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Mariage d’un étranger en situation irrégulière: le Sénat veut l’interdiction malgré les barrières juridiques

Soutenue par Gérald Darmanin et Bruno Retailleau mais contraire à la jurisprudence constitutionnelle, l’interdiction du mariage pour les étrangers en situation irrégulière fait l’objet d’un vote jeudi au Sénat, une initiative centriste qui désespère la gauche.”Le mariage ne peut être contracté par une personne séjournant de manière irrégulière sur le territoire national”: la proposition de loi du sénateur de la Somme Stéphane Demilly tient en une phrase. “Ce texte est simple, univoque, laconique”, résume auprès de l’AFP son auteur, “choqué” de voir les maires priés de “lire des articles de la loi française à de futurs époux alors qu’ils n’ont rien à faire dans le pays”.L’initiative du parlementaire, qui date de la fin 2023 et sera débattue à partir de 10H30, entend répondre par la loi à l’affaire du maire UDI d’Hautmont (Nord), Stéphane Wilmotte, assigné en justice par un ex-responsable de mosquée expulsé vers l’Algérie qu’il avait refusé de marier en juin 2023.L’objectif de l’élu à la Haute assemblée: lutter contre des mariages “blancs” ou “gris”, c’est-à-dire simulés, arrangés ou frauduleux; contractés pour obtenir par la suite la nationalité française.Son examen intervient de surcroît deux jours après la convocation devant le procureur de Montpellier du maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, poursuivi pour avoir refusé de célébrer un mariage entre une Française et un Algérien en situation irrégulière, en juillet 2023. L’édile, qui estime “ubuesque” de plaider coupable, risquait en théorie jusqu’à cinq ans de prison, une amende de 75.000 euros et une peine d’inéligibilité.L’actualité judiciaire et l’agenda parlementaire se rejoignant, ce dossier a rapidement gagné le sommet du pouvoir, avec des prises de position des ministres de la Justice et de l’Intérieur, Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, en faveur de cette proposition de loi.Il faut que la loi “change” pour que le maire puisse “s’opposer à un mariage”, a insisté le garde des Sceaux, le locataire de Beauvau estimant lui que “quand la règle est mal faite, il faut la modifier”. – Jurisprudence -Mais la jurisprudence du Conseil constitutionnel est très claire sur ce sujet: “Le respect de la liberté du mariage (…) s’oppose à ce que le caractère irrégulier du séjour d’un étranger fasse obstacle, par lui-même, au mariage de l’intéressé”, indiquent les Sages dans une décision de 2003.Même la commission des Lois du Sénat, dominée par la droite, l’a reconnu: ce texte semble “impossible” à adopter “en l’état”. Et la gauche n’a pas manqué de le rappeler ces derniers jours.”Cette proposition est au cœur d’une offensive du gouvernement et de la droite qui ne cessent de reprendre le programme de l’extrême droite”, s’alarme auprès de l’AFP la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin, qui fustige un texte qui “alimente des fantasmes et amplifie un climat anxiogène de xénophobie et de racisme”.L’élue pointe aussi la “volte-face” de Gérald Darmanin, qui s’était clairement opposé à cette proposition lors des débats sur la loi immigration fin 2023 devant la chambre haute.”Une partie de la classe politique, sous l’influence de l’extrême droite, tente de remodeler nos lois au service d’une vision discriminatoire de la société”, a réagi l’association SOS Racisme dans un communiqué.Mais l’alliance LR-centristes, majoritaire au Sénat, n’a pas dit son dernier mot et entend bien adopter cette disposition malgré tout jeudi matin, tout en l’assortissant d’autres dispositifs jugés plus “solides” juridiquement.Elle propose ainsi une mesure pour imposer aux futurs époux de nationalité étrangère de fournir au maire des justificatifs de séjour. Cet outil devant permettre aux maires de caractériser une “absence de consentement” suspectée, par exemple, avant de saisir le procureur de la République, seule autorité pouvant interdire une union.Les sénateurs proposent aussi d’allonger le délai du “sursis au mariage”, soit le temps d’enquête du procureur saisi par le maire en ce sens. Sursis qui serait réputé automatique en l’absence de réponse du procureur sous 15 jours.Autant d’aménagements destinés à “trouver une voie de passage”, insiste Stéphane Demilly, qui estime que “ce n’est pas parce que le Conseil constitutionnel dresse un immense nuage noir au-dessus de nos têtes qu’on n’a pas le droit d’essayer de passer à travers”.

