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Le narcotrafiquant Mohamed Amra, en fuite depuis son évasion en mai, arrêté en Roumanie

Le narcotrafiquant Mohamed Amra, en fuite depuis son évasion sanglante il y a plus de neuf mois, a été arrêté en Roumanie, a annoncé samedi sur X le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.”Au terme d’une traque de plusieurs mois, Amra a été arrêté, enfin !”, s’est réjoui sur X le Premier ministre François Bayrou, tandis que le président Emmanuel Macron a salué “un formidable succès”. Le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires avaient été tués et trois autres blessés lors de l’attaque ultraviolente de leur fourgon au péage d’Incarville (Eure) pour libérer Amra.Ce narcotrafiquant de 30 ans est soupçonné d’avoir commandité des meurtres alors qu’il était en détention.Au moment de son évasion, Mohamed Amra avait été extrait de sa cellule pour être amené chez un juge d’instruction pour y être interrogé.Cette attaque commando à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut a aussi jeté une lumière crue sur le degré de violence atteint par une nouvelle génération de trafiquants de drogue.La scène avait de plus été filmée par une caméra de surveillance du péage d’Incarville: on y voit plusieurs hommes, cagoulés et vêtus de noir, tirer sans sommation apparente sur les surveillants de prison, pour libérer Mohamed Amra qui, à la tête d’un réseau, est soupçonné d’avoir commandité des meurtres en lien avec des trafics de stupéfiants.Le fugitif et ses complices étaient recherchés en France par plus de trois cents enquêteurs. La traque s’était aussi organisée au-delà des frontières hexagonales, avec une “notice rouge” émise par Interpol à la demande des autorités françaises pour localiser le détenu évadé.

Plusieurs centaines de personnes à un rassemblement antifasciste à Paris

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées samedi après-midi à Paris contre le fascisme, six jour après l’agression d’un homme à l’arme blanche devant une association culturelle turque pour laquelle six membres de l’ultradroite ont été mis en examen, a constaté un journaliste de l’AFP. “Paris, Paris, Antifa!”, “Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers”, “Nous sommes tous antifascistes”, ont scandé les manifestants réunis place de la République. Un drapeau rouge “No pasaran” a été accroché sur un flanc de la statue, au centre de l’emblématique place. Ce rassemblement se tient six jours après l’agression à l’arme blanche d’un homme membre du collectif Young Struggle, qui se présente comme une “organisation de jeunesse socialiste”, et adhérent à la CGT, qui avait dû être hospitalisé quelques heures. Dimanche dernier, vers 17H30, “une vingtaine de personnes” appartenant à la mouvance d’ultradroite, “cagoulées et munies de tessons de bouteille” selon la préfecture de police, avaient “pénétré dans la cour d’un immeuble où se situe une association culturelle de travailleurs immigrés de Turquie”, dans le 10e arrondissement de Paris, et avaient “agressé une personne avant de prendre la fuite”. Six jeunes hommes avaient été interpellés à la suite de cette agression et mis en examen, notamment pour violences volontaires aggravées. L’un d’entre eux, qui avait du sang sur ses vêtements et qui a reconnu sa participation, a été écroué. “On est là car on a été attaqué, on est là pour montrer que Paris n’est pas à eux. On continuera la lutte antifasciste et révolutionnaire”, a lancé au micro, juché sur une camionnette statique, un leader de Young Struggle, avant de faire siffler le nom du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.”Partout l’extrême droite se répand, encouragée par les saluts nazis de Elon Musk et Steve Bannon”, a déclaré à sa suite la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot. 

