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Retraites: la Cour des comptes livre un diagnostic “préoccupant” mais sans “déficit caché”

C’est un diagnostic sur lequel doivent s’appuyer les partenaires sociaux pour leurs inédits rounds de négociations sur les retraites: la Cour des comptes brosse le tableau d’une situation financière “préoccupante”, examine plusieurs leviers et enterre l’idée d’un “déficit caché” du système.Particulièrement attendu pour faire “la vérité des chiffres” après des controverses, ce rapport commandé par Matignon a été remis en début de matinée à François Bayrou par le Premier président de la Cour, Pierre Moscovici. Avant même sa publication officielle, le chef du gouvernement a évoqué “un déficit immédiat de six milliards qui, dans les années qui viennent, si on ne fait rien, dérivera vers 30 milliards” et insisté une nouvelle fois sur “l’apport de l’Etat pour équilibrer le système”.A partir de ces conclusions, “tous ceux qui le souhaiteront (…) vont proposer leur lecture”, et un débat sans vote au Parlement n’est pas exclu, selon François Bayrou.Ce rapport donne le coup d’envoi à trois mois de difficiles négociations entre syndicats et patronat pour retoucher l’impopulaire réforme des retraites de 2023 – qui a décalé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans – “sans totem ni tabou” mais “sans dégrader” l’équilibre financier du système, selon les termes de l’exécutif.Sans surprise au vu des chiffres déjà connus, le diagnostic financier de la Cour des comptes est “préoccupant”, a résumé Pierre Moscovici.- Déficit accru après 2030 -Le déficit atteindrait 6,6 milliards d’euros en 2025, se “stabiliserait” jusqu’en 2030 environ, puis se dégraderait de manière “nette, rapide, croissante”, passant à environ 15 miliards à horizon 2035 et 30 milliards en 2045, “malgré la réforme de 2023”, retrace le rapport.La réforme de 2023 aura “un effet positif” d’environ 10 milliards à l’horizon 2030, mais de plus en plus limité ensuite. Le système par répartition (les actifs financent les pensions des retraités actuels) souffre d’un “déséquilibre croissant” dû au vieillissement de la population.Ces chiffres sont loin de ceux avancés mi-janvier par M. Bayrou, qui avait évoqué un déficit de 55 milliards d’euros à horizon 2030. Ils se rapprochent plutôt des prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR), référence en la matière.Dans son calcul, M. Bayrou n’intégrait pas aux recettes les contributions (impôts affectés, subventions) versées par l’Etat pour équilibrer le régime de la fonction publique, jugeant que l’Etat cotise à un taux trop élevé par rapport au privé. Dans son sillage, certains experts, minoritaires, ont pointé ces dernières semaines un “déficit caché”. Une thèse “dangereuse” pour les syndicats, dont plusieurs ont averti qu’ils refuseraient de négocier sur cette base. “Il n’existe aucun déficit caché”, mais seulement “deux comptabilités différentes” de la contribution de l’Etat, qui s’élevait à 45 milliards d’euros en 2023, observe Pierre Moscovici. Lequel rejette “les analyses” appelant à rapprocher les taux de cotisations des régimes du privé et du public, les deux n’étant “pas comparables”.  – “Eclairer” les négociations -“La Cour des comptes a refermé le piège que le Premier ministre avait ouvert”, a jugé le leader de la CFE-CGC François Hommeril jeudi, même si François Bayrou a jugé le rapport “en cohérence” avec ses chiffres, puisqu’il souligne “l’apport de l’Etat”.Le leader de la CFTC Cyril Chabanier a aussi salué ce rapport qui “rend la concertation jouable”.Ce rapport fournira “une base utile et indiscutable (…) dans la poursuite des négociations”, s’est réjoui Pierre Moscovici, disant attendre “de pied ferme tous ceux qui voudraient (le) contester”.Les travaux des partenaires sociaux débuteront le 27 février. Leur mission s’annonce ardue, tant les positions sont antagonistes. Pour les syndicats, la priorité est de revenir en arrière sur les 64 ans. Le patronat exclut toute augmentation de sa contribution financière, et avance des pistes irritantes pour les syndicats, comme l’instauration d’une dose de capitalisation dans le système, ou l’allongement du temps de travail. La numéro un de la CGT Sophie Binet entend ainsi “porter la voix de millions de salariés qui veulent l’abrogation de cette réforme” mais “certainement pas (…) parler de capitalisation”.Pour “éclairer” les débats, la Cour des Comptes a estimé l’effet de différents leviers. Agir sur l’âge légal de départ aurait un “effet puissant à court terme” mais moins à long terme, à l’inverse de la durée de cotisation qui aurait “un effet de moindre ampleur, mais mieux étalé dans la durée”. Des scénarii qui font l’impasse sur un retour aux 62 ans, ce qui devrait susciter des critiques.eva-arz-bat-ic-mdb/alu/pta

