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Comment arrêter un antidépresseur ? Une question toujours dure à trancher

Que faire quand un patient sous antidépresseurs va mieux ? Longtemps négligée, la question est aujourd’hui perçue comme un enjeu médical majeur et les recherches s’accumulent sur la manière d’arrêter un traitement. Mais les réponses restent incertaines et difficiles à appliquer.”Dès que l’on change ou réduit un antidépresseur, c’est une source d’angoisse pour la personne concernée”, rapporte à l’AFP Christine Villelongue, co-présidente de l’association France Dépression. Or, “il n’y aucun cadre: très souvent, quand on arrête, il n’y a pas de suivi”.Après plusieurs décennies d’usage, les médecins savent très bien dans quelles conditions prescrire un antidépresseur, lequel privilégier dans un premier temps, comment évaluer sa réussite… Des règles précises sont enseignées et mises en pratique.Mais, quand le patient va mieux, les incertitudes se multiplient. Faut-il poursuivre le traitement tel quel, avec des effets secondaires qui peuvent s’accumuler à long terme ? Le continuer à faible dose ? L’arrêter, au risque d’une rechute ou d’un sevrage difficile ? Et, si oui, soudainement ou progressivement ?Ces questionnements font, depuis plusieurs années leur chemin chez les psychiatres, avec l’émergence d’un concept: la “déprescription” qui incarne l’importance de réfléchir à l’arrêt d’un antidépresseur, une prise de conscience qui n’a longtemps rien eu d’évident.”Tout au long de mon internat, achevé pourtant très récemment, ce sujet n’a jamais été abordé dans l’enseignement”, explique à l’AFP la psychiatre française Maeva Musso, présidente de l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues.Lorsque les patients “expriment le souhait de réduire leurs traitements, cela est encore trop souvent interprété par le corps médical comme un déni de leur trouble”, poursuit Mme Musso, très engagée sur le sujet de la déprescription.- Une vaste étude -Elle note que d’autres pays sont plus avancés que la France, comme la Norvège, où des consultations dédiées à la déprescription sont proposées, ou les Pays-Bas, où des micro-doses d’antidépresseurs sont autorisées afin de permettre une réduction très progressive.Mais est-ce réellement la meilleure stratégie, comme en sont convaincus nombre de psychiatres ? L’idée semble intuitive mais les spécialistes restent confrontés à un manque criant de données probantes sur la conduite à tenir.Dans ce contexte, une vaste étude, publiée ce jeudi dans le Lancet Psychiatry, apporte enfin des réponses d’une solidité sans précédent, grâce à l’ampleur des données recueillies.Les auteurs, emmenés par les chercheurs italiens Giovanni Ostuzzi et Debora Zaccoletti, ont évalué l’ensemble des études déjà menées pour comparer les différentes options quand un patient dépressif va mieux, soit plus de 70 essais cliniques portant sur quelque 17.000 personnes.Résultat mis en avant par les chercheurs: un patient chez qui l’on arrête progressivement un antidépresseur n’a pas plus de risque de rechute que s’il poursuit son traitement, mais à condition de disposer d’un soutien psychologique. La pire option reste, dans tous les cas, un arrêt brutal du médicament.”Même si les antidépresseurs sont efficaces pour empêcher les rechutes dépressives, rien n’oblige à en faire un traitement à long terme pour tout le monde”, en conclut Mme Zaccoletti, citée dans un communiqué du Lancet.Mais plusieurs spécialistes appellent à la prudence: ils pointent par exemple qu’une diminution progressive sans soutien psychologique n’apparaît pas forcément plus sûre qu’un arrêt soudain.”Même quand on diminue très progressivement un antidépresseur, l’arrêt reste associé à un risque de rechute”, prévient le psychiatre allemand Jonathan Henssler dans un commentaire, également publié par le Lancet Psychiatry. Selon lui, les résultats montrent surtout “le bénéfice supplémentaire apporté par une psychothérapie”.Or, pour de nombreux patients, un tel soutien n’est pas une option réaliste, comme le souligne Mme Villelongue, insistant sur la “carence” de soignants en France. Les conclusions du Lancet Psychiatry s’inscrivent “dans un monde idéal mais la réalité du terrain, ce n’est pas ça”, juge-t-elle. “Parfois le psychiatre est absent, on reste un mois ou deux sans le voir. Entretemps, si la personne est en déprescription et ne va pas bien, elle n’a personne pour en parler.”

