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La menace climatique pèse sur le chocolat, alertent des chercheurs

Le changement climatique a régulièrement poussé l’an dernier le thermomètre au-delà d’un seuil critique dans la ceinture cacaoyère de l’Afrique de l’Ouest, affectant les récoltes d’une région qui fournit le monde en chocolat, souligne un rapport publié mercredi.En 2024, la température a dépassé 32°C pendant plus de six semaines dans 71% des exploitations étudiées, du fait du réchauffement mondial généré par les humains, soulignent les chercheurs du centre de recherche indépendant Climate Central.Au-delà de cette température optimale de pousse du cacaoyer, la chaleur perturbe la photosynthèse et accroît le stress hydrique des plants, fanant les fleurs et produisant des cabosses plus petites qui se décomposent.Les températures supérieures à 32°C “sont de plus en plus courantes” dans cette région qui représente 70% de la production mondiale de cacao, en particulier pendant la principale saison de culture (octobre à mars), observent les chercheurs.Le dérèglement climatique entraîne aussi des précipitations inhabituelles et une recrudescence de ravageurs, le tout minant la production et conduisant à une hausse inédite des prix, soulignent-ils.La tendance est particulièrement marquée en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux premiers pays producteurs, relève le rapport, basé sur dix ans de données de 44 zones situées dans quatre pays et sur des modélisations.Sans le réchauffement lié aux gaz à effets de serre émis par les humains, il y aurait eu deux fois moins de journées extrêmes pour le cacaoyer en Côte d’Ivoire par exemple, relève-t-il.La Côte d’Ivoire a aussi reçu 40% de pluie en plus par rapport à la normale en juillet 2024, inondant les champs alors que la fève doit à ce stade sécher. A l’inverse, “très peu voire aucune pluie n’est tombée en décembre” alors qu’elle est nécessaire en début de culture.Dans un rapport publié séparément mercredi, l’ONG britannique Christian Aid s’alarme de la vulnérabilité croissante des producteurs de cacao sous l’effet du changement climatique.”Le cacao est un moyen de subsistance vital pour nombre de personnes parmi les plus pauvres au monde, et le changement climatique d’origine humaine est une menace sévère”, souligne Osai Ojigho, directeur de campagne de l’ONG.Les mauvaises récoltes ont contribué à faire spectaculairement grimper les prix depuis fin 2023 sur les marchés de Londres et New York.Les cours du cacao ont atteint un sommet à plus de 12.500 dollars la tonne le 18 décembre à New York et, à l’approche de la Saint-Valentin, s’échangeaient encore à plus de 10.000 dollars. Avant qu’ils ne commencent à grimper en 2023, ils étaient restés aux alentours de 2.000-3.000 dollars pendant plus de dix ans.

Grippe: l’épidémie ralentit mais reste vive

L’épidémie de grippe, particulièrement virulente cette saison, a ralenti pour la deuxième semaine de suite en France mais la maladie reste très présente et continue notamment à envoyer de nombreux enfants à l’hôpital, a annoncé mercredi l’agence de santé publique.”Dans l’Hexagone, malgré une diminution des indicateurs dans toutes les classes d’âge, l’activité grippale (…) restait élevée” la semaine dernière, selon un bilan hebdomadaire de Santé publique France.Ce bilan, clos au dimanche 9 février, témoigne d’un recul des consultations médicales comme des hospitalisations liées à la grippe et aux syndromes grippaux.L’épidémie se montre particulièrement virulente depuis le début de l’hiver, avec une mortalité importante chez les plus âgés et un nombre exceptionnellement élevé d’enfants hospitalisés. A ce titre, le niveau d’hospitalisation reste “très élevé” chez les moins de quinze ans, selon Santé publique France, alors qu’il n’est désormais plus que “modéré” dans les autres tranches d’âge.Ce sont cependant les adultes, essentiellement des seniors, qui enregistrent toujours une mortalité élevée. “La part des décès avec une mention de grippe parmi l’ensemble des décès certifiés électroniquement diminu(e) mais demeur(e) à un niveau très élevé pour la grippe”, avec 5,5% la semaine du 3 au 9 février, contre 6,4% la semaine précédente, selon l’agence de santé publique.Plus de neuf décès sur dix concernaient des personnes de 65 ans et plus. L’ensemble de la métropole reste frappé par l’épidémie, ainsi qu’en Outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte.Plusieurs facteurs se combinent cette année pour rendre l’épidémie de grippe particulièrement virulente: trois souches du virus circulent simultanément, et le vaccin semble peu efficace, en particulier chez les plus de 65 ans.Selon de nouvelles données préliminaires, le vaccin n’est efficace qu’à 27% chez les plus de 65 ans.Dans ce contexte, “l’adoption systématique des gestes barrières au sein de la population générale reste primordiale pour contribuer à limiter la circulation des virus respiratoires”, rappelle l’agence, évoquant le lavage systématique des mains et le port du masque en cas de symptômes, ainsi que l’aération des pièces.Pour ce qui est des autres épidémies, la bronchiolite, qui frappe surtout les bébés, disparaît peu à peu – seule la Corse restant en situation épidémique en métropole – et le Covid circule peu.

