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A 102 ans, une ancienne victime du STO réclame réparation à l’Etat français

Envoyé en Allemagne à 20 ans dans le cadre du Service du travail obligatoire, Albert Corrieri, aujourd’hui âgé de 102 ans, traduit l’Etat français devant la justice pour obtenir réparation de ses deux années de travail forcé et faire reconnaître les droits des “victimes oubliées” du STO.”C’est un procès pour l’histoire et pour la mémoire, pendant que je peux encore témoigner de ce que j’ai subi”, a déclaré mardi à la presse celui qui fut le doyen des porteurs de la flamme olympique en mai à Marseille, avant d’entrer dans la salle d’audience du tribunal administratif.Employé comme plombier dans un restaurant du Vieux-Port à Marseille, le jeune Albert Corrieri est emmené, le 13 mars 1943, dans le cadre du STO, institué par le gouvernement de Vichy pour répondre aux exigences allemandes de main d’oeuvre.”J’ai pris le train, destination inconnue. Nous sommes partis dans la ville de Ludwigshafen”, dans l’ouest de l’Allemagne, se souvient l’alerte centenaire, sa canne-siège à la main.Interné dans un camp, il charge des wagons de charbon pour soutenir l’effort de guerre allemand. Il sera blessé au bras lors des bombardements alliés. “J’ai subi plus d’une centaine de bombardements, j’ai vu un camarade mourir à côté de moi, il m’arrive encore d’en rêver”, affirme-t-il.”Nous sommes des victimes oubliées”, dit le vieil homme, qui réclame 43.200 euros (soit 10 euros de l’heure) au titre de sa rémunération pour la période de travail forcé accomplie à Ludwigshafen du 13 mars 1943 au 15 avril 1945.Tout en reconnaissant un “exil forcé organisé par l’Etat français”, la rapporteure publique a rappelé que la législation française n’accorde pas le statut de “déporté” aux Français “contraints au travail en pays ennemi”, reconnus comme “victimes civiles de guerre ayant droit à pension et avantages sociaux, ainsi qu’à une indemnité forfaitaire”. Elle a donc recommandé le rejet de la requête au motif de la prescription.Dans sa plaidoirie, Me Michel Pautot a rappelé que son client avait été “déporté par la volonté du régime de Vichy et réduit en esclavage”. “Or, a-t-il insisté, selon toutes les lois et conventions, nationales et internationales, la déportation comme la réduction en esclavage sont des crimes contre l’humanité et sont donc imprescriptibles par nature.” “Il ne peut pas y avoir de discrimination dans les crimes contre l’humanité”, a-t-il lancé.L’affaire a été mise en délibéré au 18 mars.Le 5 février, le tribunal administratif de Nice avait rejeté une requête similaire déposée par un autre ancien du STO, Erpilio Trovati, âgé de 101 ans, également défendu par Me Pautot. Une décision contre laquelle l’avocat a fait appel.Au total, entre 600 et 700.000 Français sont partis en Allemagne dans le cadre du STO. Si certains l’ont fait volontairement – souvent trompés par la propagande de Vichy -, l’immense majorité ont été emmenés contre leur gré.”Ils ne sont plus que quatre ou cinq en France”, a rappelé Me Pautot, qui “demande à la République française de +solder+ le bilan mémoriel de cette triste et tragique période”, affirmant que “Vichy est un passé qui ne passe pas”.

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Les pays européens se réunissent au chevet de leur acier