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“Nous les sauverons”: l’espoir de ressusciter des rhinocéros techniquement éteints

L’herbe semble délicieuse aux pieds du Mont Kenya. Les deux femelles rhinocéros s’en régalent tranquillement, indifférentes à l’immense effort mondial en cours pour tenter d’empêcher que leur espèce ne meure bientôt avec elles. Najin et sa fille Fatu sont les deux derniers rhinocéros blancs du Nord encore en vie, une sous-espèce africaine qui pourrait bientôt rejoindre la liste des animaux que les humains ont braconné jusqu’à l’extinction. Mais, grâce à une récente percée scientifique, un embryon de rhinocéros blanc du Nord pourrait grandir en 2025. Un développement qui serait spectaculaire pour cette sous-espèce déclarée techniquement éteinte après le décès de son dernier mâle, Sudan, en 2018. Ni Najin ni Fatu, respectivement fille et petite-fille de Sudan, ne peuvent mener de grossesse à terme en raison de problèmes d’utérus. Mais Fatu produit encore des ovules viables, qui pourraient être ensemencés lors d’une fécondation in vitro (FIV). Depuis plusieurs années, des scientifiques collectent ses ovules dans la réserve privée d’Ol Pejeta, au centre du Kenya, où vivent les deux femelles, surveillées 24h/24. Les oeufs sont envoyés en Europe où, dans un laboratoire, ils sont fécondés avec le sperme de différents mâles décédés. Les chercheurs ont désormais obtenus 36 oeufs fécondés – ou embryons – prêts à être implantés, affirme Jan Stejskal, coordinateur du projet pour BioRescue, la plus importante des initiatives mondiales visant la résurrection de l’espèce.Ces experts pensent que Fatu peut encore produire une dizaine d’oeufs supplémentaires. “Nous espérons réussir la première grossesse avec un embryon de rhinocéros blanc du Nord cette année”, affirme M. Stejskal. “Mais je ne peux pas le promettre.”- “Joie et tristesse” -L’idée est d’utiliser comme mère porteuse une femelle rhinocéros blanc du Sud, une espèce proche. Il y a un an, les scientifiques avaient annoncé une percée : la première FIV avait été réalisée avec succès sur une mère porteuse – mais avec un embryon de rhinocéros blanc du Sud. Et, comme beaucoup d’étapes dans ce processus long et difficile, la joie s’était rapidement “mêlée à la tristesse”, pointe Samuel Mutisya, directeur de la recherche d’Ol Pejeta auprès de l’AFP. Au bout d’environ deux mois, la mère porteuse était décédée d’une infection sans lien avec sa grossesse. L’équipe est déterminée à tenter de nouveau, cette fois avec un embryon de rhino blanc du Nord. Il existe d’autres pistes. Au Japon, des chercheurs tentent d’utiliser des cellules souches pour créer des gamètes mâles et femelles. En cas de succès, cela permettrait d’augmenter radicalement le nombre d’embryons mais aussi la diversité génétique pour les futures FIV.Ces recherches sont environ à mi-parcours, selon M. Stejskal, pour qui des embryons pourraient être produits d’ici environ 4 ans. Parallèlement, l’université d’Oxford tente d’utiliser des tissus ovariens de femelles rhinocéros décédées pour créer de nouveaux ovules. Même après la disparition de Najin, 35 ans, et de Fatu, 24 ans, les scientifiques pourraient alors exploiter les oeufs immatures dans leurs ovaires. Suzannah Williams, qui dirige cette initiative, estime pouvoir récupérer “au mieux” quelques centaines d’oeufs, même si tous ne seraient pas viables. Le scénario idéal serait qu’un nouveau bébé naisse tandis que Najin et Fatu sont toujours en vie, pour lui apprendre comment se comporter en rhinocéros blanc du Nord. – Trop tard -Personne ne sait quelles sont exactement les chances qu’une tentative unique de FIV débouche sur une grossesse. Il en avait fallu trois il y a un an.Beaucoup d’autres étapes pourraient tourner court dans une gestation qui dure 18 moins. Mais M. Stejskal reste optimiste : “Nous les sauverons”, dit-il, tandis que Mme Williams estime que la question est “quand, et non si”.D’autres sont moins convaincus. Même si des bébés venaient à naître, la diversité génétique serait “trop basse” pour faire revivre la sous-espèce, affirme à l’AFP Jo Shaw, directrice de l’ONG Save the Rhino International.Il est probablement déjà trop tard pour les rhinocéros blancs du Nord, dit-elle, et l’attention devrait plutôt se porter sur les sous-espèces de Java et de Sumatra, qui comptent chacune moins de 50 individus. Mais les chercheurs travaillant sur le rhino blanc du Nord soulignent que les techniques qu’ils sont en train de développer aideront tous ces mastodontes, de même que d’autres espèces. Le travail de BioRescue contribue déjà à sauver le rhino de Sumatra, plaide M. Stejskal.Dans leur enclos d’Ol Pejeta, le principal soignant de Najin et Fatu, Zacharia Mutai, défend que les humains sont les responsables de leur extinction, donc qu’ils ont la responsabilité de leurs résurrection. M. Mutai, qui a aussi connu Sudan, estime que la naissance d’un bébé serait “mondialement célébrée.””Et je m’occuperai du bébé”, ajoute-t-il avec un sourire, tandis que derrière lui Fatu et Najin continuent de se régaler d’herbe. 

