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Hamas frees three Israeli hostages in fifth Gaza exchange

Hamas released three Israeli hostages on Saturday, the fifth group freed under a fragile Gaza ceasefire, with Israel condemning their “cruel” handover and worrying physical appearance.With Israel expected to release 183 prisoners in exchange, AFP journalists in the occupied West Bank saw a bus carrying freed Palestinians leave an Israeli jail and later arriving in …

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Cinébébé, où l’on fait les bébés hyperréalistes de vos films et séries

La pointe de la longue aiguille entre et sort du crâne du bébé: Céline Lallement, technicienne d’atelier, vient de débuter un marathon de plusieurs jours pour implanter un à un les cheveux de ce poupon de 3 mois, dernière création de Cinébébé.Cette entreprise, créée en 2008 et installée à Saint-Denis, en banlieue parisienne,depuis 2023, est l’une des seules au monde spécialisées dans la création de bébés en silicone hyperréalistes pour des tournages de films ou de séries.”C’est du mohair, ça vient de la chèvre angora. C’est plus fin que les cheveux des adultes, donc ça imite très bien les cheveux des bébés”, explique en cette fin janvier Céline Lallement, qui pique et repique. Soudain, elle repère un “poireau”. “Il y a deux cheveux dans un même trou, ça ne va pas”, dit-elle avant de prendre une pince à épiler pour corriger cela. Le dernier-né de Cinébébé est destiné à un tournage en Angleterre d’ici quelques jours, selon Justine Ray Le Solliec, co-gérante de cet atelier d’effets spéciaux avec Julie Barrère. Rougeurs sur les joues, petites veines apparentes sous les paupières, plis et pores de la peau, le réalisme de ce nourrisson est saisissant. “Il faut compter dans les 700 euros pour la location d’un bébé pour un jour de tournage et entre 9.000 et 15.000 euros pour l’achat, en fonction du temps de travail qui peut aller jusqu’à un mois et demi si on part de zéro”, précise la dirigeante.  Du prématuré de 26 semaines au bébé de 18 mois, une cinquantaine de mannequins miniatures ultra-réalistes sont disponibles à la location, selon les besoins des tournages, du film “Le Comte de Monte-Cristo” à la série “Emily in Paris”, en passant par “Titane” ou “The Pod génération”. A partir de photos, une sculpture de la tête du bambin est créée par l’équipe pour faire des moules dans lesquels sont réalisés des “tirages” en silicone. – Une centaine de productions par an -“En France, la réglementation interdit de faire participer à un tournage un nourrisson de moins de 3 mois. Entre 3 mois et 3 ans, le temps de prise de vue est limité à une heure par jour. Ce qui peut être compliqué lorsqu’il y a de nombreuses scènes avec des enfants”, décrypte Justine Ray Le Solliec. Outre la réglementation, depuis les différents confinements en 2020 et 2021 liés à la pandémie de Covid-19, leur activité a connu une accélération. “Cela nous a aidés car il ne pouvait pas y avoir de bébé sur les plateaux de tournage durant cette période”, ajoute-t-elle. Leur chiffre d’affaires post-pandémie a doublé tous les ans, avec un “léger ralentissement” en 2024 par rapport à 2023 avec 35% de croissance, selon la dirigeante qui indique avoir “atteint un plafond en France” et souhaite s’installer à Londres en 2025 pour se développer à l’international. Ces dernières années, “on tourne à une centaine de productions par an en France et en Europe mais on passe plus de temps sur chaque projet, avec l’activité de conseil, donc ça fait plus de chiffre d’affaires”.  Car outre des bébés et autres ventres et poitrines de femmes enceintes, placentas, fœtus, cordons ombilicaux, Cinébébé propose des bassins de femmes pour pouvoir filmer des scènes d’accouchement de face, des conseils lors de l’écriture du film et une assistance aux comédiens sur le tournage pour que la scène soit la plus réaliste possible à l’écran. “On travaille nous-mêmes avec le milieu médical qui nous conseille, notamment avec l’association Néo’Sens basée à l’hôpital de Port-Royal (à Paris, NDLR), spécialisée dans les prématurés”, fait savoir Justine Ray Le Solliec. Pour 2025, l’objectif est également de développer des bébés avec les yeux ouverts, un défi en termes de réalisme, et des poupons plus grands pour des scènes de cascade, conclut la dirigeante. 