Les menaces de hausse des tarifs douaniers sur l’acier agitées par Donald Trump risquent-elles d’entraîner la fermeture de toutes les aciéries européennes ? Une réunion exceptionnelle de ministres européens est prévue jeudi à Paris pour tenter de “maintenir l’acier” sur le continent qui l’a vu naître.La sidérurgie qui emploie plus de 300.000 personnes en Europe, s’inquiète d’une hausse de 25% des droits de douane décrétée mi-février aux Etats-Unis, et qui doit entrer en vigueur le 12 mars, alors que l’acier européen est déjà en grande souffrance face à la concurrence chinoise à bas coût.La commission européenne a réagi à cette annonce en estimant que de telles taxes ne “sont pas justifiées”, qu’elles seraient “illégales” et contre-productives sur le plan économique. Selon le syndicat de la sidérurgie européenne Eurofer, qui réclame des mesures de “protection”, l’UE pourrait perdre jusqu’à 3,7 millions de tonnes d’exportations d’acier vers les Etats-Unis, son deuxième plus grand marché d’exportation.Face aux menaces d’augmentation des tarifs douaniers américains, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic s’est rendu la semaine dernière à Washington afin de tenter d’apaiser les tensions.Il a appelé à ne pas se cibler l’un l’autre sur l’acier en rappelant que la production européenne de ce métal, “très spécialisée”, était “nécessaire aux entreprises américaines”.- “Surcapacité mondiale” -Et il a appelé les Etats-Unis à se concentrer sur “la surcapacité mondiale de production”, de plus de 600 millions de tonnes, pointant la Chine sans la citer.”Historiquement, chaque continent produisait à hauteur de ses besoins, mais dans les dernières années, en raison du relatif ralentissement de l’économie chinoise qui construit moins, les surproductions d’acier venues d’Asie inondent la planète”, souligne un fabricant européen d’acier qui requiert l’anonymat.Face à cette situation, le ministre français de l’Industrie Marc Ferracci, hôte de la réunion des ministres européens prévue jeudi à Paris, a récemment proposé “d’adapter la clause de sauvegarde” sur l’acier qui limite les importations sur le marché européen depuis 2019.”Aujourd’hui, celle-ci limite les importations d’acier à 15% du marché européen de 2016″. Mais comme la consommation européenne d’acier a diminué depuis cette date, “cela équivaut en réalité à 30% du marché actuel”. Un seuil qu’il juge “trop élevé”.Il demande aussi d’adapter le mécanisme de taxe carbone aux frontières (MACF) qui doit entrer en vigueur début 2027.- “Tous à risque” -Avant même l’annonce de Donald Trump sur les tarifs douaniers, qui touche aussi l’aluminium, des milliers de suppressions d’emplois avaient été annoncés fin 2024 par le géant allemand de l’acier Thyssenkrupp. Des fermetures de sites en France ont aussi été annoncées chez le numéro deux mondial ArcelorMittal qui a en outre suspendu un projet d’investissement de 1,8 milliard d’euros dans la décarbonation de l’acier à Dunkerque (nord de la France), l’un des plus importants hauts fourneaux d’Europe.Le président d’ArcelorMittal France, Alain Le Grix de la Salle, a peint le 22 janvier un tableau très noir de la situation devant les députés français: l’acier européen est menacé par le coût trop important de l’énergie sur le Vieux Continent, par la surproduction chinoise, le niveau élevé d’importations à bas coût et le manque de demande intérieure, a-t-il expliqué.La sidérurgie en Europe “est entrée dans une crise importante et grave” a-t-il dit. “Les sites, quels qu’ils soient, sont tous à risque en Europe”.Or la sidérurgie, industrie de base, est beaucoup plus qu’un symbole en Europe.Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) réunissant Allemagne, Italie, France,  Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, a été le premier socle du rapprochement des Etats européens, supprimant les droits de douane et les restrictions à la libre circulation de ces produits, ce qui a favorisé la coopération économique.Plus tôt, au dix-neuvième siècle, la révolution industrielle autour de l’acier avait débuté sur le continent européen, dans les hauts fourneaux britanniques. Quant au miracle économique allemand du XXe siècle, il a aussi été nourri en partie par les hauts fourneaux de la Ruhr.

