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Escroquerie aux manuscrits anciens: cinq ans de prison pour le fondateur de la société Aristophil

Près d’un milliard d’euros envolés et des milliers d’épargnants ruinés: le fondateur de la société de placement de manuscrits anciens Aristophil, Gérard Lhéritier, a été condamné jeudi par le tribunal de Paris à cinq de prison avec mandat de dépôt à effet différé pour escroquerie.Sa société a commercialisé, entre 2009 et 2014, par l’intermédiaire de courtiers et de gestionnaires de patrimoine, des manuscrits, livres précieux, autographes et lettres originales signés Boris Vian, Albert Einstein, Romain Gary ou encore Simone de Beauvoir.Selon le président du tribunal correctionnel Guillaume Daieff, Gérard Lhéritier, 77 ans, absent de l’audience pour raison de santé, a “mis en place un système de cavalerie” – plus connu sous le nom de pyramide de Ponzi – et un véritable “piège pour les consommateurs”.Son avocat, Me Benoît Verger, “choqué” par la décision, a immédiatement annoncé faire appel.Le parquet avait requis à l’encontre de Gérard Lhéritier une peine de six ans de prison, assortie d’un mandat de dépôt, estimant le septuagénaire responsable “de l’une des plus grosses escroquerie en bande organisée jamais jugées” au vu du nombre de victimes. “C’est une décision sévère, mais qui reconnaît enfin l’escroquerie”, s’est félicité auprès de l’AFP Me François de Cambiaire, avocat de 80 parties civiles. L’expert comptable de la société, Denis Potier, a été condamné a deux ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire. Cinq autres personnes, parmi lesquelles un notaire, un professeur de droit et des gestionnaires de patrimoine, ont été condamnées à des peines de un à deux ans de prison avec sursis probatoire pour pratiques commerciales trompeuses.Les faits d’escroquerie en bande organisée n’ont finalement pas été retenus. Tous devront indemniser les victimes. Seul Jean-Claude Vrain, libraire-antiquaire, a été relaxé, conformément aux réquisitions du parquet.- 1/100e d’un écrit de Flaubert – La collection d’Aristophil, mondialement reconnue, mêlait de véritables trésors – comme un manuscrit d’Einstein ou le rouleau du marquis de Sade – à des pièces de bien moindre valeur, revendues en moyenne deux fois plus cher que leur coût d’achat. Les ventes des produits Aristophil se faisaient la plupart du temps en indivision. Ainsi, un épargnant pouvait acquérir 1/100e d’un écrit de Gustave Flaubert. Ces placements étaient adossés à de véritables objets précieux dont certains sont exposés au Musée des lettres et manuscrits, aujourd’hui fermé, dans le 7e arrondissement de Paris.Sur les 18.000 clients de la société, près de 8.000 se sont constituées parties civiles au procès qui s’est tenu du 8 septembre au 2 octobre dernier. Tous ont raconté avoir été bernés par les conseillers de gestion en patrimoine chargés de vendre les produits Aristophil qui promettaient des plus-values mirobolantes autour de 8% annuel. Ces manuscrits étaient des “objets tangibles”, “palpables” et “valorisants pour la culture française”, a expliqué lors des débats une professeure de littérature qui a perdu plus de 500.000 euros.Une autre épargnante était persuadée de pouvoir revendre les oeuvres de Charles de Gaulle achetées en indivision, avec une plus-value annoncée de 40%.Car Aristophil proposait de racheter les œuvres au bout de 5 ans. La preuve, selon le parquet, d’un “fonctionnement en circuit fermé”, “non viable” où l’argent des nouveaux investisseurs est utilisé pour rémunérer les anciens.Après avoir fait naître une bulle spéculative, Aristophil avait échappé une première fois à la faillite en 2012 lorsque Gérard Lhéritier avait remporté 170 millions d’euros à l’EuroMillions.Il avait alors injecté une partie de ses gains dans la société: “Malgré ses difficultés, je voulais qu’Aristophil perdure, donc j’ai mis 40 millions de ma poche”, avait-il déclaré lors de son dernier interrogatoire devant le tribunal.Le septuagénaire qui avait promis des révélations pendant l’audience se sera finalement contenté de rejeter la faute sur les courtiers, allant même jusqu’à réaffirmer “l’excellence” de son modèle économique.En tout, Aristophil a fait perdre près d’un milliard d’euros à ses clients lors de sa faillite en 2016.La gigantesque vente aux enchères des manuscrits organisée sur plusieurs années n’a permis aux épargnants de récupérer qu’environ 7% de leurs investissements.

