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Bétharram, un “puits aux âmes”, pour un ancien élève victime

Aujourd’hui âgé de 62 ans, Emmanuel (prénom modifié) a passé sept ans de sa scolarité à Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), dont une dernière année à essayer de protéger les petits qu’il surveillait au dortoir. Après des années à “survivre” avec ses souvenirs de ce “puits aux âmes”, il porte plainte en mai 2024.Il dénonce des agressions sexuelles, commises principalement par le père Carricart, ex-directeur de cet établissement catholique, qui s’est suicidé en 2000 après avoir été l’objet de premières plaintes pour viol, et des violences physiques, perpétrées notamment par un surveillant surnommé “Cheval” placé en garde à vue mercredi avec deux autres mis en cause.Il livre son histoire à l’AFP.- “Ils voulaient des éphèbes” -“Je suis arrivé à Bétharram en 1973, j’avais neuf ans et j’y suis resté jusqu’en 1980. Quand je regarde aujourd’hui mon cahier de catéchèse, je me dis que j’étais au cœur d’une secte. Le conditionnement psychologique, physique et culturel, c’était ça la force de Bétharram. La violence, c’était l’ADN de l’établissement et cette hyperviolence va de pair avec l’hypersexualisation. Le père Carricart (…) avait des mains baladeuses, nous touchait les fesses. Il est à ce moment-là entouré de +Cheval+, mais aussi de pions et d’enseignants violents. Un glissement vers les abîmes.  Personne n’avait accès au fonctionnement de l’internat (…), c’était la réserve de chasse. Moi, tous les soirs pendant trois ans, je mettais mon sexe dans un gant de toilette avant d’aller dormir, c’était ma petite armure.Ils voulaient des éphèbes, les ados poilus ne les intéressaient plus. On avait la peur au ventre.- “Zone de non-droit” -La violence allait du tabassage au viol, et moi j’étais au milieu. J’ai subi des agressions sexuelles du père Carricart et d’autres élèves. Mais on n’en parlait pas, on n’avait pas les mots pour ça, on était agressé tout le temps. La situation exceptionnelle devient la norme.Ma dernière année à Bétharram, j’ai 15 ans et je suis nommé surveillant de dortoir. Je suis tout seul avec les +petits+ de CM2 et de 6e. Les enfants se faisaient pipi dessus dans leur lit quand le surveillant surnommé Cheval retournait sa chevalière avant de frapper. +Regarde ce que tu m’obliges à faire+. Cette phrase, je l’entends encore. C’est une phrase de prédateur.Dans mon dortoir, il y a 35 petits lits. Un soir, Carricart débarque. Je le voyais mettre la main entre les cuisses des enfants. Je mets en place des stratagèmes (…). Il vient dans le dortoir une à trois fois par semaine, entre minuit et 2H00 du matin, donc je garde ma lampe allumée jusqu’à 3H00 du matin. J’avais trafiqué la serrure de la porte pour qu’elle couine quand il l’ouvrait et que je l’entende arriver. Je n’ai pas dormi cette année-là, j’étais épuisé.Pour moi, Bétharram c’est un puits aux âmes, une zone de non-droit.- “Le bruit et l’odeur” -Ça a détruit ma vie. La culpabilité m’habite depuis des années. Est-ce que j’aurais pu sauver plus d’enfants? Il va me falloir toute ma vie pour tirer le fil de cette pelote monstrueuse. Mon burn-out m’a fait me poser plein de questions et j’ai compris que j’avais voulu anesthésier mon cerveau par le travail. Aujourd’hui, je vis les deux pieds dans la merde, avec le bruit et l’odeur.Samedi, quand François Bayrou nous a reçus, la tension émotionnelle était énorme. Il était décomposé. Il faut bien comprendre que le système mis en place par la Congrégation était inconcevable.On n’attaque pas Bétharram parce que c’est une institution dans le département et même la région. C’était inconcevable que ces prêtres et cette institution puissent faire ça. D’autant que le premier plaignant, en 1998, on le retrouve dénudé dans les rues de Bordeaux. Alors, quel crédit accorder à ce +déchet de l’humanité+, ça décrédibilise tout, c’est facile. Tu rajoutes à ça les convictions religieuses et l’époque, en 1998, quand même le pape Jean Paul II ne voulait pas parler de pédocriminalité dans l’Eglise, et tu as Bétharram.Une fois que le soufflet et le tapage médiatique vont retomber, on verra ce que ça va donner. Moi je n’attends rien, le mal est fait. Dans ma tête, j’habite encore à Bétharram, avec des cauchemars et des terreurs nocturnes. Aujourd’hui, dans le collectif, en sachant qu’on est tous victimes, on ne retrouve pas la parole, on peut juste se regarder et pleurer.”

