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Au Salon de l’agriculture, Bayrou reconnaît que “tous les problèmes ne sont pas résolus”

Après le vote de la loi d’orientation agricole, “tous les problèmes ne sont pas résolus”, a reconnu lundi François Bayrou en visite au Salon de l’agriculture, saluant toutefois “un climat très positif” avec les syndicats agricoles.”On a un climat très positif, même si tous les problèmes ne sont pas résolus, on en est loin”, a déclaré le Premier ministre après une réunion matinale avec les quatre principales organisations du secteur (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne).Ces syndicats “reconnaissent les très grands efforts et les décisions qui ont été prises, notamment avec le vote de cette grande loi d’orientation qu’on a réussi à faire adopter” la semaine dernière, a souligné M. Bayrou.”On a réussi à construire les bases de ce qu’ils considèrent comme nécessaire pour reprendre la marche en avant”, a-t-il ajouté, mais il reste encore “à résoudre les problèmes des prix, du revenu, qui est le problème le plus important”, ainsi que “les questions de l’eau, qui sont aussi essentielles”.La rencontre avec les syndicats a aussi été l’occasion d’évoquer les “propositions de loi qui vont être examinées”, en particulier celle votée fin janvier au Sénat afin notamment de lever l’interdiction de certains pesticides néonicotinoïdes, sur lequel “on a un équilibre à mon sens possible à trouver”, a estimé le Premier ministre.Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a lui aussi trouvé que “ça s’est bien passé” avec le chef du gouvernement, qui a “redit sa volonté de simplifier la vie des agriculteurs” et même promis “quelque chose de révolutionnaire” sans plus de détail.Du côté de la Coordination rurale, la vice-présidente Amélie Rebière a considéré que “parler de souveraineté, c’est bien, mais reste à voir concrètement comment on la rétablit”, et espéré que M. Bayrou et sa ministre de l’Agriculture Annie Genevard “ont pris la mesure de la situation”.A l’inverse, la Confédération paysanne s’est dite “extrêmement choquée par les propos du gouvernement sur la souveraineté alimentaire”, sa porte-parole Laurence Marandola jugeant “irresponsable d’appeler à +produire plus+ pour exporter plus en faisant fi de la capacité à produire, de la question des limites et du partage des ressources”.

Pédocriminalité: l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec face à 299 victimes à Vannes

