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Au 3e jour d’audience, l’ex-épouse de Le Scouarnec très attendue par les parties civiles

Au troisième jour du procès de Joël Le Scouarnec, jugé à Vannes pour violences sexuelles sur 299 patients, la cour criminelle poursuivra mercredi l’audition de proches du médecin pédocriminel, notamment son ex-épouse dont le témoignage est très attendu par les victimes.Après une journée dense mardi où deux des fils de l’ex-chirurgien ont dressé à la barre le portrait d’une famille hantée par les non-dits et les actes d’un grand-père incestueux, évoquant un père modèle dont la “perversion a explosé comme une bombe atomique”, la présidente Aude Buresi entendra mercredi après-midi Marie-France, qui n’a divorcé qu’en 2023 de Joël Le Scouarnec.Elle affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur les penchants pédophiles de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes, et une lettre manuscrite datant de 2010, versée au dossier.Arrivée mardi au tribunal de Vannes le visage dissimulé par une ample capuche noire et un masque chirurgical bleu, elle sera finalement auditionnée mercredi en deuxième partie d’audience, qui débute à 13H00. Avant elle, d’autres proches de l’ex-chirurgien témoigneront.De nombreuses victimes, pour la plupart mineures lors des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans plusieurs hôpitaux de l’ouest de la France, attendent avec impatience sa prise de parole, espérant des “réponses” sur l’étendue de sa connaissance des faits.Amélie Lévêque, que Joël Le Scouarnec est accusé d’avoir violée quand elle avait neuf ans alors qu’il exerçait à la clinique de Loches (Indre-et-Loire), confie mardi soir à l’AFP avoir “des attentes énormes” concernant l’ex-épouse.”Elle est l’adulte qui, sous couvert de préserver ses enfants, a gardé secrets tous les sévices de son mari”, dénonce-t-elle. “J’ai beaucoup de colère contre elle et j’espère qu’elle aura un mot pour nous, victimes.””Nous sommes des victimes dont un bon nombre aurait pu être évité.”- Silences -Le plus souvent immobile, comme figé, dans son box vitré, Joël Le Scouarnec laissera-t-il percevoir un éventuel trouble de revoir celle qu’il a toujours qualifiée d'”unique femme de sa vie” auprès des enquêteurs ?Mardi, il a plusieurs fois pris son visage entre ses mains, semblant pleurer, lorsque deux de ses fils ont pris la parole.Tous deux, âgés de 37 et 42 ans, ont décrit une enfance heureuse, un père qui leur a transmis des “valeurs”.Mais le plus âgé a aussi décrit les nombreuses violences sexuelles que son grand-père paternel lui faisait subir entre ses cinq et 10 ans.Des agressions qu’il a longtemps tues auprès de ses parents, dans une famille où le silence était la règle. Marie-France ainsi avoue à son fils avoir été elle aussi “abusée” par “plusieurs personnes”, mais sa confidence ne suscitera aucune question.Idem, lorsqu’en 2004 les gendarmes saisissent les disques durs de Le Scouarnec et qu’il est condamné un an plus tard à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.”Quand on est condamné, on revient pas à la maison à 18H00 comme si de rien n’était”, s’étonne-t-il encore. Mais il ne questionne pas son père et ce n’est qu’en 2017, affirme-t-il, que “sa perversion a explosé comme une bombe atomique dans la famille”.- Visages “incompatibles” -Pour Me Marie Grimaud, qui représente 39 victimes dont trois qui étaient des amies d’enfance des fils Le Scouarnec, les frères “font face à un père et à un homme, deux visages totalement incompatibles”.”C’est une famille où la parole ne circulait pas. Les tabous existaient, les non-dits étaient là”, a-t-elle analysé, soulignant “la dynamique de l’inceste”.L’avocat de la défense, Me Maxime Tessier, a rappelé que “les enfants ne peuvent jamais être tenus pour responsables des crimes qui sont commis par leur père et que lui-même a reconnus”.L’ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et fichiers les informations liées à ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Il a déjà été condamné en 2020 à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces.Mardi, il a demandé “pardon” à ses fils pour la “dévastation” qu’il a causée au sein de sa famille.

