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A Valence, le ministre de l’Intérieur, le pharmacien et l’immigration

“70% des Français sont d’accord avec moi”, dit l’un, “je fais partie des 30%” restant, répond l’autre: le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est retrouvé en difficulté vendredi, questionné avec mordant par un pharmacien sur l’immigration, lors d’un déplacement à Valence.Venu présenter les plans d’action de restauration de la sécurité du quotidien, déclinés dans chaque département par les préfets, M. Retailleau a déambulé un moment dans un quartier populaire de la ville, entouré d’un essaim de caméras.Sur son parcours, le ministre s’arrête devant François Miquey, pharmacien, qui l’attend pour un échange programmé devant son officine intégrée dans une maison de santé.Le quinquagénaire explique qu’avant, la pharmacie se trouvait un peu plus loin et qu’il y avait “des choses qui se passait devant qui n’étaient pas très agréables… Il y avait…- …du deal, complète le ministre.- Avant on avait une criminalité de gens qui avaient mon âge, poursuit le pharmacien.   – Et maintenant ils sont tout jeunes… Et ils sont violents”, enchaîne M. Retailleau.Le ministre est concentré, le pharmacien plutôt bavard, l’échange est courtois, allant plutôt dans le sens de la communication ministérielle, d’autant que le pharmacien évoque “une présence policière qui rassure” ses clients.Et puis le visage de M. Retailleau se crispe légèrement. “Mais, par contre”, critique M. Miquey, qui raconte le cas d’un ami, père algérien, dont le fils s’est fait “arrêter trois fois pour contrôle d’identité” la semaine passée, “c’est bête quoi”.- “Une histoire de faciès” — “Le problème, c’est que quand on a une présence de police municipale, police nationale, il y a plus de contrôles, il y a plus de verrouillages, parce qu’il faut occuper l’espace, tente de justifier M. Retailleau.- Je suis d’accord, mais après, il y a une histoire quand même de faciès, réplique le pharmacien.- Je ne crois pas”, dit le ministre, dont l’entourage commence à être un peu gêné par la tournure de l’échange.- “Moi, mon fils est Noir, et clairement, il se fait bien plus arrêter que ses copains de classe, signale le pharmacien.- Mais vos clients disent que la tranquillité est revenue”, tente M. Retailleau pour reprendre la main dans leur discussion.En vain. Le pharmacien continue de plus belle.- “Alors, alors, dernière chose, parce que j’ai préparé mon petit truc, rigole-t-il.- C’est ce que je vois”, répond le ministre, qui peine à cacher un léger agacement.- “J’ai été blessé” — “J’ai revisionné la vidéo où vous disiez, l’immigration n’est pas une chance pour la France (…) Moi, je vous le dis, j’ai été blessé”, relate le praticien, en expliquant que son grand-père portugais est arrivé en France à l’âge de 16 ans, qu’il avait des faux papiers parce qu’il ne pouvait pas travailler.- “Mais le problème, c’est que votre grand-père, toute cette génération et vous, ils n’étaient pas chez eux, mais ils ont fait d’énormes efforts pour apprendre la langue, pour apprendre nos valeurs. Et aujourd’hui, il y a une immigration qui n’est plus contrôlée, qui est trop massive (…) Recevoir un demi-million d’immigrés par an, ça n’est plus possible, développe le ministre.- Je pense sincèrement qu’il faut qu’on arrive ensemble, tous ensemble, à se rassembler. Et pas nous diviser. Et quand vous avez dit ça, pour moi, ça a divisé, estime M. Miquey.- Non, ça n’a pas divisé, parce que 70% des Français sont d’accord avec moi.- Je fais partie des 30%”, rétorque le pharmacien, sans aucune animosité.S’ensuit une discussion sur les chiffres de l’immigration et des personnes en situation irrégulière.- “50.000 personnes sur 70 millions, relativise le pharmacien.- Mais c’est tous les ans, insiste le ministre.- On va s’en sortir.- Non, non, non.- Moi, je suis sûr.- Il faut réduire, il faut réduire…”L’entourage du ministre intervient alors pour faire signe, notamment aux médias, que l’échange est terminé. La déambulation doit reprendre.- “Merci beaucoup, c’est très gentil, on est là et on est tous motivés”, conclut le pharmacien au départ de M. Retailleau.