Affaire Bétharram: Bayrou a “toute ma confiance”, dit Macron

François Bayrou, sous pression depuis deux semaines dans l’affaire Bétharram, a “toute ma confiance”, a déclaré samedi Emmanuel Macron en marge du Salon de l’agriculture à Paris.”Le Premier ministre a répondu à toutes les questions sur ce sujet avec beaucoup de clarté. Le Premier ministre, je l’ai nommé et il a toute ma confiance”, a dit le chef de l’Etat.Des témoins accusent François Bayrou, ministre de l’Éducation de 1993 à 1997, d’avoir été au courant à l’époque d’accusations de violences sexuelles au sein de cet établissement du Béarn fréquenté par plusieurs de ses enfants, ce qu’il a démenti à plusieurs reprises.Vendredi, il a dénoncé “la mécanique du scandale qu’on cherche” et les attaques visant sa “famille” au lendemain de la diffusion, par Mediapart, d’une vidéo. Une ancienne professeure de mathématiques de Bétharram y réaffirme avoir alerté, au milieu des années 1990, celui qui était alors ministre de l’Éducation nationale et son épouse, qui enseignait le catéchisme dans l’école.Un ex-surveillant général de Bétharram a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire dans cette affaire de violences sur mineurs s’étalant sur des décennies, deux autres hommes qui avaient été placés en garde à vue bénéficiant de la prescription.Ces trois personnes sont les seules encore en vie parmi les 11 mises en cause pour viols aggravés et agressions sexuelles aggravées par les 112 victimes déclarées au sein de l’établissement.”Ces témoignages, des années, des dizaines d’années après, sont extrêmement bouleversants”, a souligné le chef de l’Etat.”Le combat de la lutte contre les violences qui sont faites à nos enfants, c’est le mien depuis le début et je le mènerai jusqu’au bout”, a-t-il ajouté.La Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé mercredi un audit global sur les dispositifs d’alerte existants dans les établissements accueillant des enfants après les révélations de l’affaire Bétharram.

“Victimes collatérales”: le combat des grands-parents d’un enfant agressé par Le Scouarnec

Leur petit-fils, Mathis, fait partie des quelque 300 victimes agressées sexuellement ou violées par l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec. Il est mort d’une overdose en 2021. Roland et Mauricette Vinet estiment être des “victimes collatérales” et assisteront au procès “pour honorer sa mémoire”.Dans son pavillon de Saint-Germain (Vienne), Roland Vinet tient dans ses mains deux photos: l’une montre un enfant de 10 ans au sourire radieux, l’autre un jeune homme au regard perdu. Quinze ans séparent les deux clichés. Le retraité de 78 ans en est certain: son petit-fils serait en vie s’il n’avait pas croisé le chemin de Joël Le Scouarnec.L’ancien chirurgien sera jugé à partir du 24 février devant la cour criminelle du Morbihan à Vannes pour les viols ou agressions sexuelles de 299 anciens patients, mineurs pour la plupart au moment des faits.Le 14 juin 2007, Roland Vinet avait emmené Mathis, pris de vomissements, aux urgences de Quimperlé (Finistère) avec son père.Le Scouarnec “était posé, agréable au premier contact. Je ne voyais pas un prédateur dans ce personnage. Il a dit que ce n’était pas la peine de rester. Et que s’il y avait un problème, il prendrait contact avec nous. Il nous a mis en confiance”, se souvient M. Vinet.Le garçon âgé à l’époque de 10 ans a été gardé la nuit pour une surveillance.Que s’est-t-il passé? Il n’en a rien dit lors de sa sortie. Mais selon sa grand-mère, après cet épisode, Mathis se sentait de plus en plus mal. “Petit à petit, il a changé. Il prenait sans arrêt des douches. Il est devenu agressif. Je pensais qu’il avait fait une mauvaise rencontre quand il jouait dehors, mais il ne nous parlait pas. On mettait ça sur le compte de l’adolescence”, raconte-t-elle à l’AFP.- Cri de haine -Mathis sombre dans l’addiction, alcool puis drogue. En 2018, il apprend après une convocation chez les gendarmes qu’il fait partie des victimes de l’ex-chirurgien. Ils lui lisent les contenus le concernant dans le journal intime de Joël Le Scouarnec. Mathis décide alors d’engager une procédure contre lui et se rend chez une avocate, Francesca Satta, à Saintes.”Elle l’a gardé presque une heure et demie. Voire un peu plus même. Et là quand je l’ai vu ressortir, il était décomposé”, se souvient Roland Vinet.”J’avais devant moi un garçon d’une vingtaine d’années, très meurtri, qui avait beaucoup de mal à accepter la situation. Il s’était remémoré un certain nombre de gestes du chirurgien qu’il avait interprétés, alors enfant, comme des gestes médicaux”, indique Me Francesca Satta.Selon ses grands-parents, son moral et sa santé se sont nettement détériorés au fil des années. Il meurt d’une overdose le 14 avril 2021, à l’âge de 24 ans. Parties civiles, Roland et Mauricette Vinet découvrent à leur tour les horreurs que Mathis a subies. Ils seront présents au procès et entendent bien montrer les photos de leur petit-fils à l’accusé. “Je veux le voir et crier la haine que j’ai contre lui pour ce qu’il a fait à Mathis”, confesse Mauricette.- “Tenter de se reconstruire” -Mme Vinet dénonce le fait que l’ex-chirurgien a pu continuer à exercer son activité sans restriction malgré sa première condamnation par le tribunal correctionnel de Vannes à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pornographiques, dès 2005.”Il n’aurait jamais dû retravailler! Il ne devrait pas être seul à la barre. Certains professionnels à l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) savaient mais n’ont rien dit. Pourquoi une telle omerta?”, s’interroge Mauricette.Me Satta dénonce également cette absence de réactions.”Joël Le Souarnec est passé à travers les mailles du filet durant 30 années. Il a été embauché à l’hôpital de Jonzac alors qu’il a à son dossier une condamnation pour détention d’images pédopornographiques. La direction n’a pas à l’esprit qu’il peut présenter un danger? Elle a besoin d’un chirurgien, elle l’embauche!””Dans différents établissements des collègues ont signalé aux directions un comportement tendancieux de Joël Le Scouarnec avec sa patientèle. Personne n’a réagi!”, ajoute-t-elle.Roland et Mauricette Vinet estiment être des victimes collatérales de l’ex-chirurgien.”Nous sommes suivis par des psychologues. Il ne se passe pas une journée sans que je me dise: +tu as loupé quelque chose. Tu n’as pas su lui poser les bonnes questions au moment où il aurait fallu!+”, confesse Roland.S’ils acceptent de parler, c’est aussi pour “honorer la mémoire de Mathis et tenter de se reconstruire”, disent-ils d’une même voix.