Après 40 ans de prison, la liberté pour le Libanais Georges Abdallah ? La justice se prononce jeudi

Après 40 ans de prison, Georges Abdallah saura dans quelques heures s’il peut rentrer chez lui au Liban. La cour d’appel de Paris se prononce sur la libération de ce militant libanais propalestien, condamné dans les années 1980 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien en France.A 73 ans, celui qui était à l’époque l’un des plus célèbres prisonniers de France est libérable depuis 25 ans, mais a vu sa dizaine de demandes de libération conditionnelle échouer.Il est “une exception”, insiste son avocat Jean-Louis Chalanset, alors que les principaux “prisonniers politiques”, qu’ils soient d’Action Directe, corses ou basques, sont sortis de prison.”Si la cour ne fait pas droit à sa demande, cela reviendra à instaurer une perpétuité réelle, qui n’existe pas en droit français”, ajoute-t-il.La préfecture de police de Paris a interdit des manifestations de soutien prévues mercredi soir en région parisienne, estimant qu’elles pourraient troubler l’ordre public, “dans le contexte social et international tendu”.A Toulouse, à une centaine de kilomètres de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrenées) où Georges Abdallah est incarcéré, 300 personnes ont manifesté pour réclamer la libération de celui qui compte parmi les plus anciens détenus du pays.Le 15 novembre dernier, le tribunal d’application des peines antiterroriste lui avait donné une lueur d’espoir, en ordonnant sa remise en liberté avec expulsion immédiate au Liban – qui le réclame. Georges Abdallah est le “dernier vestige du groupuscule d’obédience laïque, marxiste, communiste des FARL” (Fractions armées révolutionnaires, qu’il avait cofondées), appartenant à “l’histoire aujourd’hui révolue de l’activisme violent de l’ultra gauche” libanaise et palestinienne, qui n’est “à l’origine d’aucun attentat en France ni ailleurs depuis 1984”, écrivait le tribunal dans sa décision.Le parquet antiterroriste (Pnat) n’avait pas été du même avis et avait fait appel, suspendant aussitôt la décision.L’affaire avait été réexaminée par la cour d’appel de Paris le 19 décembre en audience non publique. La décision jeudi sera rendue en audience non publique également, à 13H30.Si la cour rejette la demande de Georges Abdallah, ce dernier pourra former un pourvoi en cassation. Mais si la cour confirme la décision du tribunal, Georges Abdallah sera remis en liberté – un éventuel pourvoi du parquet général n’étant pas suspensif.- “Symbole” -Le Pnat avait justifié son refus en expliquant qu’il n’avait “pas évolué”, que ses convictions étaient “restées intactes”. Georges Abdallah n’a jamais accepté d’indemniser les parties civiles. Et a toujours nié être lié aux assassinats des deux diplomates à Paris en 1982, sans condamner des “actes de résistance” contre “l’oppression israélienne et américaine” en pleine guerre civile libanaise.Il “représente un symbole voire un visage tutélaire de la cause palestinienne”, s’était aussi inquiété le Pnat.”Il représente surtout aujourd’hui le symbole d’un homme maintenu en détention depuis désormais plus de 40 ans, soit une période devenue disproportionnée au regard des faits commis et de sa dangerosité actuelle”, avait rétorqué le tribunal dans sa décision.Sa défense voit la main des Etats-Unis derrière ce maintien en prison. Partie civile au procès en 1987, le gouvernement américain a depuis systématiquement combattu sa remise en liberté. Avant l’audience devant la cour d’appel en décembre, ils avaient écrit aux magistrats pour s’y “opposer vigoureusement”.A son procès en 1987, Georges Abdallah avait comparu sous la lourde étiquette d’ennemi public n°1 en France, étant à l’époque soupçonné d’être derrière une vague d’attentats meurtriers à Paris – en réalité le fait de militants pro-iraniens. Il est aujourd’hui largement oublié, sauf de son petit comité de soutien, de quelques parlementaires de gauche ou de personnalités comme la prix Nobel de littérature Annie Ernaux.Vendredi, il a reçu la visite en prison des députés LFI Eric Coquerel et Sylvie Ferrer, venus réclamer que cesse “le scandale d’Etat” que représente la durée de sa détention, a dit le premier sur place aux journalistes. “C’est une honte pour l’État français.” 

