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Ukraine: Macron “sonne le tocsin” et met en garde Trump contre toute faiblesse face à Poutine

Un long échange avec les forces politiques puis avec des internautes: Emmanuel Macron a “sonné le tocsin” et annoncé des “efforts” jeudi face à la “menace russe”, promettant qu’il mettrait en garde Donald Trump contre toute marque de faiblesse face à Vladimir Poutine, lors de sa visite au président américain.Trois ans après le début de la guerre en Ukraine, “on entre dans une ère nouvelle”, a souligné le président de la République, qui a tenté de rassembler jeudi face à “la menace que représente la Russie pour l’Europe et pour la France”. “Ca va nous imposer des choix très forts pour nous mêmes, pour notre défense et notre sécurité”, a résumé Emmanuel Macron, au terme d’une heure et quart d’un échange avec des internautes diffusé en direct sur les réseaux sociaux.Dans cette “conversation” qu’il a promis de rééditer, le chef de l’Etat, désireux de se placer au centre du jeu européen à l’heure où Russes et Américains ont commencé seuls des pourparlers de paix, a dévoilé ses angles d’attaque avant sa visite à Donald Trump à Washington lundi.”Je vais lui dire +au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n’est pas toi, pas ta marque de fabrique, c’est pas ton intérêt+”, a expliqué le président français. “Comment ensuite être crédible face à la Chine si t’es faible face à Poutine”, a-t-il encore fait valoir. “La deuxième chose à dire: +si tu laisses l’Ukraine prise” par Poutine, la Russie “sera inarrêtable pour les Européens” car elle “va récupérer l’Ukraine et son armée qui est une des plus grandes d’Europe, avec tous nos équipements, y compris les équipements américains. C’est une faute stratégique énorme”, a encore plaidé M. Macron, qui veut convaincre Donald Trump que “c’est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment”. – Défense de Zelensky -Défendant son homologue ukrainien, à qui il devait parler jeudi soir, face à de récentes attaques de Donald Trump, M. Macron a aussi souligné que Volodymyr Zelensky avait été élu par un “système libre” contrairement à Vladimir Poutine. Et “personne n’a le droit de dire: l’Ukraine n’a pas le droit de rentrer dans l’Union européenne, l’Ukraine n’a pas le droit d’entrer dans l’Otan”, a encore martelé Emmanuel Macron.Surtout, le président a voulu “sonner un peu le tocsin” face aux “efforts” qui se profilent, alors que la France va devoir “revisiter” ses “choix budgétaires”.Sans se montrer plus spécifique, il a enjoint les Européens à “augmenter” leurs “efforts de guerre” face à “l’escalade des capacités de nos principaux adversaires”. La France, qui consacre environ 2% de son PIB à sa défense, doit-elle aller plus loin et tendre, à l’image de la Pologne, vers les 5% réclamés par Donald Trump ? “Je ne sais pas si 5% c’est le bon chiffre pour la France, mais en tout cas, il va falloir monter”, a répondu M. Macron, qui “n’exclut pas” de “lancer des produits d’épargne” pour soutenir le financement de programmes de défense.Dans l’immédiat, le président a aussi martelé qu’il n’avait pas l’intention d’envoyer des soldats en Ukraine. “Ce qu’on envisage plutôt, c’est d’envoyer des forces pour garantir la paix une fois qu’elle sera négociée”, a-t-il précisé.Ce point est l’une des pommes de discorde avec les chefs de parti, qu’Emmanuel Macron a reçus près de quatre heures durant à l’Elysée.- “Vision belliqueuse” -Le communiste Fabien Roussel s’est ainsi inquiété que M. Macron ait laissé entendre qu’il faille “se préparer éventuellement à continuer de soutenir l’Ukraine et d’être auprès de l’Ukraine militairement si l’Ukraine voulait poursuivre la guerre”.Et à l’extrême droite de l’échiquier, Eric Ciotti (UDR) a déploré que la France se soit engagée dans “une vision très belliqueuse” et qu’elle soit prise désormais “à revers” par Donald Trump. Mais plusieurs ont convenu que la France devait faire entendre sa voix dans le nouveau concert des Nations imposé par Donald Trump.”Il faut avoir un message très clair (…) L’Europe va devoir être un pilier”, a déclaré Marine Tondelier pour Les Ecologistes, appelant à “ne compter que sur nous-mêmes”.”La voix de la France et de l’Europe aujourd’hui est assez isolée”, a répliqué sur LCI Louis Aliot, qui représentait le Rassemblement national en l’absence de Jordan Bardella, attendu à Washington pour un rassemblement des conservateurs.Du côté des Insoumis, Manuel Bompard a jugé intéressant “d’entendre pour la première fois le président utiliser le terme de non-alignement” vis-à-vis des Etats-Unis mais a déploré que l’Alliance atlantique reste perçue comme “une obligation dans l’architecture de sécurité” future de l’Europe.En plus de ces consultations, qui tentent de créer du consensus dans un paysage politique national fracturé, est prévu un débat sans vote, début mars au Parlement, sur les conséquences du contexte géopolitique en Europe pour la France.

