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Macron confirme une loi pour interdire les réseaux sociaux “avant 15-16 ans”

Le président Emmanuel Macron a confirmé mercredi à Saint-Malo son intention de faire interdire les réseaux sociaux avant “15 ou 16 ans”, grâce à un projet de loi déposé “dès janvier”. Lors d’une étape en Bretagne dans son tour de France sur la régulation des réseaux sociaux, le chef de l’État a insisté devant près de 220 lecteurs et journalistes d’Ouest-France sur sa volonté d'”imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l’âge” des utilisateurs, sur le modèle des sites pornographiques depuis mars.Et ceci dans le cadre d'”un texte de loi du gouvernement” déposé à l’Assemblée nationale “dès janvier” et voté “dans les meilleurs délais”. Soulignant le “consensus scientifique” concernant les dégâts des réseaux sociaux sur les résultats scolaires et sur la santé mentale des adolescents, il a comparé le danger à un enfant au volant d’une Formule 1. “Mon enfant, (…), j’ai pas envie qu’il gagne la course, j’ai juste envie qu’il descende de la voiture”, a-t-il argumenté. “Je veux d’abord lui apprendre le code et être sûr que la voiture fonctionne, lui apprendre à conduire sur une autre voiture”, a-t-il insisté Après l’Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, il a estimé que le précédent des sites pornographiques, “ça fonctionne”. “Cette technique, on peut l’utiliser pour les réseaux sociaux”, a-t-il assuré, d’autant que cette fois, la Commission européenne a donné son feu vert “l’été dernier”. Une loi instaurant une majorité numérique à 15 ans et promulguée en juillet 2023 n’avait pu être mise en œuvre en raison d’un blocage européen. Un autre texte émanant du groupe Renaissance a été inscrit à l’agenda parlementaire pour examen le 19 janvier et prévoit également l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.Mais Emmanuel Macron ne s’est référé ni à l’un ni à l’autre lors de ce débat consacré à “la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux”, sur le modèle de ce qu’il avait fait à Toulouse, Arras ou Mirecourt (Vosges) ces dernières semaines.Il s’est contenté de “prendre l’engagement” qu’un texte serait “voté avant la fin de ce mandat”.- “Un peu n’importe quoi” -Le chef de l’État est également revenu sur les questions de désinformation et de “labellisation des médias” qui avaient fait polémique, déplorant les accusations de dérive “autoritaire”. “Il y a eu parfois des débats ces derniers jours largement biaisés qui ont dit un peu n’importe quoi, y compris sur ce que j’avais pu dire”, a répondu Emmanuel Macron.C’est quand il a apporté un soutien très volontariste à des initiatives existantes de labellisation des médias “par des professionnels”, pour distinguer les sites et réseaux qui font de l’information en se conformant aux règles déontologiques, que la polémique est survenue.”On va tout faire pour que soit mis en place un label”, avait-il lancé le 19 novembre à Arras, tout en assurant que ce n’était pas à l’État de le faire. Le Journal du dimanche lui avait reproché une “dérive totalitaire”, suivi par les autres médias de la sphère Bolloré, puis par plusieurs dirigeants de la droite et de l’extrême droite, disant soupçonner le chef de l’État de vouloir “contrôler l’information”.”Ce n’est pas du tout le travail de l’État de distinguer le vrai du faux, c’est précisément le travail d’une presse libre par la contradiction, la vérification”, a répondu en personne Emmanuel Macron à Saint-Malo, reprenant une riposte déjà formulée la semaine dernière dans le huis clos du Conseil des ministres.”La clé, c’est d’abord de redonner une place centrale à ceux dont c’est le travail, c’est-à-dire les journalistes et les organes de presse (…), ils ont une déontologie, une charte déontologique”, a-t-il dit.Un moment fort et poignant de cet échange a été le témoignage d’Emmanuelle Pouédras, dont le fils s’est donné la mort en septembre 2024 et qui estime que les messages envoyés sur son compte Tik Tok ont eu une part prépondérante dans son acte. “Qu’est-ce que vous allez imposer comme mesure immédiate vis-à-vis des parquets et des plateformes pour accompagner les familles endeuillées ?”, a-t-elle interrogé. Le chef de l’État a évoqué un “témoignage bouleversant” et s’est engagé à la rencontrer.