Retraites: le déficit attendu à 15 milliards à horizon 2035, 30 milliards en 2045

Le déficit du système de retraites devrait avoisiner 15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards d’euros en 2045 malgré la réforme de 2023, selon le diagnostic de la Cour des comptes dévoilé jeudi, jugé “préoccupant” mais proche d’estimations déjà connues.Après 6,6 milliards d’euros en 2025 puis une “stabilisation” jusque vers 2030, “les effets favorables sur l’équilibre du système liés à la réforme de 2023 devraient s’affaiblir, et le déficit global se dégrader nettement” pour atteindre environ “15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards en 2045″, selon l’institution présidée par Pierre Moscovici.”Soyons lucides”, la dégradation des finances du système de retraites dans son ensemble sera “nette, rapide, croissante”. “Ces chiffres sont préoccupants”, a déclaré le Premier président Pierre Moscovici à la presse.Le régime général “concentrerait l’essentiel du déficit à l’horizon 2045”, en raison notamment d’une “forte dégradation du ratio entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités”, a-t-il détaillé.Ces prévisions sont proches de celles du Conseil d’orientation des retraites (COR), institution référente en la matière, et très éloignées des chiffres avancés mi-janvier par le Premier ministre François Bayrou, qui avait évoqué un déficit abyssal de 45 à 55 milliards d’euros à horizon 2030. Contrairement au COR, M. Bayrou n’intègre pas aux recettes du système les contributions (impôts affectés, subventions) versées par l’Etat pour équilibrer le régime de la fonction publique. Il juge que l’Etat cotise à un taux beaucoup trop élevé par rapport au secteur privé. Dans son sillage, certains experts, toutefois très minoritaires, ont pointé un “déficit caché” des retraites.”Il n’existe aucun déficit caché des retraites des fonctionnaires”, mais seulement “deux comptabilités différentes” de “la contribution de l’Etat”, a tranché Pierre Moscovici. Il a rejeté “les analyses” appelant à comparer les taux de cotisation employeur des secteurs public et privé, estimant que ces régimes très différents “ne sont pas comparables”.”Surtout, ce débat est sans incidence” sur le déficit global des finances publiques, a-t-il ajouté.Sur un sujet “sensible”, “qui touche à notre pacte intergénérationnel” et a alimenté des “passions sociales” à chaque réforme, la Cour fournit ainsi “une base utile et indiscutable dans la poursuite des discussions entre partenaires sociaux”, a souligné Pierre Moscovici. Vantant un “tour de force” pour répondre en moins d’un mois à la commande express de Matignon, il a lancé: “mission accomplie !”