RDC: “Chef de guerre”, Lumbala est comptable des crimes de ses “troupes”, plaident les parties civiles

Roger Lumbala était bien un “chef militaire”, non un simple politique, et il doit rendre des comptes pour les crimes de ses troupes en République démocratique du Congo (RDC) en 2002-2003, ont plaidé jeudi les parties civiles devant la cour d’assises de Paris qui juge l’ex-rebelle.Jugé pour complicité de crimes contre l’humanité, Roger Lumbala, 67 ans, a décidé d’emblée, le 12 novembre, de ne pas assister aux débats: il dénie à la justice française toute légitimité pour le juger pour les exactions commises dans le nord-est de la RDC par les soldats de sa faction, le RCD-N, et de son allié du MLC, tous deux soutenus par l’Ouganda voisin. Mais depuis plus d’un mois, des Congolais sont venus raconter les atrocités dont eux et leurs proches ont été victimes lors d’une offensive contre une faction rivale, baptisée “Effacer le tableau”: viols collectifs souvent devant leur famille, esclavage sexuel, travail forcé, mutilations, exécutions sommaires, pillages systématiques, etc.Dans un verdict attendu lundi, une condamnation par une cour nationale étrangère serait “historique”, ont plaidé jeudi les avocats des victimes et des organisations de défense des droits humains. Elle enverrait un message fort contre “l’impunité” dans des conflits qui, depuis trois décennies, ont fait des millions de morts et de déplacés dans l’est de la RDC, avec comme mobile principal la captation des ressources minières et naturelles. – “Soldats de Roger Lumbala” -“Vous jugez la partie émergée de l’iceberg” des atrocités commises lors d'”Effacer le Tableau”, mais c’est “un échantillon représentatif”, selon Me Henri Thulliez. “Votre décision ne permettra pas de mettre fin à l’impunité mais elle y participera”, elle “aidera les victimes et les survivants à se relever”, a-t-il poursuivi.A la veille des réquisitions, les parties civiles se sont employées à démonter le portrait qu’a voulu brosser de lui-même Roger Lumbala durant l’enquête, celui d’un homme politique éloigné des champs de bataille, sans prise sur les opérations militaires. Certes, a plaidé Me Clémence Bectarte, avocate de plusieurs femmes, “aucune d’entre elles n’a été violée par Roger Lumbala”. Mais elles ont toutes été “victimes de soldats que se revendiquent comme soldats des +Effacés+”, le nom qu’ils se donnaient, et “comme des soldats de Roger Lumbala”. L’ex-rebelle, arrêté en décembre 2020 à Paris, “n’est pas celui qui a violé” mais il est “le chef de guerre qui a permis ces crimes, qui les a rendus possibles”.- Viols systémiques -Ces viols ne sont “pas des actes isolés” ou des dommages collatéraux, ils sont “une composante essentielle de l’opération +Effacer le tableau+”, a plaidé l’avocate, avec notamment pour objectif de fracturer les communautés et de semer la terreur.Pour sa consoeur Claire Deniau, Lumbala était un “maillon indispensable”, un “opérateur local d’un crime économique organisé”, la captation des richesses de la RDC, véritable “entreprise mafieuse”. “Les soldats” du RCD-N “n’étaient pas payés mais ils avaient carte blanche pour piller”, une autorisation qui “venait directement de Roger Lumbala”.  Perçu par ses soldats “comme un chef militaire”, Roger Lumbala “ne portait peut-être pas l’arme. Mais c’est lui qui fixait la cible. Il n’entrait pas dans les maisons pillées. Mais c’est lui qui ouvrait la porte, par son autorisation. Il ne frappait pas. Mais il encourageait, laissait faire et se félicitait des résultats militaires”.Me Thulliez a ironisé sur un “homme politique dénué de toute opinion politique” animé par “un opportunisme insatiable” et dont le mouvement était “plus sanguinaire que révolutionnaire”. Il a rappelé plusieurs meetings tenus par Lumbala dans deux villes théâtres d’exactions, ou ces témoignages sur cet hélicoptère qui l’a amené avec des munitions pour repartir avec le fruit des pillages. Il a aussi cité des interviews d’époque: “Nos troupes”, “Notre territoire”, disait alors Lumbala. 