Seine-Saint-Denis: un homme porteur de couteaux tué par la police

Un homme porteur de couteaux et qui s’était “jeté” sur un équipage de policiers “sans dire un mot” a été tué par la police mercredi matin à Dugny (Seine-Saint-Denis), a appris l’AFP auprès de la préfecture de police de Paris.L’un des policiers a d’abord utilisé un “pistolet électrique”, sans effet, a précisé la préfecture de police.Un autre agent a alors “fait usage de son arme”, blessant au thorax l’homme qui est mort malgré les soins prodigués, a encore dit cette source.Les faits ont eu lieu vers 7H00 du matin. Les “policiers locaux sont intervenus pour un homme assis à un arrêt de bus, porteur d’un couteau dans chaque main”, a détaillé la préfecture de police. “À l’arrivée de l’équipage”, l’homme s’est “jeté sur eux, sans dire un mot”, a-t-on poursuivi de même source. Un “massage cardiaque a été prodigué jusqu’à l’arrivée des pompiers”, a encore dit cette source. “En dépit des soins apportés, l’homme est décédé”, a-t-elle précisé. La sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis a été saisie de l’enquête. Ainsi que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) comme c’est l’usage lorsqu’un policier tire avec son arme de service.Un total de 36 personnes sont mortes en 2023 dans le cadre d’une intervention policière, selon les derniers chiffres communiqués par l’IGPN.

Des patrons de la distribution au Salon de l’agriculture, vraie avancée ou “coup de com'”?