Procès de l’attentat de la basilique de Nice: l’accusé retrouve, en partie, la mémoire

Le Tunisien Brahim Aouissaoui, 25 ans, jugé devant la cour d’assises spéciale de Paris pour l’attentat de la basilique de Nice qui a fait trois morts le 29 octobre 2020, a fait mercredi un premier et timide pas vers des aveux en reconnaissant qu’il était l’homme avec un couteau dans la basilique.”La personne sur la photo, c’est moi”, a reconnu l’accusé, pour la première fois depuis son interpellation.La photo affichée sur les écrans de la salle d’audience est celle d’un homme en doudoune rouge, un couteau ensanglanté dans la main droite. “Je me suis reconnu”, admet l’accusé qui a décidé de sortir de son mutisme.L’homme, qui s’était jusqu’à présent muré dans le silence, avait déjà justifié mardi à l’audience “le droit légitime” des musulmans de “tuer” pour se défendre des attaques qu’ils subissent.”Le fait de tuer un musulman légitime un meurtre en retour, peu importe la cible”, avait-il martelé.Reconnaît-il les faits ? “Je n’arrive pas à réaliser comment cela s’est passé”, dit l’accusé. Pour l’heure, le président de la cour d’assises, Christophe Petiteau, savoure ce début de confession. “Je note une évolution dans vos déclarations”, souligne-t-il.Mais Brahim Aouissaoui n’est pas encore prêt à tout assumer. “Quelqu’un d’intelligent qui commet un crime pareil prendrait la fuite, ne resterait pas sur les lieux, prendrait plus de précautions”, dit-il à l’adresse d’une enquêtrice de la Sous-direction antiterroriste (Sdat), identifiée comme “Sdat-267”.L’enquêtrice ne se démonte pas. “Les terroristes ne sont pas particulièrement prudents”, dit-elle. “Ils sont prêts à mourir et peu leur importe qu’ils soient identifiés. Vous étiez prêt à mourir en martyr et c’est d’ailleurs ce qui a failli arriver”, souligne-t-elle.Jusqu’à présent, Brahim Aouissaoui affirmait ne se souvenir de rien, prétextant une “amnésie” totale entre son départ de Tunisie en septembre 2020 et le meurtre de trois paroissiens dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice le 29 octobre 2020.Contre toute évidence, il disait ne pas se reconnaître dans les images de vidéosurveillance qui ont capté pratiquement toutes ses pérégrinations depuis son arrivée à la gare de Nice le 27 octobre à 20H31 jusqu’au matin du 29 octobre quand il est entré dans la basilique.Face aux questions du juge d’instruction, il n’avait eu chaque fois qu’une seule réponse: “Je ne sais pas”.Avant le demi-aveu de l’accusé, “Sdat-267″ a détaillé devant la cour les 36 heures passées à Nice par Brahim Aouissaoui.”Je m’excuse mais je dois diffuser des images brutales”, prévient l’enquêtrice.- “Un fou qui plante les gens” -Le 29 octobre, à 08h39, Nadine Vincent, épouse Devillers, 60 ans, entre dans l’église où se trouve depuis une dizaine de minutes Brahim Aouissaoui. Elle sera sa première victime.En regardant les images insoutenables de flagrance, on ne peut qu’imaginer la violence de la scène. Nadine Devillers, allongée sur le dos, a été pratiquement décapitée. Elle git dans une mare de sang.”On a relevé 17 plaies” sur le corps de la victime, précise l’enquêtrice dans un silence pesant.A 08H49, une fidèle arrive dans l’église et voit le corps de Nadine Devillers. Extrêmement choquée, elle sort pour donner l’alerte, dit qu’il y a une “femme blessée” à l’intérieur de l’église. Une mère de famille, Simone Barreto Silva, n’hésite pas et fonce dans la basilique pour la secourir. Mais elle tombe sur Brahim Aouissaoui.Poignardée à de nombreuses reprises, Simone Barreto Silva parvient à s’échapper. La vidéosurveillance la montre sortir de l’église jusqu’à la terrasse d’une pizzeria où elle succombera à ses blessures.Elle a reçu 25 coups de couteau, indique l’enquêtrice.Avant de mourir, la Franco-Brésilienne de 44 ans dit: “Il y a un fou qui plante les gens à l’intérieur de l’église”.Dans la salle d’audience, sa soeur pleure en silence.Alerté par les cris de détresse de Simone Barreto Silva, le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles, qui vient d’entrer dans l’église, se précipite pour lui porter secours. Brahim Aouissaoui se jette sur lui et l’égorge avec son couteau de cuisine muni d’une lame de 17 cm.Entre le premier crime de Brahim Aouissaoui et sa neutralisation par des policiers municipaux, se sont écoulées à peine 14 minutes.Le procès est prévu jusqu’au 26 février.