Procès Le Scouarnec: les proches de l’ex-chirurgien entendus par la cour

Le plus jeune fils de Joël Le Scouarnec a décrit une “famille normale”, sur laquelle pesaient toutefois des “non-dits”, mardi devant la cour criminelle du Morbihan qui examine la personnalité de l’ex-chirurgien, jugé pour des viols et agressions sexuelles sur 299 patients.”Mon témoignage sera assez bref, j’étais assez petit, adolescent à l’époque, j’ai découvert les faits quand il a été interpellé en 2017″, déclare à la barre l’homme de 37 ans.Décrivant une “enfance heureuse” dans une “famille normale” avec un père “présent” notamment pour ses études, le plus jeune des trois fils de Joël Le Scouarnec a rompu tout lien avec ce dernier. “Je garde un très bon souvenir de mon père. Je pense qu’au fond de moi c’est pour ça que, depuis 2017, je n’ai plus aucun contact avec mon père car c’est l’image que je voudrais garder de lui”, explique-t-il à la cour.Dans le box, Joël Le Scouarnec, 74 ans, crâne chauve ceint de cheveux blancs et lunettes cerclées de métal, regarde son fils sans bouger.Celui-ci “ne pense pas” avoir subi d’agressions de son père, affirmant ne souffrir d’aucun “trouble ou addiction quelconque”. Il n’a “rien vu” des agissements de celui-ci, ajoute-t-il.Interrogé par la présidente sur les “non-dits” au sein de sa famille, notamment sur la condamnation de son père à de la prison avec sursis en 2005 pour détention d’images pédopornographiques, le benjamin lâche à la barre: “Ça rend un peu paranoïaque. Mon fils, je ne le laisse jamais tout à fait seul.””Je voudrais rappeler qu’il faut séparer l’homme qui est jugé du père qui a fait (en sorte) que je ne manque de rien”, dit-il, regardant son père pour la première fois, voix nouée. Ce dernier prend la main de son avocat, semble ému, baisse la tête, enlève ses lunettes, se cache les yeux. Il semble pleurer.Plus tôt dans l’après-midi, l’ex-épouse de l’accusé, dont le témoignage très attendu est prévu en fin de journée, est arrivée au tribunal dissimulée sous une ample capuche noire, portant des gants noirs et un masque chirurgical bleu clair. Assaillie de caméras, elle a dû se frayer un passage parmi les journalistes en essayant de cacher son visage avec ses mains.Elle affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, y compris après sa condamnation de 2005, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, dès les années 1990.- “Blocages familiaux” -Pauline, une des victimes, confie à l’AFP avant l’audience son espoir d’avoir “des réponses”. “J’espère qu’elle va nous dire la vérité surtout. On attend de savoir si elle ne savait pas ou s’il nous ment (…) On a beaucoup de doutes”.”Aujourd’hui, je trouve que c’est une étape importante du procès, vraiment (…) Et ce serait bien de savoir le début de l’histoire, même si ça n’enlève rien à ce qu’il nous a fait, parce que c’est atroce”, ajoute Pauline.Pour la Fondation pour l’enfance, qui s’est constituée partie civile, l’enjeu de l’audience est que les victimes aient “quelques réponses à leurs questions” et des clés de compréhension du “fonctionnement familial”.”Pourquoi ce silence, pourquoi cette incapacité à parler?”, s’est interrogée sa directrice Joëlle Sicamois. “Quels ont pu être les blocages familiaux, notamment de son ex-femme, mais qui sont des blocages finalement assez classiques dans notre société?”Lundi, au premier jour de ce procès prévu sur près de quatre mois, l’accusé a pris la parole pour la première fois. “Si je comparais devant vous c’est qu’effectivement un jour, alors que pour la plupart ce n’étaient que des enfants, j’ai commis des actes odieux”, a-t-il déclaré en fin d’audience, d’une voix hésitante.”Je suis parfaitement conscient aujourd’hui que ces blessures sont ineffaçables, irréparables”, a-t-il ajouté, disant vouloir “assumer la responsabilité” de ses actes.- 111 viols, 189 agressions sexuelles -L’ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et des fichiers le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Ses journaux intimes, et l’ampleur inédite de cette affaire, ont été découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans plusieurs hôpitaux de l’ouest de la France.Jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, Joël Le Scouarnec encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.

Deux mois après Chido, la loi sur la reconstruction de Mayotte entre en vigueur

Deux mois après le passage du dévastateur cyclone Chido sur Mayotte, le projet de loi d’urgence pour la reconstruction de l’archipel, définitivement adopté au Parlement mi-février, est entré en vigueur mardi avec sa parution au Journal officiel.”Jusqu’au 31 décembre 2027, l’État (…) peut assurer la construction, la reconstruction, la rénovation, la réhabilitation, l’extension, les grosses réparations et l’équipement des écoles publiques (…) au regard des dégâts subis par les écoles à la suite du cyclone Chido (…)”, indique le texte de la loi datée du 24 février.Mayotte, département le plus pauvre de France, dans l’océan Indien, a été frappé le 14 décembre par le meurtrier cyclone Chido, qui a causé des dégâts considérables – le “coût des destructions” est évalué autour de 3,5 milliards d’euros, selon le ministre des Outre-mer, Manuel Valls.Cette loi d’urgence prévoit principalement des assouplissements aux règles d’urbanisme et de commande publique, ainsi que quelques mesures sociales, comme des facilités fiscales.Il ne s’agit que d’une “première réponse”, a commenté M.Valls, lors de son adoption au Parlement. “Après le temps de l’urgence et celui de la reconstruction, viendra celui de la refondation” a-t-il ajouté.Un second texte, visant à “permettre le développement économique, éducatif et social du territoire sur de nouvelles bases” est déjà en préparation, et sera présenté “d’ici quelques semaines”, a indiqué le ministre.Cette loi d’urgence est le premier projet de loi mené à son terme et de bout en bout par le gouvernement de François Bayrou – le budget de l’État ayant été préparé par son prédécesseur Michel Barnier.Le projet de loi prévoit la création d’un nouvel établissement public chargé de la reconstruction. Le texte comprend également une mesure pour les propriétaires, qui pourront souscrire un prêt à taux zéro pour réhabiliter leur logement, jusqu’à 50.000 euros.