Des patrons de la grande distribution au Salon de l’agriculture mercredi, invités par Karine Le Marchand: motif d’espoir pour la rémunération du monde agricole, ou “énième coup de communication”, comme le disent les transformateurs de l’agro-industrie ? Les rapports restent tendus dans la chaîne alimentaire française.François-Xavier Huard, président de la Fédération patronale de l’industrie laitière (Fnil), a osé l’humour: “L’amour est peut-être dans le pré, mais pas dans les salles de négociations” où les entreprises du secteur agro-industriel négocient jusqu’au 1er mars avec leurs clients de la grande distribution les conditions de commercialisation d’une large partie de ce qui sera vendu en magasins en 2025.Il faisait référence à l’émission de téléréalité de Karine Le Marchand où des agriculteurs cherchent l’amour. L’animatrice, soutien revendiqué du monde agricole, a organisé une prise de parole des patrons de la grande distribution, lors du Salon international de l’agriculture (SIA) mercredi.A l’exception de Michel-Edouard Leclerc, les figures les plus médiatiques du secteur sont annoncées à partir de 09H00 au Salon: Alexandre Bompard (Carrefour), Thierry Cotillard (Mousquetaires/Intermarché), Dominique Schelcher (Coopérative U), Guillaume Darrasse (Auchan) et Philippe Palazzi (Casino). A elles cinq, ces enseignes représentent près des deux tiers des parts de marchés du gigantesque secteur de la grande distribution alimentaire.- “Détourner l’attention” -L’objectif est de présenter des “actions pour soutenir l’agriculture française”, alors que la grande distribution est accusée de tirer les prix vers le bas dans une stratégie préjudiciable aux agriculteurs. “A force de croiser des Français qui me disent +Comment on peut aider nos petits agriculteurs?+ Je me suis dit, il faut qu’on inverse la chose et qu’on passe par la source, la grande distribution”, a expliqué Karine Le Marchand, invitée de RTL mercredi matin. “L’arme suprême” pour trouver des solutions pour les agriculteurs “vient des consommateurs, et du porte-monnaie”, selon la présentatrice.Depuis des mois, les distributeurs multiplient les annonces affirmant leur prise en compte des inquiétudes du monde agricole. Les enseignes présentes mercredi au Salon vont proposer “des aides concrètes”, notamment concernant le problème de “la surproduction”, a indiqué la présentatrice vedette sur RTL. Des propositions qui porteront leurs fruits seulement “si les consommateurs suivent”, a-t-elle insisté. Reste le scepticisme suscité par cette initiative, taclée mardi par l’Ania (Association nationale des industries alimentaires): le représentant des agro-industriels qui transforment le blé en farine ou biscuits ou les légumes en salades composées y voit un “énième coup de communication” visant à “détourner l’attention”.”Non”, cette initiative au Salon de l’agriculture avec Karine Le Marchand “n’est pas un coup de communication”, a rétorqué sur X le patron de Coopérative U, Dominique Schelcher, assurant n’avoir “pas besoin de cela pour agir avec le monde agricole”.Quant à la fédération des supermarchés (FCD), elle a assuré que les “distributeurs respectent la sanctuarisation de la matière première agricole, comme l’exige la loi Egalim”.- Importants partenaires -Pour habituelle qu’elle soit à quelques jours de la fin des négociations annuelles, la passe d’armes témoigne de la défiance entre ces géants économiques qui, malgré les joutes verbales, restent d’importants partenaires commerciaux.En décembre, Nicolas Facon, nouveau PDG de l’Ilec, porte-voix en France des gros industriels, avait dit à l’AFP souhaiter que l’ensemble des parties prenantes se mettent autour de la table pour réfléchir aux défis posés à la chaîne alimentaire, “la souveraineté alimentaire, notre compétitivité, la relance de la consommation et du pouvoir d’achat” ou la transition environnementale.Depuis, les industriels ont une nouvelle fois regretté les tensions dans les négociations pour 2025, tandis que les distributeurs ont eux déploré des demandes de hausses de tarifs très élevées, voire injustifiées, de la part de certains fabricants.Mi-février, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait dit dans La Tribune vouloir “ajuster” le dispositif législatif Egalim, censé garantir une meilleure rémunération des agriculteurs. Elle avait précisé que les négociations commerciales se tenant actuellement allaient influer sur “les contours du projet de loi”, qui pourrait être présenté d’ici l’été.A noter toutefois que la grande distribution n’est qu’un des débouchés de la production agricole, aux côtés de la restauration ou des grossistes par exemple. Selon la déléguée générale de la FCD Layla Rahhou, les grandes et moyennes surfaces commercialisent “36% de la production française” agricole dans leurs rayons.

Femmes et hommes ne sont pas égaux face à l’alcool, avertissent les autorités de santé

