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La France “face au dilemme” sémantique du consentement, souligne la philosophe Clara Serra

“Seul un oui est un oui” ou “non c’est non” ? La France, où un débat est engagé sur une redéfinition pénale du viol, fait face à un dilemme sémantique, estime la philosophe et militante féministe espagnole Clara Serra à l’occasion de la sortie de son essai “La doctrine du consentement”.Plus de deux ans après l’entrée en vigueur d’une loi sur le consentement en Espagne, l’ancienne élue Podemos à l’Assemblée régionale de Madrid insiste, dans un entretien à l’AFP, sur le fait qu’une réforme de la législation ne réglera pas tout. Question : Le procès des viols de Mazan a relancé le débat sur l’intégration de la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Qu’en pensez-vous?Réponse : “Si on introduit le consentement dans la loi française, cela revient à expliciter un principe implicite, ce qui me semble très bien. La loi doit être claire quant à ses principes et il me semble qu’il est absolument indispensable qu’elle le soit concernant le consentement. En revanche, ce qui me semble plus problématique, c’est que cela suppose un changement de paradigme. La France est face à un dilemme qui n’est peut-être pas tant d’entrer dans le paradigme du consentement que dans le paradigme du consentement affirmatif. Cette manière très particulière d’appréhender le consentement vient du monde anglo-saxon, parfois résumée par la formule: +seul un oui est un oui+. J’ai des réserves quant au fait que cela soit la meilleure manière de protéger les femmes contre les violences. A l’inverse, je crois que le +non+ est un bon critère pour délimiter le sexe et la violence. Quand on dit non, c’est toujours non, indépendamment de ce qui s’est passé auparavant, indépendamment de si on est allé prendre des verres, indépendamment de si une relation sexuelle a commencé… Non, c’est une limite très claire.” Question : Quel est le problème à vos yeux de la doctrine positive du consentement “Solo sí es sí” (“seul un oui est un oui”) au coeur de la loi passée en 2022 en Espagne? Réponse : “Le problème lorsque nous passons du slogan +non, c’est non+ à sa version positive, c’est que cela ne fonctionne pas : tout +oui+ ne peut pas être un +oui+. Et donc nous échangeons un critère très clair pour un critère très confus: les +oui+ peuvent être des faux oui, des oui viciés. Un +oui+ peut être dit sous contrainte ou sous menace. Les lois doivent être les plus larges possibles et aller dans le sens du consentement négatif. A cet égard, l’Allemagne a la loi la plus sûre, la meilleure, la plus riche car c’est une loi où l’on part du principe que le consentement est quelque chose qui doit toujours pouvoir être retiré et par conséquent, la loi examine très soigneusement toutes les conditions dans lesquelles une personne n’aurait pas été en mesure de retirer son consentement.”  Question : Vous insistez sur le fait que la loi ne règlera pas tout. Que faut-il faire d’autre?Réponse : “La manière dont est présenté le débat en France peut laisser penser que nommer le consentement dans la loi résout tout le problème, que cela va entraîner un changement radical. Ce n’est pas le cas. La loi pénale nous protège d’un crime grave et doit le faire, mais nous voulons plus. Les problèmes profonds comme le machisme et le patriarcat, la réforme de la loi ne les traite pas vraiment. Il y a des choses qui ne sont pas des viols mais qui sont néanmoins de profonds manques de respect de l’autre. Il faut instaurer ce que j’appellerais une éthique de la sexualité.”

