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Attentat de Mulhouse: Bayrou juge “inacceptable” que l’Algérie ait refusé “dix fois” de reprendre l’assaillant

François Bayrou a jugé lundi “inacceptable” que l’Algérie ait refusé “dix fois” de reprendre “l’assassin de Mulhouse” avant qu’il ne commette une attaque mortelle au couteau samedi, alors qu’il était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).”L’assassin de Mulhouse, il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d’origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois la réponse a été non. Est-ce que c’est acceptable? Pour moi c’est parfaitement clair, c’est inacceptable”, a déclaré le Premier ministre en marge d’une visite au Salon de l’agriculture.L’assaillant, interpellé après avoir fait un mort et cinq blessés, était déjà connu de la police et de la justice: “arrivé illégalement” en France en 2014 selon le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, cet homme de 37 ans avait récemment purgé une peine de prison pour apologie du terrorisme.”Notre responsabilité c’est de ne pas l’accepter”, a insisté François Bayrou, avant d’ajouter: “Imaginez la situation si elle était inversée (…) Qu’est-ce que diraient les autorités algériennes?”Pour le Premier ministre, “il faut donc préparer les décisions, prendre les décisions pour que le gouvernement et les pouvoirs publics algériens comprennent quelle est la détermination de la France”.Une allusion au conseil interministériel de contrôle de l’immigration prévu mercredi, dont la tenue était programmée avant l’attentat de Mulhouse mais où des mesures visant l’Algérie et d’autres pays seront discutées.

Procès Le Scouarnec: l’accusé reconnaît “une très grande majorité des faits” selon sa défense

Joël Le Scouarnec “se reconnaît responsable d’une très grande majorité des faits”, a déclaré son avocat Me Maxime Tessier lundi, au premier jour du procès de l’ex-chirurgien pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 patients, la plupart mineurs au moment des faits.”L’accusé se reconnaît responsable d’une très grande majorité des faits”, a dit devant la cour criminelle départementale du Morbihan Me Tessier.Il s’exprimait à l’issue des constitutions des parties civiles, dont celles contestées du Conseil national de l’Ordre des médecins et du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Morbihan. “En aucun cas, M. Le Scouarnec ne cherche à se défausser de ses responsabilités derrière des ordres”, a-t-il ajouté.L’accusé, 74 ans, vêtu d’une veste noire, a pris place en début d’après-midi dans le box et a décliné son identité d’une voix légèrement éraillée. Suivant avec attention chaque prise de parole, il fixe chaque orateur, bouche pincée et visage fermé.La plupart des 299 victimes étaient mineures au moment des faits, 256 avaient moins de 15 ans, et les faits se sont passés dans les différents hôpitaux où a exercé l’ex-chirurgien, quand elles étaient souvent endormies ou en phase de réveil. Plus tôt, une banderole proclamant “Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice”, a été déployée en fin de matinée devant le tribunal et une trentaine de manifestants ont porté une lettre pour former la phrase “Stop à la loi du silence”.Parmi eux, Ariel Ladebourg, étudiante en médecine de 21 ans, a assuré à l’AFP que ce procès hors norme est “la pointe émergée de l’iceberg” en matière de pédocriminalité. “Mais en dessous de l’iceberg, c’est énorme, c’est effrayant”, a-t-elle poursuivi, déplorant qu’il ait fallu “attendre 299 vies de détruites pour qu’on se dise : +ah oui, c’est grave+”.Une dizaine de manifestants se sont également rassemblés à Paris devant l’Ordre national des médecins à l’appel du même collectif.Les victimes “n’attendent rien de M. Le Scouarnec”, a expliqué à la presse Me Marie Grimaud, avocate de 39 parties civiles, peu avant l’ouverture du procès. “La culpabilité ne va pas faire débat, la peine ne fera pas débat”. En revanche “ils attendent de retrouver un peu de dignité, d’humanité et surtout de la considération de la part de la justice, parce que jusqu’à aujourd’hui, la violence judiciaire a été extrêmement importante”, a-t-elle ajouté. L’avocate a regretté que l’organisation du procès prévoie que les victimes soient reléguées dans une salle séparée. Elles ne seront présentes dans la salle d’audience que lorsqu’elles seront entendues par la cour, les unes après les autres.”Cette audition, ce sera la première fois que les victimes le verront physiquement, auront son timbre  de voix, son regard (…) autant d’éléments susceptibles de les mettre en difficulté”, selon elle.- Cordons rouges et verts -L’une des victimes, Amélie Lévêque, 42 ans, confie avoir “peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”.Concernant l’organisation du procès, elle estime qu’elle aura “son jour, ce sera mon histoire”.Une quarantaine de parties civiles ont fait valoir leur droit au huis clos, et d’autres l’ont fait en début d’audience.Plusieurs centaines de journalistes, dont la presse étrangère, se sont accrédités pour ce procès, qui doit durer près de quatre mois.Les parties civiles refusant de répondre aux médias sont munies d’un cordon rouge autour du cou.Parmi les rares à porter un cordon vert signifiant que ceux-ci acceptent les interviews, Clément Séguineau se définit comme “victime indirecte”, en tant qu’ex-époux d’une victime directe. “Être victime indirecte, c’est assister la victime directe, dans ce cas mon ex-épouse, comme dans une maladie, l’accompagner, mais en se sentant impuissant”, a-t-il confié, espérant que ce procès puisse “changer des choses”.L’audience de lundi est principalement occupée par des aspects techniques du procès. La journée de mardi, consacrée à la personnalité de l’accusé, sera un moment fort avec les témoignages de ses trois fils et de son ex-épouse.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.- Journaux intimes -Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des patients âgés en moyenne de 11 ans au moment des faits – en décortiquant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Ses écrits, très détaillés, indiquaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.Le verdict est attendu le 6 juin.