Retraites: le diagnostic de la Cour des comptes attendu au tournant

Avec la promesse d’un “état des lieux” “indiscutable et indiscuté”, la Cour des comptes dévoile jeudi au gouvernement puis aux partenaires sociaux, son rapport sur la situation financière du système de retraites censé être le point de départ de nouvelles négociations sur la réforme de 2023.Rarement un travail de la Cour des comptes aura été tant attendu. Son président Pierre Moscovici doit présenter à François Bayrou à 8H30 les conclusions de la “mission flash” que lui a confiée le Premier ministre il y a une poignée de semaines pour établir la “vérité des chiffres” sur le système de retraites, objets de controverses à répétition. Le président de la juridiction financière quittera ensuite Matignon pour traverser le 7e arrondissement et rejoindre le bâtiment où seront réunis à partir de 10h00 les partenaires sociaux. Signe du caractère politiquement inflammable du rapport, la remise du document été décalée de 24 heures, en raison d’un calendrier parlementaire qui cumulait l’examen d’une motion de censure du Parti socialiste contre le gouvernement Bayrou.Censé offrir une base commune de discussions entre syndicats et patronat, le rapport de la Cour des comptes devrait en premier lieu lever l’ambiguïté sur le “vrai” déficit des retraites introduite par François Bayrou lors de sa déclaration de politique générale.- Scenarii -Le chef du gouvernement défend depuis plusieurs années une position controversée, minoritaire chez les économistes et très critiquée par les syndicats, estimant le déficit lié aux retraites à 55 milliards d’euros, quand le Conseil d’orientation des retraites (COR) le chiffre à 6,1 milliards d’euros en 2024, et jusqu’à 0,4% du PIB en 2030, soit 14 milliards d’euros selon son “scénario de référence”.Contrairement au COR, il refuse d’intégrer aux recettes du système l’ensemble des impôts affectés et subventions que verse l’Etat pour équilibrer le régime de la fonction publique, victime d’un lourd déséquilibre démographique. Il juge que l’Etat cotise à un taux beaucoup trop élevé par rapport au secteur privé.Sauf surprise, la Cour des comptes doit s’approcher des chiffres établis par le COR, instance indépendante référence en la matière qui publie chaque année des prévisions de solde considérées comme officielles.Mi-janvier, face aux menaces de censure sur le budget brandies par la gauche, François Bayrou a consenti à remettre en “chantier” la réforme des retraites de 2023, confiant aux syndicats et au patronat la mission d’en rediscuter sans “tabou”, mais sans dégrader l’équilibre financier du système. Il a promis de soumettre au Parlement tout accord, même partiel.Plusieurs syndicats ont eux prévenu qu’ils refuseraient de négocier sur la base des chiffres de François Bayrou, qui ne leur laisserait aucune marge de manœuvre pour “abroger” la mesure phare de la réforme des retraites, le décalage de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans qui a provoqué des manifestations massives avant son adoption au forceps via le 49.3.Pour la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet, le travail des magistrats financiers sur le système de retraites doit donner “la mesure de l’effort qui se fait pour ce bien commun et ensuite, effectivement, seront dressées les différentes pistes – en fonction des hypothèses qui sont très importantes, de croissance économique, de productivité, d’emploi – de soutenabilité financière”, a-t-elle expliqué devant les sénateurs, mercredi. – Accord impossible? -Trouver un accord entre partenaires sociaux s’annonce comme une mission particulièrement ardue, tant l’ampleur des désaccords sur le fond est grand.Les syndicats espèrent tous revenir en arrière sur les 64 ans, et avanceront diverses pistes de recettes pour mieux financer le système.Le patronat refuse lui toute mesure qui entraînerait une augmentation de sa contribution et avance des irritants pour les syndicats : une augmentation du temps de travail, l’introduction d’une dose de capitalisation dans le système, qui fonctionne aujourd’hui par répartition – les actifs actuels financent les retraités d’aujourd’hui – voire l’indexation de l’âge de départ à la retraite sur l’espérance de vie comme vient de le proposer la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). 