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Japon : plusieurs décès après des chutes de neige record

Le nord du Japon subit depuis deux semaines des chutes de neige record qui ont provoqué plusieurs décès, et l’Agence météorologique japonaise (JMA) a lancé jeudi un avertissement avant l’arrivée d’un nouvel épisode neigeux.Le département d’Aomori (nord) a dénombré au moins neuf décès liés à la neige cet hiver, parmi lesquels six personnes qui déblayaient les toits, tandis que celui de Niigata (centre) a enregistré au moins 12 morts.Trois employés d’une station de montagne isolée dans la région de Fukushima ont également été retrouvés morts mardi après avoir traversé une montagne enneigée pour effectuer des travaux de maintenance dans une source thermale, ont rapporté les médias locaux.Les régions particulièrement touchées par les chutes de neige — qui ont notamment causé des perturbations dans les transports et plusieurs décès — se situent le long de la côte de la mer du Japon qui fait face à la Russie et aux deux Corées. “Je suis ici depuis dix ans et je n’ai jamais rien vu de tel”, a déclaré un habitant de la zone isolée de Sukayu, dans le département d’Aomori, à la chaîne de télévision nippone TBS.”Si l’on regarde le volume de neige tombée par jour, il n’y a pas eu d’épisode exceptionnel. Mais la neige s’est accumulée”, a-t-il expliqué.”Nous pourrions assister à une tempête de neige d’un niveau d’alerte, si les nuages de neige restent au même endroit”, a déclaré le bureau d’Aomori de l’agence JMA dans un bulletin jeudi. Par ailleurs, la ville de Tsunan dans le département de Niigata a reçu plus de 3,5 mètres de neige.Ces derniers jours, des centaines de véhicules sont restés bloqués pendant des heures à divers endroits le long d’autoroutes enneigées.