Femmes et hommes ne sont pas égaux face à l’alcool: il entraîne chez elles des dommages plus graves, plus rapides ou spécifiques comme le cancer du sein, des risques pas assez évalués et accompagnés au plan médical, estime mercredi la Haute Autorité de santé (HAS).Les professionnels de santé, médecins généralistes, infirmiers, kinés, diététiciens mais aussi travailleurs sociaux… doivent être sensibilisés aux spécificités de l’exposition des femmes à l’alcool, au-delà des périodes de grossesse et de maternité, affirme la HAS qui publie à leur intention des documents d’information.En abordant ce sujet régulièrement en consultation, comme ils le font pour le tabagisme ou l’activité physique, tout “en veillant à éviter tout jugement moral”, ils pourront accompagner les femmes “dans la compréhension de leurs usages et la diminution de leurs risques”, tout en respectant “leurs choix, leurs priorités et leur intimité”, dit-elle.Car du fait de “son impact hormonal, sur la vie génitale, la santé sexuelle, l’intimité, la procréation, la périnatalité et son effet cancérigène”, la consommation d’alcool est “un sujet de santé globale” pour les femmes, dès leur plus jeune âge et à toutes les étapes de leur vie, souligne la HAS.Or “l’anxiété, la dépression, les traumatismes notamment sexuels y compris infantiles”, qui favorisent la consommation d’alcool sont plus fréquents chez les femmes, soumises à des “injonctions normatives, esthétiques, conjugales, familiales, sources de stress, de stigma et de honte”, qui les poussent à dissimuler cette consommation.Les femmes sont aussi victimes de violences intrafamiliales et d’agressions, notamment sexuelles, du fait des usages de leur entourage.Au plan social, jugées “encore plus négativement” que les hommes en difficulté avec leur consommation d’alcool, dit la HAS, elles souffrent d'”une sous-évaluation médicale” et d'”un moindre accès aux aides disponibles”.Des dispositifs adaptés existent pourtant: consultations dédiées dans des centres de soins d’accompagnement et de prévention des addictions (CSAPA), plateforme Alcool info service, groupes de parole d’associations d’entraide.L’Autorité alerte aussi sur la consommation d’alcool des hommes lors de la conception d’un enfant: “les troubles du spectre de l’alcoolisation foetale peuvent aussi résulter de leurs usages -via la toxicité de l’alcool transmise par les spermatozoïdes- et non pas uniquement de ceux des femmes durant la grossesse”.”Face à ces risques, le principe de précaution consiste en l’arrêt de toute consommation d’alcool dès le désir d’enfant ou l’arrêt d’une contraception, pour la femme jusqu’à la fin de l’allaitement, pour l’homme jusqu’au diagnostic de grossesse”, tranche-t-elle. 

Assistante maternelle, un métier en déclin à réinventer

Les assistantes maternelles représentent plus de la moitié des places d’accueil des tout-petits, mais sont pourtant toujours moins nombreuses. Celles qu’on appelait autrefois “nounous”, revendiquent la reconnaissance d’un “vrai métier” et d’un statut protecteur.”En plus du +nursing+, on nous demande d’être psychologue, infirmière, commerciale, cuisinière, comptable, avec des parents de plus en plus procéduriers et exigeants”, souffle Muriel Mobio, 59 ans, épuisée par une longue journée de travail auprès des quatre petits dont elle s’occupe.Cofondatrice d’une MAM (maison d’assistantes maternelles) à Bordeaux après une première carrière dans le social, elle gagne environ 1.800 euros nets par mois, dont une bonne partie rembourse le prêt contracté pour acheter l’appartement