Procès Le Scouarnec: à Vannes, des victimes soutenues par des manifestants

Devant le tribunal judiciaire de Vannes, une trentaine de manifestants déploient une banderole accusant le Conseil de l’Ordre des médecins de “complicité”. À quelques pas, l’une des 299 victimes du pédocriminel Joël Le Scouarnec, dont le procès s’est ouvert lundi, les observe avec attention.Les yeux cernés derrière des lunettes rondes, Amélie Lévêque, 42 ans, confie à l’AFP son “appréhension” de revoir l’ex-chirurgien, qui l’a opéré d’une appendicite à la clinique de Loches (Indre-et-Loire) lorsqu’elle avait neuf ans, et qui, accuse-t-elle, l’a violée.”J’ai peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”, dit-elle, assurant être prête néanmoins “à commencer le combat.”Dans son pardessus bleu-marine, elle avoue puiser des forces dans ses échanges avec les autres victimes représentées par son avocate Me Francesca Satta.Ce matin, avec “des victimes devenues amies, nous avons pleuré ensemble. C’était à la fois beau et douloureux.”Elle observe, par dessus une nuée de caméras et de micros, les manifestants venus scander des slogans contre “l’omerta médicale”.”Cela fait du bien”, souffle-t-elle.- “Dénoncer l’omerta” -Au pied des marches du tribunal, Ariel Ladebourg, 21 ans, ne décolère pas. Étudiante en médecine, elle est venue avec le collectif féministe “Nous Toutes Vannes” brandir des pancartes contre, notamment, la pédocriminalité.”Il faut attendre des procès comme celui-là (…), il faut attendre 299 vies de détruites pour qu’on se dise +ah oui, c’est grave+”, martèle-t-elle.”C’est le reflet de la société qui banalise, minimise les violences faites aux enfants.”Pins féministes au revers de leurs vestes, Jacky Trovel, 75 ans, et Rozenn Chapelain, 78 ans, sont “là pour dénoncer l’omerta qui rend ces crimes possibles”.”L’omerta est partout en France, que ce soit l’Église, les services publics, l’Éducation nationale”, dénoncent les deux sœurs, enseignantes à la retraite.Même au sein des familles: dans leur mégaphone, l’ex-épouse de Le Scouarnec est accusée d’avoir “laissé faire” alors qu’elle “savait” que son mari était pédocriminel, dénoncent des manifestants.- “Inaction” -Dans son imperméable jaune, Annick Plou, 78 ans, rappelle sa longue carrière de médecin généraliste, à l’ombre d’un “Conseil de l’ordre des médecins, une institution réactionnaire”.Elle-même au courant d’agressions sexuelles commises par des confrères, “n’a pas eu le droit de les dénoncer” et a été “forcée de (se) taire” au nom du “devoir de confraternité” imposé par le Conseil de l’Ordre des Médecins (CNOM), regrette-t-elle.”Le CNOM forme un tribunal d’exception et nous voulons que le procès Le Scouarnec soit l’occasion de se poser la question de sa réforme.”À Paris, une dizaine de manifestants se sont rassemblés devant le siège du CNOM.”On dénonce l’inaction de l’Ordre des Médecins qui était au courant depuis 2006 et n’a rien fait pour enquêter et empêcher (Joël Le Scouarnec) d’exercer”, a déclaré à des journalistes Sonia Bisch, fondatrice et porte-parole de StopVOG France. Dès l’ouverture des débats, quatre parties civiles, dont les associations La Voix de l’Enfant et Face à l’inceste, ont demandé à la cour criminelle du Morbihan de récuser la constitution du CDOM 56 en tant que partie civile. Une démarche “moralement indécente et juridiquement contestable”, selon l’avocat de La Voix de l’Enfant Frédéric Benoist.L’avocate du CNOM Negar Haeri a répondu que l’Ordre national “défend les intérêts collectifs de la profession, qui ont été salis par les agissements reprochés à Joël Le Scouarnec”, rôle justifiant selon elle la place de l’Ordre du “côté des parties civiles”.all-ban-ldf-mdb/mb/et/abl