Le Parlement prêt à bannir les “polluants éternels” des textiles et cosmétiques

Une législation “pionnière” dans l’Union européenne: l’Assemblée devrait approuver définitivement jeudi une proposition de loi écologiste restreignant la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS, ces “polluants éternels” massivement présents dans la vie courante, dont l’impact sur la santé inquiète l’opinion et les pouvoirs publics.Le texte, voté une première fois à l’Assemblée nationale, et remanié par le Sénat en mai, devrait être adopté dans les mêmes termes qu’à la Chambre haute, permettant son entrée en vigueur.Il figure en première place des textes de la “niche” écologiste – la journée dédiée aux initiatives parlementaires du groupe écologiste et social. La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a apporté en introduction des débats son soutien à la proposition de loi, tout en appelant à tenir un discours nuancé, “toujours sous l’éclairage de la science” et “sans tomber dans une condamnation générale des PFAS”.”Il y a des milliers de PFAS. Certains sont bien connus, d’autres moins. Certains sont dangereux, d’autres sont considérés comme à faible impact”, a-t-elle soutenu.Quasi indestructibles et présentes dans quantité d’objets et de produits, ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylés ou PFAS s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, l’eau, la nourriture et, in fine, dans le corps humain, notamment dans le sang et les tissus des reins ou du foie.Si les connaissances sur les risques sanitaires associés aux différents PFAS sont insuffisantes, voire absentes, de l’avis même d’autorités sanitaires, des effets néfastes sur le métabolisme humain ont été pointés pour plusieurs “polluants éternels”.L’article phare de la proposition de loi prévoit d’interdire à partir du 1er janvier 2026 la fabrication, l’importation et la vente de tout produit cosmétique, produit de fart (pour les skis) ou produit textile d’habillement contenant des PFAS, à l’exception de certains textiles industriels ou “nécessaires à des utilisations essentielles”.Une taxe visant les industriels dont les activités entraînent des rejets de PFAS, sur le principe du “pollueur-payeur”, figure également dans le texte.Si l’ambition initiale du texte a été réduite – avec notamment l’exclusion des ustensiles de cuisine du champ de l’interdiction – le rapporteur Nicolas Thierry (Les Ecologistes) a vanté en séance “une première réponse” qui fera de la France “l’un des pays les mieux armés pour protéger sa population des risques liés à ces polluants éternels”.Le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille, auteur il y a un an d’un rapport sur le sujet, a défendu une “première pierre” dans la lutte contre les PFAS, qui permettra d’envoyer “un message à l’Europe pour dire que la France est prête et qu’il faut accélérer la réflexion”.- Des “marqueurs” -Une fois ce texte passé, les députés se pencheront sur des textes plus clivants, des “marqueurs” qui permettront de “planter dans le paysage” les “éléments du programme à venir” des écologistes pour les prochaines échéances électorales, a expliqué le député Pouria Amirshahi.Les débats promettent ainsi d’être vifs sur l’instauration de la “taxe Zucman”, un impôt plancher de 2% sur le patrimoine des “ultra riches”, ceux possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine.Inspirateur de cette proposition, l’économiste Gabriel Zucman a défendu dans une tribune dimanche dans Le Monde, avec d’autres personnalités issues du monde politique, syndical et de la société civile, une “mesure de bon sens” alors que “les milliardaires ne payent quasiment pas d’impôt sur le revenu”.Mais la coalition soutenant le gouvernement a combattu cette mesure en commission la semaine dernière. “La France n’est ni un paradis fiscal ni une île”, et “nous serions (…) le premier pays à mettre en œuvre cette taxation”, alors que la France est déjà “le pays le plus taxé”, avait argué l’orateur du groupe macroniste, Mathieu Lefèvre.Les cinq autres textes proposés par les écologistes visent à mettre en place à titre expérimental “une sécurité sociale alimentaire pour tous”, “protéger durablement la qualité de l’eau potable”, “faciliter l’accès des demandeurs d’asile au marché du travail”, empêcher les “licenciements boursiers” et garantir des horaires de jour aux travailleurs du nettoyage.Tous ont été adoptés dans le cadre de leur examen en commission, ce qui ne préjuge pas de leur sort en séance. Et tous ne pourront sans doute pas être examinés, les députés concluant obligatoirement leurs travaux à minuit dans le cadre de ces “niches” parlementaires.

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Le Parlement prêt à bannir les “polluants éternels” des textiles et cosmétiques