où elle et son associée accueillent les enfants.Avec un âge moyen de 48,6 ans, le nombre d’assistantes maternelles ne cesse de décroître: elles étaient 227.100 en 2023, contre 308.900 en 2016, selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la petite enfance (Onape).Les départs à la retraite, le plus souvent non remplacés, feraient perdre l’équivalent de 377.600 places d’accueil d’ici 2030, alerte l’Observatoire de l’emploi à domicile, alors que le gouvernement évoque un manque de 200.000 places d’accueil pour les tout-petits.”Vous travaillez chez vous, vous ne sortez jamais. Je ne pense pas que ce soient les attentes des professionnels de nos jours. En terme de reconnaissance sociale, c’est zéro”, soutient Cyrille Godfroid, co-secrétaire général du syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE).”C’est un métier totalement invisible”, estime-t-il.- “Au pied du mur” -“On est au pied du mur car ces places d’accueil détruites ne pourront pas être résorbées par les crèches où il y a aussi une importante pénurie de professionnels”, alerte le responsable syndical.Manon Godefroit en sait quelque chose. Cette avocate a vécu un parcours du combattant dès le premier trimestre de grossesse pour trouver un mode de garde à Bordeaux.Exit d’abord les crèches municipales où la plupart des places se libèrent en septembre. “Après des dizaines et des dizaines d’appels à des nounous, qui n’avaient plus de places, on en a rencontrées quatre ou cinq, mais clairement c’était nous qui passions l’entretien d’embauche”, raconte à l’AFP cette femme de 28 ans qui a fini par trouver une assistante maternelle mais en repoussant de quelques semaines sa reprise professionnelle.Car l’offre se réduit en Gironde, comme au niveau national. Elles étaient environ 8.000 assistantes maternelles agréées fin 2024, contre 10.700 en 2015, indique le département. Et seulement 9% d’entre elles exercent à Bordeaux, là où la demande des parents est la plus importante.”Le nombre d’assistantes maternelles rapporté au nombre d’enfants de moins de trois ans est plus élevé dans les zones rurales”, souligne l’Onape.- “Pas un métier” -Cet écart entre l’offre et la demande est directement lié au coût l’immobilier en ville, puisque les assistantes maternelles travaillent chez elles ou bien dans un tiers-lieu dans le cas des MAM.Mme Mobio “a même dû acheter un appartement car les propriétaires et bailleurs sociaux refusaient de louer à une MAM”.Si elle apprécie “une forme de liberté professionnelle, qui n’a pas de prix”, avec un projet qui lui ressemble, cofondé avec son associée et sans hiérarchie, elle reconnaît qu’il “n’y a pas de perspective d’évolution pour les jeunes”.”Il nous manque une véritable reconnaissance. On est salarié avec des parents employeurs mais sans tous les bénéfices des salariés +lambdas+”, regrette-t-elle, énumérant la possibilité de perdre un contrat du jour au lendemain, l’absence de mutuelle, de RTT ou de 13e mois et l’achat du matériel de travail avec son salaire.”C’est un métier où on se trouve avec énormément d’exceptions par rapport au cadre salarié normal, avec par exemple un smic horaire ridicule” d’environ 4 euros, abonde le secrétaire national du SNPPE.Il appelle donc l’État à le rendre plus attractif au niveau salarial, en développant notamment les crèches familiales où les assistantes maternelles sont embauchées par la structure et non plus par les parents.Et à le revaloriser socialement.”On nous appelle encore des +nounous+. Quand on t’appelle comme ça, c’est pas un métier”, sourit Muriel Mobio.