Décès de l’architecte Denis Valode, l’un des plus influents de France

L’architecte Denis Valode, qui a réalisé de nombreux projets en France et dans le monde, dont l’extension en mer de Monaco ou la tour Saint-Gobain à La Défense, est décédé mardi, a annoncé jeudi son agence.Denis Valode, mort à 79 ans des suites d’une longue maladie, était le co-fondateur, avec Jean Pistre, de Valode & Pistre, l’une des plus grandes agences d’architecture et d’urbanisme en France. Implantée à Paris et Pékin, elle a été fréquemment récompensée par des prix architecturaux, dont l’Équerre d’Argent, depuis sa création en 1980. Denis Valode était “un architecte de grand talent et un dessinateur hors pair”, a souligné son agence dans un communiqué.Parmi les réalisations les plus notables de Valode & Pistre, figurent le Grand Stade Pierre Mauroy à Lille, les Tours T1 et Saint-Gobain à la Défense, l’extension en mer de Monaco sur six hectares, le parc des expositions de Shenzhen en Chine, plusieurs gares du Grand Paris Express, le Musée d’art contemporain de Bordeaux ou encore le centre commercial Beaugrenelle à Paris.Moins célèbres que les architectes stars comme Jean Nouvel ou Dominique Perrault, Denis Valode et Jean Pistre avaient pris publiquement position contre les projets de moderniser l’apparence de Notre-Dame de Paris après l’incendie de 2019. La cathédrale “doit être reconstruite exactement à l’identique”, avaient-ils demandé. 

Avenir du chantier de l’A69: décision le 30 décembre, les opposants pessimistes

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale de l’autoroute A69, les opposants ne cachant pas leur pessimisme après une audience où le rapporteur public a recommandé la poursuite des travaux.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale de ce chantier, accordée par l’Etat, mais invalidée par cette première juridiction, était bien conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que la future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “Saga juridictionnelle” -En appui du rapporteur public pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que la décision du tribunal constituait une “anomalie” que la cour devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. Celle-ci comprend “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- “Espoir trop mince” -Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs conseils avaient déposée il y a quelques jours.Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont M. Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience M. Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre.A l’issue des débats, la défense des anti-A69 ne cachait pas son pessimisme. “L’espoir est mince, trop mince (…). Je pense que la décision sera négative et nous porterons l’affaire devant le Conseil d’Etat, évidemment”, a déclaré à l’AFP Alice Terrasse, avocate de collectifs opposés à l’A69.Parallèlement, les anti-A69 ont ouvert un autre front juridique. Dénonçant un chantier qui s’est étendu sur des “emprises hors autorisation”, ils ont saisi mardi le procureur de la République “afin qu’il puisse obtenir la suspension du chantier, c’est une autre voie qui est mobilisée, à défaut d’avoir pu obtenir la suspension devant le juge administratif”, a ajouté l’avocate.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Avenir du chantier de l’A69: décision le 30 décembre, les opposants pessimistes

