AFP Top News

Eaux minérales altérées: deux enquêtes ouvertes à Paris visant Nestlé et Sources Alma

Après une première amende, vers des investigations plus larges? Un juge parisien a décidé d’enquêter sur deux plaintes de l’association Foodwatch pour “tromperie” visant Nestlé et Sources Alma pour leur traitement, possiblement illicite, de leurs eaux minérales, ouvrant un dossier qui pourrait éclabousser le pouvoir politique.Confirmant partiellement une information de Radio France et du Monde, une source proche du dossier a indiqué jeudi à l’AFP que le magistrat instructeur n’avait pas suivi les réquisitions du parquet de Paris qui l’estimait incompétent territorialement et avait décidé mercredi de se pencher sur cette affaire.Foodwatch avait déposé cet automne deux plaintes avec constitution de partie civile contre les pratiques de Nestlé Waters (Perrier, Hépar, Contrex, Vittel), filiale du géant suisse, et celles du groupe Sources Alma, leader en France des eaux minérales et de source (Cristaline, St-Yorre, Vichy Célestins, etc.).De nombreuses infractions étaient visées, dont la tromperie et les pratiques commerciales trompeuses, dans la plainte déposée par Me François Lafforgue.Ces informations judiciaires sont “une excellente nouvelle”, a réagi Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch, qui espère “casser le climat d’impunité et que la justice fasse toute la lumière sur les responsabilités de Nestlé Waters et Sources Alma mais aussi sur le rôle des autorités publiques et particulièrement du gouvernement”.Début février, Radio France et Le Monde ont publié des éléments accusant la présidence et les services du Premier ministre d’avoir cédé au lobbying de Nestlé.Les deux médias citaient une note de début 2023 du directeur général de la santé (DGS) Jérôme Salomon, qui recommandait de “suspendre immédiatement l’autorisation d’exploitation et de conditionnement de l’eau pour les sites Nestlé des Vosges” et d’étendre cette interdiction “au site d’embouteillage de Perrier (à Vergèze, dans le Gard)”.Cette note, qui aurait été transmise au cabinet de la Première ministre, Elisabeth Borne, recommandait de refuser à Nestlé toute dérogation quant à la microfiltration, au risque d’un contentieux avec Bruxelles. Mais un mois plus tard, les cabinets de Matignon et de l’Elysée l’auraient autorisée, selon les deux médias.Emmanuel Macron avait rejeté toute “entente” ou “connivence” avec Nestlé.- Traitements interdits -Dès novembre 2022, Médiacités avait indiqué que la répression des fraudes enquêtait sur “l’adjonction dissimulée de gaz carbonique industriel et d’une substance chimique interdite” dans des eaux de sources Alma. Début 2024, visé à son tour par des révélations de Radio France et du Monde, Nestlé Waters avait reconnu avoir eu recours par le passé à des traitements interdits (filtres au charbon, UV) qu’il dit avoir depuis retirés, et avait indiqué en avoir avisé le gouvernement français en 2021.Après cette alerte et sans toutefois ébruiter l’affaire ni informer les consommateurs, les autorités avaient ensuite permis aux industriels d’utiliser des microfiltres avec un seuil de filtration inférieur à 0,8 micron, qui fait depuis 2001 office de jurisprudence, faute de précision dans la réglementation européenne.Nestlé a aujourd’hui toujours recours à des systèmes de microfiltration à 0,2 micromètre, soulignant qu’ils ont été approuvés par le gouvernement en 2023 dans le cadre d’un plan de transformation soumis aux autorités.”Toutes nos eaux aujourd’hui sont pures à la source”, a aussi affirmé à l’AFP le 7 février Muriel Lieneau, directrice générale de Nestlé Waters.Dans une procédure visant spécifiquement ses eaux vosgiennes pour utilisation de traitements non autorisés sur les eaux minérales et exploitation de forages sans autorisation, Nestlé Waters a déjà payé en septembre à Epinal une amende de deux millions d’euros pour échapper à un procès.Foodwatch avait jugé le montant dérisoire.Alors qu’un principe judiciaire fondamental est qu’on ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits, le parquet de Paris a indiqué à l’AFP que le juge “étudierait dans le cadre de l’information judiciaire” les effets de cette amende payée par Nestlé, “susceptible de porter sur une partie des faits” relevant de la saisine du juge.La question pourrait aussi se poser pour le groupe Alma, visé par une procédure au parquet de Cusset (Allier).Les révélations de presse avaient conduit le Sénat à lancer en novembre une commission d’enquête, tandis qu’un premier rapport sénatorial divulgué un mois plus tôt pointait déjà l'”opacité” des pouvoirs publics et des industriels dans ce dossier.”Il est heureux que la justice se mette en mouvement”, a salué le sénateur socialiste Alexandre Ouizille, rapporteur de la commission d’enquête, rappelant que “chaque audition nous confirme la carence des ministères et des autorités administratives”.L’association de consommateurs CLCV avait aussi porté plainte contre X. Selon le parquet de Paris, elle est actuellement à l’analyse.