A Paris, des centaines de personnes se rassemblent “en hommage aux otages assasinés par le Hamas”

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Paris “en hommage aux otages assassinés par le Hamas”, deux jours après la remise à Israël des corps de plusieurs otages dont ceux des deux enfants de la famille Bibas, a constaté une journaliste de l’AFP.”Une inconsolable tristesse, une énorme peur et la rage au ventre. Voilà l’état dans lequel nous sommes tous plongés”, a déclaré Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Les corps d’Ariel et Kfir Bibas, âgés de quatre ans et huit mois et demi lors de leur enlèvement, ont été restitués jeudi avec celui d’Oded Lifshitz, un otage octogénaire.”Je m’y attendais (au décès des enfants Bibas, NDLR), mais c’est pas pour autant que ça fait moins mal. On ressent de la colère, mais surtout beaucoup de tristesse”, a déclaré à l’AFP Manon Suissa, 18 ans, drapeau d’Israël sur le dos. Devant la Tour Eiffel une tente blanche abritant les portraits des trois otages décédés avaient été installée, où chacun pouvait déposer une bougie et écrire un message devant ensuite être transmis aux familles des victimes. “Il faut qu’on garde cet espoir en nous que notre mobilisation va garantir la libération des otages”, a insisté devant des journalistes Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité femmes-hommes, lors de ce rassemblement des “mères de l’espoir”, organisé chaque vendredi depuis le 7 octobre 2023 par le Crif et l’organisation israélienne éducative et sociale Wizo.”Ça fait plus de 500 jours que notre vie s’est arrêtée. Se retrouver tous les vendredi, c’est une thérapie. Dans la vie de tous les jours, on a l’impression que tout le monde s’en fout”, a déclaré à l’AFP Juliette Ziesel, la cinquantaine, rentrée d’Israël en France après l’attaque du 7-Octobre Le décès des enfants Bibas a provoqué une onde choc en Israël et dans le monde entier, amplifiée encore par l’annonce, par les autorités israéliennes, qu’un autre corps remis par le Hamas n’était pas celui de la mère des enfants, Shiri Bibas, comme annoncé.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. 