Face aux “dérives mafieuses”, les autonomistes corses contre les réformes juridiques

Face “aux dérives mafieuses” qui gangrènent la Corse, le pouvoir politique autonomiste local va proposer 30 mesures jeudi, refusant cependant les principales réformes juridiques envisagées pour lutter contre la criminalité organisée, à la stupéfaction des deux collectifs antimafia insulaires.Ce rapport de 81 pages du président autonomiste du conseil exécutif, Gilles Simeoni, consulté par l’AFP, doit être officiellement présenté jeudi lors d’une session spéciale de l’assemblée de Corse consacrée aux “dérives mafieuses”, à laquelle assistera le ministre de la Justice Gérald Darmanin, au lendemain d’une réunion de travail avec les autorités judiciaires de l’île.A cette occasion, l’assemblée de Corse accueillera également l’ancien maire de Palerme, Leoluca Orlando, qui viendra témoigner de son combat contre la mafia en Sicile.Cette session interviendra dans un climat très lourd, après le meurtre d’un jeune pompier avant Noël à Ajaccio, puis celui d’une étudiante de 18 ans, vraisemblablement ciblée par erreur, le 15 février à Ponte-Leccia (Haute-Corse), dans une île où le nombre d’homicides rapporté à la population est le plus élevé de France métropolitaine.Parmi les principales propositions des élus autonomistes corses, issues de deux ans d’échanges avec associations et collectifs, figurent la création d’une “instance consultative spécifique à la lutte contre les dérives mafieuses” et la volonté de “combattre les clichés positifs associés à la mafia”.Mais, dans ce qui est surtout un plaidoyer pour l’autonomie de l’île, Gilles Simeoni, ex-avocat pénaliste notamment d’Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac en 1998 et décédé en 2022 après avoir été agressé par un codétenu à la prison d’Arles, fait part de son “désaccord” avec plusieurs mesures inspirées du droit italien et retenues dans la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée à l’unanimité par le Sénat.Ces mêmes mesures pourtant demandées haut et fort par les collectifs antimafia.M. Simeoni se positionne ainsi contre la création d’un “délit d’association mafieuse” et réaffirme son “attachement au principe du jury populaire”, rejetant l’idée de “juridictions d’exception” et d’un parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco). “La plupart des comportements incriminés par le droit italien sont également prévus et réprimés par le droit français”, argumente l’élu dans son rapport, craignant que ces réformes puissent “ouvrir la porte à l’arbitraire”.- “Il faut se réveiller” -A cette lecture, “les bras nous en sont tombés”, a confié à l’AFP Léo Battesti, du collectif “a Maffia no, a Vita ié” (Non à la mafia, oui à la vie).”Il n’y a presque plus personne qui pense comme ça en Corse, où même les plus grands humanistes ont compris que le plus liberticide ce sont les mafieux qui tuent, qui rackettent et menacent”, a-t-il regretté.Il s’agit de “réflexes pavloviens d’avocat” et “d’un vieux réflexe nationalo-nationaliste corse de défiance des juridictions d’exception”, a estimé celui qui est, lui-même, un ancien cadre du Front de libération national corse (FLNC), condamné en 1979 à neuf ans de prison pour une tentative d’attentat. “On est au XXIe siècle, il faut se réveiller”, a martelé le septuagénaire.”Déception indéniable et incompréhension” également pour le collectif Massimu Susini, qui regrette “d’abord un refus de considérer les mesures proposées par les associations et collectifs concernant les déchets, l’urbanisme et les différents secteurs soumis à l’emprise mafieuse”, a détaillé à l’AFP Lisandru Laban-Giuliani, membre du collectif.Concernant “les marchés publics”, cet assistant parlementaire de 24 ans pointe certes “des avancées minimes” et salue “la sensibilisation dans les établissements scolaires” aux logiques mafieuses.”Mais surtout il y a des reculs” sur les réformes pénales, qui ont pourtant été “défendues et votées par le sénateur autonomiste Paul-Toussaint Parigi”, issu du parti de Gilles Simeoni, souligne-t-il.Pire, il juge “honteux” que ce rapport veuille “que l’Assemblée de Corse puisse empêcher l’amélioration de l’arsenal juridique contre la mafia dans l’île” en empêchant que des mesures “votées à Paris s’appliquent en Corse”. “On marche complètement sur la tête”: “Nous, ce qu’on cherche, c’est le bien de la Corse face aux appétits mafieux. Les gens en Corse sont assez désespérés. (…) Et là, l’engagement politique est très loin d’être rempli”, conclut-il.