Harcèlement moral: l’enquête visant Julien Bayou classée sans suite

L’enquête visant l’ex-chef des Ecologistes Julien Bayou, ouverte après une plainte pour harcèlement moral et abus de faiblesse de son ex-compagne, a été classée sans suite pour “absence d’infraction”, laissant un goût amer à celui qui dit jeudi avoir “tout perdu” dans cette affaire.  “En 2022, j’étais élu de la nation et je dirigeais un parti. Aujourd’hui, je ne suis plus élu, quinze ans d’engagement ont été jetés à la poubelle”, se désole l’ex-député dans Le Point, qui a révélé jeudi le classement sans suite. “C’est la fin d’un long calvaire. Harcelé depuis plus de deux ans et accusé sans l’ombre d’une preuve par cette ex-compagne, Julien Bayou a été traité comme un +présumé coupable+ par son ancien parti, lequel ne lui a jamais permis de se défendre”, regrette l’avocate de l’ex-député de Paris, Me Marie Dosé dans un communiqué.Dans sa plainte déposée en mars 2024, Anaïs Leleux, ex-compagne de M. Bayou et ancienne militante du parti écologiste, accusait l’ancien dirigeant de harcèlement moral et d’abus de faiblesse.La procédure a été classée le 30 janvier pour “absence d’infraction”, selon un avis de classement du parquet de Paris dont a eu connaissance l’AFP jeudi.Dans une réaction transmise jeudi à l’AFP, Anaïs Leleux déplore que la procureur n’ait “pas jugé utile d’entendre plusieurs femmes qui dénonçaient pourtant des violences et des menaces”, “alors qu’il semble être établi que je ne cherche ni à mentir ni à manipuler, et que je souffre d’un stress post-traumatique complexe”. Elle dit attendre de recevoir le dossier pour envisager de déposer une plainte avec constitution de partie civile.Mme Leleux avait également déposé plainte contre le parti EELV, devenu Les Ecologistes, pour non-assistance à personne en danger. “L’entière procédure a été classée”, a précisé le parquet. Les Ecologistes n’ont pas réagi jeudi soir.A la suite de ces plaintes, le parti avait confié à un cabinet spécialisé une enquête interne sur ces accusations. Julien Bayou avait alors claqué la porte d’EELV et du groupe parlementaire dans la foulée, dénonçant un “acharnement déloyal et scandaleux”.L’enquête interne, confiée à un cabinet spécialiste des violences sexistes et sexuelles, a été close sans que des preuves de délit de sa part n’aient été trouvées, avait annoncé le parti en octobre. – “bouc émissaire” -Juste après, environ 150 militants et élus écologistes avaient réclamé dans une pétition adressée à la direction des Ecologistes plus de transparence et que “le parti clôture l’enquête interne en affirmant clairement que Julien Bayou est mis hors de cause”.En raison de l’enquête judiciaire, Julien Bayou avait dû renoncer à se présenter aux législatives de juin 2024. Il est depuis devenu avocat. Il avait déjà dû renoncer à diriger EELV après de premières accusations de son ex-compagne formulées dans un courriel adressé en juillet 2022 à la cellule interne d’EELV sur les violences sexistes et sexuelles (CVSS).En pleine époque #Metoo, cette affaire avait fragilisé le parti écologiste, qui, comme beaucoup de partis de gauche, se veut exemplaire sur les questions féministes.Les faits avaient notamment été rendus publics par la députée Sandrine Rousseau, qui avait accusé M. Bayou de “comportements de nature à briser la santé morale des femmes”.Mais à l’époque, Anaïs Leleux n’avait jamais voulu être entendue par la cellule, et aucune plainte n’avait été déposée ni aucune enquête judiciaire ouverte.Pour Me Marie Dozé, le parti a choisi de faire de Julien Bayou “le bouc émissaire idéal et a toujours refusé de reconnaître son innocence”.  Julien Bayou, qui tiendra une conférence de presse vendredi à Paris, évoque dans Le Point “une infamie” et “une longue souffrance”.Et de s’interroger: “Quelle université, demain, prendra le risque de me confier un cours ? Quelle association, quelle entreprise pourrait m’embaucher ?”.  “J’ai tout perdu, y compris le sommeil. Mais je suis debout”, conclut-il. 