Chez France Travail, des psychologues face à la tâche immense de panser les blessures de travail

Ecouter et conseiller des demandeurs d’emploi parfois en grande souffrance, que peurs ou traumatismes empêchent d’avancer: un petit millier de psychologues oeuvrent chez France Travail pour des chômeurs sous pression face au durcissement des règles.”Je n’ai pas de divan dans mon bureau”, blague Mélanie Cordazzo. Dans l’agence France Travail d’Ingré, près d’Orléans, au décor impersonnel, son bureau se distingue par une vraie porte et le tableau d’une fleur rose.L”une des 954 psychologues travaillant chez France Travail, répartis dans les 896 agences, elle accompagne 41 demandeurs d’emploi, une toute petite proportion des 11.500 suivis dans cette agence.Des personnes qui, parfois, “ont perdu pied, n’arrivent plus à exister dans le travail” à la suite d’un licenciement ou de harcèlement subi sur un poste précédent, explique-t-elle.  Egalement “beaucoup de jeunes diplômés ou mis de côté par Parcoursup qui essayent de trouver du sens”. Margot, 25 ans, diplômée d’un master en Business Development, se sentait illégitime face aux offres d’emploi. “J’étais assez déprimée par ma recherche et j’ai repris petit à petit espoir en me disant que je ne suis pas forcément moins bien que les autres”, confie la jeune femme suivie depuis six mois. Estelle (prénom modifié), elle, se sentait “perdue” après avoir démissionné d’un emploi dans le prêt-à-porter. Suivie pendant deux ans, elle a construit un autre projet professionnel.En complément des conseillers, les psychologues aident ces demandeurs d’emploi à “porter un autre regard” sur eux-mêmes, à réfléchir aux “difficultés actuelles ou passées qui (les) empêchent d’avancer dans (leur) parcours de retour à l’emploi”, explique France Travail.Ces dernières années, plusieurs réformes successives ont durci les conditions d’accès aux allocations chômage. Aujourd’hui, seuls quelque 40% des inscrits à France Travail en touchent et la durée maximale d’indemnisation (hors seniors) est réduite à 18 mois, contre 24 auparavant.La semaine dernière les organisations patronales ont écrit au Premier ministre avoir pour “objectif” de diminuer le coût annuel de l’assurance chômage d’un milliard d’euros.En 2024, un rapport des chercheurs Antoine Duarte, Stéphane Le Lay et Fabien Lemozy soulignait la “paradoxalité” du travail des psychologues, “le registre de l’écoute” pouvant entrer en conflit avec les objectifs de France Travail, qui vise à les remettre au travail le plus vite possible.- Epuisement -De fait, ces rendez-vous sont également l’occasion, pour des personnes qui voient souvent un psychologue pour la première fois, de faire remonter d’autres souffrances que celles liées au travail.  “La question du traumatisme sexuel, on m’en parle toutes les semaines”, témoigne Sylvie Dujardin, présidente de l’association Pôle Psycho qui fédère 250 psychologues de France Travail, évoquant viol, inceste… Une partie du travail consiste alors à orienter vers d’autres d’autres psychologues.S’ils ne peuvent pas le diagnostiquer, car ils ne sont pas cliniciens, les psychologues du travail peuvent également repérer les signes de burn out.Certains chômeurs souffrent aussi d'”épuisement de la recherche d’emploi”, constate Mélanie Cordazzo. Elle leur explique qu’il est inutile de “postuler à tout” et nécessaire de prévoir des “fenêtres de récupération” dans la semaine. Face à l’ampleur de la tâche, “on manque de professionnels et de moyens”, déplore une autre psychologue, Marie (prénom modifié). Néanmoins, “la plupart des gens qu’on reçoit ressortent hyper-soulagés d’avoir été reconnus dans leur souffrance au travail ou entendus face à leur statut de +chômeurs+ toujours aussi stigmatisés”, constate sa consoeur Anne (prénom modifié).Certains déplorent que France Travail convoque et non invite les demandeurs d’emploi à ces rendez-vous, ce qui est contraire au code de déontologie de la profession. Mais, se félicite le délégué syndical de la FSU-emploi, Olivier Parandon, la formulation des courriers doit être corrigée courant 2026. Le suivi psychologique ne décale pas la durée d’indemnisation. La question du temps est présente dans le suivi parce qu'”une personne privée de ressources est aux abois”, résume Mélanie Cordazzo.”Quand vous mettez quelqu’un dans une filière en tension parce que c’est là qu’il y a du boulot, s’il en sort au bout de deux mois, c’est un échec de plus”, avertit Denys Neymon, président de Solidarités nouvelles face au chômage.