Ouverture du procès du réseau de blanchiment du “Petit Bar”, sans Jacques Santoni

Investissements immobiliers à Courchevel (Savoie), achats de montres de luxe, comptes offshores dans des paradis fiscaux: le procès d’un réseau de blanchiment lié à la bande criminelle corse du “Petit Bar” a débuté lundi à Marseille, sans le chef présumé du clan, Jacques Santoni.Connu pour trafic de drogue, extorsions et assassinats, le clan du “Petit Bar” est accusé d’avoir lavé des dizaines de millions d’euros d’argent sale via Hong Kong, Singapour, le Luxembourg ou la Suisse. Un réseau international pour lequel 24 personnes vont être jugées jusqu’au 16 mai par le tribunal correctionnel de Marseille.Mais ce dossier tentaculaire s’est ouvert sans le principal prévenu, Jacques Santoni, alias “Tahiti”, le chef présumé de la bande, tétraplégique depuis un accident de moto en 2003 et représenté par son avocate lundi matin. Selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal, longue de 934 pages, c’est lui qui aurait dirigé l'”organisation structurée et hiérarchisée” mise en place entre janvier 2018 et janvier 2021 en Corse-du-Sud, en Ile-de-France “et par lien d’indivisibilité à Hong Kong, Singapour, en Suisse et au Luxembourg”.Sur les 24 prévenus, quatre sont en fuite et sous mandat d’arrêt, dont Mickaël Ettori, un des très proches de Santoni. Parmi les 20 autres, seuls 13 étaient présents lundi matin à l’ouverture du procès, dont Pascal Porri et André Bacchiolelli, considérés comme ses bras droits. Les sept autres, dont Jacques Santoni donc, étaient seulement représentés par leurs avocats. Plusieurs membres de cette bande avaient déjà été condamnés en 2010 pour un trafic international de stupéfiants. Mais le bénéfice de ce réseau, évalué à “au moins 30 millions d’euros”, n’a jamais été retrouvé, rappellent les juges. Sonia Susini-Santoni, présentée comme la “pierre angulaire du système clanique dirigé par son époux” Jacques Santoni, et son frère Jean-Laurent Susini, étaient eux présents lundi. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir aidé le chef du “Petit Bar” à blanchir deux millions d’euros grâce à un véritable gain de quatre millions d’euros au loto.D’autres femmes seront également jugées, dont Saveria Lucchini, la compagne de Michael Ettori, représentée, et Valérie Mouren, celle de Pascal Porri, bien présente sur le banc des prévenus.- “Système mafieux” -“Ce système mafieux” n’aurait pu “exister et prospérer sans l’intervention d’individus du monde économique”, qui ont “accepté de mettre à disposition leurs surface financière et réseaux”, selon les juges d’instruction.Parmi eux, l’homme d’affaires multimillionnaire Jean-Pierre Valentini, présenté comme “parfaitement intégré dans la sphère du Petit Bar”, ou encore Antony Perrino, poids lourd de l’immobilier en Corse et “ami d’enfance” de plusieurs membres du Petit Bar, avec qui il est accusé d’avoir “des comptes communs occultes”. Les deux hommes étaient présents lundi à Marseille.Autres prévenus, Stéphane Francisci, cousin de Jacques Santoni aux “nombreux contacts dans le monde des jeux mais également dans le milieu économique”, Alain Mourot, présenté comme “l’homme ressource sur la place parisienne pour les personnes soucieuses de blanchir leurs fonds”, ou encore François-Xavier Susini, décrit “bien en place à Courchevel”. Seuls les deux premiers étaient physiquement présents lundi. Présenté “à la fois comme victime et acteur”, un autre riche homme d’affaires, Jean-Marc Peretti, est en fuite à l’étranger. Absente elle aussi lundi, sa fille, Angélique Peretti, avocate, accusée d’être “la courroie de transmission” entre Michael Ettori et son père, était représentée par son avocate.Sur les deux “membres de la communauté chinoise d’Aubervilliers” soupçonnés d’avoir remis “d’importantes sommes d’argent issues du blanchiment international de fonds via des sociétés chinoises”, un seul était présent lundi.Trois autres prévenus ont déjà été condamnés dans ce dossier, dans des procédures de plaider coupable, entre décembre et février: la maîtresse de Pascal Porri, Marion Demorissi ; Thierry Luksenberg, un apporteur d’affaires condamné pour son rôle d'”interface avec des sociétés chinoises” ; et Zhongsheng Zhang, un commerçant chinois résidant à Paris impliqué dans le système de blanchiment de fonds.   