Syrian suspect in Berlin stabbing wanted ‘to kill Jews’: police

A Syrian man arrested after a stabbing attack at Berlin’s Holocaust memorial that seriously wounded a Spanish tourist had been harbouring a “plan to kill Jews”, police and prosecutors said Saturday.The 19-year-old arrested Friday with blood stains on his hands was carrying a copy of the Koran and a prayer rug, and initial investigations suggested …

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Le RN lance une campagne nationale contre l’accord UE-Mercosur

Le vice-président du Rassemblement national, Louis Aliot, a qualifié samedi de “catastrophique” le traité UE-Mercosur, alors que le RN lance une campagne nationale contre cet accord de libre-échange qui doit encore être ratifié par les pays européens.Dans une conférence de presse à Perpignan, M. Aliot, maire de cette ville, a dénoncé un accord entre l’Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur “qui va sortir au forceps dans une situation agricole française très difficile”.”S’il y a d’autres mobilisations, on sera là au soutien de nos agriculteurs”, a-t-il ajouté.”On ne pourrait être d’accord que s’il y avait une réciprocité dans les conditions de production. Vous pouvez ouvrir votre marché aux productions du monde entier, mais elles doivent respecter les mêmes normes”, a-t-il encore déclaré.Concernant l’opposition du président Emmanuel Macron au traité tel qu’il a été signé le 6 décembre, le maire de Perpignan a affirmé: “Ils savent très bien que les agriculteurs sont vent debout, que l’opinion est vent debout, et que la signature sèche du traité du Mercosur sans l’accord des parties agricoles en France serait catastrophique pour tout le monde”.”Si le président (Macron) et son gouvernement affirment rejeter cet accord, ils laissent pourtant son processus d’adoption se poursuivre à Bruxelles”, écrit le RN dans un communiqué.”Ce double discours est inacceptable. La France, deuxième contributeur net à l’UE, dispose de leviers de pression pour bloquer cet accord”, poursuit-il.Alors que le président du RN, Jordan Bardella, doit se rendre dimanche au Salon de l’agriculture, des milliers de tracts vont être distribués ce week-end par les militants “partout en France” pour rendre visible cette opposition, selon le RN.La France, opposée “au Mercosur tel qu’il a été signé”, continue à chercher une “minorité de blocage” au sein de l’UE pour empêcher sa ratification, a déclaré M. Macron peu avant l’inauguration samedi du 61e Salon de l’agriculture à Paris.L’accord contesté permettrait notamment à l’UE, déjà premier partenaire commercial du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, Bolivie), d’y exporter plus facilement ses voitures, machines et produits pharmaceutiques. Il permettrait en échange aux pays sud-américains d’écouler vers l’UE des denrées telles que viande, sucre, riz, miel, soja.