Bétharram: un seul homme poursuivi pour viol, prescription pour les deux autres

Une information judiciaire a été ouverte vendredi pour viol et agression sexuelle à l’encontre d’un seul des trois hommes placés en garde à vue dans le cadre de l’affaire Bétharram, les deux autres bénéficiant de la prescription des faits remontant pour certains à 70 ans.Ces trois personnes sont les seules encore en vie parmi les 11 mises en causes pour viols aggravés et agressions sexuelles aggravées par les 112 victimes déclarées.”Des garçons de 9 à 17 ans au moment des faits” qui vivaient dans un “climat de +terreur+ au sein de l’institution”, a décrit le procureur de la République à Pau, Rodolphe Jarry.Le collectif des victimes s’est félicité “d’être enfin entendu par la justice”, estimant que “grâce à (cette) jurisprudence, d’autres Bétharram (pourraient) se manifester, parce que la parole est en train de se libérer”.Devant la presse à Pau, le président du collectif, Alain Esquerre, a appelé toutes les potentielles autres victimes à se manifester, affirmant que le dossier était “tentaculaire”.A ce jour, le collectif a recensé plus de 140 dénonciations, dont près de 70 relatives à des faits d’ordre sexuel, très souvent prescrits.Le parquet de Pau avait ouvert, le 1er février 2024, une enquête préliminaire après le dépôt d’une vingtaine de plaintes d’anciens élèves de cet établissement catholique béarnais, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat de sinistre réputation dans toute la région.- “Gifles” -Le procureur a requis le placement en détention provisoire de l’homme faisant l’objet d’une information judiciaire ouverte “des chefs de viol par personne ayant autorité entre 1991 et 1994 et agression sur mineur de quinze ans en 2004”.Antoine (prénom modifié), 48 ans, avait déjà déposé plainte en 1999 contre cet ancien surveillant général, né en 1965, mais elle avait été classée sans suite. “J’ai été son protégé”, a-t-il raconté à l’AFP, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Lors de son audition, l’intéressé a admis “avoir pu porter des gifles” en contestant “tout agissement à caractère sexuel”.Le prêtre né en 1931, relâché dès jeudi, n’a reconnu qu'”un seul fait d’agression sexuelle” sur une victime qui le mettait en cause, et un autre ancien surveillant, né en 1955, n’a admis également que des “gifles” en réfutant “fermement” toute agression sexuelle, selon le procureur.Tous deux ont été laissés libres au titre de la prescription des faits qui leur étaient reprochés, commis entre 1957 et 1962 pour le premier, entre 1978 et 1989 pour le second.Jean-Marie Delbos, 78 ans, avait raconté la semaine dernière lors d’une manifestation à Bétharram qu’à la fin des années 1950, l’ancien prêtre “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”.Quatre anciens personnels laïcs de l’institution de Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), mis en cause pour des “violences graves et répétées” entre 1979 et 1996 sur plusieurs victimes, ont par ailleurs été entendus par les gendarmes.Deux d’entre eux ont reconnu des gifles, un troisième qu’il a pu “tirer des cheveux” ou “donner des coups avec le poing fermé”, relève le parquet. Ils ont bénéficié, eux aussi, de la prescription.- L’Etat “pas au rendez-vous” -L’affaire a pris une tournure politique au début du mois, des témoins accusant François Bayrou, ministre de l’Education de 1993 à 1997, d’avoir été au courant à l’époque d’accusations de violences sexuelles au sein de cet établissement du Béarn fréquenté par plusieurs de ses enfants, ce qu’il a démenti à plusieurs reprises.”Vous voyez bien la mécanique du scandale qu’on cherche”, a encore déclaré le Premier ministre vendredi.Il a dénoncé des attaques visant sa “famille” après la diffusion, par Mediapart, d’une vidéo dans laquelle une ancienne professeure de mathématiques de Bétharram réaffirmait avoir alerté, au milieu des années 1990, celui qui était alors ministre de l’Education et son épouse, qui enseignait le catéchisme dans l’école.”L’État n’a pas été au rendez-vous” dans cette affaire, a regretté de son côté la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, sur BFMTV/RMC, jugeant “difficile de comprendre” pourquoi il n’a pas réagi plus tôt.L’établissement qui n’a été inspecté qu’une seule fois en 1996 -le rapport, renié récemment par son auteur, n’avait rien relevé d’anormal malgré une première affaire de violences- doit faire l’objet d’une inspection académique la semaine du 17 mars.

Innocenté par la justice, l’ex-député Julien Bayou “n’attend plus rien” des Ecologistes