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Le trafic d’animaux vivants a atteint de nouveaux records, selon Interpol

Le trafic d’animaux vivants a atteint des records en 2025, a indiqué jeudi l’organisation de coordination policière Interpol au terme d’une opération qui a permis la saisie de près de 30.000 bêtes et l’identification de 1.100 suspects.Entre septembre et octobre, 6.160 oiseaux, 2.040 tortues, 1.150 reptiles, 208 primates, 46 pangolins et 10 grands félins ont été interceptés, ainsi que 19.415 autres animaux sauvages, un commerce en augmentation en grande partie en raison de la demande d’animaux de compagnie exotiques, indique dans un communiqué Interpol, dont le siège est à Lyon.L’opération a mobilisé les forces de l’ordre de 134 pays. Au Qatar, les autorités ont arrêté un individu qui tentait de vendre un primate menacé d’extinction pour 14.000 dollars sur les réseaux sociaux. De leur côté les autorités brésiliennes ont identifié 145 suspects et sauvé plus de 200 animaux sauvages, démantelant notamment un réseau de trafic de tamarin-lion doré.Ces réseaux “sont de plus en plus liés à tous les domaines de la criminalité, du trafic de drogue à l’exploitation humaine”, a affirmé le secrétaire général d’Interpol Valdecy Urquiza cité dans le communiqué.Ces activités criminelles étant de plus en plus liées aux cryptomonnaies, la collaboration transfrontalière et le partage de renseignements entre les forces de l’ordre et les plateformes financières a été déterminante pour retracer les flux financiers illicites, a précisé l’organisme. “Selon les estimations, les crimes contre les espèces sauvages représentent 20 milliards de dollars par an, mais la nature clandestine de ce commerce laisse penser que le chiffre réel est probablement beaucoup plus élevé”, selon le document. Les grands mammifères ne sont pas les seuls concernés : près de 10.500 papillons, araignées et insectes ont été saisis et le trafic d’animaux marins protégés est aussi en hausse. Le volume le plus important du trafic concerne des restes ou des dérivés d’animaux destinés à la médecine traditionnelle ou à la consommation.Interpol a ainsi relevé une escalade du commerce illicite de “viande de brousse”, c’est-à-dire d’animaux sauvages (singes, girafes, zèbres, antilopes…), avec une augmentation notable de flux en provenance d’Afrique vers l’Europe. Durant l’opération, un total de 5,8 tonnes a été saisi. Le commerce illégal de plantes lui aussi a atteint des niveaux records. Les forces de l’ordre ont également saisi 32.000 mètres cubes de bois, détaille le communiqué, qui indique que l’exploitation forestière illégale représenterait entre 15 et 30% de tout le bois commercialisé dans le monde.