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La Réunion en alerte orange mercredi à l’approche de la tempête Garance

La Réunion passera en alerte orange cyclonique mercredi à 14H00 (11H00 à Paris) en raison de la tempête Garance, qui pourrait s’intensifier au stade de cyclone, a annoncé mardi la préfecture de l’île française de l’océan Indien.Ce niveau d’alerte, deuxième des quatre du dispositif cyclonique, signifie qu’un phénomène météorologique représente un danger pour l’île dans les 24 heures.Mardi en début d’après-midi, Garance se trouvait à 475 km de La Réunion. La tempête constitue une “menace importante et sérieuse”, a souligné Céline Jauffret, directrice interrégionale de Météo-France pour l’océan Indien, au cours d’une conférence de presse.Une dégradation des conditions météorologiques est attendue dès mercredi à La Réunion, fréquemment touchée par des cyclones. Garance devrait passer au plus près de l’île “jeudi en journée ou dans la nuit”, à environ 70 km des côtes, possiblement au stade de cyclone tropical, selon Mme Jauffret.Un passage en alerte rouge n’est pas exclu, a précisé la préfecture de La Réunion. Ce niveau d’alerte impose un confinement total de la population, à l’exception des services de secours et des forces de l’ordre.Garance est “de petite taille”, ce qui limite la zone de temps dangereux, a expliqué Céline Jauffret. “Toutefois, ces systèmes peuvent évoluer rapidement”, a-t-elle averti.En alerte orange, la vie économique se poursuit, mais tous les établissements scolaires fermeront mercredi après-midi. “Les cours restent maintenus mercredi matin, et les transports scolaires seront assurés jusqu’en fin de journée, a indiqué Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture.”Il y a une forte probabilité que les établissements scolaires restent fermés jusqu’à vendredi”, a-t-il ajouté.L’activité portuaire sera suspendue mercredi sur terre et en mer. L’aéroport international a pour sa part annoncé des modifications de son programme de vols pour mercredi et jeudi.Garance suit une trajectoire inhabituelle, se déplaçant d’ouest en est, alors que les phénomènes cycloniques circulent généralement d’est en ouest dans cette zone de l’océan Indien, ont noté les météorologues.La dernière alerte cyclonique à La Réunion remonte à janvier 2024. L’île avait alors été placée en alerte violette, le niveau maximal interdisant tout déplacement y compris pour les forces de l’ordre et les secours.Le cyclone Belal avait frôlé les côtes le 15 janvier, causant la mort de quatre personnes et des dégâts estimés à 100 millions d’euros, selon France Assureurs.

Maladies rares: un nouveau plan de lutte, très attendu mais sans grande nouveauté