“Ca me rassure”: à Metz, des porte-clés d’alerte distribués aux femmes

“Rassurant” ou “dissuasif” même s’il ne s’agit pas d’une solution miracle: des dizaines de femmes se sont pressées, lundi matin, au premier jour d’une distribution de porte-clés d’alerte proposés gratuitement par la Ville de Metz, pour lutter contre les violences faites aux femmes.”J’ai entendu dire qu’il y avait eu des agressions dans un parking, à Metz, et depuis on s’inquiète un petit peu. Quand on arrive à un certain âge, à la retraite, et qu’on est seule, on a plutôt envie d’être protégée”, déclare à l’AFP Sabine Strauch, 66 ans.La petite taille de l’objet, qui permet de l’avoir toujours sur soi, est aussi un avantage pour Marie, retraitée de 69 ans qui n’a pas souhaité donner son nom. Après avoir été agressée verbalement dans la ville, elle dit avoir eu “très peur” et ne “plus oser sortir”: l’objet la rassure.Au moment de récupérer ce petit dispositif gris, rose ou violet, une démonstration est réalisée: il suffit de tirer sur une petite corde pour activer l’alarme, qui hurlera à 140 décibels, soit l’équivalent du bruit “d’explosions de pétards”, une intensité considérée comme étant “nocive, dangereuse”, selon l’Association nationale de l’audition.Un tel son fera fuir sans violence l’agresseur “dans neuf cas sur dix” et alertera aussi les personnes présentes à proximité, assure le maire (divers droite) de Metz, François Grosdidier, qui avait annoncé fin janvier la mise en place de cette mesure à destination des habitantes qui le souhaitent.Maëva, 28 ans, en jogging et qui n’a pas donné son nom de famille, est venue car elle court souvent de nuit: “Ca peut être utile, au cas où. On ne sait jamais”.- “Dissuasif” -Des dizaines de femmes sont venues récupérer leur dispositif dès les premières heures de la distribution lundi matin, et les porte-clés seront encore distribués à la mairie, ou dans les mairies de quartier, tant que du stock sera disponible. Pour l’heure, 1.500 porte-clés sont proposés, et plus de 4.000 autres devraient être reçus d’ici début avril.Le coût unitaire de l’objet pour la ville est de 9,60 euros.Outre les porte-clés, dans les parkings publics de la Ville plus d’une centaine de places de stationnement situées à proximité des entrées et sorties sont désormais réservées aux femmes.Cette mesure avait été prise en septembre, après qu’une femme eut été victime d’un viol dans un parking sous-terrain d’un centre commercial au coeur de la ville, une nuit d’août.Au parking République, l’un des plus proches du centre-ville de Metz, 16 places ont été peintes en jaune et matérialisées d’un logo représentant une femme. Lundi matin, elles étaient toutes occupées.Depuis, la municipalité a souhaité compléter son arsenal de lutte contre les violences faites aux femmes, avec ces porte-clés, mais aussi par la signature d’une convention avec l’application gratuite “The Sorority”, permettant à une femme qui se sent en insécurité d’alerter des utilisatrices de l’application à proximité.- “Pas suffisant” -En outre, les restaurateurs ou commerçants de Metz peuvent s’inscrire dans le réseau “Angela”, permettant à une personne qui se sent menacée de se réfugier dans le lieu en demandant “Angela”.Clélia, une étudiante de 20 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, estime auprès de l’AFP que ces différentes options de lutte contre les violences faites aux femmes sont “une bonne initiative, qui permet aux femmes de se sentir un peu plus rassurées, mais ce n’est pas l’idée du siècle, dans le sens où ça ne va pas régler le problème”.”La solution est plus dans l’éducation, la prévention, la sensibilisation pour que les hommes qui agressent, arrêtent d’agresser”, a-t-elle poursuivi. “Toutes les cités ne le font pas, donc c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.””Il faudrait dix fois plus de policiers pour saturer l’espace public et rassurer tout le monde”, a estimé M. Grosdidier. Pour l’heure, la vidéo-surveillance et “ces dispositifs d’alerte individuels” sont “de nature à assurer une tranquillité des femmes dans l’espace public”.”On espère surtout ne jamais avoir à tester” le porte-clé, conclut Sabine Strauch.

Pédocriminalité: début du procès de l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec face à 299 victimes à Vannes