La loi d’orientation agricole définitivement adoptée au Parlement, in extremis avant le Salon

La loi d’orientation agricole a été définitivement adoptée au Parlement jeudi, point final d’un sprint pour délivrer avant le Salon de l’agriculture ce texte présenté comme une réponse à la grogne du secteur, mais critiqué à gauche pour des “renoncements” environnementaux.Largement adopté à l’Assemblée mercredi avec les voix macronistes, de la droite et du Rassemblement national, le texte issu d’un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) a été définitivement validé au Sénat, juste à temps pour l’ouverture de l’événement phare du monde agricole samedi à Paris.La chambre haute dominée par la droite et le centre l’a approuvé à 236 voix contre 103, offrant un atout dans la main de l’exécutif qui se sait attendu au tournant par la profession au “Salon”, après les manifestations agricoles des années passées.C’est ce samedi que le président Emmanuel Macron effectuera sa traditionnelle déambulation dans les allées de la plus grande ferme de France, un an après une visite d’inauguration très chahutée.Avec ce texte, “nous ré-ancrons les deux pieds de la France dans le socle le plus solide et le plus fidèle de toutes les civilisations humaines: l’agriculture. Le cadre est désormais posé pour la reconquête de notre souveraineté alimentaire et la parole de l’État est tenue”, a lancé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.L’écologiste Yannick Jadot fait le constat inverse, en dénonçant “une loi du déni de la nature” faisant la part belle à “une forme d’obscurantisme qui nous éloigne des réponses et des transitions nécessaires” et n’aborde pas la question centrale du revenu agricole.”L’agriculture méritait mieux, il n’y a pas de loi d’orientation tous les quatre matins”, avait critiqué la veille Aurélie Trouvé, présidente LFI de la commission des Affaires économiques. Dans le viseur de la gauche, un article très irritant, nettement étendu à l’initiative du Sénat, qui révise l’échelle des peines en cas d’atteintes à l’environnement. Il prévoit une dépénalisation de ces infractions lorsqu’elles ne sont pas commises “de manière intentionnelle”, au profit d’une simple amende administrative de 450 euros maximum, ou du suivi d’un stage de sensibilisation.”En aucune manière ce texte n’accorde à nos agriculteurs je ne sais quel permis de détruire des espèces ou espaces protégés”, a répondu la ministre devant l’Assemblée mercredi soir.- “Intérêt général majeur” -Une autre mesure inquiète la gauche et les écologistes, celle qui invite le gouvernement à “s’abstenir d’interdire les usages de produits phytopharmaceutiques autorisés par l’Union européenne” en l’absence d’alternatives viables. Une forme de traduction du principe “pas d’interdiction sans solution”, mantra de la FNSEA sur les pesticides.”Malgré des avancées”, la loi d’orientation agricole “marque une inquiétante régression environnementale”, a réagi l’association Agir pour l’Environnement.”Il est faux d’affirmer que le Sénat a imposé ses vues”, insiste le rapporteur à l’Assemblée Pascal Lecamp, défendant par exemple le retour dans le texte d’un objectif de consacrer 21% de la surface agricole au bio en 2030.Quant à la mesure phare du texte, elle prévoit d’ériger l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur”. L’objectif affiché est de nourrir la réflexion du juge administratif et de faciliter le parcours de projets de structures de retenues d’eau ou de bâtiments d’élevage hors-sol, lorsqu’ils sont en balance avec un objectif de préservation de l’environnement.Mais des élus et des juristes doutent de sa portée, face à une protection de l’environnement à valeur constitutionnelle. En réponse, le Sénat a introduit un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”, sorte de miroir de la non-régression environnementale déjà consacrée, qui promet déjà une querelle juridique.Le texte accorde aussi une présomption d’urgence en cas de contentieux autour de la construction d’une réserve d’eau pour l’irrigation, espérant réduire les délais des procédures. Et les parlementaires ont fait un pas vers un “droit à l’erreur” des agriculteurs, en approuvant le fait que “la bonne foi” est “présumée” lors d’un contrôle.Le projet de loi éclectique prévoit aussi une simplification de la législation sur les haies, ou encore la mise en place d’un guichet unique départemental – “France services agriculture” – pour faciliter les installations de nouveaux agriculteurs, ou aider des agriculteurs à céder leur exploitation.