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Colombie: hausse de la déforestation, les guérillas pointées du doigt

La déforestation en Colombie a augmenté en 2024, a annoncé jeudi le gouvernement qui a défendu ses efforts environnementaux et pointé la responsabilité des groupes armés.Quelque 107.000 hectares de couverture forestière ont été détruites l’an passé, une augmentation de 35% par rapport au record de 2023 (79.256 ha), selon la ministre de l’Environnement, Susana Muhamad.”Cette augmentation n’est évidemment pas une bonne nouvelle, mais il faut la mettre en perspective historique car c’est le deuxième chiffre le plus bas de déforestation”, a-t-elle remarqué lors de la présentation des ces résultats annuels.L’une des principales raisons de la déforestation en Colombie est “l’accaparement de terres” pour remplacer les forêts détruites par des monocultures d’huile de palme et de feuilles de coca, a-t-elle expliqué.Selon Mme Muhamad, l’augmentation de la déforestation en 2024 est constatée essentiellement en cinq endroits stratégiques, dont les parcs nationaux de la Macarena et de Tinigua, dans le sud du pays où opèrent des guérillas qui empêchent l’intervention de l’Etat.”Bien que nous soyons à la table des négociations (…) nous n’avons pas pu entrer sur le territoire pour travailler avec les communautés”, a-t-elle dénoncé.Selon les experts, les guérillas qui discutent d’accords de paix avec le gouvernement utilisent la déforestation comme outil de pression lors des négociations.La Fondation Conflict Responses avait expliqué à l’AFP que les guérillas, qui incitaient initialement les populations à préserver la forêt et s’en servaient pour se cacher, ont au fil du temps ordonné ou autorisé l’exploitation forestière sur les territoires qu’ils contrôlent.La Colombie, qui a accueilli en 2024 la COP16 sur la biodiversité à Cali (sud-ouest) sous la présidence de Mme Muhamad, s’est engagée à une déforestation zéro d’ici 2030.

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La loi d’orientation agricole définitivement adoptée au Parlement, in extremis avant le Salon