C’est l’une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées en France: le procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien accusé de violences sexuelles sur près de 300 jeunes patients dans une douzaine d’hôpitaux, s’est ouvert lundi en début d’après-midi à Vannes.La présidente de la cour criminelle du Morbihan Aude Burési a déclaré l’audience ouverte vers 13H avant que le septuagénaire, vêtu d’une veste noire, prenne place dans le box et décline son identité d’une voix légèrement éraillée, pour son procès prévu pour durer près de quatre mois.Une banderole proclamant “Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice”, a été déployée en fin de matinée devant le tribunal et une trentaine de manifestants ont porté une lettre pour former la phrase “Stop à la loi du silence”.Parmi eux, Ariel Ladebourg, étudiante en médecine de 21 ans, a assuré à l’AFP que ce procès hors norme est “la pointe émergée de l’iceberg” en matière de pédocriminalité. “Mais en dessous de l’iceberg, c’est énorme, c’est effrayant”, a-t-elle poursuivi, déplorant qu’il ait fallu “attendre 299 vies de détruites pour qu’on se dise : +ah oui, c’est grave+”.Une dizaine de manifestants se sont rassemblés à Paris devant l’Ordre national des médecins à l’appel du même collectif.Les victimes “n’attendent rien de M. Le Scouarnec”, a expliqué à la presse Me Marie Grimaud, avocate de 39 parties civiles, peu avant l’ouverture du procès. “La culpabilité ne va pas faire débat, la peine ne fera pas débat”. En revanche “ils attendent de retrouver un peu de dignité, d’humanité et surtout de la considération de la part de la justice, parce que jusqu’à aujourd’hui, la violence judiciaire a été extrêmement importante”, a-t-elle ajouté. L’avocate a regretté que l’organisation du procès prévoie que les victimes soient reléguées dans une salle séparée. Elles ne seront présentes dans la salle d’audience que lorsqu’elles seront entendues par la cour, les unes après les autres.”Cette audition, ce sera la première fois que les victimes le verront physiquement, auront son timbre  de voix, son regard (…) autant d’éléments susceptibles de les mettre en difficulté”, selon elle.L’une des victimes, Amélie Lévêque, 42 ans, confie avoir “peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”.Concernant l’organisation du procès, elle estime qu’elle aura “son jour, ce sera mon histoire”.La plupart des 299 victimes étaient mineures au moment des faits, 256 avaient moins de 15 ans, et étaient souvent endormies ou en phase de réveil. L’audience de lundi sera principalement occupée par des aspects techniques du procès. La journée de mardi, consacrée à la personnalité de l’accusé, sera un moment fort avec les témoignages de ses trois fils et de son ex-épouse.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.- “Pédophile” revendiqué -Joël Le Scouarnec, aujourd’hui âgé de 74 ans, a “reconnu son implication” dans la majorité des faits de viols aggravés et agressions sexuelles aggravées pour lesquels il sera jugé.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des patients âgés en moyenne de 11 ans au moment des faits – en décortiquant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Ses écrits, très détaillés, indiquaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Nombre de victimes ont été confrontées à une amnésie traumatique, effaçant partiellement ou entièrement le souvenir du médecin.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.La cour suivra jusqu’à mi-mai l’ordre chronologique des violences sexuelles reprochées à M. Le Scouarnec, selon le calendrier transmis à la presse.Une quarantaine de parties civiles ont déjà fait valoir leur droit au huis clos, et d’autres peuvent encore le faire tout au long de l’audience.Le médecin avait exercé 11 ans encore, poursuivant ses violences sexuelles présumées sur les enfants qu’il opérait.Les plaidoiries des 63 avocats des parties civiles sont programmées du 22 au 28 mai et les réquisitions le 2 juin.Les avocats de la défense plaideront le lendemain, avant que la cour ne se retire pour délibérer durant trois jours à partir du 4 juin. Si ce calendrier millimétré est tenu, le verdict est attendu le 6 juin.