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Adoption en vue pour la loi d’orientation agricole, in extremis avant le Salon

La loi d’orientation agricole va être définitivement adoptée au Parlement jeudi, point final d’un sprint pour délivrer avant le Salon de l’agriculture ce texte présenté comme une réponse à la grogne du secteur, mais critiqué à gauche pour des “renoncements” environnementaux.Largement adopté à l’Assemblée mercredi, le texte issu d’un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) aura conclu son parcours législatif jeudi après-midi à l’issue d’un ultime vote au Sénat, juste à temps pour l’ouverture du Salon de l’agriculture.Un vote sans suspense à la chambre haute dominée par la droite et le centre, et une aubaine pour l’exécutif qui se sait attendu au tournant par la profession au “Salon”, après les manifestations agricoles des années passées.C’est ce samedi que le président Emmanuel Macron effectuera sa traditionnelle déambulation dans les allées de la plus grande ferme de France, un an après une visite d’inauguration très chahutée.La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu à l’Assemblée “un texte très attendu” et “une réponse forte aux demandes de nos agriculteurs”. C’est un “texte nécessaire”, même s’il a “perd(u) une partie de son ambition initiale”, ont souligné les Jeunes agriculteurs (JA).Constat inverse pour Cyrielle Chatelain, cheffe des députés écologistes : “on est passé d’un texte sans ambition à un texte de régression environnementale majeure”, s’est-elle alarmée mercredi devant la presse parlementaire (AJP). Son groupe dénonce un texte qui ne répond pas “à la principale colère des agriculteurs : la faiblesse de leurs revenus”.”L’agriculture méritait mieux, il n’y a pas de loi d’orientation tous les quatre matins” a critiqué Aurélie Trouvé, présidente LFI de la commission des Affaires économiques. Dans le viseur de la gauche, un article très irritant, nettement étendu à l’initiative du Sénat, qui révise l’échelle des peines en cas d’atteintes à l’environnement. Il prévoit une dépénalisation de ces infractions lorsqu’elles ne sont pas commises “de manière intentionnelle”, au profit d’une simple amende administrative de 450 euros maximum, ou du suivi d’un stage de sensibilisation.”En aucune manière ce texte n’accorde à nos agriculteurs je ne sais quel permis de détruire des espèces ou espaces protégés”, a répondu la ministre.- “Intérêt général majeur” -Une autre mesure inquiète la gauche et les écologistes, celle qui invite le gouvernement à “s’abstenir d’interdire les usages de produits phytopharmaceutiques autorisés par l’Union européenne” en l’absence d’alternatives viables. Une forme de traduction du principe “pas d’interdiction sans solution”, mantra de la FNSEA sur les pesticides.”Malgré des avancées”, la loi d’orientation agricole “marque une inquiétante régression environnementale”, a réagi l’association Agir pour l’Environnement.”Il est faux d’affirmer que le Sénat a imposé ses vues”, insiste le rapporteur à l’Assemblée Pascal Lecamp, défendant par exemple le retour dans le texte d’un objectif de consacrer 21% de la surface agricole au bio en 2030.Quant à la mesure phare du texte, elle prévoit d’ériger l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur”. L’objectif affiché est de nourrir la réflexion du juge administratif et de faciliter le parcours de projets de structures de retenues d’eau ou de bâtiments d’élevage hors-sol, lorsqu’ils sont en balance avec un objectif de préservation de l’environnement.Mais des élus et des juristes doutent de sa portée, face à une protection de l’environnement à valeur constitutionnelle. En réponse, le Sénat a introduit un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”, sorte de miroir de la non-régression environnementale déjà consacrée, qui promet déjà une querelle juridique.Le texte accorde aussi une présomption d’urgence en cas de contentieux autour de la construction d’une réserve d’eau pour l’irrigation, espérant réduire les délais des procédures. Et les parlementaires ont fait un pas vers un “droit à l’erreur” des agriculteurs, en approuvant le fait que “la bonne foi” est “présumée” lors d’un contrôle.Le projet de loi éclectique prévoit aussi une simplification de la législation sur les haies, ou encore la mise en place d’un guichet unique départemental – “France services agriculture” – pour faciliter les installations de nouveaux agriculteurs, ou aider des agriculteurs à céder leur exploitation.