Violences à Bétharram: sous pression de la gauche, Bayrou “récuse” les accusations de mensonge

François Bayrou a “récusé” mercredi les accusations de mensonge portées par la gauche sur sa connaissance des violences et agressions sexuelles dans un établissement catholique qu’ont fréquenté ses enfants, les qualifiant de “polémiques artificielles”.Le parquet de Pau mène l’enquête depuis un an sur plus d’une centaine de plaintes visant des violences physiques, agressions sexuelles et viols qui auraient été commis au collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram entre les années 1970 et 1990.Le chef du gouvernement, originaire de la région, y a scolarisé plusieurs de ses enfants et son épouse y a enseigné le catéchisme.La semaine dernière, des témoins interrogés par l’AFP, après une enquête de Mediapart, ont affirmé que le Premier ministre avait connaissance dès la fin des années 1990 d’accusations d’agressions sexuelles. M. Bayrou était ministre de l’Éducation nationale entre 1993 et 1997.”Je récuse les polémiques artificielles sur ce sujet”, a déclaré le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. “Jamais je n’ai été, à cette époque, averti en quoi que ce soit, (…) des faits qui ont donné lieu à des plaintes ou à des signalements”, a redit le chef du gouvernement. Il avait déjà assuré mardi n’avoir “jamais été informé” par le passé de ces agressions.La réponse n’est “pas à la hauteur de la gravité des faits ni de la souffrance des victimes”, a protesté sur X le patron du PS Olivier Faure. “Bayrou démission”, a réclamé Mathilde Panot, cheffe des députés de la France insoumise.François Bayrou avait été interpellé par le député écologiste Arnaud Bonnet, qui lui demandait des “réponses claires” ou sinon de quitter son poste, comme avant lui le député LFI Paul Vannier.- “Lumière” -“Vous avez menti devant la représentation nationale”, a lancé M. Vannier, en citant de nouveaux documents de Mediapart. “Allez-vous (…) en assumer toutes les conséquences et présenter votre démission ?”.Déjà interrogé mardi par M. Vannier, le chef du gouvernement avait exprimé sa “sympathie” pour “les personnes, les hommes ou les garçons, qui ont été en souffrance dans ces affaires-là”.La formulation a suscité l’ire des députés socialistes, qui ont jugé dans un communiqué qu'”en ne prononçant jamais le mot +victimes+”, M. Bayrou “a fait preuve d’une légèreté inacceptable”, compte tenu de “la gravité de ces faits” qui ont eu lieu pendant près de 60 ans.”Votre silence indique que l’omerta règne au sommet de l’Etat. Il engage directement le président de la République, seul responsable de votre maintien à Matignon”, a complété Paul Vannier. Et “il donne aux députés une immense responsabilité au moment de voter ou de ne pas voter votre censure” mercredi sur le budget de la Sécurité sociale, même si la motion, qui n’est pas soutenue par le PS, a peu de chances d’être adoptée. Une autre motion du PS doit être examinée la semaine prochaine.- Collage -Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui a répondu sous les huées à Paul Vannier, a dit “avoir une pensée pour tous ces enfants (…) victimes et qui méritent, me semble-t-il, mieux que des jeux politiciens”, et renvoyé au parquet de Pau, “seul à pouvoir communiquer” sur cette affaire.Selon le procureur de Pau, interrogé mercredi, les auditions de victimes sont terminées et le parquet doit décider désormais des suites judiciaires à donner.François Bayrou assure que “lorsque la première plainte est déposée”, selon lui “en décembre 1997”, il a “quitté déjà le ministère de l’Education nationale depuis des mois”, et qu’il n’aurait pas scolarisé ses enfants dans un établissement visé par de “tels soupçons”.En avril 1996, une plainte avait déjà dénoncé les violences physiques d’un surveillant – qui a été condamné – sur un enfant de la classe d’un des fils de M. Bayrou Puis en mai 1998, alors que François Bayrou était redevenu député des Pyrénées-Atlantiques et président du Conseil général, un ancien directeur de l’institution avait été mis en examen et écroué pour viol.Selon Le Monde et La République des Pyrénées, François Bayrou a rencontré en 1998 le juge chargé d’instruire ce dossier. Cet ancien magistrat affirme qu’ils avaient évoqué l’affaire et a dit à Mediapart ne pas comprendre pourquoi l’actuel Premier ministre le “dément aujourd’hui”.Mediapart a aussi dévoilé mardi la lettre d’un ancien élève adressée en mars 2024 à François Bayrou qui raconte des faits d’attouchements subis à la fin des années 1950, restée sans réponse.Mercredi, l’association Mouvenfants, fondée par Arnaud Gallais, ancien membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), a collé des messages sur les murs du collège-lycée dénonçant “50 ans de déni” ou “112 plaintes pour des violences”, qui ont vite été retirés.caz-leo-ppy-cas-are/jmt/hdz