Le consulat de Russie à Marseille pris pour cible, Moscou dénonce une “attaque terroriste”

Le consulat général de Russie à Marseille, deuxième ville de France, a été visé lundi matin par des jets de bouteilles suivis de “détonations” qui n’ont fait ni dégât ni blessé, un acte qualifié d'”attaque terroriste” par Moscou, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine.Selon la préfecture de police, “trois bouteilles de soda en plastique 50 cl ont été envoyées ce matin dans les jardins du consulat. Deux d’entre elles ont éclaté et généré des détonations”. “L’analyse des résidus de produits contenus dans ces bouteilles est en cours”, a précisé la préfecture de police, soulignant que la police judiciaire a été chargée de l’enquête.Une source policière avait initialement fait état de “trois engins explosifs de fabrication artisanale” lancés vers 08h00 “sur la façade du consulat”, précisant que deux engins sur les trois avaient explosé.Lundi matin, le périmètre entourant le consulat, situé dans le très cossu 8e arrondissement de Marseille, était entièrement bouclé par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Le parquet de Marseille a annoncé “l’ouverture d’une enquête en flagrance pour dégradation par substances explosives ou incendiaires”, enquête confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). L’incident n’a fait “aucun blessé ou dégât”, a souligné le parquet.- “Manifestation antirusse” -“Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste”, a aussitôt réagi le ministère russe des Affaires étrangères.”Nous exigeons que le pays hôte prenne rapidement des mesures d’enquête complètes, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité des établissements du ministère des Affaires étrangères”, a déclaré la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, citée par l’agence RIA Novosti.De son côté, l’ambassade de Russie en France a affirmé, sur son site Telegram, qu’elle “avait bien lancé un appel anticipé aux autorités françaises en exigeant d’augmenter le niveau de sécurité de toutes les institutions russes en France, compte tenu des éventuelles provocations ces jours-ci”. L’ambassade souligne qu'”une petite manifestation antirusse” avait eu lieu dimanche près du consulat à Marseille, comme dans plusieurs autres villes françaises à la veille du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.”La France condamne toute atteinte à la sécurité des emprises diplomatiques”, a réagi dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, rappelant que “l’inviolabilité, la protection et l’intégrité des emprises diplomatiques et consulaires, ainsi que de leur personnel, sont des principes fondamentaux du droit international”.Dans le quartier, aucun des riverains interrogés par l’AFP n’a entendu d’explosion. Un témoin, cité par BFMTV, a lui affirmé avoir entendu “comme un bruit de pétard, de ballon qui explose”.Les marins-pompiers de Marseille, appelés sur place peu avant 08h00, ont indiqué à l’AFP avoir dépêché “une trentaine d’éléments”. Des forces de police nationale et municipale ainsi que des démineurs étaient également présents.En milieu de matinée, les journalistes de l’AFP ont entendu deux détonations provoquées par un robot démineur. Les opérations de déminage se sont terminées à 11h30, a annoncé un des membres de l’équipe technique, et le dispositif commençait à être allégé.Selon un représentant policier sur place, le dispositif de bouclage du quartier devait être levé vers 14h00. Le consulat général de Russie est situé dans un quartier résidentiel, où sont installées plusieurs autres représentations étrangères dans la deuxième ville de France.mca-dt-meg-alc/ol/hj 