Une législation “pionnière” dans l’Union européenne: l’Assemblée devrait approuver définitivement jeudi une proposition de loi écologiste restreignant la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS, ces “polluants éternels” massivement présents dans la vie courante, dont l’impact sur la santé inquiète l’opinion et les pouvoirs publics.Le texte, voté une première fois à l’Assemblée nationale, et remanié par le Sénat en mai, devrait être adopté dans les mêmes termes qu’à la Chambre haute, permettant son entrée en vigueur.Il figure en première place des textes de la “niche” écologiste – la journée dédiée aux initiatives parlementaires du groupe écologiste et social. La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a apporté en introduction des débats son soutien à la proposition de loi, tout en appelant à tenir un discours nuancé, “toujours sous l’éclairage de la science” et “sans tomber dans une condamnation générale des PFAS”.”Il y a des milliers de PFAS. Certains sont bien connus, d’autres moins. Certains sont dangereux, d’autres sont considérés comme à faible impact”, a-t-elle soutenu.Quasi indestructibles et présentes dans quantité d’objets et de produits, ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylés ou PFAS s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, l’eau, la nourriture et, in fine, dans le corps humain, notamment dans le sang et les tissus des reins ou du foie.Si les connaissances sur les risques sanitaires associés aux différents PFAS sont insuffisantes, voire absentes, de l’avis même d’autorités sanitaires, des effets néfastes sur le métabolisme humain ont été pointés pour plusieurs “polluants éternels”.L’article phare de la proposition de loi prévoit d’interdire à partir du 1er janvier 2026 la fabrication, l’importation et la vente de tout produit cosmétique, produit de fart (pour les skis) ou produit textile d’habillement contenant des PFAS, à l’exception de certains textiles industriels ou “nécessaires à des utilisations essentielles”.Une taxe visant les industriels dont les activités entraînent des rejets de PFAS, sur le principe du “pollueur-payeur”, figure également dans le texte.Si l’ambition initiale du texte a été réduite – avec notamment l’exclusion des ustensiles de cuisine du champ de l’interdiction – le rapporteur Nicolas Thierry (Les Ecologistes) a vanté en séance “une première réponse” qui fera de la France “l’un des pays les mieux armés pour protéger sa population des risques liés à ces polluants éternels”.Le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille, auteur il y a un an d’un rapport sur le sujet, a défendu une “première pierre” dans la lutte contre les PFAS, qui permettra d’envoyer “un message à l’Europe pour dire que la France est prête et qu’il faut accélérer la réflexion”.- Des “marqueurs” -Une fois ce texte passé, les députés se pencheront sur des textes plus clivants, des “marqueurs” qui permettront de “planter dans le paysage” les “éléments du programme à venir” des écologistes pour les prochaines échéances électorales, a expliqué le député Pouria Amirshahi.Les débats promettent ainsi d’être vifs sur l’instauration de la “taxe Zucman”, un impôt plancher de 2% sur le patrimoine des “ultra riches”, ceux possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine.Inspirateur de cette proposition, l’économiste Gabriel Zucman a défendu dans une tribune dimanche dans Le Monde, avec d’autres personnalités issues du monde politique, syndical et de la société civile, une “mesure de bon sens” alors que “les milliardaires ne payent quasiment pas d’impôt sur le revenu”.Mais la coalition soutenant le gouvernement a combattu cette mesure en commission la semaine dernière. “La France n’est ni un paradis fiscal ni une île”, et “nous serions (…) le premier pays à mettre en œuvre cette taxation”, alors que la France est déjà “le pays le plus taxé”, avait argué l’orateur du groupe macroniste, Mathieu Lefèvre.Les cinq autres textes proposés par les écologistes visent à mettre en place à titre expérimental “une sécurité sociale alimentaire pour tous”, “protéger durablement la qualité de l’eau potable”, “faciliter l’accès des demandeurs d’asile au marché du travail”, empêcher les “licenciements boursiers” et garantir des horaires de jour aux travailleurs du nettoyage.Tous ont été adoptés dans le cadre de leur examen en commission, ce qui ne préjuge pas de leur sort en séance. Et tous ne pourront sans doute pas être examinés, les députés concluant obligatoirement leurs travaux à minuit dans le cadre de ces “niches” parlementaires.