Une enfant de 11 ans retrouvée morte dans un bois en Essonne, enquête pour meurtre ouverte

Une enfant de 11 ans a été retrouvée morte dans la nuit de vendredi à samedi dans un bois, après avoir disparu à la sortie de son collège à Epinay-sur-Orge (Essonne), et une enquête pour meurtre sur mineur a été ouverte, a indiqué à l’AFP le procureur de la République d’Evry Grégoire Dulin.Deux personnes sont actuellement en garde à vue et des vérifications sont en cours pour savoir si elles sont impliquées dans les faits, a précisé la même source.Après des recherches pendant la nuit, l’adolescente a été retrouvée “dans un bois” à 02H30 du matin, a relaté le procureur, ajoutant qu’une enquête pour “meurtre sur mineur de 15 ans” avait été ouverte et confiée à la PJ de Versailles.Les services de police ont été avertis vers 15H30 de la disparition de la collégienne qui avait fini ses cours à 15H00 et n’était pas rentrée du collège.”Une enquête en disparition inquiétante” a été ouverte dans un premier temps, a expliqué le procureur. Dirigée vers le parc boisé des Templiers, proche du collège, par les premiers éléments de l’enquête, la recherche a continué dans la nuit, notamment par hélicoptère et drone.Une autopsie était prévue dans l’après-midi à l’institut médico-légal de Corbeil-Essonnes (Essonne).

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Au Chili, l’observation d’un des ciels les plus étoilés du monde menacée