Attentat de Mulhouse: hommage à la victime lundi

Un homme “courageux”: sur sa page Facebook, une association de Mulhouse résume le sentiment qui domine au sein de la communauté portugaise dont faisait partie la victime d’une attaque mortelle au couteau samedi sur le marché de la ville.Lundi à 19H30 un hommage sera rendu à Lino Sousa Loureiro, 69 ans, touché mortellement, et aux autres victimes blessées dans l’attentat.”Ce rassemblement républicain témoignera de la nécessaire unité face au terrorisme et au fanatisme islamiste, et pour que force reste à l’ordre et à la Loi”, a indiqué la mairie dans un communiqué.Brahim A., 37 ans, est soupçonné d’avoir tué la victime à l’arme blanche et d’avoir grièvement blessé deux agents du stationnement et cinq policiers municipaux plus légèrement, un “acte de terrorisme”, selon le président Emmanuel Macron.Le principal suspect, né en Algérie, a été placé en garde à vue ainsi que trois autres personnes. Il est en situation irrégulière en France et est fiché au “FSPRT”, le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.Une cellule de soutien psychologique a été mise en place lundi à la mairie de Mulhouse, selon un communiqué conjoint de la préfecture du Haut-Rhin et de la ville de Mulhouse.  “Elle a pour vocation d’accueillir les personnes qui (en) ressentent le besoin afin de leur apporter écoute et accompagnement afin d’éviter l’installation des troubles de stress post-traumatique”.”Nous sommes en deuil après l’attentat tragique de Mulhouse, qui a coûté la vie à l’un des nôtres, un compatriote portugais courageux, qui a sacrifié sa vie pour protéger autrui”, écrit le Groupe culturel et folklorique des Portugais de Mulhouse sur sa page Facebook.Selon des informations non confirmées officiellement, l’homme aurait été tué alors qu’il tentait de s’interposer.Selon une source proche du dossier, les investigations sont toujours en cours et il n’est pas possible à ce stade d’établir précisément l’implication de ce passant.L’association invite la communauté portugaise de l’agglomération mulhousienne à se rassembler lundi soir “avec un oeillet blanc en signe de solidarité”.”C’était un gars calme, correct, il aimait bien le foot, le samedi matin il allait en général à l’association des Portugais pour jouer au billard ou au baby foot”, raconte à l’AFP Henriques Da Silva, 75 ans, qui le croisait dans le cadre de ses activités culturelles.