Présidence LR: Wauquiez déterre à son tour la hache de guerre

Le patron des députés Les Républicains Laurent Wauquiez a taclé jeudi son rival Bruno Retailleau lors du lancement de sa campagne à la tête de la présidence de LR, en assurant que “la France a besoin d’un ministre de l’Intérieur à temps plein”.”J’ai tout fait pour qu’on reste en équipe”, a déclaré le patron des députés LR à Valence devant près de 350 personnes qui l’ont accueilli au cri de “Laurent président !” lors de son premier meeting de campagne mis sur pied en “trois jours” sur ses terres d’Auverge-Rhône-Alpes. “J’aurais tant aimé que jusqu’au bout on reste comme cela”, a-t-il déploré, en allusion à la décision la veille de Bruno Retailleau, en verve dans les sondages, de se lancer dans la course, ajoutant qu’en politique “il faut additionner et non diviser”.Laurent Wauquiez, au contraire, a plaidé pour la “complémentarité” entre le parti et les membres du gouvernement.”Notre mouvement a évidemment besoin de ministres totalement engagés à leur tâche pour obtenir les résultats qu’attendent les Français (et) d’un président qui donne toute son énergie et son temps à la refondation” de LR, a-t-il soutenu, se disant opposé à des primaires ouvertes à droite.  Au lendemain de l’annonce de la candidature du ministre de l’Intérieur, le chef des députés LR, chargé de mener à bien la refondation d’un parti qui a frôlé la disparition, a d’abord annoncé sa candidature dans un entretien accordé au Figaro. Il s’est ensuite rendu à Valence où il a distillé des petites piques contre son adversaire qui lui dispute une présidence qui peut le propulser dans la course à l’Elysée. “Je ne dois rien à François Bayrou. J’ai donc la liberté de porter la parole de la droite sans être lié par la solidarité gouvernementale”, a-t-il soutenu devant la presse, prenant clairement ses distances par rapport à l’exécutif et le camp macroniste. Promettant de “faire tout pour aider Bruno Retailleau à obtenir des résultats” à Beauvau s’il prend la tête des Républicains, Laurent Wauquiez assure que sa “première responsabilité” comme président de LR “sera de rassembler”.A l’issue d’un conseil stratégique où les deux candidats se sont retrouvés au petit matin au siège du parti, le ministre de l’Intérieur a rejeté les accusations du clan Wauquiez qui lui reproche de ne pas avoir respecté un accord passé entre les deux hommes sur la distribution des rôles, l’un prenant le parti et l’autre entrant au gouvernement. “Voter ce n’est pas diviser. La démocratie a été inventée pour éviter la guerre, avec des règles”, s’est défendu Bruno Retailleau à l’issue de la réunion, rappelant que son rival avait lui aussi essayé d’entrer au sein des exécutifs successifs de Michel Barnier et de François Bayrou.Bruno Retailleau espère surfer sur sa popularité pour s’emparer du parti, héritier du gaullisme et dépourvu de patron depuis la décision en juin de l’ancien président Eric Ciotti de faire alliance avec le RN aux législatives. – La bataille a commencé -Lors de la réunion du conseil stratégique, les deux candidats ont soigneusement évité de mettre de l’huile sur le feu, tout en lançant une première bataille autour du calendrier pour l’organisation du congrès qui devra désigner le nouveau président des Républicains.Une note de juristes a “préconisé” un délai de 90 jours pour la convocation du congrès et non celui de 45 jours qui figure dans les statuts. Les partisans de Bruno Retailleau étaient favorables à une accélération du processus, tandis que Laurent Wauquiez a défendu que le délai de 90 jours soit respecté. La haute autorité du parti s’est réunie dans la soirée afin de trancher pour que le processus électoral soit lancé dès dimanche, veille du bureau politique qui doit entériner la date du congrès, mais sa décision n’a pas encore été communiquée.”Elle va probablement préconiser un délai de 90 jours”, a affirmé un participant à l’issue de la réunion, estimant qu’elle ne peut se permettre de prendre le risque d’une bataille juridique qui retarderait tout le processus. Le congrès aurait donc lieu le 17 mai.Dans son intervention au conseil stratégique, le patron des députés a assuré que l’élection du président de LR ne devait pas être “l’antichambre de 2027”. Ce à quoi Bruno Retailleau a immédiatement répondu en disant qu’il était “d’accord”. “Je suis bien d’accord”, a insisté le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui a d’ores et déjà annoncé sa candidature à l’Elysée tout en soutenant la candidature Retailleau pour la présidence de LR.