La loi d’orientation agricole a été définitivement adoptée au Parlement jeudi, point final d’un sprint pour livrer avant le Salon de l’agriculture ce texte présenté comme une réponse à la grogne du secteur, mais critiqué à gauche pour des “renoncements” environnementaux.Largement adopté à l’Assemblée mercredi avec les voix macronistes, de la droite et du Rassemblement national, le texte issu d’un accord en commission mixte paritaire (CMP) a été définitivement validé au Sénat, juste à temps pour l’ouverture de l’événement phare du monde agricole samedi à Paris.La chambre haute dominée par la droite et le centre l’a approuvé à 236 voix contre 103, offrant un atout dans la main de l’exécutif qui se sait attendu au “Salon”, après les manifestations agricoles des années passées.”La vocation productive de notre pays est enfin réaffirmée”, s’est félicitée la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, dans un communiqué.C’est samedi que le président Emmanuel Macron effectuera sa traditionnelle déambulation dans les allées de la plus grande ferme de France, un an après une inauguration très chahutée.Avec ce texte, “nous ré-ancrons les deux pieds de la France dans le socle le plus solide et le plus fidèle de toutes les civilisations humaines: l’agriculture. Le cadre est désormais posé pour la reconquête de notre souveraineté alimentaire et la parole de l’État est tenue”, a lancé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.L’écologiste Yannick Jadot fait le constat inverse, dénonçant “une loi du déni de la nature” faisant la part belle à “une forme d’obscurantisme qui nous éloigne des réponses et des transitions nécessaires” et n’aborde pas la question centrale du revenu agricole.”L’agriculture méritait mieux, il n’y a pas de loi d’orientation tous les quatre matins”, avait critiqué la veille Aurélie Trouvé, présidente LFI de la commission des Affaires économiques. Dans le viseur de la gauche, un article irritant, nettement étendu par le Sénat, qui révise l’échelle des peines en cas d’atteintes à l’environnement. Il prévoit une dépénalisation des infractions commises de manière non-intentionnelle, sanctionnée d’une simple amende administrative jusqu’à 450 euros ou d’un stage de sensibilisation.”En aucune manière ce texte n’accorde à nos agriculteurs je ne sais quel permis de détruire des espèces ou espaces protégés”, a répondu la ministre.- “Intérêt général majeur” -Une autre mesure inquiète la gauche et les écologistes, celle qui invite le gouvernement à “s’abstenir d’interdire les usages de produits phytopharmaceutiques autorisés par l’Union européenne” en l’absence d’alternatives viables. Une traduction du principe “pas d’interdiction sans solution”, mantra de la FNSEA.”Malgré des avancées”, la loi “marque une inquiétante régression environnementale”, a réagi l’association Agir pour l’Environnement.”Il est faux d’affirmer que le Sénat a imposé ses vues”, insiste le rapporteur à l’Assemblée Pascal Lecamp, défendant par exemple le retour d’un objectif de 21% de surface en bio en 2030.Quant à la mesure phare, elle prévoit d’ériger l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur”. L’objectif est de nourrir la réflexion du juge administratif et de faciliter les projets de structures de retenues d’eau ou de bâtiments d’élevage hors-sol, lorsqu’ils sont en balance avec la préservation de l’environnement.Mais des élus et des juristes doutent de sa portée, face à une protection de l’environnement à valeur constitutionnelle. En réponse, le Sénat a introduit un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”, sorte de miroir de la non-régression environnementale déjà consacrée, qui promet une querelle juridique.Consciente de la bataille, la FNSEA a qualifié ces dispositions de “premiers pas” et réaffirmé “le besoin de changement de logiciel attendu pour traduire dans les textes à venir la reconnaissance de l’agriculture comme étant d’intérêt général majeur”.La loi accorde aussi une présomption d’urgence en cas de contentieux sur la construction d’une réserve d’eau. Et les parlementaires ont fait un pas vers un “droit à l’erreur” des agriculteurs, en approuvant que “la bonne foi” est “présumée” lors d’un contrôle.Le projet de loi prévoit aussi une simplification de la législation sur les haies et la création d’un guichet unique départemental – “France services agriculture” – pour faciliter les installations d’agriculteurs ou les cessions d’exploitation.

Pope’s condition ‘slightly improving’ on seventh day in hospital

The Vatican reported another slight improvement in Pope Francis’s condition on Thursday, as the 88-year-old spent his seventh day in hospital being treated for double pneumonia.The Argentine pontiff was admitted to Rome’s Gemelli hospital last Friday with bronchitis, but it later developed into pneumonia in both lungs, sparking widespread alarm.”The clinical conditions of the Holy …

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Zelensky calls for strong US ties after Trump brands him a ‘dictator’

Volodymyr Zelensky called for “strong” ties with Washington on Thursday, as he met US envoy Keith Kellogg in Kyiv a day after Donald Trump branded the Ukrainian leader a “dictator.” Tensions between Zelensky and Trump over the US President’s outreach to Moscow have exploded this week in a series of escalating barbs traded in press conferences …

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Attentat de la basilique de Nice: le parcours de Brahim Aouissaoui détaillé devant la cour d’assises spéciale de Paris