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale de l’autoroute A69, les opposants ne cachant pas leur pessimisme après une audience où le rapporteur public a recommandé la poursuite des travaux.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale de ce chantier, accordée par l’Etat, mais invalidée par cette première juridiction, était bien conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que la future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “Saga juridictionnelle” -En appui du rapporteur public pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que la décision du tribunal constituait une “anomalie” que la cour devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. Celle-ci comprend “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.”Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public.- “Espoir trop mince” -Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs conseils avaient déposée il y a quelques jours.Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont M. Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience M. Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre.A l’issue des débats, la défense des anti-A69 ne cachait pas son pessimisme. “L’espoir est mince, trop mince (…). Je pense que la décision sera négative et nous porterons l’affaire devant le Conseil d’Etat, évidemment”, a déclaré à l’AFP Alice Terrasse, avocate de collectifs opposés à l’A69.Parallèlement, les anti-A69 ont ouvert un autre front juridique. Dénonçant un chantier qui s’est étendu sur des “emprises hors autorisation”, ils ont saisi mardi le procureur de la République “afin qu’il puisse obtenir la suspension du chantier, c’est une autre voie qui est mobilisée, à défaut d’avoir pu obtenir la suspension devant le juge administratif”, a ajouté l’avocate.

Myanmar junta air strike on hospital kills 31, aid workers say

A Myanmar military air strike killed more than 30 people at a hospital, aid workers said Thursday, as the junta wages a withering offensive ahead of elections.The junta has increased air strikes year-on-year since the start of Myanmar’s civil war, conflict monitors say, after snatching power in a 2021 putsch ending a decade-long democratic experiment.The …

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Emeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie: l’Etat condamné à verser 28 millions d’euros à Allianz

Le tribunal administratif de Nouméa a condamné jeudi l’Etat à verser plus de 28 millions d’euros à l’assureur Allianz, jugeant sa “responsabilité” engagée dans les dégâts causés lors des émeutes de mai 2024 pour n’avoir pas mis en place “un niveau raisonnable de sécurité”.L’Etat n’a pas tiré les conséquences “des alertes et des demandes formulées par le haut-commissaire de la République et de la multiplicité des signaux significatifs et convergents témoignant de la forte probabilité d’une insurrection à venir”, a écrit le tribunal dans sa décision.Le tribunal a estimé que, dans les jours précédant les violences, “l’État disposait en amont de délais suffisants pour mettre en place les mesures appropriées pour assurer un niveau raisonnable de sécurité”.La juridiction était saisie de quatorze requêtes déposées par Allianz, assureur de plusieurs commerces de la zone commerciale de Kenu In, dans le Grand Nouméa, incendiés et pillés entre le 15 et le 17 mai 2024.Des émeutes, en lien avec la contestation par le camp indépendantiste d’une réforme électorale, avaient éclaté le 13 mai 2024 au soir dans l’archipel, provoquant les violences les plus graves depuis les années 1980. Des centaines d’entreprises et des bâtiments publics avaient été pillés et incendiés pour des dégâts estimés au total à plus de deux milliards d’euros, et quatorze personnes au total ont perdu la vie.Kenu In, ouvert en 1989, était le plus grand centre commercial de Nouvelle-Calédonie avec 12.000 m2 de surfaces commerciales et 600 personnes employées. L’enseigne Decathlon a été la première à être prise pour cible par les émeutiers, le 15 mai. Deux jours plus tard, l’ensemble des commerces avait été pillé puis incendié.Cette condamnation intervient alors que plusieurs assureurs ont annoncé, depuis fin 2024, limiter fortement leur présence ou la couverture des risques liés aux dommages aux biens dans les outre-mer, jugeant le risque d’émeutes devenu trop fréquent et trop coûteux.Les représentants patronaux alertent eux depuis des mois sur les difficultés croissantes à assurer les entreprises.

Dermatose: des agriculteurs s’opposent aux abattages en Ariège, intervention des gendarmes en cours