Adoption en vue pour la loi d’orientation agricole, in extremis avant le Salon

La loi d’orientation agricole va être définitivement adoptée au Parlement jeudi, point final d’un sprint pour délivrer avant le Salon de l’agriculture ce texte présenté comme une réponse à la grogne du secteur, mais critiqué à gauche pour des “renoncements” environnementaux.Largement adopté à l’Assemblée mercredi, le texte issu d’un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) aura conclu son parcours législatif jeudi après-midi à l’issue d’un ultime vote au Sénat, juste à temps pour l’ouverture du Salon de l’agriculture.Un vote sans suspense à la chambre haute dominée par la droite et le centre, et une aubaine pour l’exécutif qui se sait attendu au tournant par la profession au “Salon”, après les manifestations agricoles des années passées.C’est ce samedi que le président Emmanuel Macron effectuera sa traditionnelle déambulation dans les allées de la plus grande ferme de France, un an après une visite d’inauguration très chahutée.La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu à l’Assemblée “un texte très attendu” et “une réponse forte aux demandes de nos agriculteurs”. C’est un “texte nécessaire”, même s’il a “perd(u) une partie de son ambition initiale”, ont souligné les Jeunes agriculteurs (JA).Constat inverse pour Cyrielle Chatelain, cheffe des députés écologistes : “on est passé d’un texte sans ambition à un texte de régression environnementale majeure”, s’est-elle alarmée mercredi devant la presse parlementaire (AJP). Son groupe dénonce un texte qui ne répond pas “à la principale colère des agriculteurs : la faiblesse de leurs revenus”.”L’agriculture méritait mieux, il n’y a pas de loi d’orientation tous les quatre matins” a critiqué Aurélie Trouvé, présidente LFI de la commission des Affaires économiques. Dans le viseur de la gauche, un article très irritant, nettement étendu à l’initiative du Sénat, qui révise l’échelle des peines en cas d’atteintes à l’environnement. Il prévoit une dépénalisation de ces infractions lorsqu’elles ne sont pas commises “de manière intentionnelle”, au profit d’une simple amende administrative de 450 euros maximum, ou du suivi d’un stage de sensibilisation.”En aucune manière ce texte n’accorde à nos agriculteurs je ne sais quel permis de détruire des espèces ou espaces protégés”, a répondu la ministre.- “Intérêt général majeur” -Une autre mesure inquiète la gauche et les écologistes, celle qui invite le gouvernement à “s’abstenir d’interdire les usages de produits phytopharmaceutiques autorisés par l’Union européenne” en l’absence d’alternatives viables. Une forme de traduction du principe “pas d’interdiction sans solution”, mantra de la FNSEA sur les pesticides.”Malgré des avancées”, la loi d’orientation agricole “marque une inquiétante régression environnementale”, a réagi l’association Agir pour l’Environnement.”Il est faux d’affirmer que le Sénat a imposé ses vues”, insiste le rapporteur à l’Assemblée Pascal Lecamp, défendant par exemple le retour dans le texte d’un objectif de consacrer 21% de la surface agricole au bio en 2030.Quant à la mesure phare du texte, elle prévoit d’ériger l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur”. L’objectif affiché est de nourrir la réflexion du juge administratif et de faciliter le parcours de projets de structures de retenues d’eau ou de bâtiments d’élevage hors-sol, lorsqu’ils sont en balance avec un objectif de préservation de l’environnement.Mais des élus et des juristes doutent de sa portée, face à une protection de l’environnement à valeur constitutionnelle. En réponse, le Sénat a introduit un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”, sorte de miroir de la non-régression environnementale déjà consacrée, qui promet déjà une querelle juridique.Le texte accorde aussi une présomption d’urgence en cas de contentieux autour de la construction d’une réserve d’eau pour l’irrigation, espérant réduire les délais des procédures. Et les parlementaires ont fait un pas vers un “droit à l’erreur” des agriculteurs, en approuvant le fait que “la bonne foi” est “présumée” lors d’un contrôle.Le projet de loi éclectique prévoit aussi une simplification de la législation sur les haies, ou encore la mise en place d’un guichet unique départemental – “France services agriculture” – pour faciliter les installations de nouveaux agriculteurs, ou aider des agriculteurs à céder leur exploitation.

