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Un monde qui “marche sur la tête”: récit d’une grande colère agricole

“France, veux-tu encore de tes paysans ?”: depuis plus d’un an, la question résonne d’Occitanie aux Ardennes. Une colère profonde est montée des campagnes pour réclamer un “revenu décent” et “un peu de considération” dans un monde agricole chahuté par le changement climatique.Céréalier dans l’Eure, Guy Désile, 58 ans, a eu peur de “griller les plombs” et désespère de voir “les dettes s’accumuler”. A l’autre bout du pays, une sécheresse persistante dans l’Aude a poussé Nicolas Castan, 42 ans, à arracher les vignes plantées par son père et son grand-père.Dans l’Aisne, le couple Wever en a “marre” des injonctions: “couper à cette date, planter à ce moment, déclarer ceci et cela… Qu’on nous laisse travailler”.Haro sur l’Europe et ses “normes”, les charges “toujours en hausse”, la “concurrence déloyale” des volailles ou du sucre d’Ukraine… à l’automne 2023, la grogne s’amplifie.Partie du Tarn, une campagne de retournement des panneaux signalétiques des communes essaime partout en France. Une façon de dire qu'”on marche sur la tête”, un slogan que la puissante FNSEA imprimera sur des t-shirts, tentant de rattraper un mouvement qui déborde les canaux syndicaux habituels.- “Prédateurs” -En Occitanie, entre sécheresse et crise de l’élevage, c’est un jeune éleveur, Jérôme Bayle, qui lance le premier blocage d’autoroute, l’A64, le 18 janvier 2024. Les manifestants entrent “en résistance agricole”.Dix jours plus tard, en Haute-Garonne, le Premier ministre Gabriel Attal annonce des premières mesures d’urgence, dont l’abandon de la hausse de la taxe sur le carburant agricole.Insuffisant. Au-delà des aides, les manifestants réclament “une vision d’avenir” face au nombre d’agriculteurs passé de 2,3 millions en 1955 à moins de 500.000.”Notre fin sera votre faim”: fin janvier, des dizaines de routes et sections d’autoroutes sont bloquées, des rassemblements organisés devant des administrations ou sur des ronds-points, rappelant les “gilets jaunes”.La FNSEA, alliée aux Jeunes agriculteurs (JA), engage ses légions de tracteurs, menaçant de bloquer Paris; la Coordination rurale (CR) mène des actions coup de poing, déversant fruits et légumes à la frontière espagnole; la Confédération paysanne vise centrales d’achat et géants laitiers, désignés “prédateurs du revenu paysan”.La réglementation sur les haies, régies par une douzaine de textes, est brandie en symbole d’un mille-feuille administratif à simplifier d’urgence.- “On en crève” -Le mouvement fait tache d’huile en Europe, des Pays-Bas à la Pologne où la solidarité avec le voisin ukrainien se fissure au nom de la “souveraineté alimentaire”.”Enfant on en rêve, adulte on en crève”: le 30 janvier, sur un barrage des Yvelines, Marion Roulleau, 41 ans, aimerait bien que ses enfants reprennent sa ferme mais surtout “qu’ils soient heureux”.En France, où près d’un ménage agricole sur deux vit sous le seuil de pauvreté, cette crise est liée, comme les précédentes, à la fragilité économique des exploitations, très endettées, et à un modèle qui repose à 60% sur des subventions publiques.Pour l’historien Edouard Lynch, face à l’urgence climatique, “on demande aux agriculteurs de changer un système qu’on leur a imposé il y a des décennies” sans apporter de réel soutien à la transition – qui devient un repoussoir.En février 2024, le président Emmanuel Macron est hué au Salon de l’agriculture, en dépit des plus de 500 millions d’euros d’aide promis. “Ici c’est chez nous”, clament des agriculteurs qui ont enfoncé une rangée de CRS avant d’être repoussés.Le chef de l’Etat déambule sous bonne garde, après s’être engagé à élever l’agriculture au rang d'”intérêt général majeur”.Pendant les moissons est adopté en première lecture à l’Assemblée le très attendu projet de loi d’orientation agricole, qui vise à faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs et dépénalise certaines atteintes à l’environnement. La dissolution puis la censure du gouvernement ulcèrent les agriculteurs, en attente de “concret”. La loi sera finalement adoptée jeudi à la veille du Salon 2025.- “Fierté” -A l’automne 2024, la situation est plus explosive qu’un an auparavant. A cause de l’excès de pluies, la France connaît sa pire récolte de blé en 40 ans et voit ses vendanges chuter d’un quart. Les troupeaux subissent une vague d’épidémies dévastatrices.Les agriculteurs redescendent dans la rue. Le cri de ralliement est l’opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Ils craignent une souveraineté bâtie sur les importations.FNSEA comme CR réclament des “moyens de production”, autrement dit des pesticides et de l’eau, à une nouvelle ministre de l’Agriculture (Annie Genevard) bienveillante. La Confédération paysanne dénonce, elle, un recul sur l’environnement que les agriculteurs seront “les premiers à payer”.Début 2025, en pleine campagne pour les élections aux chambres d’agriculture, qui déterminent la représentativité des syndicats, la surenchère prévaut. Les actions sont plus ponctuelles mais aussi plus radicales: le siège de l’institut agronomique Inrae est muré par des militants FNSEA, une antenne de l’Office de la biodiversité saccagée par des “bonnets jaunes” de la CR.La Coordination rurale, dont certains cadres ne font plus mystère de leur proximité avec l’extrême droite, réalise une percée historique. Pour la première fois, l’alliance FNSEA-JA perd sa majorité absolue et voit basculer une quinzaine de chambres. Une énorme secousse.En Haute-Garonne, c’est la liste indépendante soutenue par Jérôme Bayle qui s’est imposée, avec la volonté de “casser le système” et de “rendre leur fierté” aux agriculteurs.Une “fierté” choisie comme thème du salon de l’Agriculture 2025, qui se veut comme une respiration dans un monde agricole à l’image de la société: fracturé.