Malgré leur nom, elles touchent des millions de français: les maladies rares font l’objet d’un nouveau plan, annoncé par le gouvernement après un long retard. Soulagées, les associations regrettent néanmoins que l’Etat n’aille pas plus loin sur certains points.”Il a au moins le mérite d’être sorti, ce plan maladies rares”, a résumé mardi, à la presse, Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM-Téléthon, l’une des principales associations impliquées sur le sujet, en marge du lancement au ministère de la Santé.Depuis 2004, trois plans se sont déjà succédé en France contre les maladies rares, des pathologies qui touchent paradoxalement de nombreux Français. En raison de leur grand nombre, elles concernent en effet trois millions d’entre eux, soit environ un sur vingt.Certaines sont bien connues du grand public, comme la mucoviscidose. D’autres, dites “ultra rares”, ne touchent que quelques personnes. Elles sont souvent génétiques et se déclarent fréquemment au plus jeune âge, mais ce n’est pas systématique.Ce contexte pose de nombreux défis: comment éviter que des patients restent des années sans se voir diagnostiquer une pathologie peu connue ? Comment encourager le secteur pharmaceutique à développer des traitements difficilement rentables au vu du faible nombre de personnes concernées ?Les dernières années ont vu des développements majeurs, comme l’arrivée sur le marché du Kaftrio, un traitement efficace contre certaines mucoviscidoses. Mais de très nombreuses maladies rares restent sans réponse thérapeutique.Dans ce contexte, le nouveau plan était attendu de longue date par les associations: le précédent ne courait que jusqu’en 2022. Retardée par l’instabilité politique des dernières années, l’arrivée du quatrième plan donne enfin une visibilité pour cinq ans.- Pas de “faux espoirs” -Pour quel contenu ? Le nouveau plan reprend largement les axes de ces prédécesseurs. “Doté de 223 millions d’euros par an, il aborde toutes les dimensions de la maladie, de l’annonce du diagnostic à la transition enfant adulte, de la prise en charge psychique à l’amélioration du parcours de soin”, a résumé mardi la ministre Catherine Vautrin, dont le vaste portefeuille va de la Santé au Travail.Le budget indiqué par la ministre sera principalement consacré à l’installation d’une centaine de nouveaux “centres de référence”. Ces derniers, désormais plus de 600, sont des établissements de santé, dont le personnel est qualifié pour soigner l’une de ces maladies.Le plan prévoit aussi l’élargissement du dépistage à la naissance. Les maladies concernées passeront de 13 à 16, avec notamment un test génétique pour l’amyotrophie spinale. Le gouvernement, qui n’a pas été aidé par la difficulté à voter le budget de la Sécurité sociale, espère une mise en place pour cet été.Enfin, reste le volet épineux de l’accès des patients à des traitements prometteurs. Les pouvoirs publics sont contraints à un difficile équilibre: donner de l’espoir aux malades sans rembourser systématiquement des médicaments extrêmement coûteux qui n’ont pas été évalués scientifiquement en bonne et dûe forme.Des travaux seront engagés “pour pouvoir adapter les dispositifs d’accès précoce et compassionnels qui prennent mieux en compte les spécificités de ces maladies”, a promis Yannick Neuder, ministre de la Santé, insistant toutefois sur la nécessité de ne pas “donner de faux espoirs”.Mais la question des nouveaux médicaments fait partie des quelques angles morts recensés par les associations, par ailleurs satisfaites d’autres points du plan comme l’élargissement des établissements de santé dédiés aux maladies rares. “On espérait qu’il puisse y avoir un modèle innovant qui soit évoqué”, regrette Mme Tiennot-Herment, alors que l’AFM-Téléthon défend depuis longtemps la mise en place d’un fonds publics, éventuellement financé par une taxe sur les entreprises pharmaceutiques, pour financer le développement de médicaments qui ne sont pas rentables en l’état.L’élargissement du dépistage néonatal ne satisfait pas non plus pleinement les associations. Elle le juge encore insuffisant au regard de la situation d’autres pays, comme l’Italie, où il concerne déjà une quarantaine de maladies.

Bucarest remet le narcotrafiquant Mohamed Amra à la France après neuf mois de cavale

Le narcotrafiquant Mohamed Amra – arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de cavale marquée par la mort de deux agents pénitentiaires sur une aire d’autoroute française en mai- a été renvoyé mardi en France par avion, selon les autorités aéroportuaires roumaines.L’ennemi public numéro un français a été escorté à l’aéroport de Bucarest par un convoi des forces spéciales de la police roumaine et a traversé le hall large sourire aux lèvres, menottes au poignet et avec la même teinture rousse qui avait surpris lors de son arrestation samedi.Le GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie française, a pris le relais dans l’avion pour le ramener en France.Le multirécidiviste de 30 ans avait accepté dimanche son renvoi en France avant de contester en vain sa détention.”Comme il conteste sa culpabilité” et qu’il “est victime d’une erreur judiciaire”, “nous avons fait appel pour qu’il soit libéré”, avait précisé à l’AFP son avocate, Maria Marcu, avant son renvoi du pays.Mohamed Amra a été arrêté samedi en Roumanie où il vivait avec de faux papiers depuis le 8 février après avoir été installé par des complices dans un appartement de la banlieue de Bucarest, selon la police roumaine. “L’hypothèse la plus probable” est qu’il soit resté en France, jusqu’à son départ en Roumanie début février, a confié une source proche de l’enquête lundi à l’AFP.Surnommé la “mouche”, Mohamed Amra attendait de faire de la chirurgie esthétique avant de fuir en Colombie, sans toutefois avoir encore entrepris de démarches concrètes, selon les autorités roumaines.Il avait été détenu sous haute sécurité en l’attente de son renvoi vers la France.- Sécurité renforcée pour son transfert – Selon la procureure de Paris, Laure Beccuau, une réunion a eu lieu lundi pour étudier dans quelle prison française il serait incarcéré à son retour.Sa remise “se fera sous les conditions de sécurité les plus hautes, les plus renforcées”, a-t-elle indiqué sur franceinfo, tout en insistant sur l’importance du “secret” dans cette enquête de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco).”Gérald Darmanin a demandé que Mohamed Amra soit placé dans un quartier d’isolement, dans un établissement pénitentiaire présentant un très haut niveau de sécurité”, a souligné de son côté l’entourage du ministre français de la Justice.Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu avait été extrait de sa cellule en Normandie, dans l’ouest de la France, pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en avait alors profité pour attaquer à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon dans lequel il se trouvait, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres. Trois jours après son arrestation en Roumanie, 22 personnes se trouvent toujours en garde à vue en France, a indiqué Mme Beccuau mardi matin. Deux Français ont été arrêtés au Maroc et un autre homme en Espagne. “Un certain nombre de membres du commando pourraient se trouver au sein de ces gardes à vue”, a poursuivi Mme Beccuau. “L’ensemble des auditions permettront de crédibiliser ou pas les pistes que nous avons pu construire”.Selon elle, “dans son environnement, il y a effectivement un certain nombre de personnes qui peuvent appartenir” à la “Black Mafia Family”, une organisation criminelle spécialisée dans le trafic de stupéfiants, “dont l’activité mérite d’être creusée”.Selon une source proche du dossier, deux nouvelles interpellations ont eu lieu en France dans la nuit de lundi à mardi.Preuve du caractère hors norme de l’enquête sur son évasion: tout au long de sa cavale, “100 à 150” enquêteurs de la police judiciaire ont travaillé au quotidien sur ce dossier devenu symbole de l’emprise du narcotrafic en France, a rappelé lundi Christian Sainte, le patron de la police judiciaire.