A Mayotte, la fin de l’hôpital de campagne réveille les craintes autour du système de santé

L’hôpital de campagne installé à Mamoudzou après le passage du cyclone Chido a fermé. Conçu comme une solution temporaire pour faire face à l’afflux de patients, il cède la place à des structures plus modestes, tandis que le centre hospitalier de Mayotte, encore endommagé, peine à reprendre son rythme de croisière.Les grands chapiteaux qui abritaient un bloc opératoire, un laboratoire et un service de réanimation sur le stade de Cavani, au cœur de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, ont été démontés début février. Seules quelques tentes subsistent, accueillant des consultations par des professionnels de SOS Médecins.Déployé en urgence par la Sécurité civile, l’hôpital de campagne était vite devenu indispensable. “L’objectif était de désengorger le centre hospitalier de Mayotte (CHM)”, rappelle Pascal Patte, secouriste et cadre de l’Ordre de Malte, qui assurait “un premier filtre” avant l’entrée à l’hôpital.Avec près de 7.000 patients pris en charge, le dispositif a absorbé une partie de la pression qui pesait sur le CHM. Au pic de l’afflux, l’hôpital Escrim (pour “Elément de sécurité civile rapide d’intervention médicale”) enregistrait jusqu’à 400 consultations et 20 actes chirurgicaux par jour.Désormais, le centre de soins qui a remplacé l’hôpital de campagne accueille 80 à 100 patients quotidiennement. Sa fermeture est envisagée pour fin février même si, selon Sergio Albarello, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, “le dispositif pourra être prolongé jusqu’à fin mars” si nécessaire.Le cyclone Chido, qui a frappé l’île le 14 décembre, a fait 40 morts et 41 disparus, selon le dernier bilan. Avec des rafales dépassant les 200 km/h, il a laissé Mayotte exsangue, endommageant notamment l’hôpital de Mamoudzou, dont les images de soignants évoluant dans des couloirs inondés avaient choqué.- “Faire revenir les soignants” -Aujourd’hui encore, les soins restent compliqués. “Des patients dorment toujours dans les couloirs”, assure Ousseni Balahachi, infirmier et secrétaire départemental CFDT. Le syndicaliste pointe aussi les évacuations sanitaires “à outrance” vers La Réunion, faute de moyens sur place.”L’hôpital de campagne a sauvé Mayotte”, tranche un infirmier du CHM sous couvert d’anonymat. “Il a évité qu’on se fasse complètement déborder.”Car le CHM, réparti sur cinq sites à Mayotte, dont Mamoudzou, le plus grand et le plus touché par Chido, peine à fonctionner normalement.Toits arrachés, bâtiments inutilisables…” Le cyclone a fortement dégradé nos conditions de travail. Nous manquons de lits et de places pour les consultations à cause des dégâts”, reconnaît son directeur, Jean-Mathieu Defour, qui assure toutefois que l’hôpital a repris “une activité normale”.Ce contexte difficile accentue un phénomène chronique: le manque de personnel. Depuis des années, le centre hospitalier de Mayotte peine à recruter médecins et infirmiers.Plusieurs soignants ont souhaité partir après le cyclone, choqués ou parce que leurs logements n’étaient plus habitables. “Nous ne les avons pas retenus. Mais pour le moment, nous avons encore beaucoup de renforts de métropole et de La Réunion”, souligne M. Defour.Il assure pourtant chercher des solutions pour “faire revenir les soignants et faire rester ceux qui sont là”.”L’un des principaux défis est que la quasi-totalité de nos hébergements ont subi des dégâts. Nous réfléchissons à un projet de base de vie en modulaire pour loger nos personnels”, poursuit-il.Mais ce projet reste à concrétiser et ne répond pas à l’urgence actuelle, s’inquiètent des soignants. “Nous étions déjà dans un désert médical avant Chido mais maintenant, comment attirer du personnel avec de telles conditions de travail?”, s’interroge Ousseni Balahachi.