A Paris, la défense de Carlos Ghosn demande la nullité de son mandat d’arrêt

La cour d’appel de Paris a examiné jeudi plusieurs requêtes de la défense de Carlos Ghosn, qui demande la nullité du mandat d’arrêt le visant pour corruption et trafic d’influence notamment, a appris vendredi l’AFP de sources proches du dossier.Après une audience à huis clos, la chambre de l’instruction rendra sa décision le 27 mars.Carlos Ghosn, 70 ans, est visé depuis avril 2023 par un mandat d’arrêt international émis par une juge d’instruction parisienne. Dans cette information judiciaire, le parquet national financier (PNF) a requis en novembre que l’ex-patron de Renault-Nissan soit jugé pour corruption et trafic d’influence notamment, aux côtés de la ministre de la Culture Rachida Dati.Cette dernière est soupçonnée par les enquêteurs d’avoir perçu “en toute confidentialité, voire en toute opacité” 900.000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil actées dans une convention d’honoraires signée le 28 octobre 2009 avec RNBV, filiale de l’alliance Renault-Nissan, mais sans avoir réellement travaillé, alors qu’elle était avocate et députée européenne (2009-2019). M. Ghosn et Mme Dati contestent.Au cours de l’enquête, la juge d’instruction a convoqué M. Ghosn pour l’interroger. Celui-ci ne s’est pas présenté. La magistrate a ensuite émis un mandat d’arrêt. La défense argue qu’il était impossible à M. Ghosn de se rendre en France.Réfugié au Liban depuis fin 2019, après avoir fui le Japon et désormais visé par un mandat d’arrêt du Japon, M. Ghosn fait l’objet d’une interdiction judiciaire de sortir du territoire libanais.Jeudi, ses avocats ont demandé la nullité du mandat d’arrêt de la magistrate parisienne et déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dénonçant un usage “détourné” du mandat d’arrêt, ont relaté à l’AFP des sources proches du dossier.A leurs yeux, le mandat n’aurait pas été émis pour réellement “permettre son audition ou son jugement en bonne et due forme” mais pour “continuer” les investigations et “empêcher toute défense”.M. Ghosn fait également l’objet d’un autre mandat d’arrêt depuis 2022 dans des investigations à Nanterre encore en cours, notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment en bande organisée en lien avec le distributeur omanais Suhail Bahwan Automobiles.La loi française prévoit que le fait d’être à l’étranger peut justifier un mandat d’arrêt “sans même essayer de faire venir la personne”, a expliqué vendredi une source proche du dossier à l’AFP.Mais la défense de M. Ghosn estime qu’un mandat n’est valable que si la personne s’est “volontairement” soustraite à la justice, selon cette source.Sa défense a aussi demandé un accès au dossier judiciaire, malgré le mandat d’arrêt et à l’instar des personnes mises en examen, et déposé une deuxième QPC à ce sujet.Par ailleurs, sa défense estime que les poursuites le visant sont prescrites. Après un refus de la juge d’instruction de constater la prescription, ses avocats ont fait appel et déposer une troisième QPC.Contactés par l’AFP, ses conseils n’ont pas souhaité commenter. Les avocats de Renault, partie civile, non plus.