Le jeu français “Clair Obscur: Expedition 33” grand favori des Game Awards à Los Angeles

Avec un record de nominations, le jeu vidéo français “Clair Obscur: Expedition 33” arrive jeudi soir en grand favori à la 12e cérémonie des Game Awards à Los Angeles, rendez-vous annuel central de l’industrie vidéoludique.La première production du studio montpelliérain Sandfall Interactive, qui narre les aventures tragiques d’un groupe de personnages dans un univers postapocalyptique, pourrait bien devenir le premier jeu français à remporter le titre convoité de “GOTY” (“jeu de l’année”).Développé par une équipe d’une trentaine de personnes, une taille plutôt modeste comparée aux mastodontes du secteur, il fera face aux superproductions japonaises “Death Stranding 2”, dernière création de Hideo Kojima, père de la saga Metal Gear Solid, et “Donkey Kong Bananza”, jeu de plateforme aux décors entièrement destructibles mettant en scène le célèbre singe de Nintendo.Dans la catégorie reine, il sera également opposé à deux succès de la scène indépendante: “Hades 2”, du studio américain Supergiant Games, et “Hollow Knight: Silksong”, des Australiens de Team Cherry.La simulation de vie de chevalier “Kingdom Come: Deliverance 2”, du tchèque Warhorse Studios, clôt cette sélection.Nommé dans 10 catégories – et trois fois dans celle de la meilleure “performance” pour un acteur/doubleur – “Clair Obscur” concourt aussi aux titres de “meilleur jeu de rôle”, “meilleure narration”, “meilleure musique” ou encore “meilleure direction artistique”.A cela s’ajoute une nomination de dernière minute dans la catégorie du vote du public, annoncée lundi.L’an dernier, c’était le Français Nicolas Doucet, directeur du studio japonais Team Asobi, propriété de Sony, qui était monté sur la scène du Peacock Theater pour recevoir le titre du “jeu de l’année” pour “Astro Bot”, jeu de plateforme rendant hommage aux héros phares de la Playstation.- Campagne marketing -Parmi les personnalités attendues sur scène cette année pour remettre des prix: Todd Howard, directeur du studio Bethesda produisant les populaires sagas de jeux The Elder Scrolls et Fallout, et l’acteur américain Jeffrey Wright, qui prête sa voix à l’un des héros du jeu narratif “Dispatch”.Les Game Awards sont aussi l’occasion pour les gros studios et éditeurs de jeux de dévoiler leurs prochaines sorties.Les organisateurs ont déjà annoncé que la saga Tomb Raider, qui n’a pas accueilli de nouvel opus majeur depuis 2018, donnera des informations sur les futures aventures de Lara Croft jeudi soir.Les internautes vont également découvrir le jeu qui se cache derrière la mystérieuse campagne marketing organisée depuis quelques jours autour de la cérémonie, avec l’apparition d’une imposante structure représentant une porte ancienne ornée de sculptures dans le désert californien.Depuis 2014, les Game Awards sont organisés et présentés par l’ancien journaliste et animateur canadien Geoff Keighley.Retransmise en ligne sur les plateformes YouTube et Twitch mais aussi sur les réseaux sociaux, la cérémonie sera également diffusée pour la première fois sur Prime Video, le service de streaming d’Amazon.En 2024, les Game Awards avaient revendiqué 154 millions de visionnages en direct dans le monde sur ses différents canaux.Le jury, composé d’une centaine de médias et d’influenceurs spécialisés, pèse pour près de 90% dans la désignation des vainqueurs, contre 10% pour le vote du public, selon le site officiel de la cérémonie.