Les gendarmes ont lancé jeudi après-midi une opération visant à déloger les agriculteurs qui s’opposent à l’abattage de plus de 200 bovins, après la découverte mardi d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans cet élevage d’Ariège.Plusieurs centaines d’agriculteurs, notamment de la Coordination rurale mais aussi de la Confédération paysanne, occupent depuis mercredi matin les abords de cette ferme située dans le village des Bordes-sur-Arize pour empêcher que ce troupeau ne soit euthanasié comme le prévoit le protocole de lutte contre la DNC. Avec des dizaines de tracteurs, des troncs d’arbres, ils obstruent les routes menant à l’exploitation, a constaté l’AFP.”Compte tenu de la persistance des blocages et afin de permettre l’accès sécurisé à l’exploitation, d’importants moyens sont mobilisés sur le secteur des Bordes-sur-Arize”, a annoncé la préfecture dans un communiqué, appelant “au calme et à la responsabilité de chacun”. – “résistance” -Trente minutes après le lancement de l’opération, les véhicules de gendarmerie mobile n’étaient toujours pas visibles depuis la ferme. Pour l’heure, il est impossible aux services vétérinaires d’accéder à l’étable où sont rassemblées plus de 200 blondes d’Aquitaine.”Notre intention est d’empêcher (l’abattage)”, a déclaré dans la matinée Jérôme Bayle, figure régionale du mouvement de protestation agricole, assurant que les deux frères propriétaires du troupeau “sont totalement opposés à l’abattage total”.”C’est vraiment une place de résistance et j’espère qu’elle va tenir le plus longtemps possible”, a pour sa part assuré Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR).Au micro de la radio Ici Occitanie, le préfet de l’Ariège Hervé Brabant avait auparavant averti que la stratégie d’abattage était la seule efficace “pour préserver le cheptel français”. “Les mesures sanitaires qui s’imposent conduisent à ce que le troupeau soit abattu, c’est la meilleure solution qu’on puisse apporter. Aujourd’hui c’est la seule solution qui fonctionne”, a-t-il assuré.- Protocole expérimental -Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture de l’Ariège ont proposé mercredi un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture, demandant notamment que seules les vaches contaminées soient abattues et qu’une campagne de vaccination massive soit lancée: des propositions refusées selon Jérôme Bayle. Jusqu’ici, la règlementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de “zones règlementées” dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, un périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints et où les bêtes sont vaccinées.Dans les Hautes-Pyrénées, un autre troupeau d’une vingtaine de bovins doit être abattu vendredi, a annoncé jeudi le préfet du département Jean Salomon. Dans cette exploitation située dans le village de Luby-Betmont, quelques dizaine d’éleveurs sont également mobilisés pour empêcher l’intervention des services vétérinaires.”Les tentatives de blocage ou les regroupements observés en proximité des exploitations font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie”, s’est inquiété le préfet des Hautes-Pyrénées.- “le feu dans les campagnes” -“La mobilisation paye, ça a retardé l’échéance”, considère Bertrand Venteau, appelant également à une vaccination massive et à “une grande unité du monde agricole”.La ministre de l’Agriculture “Annie Genevard doit changer sa politique, sinon elle va nous foutre le feu dans les campagnes”, a-t-il poursuivi, estimant que la maladie “n’est pas sous contrôle”. Apparue en juin en France et non transmissible à l’humain mais pouvant entraîner la mort de bovins, la DNC est “sous contrôle” assure de son côté le ministère de l’Agriculture, qui a ouvert mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français.Contrairement à la CR et à la Confédération paysanne, la FNSEA y est plus réticente en raison du “risque d’effondrement des exportations et des prix” qu’elle pourrait entraîner, a expliqué mardi à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.Les cas détectés de DNC dans l’Ariège et les Hautes-Pyrénées sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025. En Occitanie, une centaine de manifestants avaient tenté de s’opposer début novembre à l’abattage de 80 bovins dans un élevage touché par la DNC à Thuès-Entre-Valls, dans les Pyrénées-Orientales. Ils avaient été délogés par les gendarmes avant que les services vétérinaires ne procèdent aux euthanasies.

Nobel laureate Machado says US helped her leave Venezuela, vows return

Nobel Peace laureate Maria Corina Machado said on Thursday that the United States helped her get to Norway from hiding in Venezuela, expressing support for US military action against her country and vowing to return home.Machado, who vanished in January after challenging the rule of President Nicolas Maduro, emerged on a hotel balcony in Oslo …

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A Athènes, la lutte pour préserver des cours d’eau au milieu du béton