La Cour des comptes épingle la retraite des pilotes et hôtesses de l’air

La Cour des comptes demande à la Caisse de retraite complémentaire des pilotes, hôtesses de l’air et stewards (CRPN) de se réformer pour faire face à la fragilité de son équilibre financier et à des problèmes de gouvernance.Dans un rapport publié mercredi, la Cour des comptes note le caractère “coûteux” et “très favorable aux affiliés” de ce régime complémentaire, qui permet notamment un départ à la retraite anticipé dès 55 ans pour certains.Elle recommande notamment “d’adapter les paramètres du régime”, pour faire face aux risques croissants de déséquilibre de celui-ci.A court terme, selon la Cour, ce régime, qui compte 36.000 actifs et 25.000 cotisants, a les moyens d’équilibrer ses comptes, grâce “au rendement élevé de ses réserves”, qui permet de compenser le déséquilibre actuel entre cotisations et prestations.”Toutefois, la vague anticipée de départs à la retraite”, du fait notamment de l’attractivité du régime, “devrait conduire à une forte consommation des réserves, fragilisant [sa] pérennité face à d’éventuelles variations économiques ou démographiques défavorables”, indique la Cour.Les pilotes, hôtesses de l’air et stewards peuvent sous condition partir à la retraite dès 55 ans, en bénéficiant de leur retraite complémentaire et en touchant “une prestation de majoration” visant à compenser l’absence de retraite du régime général tant que l’âge légal n’est pas atteint.Ils partent donc plus tôt à la retraite que les salariés du régime général, les pilotes liquidant leur retraite en moyenne “à 62 ans” et les personnels navigants commerciaux “à 58,5 ans”, “contre 63,4 ans pour l’ensemble des assurés du régime général”, note la Cour.Par ailleurs, “le montant des prestations (…) est bien supérieur à celui des pensions complémentaires versées aux autres salariés par l’Agirc-Arrco”, le régime de retraite de complémentaire des autres salariés du privé, du fait “principalement” des écarts de salaires durant la carrière, rappelle la Cour.La Cour des comptes recommande également de “modifier la composition du conseil d’administration” au profit notamment des hôtesses et stewards, et des femmes, et de renforcer le pouvoir de la direction générale.”Les règles déontologiques ne sont pas rigoureusement appliquées par les administrateurs, notamment celles relatives à la confidentialité des délibérations et aux conflits d’intérêts”, estime la Cour.La Cour relève notamment “le remboursement, sans véritable contrôle, de frais de déplacement au président du conseil d’administration pour un montant significatif (…) sans que la CRPN ne soit en mesure d’attester sa présence physique aux réunions”.Interrogée par l’AFP, la directrice générale de la CRPN Sandrine Johnson a estimé que les conditions particulières de départ à la retraite des navigants reflétaient notamment “la pénibilité du métier et les aptitudes médicales” strictes qui sont exigées.Il faut que les navigants puissent en fin de carrière déclarer une pathologie qui apparaît et partir à la retraite, plutôt que de ne rien dire et continuer à voler, a-t-elle argumenté. 

Enfant tondu dans un foyer à Paris: deux inspectrices sur place, la Défenseure des droits s’autosaisit