C’est l’une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées en France: le procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien accusé de violences sexuelles sur près de 300 jeunes patients dans une douzaine d’hôpitaux, doit s’ouvrir lundi en début d’après-midi à Vannes.Avocats et parties civiles commençaient à arriver en fin de matinée, selon des journalistes de l’AFP sur place. Une banderole proclamant “Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice”, a été déployée devant le tribunal.Les victimes “n’attendent rien de M. Le Scouarnec”, a expliqué à la presse Me Marie Grimaud, avocate de 39 parties civiles, peu avant l’ouverture du procès. “La culpabilité ne va pas faire débat, la peine ne fera pas débat”. En revanche “ils attendent de retrouver un peu de dignité, d’humanité et surtout de la considération de la part de la justice, parce que jusqu’à aujourd’hui, la violence judiciaire a été extrêmement importante”, a-t-elle ajouté. L’avocate a regretté que l’organisation du procès prévoie que les victimes soient reléguées dans une salle séparée. Elles ne seront présentes dans la salle d’audience que lorsqu’elles seront entendues par la cour, les unes après les autres.”On n’aura pas ce soutien émotionnel comme dans les autres procès avec les autres victimes présentes dans la salle”, a-t-elle expliqué.”Cette audition, ce sera la première fois que les victimes le verront physiquement, auront son timbre  de voix, son regard (…) autant d’éléments susceptibles de les mettre en difficulté”, selon elle. “Les parties civiles se sont toutes mises d’accord pour qu’il n’y ait pas de huis clos et finalement les conditions matérielles reviennent un peu à un huis clos pour M. Le Scouarnec”.La plupart des 299 victimes étaient mineures au moment des faits, 256 avaient moins de 15 ans, et elles étaient souvent endormies ou en phase de réveil. Ce procès hors norme, prévu pour durer près de quatre mois, doit s’ouvrir à 13h00 devant la cour criminelle du Morbihan.L’audience de lundi sera principalement occupée par des aspects techniques du procès. La journée de mardi, consacrée à la personnalité de l’accusé, sera un moment fort avec les témoignages de ses trois fils et de son ex-épouse.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.”J’ai revu ce matin des victimes qui sont des amis, et nous avons pleuré ensemble. C’était à la fois beau et douloureux”, a témoigné à l’AFP l’une des victimes de l’ancien médecin, Amélie Lévêque, 42 ans, partie civile, à quelques heures de l’ouverture.”J’ai peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”, a-t-elle ajouté.- “Pédophile” revendiqué -Joël Le Scouarnec, aujourd’hui âgé de 74 ans, a “reconnu son implication” dans la majorité des faits de viols aggravés et agressions sexuelles aggravées pour lesquels il sera jugé.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des patients âgés en moyenne de 11 ans au moment des faits – en décortiquant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de 6 ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Ses écrits, très détaillés, indiquaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Nombre de victimes ont été confrontées à une amnésie traumatique, effaçant partiellement ou entièrement le souvenir du médecin.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.Présidée par la juge Aude Buresi, la cour criminelle du Morbihan suivra l’ordre chronologique des violences sexuelles reprochées à M. Le Scouarnec, selon le calendrier transmis à la presse.Seront d’abord auditionnées les victimes de la clinique de Loches, en Indre-et-Loire (5-7 mars), puis celles de la clinique du Sacré-Coeur à Vannes (10 mars-17 avril) et de Quimperlé, dans le Finistère (22-30 avril).Les patients d’autres hôpitaux où a exercé le praticien – Ancenis, Lorient, Jonzac, et autres cliniques où il a effectué de courts remplacements – seront entendus du 5 au 16 mai.Une quarantaine de parties civiles ont déjà fait valoir leur droit au huis clos, et d’autres peuvent encore le faire tout au long de l’audience.Le médecin avait exercé onze ans encore, poursuivant ses violences sexuelles présumées sur les enfants qu’il opérait.Les plaidoiries des 63 avocats des parties civiles sont programmées du 22 au 28 mai et les réquisitions le 2 juin.Les avocats de la défense plaideront le lendemain, avant que la cour ne se retire pour délibérer durant trois jours à partir du 4 juin. Si ce calendrier millimétré est tenu, le verdict est attendu le 6 juin.

Trois engins explosifs lancés contre le consulat général de Russie à Marseille, pas de blessés

Trois engins explosifs, de fabrication artisanale, ont été lancés lundi matin vers 08h00 sur la façade du consulat général de Russie à Marseille, dans le sud de la France, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine, mais sans faire de blessé, a-t-on appris de source policière.Deux engins sur les trois ont explosé, a-t-on ajouté de même source, alors que le périmètre entourant le consulat, situé dans le 8e arrondissement de Marseille, a été entièrement bouclé par les forces de l’ordre, selon les constatations de l’AFP sur place.Lundi en fin de matinée, ces informations n’avaient pas encore été confirmées par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône ou le parquet de Marseille. Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt dénoncé une “attaque terroriste”, alors que le conflit en Ukraine entre lundi dans sa quatrième année.”Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste. Nous exigeons que le pays hôte prenne rapidement des mesures d’enquête complètes, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité des établissements du ministère des Affaires étrangères”, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, citée par l’agence RIA Novosti.Les marins-pompiers de Marseille, appelés sur place peu avant 08h00, ont indiqué à l’AFP avoir dépêché sur place “une trentaine d’éléments”.Lundi matin, les journalistes de l’AFP sur place ont notamment entendu un bruit de détonation provoqué par un robot démineur. mca-dt-meg-alc/ol/dch   