Violences sexuelles à Bétharram: deux anciens surveillants restent en garde à vue

La garde à vue se poursuit jeudi à Pau pour deux anciens surveillants de Notre-Dame-de-Bétharram, interpellés dans l’enquête sur les violences physiques et sexuelles dénoncées par plus d’une centaine d’anciens élèves, sur un demi-siècle, de cet établissement catholique des (Pyrénées-Atlantiques).Le parquet a “mis un terme” à celle du troisième, un ex-prêtre nonagénaire, sans en dire davantage sur la procédure judiciaire à ce stade.Les gendarmes enquêtent depuis un an sur cette institution longtemps réservée aux garçons. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, a dénoncé la Conférence des évêques de France (CEF) dans un communiqué publié jeudi.Les trois hommes, nés en 1931, 1955 et 1965, ont été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période comprise “entre 1957 et 2004″ selon le parquet.D’après une source proche du dossier, il s’agit d’un prêtre et de deux laïcs, dont l’un avait été démis de ses fonctions en février 2024, peu après l’ouverture de l’enquête, alors qu’il était visé par au moins huit plaintes. L’autre est un ancien surveillant général.”C’est une immense victoire”, a salué Alain Esquerre, porte-parole des plaignants, à l’annonce des gardes à vue.- “Personne ne disait rien” -“J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l’un des suspects, surnommé “Cheval” à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne auprès de l’AFP un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, le surveillant écarté l’an dernier. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.”Pourquoi je n’ai rien dit? Il avait une sacrée emprise sur moi, j’étais un bébé et il avait le rôle du père que je n’avais pas eu. Il voulait m’avoir que pour lui”, confie celui dont une première plainte, en 1999, fut classée sans suite. “J’étais dégoûté qu’on me croie pas.”Celle déposée en 2010 par Jean-Marie Delbos, 78 ans aujourd’hui, fut aussi vaine mais il a été indemnisé en 2022 par la Commission Reconnaissance et Réparation après une enquête canonique.Lui met en cause le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, alors qu’il était “terrorisé et incapable de la moindre réaction”, raconte-t-il.- Prescription en question -Parmi les 132 plaintes recensées par le collectif des victimes, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime son porte-parole Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire.Pour Me Jean-François Blanco, avocat en 1996 d’un élève victime d’une violente claque, la période évoquée par le procureur, longue de presque un demi-siècle, situe cependant “les crimes dans leur sérialité”, “un critère fondamental pour l’appréciation sur la prescription”.La loi de 2021 sur la protection des mineurs contre les crimes et délits sexuels permet de prolonger le délai de prescription d’un premier viol si la même personne récidive sur un autre mineur.Ces interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou, mis en cause depuis début février par plusieurs témoignages affirmant qu’il était au courant de premières accusations entourant l’établissement dans les années 1990, ce qu’il dément.Le chef du gouvernement, ministre de l’Éducation de 1993 à 1997, répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme.Alors que le scandale a poussé le gouvernement à annoncer un renforcement des contrôles sur les établissements privés sous contrat, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, a appelé jeudi à ne pas faire de Bétharram “une affaire d’opposition” entre “public et privé”, soulignant que “toute la société” doit protéger les enfants. Le principe d’une commission d’enquête parlementaire “sur les modalités du contrôle de l’État et de la prévention des violences” en milieu scolaire a été validé mercredi, tandis que la Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé un audit global sur les dispositifs d’alerte en vigueur dans tous les établissements qui en accueillent.La Conférence des évêques a également appelé à “un grand plan de protection des enfants, s’appliquant à tous les lieux d’éducation”.