Deux ans avant d’assassiner trois personnes dans la basilique de Nice, le 29 octobre 2020, Brahim Aouissaoui s’était “isolé de sa famille” et “ne fréquentait plus que des salafistes”, a expliqué jeudi devant la cour d’assises spéciale de Paris un enquêteur de l’antiterrorisme, retraçant le parcours chaotique de l’accusé.L’interrogatoire du jeune Tunisien de 25 ans, mutique durant l’instruction et peu bavard depuis l’ouverture de son procès, est prévu lundi.Quand il quitte la Tunisie le 18 septembre 2020, à l’insu de sa famille, Brahim Aouissaoui a comme objectif de se rendre en France “pour tuer”, affirme l’enquêteur de la Sous-direction antiterroriste (Sdat), identifié comme Sdat-268. “Il a la haine de la France”, souligne l’enquêteur qui intervient en visio.L’attentat de la basilique de Nice a été le troisième acte d’un automne meurtrier qui a débuté le 2 septembre 2020 avec la republication par Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet, le même jour que l’ouverture du procès de l’attentat du 7 janvier 2015, détaille Sdat-268.Une semaine après la republication des caricatures, des médias proches d’Al-Qaïda appelaient à frapper la France, “porte-étendard des croisades en Europe”. Le 25 septembre, un Pakistanais attaquait avec un hachoir deux personnes qui se trouvaient devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert, à Paris. Le 16 octobre, un jeune Tchétchène poignardait et décapitait à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) le professeur d’histoire Samuel Paty qui avait montré en classe des caricatures du prophète.Le 25 octobre, quatre jours avant l’attentat, un média pro Al-Qaïda, appelle à “égorger” des Français dans “leurs églises”.Sdat-268, qui déplore la “très faible coopération des autorités tunisiennes” à l’enquête, raconte le départ de Brahim Aouissaoui vers l’Europe sur une embarcation clandestine. Il débarque le 20 septembre sur l’île italienne de Lampedusa avant d’être mis en confinement, pour cause de Covid-19, sur un navire italien qui le débarque finalement à Bari, le 9 octobre, avec ordre de quitter le territoire italien sous sept jours.En fait, Aouissaoui se rend en Sicile où il travaille dans une oliveraie.L’enquêteur raconte qu’il fait part à ses proches dans des messages audio de son intention d’aller en France. Sur le téléphone de l’accusé, on retrouve notamment des photos d’Emmanuel Macron devant le cercueil de Samuel Paty et de l’assassin de ce dernier, Abdoullakh Anzorov. – “Assez symbolique” -Après avoir amassé assez d’argent, il quitte la Sicile pour la France, pays selon lui “des mécréants” et “des chiens”, où il arrive dans la soirée du 27 octobre. Moins de 48 heures plus tard, il assassinera, en moins de 10 minutes, la paroissienne Nadine Devillers, le sacristain Vincent Loquès et la mère de famille Simone Barreto Silva.”Il n’a pas été établi d’incitation, de la part d’un tiers, à passer à l’action terroriste, ni d’assistance opérationnelle consciente à son passage à l’acte”, précise l’enquêteur. Brahim Aouissaoui aurait ainsi agi seul.La date du 29 octobre, “assez symbolique”, n’aurait pas été le fruit du hasard, selon l’enquêteur. Ce 29 octobre 2020 (le calendrier varie d’une année sur l’autre) célébrait la naissance de Mahomet, une fête importante pour les musulmans.Après l’enquêteur de la Sdat, un responsable de l’administration pénitentiaire évoque “les multiples incidents” causés en prison par l’accusé. A l’isolement total depuis son incarcération, cela ne l’a pas empêché d’entrer en contact avec des jihadistes comme Reda Kriket, condamné à 24 ans de réclusion pour un projet d’attentat avant l’Euro 2016.Affirmant devant les enquêteurs avoir tout oublié des faits, Brahim Aouissaoui se serait vanté en prison d’être l’auteur de l’attentat.Le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, condamné à 16 ans de prison (il a fait appel) pour son rôle dans l’assassinat de Samuel Paty, a ainsi raconté à la Sdat que Brahim Aouissaoui lui avait dit qu’il était “fier” de “l’oeuvre” accomplie à Nice.Dans sa déposition, lue à l’audience, Sefrioui qualifie Aouissaoui de “taré”.L’accusé qui demeure indifférent dans son box, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son procès doit s’achever le 26 février.