US releasing Russian crypto kingpin Vinnik in exchange for Fogel: official

The United States is releasing Russian cryptocurrency kingpin Alexander Vinnik as part of an exchange deal that saw Moscow free US teacher Marc Fogel a day earlier, a White House official said Wednesday.The official, speaking on condition of anonymity, replied “yes” when asked if US authorities had released or would be releasing Vinnik in exchange …

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Derrière les crédits plastique, l’incinération des déchets

Deux fois par jour, les sirènes de la cimenterie Chip Mong Insee au Cambodge retentissent, signe que des explosifs vont arracher à la montagne le calcaire destiné aux fours de l’usine qui carbure aux déchets plastiques.Il faut visiter le village de nuit pour voir s’échapper la fumée blanche des cheminées. Mais de jour, les habitants peuvent observer la poussière recouvrir les alentours. Ils accusent l’usine des maladies respiratoires apparues depuis qu’elle tourne à plein régime.Perdue dans le sud du Cambodge, dans le village de Touk Meas, cette cimenterie est un maillon discret mais typique d’un nouveau secteur très prisé des grandes entreprises: les crédits plastique.En voici le fonctionnement: une entreprise, qui vend des produits de grande consommation emballés dans du plastique, paie un intermédiaire pour la collecte et la gestion de déchets plastiques, dans une démarche présentée comme responsable. Un crédit acheté signifie généralement une tonne de déchets plastiques collectés.Idéalement, ceux-ci sont ensuite recyclés. En réalité, la plupart sont tout simplement brûlés comme combustible, sans grande précaution pour la santé des habitants, comme dans la cimenterie Chip Mong Insee. Une enquête de l’AFP et du site SourceMaterial (une organisation à but non lucratif qui regroupe des reporters spécialisés dans les investigations sur le changement climatique, la corruption et la démocratie) montre que le système des crédits plastique, promu pour réduire la pollution et doper le recyclage, repose largement sur une industrie plus polluante que l’aviation: les cimenteries où finissent incinérées des quantités industrielles de déchets liés à ces crédits.”Les habitants paient le coût et les entreprises récoltent les bénéfices”, estime Miriam Rotkin-Ellman, experte technique pour l’organisation Environmental Justice Health Alliance for Chemical Policy Reform (EJHA). “Le divorce est total entre ceux qui subissent et ceux qui profitent.”Une demi-douzaine d’habitants interrogés par l’AFP à Touk Meas en janvier décrivent les mêmes symptômes depuis l’entrée en service de la cimenterie en 2018.”On tousse souvent”, confie Pheara, qui ne souhaite pas révéler son nom comme la plupart des personnes interrogées localement. “Avant, quand on tombait malade, peu de médicaments suffisaient. Maintenant pour se soigner, il faut en prendre à plusieurs reprises et consulter différents médecins.” La cimenterie a certes apporté des emplois aux villageois mais elle a détérioré leurs conditions de vie. “Je ne veux plus vivre ici, il y a tellement de poussière”, poursuit Pheara. “Mais qui achètera ma maison ?”