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“Question de survie” : le monde se dispute à Rome sur le financement de la sauvegarde de la nature

Les négociations des Nations unies sur la protection de la nature ont repris mardi à Rome avec un appel à s’unir pour “soutenir la vie sur la planète” et surmonter la dispute financière Nord-Sud à l’origine de l’échec du sommet initial en Colombie.La ministre colombienne Susana Muhamad, qui préside la 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), a rappelé que les pays avaient entre leurs mains “la mission la plus importante de l’humanité au XXIe siècle, c’est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète”.Face à elle, 154 pays, sur les 196 signataires de la CDB, ont pris place en milieu de matinée dans la grande salle du siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dominant les ruines du Circus Maximus sous une pluie fine.Objectif de leurs retrouvailles pour trois jours : mettre fin à la dispute qui les avait conduit, le 2 novembre à Cali, à brutalement interrompre la COP16 après une nuit blanche de négociations supplémentaires.La controverse porte sur le financement de l’accord de Kunming-Montréal de 2022 et de sa feuille de route, destinée à arrêter d’ici à 2030 la destruction de la nature qui menace l’alimentation de l’humanité, sa santé, la régulation du climat et la prospérité de tous les écosystèmes de la planète.Ce programme “a le pouvoir d’unifier le monde”, “ce qui n’est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel”, a exhorté Susana Muhamad.Son appel a été suivi de trois heures de discours des pays reprenant peu ou prou les mêmes positions qu’à Cali, mais à fleurets mouchetés, entre pays riches, toujours hostiles à la création d’un nouveau fonds, et monde en développement réclamant le respect de leurs engagements.Les pays développés sont tenus de fournir 20 milliards de dollars d’aide annuelle pour la nature d’ici à 2025 et n’ont atteint qu’environ 15 milliards en 2022, selon l’OCDE. “Sans cela, la confiance pourrait être rompue”, a averti la déléguée du Panama. Résoudre la “crise de la biodiversité (…) est une question de survie pour les écosystèmes, l’économie et l’humanité (…), le monde n’a plus le temps”.”Nous ne pouvons pas répéter les échecs du financement de la lutte contre le changement climatique”, a-t-elle ajouté.- Nouveau fonds ? -Les pays en développement, sous la direction du Brésil et du groupe africain, réclament la création d’un nouveau fonds consacré à la biodiversité et placé sous l’autorité de la COP, comme prévu par le texte de la convention de 1992.Mais les pays développés – menés par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur – y sont très hostiles : ils dénoncent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement en cours des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Vendredi, la présidence colombienne a rendu publique une proposition de compromis qui contient une feuille de route pour réformer d’ici à 2030 les différents systèmes à l’origine des flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature, répondant aux difficultés des pays pauvres et endettés.Le document prévoit d'”améliorer les performances” du Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire modestement dotée (400 millions de dollars). Il envisage aussi qu’une institution financière, déjà existante ou à créer, soit à terme placée sous l’autorité de la COP.La plupart des pays en développement ont réclamé mardi de revenir au compromis qui était sur la table à Cali, prévoyant explicitement la création d’un nouveau fonds. Les quelque 300 représentants des pays, renforcés à partir de mercredi par 25 ministres ou équivalents, ont jusqu’à jeudi, voire vendredi pour trouver une solution, dans un contexte géopolitique défavorable. Après l’échec de Cali, le multilatéralisme environnemental avait subi un autre coup avec l’issue, jugée décevante, de la COP29 sur le climat, là encore en raison d’une dispute concernant l’aide des pays riches en vertu de leur responsabilité historique. Puis, en décembre, la conférence de l’ONU sur la désertification en Arabie saoudite et les négociations en Corée du Sud sur un traité mondial contre la pollution par le plastique se sont conclues sans succès.