Zelensky says Putin ‘peace’ comments not to be trusted

Ukraine’s President Volodymyr Zelensky on Thursday warned against trusting Vladimir Putin, as US President Donald Trump insisted he believed the Russian leader “wants peace”.Trump’s shock statement that he wanted to begin talks with Putin to end the war stunned Ukraine and European allies — several of whom questioned his strategy and warned Washington not to hatch …

Zelensky says Putin ‘peace’ comments not to be trusted Read More »

Face aux licenciements et à la crise, le jeu vidéo se met en grève en France

Le secteur français du jeu vidéo s’est mis en pause jeudi, le temps d’une grève nationale inédite et de rassemblements dans une dizaine de villes pour dénoncer les conditions de travail et les destructions d’emplois.Après des années fastes liées aux confinements, où les ventes se sont envolées, cette industrie traverse une période de reflux depuis près de deux ans, marquée par des vagues de licenciements et des fermetures de studios.A l’appel du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), des rassemblements ont eu lieu dans près d’une dizaine de villes, dont Paris, Bordeaux, Lyon et Rennes. D’autres organisations syndicales avaient rejoint cet appel, y compris à l’étranger, comme au studio du géant français Ubisoft à Barcelone, en Espagne.Le STJV a salué “une journée historique”, avec “des grèves dans trois pays” et “plus de 1.000 personnes à nos rassemblements en France”. “Le rapport de force a changé”, a-t-il estimé sur X.A Paris, où l’on comptait près d’une centaines de personnes, Max Robert, développeur informatique de 29 ans, estime que “c’est important de se mobiliser” face à “une crise historique”, dans un secteur qui emploie entre 12.000 et 15.000 personnes en France.Parmi les revendications: l’arrêt des licenciements, de meilleures conditions de travail et plus de transparence sur le fonctionnement et les finances des entreprises.A Montpellier, une quarantaine de salariés du secteur, l’un des moteurs économiques de la région, se sont rassemblés devant l’entrée du siège local d’Ubisoft, où travaillent quelque 470 personnes.Pour Erwin Besnault, dont le métier consiste à tester la qualité des jeux, “on a trop longtemps joué sur l’excuse du métier passion et de la jeunesse de l’industrie pour accepter les sacrifices. Aujourd’hui, les gens sont cramés”.”La mobilisation est super importante parce que le milieu de l’industrie du jeu vidéo va vraiment très, très mal en ce moment, même à l’international. On parle de plus de 14.000 licenciements en 2024, dont des centaines en France. Et, là, 2025 commence déjà sur les chapeaux de roue”, a souligné de son côté Gaëtan Lebègue, programmeur et membre du STJV, à Lyon où se sont réunies une soixantaine de personnes.- Studios en difficulté -Ces derniers mois, plusieurs acteurs du secteur ont été touchés par d’importants mouvements sociaux, jusqu’ici plutôt rares dans cette industrie.En octobre, le mastodonte Ubisoft, qui emploie près de 18.000 personnes dans le monde (4.000 en France), a vu près d’un millier de salariés se mobiliser pour protester contre un changement de politique sur le télétravail.Après plusieurs lancements décevants, le groupe a annoncé jeudi avoir enregistré au 3e trimestre un chiffre d’affaire quasiment divisé par deux, entre le report au 20 mars de son titre phare “Assassin’s Creed Shadows”, et les mauvaises ventes à Noël de son dernier blockbuster “Star Wars Outlaws”.Autre acteur en position délicate, le studio Don’t Nod a fait face à plusieurs jours de grève après l’annonce d’un plan de licenciements, qui verrait le départ de 69 employés sur les quelque 250 à Paris.Depuis, un accord a été signé pour “privilégier les départs volontaires et limiter les départs contraints”, a indiqué la direction à l’AFP, “après une période de fortes tensions sociales”.- “Gueule de bois” -En septembre, plusieurs employés des studios Spiders et Kylotonn, propriétés de l’éditeur français Nacon, ont aussi fait grève pour dénoncer leurs conditions de travail, s’alarmant des risques de burn-out et d’une désorganisation des plannings.Longtemps considéré comme un secteur “créatif et artisanal”, le jeu vidéo est désormais “une industrie comme les autres”, estime l’économiste spécialiste des industries culturelles Julien Pillot.Pour lui, “des centaines, voire des milliers” de ses salariés “se réveillent avec la gueule de bois” car “ils se rendent compte que ce sont devenus des ouvriers comme les autres”.Mais au-delà de la réalité économique difficile, cette grève a aussi voulu mettre en lumière certaines dérives.Le STJV a partagé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux de nombreux témoignages anonymes d’employés de l’industrie, illustrant selon lui l’ambiance toxique et le sexisme régnant dans certaines entreprises.Créé en 2017 et présent dans une vingtaine de studios français, le syndicat dit observer une hausse “exponentielle” du nombre de ses adhérents, qui devrait bientôt atteindre le millier. kf-cte-mkr-str-siu/may/reb/as