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A travers l’Asie, l’essor de liaisons ferroviaires soutenues par la Chine

Le Vietnam va construire une nouvelle ligne de chemin de fer avec la Chine, dernier en date d’ambitieux projets ferroviaires soutenus par Pékin dans la région, de l’Indonésie au Laos.Tour d’horizon de ces chantiers achevés ou en construction, s’inscrivant dans le cadre des infrastructures des “Nouvelles routes de la Soie” lancées par la Chine pour renforcer son influence.Laos: bonheur des touristes et commerçants chinois, l’ombre de la detteLe Laos a inauguré fin 2021 une voie ferrée visant à connecter la capitale Vientiane à Kunming, dans la province du Yunnan (sud de la Chine). Un chantier à 5,9 milliards de dollars financé en majeure partie par des fonds et prêts chinois, Pékin contrôlant 70% de l’infrastructure.Les analystes s’alarment des sérieuses difficultés de remboursement pour le Laos, dont l’endettement représentait alors trois-quarts du produit intérieur brut (PIB) – il a gonflé à 116% en 2023. Pour ce pays de 8 millions d’habitants, la rentabilité du projet semble incertaine.Cinq trains à grande vitesse partent quotidiennement de Vientiane: l’un franchit la frontière en direction Kunming (trajet total en 9 heures et demie), trois relient Vientiane et la ville laotienne de Luang Prabang, le dernier rejoint la ville frontalière de Boten.Une aubaine pour les touristes chinois, plus nombreux à affluer, mais aussi pour les commerçants chinois installés au Laos.”C’est très pratique de se faire envoyer des produits ici. Avant, cela pouvait prendre 15 jours ou même un mois, maintenant c’est une semaine ou maximum 10 jours”, a indiqué récemment à l’AFP Chen Quanbo, qui vend à Vientiane des sacs et valises importés de Chine.Thaïlande: vaste chantier pour rejoindre le tronçon laotienAvec une décennie de retard, la Thaïlande a donné en 2017 le coup d’envoi d’un colossal chantier à 5,4 milliards de dollars pour construire la ligne TGV qui reliera Bangkok au tronçon laotien déjà en activité et donc à Kunming.Cette ligne, longue de quelque 600 kilomètres, entend améliorer les échanges commerciaux sino-thaïlandais. Un premier tronçon doit entrer en service en 2028, le second en 2032.Le projet est là encore soutenu par la Chine, mais à l’inverse du Laos, Bangkok a bataillé pour prendre en charge le coût, gage de son indépendance.En raison d’une différence d’écartement des rails avec ses voisins, le pays n’avait d’autre choix que de construire une nouvelle voie.Une extension future jusqu’à la Malaisie et Singapour a été envisagée.Indonésie: ligne TGV inédite, signe de modernisationL’Indonésie a inauguré en octobre 2023 sa première ligne de train à grande vitesse, jusqu’à 350 km/h, qui relie les 142 kilomètres entre la capitale Jakarta à Bandung en 45 minutes – deux heures de moins qu’auparavant. Co-construite par quatre compagnies nationales indonésiennes et China Railway International, l’infrastructure a coûté au bout du compte quelque 7 milliards de dollars et a été saluée comme “un symbole de la modernisation des transports publics” par Joko Widodo, alors président.Malaisie: sur les rails après