Les chiens d’avalanche à l’entraînement avant la déferlante des vacanciers

La truffe pleine de neige, Choco sort avec frénésie une personne ensevelie sous la poudreuse: “Il ne lâche rien !” dit avec fierté Frédéric Dany en soulignant la pugnacité de son border collie lors d’un entraînement pour chiens d’avalanche à La Rosière, en Savoie.Le quadragénaire, pisteur et maître-chien, fait “équipe” depuis près de huit ans avec ce sauveteur à quatre pattes plein d’énergie, qui sautille autour de lui en attente de compliments. Autour d’eux, d’autres binômes sont en action dans cette station de la vallée de la Tarentaise. Il s’agit de rafraîchir leurs réflexes avant le début des vacances scolaires samedi, et sa déferlante de skieurs.En Savoie, il y a 450.000 habitants à l’année et 1,2 million de personnes en février, souligne la préfecture du département qui abrite plusieurs stations d’altitude (La Plagne, Val Thorens, Tignes, Les Arcs…).Or, le manteau neigeux est plutôt instable actuellement dans les Alpes du Nord, où sept personnes, dont quatre Norvégiens, ont péri la semaine dernière dans des avalanches.Pour éviter que ces drames ne se répètent, l’entraînement des chiens d’avalanche, premier maillon de la chaîne de secours, est crucial puisqu’ils ont la responsabilité de localiser les victimes ensevelies.”Au bout de 30 minutes, l’aspect létal entre en jeu, donc c’est une vraie course contre la montre”, souligne Ludovic Trautmann, directeur de cabinet du préfet de Savoie. Après une heure, les chances de survie ne sont plus que de 10%.Même quand les skieurs sont porteurs de détecteurs de victimes d’avalanche (DVA), il peut être difficile de les situer avec précision s’ils sont recouverts d’une épaisse couche de neige. Par contre, “des molécules légères s’échappent toujours des corps et traversent le manteau neigeux: c’est ce foyer d’odeurs que les chiens flairent”, explique Gilles Limonne, vétérinaire à la retraite et président de la Fédération des maîtres chiens d’avalanche.- “Charge mentale” -En ce jour d’entraînement, Choco et ses pairs, Swipe, Olaf ou encore Knox, des bergers allemands, golden retrievers ou malinois, ne déméritent pas : à tour de rôle, ils foncent vers des amas de neige et grattent frénétiquement pour voir ce qu’il y a dessous. Des pisteurs sondent alors le sous-sol avec de grandes perches et s’ils rencontrent de la résistance, prennent leurs pelles pour retirer la neige. Dans une situation réelle, il y a “beaucoup plus de stress”, remarque Aurélie Harmand-Viennet, médecin urgentiste qui intervient avec les secouristes en cas d’avalanche. “Comme ça, dès que la tête sort, on est près des victimes”, qui souffrent souvent de polytraumatismes, d’asphyxie et d’hypothermie, détaille-t-elle. A ce moment-là, “on passe la charge mentale” aux soignants, plaisante Alain Mandaldjian, directeur du service des pistes de Méribel, qui fut maître-chien pendant 28 ans.De cette expérience, il garde le souvenir d’un “vrai engagement”. “On vit au quotidien avec son chien, explique-t-il, j’ai passé plus de temps avec mes chiens qu’avec mon gamin…”Actuellement, il existe 170 équipes cynophiles spécialisées dans les avalanches au niveau national, et une soixantaine en Savoie.Quatre fois par hiver, elles suivent des formations, dont une dite “de recyclage” pour vérifier que les chiens seront encore aptes au service l’an prochain.Et quand l’un d’eux est jugé trop lent ou trop vieux et mis à la retraite, c’est un crève-coeur pour son maître, parce que, comme le résume Frédéric Dany: “on est dans une relation fusionnelle intense”.

Israel orders army to plan to let Palestinians leave Gaza

Israel’s defence minister ordered the army on Thursday to prepare for “voluntary” departures from Gaza, as US President Donald Trump ruled out sending American troops to the territory.Trump had earlier proposed moving Palestinians out of Gaza, sparking uproar from leaders in the Middle East and beyond.Israeli Defence Minister Israel Katz said he instructed the military …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