En Ile-de-France, Valérie Pécresse veut sévir contre la fraude dans les transports

Opérations de contrôles continus, plateforme de vérification des adresses des contrevenants, moyens supplémentaires pour les opérateurs… L’autorité des transports franciliens veut diviser la fraude par deux sur son réseau d’ici la fin de l’année, alors que celle-ci est en forte augmentation depuis le Covid. “La fraude, c’est 700 millions d’euros de manque à gagner par an en Ile-de-France”, a indiqué la présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse. “C’est le double de ce qu’on constatait (…) il y a une dizaine d’années et c’est l’équivalent de deux nouvelles lignes de tramways ou 1.500 nouveaux bus propres”, a-t-elle complété. D’après la présidente LR du conseil régional d’Ile-de-France, “le Covid a été un accélérateur de la fraude” avec l’arrêt de la vente des tickets à bord des bus qui a engendré “une espèce de tolérance” vis-à-vis des fraudeurs. Le taux de fraude atteint 15,2% dans les bus – contre environ 11% avant le Covid, selon Valérie Pécresse – et 4,8% dans le métro et le RER. “Il faut ajouter 7,5% de défaut de validation” de pass Navigo ou Imagin’R, a précisé la dirigeante politique, alors que les opérateurs sont aussi rémunérés au nombre de validations de titres. – Disparités régionales -Pour le Noctilien, les bus de nuit, c’est encore pire: plus d’un quart des usagers (26,7%) ne paient pas leur titre de transport. Le tramway est “un autre point noir” pour Mme Pécresse, avec 16% de resquilleurs contre environ 10% avant le Covid. La présidente de région a également établi un palmarès des zones les plus touchées par la fraude. Dans le métro, les lignes les plus concernées sont la 4, la 12 et la  13 avec une forte concentration d’infractions constatées dans le nord de Paris et en Seine-Saint-Denis.Le quartier populaire de Château-Rouge dans le 18e arrondissement de Paris arrive en tête avec 17,3% de fraudeurs, suivi de Aimé Césaire à Aubervilliers (16,7%) et de Porte de la Chapelle dans le 18e (15,1%).Dans les bus, la fraude atteint des sommets au Mesnil-Amelot (28,6%) près de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle ou encore à Villiers-le-Bel-Saint-Denis (23,4%). La ligne de bus entre La Courneuve et Deuil-la-Barre remporte la palme avec 63% de resquilleurs parmi ses usagers.- Concurrence -“On constate beaucoup plus de civisme dans les bus de grande couronne”, a affirmé Valérie Pécresse. Elle lie cela à l’ouverture à la concurrence puisque “chaque opérateur a la responsabilité de lutter contre la fraude” sur les lignes qu’il exploite et est rémunéré en fonction du nombre de validations. La fraude y atteint 11,5% un an après l’ouverture à la concurrence, d’après IDFM, contre 12,7% en moyenne auparavant.Pour réduire de moitié la fraude, la présidente de région a donc proposé plusieurs mesures, notamment “des opérations de contrôle continu”. “Nous irons là où nous repérons une fraude importante, et nous allons rester des semaines entières, le matin jusqu’au soir”, a-t-elle détaillé.A partir de lundi, 500 agents de contrôles seront dédiés uniquement à ces opérations. Le principe a déjà été expérimenté sur la ligne de bus entre Trappes et Saint-Quentin-en-Yvelines où la fraude est passée de 13% à 6% en deux semaines, selon Mme Pécresse.Grâce à la loi sur la sécurité dans les Transports votée mardi à l’Assemblée nationale, les contrôleurs pourront aussi à partir de cet été contrôler en direct l’adresse des contrevenants grâce au dispositif “Stop Fraude” qui met à disposition des agents une plateforme nationale synchronisée avec les impôts.Aujourd’hui, seul 64% des amendes dressées dans les transports sont finalement recouvrées, dont la plupart sont réglées immédiatement. Enfin, IDFM va fixer aux entreprises exploitantes du réseau (RATP, Transdev, Keolis…) des objectifs plus ambitieux de lutte contre la fraude. En grande couronne, 30% de leur rémunération est liée à la validation, ce qui sera également le cas à partir de 2026 pour les bus de Paris et de la petite couronne, eux aussi ouverts à la concurrence.