Retraites: Eric Lombard “plutôt” favorable à une contribution accrue des retraités

Le ministre de l’Économie Éric Lombard a dit vendredi être “plutôt” partisan d’une contribution accrue des retraités à l’effort financier en faveur du système de retraites, tout en jugeant que la France n’avait “absolument pas les moyens” d’abroger la réforme de 2023 et de revenir aux 62 ans.Pour lui, abroger la réforme de 2023, comme la CGT le souhaite, “est extrêmement coûteux et on n’en a absolument pas les moyens, donc c’est non”, a-t-il dit sur RTL.Au lendemain de la remise d’un rapport de la Cour des comptes sur le financement du système que la juridiction financière juge “préoccupant”, M. Lombard a jugé “assez illogique” que le niveau de vie des retraités soit, “en moyenne, supérieur au niveau de vie des salariés”.Les retraités devraient-ils contribuer davantage à l’effort national? “Plutôt oui”, a-t-il répondu. “Rééquilibrer le niveau de vie entre les retraités et les salariés est une piste de solution qui me paraît raisonnable”, a-t-il ajouté alors qu’on l’interrogeait sur la possibilité de désindexer les pensions de l’inflation, comme évoqué par la Cour des comptes.Le ministre a néanmoins souligné que “c’était aux partenaires sociaux de se prononcer”.La ministre en charge des Comptes publics, Amélie de Montchalin s’est pour sa part réjouie sur TF1 que le diagnostic de la Cour des comptes offre désormais “une photo claire, partagée, indiscutable de la situation”. Elle a toutefois rappelé, avant que les partenaires sociaux n’entrent dans le dur des discussions sur l’avenir de la réforme de 2023 le 27 février: “on ne peut pas avoir plus de déficit”.Pour la ministre du Travail et de l’Emploi Astrid Panosyan-Bouvet interrogée sur franceinfo, le retour à 62 ans “peut faire partie des discussions” mais “rien n’arrive gratuitement.””Si effectivement des partenaires sociaux veulent se saisir de la question des 62 ans, il faut, eu égard à la trajectoire financière, qu’ils montrent comment on y arrive”, a-t-elle posé. M. Lombard a considéré par ailleurs “qu’on est à un moment de bascule historique” de la géopolitique mondiale, qui va “obliger les Européens à prendre en main leur destin”.Cela passe par “une vision européenne” de la défense, qui “va coûter plus cher”, a-t-il remarqué.Il a observé que, “si on avait le taux d’emploi de l’Allemagne, on n’aurait pas de déficit” : “il faudra sans doute travailler plus”, a-t-il convenu.Il a évoqué “un horizon de 5 à 10 ans pour réfléchir à l’évolution de notre modèle, dans le cadre d’un débat public”. Le ministre a par ailleurs assuré que la surtaxe d’impôts sur les sociétés prévue en 2025 pour les entreprises réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires ne durerait bien qu’un an: “c’est un engagement que nous avons pris”, “dans un monde de concurrence”, a-t-il expliqué.M. Lombard, enfin, a qualifié “d’ânerie” l’interprétation parfois faite de propos qu’il avait tenus le 17 janvier sur BFMTV, où il expliquait que le financement par les entreprises de la transition écologique risquait d’écorner leur rentabilité, mais qu’il “fallait l’accepter”, sous peine que “le dérèglement climatique tue l’économie”.”Je n’ai jamais demandé que les entreprises soient moins rentables!” s’est-il exclamé, se félicitant ensuite sur X que “les chefs d’entreprise aient les yeux plus ouverts sur les bouleversements du monde que beaucoup de commentateurs”.

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Allemagne : du vent, du soleil, des batteries et un virage énergétique inachevé