- “Solution paresseuse” -Personne ne conteste l’énormité du problème : au moins 22 millions de tonnes de plastique se sont déversées dans l’environnement en 2019 selon l’OCDE. Et les quantités augmentent.Ce problème se concentre dans les pays pauvres comme le Cambodge, où le ramassage et le tri des déchets sont insuffisants ou inexistants. Les rues cambodgiennes, les champs, les cours d’eau vomissent de plastique.Ce sont ces déchets que les inventeurs des crédits plastique ciblent.Ils proposent aux multinationales de produits de grande consommation, comme Colgate-Palmolive, PepsiCo ou Mondelez, de leur vendre des crédits équivalant à un certain nombre de tonnes de déchets traités. Les groupes pourront dire qu’ils ont compensé leur empreinte plastique.Mais le secteur, concentré en Asie, en Amérique latine et en Afrique, n’est encadré par aucune norme universelle. Les projets sont certifiés par des auditeurs privés sans contrôle des autorités.L’engouement est cependant réel : le marché pourrait atteindre 4,2 milliards de dollars en 2050, selon BloombergNEF.C’est “une solution très, très paresseuse”, juge Piotr Barczak du réseau ACEN (African Circula Economy Network). “Elle permet aux entreprises productrices de plastique de perpétuer leur modèle économique.”Les vendeurs de crédits plastique admettent que rien, dans ce système, n’oblige les entreprises à réduire leur recours au plastique. Mais ils notent que la démarche leur coûte de 140 à 670 dollars par tonne, ce qui pourrait les motiver financièrement à consommer moins de plastique.”A partir d’un certain niveau, il y aura une incitation économique à agir davantage”, veut croire Sebastian DiGrande, directeur général du registre de crédits plastique PCX Markets.- “Personne ne contrôle” -Pour faire du ciment, la technique traditionnelle consiste à cuire du calcaire à plus de 1.000°C, une température généralement atteinte en brûlant du charbon. Dans la cimenterie cambodgienne, le charbon est en partie remplacé par du plastique, dont les cendres sont ensuite utilisées dans la composition du ciment.Selon une analyse des données de quatre grandes places de marché de crédit par l’AFP et SourceMaterial, un quart seulement des crédits vendus concernent des projets qui recyclent les déchets. Pour plus des deux tiers des crédits, le plastique finit incinéré.Les promoteurs se défendent en rappelant que tous les plastiques ne sont pas recyclables, des déchets pouvant être trop contaminés ou mélangés.Contrairement aux pays riches, les contrôles sont très limités dans les pays en développement, explique Jorge Emmanuel, spécialiste de l’environnement et de la santé à l’université Silliman aux Philippines.”Il y a souvent des lois, mais elles peuvent être totalement ignorées, faute de contrôles”, dit-il. “Personne ne contrôle les rejets.”Les très hautes températures des cimenteries sont censées empêcher le rejet de polluants organiques persistants comme les dioxines cancérigènes ou les “polluants éternels” (PFAS).Mais à l’allumage des fours ou durant le refroidissement, ou bien quand des combustibles différents sont ajoutés, des dioxines peuvent être produites et s’échapper, selon Jorge Emmanuel.”Dès qu’on introduit des déchets (…) on apporte de nouveaux cocktails de contaminants”, explique Lee Bell du réseau d’ONG International Pollutants Elimination Network. Et les filtres des cimenteries ne sont pas conçus pour les piéger.Près de la cimenterie, le petit café de Kongthy, 56 ans, est régulièrement envahi par une odeur de plastique brûlé. Elle-même ne boit plus l’eau de pluie, montrant la poussière omniprésente. “On n’ose pas la collecter. On boit de l’eau en bouteille.”Même lorsqu’elles fonctionnent uniquement au charbon, les cimenteries créent des risques sanitaires, rappelle l’Agence américaine de protection de l’environnement. Notamment des cancers, des problèmes cardiovasculaires et pulmonaires, et des risques pour les foetus, énumère Miriam Rotkin-Ellman.