Attentat de la basilique de Nice: l’accusé reconnaît les faits

Brahim Aouissaoui, accusé d’avoir assassiné trois personnes dans la basilique de Nice le 29 octobre 2020, a finalement reconnu les faits lundi lors de son procès à Paris, en expliquant qu’il avait agi pour “venger les musulmans” tués par les Occidentaux.”Oui, je reconnais les faits”, a déclaré l’accusé, jugé par la cour d’assises spéciale de Paris pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.C’est la première fois depuis son interpellation juste après les faits que le Tunisien de 25 ans reconnaît être l’auteur des assassinats, avec un couteau de cuisine, de la paroissienne Nadine Devillers, 60 ans, du sacristain Vincent Loquès, 54 ans, et de la mère de famille Simone Barreto Silva, 44 ans.”Je ne suis pas un terroriste, je suis un musulman”, a dit l’accusé qui s’exprime en arabe et dont les propos sont traduits par un interprète.Le jeune homme, très maigre, a justifié son acte en expliquant que “tous les jours il y a des musulmans qui meurent”. “Tous les jours, vous tuez des musulmans et cela vous est égal. Vous n’avez aucune empathie pour ces gens”, a-t-il ajouté.”L’Occident tue aveuglément” les musulmans “innocents” et “se venger” est “un droit et une vérité”, a-t-il asséné.Le choix de ses victimes, les tuer dans une église, relèvent du “hasard”, a affirmé Brahim Aouissaoui.”C’est le droit et la vérité d’aller tuer des gens au hasard ?”, l’interroge le président de la cour Christophe Petiteau.- “Oui”, répond catégoriquement l’accusé. “Je n’avais rien préparé” mais les assassinats étaient “légitimes”, estime-t-il.L’interrogatoire de Brahim Aouissaoui, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, est prévu toute la journée.Son procès doit s’achever mercredi.