La nuit tombe sur le désert d’Atacama et quatre puissants télescopes commencent à scruter l’un des ciels les plus purs et les plus étoilés du monde. Pourtant, l’Observatoire de Paranal, dans le nord du Chili, pourrait être menacé par la pollution lumineuse d’un mégaprojet énergétique. Situé à 2.635 mètres d’altitude, le site permet d'”observer la Voie lactée avec une clarté inégalée (…), il s’agit des ciels les plus dégagés, les plus sombres”, explique à l’AFP Itziar de Gregorio, une astronome espagnole de l’Observatoire Européen Austral (ESO), qui exploite les lieux.A quelques kilomètres de ce “sanctuaire astronomique mondial” est pourtant prévue la construction d’une usine consacrée aux énergies propres, dans le cadre de l’ambitieux programme chilien de remplacement des énergies fossiles d’ici à 2050. Les scientifiques s’inquiètent de la pollution lumineuse que pourrait générer le projet : l’excès de lumière artificielle limite en effet la visibilité de certains phénomènes, comme les éclipses et les pluies de météorites, préviennent-ils. Ce phénomène, généralement lié à une augmentation de l’éclairage public et à la présence de panneaux publicitaires lumineux, affecte aussi les cycles de sommeil chez les humains et désoriente les oiseaux migrateurs. Pourtant, il passe souvent inaperçu.”Quand on voit un robinet ouvert, on réalise que l’on perd de l’eau. Mais si on voit un endroit très éclairé la nuit, on ne pense pas que c’est une pollution”, note Daniela Gonzalez, de la Fondation Cielos de Chile, qui lutte contre le fléau.A Paranal, c’est quand le soleil se couche que débute la phase la plus intense du travail. Dans la journée, astronomes et ingénieurs traitent les données. La nuit, ils sondent l’infini.Ici, “les recherches portent sur presque tous les phénomènes de l’espace”, comme les planètes et les comètes proches de la Terre, les trous noirs et la vie hors du système solaire, s’enthousiasme Steffen Mieske, le chef des opérations scientifiques du site.- Zone d'”exclusion lumineuse” -Dans le désert d’Atacama, le plus aride et le plus sec du monde, les nuages sont rares, offrant des conditions idéales pour l’observation du cosmos. En outre, la pollution lumineuse y est faible. L’Observatoire de Paranal se trouve ainsi à plus de 100 km d’Antofagasta, la ville la plus proche.Mais cela pourrait changer avec la construction de la nouvelle usine. Dans une lettre ouverte, une quarantaine d’astronomes, scientifiques et même poètes ont récemment exprimé leur préoccupation. Le projet, financé à hauteur de 10 milliards de dollars par AES Andes, la filiale chilienne de la compagnie américaine AES Corporation, s’étendrait sur 3.000 hectares. Il prévoit, selon l’entreprise, “la production d’hydrogène et d’ammoniac vert, ainsi que le développement du solaire, de l’éolien et du stockage des batteries”.Cependant, la question de la distance entre l’Observatoire de Paranal et la future usine divise. Tandis que l’entreprise l’évalue à 20 ou 30 km, les chercheurs estiment qu’elle ne dépasse pas 11 km. Sans s’opposer au projet, ces derniers réclament la création d’une zone d'”exclusion lumineuse” afin de préserver l’intégrité du site.AES Andes, dans un court communiqué de presse, assure que son projet respecte “les normes les plus élevées en termes d’éclairage” et répond à celle édictée par le gouvernement sur le sujet. Mise en place en octobre, cette dernière vise notamment à protéger les principaux lieux d’observation astronomique.- “Fenêtre sur l’univers” -Le projet, actuellement en cours d’évaluation environnementale, ne devrait pas recevoir sa licence d’exploitation avant deux à trois ans.Dans les montagnes du Cerro Armazones, à une vingtaine de kilomètres de l’Observatoire, la construction du Télescope Géant Européen (ELT) progresse. Il s’agit de l’instrument optique le plus grand du monde avec 39 mètres de diamètre. Pour les scientifiques, le risque est aussi que le mégaprojet énergétique interfère avec le fonctionnement de ce dispositif dont le lancement est prévu en 2028. Inestimable pour la recherche astronomique, la “fenêtre sur l’univers” que représente le Chili pourrait se fermer, avertit Itziar de Gregorio. Une augmentation de la pollution lumineuse dans ce site unique pourrait retarder “la réponse à laquelle nous aspirons tant (…), savoir si nous sommes seuls ou non dans l’univers”, alerte l’astronome.  

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L’agriculture, victime et solution face aux inondations