Deux inspectrices ont entamé un contrôle du foyer parisien Jenner, après la révélation de maltraitances sur un enfant de huit ans placé, filmé en train d’être rasé malgré lui par des éducateurs, des faits dont la Défenseure des droits a annoncé s’autosaisir.”Une inspection administrative est en cours sur place, elle va durer deux à trois jours”, a indiqué mercredi à l’AFP la Ville de Paris, confirmant une information de franceinfo.Deux inspectrices “habilitées, dont la responsable de la cellule d’appui, d’évaluation et de contrôle, réalisent cette mission (…) dans le cadre des missions d’inspection et de contrôle confiées aux départements”, a précisé la Ville.Il s’agit notamment de comprendre si d’autres violences ont pu être commises par des éducateurs de cet établissement du XIIIe arrondissement (sud de Paris), qui héberge une soixantaine de mineurs et jeunes majeurs placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).”Leur rapport permettra à la Ville de prendre toutes les mesures d’injonction ou de recommandation nécessaires vis-à-vis de l’association”, a-t-on précisé de même source.Les conclusions “sont attendues par la maman (…) pour connaître et apprécier pleinement les dysfonctionnements qui pourront être constatés”, a fait savoir dans un communiqué l’avocat de la famille, Axel Delaunay-Belleville.Les faits impliquent des éducateurs ayant pris la décision de raser le crâne d’un enfant de huit ans placé sous leur responsabilité, tout en le filmant à des “fins évidentes d’humiliation”, selon la Ville, et en se moquant de lui.Sur des images filmées en février, l’enfant apparaît torse nu, recroquevillé sur une chaise les bras croisés, tandis qu’une personne lui rase la tête à l’aide d’une tondeuse, prétextant une sanction. La vidéo a ensuite été partagée sur un groupe WhatsApp d’éducateurs. En guise d’explication, la direction a évoqué la présence de poux.- “Violence inouïe” -“Depuis la Deuxième Guerre mondiale, il n’y a pas un parent qui s’est dit que pour échapper aux poux dans la tête de ses enfants, il fallait lui raser la tête. C’est une violence inouïe, et ça s’est passé dans nos institutions”, a déclaré la maire PS de Paris Anne Hidalgo à l’occasion de l’inauguration d’un premier centre de soins en France dédié aux enfants confiés à l’ASE.L’élue, qui a assuré n’avoir été mise au courant que la veille, a reconnu des “dysfonctionnements”. “Nous ferons tout pour qu’il y ait des sanctions très très fortes contre (…) ceux qui ont commis ces faits, mais aussi contre tous ceux qui n’ont pas signalé et joué leur rôle d’alerte”.Mardi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête pour “violences volontaires sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité”.Selon la Ville de Paris, ces faits “gravissimes” se sont déroulés en février 2025 au foyer éducatif Jenner, géré par l’association Jean-Coxtet, et les “premiers éléments de réponse de l’association” ont déjà conduit au “renouvellement de l’équipe” encadrante.La Défenseure des droits Claire Hédon a annoncé mercredi “s’autosaisir”, dénonçant une situation “épouvantable”.”Il y a l’acte lui-même qui est effectivement monstrueux, il y a le groupe Whatsapp (sur lequel la vidéo a été diffusée, ndlr) avec quasiment personne qui réagit sauf une éducatrice, on ment à la maman, c’est toute cette chaîne qui a dysfonctionné”, a-t-elle déclaré sur RMC.Pour le militant pour les droits des enfants et ancien enfant placé Lyes Louffok, il “faut aller regarder pourquoi cette chaîne de dysfonctionnements n’a pas permis à ces faits d’être révélés beaucoup plus tôt”.La ministre de la Santé Stéphanie Rist a saisi la procureure de Paris, dénonçant une “atteinte grave à la dignité” de l’enfant.Pour le groupe des députés LFI, “ces nouvelles violences n’ont rien d’un fait divers” mais “reflètent l’état d’effondrement dans lequel s’enfonce la protection de l’enfance depuis des années”.Le groupe a indiqué avoir déposé une proposition de loi pour “instaurer un Contrôleur général des lieux de placement” qui pourra “visiter de manière inopinée des lieux de placement”.La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris a également fait part de sa “profonde indignation” et rappelé que “la protection de tous les enfants doit être une priorité absolue, par tous et partout”.