“Contrôler” l’immigration: Bayrou réunit ses ministres sur fond de tensions avec Alger

Pour débattre des moyens visant à “reprendre le contrôle des flux migratoires” et définir ses “orientations” en la matière, François Bayrou réunit mercredi une partie de son gouvernement, divisé sur le sujet, sur fond de tensions croissantes avec Alger.A partir de 14H00, une dizaine de ministres seront rassemblés autour du Premier ministre pour un “Conseil interministériel de contrôle de l’immigration” (CICI). Ils discuteront notamment de “la maîtrise des flux migratoires” et des moyens “nationaux, européens et diplomatiques pour renforcer les contrôles”, a appris l’AFP auprès de Matignon.A l’issue de ce premier échange prévu pendant une bonne heure, François Bayrou prendra la parole, selon la même source.Les ministres Bruno Retailleau (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), Catherine Vautrin (Santé et Travail), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail), Gérald Darmanin (Justice) et Yannick Neuder (Santé), entre autres, aborderont également la transposition du “Pacte européen asile et migration” – adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026 -, qui prévoit un durcissement du “filtrage” aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27.Créé en 2005, le CICI a été réactivé par M. Retailleau “dans le contexte d’une immigration importante” et “pour répondre aux attentes des Français en faveur d’une plus grande maîtrise des flux migratoires”, par un décret du 22 janvier.Annoncé fin janvier puis reporté, ce rendez-vous se tiendra finalement après l’attaque survenue samedi à Mulhouse (Haut-Rhin), dans laquelle un Algérien de 37 ans en situation irrégulière est accusé d’avoir tué à l’arme blanche une personne et d’en avoir blessé sept autres.”Il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d’origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois, la réponse a été non”, a dénoncé lundi François Bayrou, jugeant “inacceptable” le refus d’Alger de reprendre son ressortissant, sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).Cette nouvelle affaire vient aggraver un peu plus les tensions entre Paris et Alger, qui a refusé à de multiples reprises ces dernières semaines de laisser entrer sur son sol plusieurs de ses ressortissants expulsés de France. – “Bras de fer” ou diplomatie -Ainsi, la question algérienne devrait notamment être au menu des discussions du CICI, alors que Paris tente de trouver des réponses face à Alger. Plusieurs pistes ont été évoquées ces dernières semaines mais divisent profondément le gouvernement entre les partisans du “rapport de force”, à l’instar de Bruno Retailleau, et ceux qui plaident pour la voie diplomatique comme Jean-Noël Barrot.Ainsi, le ministre de l’Intérieur a récemment plaidé pour “priver un certain nombre de personnalités, de la nomenklatura, de diplomates” des “facilités” dont ils bénéficient actuellement. Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot a, lui, annoncé mardi soir que des “mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens” avaient été prises, sans préciser depuis quand.Mercredi il a indiqué sur France 2 qu’il allait proposer que les délivrances de visas soient réduites “par tous les pays européens en même temps” pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.A l’inverse, il propose que l’UE baisse les droits de douanes pour les pays avec qui la coopération pour la reprise de leurs ressortissants s’améliore. “C’est un levier qui est particulièrement puissant”, selon lui.”On n’est pas obligé d’avoir des visas en quantité aussi importante”, a pour sa part affirmé lundi la porte-parole du gouvernement Sophie Primas, suggérant de “cibler un certain nombre de personnes qui sont importantes dans les relations (franco-algériennes) et ne plus leur donner de visas”.Le ministre de l’Intérieur est allé plus loin suggérant, comme Edouard Philippe et Gabriel Attal, de “remettre en cause de façon plus générale des accords” avec l’Algérie de 1968. “La question n’est pas forcément d’être aussi abrupt que ça, mais en tout cas la question doit être posée aux Algériens de la réciprocité”, a jugé mardi Marc Fesneau (chef de file des députés Modem et proche du Premier ministre).”Nous avons tendu beaucoup de fois la main auprès de nos amis algériens et beaucoup de fois cette main n’a pas été saisie”, a-t-il encore relevé, estimant qu'”il faut peut-être changer de registre et de braquet”.bat-gbh-are-mra/ito/sp

Rénovés, reloués, vides… Où sont passés les logements G ?