A Hong Kong, les arbres à encens menacés par l’abattage illégal

A quelques pas de son laboratoire, le généticien Zhang Huarong pointe du doigt une souche d’arbre, coupée selon lui par des bûcherons illégaux à la recherche de sa précieuse résine parfumée, le bois d’agar.Les forêts entourant Hong Kong renferment de nombreux types d’arbres produisant cette substance très coûteuse utilisée en encens, en parfum ou encore dans la médecine chinoise.L’abattage illégal de ces arbres a été multiplié par douze en 2023 par rapport à l’année précédente, selon le Département de l’agriculture, de la pêche et de la conservation de Hong Kong (AFCD).Des défenseurs de l’environnement affirment que la forte demande sur le marché noir en Chine continentale et à l’étranger alimente ce trafic.Le bois d’agar se forme lorsque les arbres sécrètent une résine pour traiter les infections fongiques sur leurs plaies ouvertes: le produit final est un bois résineux parfumé.”En une nuit, près de vingt arbres avaient été coupés par les braconniers”, explique Zhang Huarong, qui travaille au Jardin botanique et Ferme de Kadoorie (KFBC), dans le nord de Hong Kong.”Nous avons alors réalisé qu’il fallait agir pour protéger ces arbres”, ajoute-t-il.- Le port du parfum -Le marché noir soutenant ce braconnage existe depuis longtemps: le nom de Hong Kong, qui signifie “le port du parfum”, proviendrait de son rôle historique dans la production et la vente de ces produits parfumés.Bijoux sculptés, huiles et bâtons d’encens: dans son atelier où il enseigne l’artisanat traditionnel à Hong Kong, l’artisan Aaron Tang possède une collection d’articles fabriqués à partir de ce bois précieux.Lors de ses cours, il alerte ses élèves sur le risque d’acheter du bois d’agar sauvage, et s’inquiète de l’impact du braconnage sur la culture traditionnelle de fabrication d’encens.”Le bois d’agar sauvage coûte très cher, beaucoup plus que celui qui est cultivé”, explique ce gérant d’une firme de production d’encens.Le commerçant assure qu’il achète uniquement de la matière première provenant d’arbres de culture.Mais selon lui, les acheteurs du bois d’agar illégal ne se trouvent pas à Hong Kong. Il met notamment en doute certains produits vendus sur des plateformes chinoises de commerce en ligne, telles que Taobao.Pour obtenir le bois d’agar plus rapidement, les braconniers créent des entailles sur les arbres qui sont insoutenables sur le long-terme, explique à l’AFP le chercheur David Lau de l’Université chinoise de Hong Kong (CUHK).Ensuite, “ils abattent l’arbre entier”, ajoute le scientifique, pointant du doigt un tronc d’un arbre à encens abattu sur le campus de son université en 2017.A l’inverse, les producteurs raisonnés permettent aux arbres à encens de guérir après la récolte du bois d’agar, note M. Lau.- Repeupler les forêts -Les communautés locales et scientifiques se mobilisent pour protéger les derniers arbres.Le Jardin botanique et Ferme de Kadoorie où travaille M. Zhang, s’efforce depuis 2017 de repeupler la zone de ces arbres en voie de disparition.Lui et son équipe sillonnent aussi les forêts pour échantillonner l’ADN de spécimens protégés afin d’alimenter une base de données. Celle-ci peut ensuite être consultée par les autorités hongkongaises pour identifier l’origine du bois d’agar saisi chez les trafiquants.Les autorités hongkongaises affirment avoir mis en place des patrouilles dans des zones “où se trouvent d’importantes populations d’arbres à encens”, selon un porte-parole de l’AFCD.D’après elles, le braconnage a diminué depuis la mise en place de ces mesures en 2018, qui comprennent également l’installation de cages métalliques autour des arbres les plus accessibles.”Je pense que c’est surtout en baisse car il y a moins d’arbres à braconner”, affirme pour sa part Paul Melsom, un horticulteur qui travaille à Hong Kong depuis plus de 20 ans.Lui et une employée de la KFBC, Josephine Ndaka, transplantent des jeunes arbres à encens depuis la pépinière vers la forêt.”Tous les arbres ont été coupés et ont complètement disparu dans de nombreuses forêts de Hong Kong”, observe M. Melsom.En 2024, le département des douanes de Hong Kong a déclaré avoir saisi environ une tonne de bois d’agar lors d’une seule opération pour une valeur estimée à 2,3 millions de dollars.M. Melsom, lui, confie à l’AFP avoir planté des arbres à encens dans des lieux tenus secrets depuis 15 ans.Espérant préserver les derniers spécimens, il s’efforce patiemment de les entretenir “au moins une fois par an”. 