L’ancien patron des Ecologistes Julien Bayou, innocenté par la justice après des accusations de harcèlement moral et d’abus de faiblesse, a affirmé vendredi “ne plus rien attendre” de son ex-parti, qu’il “ne reconnait plus”.L’enquête le visant, ouverte après une plainte en mars 2024 pour harcèlement moral et abus de faiblesse de son ex-compagne, a été classée sans suite pour “absence d’infraction”, a indiqué le parquet jeudi.”Vous avez devant vous quelqu’un qui a été triplement innocenté”, après deux enquêtes internes au sein du parti et l’enquête judiciaire, a déclaré l’ex-député écologiste lors d’une conférence de presse à Paris avec son avocate Me Marie Dosé.Il avait dû abandonner la tête du parti au début de la première enquête interne et avait quitté les Ecologistes lors du lancement de la seconde. La première enquête, ouverte après une lettre de l’ex-compagne de Julien Bayou en juillet 2022, s’était arrêtée faute de témoignages. La deuxième avait été confiée à un cabinet d’avocats, avec un appel à témoignages de la direction adressé à 12.000 personnes. Une “procédure dégueulasse, détestable, décidée en conscience par la direction des écologistes”, a dénoncé Julien Bayou.Elle n’a “pas permis de déterminer si des faits contraires aux règles de droit ou aux textes internes ont été commis”, avait annoncé la direction en octobre 2024.”Dans n’importe quel parti, n’importe quelle démocratie, ça reviendrait à dire +il est innocent+, peut-être même +on s’excuse+”, remarque l’ex-député. “Ce n’est pas ce que choisit de faire la direction du parti”. “Je n’attends plus rien” des Ecologistes, a souligné Julien Bayou. “Je ne reconnais plus ce parti”, a-t-il ajouté. “Aujourd’hui dans la direction, il suffit de souffler et les personnes basculent, par peur de je ne sais quoi”, “frappés de frilosité et de médiocrité, de lâcheté, de bassesse”, a-t-il asséné.- Diffamation -Mais l’ex-député a appelé à ne pas “balancer le mouvement MeToo avec l’eau du bain, bien au contraire”. “Ça n’est pas parce qu’une personne a menti que toutes les plaintes doivent être invalidées”, a-t-il souligné, refusant que quiconque utilise “ce qui m’est arrivé pour nuire à la cause du féminisme”.Pour lui, la décision de justice ne signifie pas “que cette personne qui m’accuse ne souffre pas. Ça ne veut même pas dire qu’elle n’a pas été victime. Mais pas de moi”. Persuadé que les accusations “vont continuer”, il a invité la presse à ne pas relayer “tout et n’importe quoi”, et a indiqué avoir porté plainte de son côté notamment pour diffamation. “A chaque nouveau harcèlement et depuis hier, à chaque nouvelle négation de mon innocence, -et je compte sur quelques écologistes pour franchir la ligne jaune à mon égard-, ce dossier est nourri et finira par des condamnations”, a-t-il promis, dans une pique notamment à la députée Sandrine Rousseau, qui a remis en cause les conclusions des deux enquêtes internes.Son avocate Marie Dosé a de son côté déploré qu’on laisse des cabinets d’avocats ou de consultants enquêter sur la vie d’une personne. “Ca peut arriver à tout le monde dès demain”, a-t-elle mis en garde.Une lettre, déjà signée d’une centaine de militants écologistes, appelle vendredi la direction à affirmer l’innocence de Julien Bayou et à lui présenter des excuses. 

How a ‘forgotten’ Minnesota monastery inspired ‘The Brutalist’

On a snowy prairie in Minnesota stands a monastery like no other. A concrete trapezoid banner encasing a bell tower looms over a giant, beehive-shaped front window composed of hundreds of gently shimmering hexagons.For half a century, the existence of this modernist masterpiece has been mainly known to the Benedictine monks who worship there, and …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Des randonneurs mal équipés à l’assaut de l’Etna pour faire des selfies