Dans les plaines du nord de l’Allemagne, une centaine de conteneurs tapissent un champ battu par les vents : ils stockeront bientôt de l’électricité verte, jalon supplémentaire dans la course à la transition énergétique qui passe par l’abandon du charbon prévu au plus tard en 2038.L’installation construite à Bollingstedt, un village près de Kiel, pourra dès le printemps alimenter 170.000 foyers pendant deux heures le matin et le soir.Après les mâts d’éolienne et les panneaux solaires, l’Allemagne se couvre progressivement d’unités de stockage d’énergie renouvelable.Ces batteries de grande capacité “comblent une lacune ” en permettant d’emmagasiner l’électricité excédentaire et de la restituer aux heures de forte demande, explique Tobias Badelt, porte-parole d’Eco-Stor, l’entreprise qui installe le parc de Bollingstedt.Dans la campagne pour les élections législatives de dimanche, la question des prix de l’énergie s’est imposée aux candidats qui ont rivalisé de promesses pour ramener les coûts à des niveaux plus supportables pour les ménages et les entreprises.Car la première économie européenne mène une transformation énergétique aux allures d’acrobatie : sevrée de gaz russe bon marché depuis l’invasion russe de l’Ukraine, elle prévoit de fermer ses centrales à charbon en 2038 au plus tard, après avoir éteint ses derniers réacteurs nucléaire en 2023 – une décision prise une décennie plus tôt par l’ancienne chancelière Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima.- Retards -Restent les renouvelables -– éolien, solaire, biomasse, hydraulique –- qui ont connu un bond spectaculaire et ont couvert près de 60% de l’électricité produite dans le pays l’an dernier, pour un objectif de 80% à l’horizon 2030.Mais la production intermittente des renouvelables met le réseau sous tension : lors des pics de soleil et de vent, l’infrastructure est saturée, et lors des creux, le pays importe du courant à prix fort. Cet hiver, l’Allemagne a dû s’appuyer sur le nucléaire français et le charbon polonais pour éviter des coupures.Pour parer à ce déséquilibre, les batteries stationnaires connaissent un développement exponentiel : quelque 100 nouveaux grands systèmes de stockage d’une capacité de 0,8 GWh, proche de la capacité installée d’un réacteur nucléaire, ont été mis en service en 2024, plus du double de l’année précédente.Il en faudra cependant beaucoup plus pour pallier l’intermittence du solaire et l’éolien. Et le pays doit s’équiper d’un deuxième parc de production -de centrales au gaz convertissables à l’hydrogène- car les batteries ne peuvent assurer que quelques heures de réserve.L’Allemagne doit aussi étendre le réseau de transport d’électricité, très insuffisant pour acheminer l’énergie produite au nord par les éoliennes vers les zones de consommation au sud. Autant de chantiers qui n’avancent pas assez vite et que l’implosion en novembre du gouvernement centriste d’Olaf Scholz a encore retardé. Alors que les besoins en électricité vont exploser avec l’essor des chauffages décarbonés et des véhicules électriques. – Climat et croissance -Favoris des sondages, Friedrich Merz a attaqué la politique énergétique “idéologique” du chancelier sortant social-démocrate Olaf Scholz et de ses alliés du parti des Verts.S’il ne remet pas en cause la sortie progressive des énergies fossiles et les objectifs climatiques, “nous ne sortirons de nulle part tant que nous n’aurons pas décidé où nous entrerons”, a-t-il prévenu, estimant qu’un arrêt de la production d’électricité au charbon et au gaz sans alternative valable “mettrait grandement en danger l’industrie en Allemagne”.Les conservateurs ont évoqué, avec des pincettes, une possible relance du nucléaire. La perspective n’est pas jugée très réaliste par les experts : les installations sont déjà en cours de démantèlement, le personnel manque et il faudrait recommencer les procédures d’autorisation.Autant d’ambiguïtés qui inquiètent les militants écologistes.Les milliards d’investissements nécessaires pour financer les technologies vertes, comme la production d’hydrogène, placera aussi le futur gouvernement face à un dilemme budgétaire. Les conservateurs sont arc-boutés sur la rigueur des finances publiques et réticents à assouplir les sacro-saintes règles d’endettement du pays.Si le prochain parlement ne parvient pas à assouplir cette règle, “les fonds manqueront aussi pour la transition énergétique”, dit à l’AFP Wilfried Rickels, de l’institut économique IfW à Kiel. 