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Près de Buenos Aires, un ruisseau vire au rouge, les riverains dénoncent une “pollution”

Les eaux d’un ruisseau de la banlieue de Buenos Aires ont temporairement viré au rouge carmin jeudi, suscitant l’inquiétude des habitants de la municipalité d’Avellaneda, ville située à 10 kilomètres du centre de la capitale argentine. “Pas besoin d’être inspecteur pour se rendre compte de la pollution que subit ce pauvre ruisseau Sarandi”, a déclaré à l’AFP Maria Ducomls, femme au foyer de 52 ans vivant dans la région depuis plus de 30 ans, en comparant le cours d’eau à un “ruisseau de sang”.Le ministère de l’Environnement de la province de Buenos Aires a indiqué par communiqué que des échantillons d’eau avaient été prélevés pour déterminer quelle substance avait provoqué la coloration, évoquant la possibilité d’un “colorant organique”.En fin d’après-midi, la coloration du ruisseau, qui traverse une zone d’usines textiles et de traitement de peaux située à moins de 10 kilomètres du centre de Buenos Aires, avait perdu de son intensité, a constaté l’AFP.Ce sont “les industries (de la région) qui déversent des déchets dans le ruisseau”, accuse Mme Ducomls, qui dit avoir déjà vu dans le passé le Sarandi prendre différentes teintes. “Nous l’avons vu bleuâtre, un peu vert, rose, un peu lilas, avec de la graisse sur le dessus qui ressemble à de l’huile…”, énumère-t-elle.