des déboiresEn Malaisie, une ligne de 665 km, reliant les côtes est et ouest de la péninsule jouxtant la Thaïlande, est en construction, pour un coût d’environ 10 milliards de dollars – financés en partie par Pékin. L’achèvement est prévu d’ici fin 2026.Le projet avait été abandonné en 2018, quand les nouveaux dirigeants malaisiens cherchaient à réduire une dette nationale colossale, avant d’être relancé avec un coût nettement abaissé.Kuala Lumpur a indiqué l’an dernier envisager d’étendre cette ligne jusqu’à la frontière avec la Thaïlande pour renforcer les liens économiques avec ses voisins.Chine-Kirghizstan-Ouzbékistan: pont vers l’Asie centraleEn décembre dernier, le président kirghiz Sadyr Japarov a lancé officiellement la construction d’un chemin de fer d’une longueur totale de 523 km qui reliera Kachgar, au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) à Andijan (Ouzbékistan), en passant par Djalal-Abad (Kirghizstan).”Cette voie pourra assurer la livraison des marchandises venant de Chine au Kirghizstan et plus loin en Asie centrale, vers le Proche-Orient, la Turquie et même l’UE”, assure M. Japarov.Le projet, dont le coût pourrait atteindre 8 milliards de dollars, prévoit l’aménagement de voies dans des zones montagneuses ou recouvertes de permafrost.Vietnam: voie ferrée au profit de l’industrieLe Parlement vietnamien a approuvé mercredi la construction d’une nouvelle ligne reliant le grand port d’Haiphong à la Chine du sud, pour un montant de quelque 8 milliards de dollars financé en partie par PékinLa ligne de quelque 390 km desservira de grands sites manufacturiers vietnamiens où sont installés Samsung, Foxconn, Pegatron et autres géants mondiaux de l’électronique, pour beaucoup dépendants de l’arrivage régulier de composants depuis la Chine.Une autre ligne, pas encore approuvée, doit à terme relier Hanoï à la province de Lang Son, qui borde la région chinoise de Guangxi, en traversant une autre vaste zone d’implantation d’usines étrangères.Pakistan, Birmanie: projets en suspensIl existe depuis plus d’une décennie un projet de ligne ferroviaire qui relierait la région chinoise du Xinjiang au port de Gwadar, sur la côte pakistanaise, au sein d’un “corridor économique”. Mais les discussions stagnent: les reliefs complexes entraîneraient des coûts exorbitants.Un chemin de fer reliant le Yunnan à Mandalay (Birmanie) avait aussi été envisagé, mais est au point mort en raison du conflit birman.Des projets ferroviaires que Pékin comptait financer aux Philippines ont, eux, été annulés en raison des tensions diplomatiques entre les deux pays.burs-jug/jnd

Madrid outclass Man City as PSG power into Champions League last 16

Real Madrid swept Manchester City aside to qualify for the Champions League last 16 on Wednesday, while Paris Saint-Germain rubber-stamped their spot in the next round by thrashing French rivals Brest. Kylian Mbappe struck twice in the first half before completing his hat-trick on the hour at the Santiago Bernabeu as the European champions won the …

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Le gouvernement Trump veut arrêter le péage urbain de New York, bataille judiciaire en vue