Une loi pour garantir un avocat aux enfants placés ou protégés étudiée à l’Assemblée

Une proposition de loi visant à garantir un avocat à chaque enfant sous mesure d’assistance éducative sera débattue jeudi matin à l’Assemblée nationale, lors de la journée réservée aux propositions du Parti socialiste.Ces enfants sont, sur décision d’un juge, placés en familles d’accueil ou en foyers, ou suivis dans leur famille par des services sociaux. Environ 380.000 jeunes sont concernés, selon les données officielles.Ils “grandissent avec l’idée qu’ils ne comptent pour personne et qu’ils ne peuvent compter sur personne”, souligne la députée socialiste porteuse du texte, Ayda Hadizadeh, optimiste sur son adoption.Les avocats, indépendants des familles ou de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), pourront à la fois “faire entendre la voix” de l’enfant, et “s’assurer que des violences n’adviennent pas” lorsque le juge ordonne un placement, sans se substituer au rôle de ce dernier, explique-t-elle. “Le juge, c’est le phare dans la nuit. L’avocat, c’est la veilleuse que l’enfant allume le soir quand il a peur du noir. Il peut l’appeler, il peut se rassurer”, défend-elle.La proposition de loi sera débattue alors que la révélation d’une vidéo d’un enfant tondu dans un foyer d’enfants placés à Paris a suscité l’émoi. “Tous les députés qui s’alarment ici du sort de cet enfant (…) seront-ils présents jeudi dans l’hémicycle pour voter”, a interrogé sur X Lyes Louffok, co-fondateur de l’association Comité de vigilance des enfants placés, qui soutient le texte.Actuellement, le juge peut demander la désignation d’un avocat “lorsque l’intérêt de l’enfant l’exige” et si ce dernier est “capable de discernement”.L’initiative socialiste a reçu le soutien du ministre de la Justice Gérald Darmanin et avait été adoptée en commission la semaine dernière, soutenue par la majorité des groupes. Le Rassemblement national et Les Républicains avaient dit s’abstenir, ces derniers pointant le risque de judiciarisation excessive et la charge financière entraînée (plus de 200 millions d’euros). Une autre proposition de loi concernant la protection des mineurs sera examinée dans la foulée jeudi. Elle vise à garantir que des mineurs suspectés d’être majeurs conservent l’accès aux services de protection de l’enfance lorsqu’ils formulent un recours.”Aujourd’hui en France, des enfants et des adolescents dorment seuls à la rue” le temps de ces recours, et “une part importante” sont finalement reconnus mineurs, il faut donc “une présomption de minorité”, avait martelé le député PS — et candidat à la mairie de Paris — Emmanuel Grégoire en commission, où son texte avait lui été rejeté.Autre initiative qui pourra faire polémique dans l’hémicycle jeudi: un texte pour renouveler automatiquement des titres de séjour longue durée pour les étrangers (cartes de séjour pluriannuelle ou carte de résident).