Le khat, stupéfiant à mâcher, niche d’un trafic international

Huit tonnes ventilées pour près d’un million d’euros entre Israël, France et Pays-Bas via un réseau jugé récemment à Paris: le khat et ses feuilles à mastiquer, stupéfiant méconnu, génère un trafic international rodé.Le tribunal correctionnel de Paris vient de condamner dans cette affaire six hommes -nés en Somalie, Ethiopie et Israël- à des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis. Ils ont été reconnus coupables d’importation, exportation et trafic de ce produit euphorisant interdit en France, comme dans la plupart des pays européens.Au delà de ce dossier, Gilbert Beltran, directeur interrégional des douanes dans les aéroports parisiens, décrit pour l’AFP “un trafic régulier avec des filières qui sont plutôt pas mal organisées, en provenance des pays de production du khat ou des pays où le khat est légal”. Car “ce n’est pas considéré partout comme un produit stupéfiant”, souligne-t-il.C’est une plante qu’on mâche “soit dans un esprit de détente ou pour se mettre au travail”, explique à l’AFP Céline Lesourd, anthropologue française notamment reconnue pour son travail sur le khat en Ethiopie. La consommation y est autorisée et très répandue, comme dans une grande partie de l’Afrique orientale, où pousse principalement l’arbuste, et dans le sud-ouest de la péninsule arabique.En Ethiopie, les feuilles sont “mâchées en toute occasion, un mariage, un deuil, une fête religieuse, c’est vraiment un moment de retrouvailles, de discussions”, prolonge la chercheuse qui a écrit “Puissance khat” (Presses universitaires de France). “Ailleurs, c’est une consommation de niche, vraiment lovée dans les diasporas”, notamment est-africaines. – Cueillette et cocktails -Les aéroports parisiens, surtout Charles-De-Gaulle, sont les portes d’entrée principales du khat en France: 4,9 tonnes y ont été saisies en 2023 sur les 7,2 tonnes interceptées en France par les douanes, dernières données disponibles. A titre de comparaison, 12 tonnes de cocaïne et 69,6 tonnes de cannabis ont été captées par les douanes en France en 2023.Le transport par avion -25 kilos par valise dans l’affaire jugée cette semaine à Paris- est privilégié, car les feuilles doivent se mâcher dans l’idéal dans les 24 heures suivant la cueillette, les effets s’estompant ensuite, selon Céline Lesourd.Les trafiquants “parient” sur le fait qu’une mule “au milieu de centaines de voyageurs, ça peut passer”, glisse Gilbert Beltran. Ou “on ment aux mules en leur disant +c’est légal ici+”, développe-t-il. “Je ne savais pas que c’était illégal en France”, a d’ailleurs assuré dans la presse de son pays une TikTokeuse connue en Israël, une des mules arrêtées par les gendarmes le 14 mars 2023 lors du coup de filet en région parisienne qui a conduit au procès. En Israël, le khat est légal. “On en fait même des cocktails, l’incontournable de certaines soirées à Jérusalem”, brosse Céline Lesourd. – TikTokeuse et tachycardie -Aux sources du procès tenu à Paris, neuf personnes avaient été interpellées en flagrance, coup d’arrêt d’un négoce illicite étalé sur près de huit mois depuis 2022. Des mules partaient par avion d’Israël avec des valises pleines de ces feuilles d’arbrisseau. Cargaison remise en région parisienne, à destination de la capitale française, des Pays-Bas, voire de la Belgique. D’après la cinquantaine de convoyages retracés (près de 300 valises en huit mois, à raison de deux vols commerciaux par semaine), le trafic total a été estimé à huit tonnes. Avec une projection de chiffre d’affaires global entre 800.000 et 1,6 million d’euros. On est loin des colis postaux de 10 kilos saisis épisodiquement dont la presse régionale française se fait l’écho.La TikTokeuse et deux autres mules israéliennes n’étaient pas concernées par le procès parisien récent, ayant précédemment reconnu leur culpabilité, avec à la clé des peines mêlant détention à domicile sous surveillance électronique et sursis.La revente des chargements de khat par les trafiquants tournait entre 20 à 40 euros pour 200 grammes, quantité correspondant à un bouquet et une ou deux prises. “Comme c’est un psychostimulant, vous avez des risques de tachycardie, hypertension artérielle, comme pour toutes les amphétamines il peut y avoir des dégâts somatiques”, met en garde pour l’AFP Hervé Martini, expert à l’association Addictions France.

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Au Pakistan, la suspension de l’USAID menace d’assécher l’une des villes les plus chaudes au monde