Des hectares de terre inondés, des animaux déplacés: les inondations dans l’Ouest vont laisser des traces pendant encore plusieurs semaines chez certains agriculteurs, en première ligne face aux aléas climatiques, et mettent en lumière l’importance du bocage et des zones humides.”On a des fermes où les bâtiments ont été inondés, l’outil de travail mis à mal, le fourrage détruit”, énumère Sébastien Vétil, du syndicat agricole Confédération paysanne. “La solidarité s’est organisée directement de la part du monde paysan”, souligne l’éleveur de vaches laitières à Guipry-Messac, mais “ça va être des jours et des semaines de nettoyage, de remplacement de matériel, etc.”La succession de trois tempêtes hivernales et leur lot de pluie sur des sols déjà saturés a entraîné des crues exceptionnelles depuis plus de 40 ans sur les rivières Vilaine et Seiche, en Ille-et-Vilaine. Le mois de janvier à Rennes a été le plus pluvieux depuis 1945, tous mois confondus, selon Météo-France.En Bretagne, première région agricole de France, l’eau a inondé des villes, mais aussi des exploitations agricoles. L’éleveur Emmanuel Foulon, à Bruz près de Rennes, a vu ses génisses sauvées des eaux par l’armée dans sa ferme rendue inaccessible aux tracteurs par la crue trop rapide.”Si les céréales restent plusieurs jours dans l’eau, au printemps, tout sera à jeter”, redoute Cédric Henry, agriculteur à Paimpont et président du syndicat agricole FDSEA 35 (Ille-et-Vilaine), avec un impact sur le fourrage.Jean-Paul Riault, producteur de lait à Guipry-Messac, a vu l’eau monter “à quelques mètres” de sa maison. “Le terrain est impraticable (…) Il y a des parties de mon exploitation que je préfère ne pas aller voir, parce que ça va me faire mal de voir ça”, lâche-t-il. Environ 7.000 hectares sont touchés dans le département, dont environ deux-tiers de prairies et 20% de maïs, selon les premières données de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. “On nous dit beaucoup que c’est du jamais vu”, avec des “sols gorgés d’eau depuis le mois de décembre”, explique Pascale Gelin, directrice adjointe de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine.- ‘Respect de l’environnement’ -L’état de catastrophe naturelle promis par le gouvernement “peut aider pour les bâtiments agricoles inondés” mais seules “environ 10% des cultures sont assurées en Bretagne”, estime Cédric Henry.”A la Confédération paysanne, on alerte depuis des années sur le dérèglement climatique. On voit bien qu’on est en plein dedans, qu’on va devoir changer nos pratiques”, constate Sébastien Vétil. “Cela passe obligatoirement par le respect de l’environnement.””La destruction des bocages, le drainage des zones humides, a été encouragé avec l’intensification de l’agriculture, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale”, rappelle Christophe Cudennec, professeur d’hydrologie à l’Institut Agro Rennes-Angers.”Dans certains coins de Bretagne, vous voyez des immenses étendues, sans aucune végétation”, abonde Gérard Gruau, directeur de recherche au CNRS. “Ces surfaces ne sont pas aussi imperméables qu’un parking de grande surface, mais pas loin”, poursuit-il.Si des programmes publics encouragent à replanter des haies, “il faut trouver des raisons économiques et de faisabilité technique pour que les agriculteurs s’engagent d’avantage, parce que c’est plus de travail”, décrypte Pascale Gelin.”Il existe des réflexions “autour de taille de parcelles qui permettent de travailler dans de bonnes conditions et d’implanter du bocage”, mais pas question de revenir “à des petites parcelles d’avant les remembrements” qui n’offraient pas de bonnes conditions de travail ni de rendement, ajoute-t-elle.Ces aménagements paysagers “vont ralentir, renforcer l’infiltration” de l’eau, estime Christophe Cudennec. Mais en cas d’événement climatique extrême comme celui de janvier, ils atteignent leurs limites.”Il ne faut pas demander à l’amont et en particulier à l’agriculture, de rattraper tous les excès de l’urbanisation vulnérable dans les zones où il ne faudrait pas construire”, avertit l’hydrologue.