Au procès libyen, les tableaux flamands de Claude Guéant

Quand un avocat malaisien lui propose 500.000 euros en 2008 pour deux petits tableaux maritimes d’un peintre flamand qu’il a acheté 50.000 euros, Claude Guéant a été “heureusement surpris”. Rien à voir jure-t-il avec une transaction fictive pour dissimuler un pot-de-vin.”Je ne suis pas un spécialiste du marché de l’art. On m’a fait une proposition, je l’ai acceptée. Cette valeur n’était ni aberrante ni scandaleuse”, répète jeudi à la barre l’ancien secrétaire général de l’Elysée, 80 ans.Celui qui répond aux questions assis et pendant seulement une heure pour des raisons médicales s’est expliqué sur deux jours concernant un virement de 500.000 euros reçu le 3 mars 2008, qui lui a permis de financer ensuite un appartement à Paris.Depuis une perquisition chez lui en 2013, l’ex-bras droit de Nicolas Sarkozy affirme que cet argent correspond à la vente de deux petits tableaux du peintre Andries Van Eertvelt, “Navires par mer agitée” et “Vaisseaux de haut bord par mer agitée”.Mais pour l’accusation, ces marines ont servi à maquiller un versement de l’intermédiaire Alexandre Djouhri en échange d’interventions futures en sa faveur. De la corruption, donc. Claude Guéant dit avoir rencontré, à l’automne 2007, un avocat malaisien, Sivajothi Rajendram, lors d’un dîner au Ritz organisé par l’ambassadrice de Malaisie. Sauf que cette dernière “dément complètement”, souligne la présidente.”Je maintiens mes déclarations”, répond Claude Guéant.- Livres sterling -Sa femme de ménage a déclaré qu’elle n’avait “aucun souvenir” d’avoir vu les tableaux chez lui ?”Elle ne comprend pas bien et s’exprime encore plus mal en français. Elle est interrogée huit ans après” et les peintures lui ont été présentés sans leurs “cadres dorés”, soutient l’ancien préfet.Selon lui, l’avocat malaisien travaillait pour le compte d’un client discret qui, à partir de simples photos et de certificats anciens, a proposé 500.000 euros. M. Rajendram, depuis décédé, a au contraire déclaré que c’est Claude Guéant qui a fixé ce prix.De plus, ce dernier se rappelle les avoir achetés au début des années 1990 pour 30.000 à 50.000 euros. Et en 2013, un expert judiciaire les a estimés entre 40.000 et 50.000 euros.”D’autres experts très reconnus” ont dit “qu’il était tout à fait normal que je vende à ce prix”, argue-t-il.”Vous avez demandé une contre-expertise ?” “Non”, admet-il.Le tribunal s’étonne aussi qu’il signe la promesse d’achat de son appartement le 4 janvier 2008, alors qu’il ne recevra que le 30 janvier la proposition pour les tableaux. De surcroît de la part d’un homme qu’il n’a rencontré qu’une fois.”J’avais confiance ! C’est lui qui a rappelé plusieurs fois, il avait l’air déterminé”.Autre élément troublant, une facture transmise par M. Rajendram du 26 février 2008, où les noms des tableaux et du peintre comportent des fautes d’orthographe et qui est libellée… en livres sterling. “Toutes les caractéristiques d’un faux”, relève le procureur financier. “Je n’ai rien à voir avec ça”, estime le prévenu.- RIB dans le coffre -Les investigations ont mis au jour que Khaled Bugshan, un homme d’affaires saoudien lui aussi prévenu, avait viré 500.000 euros quelques jours avant la transaction sur le compte de l’avocat malaisien. Et que Khaled Bugshan avait été remboursé d’une somme correspondante en 2010 par l’intermédiaire Alexandre Djouhri.Le RIB de Claude Guéant a, en outre, été retrouvé dans le coffre-fort d’Alexandre Djouhri, ainsi qu’un certificat d’un expert, dont une feuille à en-tête vierge était jointe au certificat des marines.”Je n’ai eu qu’un interlocuteur, c’est M. Rajendram. Je ne sais pas quelle est l’origine du financement et je ne peux pas en dire davantage”, soutient l’ancien ministre.Alexandre Djouhri l’assure à son tour: il n’a “absolument rien” à voir avec le sujet. “Je sais pas qui m’a fourré ce RIB, en tout cas je ne l’ai jamais vu de ma vie !”, lance-t-il, avant de dénoncer une “campagne de presse, sous couvert de Mediapart”.”Et alors, c’est M. Arfi et M. Plenel qui sont venus mettre le RIB dans votre coffre ?”, s’agaçe la présidente.Le procès se poursuit le 3 mars.