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Les PFAS, des polluants éternels omniprésents dans la vie quotidienne

Les PFAS, des substances chimiques synthétiques, inventées et fabriquées par l’homme, irriguent la vie industrielle moderne et la grande consommation depuis les années 1950.Il en existe des milliers, entre 4.000 et 15.000 selon les sources, qui ont la particularité de contenir des liaisons carbone-fluor très stables, ce qui signifie qu’elles ne se dégradent pas lorsqu’elles sont relâchées dans l’environnement, explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).On les trouve sous forme le plus souvent liquide (les alcools fluorotélomères), ou gazeuse (les réfrigérants à base d’hydrofluorocarbures), mais ils existent aussi sous forme solide (les fluoropolymères), souligne France Chimie, l’organisme qui regroupe les industriels du secteur qui produisent ces éléments.Certains PFAS sont dits “à longue chaine”, c’est-à-dire qu’ils comprennent au moins 6 atomes de carbone, d’autres “à courte chaîne”.Leur résistance à la corrosion, à la lumière ou aux fortes chaleurs en font d’excellent isolants, anti-adhérents, anti-tâches, ignifuges ou imperméabilisants. Ils sont utilisés pour fabriquer des vêtements sportifs, des textiles imperméables, farts de ski, poêles antiadhésives au téflon, emballages alimentaires, mousses d’extinction d’incendie, détergents, cosmétiques, semelle de fer à repasser, enduits et peintures, lubrifiants, membranes de filtration d’air ou d’électrolyse, gaz réfrigérants, téléphones portables, panneaux solaires, ainsi que sur des durites de sondes spatiales, des dispositifs médicaux et des prothèses.Ils sont aussi très utilisés dans les processus industriels, en tant que réactifs ou fluides, ou comme élément d’équipement dans de nombreuses usines, dans les pompes, vannes, joints et tuyaux du fait de leur résistance à la corrosion, à la température ou à la pression.En France, le gouvernement a “repéré 200 usines sensibles qui représentent 99% des rejets de PFAS dans l’eau”, a indiqué mardi la ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher. Une fois relâchés dans l’environnement, certains sont mobiles et peuvent être transportés sur de très longues distances par l’eau ou l’air. D’où leur surnom de “polluants éternels”. Ils peuvent s’accumuler dans l’air, le sol, l’eau, la chaîne alimentaire et, in fine, dans le corps humain, notamment dans le sang et les tissus du rein ou du foie.