L’agriculture, victime et solution face aux inondations

Des hectares de terre inondés, des animaux déplacés: les inondations dans l’Ouest vont laisser des traces pendant encore plusieurs semaines chez certains agriculteurs, en première ligne face aux aléas climatiques, et mettent en lumière l’importance du bocage et des zones humides.”On a des fermes où les bâtiments ont été inondés, l’outil de travail mis à mal, le fourrage détruit”, énumère Sébastien Vétil, du syndicat agricole Confédération paysanne. “La solidarité s’est organisée directement de la part du monde paysan”, souligne l’éleveur de vaches laitières à Guipry-Messac, mais “ça va être des jours et des semaines de nettoyage, de remplacement de matériel, etc.”La succession de trois tempêtes hivernales et leur lot de pluie sur des sols déjà saturés a entraîné des crues exceptionnelles depuis plus de 40 ans sur les rivières Vilaine et Seiche, en Ille-et-Vilaine. Le mois de janvier à Rennes a été le plus pluvieux depuis 1945, tous mois confondus, selon Météo-France.En Bretagne, première région agricole de France, l’eau a inondé des villes, mais aussi des exploitations agricoles. L’éleveur Emmanuel Foulon, à Bruz près de Rennes, a vu ses génisses sauvées des eaux par l’armée dans sa ferme rendue inaccessible aux tracteurs par la crue trop rapide.”Si les céréales restent plusieurs jours dans l’eau, au printemps, tout sera à jeter”, redoute Cédric Henry, agriculteur à Paimpont et président du syndicat agricole FDSEA 35 (Ille-et-Vilaine), avec un impact sur le fourrage.Jean-Paul Riault, producteur de lait à Guipry-Messac, a vu l’eau monter “à quelques mètres” de sa maison. “Le terrain est impraticable (…) Il y a des parties de mon exploitation que je préfère ne pas aller voir, parce que ça va me faire mal de voir ça”, lâche-t-il. Environ 7.000 hectares sont touchés dans le département, dont environ deux-tiers de prairies et 20% de maïs, selon les premières données de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. “On nous dit beaucoup que c’est du jamais vu”, avec des “sols gorgés d’eau depuis le mois de décembre”, explique Pascale Gelin, directrice adjointe de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine.- ‘Respect de l’environnement’ -L’état de catastrophe naturelle promis par le gouvernement “peut aider pour les bâtiments agricoles inondés” mais seules “environ 10% des cultures sont assurées en Bretagne”, estime Cédric Henry.”A la Confédération paysanne, on alerte depuis des années sur le dérèglement climatique. On voit bien qu’on est en plein dedans, qu’on va devoir changer nos pratiques”, constate Sébastien Vétil. “Cela passe obligatoirement par le respect de l’environnement.””La destruction des bocages, le drainage des zones humides, a été encouragé avec l’intensification de l’agriculture, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale”, rappelle Christophe Cudennec, professeur d’hydrologie à l’Institut Agro Rennes-Angers.”Dans certains coins de Bretagne, vous voyez des immenses étendues, sans aucune végétation”, abonde Gérard Gruau, directeur de recherche au CNRS. “Ces surfaces ne sont pas aussi imperméables qu’un parking de grande surface, mais pas loin”, poursuit-il.Si des programmes publics encouragent à replanter des haies, “il faut trouver des raisons économiques et de faisabilité technique pour que les agriculteurs s’engagent d’avantage, parce que c’est plus de travail”, décrypte Pascale Gelin.”Il existe des réflexions “autour de taille de parcelles qui permettent de travailler dans de bonnes conditions et d’implanter du bocage”, mais pas question de revenir “à des petites parcelles d’avant les remembrements” qui n’offraient pas de bonnes conditions de travail ni de rendement, ajoute-t-elle.Ces aménagements paysagers “vont ralentir, renforcer l’infiltration” de l’eau, estime Christophe Cudennec. Mais en cas d’événement climatique extrême comme celui de janvier, ils atteignent leurs limites.”Il ne faut pas demander à l’amont et en particulier à l’agriculture, de rattraper tous les excès de l’urbanisation vulnérable dans les zones où il ne faudrait pas construire”, avertit l’hydrologue.

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A Mayotte, “l’impact considérable” du cyclone Chido sur la biodiversité

