du RSA et des Aides personnalisées au logement (APL) à 70% du SMIC. Un programme taxé de “copie conforme des textes du Rassemblement national” par le député PS Arthur Delaporte.