Immigration: des discours tranchants, mais des Français plus nuancés

Les Français sont-ils très majoritairement pour une politique plus ferme sur l’immigration, comme le martèle le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau? Les études d’opinion témoignent d’une réalité beaucoup plus nuancée, selon des experts. Sur l’immigration, “70% des Français sont d’accord avec moi”, a répété le ministre LR, vendredi à Valence, lors d’un échange avec un pharmacien qui lui a rétorqué, sans animosité: “Je fais partie des 30%…”Ce refrain des “70%”, Bruno Retailleau le décline depuis son arrivée à Beauvau, en septembre, en affirmant s’appuyer sur “plusieurs sondages, plusieurs publications, plusieurs instituts”.Seule trace de ce chiffre: un sondage du 6 décembre 2022, réalisé par l’institut CSA pour la chaîne CNews, qui indique que “Sept Français sur dix (70%) estiment que le gouvernement doit durcir sa politique d’immigration”.D’autres études plus récentes vont dans le même sens, mais dans une moindre proportion. Le baromètre annuel du Cevipof sur la confiance politique, publié début février, rapporte que 63% des personnes interrogées (+2 points par rapport à l’année dernière) sont “d’accord” pour dire qu'”il y a trop d’immigrés en France”. Si on leur demande si, “sur le plan migratoire, il faudrait se fermer davantage”, ils sont 64% (+2 points) à dire “oui”.Des chercheurs interrogés par l’AFP soulignent cependant que l’opinion est bien moins tranchée, alors que la question migratoire occupe le devant de la scène politique, alimentée par la place centrale du ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Bayrou et l’ascension électorale du Rassemblement national.- “Temps long” -“Si on regarde les études plus globalement, pas seulement les réponses à une seule question, on voit que l’immigration n’est pas un des premiers sujets de préoccupation, très loin de là”, affirme Antoine Bristielle, docteur en sciences politiques et directeur de l’observatoire de l’opinion de la Fondation Jean Jaurès.Selon un sondage Ipsos pour le Conseil économique, social et environnemental (Cese), en octobre, la santé constitue le premier sujet de préoccupation des Français en 2024 (40%, +3 points par rapport à 2023). L’immigration arrive sixième (18%, stable).Comme pour tout sondage, les réponses peuvent dépendre de la façon dont sont posées les questions, si la réponse est proposée ou selon le moment où il est mené, par exemple après un faits divers, rappelle le sociologue Hugo Touzet.”Sur le temps long, il y a moins d’hostilité et plus de tolérance” sur l’immigration, relève l’universitaire, préférant utiliser comme boussole l'”indice longitudinal de tolérance” (ILT).Construit à partir de données de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), cet indice vise à mesurer l’évolution des préjugés en France métropolitaine, 100 étant l’indice maximal de tolérance. En 2023, il s’élevait à 62, en recul de trois points sur un an. Il était de 52 en 1990.”L’acceptation de la diversité des religions et des origines dans la société est de moins en moins un problème, particulièrement dans les jeunes générations”, commente Vincent Tiberj, professeur en sociologie politique, qui a créé l’ILT.- “Stratégie” électorale -“La société française est beaucoup plus ouverte que ce qu’on en dit et surtout ce qu’on en montre”, insiste le chercheur, contestant les propos du Premier ministre sur un “sentiment” de “submersion migratoire” en France. Dans ce baromètre, en 2023, les sondés sont 69,1% à penser que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel” et 68,9 % à estimer “qu’il n’y a pas de raison” de faire la différence entre un Français et un étranger en situation régulière en matière d’emploi, logement, aides sociales. Pour autant, 55,6% des répondants sont d’accord pour dire “qu’il y a trop d’immigrés en France” et 60,8% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale”. En 2014, sur ces mêmes questions, ils étaient 72% à penser qu’il y avait “trop d’immigrés en France”, 77% “que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale” et 63% que “la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel”.”On voit clairement, en posant toujours les mêmes questions, que la situation aujourd’hui est beaucoup moins tendue” dans l’opinion, observe M. Tiberj.Pour Antoine Bristielle, les positions marquées de M. Retailleau, candidat à la présidence de LR, tiennent d’une “stratégie” pour “élargir le socle électoral des Républicains vers celui du Rassemblement national qui est celui qui est le plus préoccupé par l’immigration”.

Au marché aux bovins de Saint-Christophe, les enchères montent, les éleveurs respirent