Derrière le claustra d’un restaurant de Coconi, à Mayotte, un maki passe une tête, en quête de quelque chose à grignoter. Depuis le passage du cyclone Chido sur l’archipel en décembre, ces lémuriens sont “totalement désorientés”, observe Emilien Dautrey, directeur de l’association de protection de la biodiversité Gepomay.Ces animaux, qui vivent dans les arbres et se nourrissant de fruits et de feuilles, ont perdu leur habitat et leur source de nourriture, sur des îles où la végétation a été dévastée par les vents violents.Sur les réseaux sociaux, les messages d’habitants désemparés, à la vue de ces animaux affamés, pleuvent. “Il faut les aider, ils font partie de notre patrimoine”, se désole Hilma. Estelle, elle, se demande avec quoi les nourrir. “Je leur donne des dattes depuis quelques jours mais je crois qu’ils arrivent à saturation.”Même les agriculteurs s’inquiètent. “D’habitude ils viennent manger nos fruits, on est obligé de les chasser, ils saccagent tout. Mais là, ils nous font de la peine. Et puis, ils ont un rôle important pour nous: ils peuvent aller manger un fruit à six kilomètres de notre exploitation et permettre aux graines de ce fruit de germer chez nous, grâce à leurs excréments”, explique Ali Ambody, éleveur à Ouangani, au centre de Grande-Terre, la plus grande des deux îles de l’archipel. Mohamed Boinahery, qui élève des bovins à Combani, plus au nord, les voit, “venir manger les feuilles d’ananas” à défaut d’autre chose. A Chiconi, sur la côte ouest, Antoine Mohamadi, un autre agriculteur, leur a même cédé deux pieds de papaye, qui se sont effondrés pendant le cyclone. “On en voit de moins en moins. Quand ils ne meurent pas de faim, ils se font écraser par les voitures”, déplore l’agriculteur. “Des centaines d’animaux sont déjà morts sur les routes”, confirme Emilien Dautrey.- Nature “résiliente” -Selon Estelle Body, chargée de mission aménagement et diversité de l’Office national des forêts, le cyclone a en effet eu “un impact considérable sur la faune et la flore”. “Il n’y a quasiment plus d’animaux dans les forêts, ils se cachent, on ne les voit quasiment pas.” Les makis et les roussettes –de grandes chauve-souris rousses– se font de plus en plus rares. Oiseaux, araignées et abeilles aussi. “Les nids ont disparu et les abeilles ne trouvent plus de sucre dans les fleurs”, poursuit Estelle Body. Selon Michel Charpentier, président de l’association Les naturalistes de Mayotte, “les zones forestières naturelles, qu’on appelle la forêt primaire, représentent 5% de la surface de l’île, mais concentrent l’essentiel de la biodiversité de Mayotte. Et ces espaces naturels ont beaucoup souffert pendant le cyclone”.Les dortoirs des roussettes, sur les arbres en hauteur, ont ainsi quasiment disparu. “On ne sait pas trop ce que sont devenus ces chauves-souris”, souligne Michel Charpentier. Selon lui, il est possible que ces animaux se soient réfugiés à Anjouan, dans l’archipel des Comores voisines, à 70 km de Mayotte.”La nature est résiliente, insiste Amélie Fauché, de la fédération Nature Mayotte Environnement. On voit déjà les arbres refaire des feuilles. C’est touchant de voir à quel point la population s’inquiète. Mais les makis peuvent aussi manger des feuilles, les associations préconisent d’ailleurs de ne pas trop leur venir en aide.” Cela risque en effet d’induire une dépendance vis-à-vis des humains chez des animaux sauvages qui peuvent, par ailleurs, transmettre des maladies.Pour M. Charpentier, “ces espèces vont enregistrer une chute, mais elles ne sont pas condamnées”. L’enjeu est toutefois de rester attentif à la renaissance de leur habitat. “Il ne faut surtout pas que la forêt dévastée soit envahie par l’agriculture informelle et que les arbres soient remplacés par des bananiers et des plantations de manioc.”D’autant que l’habitat de ces animaux a été encore un peu plus fragilisé ces derniers jours. Pendant plus d’une semaine, des feux de forêts ont ravagé plus de 120 hectares dans le nord et le centre de Grande-Terre. “A l’échelle de Mayotte, c’est énorme, souligne Michel Charpentier. Chido et (la tempête tropicale de janvier) Dikeledi avaient déjà ravagé une partie de la forêt. Mais avec ces feux, la situation devient très inquiétante.”