Mort de Philippe Soulas, ancien dessinateur de Hara-Kiri et Libé

Dessinateur satirique dans les journaux Hara-Kiri et Libération, libertaire convaincu et ami de Cabu ou Siné, Philippe Soulas est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 93 ans, a annoncé sa famille à l’AFP.Avec son trait incisif, Soulas a passé vingt ans à Libé, de 1974 à 1994. Comme nombre de dessinateurs de l’époque engagés très à gauche, ses thèmes de prédilection étaient l’anticléricalisme ou les inégalités sociales.Né en 1932 près de Toulouse et décédé dans le Loiret, Soulas était venu tardivement au dessin de presse, après mai 1968. C’est à ce moment-là qu’il rejoint la joyeuse bande libertaire de Hara-Kiri, l’ancêtre de Charlie Hebdo, menée par Cavanna et le professeur Choron.”Je le lisais depuis 1961. La vulgarité qu’on y trouvait m’enchantait, parce que ça faisait chier les bourgeois, les curés et les militaires! Bref, tout ce que je détestais!”, avait-il raconté en 2021 au Journal du Kremlin-Bicêtre, ville de banlieue parisienne où il habitait.Il avait ajouté qu’il était devenu athée enfant, durant une promenade nocturne dans son pensionnat catholique: “Devant l’autel, j’ai baissé mon froc en disant à Dieu: +Si tu existes, foudroie-moi!+ Et comme il ne s’est rien passé, j’ai cessé de croire!”En 1974, Soulas arrive à Libération, fondé l’année d’avant par Serge July et le philosophe Jean-Paul Sartre. A son départ en 1994, il poursuit le journal aux prud’hommes avec succès, pour contester son renvoi.”Les premières années, ça a vraiment été une aventure formidable. Et puis, à partir de 1981, l’état d’esprit libre et indépendant a muté. On a accepté la publicité, la hiérarchie des salaires, les postes fixes, les licenciements… J’étais contre”, avait-il assuré au Journal du Kremlin-Bicêtre.Dans un reportage télévisé de 1984 sur Libération, en ligne sur le site de l’INA, il était toutefois moins catégorique, en jugeant l’évolution du journal “logique”.”On pouvait toujours rester un quotidien à 15.000 exemplaires (…) pur et dur et mal vivre. Si on était resté à 15.000 exemplaires, on n’aurait pas eu d’argent (…) il n’y aurait plus Libé”, déclare-t-il dans ce reportage, interrogé par Cabu, alors dessinateur au Canard enchaîné.Membre du collectif “Les humoristes associés” dans les années 80, Soulas a également dessiné dans Marianne ou Siné Hebdo, et publié plusieurs livres. Ces dernières années, il se consacrait à la peinture.