Sommet sur l’IA à Paris: les Emirats construiront en France un data center géant

Les Emirats arabes unis vont construire en France un data center géant, a annoncé la présidence française jeudi, au premier jour d’un sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA) à Paris, alors que le pays ambitionne d’en devenir la figure de proue européenne.Ce data center d’une capacité de calcul pouvant aller jusqu’à un gigawatt fera partie d’un “campus” axé sur l’IA, le plus grand en Europe, selon l’Elysée. Cela représente “de 30 à 50 milliards d’euros” d’investissements, dans le cadre d’un accord de partenariat signé en présence du président français Emmanuel Macron et de son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane.Ce campus sera développé par “un consortium de champions franco-émiratis”, notamment par le fonds d’investissements MGX, adossé aux Emirats arabes unis. Sa localisation doit encore être décidée.Par ailleurs, la ministre française chargée de l’IA, Clara Chappaz, a annoncé que 35 sites étaient “prêts à l’emploi” pour accueillir de nouveaux centres de données sur le territoire national. Ils occuperont quelque 1.200 hectares et leur localisation sera dévoilée en début de semaine prochaine.Le sommet, coprésidé avec l’Inde et qui se tient jusqu’au 11 février, a débuté à l’école d’ingénieurs Polytechnique avec deux journées de tables rondes. Les rencontres se poursuivront samedi et dimanche, consacrées à l’IA dans la culture. Le chef de l’État français donnera une interview à la télévision France 2 et au média indien Firstpost dimanche, “dans la foulée du journal de 20H00” (19H00 GMT).- “Monde réel” -Avant les échanges diplomatiques lundi et mardi, qui devraient aboutir à “une déclaration de volonté de progrès partagée”, selon l’envoyée spéciale du président de la République pour le sommet, Anne Bouverot.La participation d’une centaine de pays est annoncée, avec le vice-président américain J.D. Vance, le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Olaf Scholz.L’incertitude persiste quant à la présence d’Elon Musk et à celle de Liang Wenfeng, fondateur de la dernière start-up en vue, la chinoise DeepSeek, avec lequel l’Élysée est en “discussions”.Un “business day” sera aussi organisé mardi à Station F, l’incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel, lui-même acteur de la tech.”L’IA doit passer des laboratoires de recherche aux institutions du monde réel. Pour que l’IA serve vraiment la société, nous avons besoin de liens solides entre le milieu universitaire, l’industrie et l’entrepreneuriat”, a plaidé Clara Chappaz.”La chose la plus importante que je voudrais voir ressortir de ce sommet, c’est s’assurer que les plateformes d’intelligence artificielle qui seront largement utilisées dans le futur seront en source ouverte” (“open source”), a affirmé à l’AFP le Français Yann LeCun, à la tête du laboratoire de recherche en IA de Meta, sur le campus de Polytechnique.Outre sa défense de ces modèles, dont le code est rendu public afin que des chercheurs ou des entrepreneurs s’en saisissent, il s’érige contre la mise en place de “régulations qui viennent ralentir le progrès scientifique”.- “Bénéfiques et dangereux” -Yoshua Bengio, prix Turing 2018 et l’un des chercheurs les plus importants dans l’IA, s’est quant à lui déclaré “optimiste” concernant les résultats du sommet.L’objectif “est d’amener les décideurs publics de haut niveau à accorder un peu de leur attention aux discussions sur les côtés bénéfiques et dangereux de l’IA”, a t-il déclaré depuis l’École normale supérieure où il présentait le premier rapport international sur la sécurité de cette technologie.Les équipes de MistralAI, rival français des géants américains qui a signé un partenariat avec l’AFP, ont profité de l’occasion pour annoncer l’arrivée d’une application de leur outil Le Chat (équivalent de ChatGPT) dans les magasins de Google et Android. Quant à OpenAI, le créateur de ChatGPT, il permettra à certains clients européens de stocker les données de leurs échanges avec ses agents conversationnels au sein de l’UE, plutôt qu’aux États-Unis ou ailleurs, leur donnant la maîtrise de ces précieuses informations.Enfin, au sujet de l’irruption de DeepSeek et de l’annonce d’un plan de financement de 500 milliards de dollars par les États-Unis pour développer des infrastructures dans l’IA, Anne Bouverot s’est voulue rassurante. “La conversation récente sur l’IA, avec ce que les États-Unis annoncent d’un côté et la Chine de l’autre, nous trouvons que cela renforce plutôt la voix que la France porte, qui est une voix avec des talents, avec de l’open source”, a-t-elle déclaré à la presse.