Des dizaines de millions de dollars et des milliards de litres d’eau filtrés: après des années de travaux, la suspension de l’aide américaine pourrait priver d’eau potable l’une des villes les plus chaudes au monde, prévient une ONG pakistanaise.A Jacobabad, dans la province méridionale du Sindh, les températures dépassent régulièrement les 50 degrés Celsius en été et le changement climatique a fait se multiplier les épisodes de canicule. Cette semaine, en plein hiver, le thermomètre doit dépasser 30 degrés.Longtemps, le million d’habitants du district a dû se contenter des petites citernes tirées par des ânes qui parcouraient les rues pour vendre à prix d’or de l’eau souvent contaminée, parfois à l’arsenic.Mais en 2012, l’Agence américaine pour le développement (USAID) a accepté de débloquer 66 millions de dollars notamment pour remettre en usage une station de pompage et de filtration d’eau sur un canal, à 22 kilomètres de Jacobabad.- “Marcher des heures” -Le 20 janvier, dans un coup de théâtre, le président américain Donald Trump a décidé de geler l’aide de son pays à l’étranger – pour le moment pour trois mois.A Jacobabad, cela signifie que le million de dollars et demi qui était attendu sous peu n’arrivera pas.Et que le robinet d’eau pourrait se tarir, se désole l’ONG pakistanaise HANDS qui gérait la station et collectait les redevances censées un jour rendre la station autonome financièrement.Son patron, Cheikh Tanvir Ahmed, assure avoir appris la décision présidentielle américaine par voie de presse et n’avoir reçu aucun avertissement formel.”Si l’approvisionnement en eau est coupé, ça va être très difficile pour nous”, s’inquiète déjà Toufail Ahmed, un habitant de 25 ans.Cette station “a changé nos vies” et, sans elle, “survivre sera un défi, car l’eau est l’élément le plus essentiel à la vie”, poursuit M. Ahmed.Actuellement, 350.000 habitants utilisent 5,6 millions de litres de cette eau potable – donc utilisable comme boisson ou pour des usages domestiques – chaque jour pour environ 1,5 euro par mois, soit dix fois moins que l’eau des citernes ambulantes.Noor Ahmed, étudiant de 18 ans, n’utilise cette eau avec sa famille que pour la lessive.Avant, dit-il à l’AFP, “les femmes devaient marcher des heures” pour ramener de l’eau ou en acheter.Et cette “eau contaminée nous rendait malade, on avait des frais de santé énormes”, abonde Sadruddin Lashari, 55 ans.”Avec tout en suspens, nous devons retirer nos employés et cesser toutes nos prestations dans ce projet de station d’eau”, explique à l’AFP Cheikh Tanvir Ahmed, dont l’ONG HANDS a déjà dû mettre 47 employés au chômage technique.- “Revenir sur sa décision” -La suite logique, poursuit-il, si aucune aide ne parvient jusqu’à Jacobabad, c’est l’arrêt définitif du pompage “dans les quelques mois à venir”.Le projet repose actuellement entre les mains du gouvernement local, qui ne dispose pas de l’expertise ou de l’argent nécessaires pour rendre le projet viable à long terme.Pour lui, cesser les paiements à ce stade, c’est comme viser le sommet d’une montagne et s’arrêter quelques mètres avant.”S’ils ne sont plus intéressés, alors l’échec sera total”, prévient M. Ahmed. “Le président” américain “doit revoir sa décision”, plaide-t-il, car “l’eau est plus qu’un médicament vital, l’eau c’est la vie”.Déjà, de septembre à mi-janvier, la pluviométrie dans le Sindh a baissé de 52% par rapport à la moyenne selon les autorités locales qui annoncent une “sécheresse modérée” pour les prochains mois.Le Pakistan, qui compte pour moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est le pays le plus affecté par le changement climatique selon un classement de l’ONG Germanwatch publié cette année et basé sur des données compilées depuis 2022.Cette année-là, un tiers du pays de 240 millions d’habitants avait été noyé sous des pluies de mousson inédites qui avaient tué plus de 1.700 personnes et causé des dommages estimés à près de 15 milliards de dollars.

Bétharram: L’Etat pas “au rendez-vous”, regrette Borne, les gardes à vue touchent à leur fin