Les autorités siciliennes se préparent à faire face ce week-end à un afflux inusité de visiteurs en quête de selfies sur les pentes du volcan sicilien Etna, attirés par une coulée de lave en altitude qui dure depuis deux semaines.La lave rougeoyante du volcan le plus célèbre de Sicile, contrastant avec la blancheur étincelante de la neige sur les flancs de la montagne, s’avère irrésistible pour nombre de touristes et randonneurs, dont certaines ne respectent pas les règles élémentaires de sécurité.”Le volcan n’est pas le méchant, dans ce cas le méchant c’est l’homme”, déplore Fabio Mancuso, maire de la ville d’Adrano, une petite localité située sur le versant sud-ouest de l’Etna, dans un entretien avec l’AFP. Le directeur de l’Observatoire de l’Etna de l’Institut national italien de géophysique et de vulcanologie, Stefano Branca, abonde dans le même sens : “Cette petite éruption a fait beaucoup de bruit à cause des problèmes liés à l’ordre public, et non pour des raisons liées au volcan”.”Il s’agit d’une éruption vraiment petite et insignifiante”, explique-t-il à l’AFP. Culminant à plus de 3.000 mètres, l’Etna est le plus haut volcan actif d’Europe. Inquiets, Fabio Mancuso et d’autres maires de communes voisines ont publié en début de semaine des arrêtés interdisant aux gens de s’approcher trop près de la lave, mais cela n’a pas empêché certains de le faire, se désole-t-il.Le quotidien La Repubblica a publié vendredi une photo de deux hommes musclés, torse nu, posant dans la neige avec en arrière-plan la lave incandescente. Outre les touristes prenant des selfies trop près de la lave ou grimpant sans équipement approprié, le principal problème est le blocage des routes embouteillées. Des voitures mal garées ont ainsi empêché des véhicules de secours de passer sur les routes menant au sommet de l’Etna.La coulée de lave actuelle, qui a débuté le 8 février, “est différente des autres éruptions de quelques heures, elle a duré plusieurs jours”, observe Stefano Branca. “Il y a un contraste entre la lave et la neige. Le spectacle a donc duré plus longtemps, et il y a donc plus d’opportunités d’y assister”.Toutefois, le phénomène touche à sa fin, selon lui.Mais cela n’a pas empêché les autorités locales de prévoir pour le week-end davantage de policiers et de volontaires sur les routes pour réguler la circulation et empêcher les visiteurs ne disposant pas de l’équipement adéquat de gravir les pentes du volcan.Fabio Mancuso s’attend à “une présence massive de touristes”, mais espère “qu’ils seront bien équipés et qu’ils auront le bon sens de respecter les règles”.

Rivesaltes: les corps de 60 harkis transférés en 1986 dans un cimetière, selon le maire

Les ossements de 60 harkis décédés et inhumés sans sépulture au camp de Rivesaltes entre 1962 et 1964 ont été transférés en 1986 dans un cimetière de la ville, a révélé vendredi devant les familles le maire de cette commune des Pyrénées-Orientales. L’édile André Bascou, en poste depuis 1983, a présenté ses excuses aux familles qui cherchent à savoir où ont été enterrés une soixantaine de corps, dont ceux de 52 bébés, et à leur offrir une “sépulture digne”.”Entre le 15 et le 19 septembre 1986, les corps ont été exhumés et inhumés au cimetière Saint-Saturnin. Je ne sais pas précisément où ils se trouvent”, a déclaré le maire octogénaire, regrettant de ne pas avoir contacté les familles “à l’époque”.Dans la salle de la mairie de Rivesaltes, une trentaine de proches de ces enfants défunts, venus chercher des réponses sur les dépouilles disparues, ont montré colère et incompréhension, ont constaté des journalistes de l’AFP.Venue pour l’occasion, Patricia Mirallès, ministre déléguée en charge de la mémoire et des anciens combattants, qui avait réclamé en octobre 2023 la tenue de fouilles sur le camp Joffre de Rivesaltes, a salué la tenue de cette réunion mais réclamé que le maire de Rivesaltes fasse “la lumière sur tout ce qui s’est passé, avec des archives que nous avons nous-mêmes retrouvés au ministère des Armées”.”Les dépouilles sont aujourd’hui dans le cimetière de Rivesaltes”, a-t-elle ajouté devant la presse, “je crois qu’on est dans la reconnaissance”. Mais “on doit répondre à toutes les familles. On doit avancer. On va continuer à faire la lumière pour leur montrer qu’on n’a rien à cacher”, a-t-elle encore déclaré.A l’automne dernier, des tombes d’enfants harkis décédés entre 1962 et 1964 ont été découvertes lors de fouilles demandées par les familles, mais elles étaient dépourvues d’ossements.Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, 21.000 harkis – ces Français musulmans recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant la guerre – et leurs familles ont transité par le camp de Rivesaltes, près de Perpignan.Une stèle commémorative dédiée aux harkis y recense 146 noms de personnes décédées, dont 101 enfants, parmi lesquels 86 de moins d’un an.