La galaxie Mulliez et son fleuron Decathlon objets de nouvelles critiques

Decathlon accusé d’avoir un sous-traitant lié au travail des Ouïghours, plan social chez Auchan malgré la bonne santé globale de la galaxie Mulliez: le géant du Nord de la France, pointé du doigt par plusieurs informations de presse jeudi, tente de montrer patte blanche.Decathlon condamne “avec fermeté toute forme de travail forcé”, martèle le N.1 français des articles de sport et mastodonte mondial, qui revendique 100.000 salariés et 1.700 magasins dans plus de 70 pays. En 2023, dernier exercice connu, il avait vendu pour 15,6 milliards d’euros d’articles, générant un confortable bénéfice net de 931 millions d’euros.Régulièrement classé parmi les enseignes préférées des Français, il est aujourd’hui accusé par deux médias, Disclose et l’émission de France 2, Cash Investigation, de bénéficier du travail forcé de Ouïghours en Chine.Concrètement, Decathlon est accusé de s’approvisionner en textiles auprès d’un groupe, “Qingdao Jifa Group”, qui “s’appuie sur un réseau de travail forcé en Chine”, écrit Disclose dans un article publié jeudi matin.- Xinjiang -Dans le documentaire de Cash Investigation diffusé jeudi soir, et que l’AFP a pu consulter, une cadre locale indique que du coton entreposé dans une entreprise produisant pour l’enseigne de la galaxie Mulliez peut provenir du Xinjiang.Selon des affirmations d’ONG et d’études occidentales, que l’AFP n’est pas en mesure de vérifier, des Ouïghours, musulmans et principal groupe ethnique dans cette région chinoise, seraient victimes de travail forcé.La communication de l’enseigne a confirmé s’approvisionner auprès de Qingdao Jifa mais a déclaré à l’AFP être “engagé(e) au quotidien pour garantir l’intégrité et le respect des droits fondamentaux” dans sa chaîne de valeur.La même source indique “que 100% du coton utilisé” par Decathlon “provient de sources engagées dans des pratiques plus responsables, garantissant l’absence de toute forme de travail forcé”.Dans un courrier interne à l’entreprise consulté par l’AFP jeudi, la directrice générale Barbara Martin Coppola explique aux salariés que “garantir une Value Chain durable constitue une priorité pour Decathlon”, “même si la complexité de sa mise en oeuvre nécessite une mobilisation constante et des efforts d’amélioration continue”. Dans une communication ultérieure, Decathlon a nié tout lien entre une société ciblée par Disclose, Xirong, et le groupe Qingdao Jifa. Mais Disclose a indiqué à l’AFP que la société en question était bien listée parmi les fournisseurs de l’enseigne en 2021 par une association textile locale et qu’elle était “une filiale à 100% de Jifa jusqu’en octobre 2023”.Cash Investigation évoque notamment des produits arborant le logo de la ligue américaine de basket, la NBA, dont Decathlon est partenaire depuis 2021.L’enseigne assure à l’AFP ne pas vendre de produits fabriqués en Chine aux Etats-Unis, où le Congrès a voté en décembre 2021 l’interdiction d’importer des produits provenant du Xinjiang, sauf à prouver que leur production n’intègre pas de travail forcé.- Statut de l’AFM -Autre point d’intérêt pour l’émission Cash Investigation: le statut de l’Association familiale Mulliez (AFM), qui contrôle de nombreuses enseignes comme Leroy Merlin, Kiabi, Flunch, Boulanger et Auchan et qui rassemble près de 900 membres de la famille.L’AFM “n’a pas – malgré son nom – le statut juridique d’association”, a-t-elle indiqué à l’AFP. Cette dernière n’a même “pas de personnalité juridique”.”La Famille Mulliez et les participations qu’elle détient ne constituent pas un groupe de sociétés” au sens du Code du commerce, ou un “+groupement d’intérêt économique+ au sens du droit français des sociétés”, dit la même source.La précision est importante car les représentants du personnel d’Auchan, qui enchaîne les exercices économiques difficiles et a annoncé fin 2024 un vaste plan social menaçant 2.400 emplois en France, appellent à des reclassements au sein d’autres enseignes Mulliez en meilleure santé, comme Decathlon. Le distributeur d’équipements sportifs a fait remonter à ses actionnaires quelques semaines plus tard, un milliard d’euros de dividendes.La galaxie Mulliez, qui mélange des sociétés civiles détenues par la famille et des holdings gérant les enseignes, avait un temps été ciblée par une enquête sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale, qui s’est soldé par un non-lieu en août, révélé fin octobre 2024.

Après le budget, l’Assemblée restreint le droit du sol à Mayotte lors de débats houleux