“2010, 2020, 2030…” : les nombres roulent dans la bouche du crieur, s’envolant dans un écho métallique au-dessus du “ring” où les bovins tournent en rond devant les acheteurs fiévreux du marché de Saint-Christophe-en-Brionnais, en Saône-et-Loire.Plus gros de France concernant les bovins adultes, ce marché “au cadran” (avec un affichage des enchères) connaît depuis quelques années une hausse des cours sans précédent, qui offre un peu d’air aux éleveurs malgré la crise du secteur.En ce jour de février, le crieur, chef d’orchestre des enchères, adjuge la vente à 2.400 euros par tête, un prix définitif qui s’affiche immédiatement sur l’écran géant.”Ce matin, on a vu des bêtes à 5 euros 20″, le kilo. “Il y a trois ans, c’était encore 3,84 euros”, remarque Guillaume Berger, directeur du marché de Saint-Christophe.”Heureusement”, les cours “ont pris 30%” ces dernières années, précise Daniel, un éleveur de charolaises qui préfère rester anonyme. “Sinon, il y a longtemps qu’on aurait arrêté parce que les charges ont pris bien 30% aussi”, poursuit cet homme de 47 ans en dressant l’inventaire de cette flambée: “les charges alimentaires pour les bêtes, les charges mécaniques, la MSA (mutualité agricole). Tout, tout, tout…”Avant que les prix des boeufs ne remontent, “on n’arrivait plus à vivre. J’en ai même vu se faire des choses qu’il ne fallait pas faire”, ajoute-t-il en référence aux suicides qui se multiplient dans les campagnes. – Cheptel réduit -“On a dégoûté les éleveurs. Aujourd’hui, il n’y a plus d’éleveurs et il n’y a plus de bêtes”, regrette encore Daniel.Pierrot Mazoyer, acheteur de 88 ans, confirme: “quand j’avais 15 ans, le marché était plein”, dit-il en roulant les “r” à la bourguignonne. Les jours de vente, “il y avait jusqu’à 5.000 bêtes. Aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir.””On est allé jusqu’à 120.000 bêtes vendues en 1977-78”, se souvient Gérard Peguet, président de l’Antenne Touristique de Saint-Christophe, qui organise des visites du marché. Aujourd’hui, “on est plutôt sur 40, 45.000 par an. On a reculé comme sur l’ensemble des marchés en France”, ajoute le retraité issu d’une famille d’opérateurs du marché.La baisse est “significative” et se poursuit, confirme Guillaume Berger: “il y a une dizaine d’années, on passait aux portes 1.000 animaux en moyenne. Aujourd’hui, on est autour de 870″ par mercredi, jour du marché aux bestiaux.”Il y a de moins en moins d’agriculteurs”, donc mécaniquement de moins en moins de bêtes à vendre, explique-t-il.Encore supérieur à 20 millions de têtes en 2000, le cheptel bovin français n’était plus que de 16,4 millions en 2023, en raison du non-renouvellement des générations, mais également des intempéries et des épizooties comme la maladie hémorragique épizootique (MHE).- Emballement -La chute des volumes à vendre, plus rapide que la baisse de la consommation de viande, a provoqué le retour de bâton magique, qui a poussé les cours à la hausse.”L’année 2024 aura été une année, en tout cas sur la fin, d’amélioration des prix”, s’est récemment réjoui Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine (FNB).La même tendance est confirmée à Saint-Christophe: “aujourd’hui, la hausse des cours permet de compenser la baisse (des volumes). Les éleveurs valorisent donc mieux leurs animaux”, indique Guillaume Berger.Mais la hausse va-t-elle se stabiliser ou éclater en une bulle spéculative?”Ça fait comme une voiture, quand elle s’emballe, des fois, le moteur serre”, craint Daniel, éleveur depuis 23 ans.”Le manque de bétail, aujourd’hui, fait ce qui est rare est cher, tout simplement. Mais on va réussir à stabiliser”, tente de rassurer le directeur du marché, Guillaume Berger. 

Derrière le clan corse du “Petit Bar”, un réseau de blanchiment international en procès