Sarkozy sort son “Journal d’un prisonnier” et le dédicace à Paris

Bain de foule et longue file d’attente: Nicolas Sarkozy a dédicacé mercredi dans une librairie parisienne son “Journal d’un prisonnier”, qui raconte ses trois semaines de détention après sa condamnation dans le procès libyen, un livre publié le matin même chez Fayard.L’ancien président de la République est arrivé vers 15H30 à la librairie Lamartine, dans le huppé XVIe arrondissement, prenant un rapide bain de foule avant d’entrer à l’intérieur de l’établissement, protégé par un important cordon policier, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Nicolas, Nicolas !”, ont scandé des admirateurs. “Ta place est en prison” ont a contrario crié deux militantes Femen, rapidement interpellées par la police, selon des images diffusées par plusieurs journalistes sur les réseaux sociaux.L’ouvrage de 216 pages, édité par une maison d’édition contrôlée par l’homme d’affaires conservateur Vincent Bolloré, est paru exactement un mois après la remise en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre de l’ex-chef de l’Etat, qui avait été écroué le 21 octobre à la prison parisienne de la Santé.”Si heureux de reprendre le chemin des routes de France pour aller à la rencontre de mes lecteurs”, a écrit Nicolas Sarkozy la semaine dernière sur son compte X, ajoutant: “Cela me réjouit tant!”Le contenu du livre a été dévoilé dès le week-end dernier dans plusieurs médias et consulté par l’AFP.Évoquant l'”enfer” carcéral, Nicolas Sarkozy raconte s’être agenouillé pour prier au premier jour de son incarcération, après sa condamnation le 25 septembre à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour association de malfaiteurs.”Je priais pour avoir la force de porter la croix de cette injustice”, poursuit-il en se disant de nouveau “innocent” de toute infraction, et en décrivant ses discussions dominicales avec l’aumônier de la prison.- Bons et mauvais points -Nicolas Sarkozy distribue bons points et piques acerbes à des personnalités politiques.Il rapporte un échange téléphonique avec Marine Le Pen après sa condamnation. À la chef de file des députés RN, qui lui demande s’il s’associerait à un éventuel “front républicain”, il répond: “Non, et de surcroît je l’assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet.”Il salue la fidélité de Sébastien Chenu, ancien élu UMP devenu député RN, notant qu'”il était résolu à m’adresser un courrier de soutien chaque semaine”.A l’inverse, il égratigne sa propre famille politique, pointant le manque d’engagement public du président du parti LR Bruno Retailleau, qui l'”appela régulièrement, mais n’en fit publiquement pas davantage”.Emmanuel Macron n’est pas épargné, sa dissolution étant jugée comme un “caprice qui faisait autant de mal à la France qu’à son auteur”.Il étrille encore l’ancienne candidate PS à l’Elysée Ségolène Royal, qui selon lui ne comprend pas toujours “le sens de ce qu’elle dit. Cela la sauve de la honte”.Sur le plan judiciaire, il livre une analyse critique inhabituelle de sa défense historique. “Mon amitié avec Thierry Herzog (son ancien conseil, NDLR) m’avait aveuglé sur la possibilité qui était la sienne d’embrasser un dossier qui avait pris une telle ampleur”, écrit l’auteur, des propos très critiqués par des avocats pénalistes sur les réseaux sociaux.- “Affligées” -Nicolas Sarkozy a été condamné pour avoir laissé ses deux plus proches collaborateurs, Brice Hortefeux et Claude Guéant, démarcher en vue d’un financement de sa campagne présidentielle de 2007 un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, alors que celui-ci était sous le coup d’une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat du DC-10 (170 personnes tuées le 19 septembre 1989). En contrepartie, ils lui auraient laissé miroiter un examen de sa situation judiciaire.Un passage du livre est d’ailleurs consacré à l’audition des proches de victimes de l’attentat du DC-10, parties civiles au procès libyen, qu’il qualifie de “moments les plus émouvants” tout en se disant “affecté par la violence de certains propos à (son) endroit”.Ces lignes ont provoqué l’indignation du collectif “Les Filles du DC-10”. “Une fois encore, Nicolas Sarkozy inverse les rôles, faisant croire qu’il serait la véritable victime”, a réagi dans un communiqué ce groupe de filles, mères et sœurs de morts dans l’attentat, “affligées”.L’ancien chef de l’État sera jugé à nouveau dans ce dossier du 16 mars au 3 juin par la cour d’appel de Paris.Tous les prévenus y comparaîtront libres, la cour d’appel ayant libéré mercredi sous contrôle judiciaire Alexandre Djouhri, dernier incarcéré dans ce dossier.Nicolas Sarkozy est par ailleurs définitivement condamné dans deux autres affaires, celle dite des écoutes de l’Elysée et Bygmalion. 

Macron de retour sur le thème de la désinformation, après la polémique sur la labellisation