Plaintes de L214 contre Lidl France et deux élevages porcins

L’association animaliste L214 a porté plainte contre Lidl France et deux élevages porcins partenaires du distributeur, dénonçant avec de nouvelles images choc des cas de maltraitance animale et une “tromperie du consommateur”, a-t-elle annoncé jeudi.Les photos et vidéos enregistrées début février par L214 dans deux élevages, un dans la Sarthe et un dans le Finistère, montrent “des violations flagrantes de la réglementation, comme la coupe systématique des queues”, interdite, précise l’association dans un communiqué. Les pratiques sont “encore plus préoccupantes” au sein de l’élevage du Finistère: L214 signale notamment des locaux insalubres, la présence d’animaux agonisants ou encore le recours au “claquage” qui consiste à tuer les porcelets non viables ou jugés moins rentables en les projetant contre un mur ou contre le sol.Ces deux élevages font pourtant partie d’un programme de Lidl France en faveur du bien-être animal dans la filière porcine, qui subventionne des exploitations respectant certains critères d’amélioration des conditions d’élevage.L214 a porté plainte pour “mauvais traitements commis par un professionnel” auprès des parquets du Mans et de Quimper. Les deux plaintes – envoyées mercredi et dont l’AFP a pu consulter une copie – ciblent également Lidl France pour “complicité de mauvais traitements envers animaux” et pratiques commerciales trompeuses”. Pour Sébastien Arsac, cofondateur et directeur des enquêtes de L214, “Lidl fait de grandes promesses pour rassurer les consommateurs” mais “même les élevages sélectionnés par l’enseigne ne respectent pas les besoins fondamentaux des animaux et violent la réglementation en place depuis plus de 20 ans”.Sollicité par l’AFP pour un commentaire au sujet de ces plaintes, Lidl France n’a pas réagi dans l’immédiat. L214, qui entend réduire la maltraitance animale en faisant évoluer la réglementation, vise à terme la disparition de l’élevage, de la pêche et de l’abattage d’animaux au profit d’une alimentation entièrement végétale. 

Agressions sexuelles à Bétharram: trois hommes toujours en garde à vue

La garde à vue se poursuit jeudi matin à Pau pour les trois premiers hommes interpellés dans le cadre de l’enquête sur plus d’une centaine de plaintes pour violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram.Suspectés de “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées” pour des faits présumés s’étalant “entre 1957 et 2004”, ils sont nés en 1931, en 1955 et en 1965, selon le parquet qui avait ouvert l’enquête il y a un an.Il s’agit de deux laïcs et d’un prêtre, selon une source proche du dossier. L’un des deux laïcs avait été démis de ses fonctions en février 2024, peu après l’ouverture de l’enquête, alors qu’il était visé par au moins huit plaintes, pour des violences, mais aussi des agressions sexuelles et des viols.L’autre est un ancien surveillant général.Le collectif de victimes de cet établissement privé sous contrat, longtemps réservé aux garçons, a recensé à ce jour 132 plaintes, soit une quinzaine de signalements supplémentaires arrivés en quelques jours. Le parquet en confirmera le nombre total à l’issue des gardes à vue qui ont débuté mercredi après-midi et peuvent durer jusqu’à 48 heures, a indiqué le procureur.Parmi ces plaintes, “rares” sont celles qui ne sont pas frappées par la prescription, estime Alain Esquerre, porte-parole du collectif.L’avocat Me Jean-François Blanco, qui représentait en 1996 un élève ayant déposé une première plainte pour violences physiques contre l’établissement, souligne néanmoins que la période évoquée par le procureur, de 1957 à 2004, “permet de situer les crimes dans leur sérialité”.”Il s’agit d’un critère fondamental pour l’appréciation sur la prescription”, a-t-il expliqué à l’AFP. Selon la loi de 2021 visant à renforcer la protection des mineurs contre les crimes et délits sexuels, le délai de prescription d’un premier viol peut en effet être prolongé si la même personne récidive sur un autre mineur.Ces interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion, à Pau, entre des victimes et le Premier ministre François Bayrou, mis en cause dans ce dossier depuis la parution début février de témoignages affirmant qu’il était au courant de premières accusations entourant l’établissement dans les années 1990, ce qu’il dément.En parallèle de l’enquête judiciaire, la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale a voté mercredi, à l’unanimité, la création d’une commission d’enquête “sur les modalités du contrôle de l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires”.