L’animateur Christophe Dechavanne condamné pour conduite sous stupéfiants

L’animateur Christophe Dechavanne a été condamné en son absence jeudi à 1.200 euros d’amende et à l’annulation de son permis de conduire devant le tribunal correctionnel de Moulins pour conduite sous l’emprise de stupéfiants en récidive.Christophe Dechavanne-Binot est reconnu coupable et condamné à 120 jours amende de 10 euros, une annulation de son permis de conduire avec impossibilité de le repasser avant six mois et la confiscation de son véhicule.Le 17 août 2024, M. Dechavanne a été contrôlé positif à la cocaïne à l’issue d’un excès de vitesse à Toulon-sur-Allier, alors qu’il avait été condamné pour des faits similaires à Blois en 2021, avait détaillé la présidente à l’audience auparavant.Lise Wambergue, pour le ministère public, avait réclamé une amende de 1.500 euros sous forme de jours amende, ainsi que des stages de sensibilisation et l’annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant huit mois.Elle avait pointé “le danger qu’il peut représenter pour les usagers de la route”, d’autant qu’il était en excès de vitesse, mais estimé qu’il n’était plus consommateur. L’avocat de l’animateur, Me Dylan Slama, qui a plaidé la relaxe, a remis en question la validité des tests salivaires réalisés.Il a, par ailleurs, plaidé la “bonne foi” de son client et repris sa thèse d’une “consommation passive”: sa relation avec une femme ayant consommé de la cocaïne l’aurait contaminé mais il a assuré ne pas avoir consommé de cocaïne depuis sa dernière condamnation.”Monsieur Dechavanne n’est pas un consommateur de matières stupéfiantes quelles qu’elles soient”, tous les tests réalisés depuis “le prouvent”, a déclaré le conseil, qui a annoncé à l’issue de l’audience avoir fait appel de cette décision.”Le jugement est caduque et monsieur Dechavanne est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés”, a-t-il déclaré, estimant que la procureure “avait établi qu’il n’était pas un consommateur habituel de matières stupéfiantes”. Le célèbre présentateur de “Ciel mon mardi!” et plus récemment de “Quelle époque!” avec Léa Salamé encourait jusqu’à quatre ans de prison et 9.000 euros d’amende.L’affaire a déclenché une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux, certains faisant le lien avec Pierre Palmade et sa condamnation à deux ans de prison ferme après un dramatique accident de la route.Dans une interview accordée au journal Le Parisien, M. Dechavanne avait nié toute dépendance, disant connaître l’origine des rumeurs et avoir tenté d’y mettre fin.

Ukraine: les chefs de partis pour une voix forte de la France, divisés sur l’envoi de troupes