Investissements immobiliers à Courchevel (Savoie), achats de montres de luxe, comptes offshores dans des paradis fiscaux: un réseau de blanchiment lié à la bande criminelle corse du “Petit Bar” va être jugé à partir de lundi à Marseille.Connu pour trafic de drogue, extorsions et assassinats, le clan du est accusé d’avoir lavé des dizaines de millions d’euros d’argent sale via Hong Kong, Singapour, le Luxembourg ou la Suisse. Un réseau international pour lequel 24 personnes vont être jugées jusqu’au 16 mai par le tribunal correctionnel de Marseille.Plusieurs membres de cette bande avaient déjà été condamnés en 2010 pour un trafic international de stupéfiants. Mais le bénéfice de ce réseau, évalué à “au moins 30 millions d’euros”, n’a jamais été retrouvé, rappellent les juges. Sur le banc des prévenus apparaîtront les principales figures du “Petit Bar”, et notamment Jacques Santoni, alias “Tahiti”, le chef présumé du clan, tétraplégique depuis un accident de moto en 2003. Selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal, longue de 934 pages, c’est lui qui aurait dirigé l'”organisation structurée et hiérarchisée” mise en place entre janvier 2018 et janvier 2021 en Corse-du-Sud, en Ile-de-France “et par lien d’indivisibilité à Hong Kong, Singapour, en Suisse et au Luxembourg”.Parmi les autres prévenus figurent ses bras droits, Mickaël Ettori, Pascal Porri et André Bacchiolelli, qui contestent tous les faits, à l’image de leur chef. Ettori, comme trois autres personnes dans ce dossier tentaculaire, est en fuite.A leurs côtés figureront Sonia Susini-Santoni, présentée comme la “pierre angulaire du système clanique dirigé par son époux” Jacques Santoni, et son frère Jean-Laurent Susini. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir aidé le chef du “Petit Bar” à blanchir deux millions d’euros grâce à un véritable gain de quatre millions d’euros au loto.D’autres femmes seront également jugées, dont Saveria Lucchini, la compagne de Michael Ettori, et Valérie Mouren, celle de Pascal Porri.- “Système mafieux” -Mais “ce système mafieux” n’aurait pu “exister et prospérer sans l’intervention d’individus du monde économique”, qui ont “accepté de mettre à disposition leurs surface financière et réseaux”, selon les juges d’instruction.Parmi eux, l’homme d’affaires multimillionnaire Jean-Pierre Valentini, présenté comme “parfaitement intégré dans la sphère du Petit Bar”, ou encore Antony Perrino, poids lourd de l’immobilier en Corse et “ami d’enfance” de plusieurs membres du Petit Bar, avec qui il est accusé d’avoir “des comptes communs occultes”. Autres prévenus, Stéphane Francisci, cousin de Jacques Santoni aux “nombreux contacts dans le monde des jeux mais également dans le milieu économique”, François-Xavier Susini, “bien en place à Courchevel” ou encore Alain Mourot, présenté comme “l’homme ressource sur la place parisienne pour les personnes soucieuses de blanchir leurs fonds”.Présenté “à la fois comme victime et acteur”, un autre riche homme d’affaires, Jean-Marc Peretti, est en fuite à l’étranger. S’il sera donc absent, sa fille Angélique Peretti, avocate, devrait elle être bien présente, accusée d’être “la courroie de transmission” entre Michael Ettori et son père.Deux “membres de la communauté chinoise d’Aubervilliers” sont eux soupçonnés d’avoir remis “d’importantes sommes d’argent issues du blanchiment international de fonds via des sociétés chinoises”.Trois autres prévenus ont déjà été condamnés dans ce dossier, dans des procédures de plaider coupable, entre décembre et février: la maîtresse de Pascal Porri, Marion Demorissi ; Thierry Luksenberg, un apporteur d’affaires condamné pour son rôle d'”interface avec des sociétés chinoises” ; et Zhongsheng Zhang, un commerçant chinois résidant à Paris impliqué dans le système de blanchiment de fonds.   

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Civelles: face à la menace d’extinction, le pari du repeuplement