Ukraine: Macron réunit les chefs de partis face à la “menace existentielle” russe

Emmanuel Macron reçoit jeudi les chefs de partis pour faire le point sur la situation en Ukraine et les efforts supplémentaires de défense à fournir alors que la Russie devient une “menace existentielle”, en plein rapprochement avec Donald Trump.A gauche, Manuel Bompard (LFI), Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (Ecologistes), Olivier Faure (PS) et Guillaume Lacroix (Parti radical de gauche) ont fait savoir qu’ils se rendraient à 11H00 à l’Elysée.Côté Rassemblement national, Louis Aliot sera présent, le président du parti, Jordan Bardella, devant se rendre au même moment à Washington. Gabriel Attal (Renaissance) et Marc Fesneau (MoDem) sont également attendus.Le chef de l’Etat renoue ainsi avec les rencontres au “format Saint-Denis” initiées en août 2023 dans cette ville limitrophe du nord de Paris pour renouveler la pratique du pouvoir dans la concertation avec les partis.Ces consultations, regardées avec méfiance par certaines formations qui y voyaient un moyen de contourner le Parlement, ont eu un succès très relatif, la dernière édition remontant à mars 2024, déjà sur l’Ukraine.S’ensuivra un débat sans vote, début mars au Parlement, sur les conséquences du contexte géopolitique en Europe pour la France.L’exécutif a commencé à préparer l’opinion à la nécessité d’un plus grand effort de défense alors que la paix en Ukraine esquissée par Donald Trump pourrait ressembler à une capitulation pour Kiev.Le nouveau président américain entend la négocier directement avec son homologue russe Vladimir Poutine, dont le pays avait pourtant attaqué l’Ukraine il y a bientôt trois ans, le 24 février 2022.- “Dictateur” –  L’administration Trump exclut le retour de l’Ukraine dans ses frontières d’avant 2014, c’est-à-dire avant l’annexion de la Crimée et la conquête de l’est du pays par les Russes, ainsi que son entrée dans l’Otan ou le déploiement de soldats américains pour garantir la paix. Le locataire de la Maison Blanche a en outre été d’une rare violence verbale avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky qui réclame une place à la table des négociations, le traitant de “dictateur” au bilan “épouvantable” et suggérant qu’à ce rythme, il n’allait bientôt “pas lui rester de pays”.Emmanuel Macron, qui a réuni par deux fois des partenaires européens lundi et mercredi – près d’une trentaine au total -, pointe “une très forte convergence pour dire que la Russie constitue une menace existentielle pour les Européens”.”Nous souhaitons une paix en Ukraine qui soit durable et solide”, a-t-il encore répété mercredi.Les autorités américaines ont en outre indiqué mercredi soir que le chef de l’Etat français était attendu “en début de semaine prochaine” à Washington.De son côté, le Premier ministre François Bayrou a martelé devant sa majorité que “jamais depuis 1945, le risque d’une guerre en Europe n’avait été aussi élevé”.Dans un tel contexte, “le réveil européen passe par une augmentation des dépenses militaires” qui aura “des conséquences pour nos finances publiques”, a averti la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.Les Européens craignent que Vladimir Poutine ne soit encouragé à poursuivre son offensive en Ukraine, voire à l’étendre à des pays voisins, s’il n’est pas clairement “forcé” à la paix, y compris par le déploiement de forces étrangères le long de la ligne de démarcation.Emmanuel Macron a assuré mardi que “la France ne s’apprête pas à envoyer des troupes au sol, belligérantes dans un conflit, sur le front”.Mais il a aussi évoqué la possibilité “d’avoir, sous mandat des Nations unies, une opération de maintien de paix, qui elle se tiendrait le long de la ligne de front”.