Entre les roseaux et les platanes centenaires qui longent la rivière Kifissos dans l’ouest d’Athènes, Tassos Sikoutris ramasse bouteilles plastiques et déchets rouillés qui jonchent “ce dernier tronçon naturel” menacé par des travaux de prévention des inondations.Dans cette banlieue de Néa Filadélfeia, bétonnée comme l’ensemble de l’agglomération athénienne, la rivière est “une oasis”, savoure cet ingénieur électricien de 59 ans tandis que hérons et faucons survolent les berges verdoyantes.Mais “les travaux prévus détruiront ce riche biotope”, déplore-t-il en désignant la base d’un roseau pétrifié, signe de la présence du cours d’eau depuis l’Antiquité.La rivière Kifissos, longue de 27 km, traverse la banlieue ouest de la capitale. Mais au cours du XXe siècle, une grande partie a été sacrifiée et enfouie pour y construire autoroute, zones habitées et industrielles au rythme de l’urbanisation frénétique de la capitale grecque.D’autres cours d’eau ont subi le même sort dans une agglomération densément peuplée, une fournaise en été et qui manque d’espaces verts.Des inondations fréquentes lors de pluies intenses ont contraint les autorités à entreprendre d’importants travaux pour gérer les cours d’eau restants comme celui de Néa Filadélfeia.”Ce qui est perçu maintenant comme une oasis pourrait, lors de graves inondations, devenir une catastrophe”, assure d’ailleurs à l’AFP Nikos Tachiaos, vice-ministre des Transports et des Infrastructures.L’objectif des aménagements est de prévenir “des phénomènes (naturels) violents dans le contexte du changement climatique”, poursuit-il en insistant sur les inondations catastrophiques et meurtrières qui ont ravagé la plaine de Thessalie, dans le centre de la Grèce, en 2023.Or la rivière “Kifissos est le plus grand problème à Athènes” quant au risque d’inondations, souligne-t-il.Les habitants tirent, eux, la sonnette d’alarme.- travaux d’ingénierie – Ces aménagements vont entraîner “la coupure d’arbres centenaires et la destrution de la flore et de la faune”, fustige Chryssanthi Georgiou, présidente de l’association Roï (flux en grec) pour la préservation des rivières.Riverains et mairies avoisinantes ont donc saisi la justice pour tener de stopper ce “projet pharaonique”, selon elle.Le plan prévoit la consolidation des berges avec des gabions, ces casiers en grillage métallique remplis de pierre, et l’utilisation du béton dans une petite partie de la rivière pour prévenir les crues.Déjà employée sur des tronçons de Kifissos et d’autres rivières, cette technique est contestée par des experts en raison du risque de rétrécissement du lit des rivières et d’affaissement du terrain.”Les gabions (…) sont des matériaux naturels utilisés dans le monde entier et considérés comme respectueux de l’environnement”, rétorque le vice-ministre Nikos Tachiaos.Au Phalère, en banlieue sud d’Athènes, les habitants dénoncent également le risque de destruction de la rivière Pikrodafni.”Des travaux d’ingénierie lourde utilisant du béton armé et des gabions” sont prévus “ce qui effacera complètement le caractère naturel”, déplore Constantinos Loupasakis, professeur de génie géotechnique à l’Ecole Polythechnique d’Athènes.Selon lui, cette méthode “de court terme” peut transformer les rivières en conduites d’eau pour évacuer les eaux pluviales ou parfois les eaux usées, source de pollution et de gaspillage d’eau.- bienfaits environnementaux -Les détracteurs de ces projets d’aménagement avancent les bienfaits environnementaux de ces cours d’eau.En été, lors des canicules prolongées qui transforment Athènes en une métropole étouffante, “la température dans notre quartier est inférieure de 4 degrés (par rapport au reste de la ville)”, assure Chryssanthi Georgiou. “L’objectif doit être de profiter de nos ressources naturelles”, ajoute-t-elle, “surtout actuellement avec le risque de pénurie d’eau” qui sévit sur la métropole grecque.Fin novembre, l’Attique, la région autour d’Athènes, a été placée en état d’urgence hydrique.Une mesure qui doit permettre l’accélération des travaux d’infrastructure face à la sécheresse prolongée qui frappe la région et a fait considérablement chuter le niveau des réservoirs d’eau de la capitale.Pour le vice-ministre, “des compromis doivent être faits des deux côtés afin de trouver un équilibre entre la beauté naturelle et la fonctionnalité”.