D’une berge déserte, deux barques en acier s’élancent sur la Loire chargées d’une montagne de boîtes. A l’intérieur, 400 kg de civelles. Menacé d’extinction, cet alevin de l’anguille fait l’objet d’un programme de repeuplement au long cours.Sous les couvercles, les civelles, petits poissons gris translucides de quelques centimètres, fins comme des vers, s’agitent dans un fond d’eau. Bottes en plastique aux pieds et parka sur le dos, les hydrobiologistes déversent délicatement les civelles en bordure du fleuve, sur une dizaine de kilomètres en aval de Saumur (Maine-et-Loire). “Une partie des civelles sont marquées. Cela permet d’opérer un suivi à six mois, un an et trois ans pour vérifier leur développement, leur taux de croissance et leur répartition sur la zone”, explique Yann Le Péru, hydrobiologiste du centre d’étude Fish Pass, prestataire scientifique du programme de repeuplement, porté par le comité régional des pêches (Corepem) et qui répond à un appel à projet du ministère de la Transition écologique.  Ces très jeunes anguilles pêchées sur la Vie, fleuve côtier de Vendée, sont acheminées par camion frigorifique dans les zones définies comme les plus propices à leur croissance. “Dans les années 2000, avant les quotas de pêche, on a vraiment mesuré le déclin. Mais depuis trois ou quatre ans, on observe à nouveau une croissance des populations. On espère que c’est le repeuplement qui fonctionne”, affirme Fabrice Batard, pêcheur en Loire depuis 22 ans, à la barre de l’une des embarcations.- Climat, pêche et pollution -Depuis 2007, l’Union européenne prévoit que tout État membre autorisant la pêche à la civelle en affecte au moins 60% au repeuplement. En France, cela représente chaque année environ 30 tonnes des 50 tonnes pêchées.Mais le cycle de vie de l’anguille, complexe et encore mal connu, rend sa protection particulièrement ardue. Les anguilles européennes et américaines naissent dans la mer des Sargasses, dans l’Atlantique nord, leurs larves (appelées leptocéphales) s’orientant ensuite vers les continents en s’aidant des courants marins.”Les leptocéphales deviennent des civelles, qui vont remonter dans les cours d’eau. Elles grandissent dans les fleuves et lagunes pendant 5 à 35 ans, puis se métamorphosent une nouvelle fois et migrent à nouveau pour aller pondre en mer”, retrace Eric Feunteun, professeur en écologie marine du Muséum national d’histoire naturelle. Pour expliquer le déclin des populations d’anguilles, phénomène mondial, les scientifiques mettent en avant une conjonction de facteurs humains, la pêche en étant “un parmi d’autres”, précise Éric Feunteun.Les phénomènes océaniques liés au dérèglement climatique font évoluer les courants et déplacent les zones de ponte.En eau douce, les barrages et écluses perturbent les migrations. Les aménagements des fleuves et la bétonisation des berges jouent également un rôle majeur, tout comme la pollution. D’après Eric Feunteun, les anguilles les plus contaminées mesurent en moyenne vingt centimètres de moins que leurs congénères, ce qui pourrait altérer leur fécondité.- Braconnage -Une autre menace de taille pèse depuis plusieurs années sur les civelles: le braconnage. Cet “or blanc” peut se vendre en Asie jusqu’à 5.000 euros le kg, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).D’après Europol, environ 100 tonnes de civelles sont braconnées chaque année dans l’Union européenne et acheminées en Asie via des filières illicites. Pour le moment, considérant le long cycle de vie des anguilles, “il est encore difficile de prouver scientifiquement le bénéfice des programmes de repeuplement mis en place depuis dix ans, mais il y a des indices”, explique Alexis Pengrech, du comité régional des pêches. Co-auteur d’une analyse sur dix ans du repeuplement, Eric Feunteun considère que le repeuplement pourrait bien être efficace pour restaurer la population.”On a pu montrer que la croissance des anguilles s’était améliorée mais pas, si ce n’est par déduction, que la mortalité a baissé. C’est intuitif, mais il faut encore consolider les études pour pouvoir le démontrer”, affirme-t-il. “On nous a dit il y a quinze ans que l’espèce pouvait disparaître”, se souvient le pêcheur Fabrice Batard. “A nous tous de jouer pour que ça n’arrive pas.”