Crash Ajaccio-Nice en 1968: la justice ordonne d’étudier la faisabilité d’une plongée sur l’épave

La juge d’instruction saisie, à Nice, d’une demande d’actes des familles de victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, qui avait fait 95 morts en 1968, a donné son accord pour étudier la possibilité d’une plongée sur l’épave, a-t-on appris jeudi.”La juge d’instruction a délivré une commission rogatoire pour étudier la faisabilité de prises de vues ou d’un repêchage des pièces, ou les deux, et désigné des experts pour réaliser cette étude”, indique, en confirmant une information de Nice-Matin, Me Paul Sollacaro, avocat de l’association des familles de victimes.Saisie dans le cadre d’une information pour dissimulation, destruction et soustraction de preuves, et recel de ces infractions, la juge en a informé les familles de victimes par un courrier en date du 18 février.”C’est dans la droite ligne de la décision du parquet de Nice, qui s’était dit favorable à cette opération en novembre dernier, et des assurances que nous avions reçues de l’Élysée que tous les moyens seraient mis au service de la justice pour cette opération”, ajoute l’avocat.Le 11 septembre 1968, la Caravelle AF 1611, qui devait relier Ajaccio à Nice en 45 minutes, s’était brusquement abîmée au large d’Antibes, faisant 95 morts. L’épave avait ensuite été localisée à quelque 2.000 mètres sous la surface.Une première instruction pour homicide involontaire s’était close en 1973 par un non-lieu, la thèse retenue étant celle d’un incendie dans la cabine-toilette.L’enquête avait été relancée en 2012 pour “soustraction et recel de preuves” et la justice avait requis en 2018 une levée du secret-défense, estimant qu’il fallait prendre “très au sérieux” l’hypothèse d’un tir de missile accidentel depuis la base du Levant, près d’Hyères (Var).En réponse, des documents avaient été remis à la justice par le ministère des Armées en juillet 2019. Ils avaient été jugés “très insatisfaisants” par les familles de victimes.”Plusieurs éléments sérieux, notamment des témoignages mais également des éléments matériels, tendent à montrer que des autorités civiles et/ou militaires ont pu chercher à faire obstacle à la détermination des causes et des circonstances réelles du crash de la Caravelle”, avait indiqué en novembre Damien Martinelli, procureur de la République de Nice.

Harcèlement moral: l’enquête visant Julien Bayou classée sans suite

L’enquête visant Julien Bayou, ouverte après une plainte pour harcèlement moral et abus de faiblesse de son ex-compagne, a été classée sans suite pour “absence d’infraction”, a annoncé jeudi l’avocate de l’ancien dirigeant du parti écologiste EELV, confirmant une information du Point.”C’est la fin d’un long calvaire. Harcelé depuis plus de deux ans et accusé sans l’ombre d’une preuve par cette ex-compagne, Julien Bayou a été traité comme un +présumé coupable+ par son ancien parti, lequel ne lui a jamais permis de se défendre”, a déclaré Me Marie Dosé dans un communiqué.Dans sa plainte déposée en mars 2024, Anaïs Leleux, ex-compagne de M. Bayou et ancienne militante du parti écologiste, accusait l’ancien dirigeant de harcèlement moral et d’abus de faiblesse.La procédure a été classée le 30 janvier pour “absence d’infraction”, selon un avis de classement du parquet de Paris dont a eu connaissance l’AFP jeudi.”Alors qu’il semble être établi que je ne cherche ni à mentir ni à manipuler, et que je souffre d’un stress post-traumatique complexe, la procureur n’a pas jugé utile d’entendre plusieurs femmes qui dénonçaient pourtant des violences et des menaces”, a avancé jeudi dans une réaction transmise à l’AFP Anaïs Leleux, qui attend de recevoir le dossier pour envisager de déposer une plainte avec constitution de partie civile.A la suite de ses plaintes, EELV avait confié à un cabinet spécialisé une enquête interne sur ces accusations. L’ancien secrétaire national a claqué la porte d’EELV et du groupe parlementaire dans la foulée, dénonçant un “acharnement déloyal et scandaleux”.L’enquête, confiée à un cabinet spécialiste des violences sexistes et sexuelles, a été clôturée sans que des preuves de délit de sa part n’aient été trouvées, avait annoncé le parti en octobre. “L’enquête interne n’a pas permis de déterminer si des faits contraires aux règles de droit ou aux textes internes, ou de nature à caractériser le délit d’abstention d’assistance à personne en danger reproché à l’association Les Ecologistes, ont été commis”, pouvait-on lire dans le communiqué du parti.L’affaire Bayou avait fragilisé le parti écologiste, qui, comme beaucoup de partis de gauche, se veut exemplaire sur les questions féministes.