A Mayotte, “l’impact considérable” du cyclone Chido sur la biodiversité

Derrière le claustra d’un restaurant de Coconi, à Mayotte, un maki passe une tête, en quête de quelque chose à grignoter. Depuis le passage du cyclone Chido sur l’archipel en décembre, ces lémuriens sont “totalement désorientés”, observe Emilien Dautrey, directeur de l’association de protection de la biodiversité Gepomay.Ces animaux, qui vivent dans les arbres et se nourrissant de fruits et de feuilles, ont perdu leur habitat et leur source de nourriture, sur des îles où la végétation a été dévastée par les vents violents.Sur les réseaux sociaux, les messages d’habitants désemparés, à la vue de ces animaux affamés, pleuvent. “Il faut les aider, ils font partie de notre patrimoine”, se désole Hilma. Estelle, elle, se demande avec quoi les nourrir. “Je leur donne des dattes depuis quelques jours mais je crois qu’ils arrivent à saturation.”Même les agriculteurs s’inquiètent. “D’habitude ils viennent manger nos fruits, on est obligé de les chasser, ils saccagent tout. Mais là, ils nous font de la peine. Et puis, ils ont un rôle important pour nous: ils peuvent aller manger un fruit à six kilomètres de notre exploitation et permettre aux graines de ce fruit de germer chez nous, grâce à leurs excréments”, explique Ali Ambody, éleveur à Ouangani, au centre de Grande-Terre, la plus grande des deux îles de l’archipel. Mohamed Boinahery, qui élève des bovins à Combani, plus au nord, les voit, “venir manger les feuilles d’ananas” à défaut d’autre chose. A Chiconi, sur la côte ouest, Antoine Mohamadi, un autre agriculteur, leur a même cédé deux pieds de papaye, qui se sont effondrés pendant le cyclone. “On en voit de moins en moins. Quand ils ne meurent pas de faim, ils se font écraser par les voitures”, déplore l’agriculteur. “Des centaines d’animaux sont déjà morts sur les routes”, confirme Emilien Dautrey.- Nature “résiliente” -Selon Estelle Body, chargée de mission aménagement et diversité de l’Office national des forêts, le cyclone a en effet eu “un impact considérable sur la faune et la flore”. “Il n’y a quasiment plus d’animaux dans les forêts, ils se cachent, on ne les voit quasiment pas.” Les makis et les roussettes –de grandes chauve-souris rousses– se font de plus en plus rares. Oiseaux, araignées et abeilles aussi. “Les nids ont disparu et les abeilles ne trouvent plus de sucre dans les fleurs”, poursuit Estelle Body. Selon Michel Charpentier, président de l’association Les naturalistes de Mayotte, “les zones forestières naturelles, qu’on appelle la forêt primaire, représentent 5% de la surface de l’île, mais concentrent l’essentiel de la biodiversité de Mayotte. Et ces espaces naturels ont beaucoup souffert pendant le cyclone”.Les dortoirs des roussettes, sur les arbres en hauteur, ont ainsi quasiment disparu. “On ne sait pas trop ce que sont devenus ces chauves-souris”, souligne Michel Charpentier. Selon lui, il est possible que ces animaux se soient réfugiés à Anjouan, dans l’archipel des Comores voisines, à 70 km de Mayotte.”La nature est résiliente, insiste Amélie Fauché, de la fédération Nature Mayotte Environnement. On voit déjà les arbres refaire des feuilles. C’est touchant de voir à quel point la population s’inquiète. Mais les makis peuvent aussi manger des feuilles, les associations préconisent d’ailleurs de ne pas trop leur venir en aide.” Cela risque en effet d’induire une dépendance vis-à-vis des humains chez des animaux sauvages qui peuvent, par ailleurs, transmettre des maladies.Pour M. Charpentier, “ces espèces vont enregistrer une chute, mais elles ne sont pas condamnées”. L’enjeu est toutefois de rester attentif à la renaissance de leur habitat. “Il ne faut surtout pas que la forêt dévastée soit envahie par l’agriculture informelle et que les arbres soient remplacés par des bananiers et des plantations de manioc.”D’autant que l’habitat de ces animaux a été encore un peu plus fragilisé ces derniers jours. Pendant plus d’une semaine, des feux de forêts ont ravagé plus de 120 hectares dans le nord et le centre de Grande-Terre. “A l’échelle de Mayotte, c’est énorme, souligne Michel Charpentier. Chido et (la tempête tropicale de janvier) Dikeledi avaient déjà ravagé une partie de la forêt. Mais avec ces feux, la situation devient très inquiétante.”