“L’Etat n’a pas été au rendez-vous” dans l’affaire des violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram qui ont perduré plusieurs décennies, a regretté la ministre de l’Education Elisabeth Borne vendredi, au moment où la garde à vue de deux anciens surveillants de l’établissement catholique s’achève.Trois hommes -un religieux et deux surveillants laïcs nés en 1931, 1955 et 1965-, avaient été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période allant de 1957 à 2004, selon le parquet de Pau.Le prêtre nonagénaire a été relâché jeudi, sans précisions du parquet sur la suite de la procédure judiciaire, et les victimes espèrent maintenant de premières mises en cause après la fin des gardes à vue des deux surveillants, au plus tard en début d’après-midi.Ces interpellations interviennent un an après le lancement d’une vaste enquête sur cet établissement presque bicentenaire des Pyrénées-Atlantiques, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation “stricte”. Le collectif de victimes de Bétharram a recensé 132 plaintes. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.Mme Borne a jugé vendredi sur BFMTV/RMC “difficile de comprendre” pourquoi l’Etat n’a pas réagi plus tôt et a dit vouloir que le gouvernement continue à agir “pour que la parole se libère”.- “Exploitation politique” -L’établissement, qui n’a presque jamais été inspecté à part un contrôle en 1996 n’ayant rien relevé d’anormal malgré déjà des signalements de violences, doit faire l’objet d’une inspection académique le 17 mars. Mercredi, l’ancien inspecteur d’académie, a exprimé des regrets sur son rapport de 1996 qui “ne tient pas la route actuellement”.La ministre a déclaré vouloir accélérer les contrôles des établissements privés “avec un objectif 40%” dans les 24 mois, alors que ces inspections étaient quasi inexistantes auparavant. Elle a suggéré ne pas “s’interdire” des inspections inopinées.Mme Borne a toutefois déploré “l’exploitation politique” de cette affaire qui éclabousse le chef du gouvernement François Bayrou. Ministre de l’Education entre 1993 et 1997, à l’époque de certains des faits incriminés, il répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, malgré des témoignages affirmant le contraire.”Mediapart, la France insoumise donneraient l’impression que le seul qui n’aurait pas vu ce qu’il aurait dû voir, ce serait François Bayrou”, a poursuivi Mme Borne, soulignant que des “plaintes pour violences sexuelles” ont été “déposées à partir des années 1998” et “qu’il y en a d’autres qui n’ont sans doute pas vu ou pas réagi à l’époque”.- “Soutane ouverte” -Les trois interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou.Parmi les plaintes recensées, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime son porte-parole Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire.Des victimes interrogées par l’AFP mettent en cause les trois suspects.”J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l’un des deux surveillants surnommé “Cheval” à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne auprès de l’AFP un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, l’autre surveillant écarté l’an dernier. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, raconte-t-il.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, a réagi jeudi la Conférence des évêques de France (CEF).cas-ved-mer-ppy/gf/sla

Violence à l’école: fouilles inopinées des sacs à partir du printemps, annonce Borne

Des “fouilles inopinées de sacs” seront mises en place à partir du printemps pour tenter de lutter contre les violences à l’école ou aux abords des établissements scolaires, affirme vendredi la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.”Je souhaite qu’on puisse, avec le préfet, le procureur, le représentant de l’Education nationale, pouvoir organiser régulièrement des fouilles de sac à l’entrée des établissements” et ce à partir du printemps, a déclaré la ministre, interrogée sur BFMTV/RMC.Ces fouilles inopinées seraient réalisées avec des “forces de l’ordre puisque ça ne rentre pas dans les prérogatives des personnels de l’Education”, a précisé la ministre, inquiète d'”un usage beaucoup plus répandu des armes blanches” chez les jeunes. A ce titre, elle a redit son intention de modifier le code de l’éducation pour que, si un port d’arme blanche est constaté dans un établissement scolaire, l’élève mis en cause “passe systématiquement devant un conseil de discipline”.Jusqu’ici “c’était à l’appréciation du chef d’établissement”, a commenté Mme Borne. Cela fera également “systématiquement” l’objet d’un signalement au procureur.Début février, un lycéen de 17 ans a été grièvement blessé à l’arme blanche dans la cour de son établissement à Bagneux (Hauts-de-Seine).Avant les vacances d’hiver de la zone C, plus d’une vingtaine de collèges et lycées de Seine-Saint-Denis ont été placés sous la surveillance de 100 fonctionnaires de police, déployés pour “prévenir la réitération d’actes de violence” aux abords des établissements scolaires à la suite d’une série d’incidents. grd-ved/sla

Dauphins: réouverture de la pêche dans le golfe de Gascogne, après quatre semaines d’arrêt