- Mieux que rien? -A Touk Meas, les ouvriers de la cimenterie disent être rassurés par une visite médicale annuelle et leurs équipements de protection.Ils confirment que l’usine brûle du plastique mais aussi des huiles usagées, des vêtements, des sacs en plastique et même des bouteilles en plastique, pourtant l’un des objets les mieux recyclables.”Ils ont des filtres”, explique Vork, un opérateur. “Cela n’a rien à voir avec une incinération en plein champ.”Le plastique que les fours incinèrent est livré par Tontoton, une société qui vend des crédits à des entreprises dont Celebrity Cruises et le cabinet EY.Ni Chip Mong Insee ni Tontoton, ni Celebrity Cruises ou le cabinet EY n’ont répondu aux questions de l’AFP.Ces crédits-là sont vendus sur une place de marché opérée par Zero Plastic Oceans. Pour son cofondateur, le Français Vincent Decap, cette technique de “cotraitement” (au charbon et au plastique) est la meilleure solution pour gérer les déchets plastiques de nombreux pays comme le Cambodge.”Nous ne cherchons pas la perfection. Quand on vise la perfection, on ne fait rien”, dit-il. Les mesures de qualité de l’air effectuées par l’AFP et SourceMaterial autour de la cimenterie et dans un emplacement éloigné et isolé n’ont pas mis en évidence de taux plus élevés de particules fines PM2.5, qui peuvent pénétrer dans les poumons, autour de l’usine. L’emplacement éloigné avait des taux supérieurs, sans doute en raison de brûlis agricoles à proximité.Les experts interrogés soulignent que les appareils communs ne peuvent pas détecter les substances les plus problématiques générées par la combustion du plastique.Le ministère cambodgien de l’Environnement affirme de son côté que la combustion du plastique est régulée, contrôlée et interdite en plein air. Mais des déchets sont régulièrement brûlés en extérieur, a constaté l’AFP.- “Dans un monde idéal…” -Qu’en est-il de l’impact sur le climat ? La fabrication du ciment génère 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sur le papier, remplacer le charbon par du plastique permet de réduire cette empreinte carbone.Mais le calcul est plus complexe lorsque l’on prend en compte l’ensemble du cycle de vie du charbon et du plastique – qui est lui-même issu de la transformation d’hydrocarbures.Incinérer le plastique ne revient pas à le recycler, explique Ed Cook, spécialiste de l’économie circulaire du plastique à l’université britannique de Leeds. “Il faut éviter et chercher des alternatives à l’incinération de combustibles fossiles, quelle que soit leur source.”Ces débats sont très théoriques pour Sebastian DiGrande, dans des pays où les déchets plastiques, autrement, sont brûlés artisanalement en extérieur.”Dans un monde idéal, ces plastiques à usage unique n’existent pas et il n’y a pas de plastique dans l’environnement”, répond-il. “En attendant, ma question reste : que voulez-vous qu’en en fasse?”Une “fausse alternative”, rétorque Neil Tangri, du centre de politiques publiques environnementales à l’université américaine de Berkeley. Lui estime qu’il ne faut pas accepter ces techniques d’incinération dans les cimenteries comme un système de gestion des déchets à part entière. Le vrai objectif, selon lui, reste de réduire la production de plastique.Une production appelée à tripler d’ici 2060, selon l’OCDE. Alors que les négociations pour un premier traité mondial contre la pollution plastique ont échoué spectaculairement en décembre dernier.