Morts sur la mire: avant C8 et NRJ12, les précédents TV6 et La Cinq

“Interruption définitive de l’image et du son”: bien avant C8 et NRJ12, qui cesseront d’émettre le 28 février, les chaînes de télévision TV6 en 1987 et La Cinq en 1992 avaient également marqué les mémoires avec leur disparition.”Après le décompte final, mon assistante est venue dans mes bras, elle pleurait. Il y avait un silence de mort”, raconte à l’AFP Jean-Claude Bourret, star des journaux télé dans les années 1970/80 et figure de La Cinq.Cette chaîne avait été lancée en 1986 par le milliardaire italien Silvio Berlusconi. Engluée dans des difficultés financières puis placée en liquidation après plusieurs changements d’actionnariat, elle cesse d’émettre le 12 avril 1992 à minuit.Filmés au milieu des salariés, Jean-Claude Bourret et sa consoeur Marie-Laure Augry égrènent un compte-à-rebours final. Puis l’image laisse place à cette épitaphe en plein écran: “La Cinq vous prie de l’excuser pour cette interruption définitive de l’image et du son”.”On avait l’impression d’un vide absolu, comme quand on perd un proche: d’un seul coup, on le voit sur son lit de mort et on n’arrive pas à y croire”, se souvient M. Bourret, 83 ans, qui présidait l’Association de défense de La Cinq.- Dark Vador -Avant elle, en 1987, TV6 s’arrêtait au bout d’un an.Sur décision de la nouvelle majorité de droite, sa concession avait été annulée puis réattribuée à une nouvelle chaîne, M6, créée par la CLT (Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion, propriétaire de RTL) et la Lyonnaise des eaux.”C’est la seule fois au monde où, dans une démocratie, une chaîne est arrêtée par le pouvoir, de façon organisée”, se souvient Childéric Muller, l’un des visages de TV6.Cette “chaîne des jeunes”, à dominante musicale, était pilotée par le groupe Publicis.Quand l’annonce de la non-reconduction est tombée, “j’étais à l’antenne avec Etienne Daho”, explique Childéric Muller à l’AFP. “On a été extrêmement émus, je me suis même retrouvé à pleurer”.Le dernier jour, le 28 février 1987, une foule de jeunes fans manifeste près du siège parisien de TV6, sur les Champs-Elysées. “A la fin, on m’a donné un porte-voix et je suis monté dans un arbre pour disperser la manif”, rigole M. Muller.Le soir, l’ultime émission réunit des artistes, comme Francis Lalanne, et les animateurs, dont le jeune Jean-Luc Delarue. La chaîne meurt sur un montage vidéo qui parodie Star Wars: le méchant Dark Vador fait exploser TV6 en lançant “Les forces de l’Empire ont vaincu”.M6 reprend la fréquence dès le lendemain, 1er mars. “J’ai passé ce dimanche gris et froid enfermé chez moi, à regarder +La petite maison dans la prairie+ (série américaine phare de M6, NDLR) en me disant que la télévision avait fait un bond en arrière de 20 ans”, se remémore M. Muller, 61 ans.- Chômage -Le jour suivant la mort de La Cinq, “la quasi-totalité de la rédaction est revenue à son poste de travail. Il a fallu trois ou quatre jours pour que les gars arrivent à comprendre que la chaîne n’existait plus”, glisse Jean-Claude Bourret, qui a publié fin 2023 le livre “La Cinq, l’histoire secrète” (Guy Trédaniel éditeur).Selon lui, “environ 900 personnes” ont perdu leur emploi. Lui-même a rejoint la radio RMC après “pratiquement un an au chômage”.TV6, elle, employait “moins d’une centaine de salariés directs”, plus “tous les prestataires”, selon M. Muller, qui a ensuite rejoint La Cinq puis quitté l’antenne pour devenir producteur.Après la mort de ces deux chaînes nationales, une troisième s’est arrêtée en 2020: France Ô, canal public dédié aux Outremers, débranché à cause d’audiences trop faibles.Qu’éprouve-t-on avant la fin de C8 et NRJ12 quand on est soi-même passé par là? “Ca rappelle de mauvais souvenirs”, reconnaît Jean-Claude Bourret.Childéric Muller, lui, souligne que les cas “sont techniquement différents”, puisque C8 et NRJ12 s’arrêtent après le non-renouvellement de leur autorisation par le régulateur, l’Arcom. Mais “le truc qui nous lie, c’est que c’est forcément une énorme peine pour les gens qui se sont investis”. 