Plusieurs chefs de partis ont martelé jeudi, à leur sortie de chez Emmanuel Macron, que la France devait faire entendre sa voix dans le nouveau concert des Nations imposé par Donald Trump mais sont restés divisés sur le message à porter, ainsi que sur l’éventuel envoi de troupes en Ukraine.”Il faut avoir un message très clair (…) L’Europe va devoir être un pilier”, a déclaré Marine Tondelier pour Les Ecologistes, appelant à “ne compter que sur nous-mêmes”, à l’issue de la réunion qui a duré près de quatre heures à l’Elysée.”La voix de la France et de l’Europe aujourd’hui est assez isolée”, a répliqué sur LCI Louis Aliot, qui représentait le Rassemblement national en l’absence de Jordan Bardella, attendu à Washington pour un rassemblement des conservateurs.Le président Macron, entouré du Premier ministre François Bayrou, du chef d’Etat-major des Armées Thierry Burckhard et d’un responsable du renseignement extérieur, a exposé à une douzaine de responsables de partis et groupes parlementaires la situation en Ukraine et la “menace existentielle” que représente selon lui la Russie, alors que le président américain, Donald Trump, s’en rapproche et prend ses distances avec l’Europe.M. Macron doit, par ailleurs, répondre en direct sur ses réseaux sociaux jeudi à 18H30 à des questions de citoyens concernant “la Russie, l’Ukraine et la sécurité de notre Europe”, a-t-il annoncé sur X.Lundi et mercredi, il s’était entretenu avec les dirigeants d’une trentaine de pays de l’UE et de l’Otan et est attendu en début de semaine prochaine à Washington pour un entretien avec le nouveau président américain.Du côté des Insoumis, Manuel Bompard a jugé intéressant “d’entendre pour la première fois le président utiliser le terme de non-alignement” vis-à-vis des Etats-Unis mais a déploré que l’Alliance atlantique reste perçue comme “une obligation dans l’architecture de sécurité” future de l’Europe.”La France doit faire entendre sa voix parce qu’elle a une voix originale et forte à porter” en tant que puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a renchéri le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.- “Après un accord” -Il s’est, en revanche, inquiété que M. Macron ait laissé entendre qu’il faille “se préparer éventuellement à continuer de soutenir l’Ukraine et d’être auprès de l’Ukraine militairement si l’Ukraine voulait poursuivre la guerre”.M. Macron a assuré mardi dans la presse régionale que “la France ne s’apprête pas à envoyer des troupes au sol, belligérantes dans un conflit, sur le front”.Il a, en revanche, évoqué la possibilité d'”envoyer des experts voire des troupes en termes limités, hors de toute zone de conflit, pour conforter les Ukrainiens et signer une solidarité”.De même que celle “d’avoir, sous mandat des Nations unies, une opération de maintien de paix, qui elle se tiendrait le long de la ligne de front”.L’Ukraine réclame des garanties de sécurité, dont le déploiement de troupes étrangères le long de la ligne de front et une adhésion à l’Otan, pour dissuader la Russie de toute nouvelle offensive future. “La question de troupes n’a été évoquée que comme ne pouvant l’être qu’à l’issue de la conclusion d’un accord de paix”, a relevé Manuel Bompard.A l’extrême droite de l’échiquier, Eric Ciotti (UDR), allié de Marine Le Pen (RN), a déploré que la France se soit engagée dans “une vision très belliqueuse” et qu’elle soit prise désormais “à revers” par Donald Trump. – “Dictateur” -Côté majorité gouvernementale, Gabriel Attal (Renaissance), Édouard Philippe (Horizons) et Marc Fesneau (MoDem) étaient présents, de même que Michèle Tabarot pour le parti Les Républicains.Le chef de l’État renoue ainsi avec les rencontres au “format Saint-Denis” initiées en août 2023 pour renouveler la pratique du pouvoir dans la concertation avec les partis.Ces consultations, regardées avec méfiance par certaines formations qui y voyaient un moyen de contourner le Parlement, ont eu un succès très relatif, la dernière édition remontant à mars 2024, déjà sur l’Ukraine.S’ensuivra un débat sans vote, début mars au Parlement, sur les conséquences du contexte géopolitique en Europe pour la France.L’exécutif a commencé à préparer l’opinion à la nécessité d’un plus grand effort de défense alors que la paix en Ukraine esquissée par M. Trump pourrait ressembler à une capitulation pour Kiev.Le président américain entend la négocier directement avec son homologue russe Vladimir Poutine, dont le pays avait attaqué l’Ukraine il y a bientôt trois ans, le 24 février 2022.Le locataire de la Maison Blanche a, en outre, été d’une rare violence verbale avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui réclame une place à la table des négociations, le traitant de “dictateur” au bilan “épouvantable” et suggérant qu’à ce rythme, il n’allait bientôt “pas lui rester de pays”.

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La cigogne, annonciatrice du changement climatique en Alsace