“Un peu n’importe quoi”: Emmanuel Macron a repris mercredi son tour de France sur la régulation des réseaux sociaux, lors d’une étape en Bretagne où il a déploré les accusations, “largement biaisées”, de dérive “autoritaire” qui ont suivi son soutien à une labellisation des médias.Le chef de l’État a participé à Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, à un échange avec des lecteurs d’Ouest-France sur le thème de “la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes”.Devant près de 220 participants réunis dans une grande salle, il a été interrogé sur la démocratie et le vote à l’heure des “fake news” sur les réseaux sociaux et sur ce qu’était une information.”Il y a eu parfois des débats ces derniers jours largement biaisés qui ont dit un peu n’importe quoi, y compris sur ce que j’avais pu dire”, a répondu Emmanuel Macron.L’idée directrice du président est de réfléchir à une adaptation de la législation pour réguler les réseaux sociaux, qui échappent largement à la loi de la presse de 1881 qui régit les médias traditionnels. Une réflexion censée déboucher sur des “décisions concrètes” début 2026, même s’il a déjà commencé à égrener des pistes.Parmi elles, une mesure a déclenché une polémique à retardement.Emmanuel Macron a en effet apporté un soutien très volontariste à des initiatives existantes de labellisation des médias “par des professionnels”, pour distinguer les sites et réseaux qui font de l’information en se conformant aux règles déontologiques.”On va tout faire pour que soit mis en place un label”, a-t-il lancé le 19 novembre à Arras, lors d’une précédente étape de cette tournée, tout en assurant que ce n’était par à l’État de le faire.Le 30 novembre, le Journal du dimanche s’est saisi de cette proposition pour lui reprocher une “dérive totalitaire”, ironisant sur sa volonté présumée de mettre en place un “ministère de la Vérité”, comme dans le roman dystopique “1984” de George Orwell.- “Presse libre” -L’accusation a été aussitôt relayée par les autres médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, puis par plusieurs dirigeants de la droite et de l’extrême droite, qui disent soupçonner le chef de l’État de vouloir “contrôler l’information” et museler la liberté d’expression à son profit”Je pense que ce n’est pas du tout le travail de l’État de distinguer le vrai du faux, c’est précisément le travail d’une presse libre par la contradiction, la vérification”, a répondu en personne Emmanuel Macron à Saint-Malo, reprenant une riposte déjà formulée la semaine dernière dans le huis clos du Conseil des ministres et relayée par ses ministres.”La clé, c’est d’abord de redonner une place centrale à ceux dont c’est le travail, c’est à dire les journalistes et les organes de presse, parce qu’ils ont des professionnels qui ont été formés pour ce faire. Ils ont une déontologie, une charte déontologique”, a-t-il dit.Or, cette information a un coût, pour que des journalistes puissent enquêter et vérifier, et il faut “un modèle économique derrière”, a-t-il estimé.Alors que les réseaux sociaux, eux, “ne sont pas faits pour nous informer”, on ne les “paye” pas pour cela. Leur “modèle d’affaires” est au contraire de “créer de l’excitation pour pouvoir vendre de la publicité individualisée”. “Quand on a compris ça, on comprend que ce qui est le plus important, c’est de créer de la dépendance”, a assuré le président, debout au milieu de son auditoire .A Saint-Malo, Emmanuel Macron a aussi mis l’accent sur les conséquences de la désinformation en matière climatique et scientifique, à l’occasion des dix ans de l’accord de Paris sur le climat.Face aux attaques des États-Unis de Donald Trump contre la science climatique, “la France, elle, défend de manière inattaquable la liberté académique ouverte et même la possibilité d’être critiqué dans son action par la science”, a-t-il martelé.Ses précédents débats organisés par la presse régionale l’ont mené depuis un mois à Toulouse, Arras (Pas-de-Calais) et Mirecourt (Vosges), et il doit enchaîner avec Marseille mardi prochain.

Procès libyen: la cour d’appel de Paris libère l’intermédiaire Djouhri sous contrôle judiciaire