Trafic de stupéfiants à Lyon: une condamnation et six mises en examen

Une personne majeure a été condamnée à dix mois de prison avec sursis et six autres personnes, dont deux mineurs, ont été mises en examen après le démantèlement d’un important point de deal près de Lyon, a indiqué samedi le parquet.Ces mis en cause ont été présentés à un juge vendredi après un vaste coup de filet qui avait permis l’interpellation de dix personnes au total, mardi dans le quartier du Tonkin, à Villeurbanne, près de Lyon. Les forces de l’ordre avaient alors saisi 13.000 euros et de la drogue, dont 665 grammes de cocaïne, selon le parquet de Lyon.Quatre personnes majeures ont été poursuivies pour trafic de stupéfiants, dont deux également mises en examen pour participation à une association de malfaiteurs, a précisé le parquet dans un communiqué. Ces quatre personnes ont été placées en détention provisoire dans l’attente de l’audience de jugement fixée au 28 mars.Une autre personne a été directement condamnée à dix mois de prison avec sursis, pour trafic de stupéfiants, selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. En outre, deux mineurs ont été mis en examen. Le premier, poursuivi pour trafic de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs, a été placé en détention provisoire dans l’attente de son jugement devant le tribunal pour enfants, à une date non précisée. Le second mineur a été poursuivi pour trafic de stupéfiants et placé sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de paraître à Villeurbanne, jusqu’à l’audience de jugement.Par ailleurs, deux frères majeurs avaient déjà été placés en détention provisoire, mercredi, pour violation de leur contrôle judiciaire sur de précédentes affaires, a-t-on précisé de source policière.Il s’agit du deuxième démantèlement de ce point de deal, situé au pied d’un immeuble à quelques mètres d’un arrêt de tramway, en un peu plus d’un an.Le quartier du Tonkin est l’un des cinq “territoires ciblés” par la police nationale dans le plan d’action départemental “de restauration de la sécurité du quotidien”, présenté vendredi par les autorités du Rhône.Le Tonkin génère la majorité du trafic de stupéfiants de Villeurbanne, ville de 160.000 habitants qui comptait 23 points de deal au total à l’automne, selon la police.Fin novembre, après de multiples demandes de la population, une nouvelle brigade policière de terrain (BST) y a été placée. En deux mois, cette BST a réalisé 225 interpellations, qui ont donné lieu à 76 présentations à un juge, selon la préfecture.Au total dans le département du Rhône, 139 points de deal ont été comptabilisés, contre 159 en 2023.