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Climat: bataille politique sur le calendrier du prochain rapport du Giec

Le Giec, les experts climatiques mandatés par l’ONU, se réunit à partir de lundi en Chine, pour faire adopter, par les représentants des pays du monde, le calendrier et le contenu de ses travaux scientifiques, derrière lesquels se joue un véritable bras de fer géopolitique.Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), créé en 1988 pour informer les décideurs politiques, vient d’entamer le 7e cycle de ses travaux.Celui-ci doit déboucher d’ici 2029 sur un grand rapport de référence, composé de volumineuses évaluations intermédiaires et de rapports thématiques.A quel rythme et pour quel contenu? C’est ce que doivent décider les pays lors de cette réunion qui se tient jusqu’au 28 février à Hangzhou, dans un contexte marqué par les deux années les plus chaudes jamais enregistrées.Le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, annoncé par Donald Trump dès son investiture et qui sera effectif d’ici janvier 2026, planera également sur les discussions, alors que des informations de presse ont annoncé qu’il pourrait ne pas y avoir de délégation américaine lors des débats à Hangzhou. Ces informations n’ont pas été officiellement confirmées ni démenties.L’enjeu est de savoir si les trois parties principales du rapport final – couvrant la science physique, les impacts climatiques et les solutions pour réduire les niveaux de gaz à effet de serre – peuvent être produites assez rapidement pour servir de base scientifique au “bilan mondial” de l’ONU Climat en 2028. Ce bilan, établi tous les cinq ans pour analyser les efforts de l’humanité pour respecter l’accord de Paris, est un document clé des négociations climatiques annuelles.L’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels “est toujours mathématiquement possible, mais (…) le temps ne joue pas en notre faveur”, a averti Inger Andersen, responsable du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), en ouvrant les discussions lundi, appelant à des “résultats ambitieux”.- “Crédibilité et intégrité” -Le premier bilan, en 2023, dressait un constat sévère du retard pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, censées baisser de 43% entre 2019 et 2030 mais pas encore en déclin.En réponse, la COP28 de Dubaï fin 2023 s’était conclue par un engagement sans précédent à une “transition” vers la sortie des énergies fossiles, malgré d’importantes concessions à l’industrie et aux pays producteurs. De nombreux pays riches et les nations en développement les plus exposées, notamment les petits Etats insulaires, sont favorables à un calendrier accéléré mais se heurtent aux objections de certains producteurs de pétrole ou grands pollueurs dont les émissions augmentent, comme l’Inde et la Chine.Pour la Coalition pour la haute ambition, qui regroupe des pays européens et des pays climatiquement vulnérables, fonder le “bilan mondial” de 2028 sur de solides données scientifiques actualisées constitue un élément crucial du respect de l’accord de Paris de 2015.Selon sa déclaration publiée samedi, la rupture de ce lien “compromettrait la crédibilité et l’intégrité” de cet accord.Mais la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie et l’Inde font partie des pays qui jugent le calendrier proposé trop précipité, selon le compte-rendu des sessions précédentes établi par l’Institut international du développement durable.- Contexte géopolitique -Des observateurs craignent que la session en Chine soit la dernière chance de trouver un accord.”Je pense que la raison pour laquelle les discussions ont été si acharnées est la situation actuelle: la pression géopolitique, la charge financière des impacts du changement climatique et de la transition vers l’abandon des énergies fossiles “, a déclaré une source proche des discussions.Selon la dernière synthèse du Giec, début 2023, le monde est en route pour franchir au début des années 2030 le seuil de réchauffement à long terme de 1,5°C.Mais des études récentes suggèrent que cette étape pourrait être franchie avant la fin de cette décennie.Le 7e cycle du Giec prévoit aussi des publications thématiques. Un rapport prévu pour 2027, très attendu, portera sur “le changement climatique et les villes”, où vit plus de la moitié de l’humanité. Le Giec doit aussi produire un document inédit sur les méthodes, balbutiantes et critiquées, de captage et stockage du CO2. Et une méthodologie pour mieux évaluer les émissions et l’impact des polluants à courte durée de vie (méthane, oxyde d’azote et particules), moins bien maîtrisés que le CO2 alors qu’ils jouent un rôle majeur dans le réchauffement.