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Les tortues de mer peuvent apprendre la carte magnétique d’un endroit préféré

Une espèce commune de tortues de mer peut apprendre une carte magnétique de ses endroits de prédilection, comme les lieux de ponte ou de nourriture, selon une étude qui confirme un mécanisme distinct du compas magnétique qu’elle utilise pour s’orienter.Caretta caretta, la tortue caouanne, est une grande voyageuse, capable de sillonner les océans en s’aidant des courants. Elle s’oriente dans ces périples avec une sorte de compas interne, capable de mesurer les variations des lignes du champ magnétique terrestre. Ceinturant la planète d’un pôle à l’autre, ces lignes de champ servent à toute une série d’animaux migrateurs, qu’il s’agisse par exemple de saumons ou de certaines espèces d’oiseaux.Ils savent aussi dresser une carte magnétique de leurs endroits de prédilection, utiles pour la reproduction, la ponte, l’alimentation ou encore comme abri saisonnier, en utilisant l’intensité du champ magnétique ainsi que l’inclinaison spécifique de la ligne de champ par rapport à la surface.Ce qui suppose que l’animal ait enregistré et retenu ces coordonnées magnétiques.Pour la première fois, une étude apporte une “preuve directe qu’un animal peut apprendre et se souvenir de la signature magnétique naturelle d’une zone géographique”, écrivent dans la revue Nature, Kayla Goforth, de l’Université de Caroline du Nord et ses collègues.Qui ont aussi découvert que les tortues de leur expérience “répondent aux signatures magnétiques apprises sans utilisation de leur compas magnétique”. Autrement dit, les mécanismes de magnétoréception à l’oeuvre dans le compas et la carte sont distincts.Les chercheurs ont utilisé de jeunes tortues caouannes, tenues captives dans des bassines. Le tout placé sur une plateforme équipée d’un système de bobines magnétiques répliquant l’intensité et l’inclinaison spécifiques du champ magnétique terrestre d’un endroit dans l’Océan atlantique. – La “danse des tortues” -Elles ont alors été conditionnées sur deux mois, avec une alternance quotidienne entre deux endroits, situés par exemple sur la côte nord-américaine et dans le Golfe du Mexique, mais en étant nourries uniquement dans un seul et même lieu.Les chercheurs ont ensuite observé leur comportement en l’absence de nourriture, et notamment leur “danse des tortues”. Les jeunes caouannes attendent leur pitance en se dressant juste sous la surface de l’eau, bouche ouverte, avec des mouvements rapides de nageoires, voire en faisant la toupie. Privées de nourriture, les jeunes tortues ont reconnu le bon “endroit” de leur carte magnétique en y dansant avec plus d’entrain que dans l’autre. Un résultat fournissant une “preuve solide” que l’animal peut “apprendre les signatures magnétiques de zones géographiques spécifiques”. Mais aussi s’en souvenir au moins quatre mois après la période de conditionnement.Là où l’affaire se complique est sur les mécanismes à l’oeuvre. Qui restent indéterminés “sans équivoque” quels que soient les animaux concernés, remarque l’étude.Une hypothèse repose sur la capacité chez l’animal à détecter l’influence du champ magnétique sur une réaction électronique entre certaines molécules excitées par la lumière. Un mécanisme de magnétoréception chimique, qu’on sait perturbé par l’émission d’un champ d’ondes radio.Or les jeunes tortues de l’expérience n’ont pas été perturbées le moins du monde par cette émission de fréquence radio dans l’expérience de la carte, en se mettant à danser comme il faut à l’endroit où il faut. – “Hypothèse de travail” -En revanche, cela n’a pas été le cas dans une expérience d’orientation impliquant leur compas. Les jeunes tortues naissant en Floride ont l’habitude de faire un grand tour de l’Atlantique nord, en passant près des côtes africaines avant de s’en retourner, en utilisant les courants, vers les eaux nord-américaines.Dans un grand bac mimant les conditions magnétiques que l’on trouve au Cap Vert, elles se sont bien orientées vers l’Ouest et leur bercail américain. Mais sous l’influence d’une émission de radiofréquence, elles se sont dispersées un peu n’importe où. Conclusion de l’étude, une “hypothèse de travail raisonnable est que le sens du compas repose sur une magnétoréception chimique, alors que le sens de la carte repose sur un mécanisme alternatif”.    Cette hypothèse est renforcée par celle affirmant, selon les chercheurs, qu’un tel double mécanisme est aussi à l’oeuvre chez d’autres vertébrés migrateurs. 

Unfinished deepsea observatory spots highest-energy neutrino ever

A neutrino with 30 times more energy than any previously seen on Earth was detected by an unfinished observatory at the bottom of the Mediterranean Sea after travelling from beyond this galaxy, scientists said Wednesday. Neutrinos are the second most abundant particle in the universe. Known as ghost particles, they have no electric charge, almost no …

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Le texte d’Attal sur la justice des mineurs à l’épreuve de l’hémicycle