La cour d’appel de Paris a accepté mercredi de libérer sous contrôle judiciaire l’intermédiaire Alexandre Djouhri, qui était le dernier prévenu à être encore incarcéré dans le procès du financement libyen de la campagne de 2007 de l’ex-président français Nicolas Sarkozy.L’homme d’affaires franco-algérien de 66 ans, condamné le 25 septembre à six ans d’emprisonnement dans l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, aura notamment pour interdiction de sortir d’Île-de-France, de s’absenter de son domicile en région parisienne avant 8H00 et après 20H00, ainsi que d’entrer en contact avec ses coprévenus.Il a également l’interdiction de mener une activité d’intermédiation économique et il devra remettre à la justice ses passeports français et algérien et pointer une fois par semaine à la gendarmerie.Le parquet général s’était opposé à sa libération en pointant notamment sa double nationalité et le risque de départ en Algérie où la coopération judiciaire avec la France est compliquée. Son avocat, Me Pierre-Henri Bovis, a indiqué à l’AFP en milieu d’après-midi qu’il était sorti de la prison parisienne de La Santé. “La cour d’appel de Paris, par sa décision, a reconnu cette fois-ci qu’il y avait des garanties de représentation suffisantes, et a enfin admis qu’il n’y avait pas de risque de fuite ou de pression” sur les témoins, s’était-il félicité mercredi matin, soulignant que son client ne s’était “jamais dérobé à ses obligations”.Alexandre Djouhri avait déposé une première demande de mise en liberté qui avait été rejetée début novembre, la cour d’appel estimant qu’il présentait un risque de fuite et des garanties de représentation “particulièrement faibles”.Dans ce dossier, deux autres personnes ont été condamnées en première instance à des peines d’emprisonnement avec mandat de dépôt: l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison, et le banquier Wahib Nacer. L’ex-chef de l’Etat a été incarcéré vingt jours à la prison de la Santé, avant d’obtenir sa libération auprès de la cour d’appel. M. Nacer, qui avait été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt à exécution provisoire, a également été libéré de prison.Alexandre Djouhri devrait donc comparaître libre, comme tous ses coprévenus, au procès en appel prévu du 16 mars au 3 juin. Au total, 10 personnes, dont Nicolas Sarkozy et deux de ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, seront rejugées dans ce dossier.

Procès libyen: la cour d’appel de Paris libère l’intermédiaire Djouhri sous contrôle judiciaire

La cour d’appel de Paris a accepté mercredi de libérer sous contrôle judiciaire l’intermédiaire Alexandre Djouhri, qui était le dernier prévenu du procès libyen à être encore incarcéré.L’homme d’affaires franco-algérien de 66 ans, condamné le 25 septembre à six ans d’emprisonnement dans l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, aura notamment pour interdiction de sortir d’Île-de-France, de s’absenter de son domicile en région parisienne avant 8H00 et après 20H00, d’entrer en contact avec ses coprévenus.Il a également l’interdiction de mener une activité d’intermédiation économique et il devra remettre à la justice ses passeports français et algérien et pointer une fois par semaine à la gendarmerie.Le parquet général s’était opposé à sa libération en pointant notamment sa double nationalité et le risque de départ en Algérie où la coopération judiciaire avec la France est compliquée. Son avocat, Me Pierre-Henri Bovis, a indiqué à l’AFP en milieu d’après-midi qu’il était sorti de la prison parisienne de La Santé. “La cour d’appel de Paris, par sa décision, a reconnu cette fois-ci qu’il y avait des garanties de représentation suffisantes, et a enfin admis qu’il n’y avait pas de risque de fuite ou de pression” sur les témoins, s’était-il félicité mercredi matin, soulignant que son client ne s’était “jamais dérobé à ses obligations”.Alexandre Djouhri avait déposé une première demande de mise en liberté qui avait été rejetée début novembre, la cour d’appel estimant qu’il présentait un risque de fuite et des garanties de représentation “particulièrement faibles”.Dans ce dossier, deux autres personnes ont été condamnées en première instance à des peines d’emprisonnement avec mandat de dépôt: l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison, et le banquier Wahib Nacer. L’ex-chef de l’Etat a été incarcéré vingt jours à la prison de la Santé, avant d’obtenir sa libération auprès de la cour d’appel. M. Nacer, qui avait été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt à exécution provisoire, a également été libéré de prison.Alexandre Djouhri devrait donc comparaître libre, comme tous ses coprévenus, au procès en appel  prévu du 16 mars au 3 juin. Au total, 10 personnes, dont Nicolas Sarkozy et deux de ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, seront rejugées dans ce dossier.