Un jeune de 17 ans se met en cause dans l’attaque à la grenade à Grenoble

Un jeune de 17 ans, interpellé près de Grenoble, s’est mis en cause dans l’attaque à la grenade dans cette ville, et des vérifications sont en cours, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier.Le mineur est en garde à vue dans un autre dossier, et les enquêteurs ne disposent pas à ce stade d’éléments l’incriminant dans l’attaque à la grenade du 12 février, a précisé cette source, confirmant une information du journal Le Parisien.Selon le parquet de Lyon, qui supervise l’enquête sur l’attaque à la grenade, un jeune homme a bien été placé en garde à vue pour une tentative d’homicide à Grenoble, mais celle-ci porte sur des faits distincts. L’adolescent a été contrôlé par des gendarmes mercredi à l’extérieur de Grenoble, alors qu’il portait un fusil à pompe. Il a immédiatement dit “qu’il s’était fait tirer dessus” après avoir été “payé pour tuer des gens”, a indiqué à l’AFP le procureur Thierry Dran.Le mineur a été placé en garde à vue pour port d’armes, association de malfaiteurs et tentative d’homicide en bande organisée. Sa garde à vue peut durer 96 heures. Mais “il n’est pas entendu sur l’attaque à la grenade”, a souligné le procureur.Mercredi 12 février, vers 20H15, un homme cagoulé s’est introduit armé d’un fusil d’assaut dans le bar l’Aksehir du quartier populaire Village olympique, dans le sud de Grenoble. Il a dégoupillé une grenade à fragmentation sans dire un mot et pris la fuite. La déflagration a fait quinze blessés, dont six graves.L’enquête a été confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée contre la criminalité organisée (Jirs) de Lyon.

Bétharram: les gardes à vue touchent à leur fin, Bayrou dénonce une “mécanique du scandale”

François Bayrou a dénoncé vendredi une “mécanique du scandale” dans l’affaire Bétharram en fustigeant ceux qui mettent en cause son attitude passée, à l’heure où s’achèvent les premières gardes à vue après un an d’enquête sur des accusations de violences physiques et sexuelles.”Vous voyez bien la mécanique du scandale qu’on cherche”, a déclaré le Premier ministre devant des journalistes au sortir d’une réunion de travail à Matignon.Dans une vidéo diffusée jeudi par Mediapart, une ancienne professeure de mathématiques de cet établissement catholique du Béarn, où François Bayrou a scolarisé certains de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, réaffirme avoir alerté le couple au milieu des années 1990.”Ces protagonistes, je ne les connais pas, ma femme non plus”, a affirmé le chef du gouvernement, évoquant l’affaire Baudis où “les accusations étaient plus graves, plus obscènes contre lui” et où finalement “on s’est rendu compte à la fin qu’il n’y avait rien”.L’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, avait été mis en cause à tort dans une affaire de proxénétisme, viols et meurtres en 2003. “Il n’y a rien de plus infamant que de viser la famille de quelqu’un pour l’atteindre politiquement”, a lancé celui qui répète, depuis deux semaines, n’avoir “jamais été informé” dans le passé des faits dénoncés aujourd’hui -des témoins affirmant le contraire.Trois hommes (un religieux et deux laïcs nés en 1931, 1955 et 1965) avaient été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période allant de 1957 à 2004.Le prêtre nonagénaire a été relâché jeudi, sans précisions du parquet sur la suite de la procédure judiciaire, et les victimes espèrent des mises en cause à l’issue des gardes à vue des deux surveillants, en début d’après-midi.- “L’Etat n’a pas été au rendez-vous” -Ces interpellations interviennent un an après le lancement d’une vaste enquête sur cet établissement presque bicentenaire des Pyrénées-Atlantiques, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation stricte dans toute la région.Le collectif de victimes de Bétharram a recensé 132 plaintes. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.”L’État n’a pas été au rendez-vous” dans cette affaire, a regretté de son côté la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, vendredi sur BFMTV/RMC, jugeant “difficile de comprendre” pourquoi il n’a pas réagi plus tôt.L’établissement qui n’a été inspecté qu’une seule fois en 1996 -le rapport, renié récemment par son auteur, n’avait rien relevé d’anormal malgré une première affaire de violences- doit faire l’objet d’une inspection académique la semaine du 17 mars.La ministre veut accélérer les contrôles des établissements privés, quasi inexistants jusque-là, “avec un objectif 40%” dans les 24 mois. Elle a suggéré ne pas “s’interdire” des inspections inopinées.Mme Borne a également déploré “l’exploitation politique” de cette affaire.- “Soutane ouverte” -Les trois interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou à la mairie de Pau.Parmi les plaintes recensées, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime le porte-parole des victimes Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire de Bétharram.Des plaignants interrogés par l’AFP mettent en cause les trois suspects.”J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l’un des deux surveillants surnommé Cheval à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, l’autre surveillant. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, raconte-t-il.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, avait réagi jeudi la Conférence des évêques de France.