Civelles: face à la menace d’extinction, le pari du repeuplement

D’une berge déserte, deux barques en acier s’élancent sur la Loire chargées d’une montagne de boîtes. A l’intérieur, 400 kg de civelles. Menacé d’extinction, cet alevin de l’anguille fait l’objet d’un programme de repeuplement au long cours.Sous les couvercles, les civelles, petits poissons gris translucides de quelques centimètres, fins comme des vers, s’agitent dans un fond d’eau. Bottes en plastique aux pieds et parka sur le dos, les hydrobiologistes déversent délicatement les civelles en bordure du fleuve, sur une dizaine de kilomètres en aval de Saumur (Maine-et-Loire). “Une partie des civelles sont marquées. Cela permet d’opérer un suivi à six mois, un an et trois ans pour vérifier leur développement, leur taux de croissance et leur répartition sur la zone”, explique Yann Le Péru, hydrobiologiste du centre d’étude Fish Pass, prestataire scientifique du programme de repeuplement, porté par le comité régional des pêches (Corepem) et qui répond à un appel à projet du ministère de la Transition écologique.  Ces très jeunes anguilles pêchées sur la Vie, fleuve côtier de Vendée, sont acheminées par camion frigorifique dans les zones définies comme les plus propices à leur croissance. “Dans les années 2000, avant les quotas de pêche, on a vraiment mesuré le déclin. Mais depuis trois ou quatre ans, on observe à nouveau une croissance des populations. On espère que c’est le repeuplement qui fonctionne”, affirme Fabrice Batard, pêcheur en Loire depuis 22 ans, à la barre de l’une des embarcations.- Climat, pêche et pollution -Depuis 2007, l’Union européenne prévoit que tout État membre autorisant la pêche à la civelle en affecte au moins 60% au repeuplement. En France, cela représente chaque année environ 30 tonnes des 50 tonnes pêchées.Mais le cycle de vie de l’anguille, complexe et encore mal connu, rend sa protection particulièrement ardue. Les anguilles européennes et américaines naissent dans la mer des Sargasses, dans l’Atlantique nord, leurs larves (appelées leptocéphales) s’orientant ensuite vers les continents en s’aidant des courants marins.”Les leptocéphales deviennent des civelles, qui vont remonter dans les cours d’eau. Elles grandissent dans les fleuves et lagunes pendant 5 à 35 ans, puis se métamorphosent une nouvelle fois et migrent à nouveau pour aller pondre en mer”, retrace Eric Feunteun, professeur en écologie marine du Muséum national d’histoire naturelle. Pour expliquer le déclin des populations d’anguilles, phénomène mondial, les scientifiques mettent en avant une conjonction de facteurs humains, la pêche en étant “un parmi d’autres”, précise Éric Feunteun.Les phénomènes océaniques liés au dérèglement climatique font évoluer les courants et déplacent les zones de ponte.En eau douce, les barrages et écluses perturbent les migrations. Les aménagements des fleuves et la bétonisation des berges jouent également un rôle majeur, tout comme la pollution. D’après Eric Feunteun, les anguilles les plus contaminées mesurent en moyenne vingt centimètres de moins que leurs congénères, ce qui pourrait altérer leur fécondité.- Braconnage -Une autre menace de taille pèse depuis plusieurs années sur les civelles: le braconnage. Cet “or blanc” peut se vendre en Asie jusqu’à 5.000 euros le kg, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).D’après Europol, environ 100 tonnes de civelles sont braconnées chaque année dans l’Union européenne et acheminées en Asie via des filières illicites. Pour le moment, considérant le long cycle de vie des anguilles, “il est encore difficile de prouver scientifiquement le bénéfice des programmes de repeuplement mis en place depuis dix ans, mais il y a des indices”, explique Alexis Pengrech, du comité régional des pêches. Co-auteur d’une analyse sur dix ans du repeuplement, Eric Feunteun considère que le repeuplement pourrait bien être efficace pour restaurer la population.”On a pu montrer que la croissance des anguilles s’était améliorée mais pas, si ce n’est par déduction, que la mortalité a baissé. C’est intuitif, mais il faut encore consolider les études pour pouvoir le démontrer”, affirme-t-il. “On nous a dit il y a quinze ans que l’espèce pouvait disparaître”, se souvient le pêcheur Fabrice Batard. “A nous tous de jouer pour que ça n’arrive pas.”

Vatican thriller ‘Conclave’ wins top prize in SAG Awards upset

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