Le gouvernement américain a ordonné mercredi l’arrêt du tout nouveau péage urbain de New York, qui vise à réduire la pollution et financer le métro, Donald Trump intervenant à nouveau dans sa ville natale, cette fois au nom de la “classe ouvrière”.Le péage de neuf dollars en journée pour les automobilistes entrant dans Manhattan a été instauré début janvier après avoir été avalisé in extremis avant l’investiture du nouveau président républicain, qui s’était montré hostile durant sa campagne à cette initiative environnementale, une première aux Etats-Unis.”Je partage les inquiétudes du président à propos des conséquences sur les Américains de la classe ouvrière qui doivent désormais assumer une charge financière supplémentaire dans leur vie quotidienne”, a écrit son ministre des Transports, Sean Duffy, dans un courrier à la gouverneure de l’Etat de New York qui avait porté le projet, Kathy Hochul.”Le programme de péage de l’Etat de New York est une gifle au visage de la classe ouvrière américaine et des propriétaires de petites entreprises”, a-t-il encore asséné dans un communiqué, expliquant que son administration allait retirer l’autorisation fédérale à ce “projet pilote”.”Le péage est mort”, s’est félicité sur son réseau Truth Social le président Trump. “Manhattan et tout New York sont sauvés”, a-t-il ajouté, dans une nouvelle intervention depuis le début de son second mandat dans les affaires de la ville.Ces derniers jours, l’administration Trump a ordonné à la justice de New York de classer l’affaire pour corruption visant le maire de la mégalopole, Eric Adams. Hasard du calendrier, la missive sur le péage intervient le jour-même où l’ancien avocat du président et désormais numéro 2 du ministère de la Justice, Emil Bove, est convoqué par un juge de New York pour expliquer cet ordre hautement inhabituel.- “On se verra au tribunal” -Les velléités de fermer le péage sont “une attaque de Washington sur notre souveraineté” à New York, a dénoncé la gouverneure Hochul lors d’une conférence de presse. Le revirement de l’administration de Donald Trump, climato-sceptique assumé, sur ce sujet sensible au pays de la voiture reine, va désormais faire l’objet d’une bataille devant les tribunaux. De nombreux acteurs, à commencer par la régie du métro new-yorkais (MTA), qui devait bénéficier des revenus du péage, ont immédiatement promis de contester la décision en justice. “Aujourd’hui, la MTA a déposé des documents auprès d’un tribunal fédéral pour garantir que le programme (…) se poursuivra malgré cette offensive sans fondement”, a réagi dans un communiqué le PDG de la MTA, Janno Lieber.”Il est déconcertant qu’après quatre ans et 4.000 pages d’évaluation environnementale supervisée par le gouvernement fédéral – et à peine trois mois après avoir donné son approbation finale au programme de réduction de la congestion -, le gouvernement prenne un virage à 180 degrés”, a-t-il ajouté.”M. le président, on se verra au tribunal”, a également promis dans la foulée le parlementaire démocrate de New York Jerrold Nadler, estimant que Donald Trump n’a “aucune base légale pour arrêter unilatéralement ce programme”.Depuis son entrée en vigueur le 5 janvier, le péage a permis de “réduire drastiquement” les embouteillages et les New-Yorkais “vont au travail plus vite que jamais”, a encore défendu la gouverneure Hochul, mettant en avant l’enjeu économique pour New York.Le métro tentaculaire mais vieillissant attend de ce péage qu’il apporte 15 milliards de dollars de retombées devant partiellement servir, à terme, à sa rénovation.Au moment de son entrée en vigueur, près de 700.000 véhicules circulaient chaque jour, à 11 km/h de moyenne, dans la zone concernée par cette taxe censée également profiter à la lutte contre la pollution atmosphérique.”La volonté de Donald Trump de tuer le péage à New York est une nouvelle mesure irresponsable et illégale”, a dénoncé l’ONG environnementale Evergreen Action. Selon son responsable, Justin Balik, cela fait partie de la volonté du président de “démanteler les politiques climatiques”.