Elles reviennent de plus en plus tôt, voire ne migrent plus du tout: les cigognes sont de retour depuis janvier en Alsace, où la douceur hivernale leur permet de se nourrir toute l’année, y compris dans des déchetteries.Au sommet d’un vaste centre d’enfouissement en forme de pyramide à degrés, plusieurs dizaines de cigognes évoluent au milieu des déchets, loin de l’image idyllique du bel oiseau noir et blanc perché sur sa cheminée.Malgré le froid vif d’un matin de février, l’échassier symbole de l’Alsace se gave à Wintzenbach, à l’extrémité nord-est de l’Hexagone.”Ça fait quelques années où régulièrement en hiver je compte à peu près une centaine de cigognes présentes sur le site”, témoigne Charles Helbling, bénévole local de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).Sur ce total, difficile de savoir combien d’animaux viennent de rentrer de leur migration hivernale et combien n’ont pas du tout quitté le secteur. Surtout que pour certains volatiles, l’Alsace, c’est déjà le midi.”Il y a une cigogne qui a été observée par un collègue récemment dans le secteur. Ils ont pu lire la bague qu’elle avait à la patte et c’était une cigogne qui venait d’Allemagne du nord et s’est arrêtée ici”, raconte M. Helbling à l’AFP.La cigogne blanche revient de loin en Alsace: quasiment disparue dans les années 1970, elle a bénéficié d’une politique de protection et voit ses effectifs s’envoler. La LPO a dénombré 1.634 couples nicheurs l’an dernier, soit un doublement de la population en l’espace de 10 ans.- ‘Moins de risques’ -La raison? Les cigognes sont de moins en moins nombreuses à effectuer la migration qui les emmène traditionnellement par-delà la Méditerranée, sur des milliers de kilomètres. Celles qui partent le font plus tard et reviennent plus tôt. “On les revoit deux-trois semaines plus tôt en Alsace. D’habitude, elles rentrent vers la mi-février. Maintenant, certaines sont de retour dès la mi-janvier”, explique Yves Muller, président de la LPO Alsace.”Avant, elles allaient jusqu’en Afrique équatoriale. Mais depuis quelques décennies, elles partent seulement autour de la Méditerranée: dans le sud de la France, au Maroc ou en Espagne”, relève-t-il. “Comme les cigognes partent moins loin, il y a moins de risques et la mortalité diminue”.Selon lui, le changement climatique est à l’origine de ce bouleversement, car les cigognes peuvent plus facilement gober toute l’année les 300 vers de terre qu’elles avalent volontiers chaque jour.”Autrefois, en hiver, il faisait très froid en Alsace. Les cigognes ne trouvaient pas à manger car tout était gelé. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui: elles trouvent ce dont elles ont besoin dans des décharges en plein air”.”On ne sait pas vraiment ce qu’elles y mangent. Mais si elles y sont, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui les intéresse, comme des rongeurs”.- Grêle fatale -La question interpelle Michaël Gruny, directeur du Smictom Nord Alsace, qui gère le centre d’enfouissement de déchets non recyclables de Wintzenbach. Selon lui, le site n’enfouit plus d’ordures ménagères depuis 2017 et a une obligation de dératisation. Les déchets enfouis sur place ne sont pas toxiques et ne menacent pas en principe la vie des cigognes, souligne-t-il.Mais pour Charles Helbling, de la LPO, les cigognes “peuvent aussi ingérer des substances et des produits qui ne sont pas bons”, comme des sacs en plastique ou des élastiques.Il reconnaît cependant n’avoir pas retrouvé de cigognes mortes à proximité du site.Le retour avancé des cigognes présente d’autres risques: l’animal revenant plus tôt, il s’accouple plus tôt également et les cigogneaux ont tendance à naître avant les beaux jours. Ces naissances précoces ont été fatales l’an dernier à nombre d’oisillons, victimes d’intempéries début mai alors que leurs plumes n’étaient pas encore étanches.”Des cigogneaux qui venaient de naître ont été tués par la grêle”, rapporte Raphaël Picard, chargé de communication à Cigoland, un parc de loisirs du Bas-Rhin qui accueille plus d’une centaine de cigognes aux beaux jours.