Manuel Valls chahuté au début de sa visite en Nouvelle-Calédonie

Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a été pris à partie par des manifestants loyalistes samedi au premier jour de sa visite en Nouvelle-Calédonie, signe du climat tendu dans l’archipel profondément divisé et meurtri par les émeutes de 2024.L’ancien Premier ministre, qui avait assuré avant son départ vouloir “apaiser par le dialogue”, a fait ses premiers pas sous les huées de quelque 500 militants non indépendantistes, selon les forces de l’ordre.Après un dépôt de gerbe à la Croix de Lorraine, ponctué par les sifflets, les “non, c’est non !” ou encore “No pasaran”, Manuel Valls est allé à la rencontre des manifestants.”Il ne faut pas croire ce que l’on vous dit. Pourquoi vous ne resteriez pas français?”, a interrogé M. Valls dans le tumulte.A l’origine de cette hostilité, les récentes déclarations médiatiques du ministre qui a dit que les accords de Nouméa de 1998 “s’imposent”, perçues par une partie de la population comme actant déjà une marche inéluctable du territoire vers la pleine souveraineté.Les principaux partis non indépendantistes dénoncent un déni des trois référendums d’autodétermination de 2018, 2020 et 2021, tous remportés par le “non” à l’indépendance.”Je comprends le sentiment de peur qui vous habite”, a insisté samedi le ministre face aux manifestants, qui brandissaient notamment une pancarte “Ici c’est la France, droit de vote pour tous”.”Je suis venu ici faire des annonces sur l’économie et tenter de reprendre les discussions. Il n’y aura pas d’avenir pour la Nouvelle-Calédonie sans économie et sans un minimum de paix”, a-t-il ajouté.- “Se sentir calédonien” -Mandaté par le Premier ministre François Bayrou, Manuel Valls doit rester une grosse semaine sur ce territoire français du Pacifique sud, où il prévoit de rencontrer les acteurs politiques, économiques et associatifs, mais aussi se déplacer autant que possible.Il dit s’inscrire dans la continuité des accords de Matignon (1988) et Nouméa (1998), censés mener à “une souveraineté pleine et entière” de la Nouvelle-Calédonie.Le ministre insiste sur le fait que ses récentes déclarations étaient un strict rappel de ce que contient la Constitution française au sujet de l’archipel calédonien.À l’inverse des loyalistes, les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) voient dans ce déplacement un signe encourageant.Sonia Backès, la présidente non indépendantiste de la province Sud, a, pour sa part, indiqué à la presse qu’il “faut désormais sortir des ambiguïtés et que le ministre respecte ceux qui veulent rester français”, en référence aux incertitudes liées à la sortie de l’Accord de Nouméa.”Nous avions prévenu le ministre de ne pas faire de déclaration avant les négociations pour maintenir un climat de discussion serein. La preuve en est”, a commenté à l’AFP Nicolas Metzdorf, le député (EPR) non indépendantiste de la 1ère circonscription.Ce dernier a eu une vive altercation avec Manuel Valls à propos de l’expression “peuple premier”, qualifiant les Kanaks comme précisé dans la Constitution, en marge d’un hommage rendu à Nicolas Molinari, un gendarme abattu lors d’un échanges de tirs le 15 mai. “Quand tu dis qu’il y a un peuple premier qui est Kanak, tu ne nous respectes pas”, a lancé le député Metzdorf au ministre de l’Outre-mer. Ce dernier a aussitôt réagi en qualifiant les propos du député de “révisionnisme”. “Tout le monde doit se sentir calédonien, tout le monde doit se sentir premier en Nouvelle-Calédonie. On est tous sur une même échelle, tous sur un même niveau. A partir du moment où on hiérarchise les populations dans une île, ça ne peut pas fonctionner” a déclaré Nicolas Metzdorf.Au-delà du volet institutionnel, la visite de Manuel Valls comporte une dimension économique cruciale. Les émeutes de 2024, déclenchées le 13 mai par le projet de dégel du corps électoral calédonien contesté par les indépendantistes, ont fait 14 morts, plus de deux milliards d’euros de dégâts et détruit environ 20% du PIB local.Sur fond d’effondrement du secteur du nickel, moteur économique de l’archipel, la crise a fait bondir le chômage avec 11.600 nouveaux demandeurs d’emploi entre le 31 mars et le 31 décembre dans l’archipel de 271.000 habitants, selon les derniers chiffres officiels.Face à ce désastre, le gouvernement promet un soutien massif mais dont les modalités suscitent le débat sur le territoire.