Procès Le Scouarnec: la personnalité de l’accusé au coeur du deuxième jour d’audience

Le procès de Joël Le Scouarnec, jugé depuis lundi par la cour criminelle du Morbihan pour des viols et agressions sexuelles sur 299 jeunes victimes, a repris mardi pour une deuxième journée où doit être sondée la personnalité de l’ancien chirurgien, avec le témoignage attendu de son ex-épouse.Défileront à la barre un enquêteur de personnalité mais surtout les trois enfants de l’accusé et leur mère, qui affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari. Malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et malgré une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.”Je n’étais pas au courant de ses penchants, de ses poupées. Je n’ai eu connaissance de ses cahiers qu’après son interpellation”, assurait-elle début février dans une interview au quotidien Ouest-France.Pauline, une des victimes, confiait à l’AFP avant l’audience son espoir d’avoir “des réponses”. “J’espère qu’elle va nous dire la vérité surtout. On attend de savoir si elle ne savait pas ou s’il nous ment (…) On a beaucoup de doutes”.”Aujourd’hui, je trouve que c’est une étape importante du procès, vraiment (…) Et ce serait bien de savoir le début de l’histoire, même si ça n’enlève rien à ce qu’il nous a fait, parce que c’est atroce”, a ajouté Pauline.- “ce silence” -Pour la Fondation pour l’enfance, qui s’est constituée partie civile, l’enjeu de l’audience est que les victimes aient “quelques réponses à leurs questions” et des clés de compréhension du “fonctionnement familial”: “pourquoi ce silence, pourquoi cette incapacité à parler, (…) quels ont pu être les blocages familiaux, notamment de son ex-femme, mais qui sont des blocages finalement assez classiques dans notre société”, a déclaré Joëlle Sicamois, sa directrice.Lundi, l’accusé, âgé de 74 ans, crâne chauve entouré de cheveux blancs, porteur de lunettes et vêtu d’une veste noire, a pris la parole pour la première fois. “Si je comparais devant vous c’est qu’effectivement un jour, alors que pour la plupart ce n’étaient que des enfants, j’ai commis des actes odieux”, a-t-il déclaré en fin d’audience, d’une voix hésitante.”Je suis parfaitement conscient aujourd’hui que ces blessures sont ineffaçables, irréparables”, a-t-il ajouté, disant vouloir “assumer la responsabilité” de ses actes.Au cours d’un propos liminaire, la présidente de la cour Aude Buresi a assuré à l’accusé que “devant cette cour, vous n’êtes ni un objet de curiosité, ni un sujet d’études, ni un débat de société. Mais un justiciable avec un certain nombre de droits”.Selon Me Cécile de Oliveira, qui défend plusieurs victimes, Joël Le Scouarnec réagit “sur un ensemble de crimes et de délits qui lui sont reprochés, qui est une litanie extrêmement longue (…) et je dirais qu’il réagit d’une manière ultra adaptée, parce que je pense que c’est un homme qui sait s’adapter d’une façon exceptionnelle”.- “pédophile” revendiqué -L’audience de lundi a donné lieu à une passe d’armes entre avocats de parties civiles, certains dénonçant la constitution de parties civiles du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Morbihan, dont ils dénoncent l’inaction.L’avocate Negar Haeri a rappelé que le CNOM “défend les intérêts collectifs de la profession, qui ont été salis par les agissements reprochés à Joël Le Scouarnec, la place du conseil est donc sur le banc des parties civiles aux cotés des victimes”.L’ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et des fichiers le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Ses journaux intimes, et l’ampleur inédite de cette affaire, ont été découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans plusieurs hôpitaux de l’ouest de la France.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies dans ses écrits, est jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.Le verdict est attendu le 6 juin.