L’heure des réquisitions a sonné pour l’anesthésiste de Besançon

L’accusation est convaincue d’être face à un assassin en blouse blanche et entend bien en faire la démonstration: l’heure est aux réquisitions au procès de l’anesthésiste Frédéric Péchier, jugé à Besançon pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels.Après trois mois de débats, parfois techniques, souvent émouvants, et trois jours de plaidoiries pendant lesquels une vingtaine d’avocats ont déposé à la barre la douleur des victimes et le traumatisme des soignants, la parole est donnée au ministère public.Christine de Curraize et Thérèse Brunisso, le duo qui porte l’accusation, ont deux jours pour convaincre les six jurés populaires et trois juges professionnels de la culpabilité de l’accusé de 53 ans, qui ne cesse de clamer son innocence.Pendant les débats, les deux femmes et la défense sont tombées d’accord sur un seul point: un empoisonneur a bien sévi à la clinique Saint-Vincent de Besançon entre 2008 et 2017.Après avoir soutenu pendant l’enquête que la plupart des cas étaient dus à des “erreurs médicales” de ses collègues ou à des aléas thérapeutiques, Frédéric Péchier a admis que parmi les 30 cas qui lui sont imputés, 12 étaient des empoisonnements, dont cinq mortels. Mais il l’a répété: ce criminel en blouse blanche, ce n’est pas lui.Au fil des audiences, les deux avocates générales ont bien tenté de le pousser dans ses retranchements, sans succès.”Personne ne m’a vu faire! On est dans un procès d’assises, il faut des preuves!”, s’est maladroitement défendu Frédéric Péchier lors de son premier interrogatoire.- Mobile incertain -Les deux femmes, qualifiées de “déesses de l’accusation” par un avocat des parties civiles, maîtrisent leur dossier jusqu’au bout des ongles.Les victimes? Des patients de 4 à 89 ans. Le lieu du crime? Deux cliniques privées de Besançon. L’arme? Des médicaments. Selon l’accusation, Frédéric Péchier a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer l’arrêt cardiaque de patients pris en charge par d’autres médecins anesthésistes et ainsi leur nuire par ricochet.Lors de ses échanges avec l’accusation, Frédéric Péchier s’est efforcé de rester calme et impassible, même si l’agacement perçait par moments. Il a même un temps décidé de “garder le silence” pour protester contre la tenue des débats.Une stratégie qui lui a valu les remontrances de Christine de Curraize, qui a fustigé une “attitude de petit garçon capricieux”.”Vous vous situez toujours au-dessus des autres et au-dessus des lois, M. Péchier”, a lancé l’avocate générale, qui  travaille sur cette affaire depuis le début de l’enquête en janvier 2017.Au fil des audiences, le Dr Péchier, lui-même fils d’un anesthésiste et d’une infirmière anesthésiste, a maintenu le cap, soutenu par sa famille. Sa sœur, avocate, fait partie de son équipe de défense.Pour son avocat, Randall Schwerdorffer, qui plaidera l’acquittement à partir de lundi, le mobile d’une vengeance envers des collègues pour des motifs futiles ne tient pas.”Pour avoir des explications claires sur le passage à l’acte, il faut que le criminel s’explique”, a fait valoir Mme de Curraize.A ses côtés, sa collègue Thérèse Brunisso l’a reconnu: “On n’attend plus d’aveux”.Le verdict est attendu d’ici au 19 décembre.

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L’A69 devant la cour d’appel, audience cruciale pour l’avenir du chantier

La cour administrative d’appel de Toulouse se penche jeudi sur le chantier de l’autoroute A69, une étape décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Le rapporteur public Frédéric Diard estime en effet que ce jugement du tribunal établissant “que le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), n’est pas fondé”.Jeudi matin, il doit développer sa position dans une salle d’audience qui promet d’être comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Opposants mobilisés -Un rassemblement des anti-A69 est attendu à partir de 08H30 devant les portes de la cour administrative d’appel alors qu’une dizaine d'”écureuils”, des militants écologistes suspendus à des arbres, ont pris place depuis mercredi dans des platanes faisant face à la juridiction.”Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’Etat et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience qui s’ouvre jeudi.- Chantier à plein régime -Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.L’audience d’appel doit permettre de définitivement “clarifier” les choses, a-t-il dit, espérant voir le chantier “continuer sereinement pour tenir les délais”.

L’A69 devant la cour d’appel, audience cruciale pour l’avenir du chantier

La cour administrative d’appel de Toulouse se penche jeudi sur le chantier de l’autoroute A69, une étape décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Le rapporteur public Frédéric Diard estime en effet que ce jugement du tribunal établissant “que le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), n’est pas fondé”.Jeudi matin, il doit développer sa position dans une salle d’audience qui promet d’être comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Opposants mobilisés -Un rassemblement des anti-A69 est attendu à partir de 08H30 devant les portes de la cour administrative d’appel alors qu’une dizaine d'”écureuils”, des militants écologistes suspendus à des arbres, ont pris place depuis mercredi dans des platanes faisant face à la juridiction.”Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’Etat et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience qui s’ouvre jeudi.- Chantier à plein régime -Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.L’audience d’appel doit permettre de définitivement “clarifier” les choses, a-t-il dit, espérant voir le chantier “continuer sereinement pour tenir les délais”.