Oupette, beauté limousine, prend ses quartiers au Salon de l’agriculture

Une robe “froment vif” et un regard de velours: Oupette, vache égérie du 61e Salon de l’agriculture, a pris ses quartiers vendredi dans son enclos de la porte de Versailles à Paris, à la veille de l’ouverture aux visiteurs.Tout juste arrivée de sa ferme de Dienné, dans la Vienne, la vache Limousine, 6 ans, et son dernier petit, né le jour de Noël, ont rapidement remonté l’allée les menant à leur box du Hall 1, non loin du “grand ring” où défileront les vaches du concours général agricole.Fait rare, la vache était encadrée non seulement de son éleveur et du président du Salon, Jérôme Despey, mais aussi de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, venue rendre hommage à “la tradition de l’élevage, une grande force française”.Devant une nuée de caméras, l’éleveur Alexandre Humeau a offert une peluche à l’effigie de Oupette à la ministre, qui s’est chargée de vanter les qualités de la Limousine, cette race à viande “qu’on exporte partout”, réputée pour sa robustesse, ses qualités maternelles et la tendresse de sa viande.”Le voyage s’est bien passé, Oupette a ses repères, son éleveur et son veau auprès d’elle. Et puis elle a l’habitude des concours, de voir du monde. Ca va aller”, estime Alexandre Humeau, qui élève une centaine de vaches Limousines en Label Rouge.Un des premiers admirateurs de Oupette, parmi les plus de 600.000 visiteurs attendus jusqu’au 2 mars, sera le président de la République, qui inaugurera le Salon samedi matin, juste avant l’ouverture au public.Après un début d’édition chaotique en 2024, où le chef de l’Etat avait été hué, puis une nouvelle année de crise dans les campagnes, la ministre a appelé à “ne pas gâcher ce moment” de retrouvailles et de “communion avec les Français”.Rappelant la difficile année des éleveurs, viticulteurs ou céréaliers, elle a estimé qu’il fallait “produire davantage là où nous avons perdu la souveraineté alimentaire” et “ne pas laisser à nos enfants une dette alimentaire”.”Il est clair que le monde est traversé par une grande instabilité et que les menaces géopolitiques sont là. Et dans ce contexte là, il est clair qu’il faut veiller à ce que l’agriculture française ne soit pas la victime de concurrence déloyale, ne fasse pas les frais de mesures de rétorsion, de l’alourdissement des tarifs douaniers”, a-t-elle ajouté.