Attaque à la grenade dans un bar de Grenoble: l’auteur toujours en fuite

La police recherche activement l’auteur de l’attaque à la grenade qui a fait une quinzaine de blessés mercredi soir dans un bar d’un quartier populaire de Grenoble, où les habitants se disent “choqués” mais pas totalement surpris par cette violence.Des agents sont restés postés jeudi devant l’Aksehir, un bar associatif du quartier du Village olympique, où le calme est revenu au lendemain de l’attaque, dont le mobile reste inconnu.”J’ai entendu un grand boum, j’ai regardé et je me suis dit que ce n’était pas un pétard ni un feu d’artifices”, raconte Agnès Lefebvre-Paquet, une septuagénaire croisée sur place par l’AFP. Sans se poser plus de questions pour autant: “Je me suis dit que c’était des problèmes du quartier”.”On est tous choqués, tous, tous”, ajoute une de ses voisines qui ne veut pas donner son nom. “Ca fait 30 ans qu’on habite là et c’est de pire en pire”, poursuit-elle.La veille, vers 20H15, un homme “cagoulé”, armé d’un fusil d’assaut “pouvant être de type kalachnikov”, est entré dans le bar où se trouvaient de nombreux clients. Sans dire un mot, il a jeté une grenade à fragmentation et a pris immédiatement la fuite à pied, avant l’explosion de la grenade, selon plusieurs sources judiciaires.La déflagration a fait une quinzaine de blessés, dont six ont été pris en charge en urgence absolue, et “au moins deux” restent encore avec un pronostic vital engagé, a déclaré le ministre de la Santé Yannick Neuder, en marge d’une visite jeudi matin aux soignants au CHU de Grenoble où les victimes ont été hospitalisées.- “techniques de guerre” -Evoquant un mode opératoire avec “une grenade extrêmement violente, c’est quasiment des techniques de guerre”, le ministre a fait état de blessures avec “des coupures et des perforations d’organes”.”Au regard de la gravité du préjudice subi et du mode opératoire”, la Juridiction interrégionale spécialisée dans la criminalité organisée (JIRS) du parquet de Lyon s’est saisie de l’enquête, a indiqué le procureur de Lyon dans un communiqué.Les investigations se poursuivent sous le chef notamment de “tentative de meurtre en bande organisée”, et l’assaillant reste activement recherché, a-t-il précisé.”On imagine mal un type solitaire faire ça”, a dit à l’AFP M. Dran, en soulignant la “rareté” des attaques à la grenade. Mais à ce stade “toutes les pistes sont envisageables”, a-t-il poursuivi.L’attaque peut être liée à “un règlement de comptes”, “au trafic de drogues, au trafic de cigarettes, à une inimitié exacerbée…”, avait indiqué auparavant le procureur adjoint de Grenoble François Touret de Coucy, en excluant “a priori” la piste terroriste.- “Tout est possible” -Le bar visé, dont le nom fait référence à une ville turque et fréquenté par une clientèle masculine, ne soulevait pas d”inquiétudes particulières”, a encore dit M. Touret de Coucy. Mi-janvier, cet établissement et quatre autres bars associatifs du quartier Village olympique avaient été contrôlés lors d’une opération de la police et des douanes. Au total, 10 personnes avaient été interpellées notamment pour séjour irrégulier ou blanchiment présumé, et 25 kg de tabac de contrebande saisis, avait indiqué à l’époque le parquet.Karim, un agent municipal qui ne souhaite pas donner son nom, est un habitué des lieux, où il prend un café tous les matins quand il nettoie la place adjacente.”D’habitude, c’est propre, c’est calme. Il n’y a rien. On boit un café là, on discute”, dit-il en faisant part de sa surprise. Mais “à Grenoble, tout est possible”, ajoute-t-il, désabusé, tandis que des parents se pressent pour accompagner leurs enfants à l’école.La ville connaît régulièrement des épisodes de violences, notamment par armes à feu, liés au trafic de drogues, les autorités ayant même évoqué l’été dernier une “guerre des gangs”.Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, doit effectuer vendredi un déplacement à Grenoble sur le thème de la sécurité du quotidien, une visite prévue avant l’explosion de mercredi soir.