Comparution immédiate, sanction des parents, dérogations à l’excuse de minorité: l’examen d’un texte risqué de Gabriel Attal visant à durcir la justice des mineurs, soutenu par le gouvernement mais honni par la gauche, débute mercredi soir dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.La proposition de loi visant à “restaurer l’autorité” de la justice à l’égard des “mineurs délinquants” et de “leurs parents” reprend une série de mesures annoncées au printemps par Gabriel Attal, alors Premier ministre.Le texte se veut une réponse aux violences urbaines de l’été 2023 – après la mort du jeune Nahel, tué par un policier à Nanterre – selon l’ex-chef du gouvernement qui, après être redevenu député, a décidé de le porter dans l’hémicycle.”Je propose qu’on soit plus ferme dans la réponse pénale face à un certain nombre d’actes de délinquance, à des délits, à des crimes qui viennent des mineurs”, a résumé M. Attal mercredi matin sur RTL.Il bénéficie de l’appui de la coalition du Premier ministre, François Bayrou, qui a manifesté son soutien au texte dans la foulée du meurtre d’Elias, un adolescent de 14 ans mortellement poignardé à Paris pour son téléphone portable le 24 janvier.Les parents de l’adolescent ont encouragé mercredi le Parlement à légiférer sur la justice des mineurs, saluant la proposition.Mais son adoption est loin d’être assurée. La gauche est vent debout contre le texte “directement inspiré par les idées de l’extrême droite”, selon le député socialiste, Hervé Saulignac, qui défendra une motion de rejet préalable.- Le RN “plutôt favorable” -Lors de l’examen en commission des Lois, fin novembre, la gauche avait détricoté le texte, en l’absence d’un grand nombre de députés du centre, de la droite et de l’extrême droite.M. Attal a déposé des amendements pour rétablir les mesures supprimées, à commencer par la création d’une procédure de comparution immédiate pour les mineurs de 16 ans pour des faits graves.Il entend également “inverser les choses” sur “l’excuse de minorité” qui permet d’atténuer les peines judiciaires, afin “qu’elle ne soit plus automatique à partir de 16 ans, pour des faits particulièrement graves”.”Ce n’est pas en enfermant un enfant qu’on lui ouvre de nouvelles perspectives”, s’indigne le député écologiste Pouria Amirshahi dans une tribune publiée dans le journal Libération, appelant plutôt à s’inquiéter de la suppression de 500 postes envisagés à la protection judiciaire de la jeunesse. Le texte, dont l’examen débutera à 21H30 et devrait se poursuivre jeudi matin, prévoit en outre de durcir les sanctions envers les parents de mineurs délinquants.Une orientation qui convient au Rassemblement national. “On est plutôt favorable à tout cela”, a reconnu son vice-président, Sébastien Chenu, sur TF1.Le bloc central est, en revanche, partagé: si certains membres de l’aile droite se réjouissent de “propositions fortes et radicales”, d’autres ne cachent pas leur malaise.Comme le député macroniste, Ludovic Mendes, qui déplore que le texte ne soit “pas complet” et “ne traite qu’une partie du problème”, en l’absence notamment de mesures pour “protéger” les mineurs de l’exploitation des adultes, par exemple.Un élu redoute “qu’il ne passe qu’avec l’appui de l’extrême droite”. – Un test pour Attal -Plus largement, “dans la majorité, il n’y a pas un enthousiasme débordant”, confie à l’AFP un député LR, déçu par “un texte mal ficelé” et qui “rate un peu l’objectif”.Des voix s’élèvent toutefois à droite pour battre le rappel, à l’instar de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse: il “faut qu’on vote la proposition de loi Attal”, “elle est importante”, a-t-elle affirmé sur France 2.Le dossier a aussi valeur de test pour l’ancien Premier ministre, dans le creux de la vague après des revers essuyés par son parti Renaissance lors de récentes élections, et des critiques sur sa méthode employée comme chef du groupe, lui reprochant d’avoir manqué à “mobiliser” ses troupes ces derniers mois.En dehors de l’hémicycle, dans le monde judiciaire, le texte provoque une levée de bouclier.  “Nous, ce qu’on veut, ce qu’on sollicite, c’est plus de moyens pour la justice des mineurs. Vous avez des mesures éducatives qui ne sont pas du tout mises en œuvre (…) faute d’éducateurs suffisants”, dit à l’AFP Me Carole Sulli, membre du syndicat des avocats de France, qui a répondu à l’appel d’un rassemblement contre le texte devant le tribunal de Paris, par une dizaine de syndicats et organisations. parl-cma-gbh/sl/jmt/tes