Le budget de l’Etat à peine adopté, le gouvernement souhaitait embrayer sur des mesures d'”ordre” et d'”autorité”, mais a récolté tout le contraire dans l’hémicycle. Si les députés ont adopté jeudi une proposition de loi visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte, ils l’ont fait lors d’une séance particulièrement tumultueuse.Après de multiples suspensions de séance, rappels aux règlements, et invectives, la proposition de loi portée par la droite a finalement été adoptée en début de soirée avec les voix des macronistes et du Rassemblement national.Elle a été âprement combattue par la gauche, qui à défaut d’arriver à bloquer le texte a pu afficher une certaine unité, après de fortes divergences stratégiques sur les textes budgétaires — censurés par La France insoumise (LFI) mais négociés avec le Parti socialiste (PS). Au banc toute la journée, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est réjoui devant la presse que le texte ait pu être adopté face à “l’obstruction parlementaire” de LFI notamment.Se disant à titre personnel pour l’abrogation pure et simple du droit du sol à Mayotte, il a aussi estimé “que le débat public doit s’ouvrir sur le droit du sol dans notre pays”, et qu’il faut sur le sujet une réforme de la Constitution, que ce soit via un référendum ou à l’occasion de la présidentielle de 2027.Le président du groupe LR, Laurent Wauquiez, a lui salué un “premier pas”, souhaitant aller plus loin à Mayotte et sur le reste du territoire.- Le texte initial durci -Depuis 2018, une dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte. Le texte porté par les Républicains (LR) prévoit de conditionner l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte à la résidence régulière sur le sol français, au moment de la naissance, des “deux parents” (et non plus d’un seul), et ce depuis trois ans (et non plus trois mois).Le texte initial prévoyait d’étendre le délai de résidence nécessaire à un an, mais dans la confusion, des députés de gauche ont voté par inadvertance un amendement UDR (groupe d’Eric Ciotti) l’étendant à trois ans. Gérald Darmanin, qui représentait le gouvernement, a promis de corriger cette erreur au Sénat, face au risque de censure du Conseil constitutionnel.Mais il n’a pas souhaité provoquer une deuxième délibération, et la majorité des députés, dont LR et une partie des EPR, s’y est opposée.”C’est en ce genre d’après-midi que les choses évoluent et glissent vers l’innommable”, a fustigé le député LFI Eric Coquerel, dénonçant un texte “qui revient sur le droit républicain avec les voix de l’extrême droite.”Face à l’immigration en provenance des Comores voisines, le texte est “un signal pas suffisant”, a pour sa part jugé Marine Le Pen pour le RN. Il faut “faire cesser cet appel d’air de l’immigration clandestine.”Les Insoumis avaient déposé plusieurs dizaines d’amendements, certains visant ostensiblement à faire durer les débats. Car le texte était examiné lors de la journée réservée aux propositions du groupe LR, qui s’achève obligatoirement à minuit, comme toute “niche” parlementaire.Une tactique contrée par M. Darmanin, qui a utilisé l’article 44 de la Constitution permettant de faire tomber tous les amendements n’ayant pas préalablement été étudiés en commission, afin d’accélérer la discussion. – “Brèche” -Ce texte ouvre “une brèche”, a dénoncé la députée PS Colette Capdevielle. “Après Mayotte, ce sera la Guyane, puis Saint-Martin, puis un beau jour, l’ensemble du territoire français”, a abondé Aurélien Taché pour LFI. Le RN, favorable à l’abrogation du droit du sol à Mayotte, a de fait réaffirmé vouloir sa suppression en métropole.La députée de Mayotte Estelle Youssouffa (groupe centriste Liot) a, elle, souligné souhaiter l’abrogation du droit du sol “uniquement pour Mayotte”. La proposition de loi avait été élaborée avant le passage du dévastateur cyclone Chido sur l’archipel. Mais celui-ci a ravivé les débats sur l’immigration dans le département de l’océan Indien.Une loi d’urgence sur la reconstruction à Mayotte doit être définitivement adoptée au Parlement rapidement, et une autre loi plus ambitieuse est prévue au printemps.Après le droit du sol à Mayotte, les députés doivent enchaîner sur une autre proposition prévue par LR: un texte visant à “prioriser les travailleurs” dans l’attribution de logements sociaux.

‘Intolerable’ US claim sparks new row over Panama Canal

Panama on Thursday rejected the United States’ claim of securing free passage for its government vessels through the Panama Canal, while bowing to US pressure to quit a key Chinese project.Panamanian President Jose Raul Mulino told reporters the US assertion about the waterway was “intolerable,” adding that he rejected “bilateral relations based on lies and …

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