La cigogne, annonciatrice du changement climatique en Alsace

Elles reviennent de plus en plus tôt, voire ne migrent plus du tout: les cigognes sont de retour depuis janvier en Alsace, où la douceur hivernale leur permet de se nourrir toute l’année, y compris dans des déchetteries.Au sommet d’un vaste centre d’enfouissement en forme de pyramide à degrés, plusieurs dizaines de cigognes évoluent au milieu des déchets, loin de l’image idyllique du bel oiseau noir et blanc perché sur sa cheminée.Malgré le froid vif d’un matin de février, l’échassier symbole de l’Alsace se gave à Wintzenbach, à l’extrémité nord-est de l’Hexagone.”Ça fait quelques années où régulièrement en hiver je compte à peu près une centaine de cigognes présentes sur le site”, témoigne Charles Helbling, bénévole local de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).Sur ce total, difficile de savoir combien d’animaux viennent de rentrer de leur migration hivernale et combien n’ont pas du tout quitté le secteur. Surtout que pour certains volatiles, l’Alsace, c’est déjà le midi.”Il y a une cigogne qui a été observée par un collègue récemment dans le secteur. Ils ont pu lire la bague qu’elle avait à la patte et c’était une cigogne qui venait d’Allemagne du nord et s’est arrêtée ici”, raconte M. Helbling à l’AFP.La cigogne blanche revient de loin en Alsace: quasiment disparue dans les années 1970, elle a bénéficié d’une politique de protection et voit ses effectifs s’envoler. La LPO a dénombré 1.634 couples nicheurs l’an dernier, soit un doublement de la population en l’espace de 10 ans.- ‘Moins de risques’ -La raison? Les cigognes sont de moins en moins nombreuses à effectuer la migration qui les emmène traditionnellement par-delà la Méditerranée, sur des milliers de kilomètres. Celles qui partent le font plus tard et reviennent plus tôt. “On les revoit deux-trois semaines plus tôt en Alsace. D’habitude, elles rentrent vers la mi-février. Maintenant, certaines sont de retour dès la mi-janvier”, explique Yves Muller, président de la LPO Alsace.”Avant, elles allaient jusqu’en Afrique équatoriale. Mais depuis quelques décennies, elles partent seulement autour de la Méditerranée: dans le sud de la France, au Maroc ou en Espagne”, relève-t-il. “Comme les cigognes partent moins loin, il y a moins de risques et la mortalité diminue”.Selon lui, le changement climatique est à l’origine de ce bouleversement, car les cigognes peuvent plus facilement gober toute l’année les 300 vers de terre qu’elles avalent volontiers chaque jour.”Autrefois, en hiver, il faisait très froid en Alsace. Les cigognes ne trouvaient pas à manger car tout était gelé. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui: elles trouvent ce dont elles ont besoin dans des décharges en plein air”.”On ne sait pas vraiment ce qu’elles y mangent. Mais si elles y sont, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui les intéresse, comme des rongeurs”.- Grêle fatale -La question interpelle Michaël Gruny, directeur du Smictom Nord Alsace, qui gère le centre d’enfouissement de déchets non recyclables de Wintzenbach. Selon lui, le site n’enfouit plus d’ordures ménagères depuis 2017 et a une obligation de dératisation. Les déchets enfouis sur place ne sont pas toxiques et ne menacent pas en principe la vie des cigognes, souligne-t-il.Mais pour Charles Helbling, de la LPO, les cigognes “peuvent aussi ingérer des substances et des produits qui ne sont pas bons”, comme des sacs en plastique ou des élastiques.Il reconnaît cependant n’avoir pas retrouvé de cigognes mortes à proximité du site.Le retour avancé des cigognes présente d’autres risques: l’animal revenant plus tôt, il s’accouple plus tôt également et les cigogneaux ont tendance à naître avant les beaux jours. Ces naissances précoces ont été fatales l’an dernier à nombre d’oisillons, victimes d’intempéries début mai alors que leurs plumes n’étaient pas encore étanches.”Des cigogneaux qui venaient de naître ont été tués par la grêle”, rapporte Raphaël Picard, chargé de communication à Cigoland, un parc de loisirs du Bas-Rhin qui accueille plus d’une centaine de cigognes aux beaux jours.