Les bateaux de plus de huit mètres ont repris la mer dans la nuit de jeudi à vendredi dans le golfe de Gascogne, après quatre semaines d’arrêt pour protéger les dauphins.Les effets sur les captures accidentelles de petits cétacés de cette fermeture spatio-temporelle, visant environ 300 bateaux du Finistère à la frontière espagnole, ne seront pas connus immédiatement. L’an dernier, les premiers éléments du bilan de la première période d’interdiction de la pêche, en janvier-février 2024, n’avaient été communiqués qu’en octobre. Elle avait contribué à diviser par quatre le nombre de dauphins morts par capture accidentelle dans la zone (1.450 sur l’hiver 2023-2024 contre 6.100 en moyenne entre 2017 et 2023), selon l’observatoire Pelagis, qui coordonne le Réseau national échouages. Le CIEM, organisme scientifique international de référence, estime à 4.900 décès au maximum par an le niveau soutenable pour l’espèce.A La Rochelle, le “Cap Horn II” et le “Souvenir”, fileyeurs de respectivement 15 et 16 mètres de long avec six marins à bord chacun, devaient quitter le port de La Rochelle, pour pêcher de la sole, dès la réouverture.Pendant les quatre semaines d’arrêt, l’armateur Christophe Bénéteau a “fait des petits travaux à bord, changé les batteries…” “J’aurais aimé pouvoir le sortir de l’eau et m’occuper du carénage mais je n’avais pas le droit. Nous sommes indemnisés à 85% mais nous devrions l’être à 100%. On nous interdit de travailler alors que nous jouons le jeu”, a déclaré mercredi à l’AFP le pêcheur, qui a installé sur ses navires des caméras et des effaroucheurs, émettant un signal répulsif. Le ministère de la Transition écologique a promis fin janvier que le dispositif d’aide aux “navires touchés par la fermeture ainsi que les mareyeurs”, doté de 20 millions d’euros, serait ouvert “dès la fin de la période de fermeture”.”Certains bateaux de plus de huit mètres qui en avaient la possibilité ont fait le choix de partir pêcher la civelle pendant cet arrêt”, dans des estuaires hors du golfe, souligne de son côté Julien Lamothe, directeur de FROM (Fonds régional d’organisation du marché du poisson) Sud Ouest.Le directeur du port de pêche rochelais, Christophe Bertaud, anticipe, lui, déjà des pertes colossales, avec seulement deux escales de bateaux et 518 euros de redevance, comme l’an dernier, contre 60 escales et 50.000 euros de redevance en février 2023. “Et à la différence des pêcheurs, nous ne touchons aucune indemnité”, déplore-t-il. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Dauphins: réouverture de la pêche dans le golfe de Gascogne, après quatre semaines d’arrêt

Les bateaux de plus de huit mètres ont repris la mer dans la nuit de jeudi à vendredi dans le golfe de Gascogne, après quatre semaines d’arrêt pour protéger les dauphins.Les effets sur les captures accidentelles de petits cétacés de cette fermeture spatio-temporelle, visant environ 300 bateaux du Finistère à la frontière espagnole, ne seront pas connus immédiatement. L’an dernier, les premiers éléments du bilan de la première période d’interdiction de la pêche, en janvier-février 2024, n’avaient été communiqués qu’en octobre. Elle avait contribué à diviser par quatre le nombre de dauphins morts par capture accidentelle dans la zone (1.450 sur l’hiver 2023-2024 contre 6.100 en moyenne entre 2017 et 2023), selon l’observatoire Pelagis, qui coordonne le Réseau national échouages. Le CIEM, organisme scientifique international de référence, estime à 4.900 décès au maximum par an le niveau soutenable pour l’espèce.A La Rochelle, le “Cap Horn II” et le “Souvenir”, fileyeurs de respectivement 15 et 16 mètres de long avec six marins à bord chacun, devaient quitter le port de La Rochelle, pour pêcher de la sole, dès la réouverture.Pendant les quatre semaines d’arrêt, l’armateur Christophe Bénéteau a “fait des petits travaux à bord, changé les batteries…” “J’aurais aimé pouvoir le sortir de l’eau et m’occuper du carénage mais je n’avais pas le droit. Nous sommes indemnisés à 85% mais nous devrions l’être à 100%. On nous interdit de travailler alors que nous jouons le jeu”, a déclaré mercredi à l’AFP le pêcheur, qui a installé sur ses navires des caméras et des effaroucheurs, émettant un signal répulsif. Le ministère de la Transition écologique a promis fin janvier que le dispositif d’aide aux “navires touchés par la fermeture ainsi que les mareyeurs”, doté de 20 millions d’euros, serait ouvert “dès la fin de la période de fermeture”.”Certains bateaux de plus de huit mètres qui en avaient la possibilité ont fait le choix de partir pêcher la civelle pendant cet arrêt”, dans des estuaires hors du golfe, souligne de son côté Julien Lamothe, directeur de FROM (Fonds régional d’organisation du marché du poisson) Sud Ouest.Le directeur du port de pêche rochelais, Christophe Bertaud, anticipe, lui, déjà des pertes colossales, avec seulement deux escales de bateaux et 518 euros de redevance, comme l’an dernier, contre 60 escales et 50.000 euros de redevance en février 2023. “Et à la différence des pêcheurs, nous ne touchons aucune indemnité”, déplore-t-il.