Loin d’avoir disparu du marché locatif, les logements très énergivores sont petit à petit rénovés, après l’interdiction de les louer depuis le 1er janvier, même si quelques situations de blocage ou de contournement persistent. Selon ses détracteurs, la loi Climat et résilience, qui bloque la location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE), devait provoquer le retrait de 567.000 logements du marché locatif et ainsi accentuer la crise du logement, en plus de placer les propriétaires dans une situation financière ubuesque.”L’impact va être étalé”, concède Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui calcule qu’en moyenne, 15.750 baux arrivent à échéance par mois et assure qu'”aucune relocation ne peut se faire pour un logement classé G, sans travaux de rénovation énergétique”. Dans les faits, réaliser des travaux n’est pas forcément simple: ils coûtent plusieurs milliers d’euros, peuvent réduire l’espace intérieur du logement, nécessiter l’aval de l’assemblée de copropriétaires dans certains cas, voire entraîner des travaux effectués à l’échelle de la copropriété. – “Coincé” -Dans le pays de Gex, à deux pas de Genève, Anthony, 28 ans, se dit “dans une impasse”. Dès l’achat en 2024 d’un studio destiné à la location, il avait l’intention de faire des travaux pour passer d’une étiquette énergétique G à une D. “On a fait 30 demandes de devis, mais on n’arrive à trouver personne qui accepte de faire les travaux”, déplore ce directeur commercial.Compte tenu des revenus très attractifs en Suisse, son “petit chantier n’intéresse aucun artisan” de la région. Et au sein de la copropriété, “la plupart sont des propriétaires occupants, donc ils n’ont pas de souci pour louer et ils ne font pas de travaux”. “On veut faire les choses bien, mais on est coincé”, déplore Anthony, qui va remettre son studio en location au départ de sa locataire actuelle fin février, probablement sans difficulté car “le marché est ultra tendu” dans le pays de Gex. Parmi les logements G dont le bail est arrivé à échéance, “la moitié sont en attente de devis ou de réalisation des travaux, 30% sont récupérés pour faire autre chose – donc vente, location de gré à gré – et 20% sont en attente et vacants, le propriétaire ne sait pas encore quoi faire”, estime Danielle Dubrac, présidente du l’Union des professionnels de l’immobilier (Unis), en se basant sur les retours exprimés par les adhérents de la commission gestion locative du syndicat.- Rénovation et triche -“Il y a des efforts de rénovation qui sont faits”, conclut Thomas Lefebvre, vice-président chargé des données du groupe SeLoger, prenant pour preuve une division par plus de deux de la part des annonces de logements G mises en ligne sur le site de SeLoger entre janvier 2022 et 2025.Selon le gouvernement, 191.000 passoires énergétiques ont été rénovées entre 2023 et 2024 au sein du parc locatif privé.”Même si forcément il y a des gens qui trichent”, ajoute Thomas Lefebvre. Les annonces sans DPE renseigné ont étrangement augmenté depuis l’été dernier.M. Cantin commence à observer “un glissement des propriétaires, qui passent outre les conseils des professionnels, et décident de louer quand même, eux-mêmes, sans intermédiaire”, et ce surtout en zone tendue où “on trouvera toujours des locataires”. Tricher n’est pas du tout la volonté de Soumya, 37 ans, qui essaie depuis décembre de louer un logement situé à Bourges et classé G. Mal informée sur la réglementation, elle avoue “ne pas avoir prêté attention” à la classe énergétique au moment de l’achat du bien. Soumya raconte à l’AFP avoir “investi 15.000 euros de travaux pour tout refaire à neuf : peintures, sols…”, mais rien pour l’isolation ni le chauffage. Désormais dans l’incapacité de remettre au pot, sans idée pour sortir de cette situation et avec d’importantes charges de copropriété à payer, elle conserve son annonce et espère amortir les frais engagés.”Mon intention, c’était d’investir pour moi pour la suite et de fournir un logement à des étudiants”, assure-t-elle. “Si d’ici septembre il n’est pas loué, peut-être que je vendrai.” 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Rénovés, reloués, vides… Où sont passés les logements G ?

Loin d’avoir disparu du marché locatif, les logements très énergivores sont petit à petit rénovés, après l’interdiction de les louer depuis le 1er janvier, même si quelques situations de blocage ou de contournement persistent. Selon ses détracteurs, la loi Climat et résilience, qui bloque la location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE), devait provoquer le retrait de 567.000 logements du marché locatif et ainsi accentuer la crise du logement, en plus de placer les propriétaires dans une situation financière ubuesque.”L’impact va être étalé”, concède Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui calcule qu’en moyenne, 15.750 baux arrivent à échéance par mois et assure qu'”aucune relocation ne peut se faire pour un logement classé G, sans travaux de rénovation énergétique”. Dans les faits, réaliser des travaux n’est pas forcément simple: ils coûtent plusieurs milliers d’euros, peuvent réduire l’espace intérieur du logement, nécessiter l’aval de l’assemblée de copropriétaires dans certains cas, voire entraîner des travaux effectués à l’échelle de la copropriété. – “Coincé” -Dans le pays de Gex, à deux pas de Genève, Anthony, 28 ans, se dit “dans une impasse”. Dès l’achat en 2024 d’un studio destiné à la location, il avait l’intention de faire des travaux pour passer d’une étiquette énergétique G à une D. “On a fait 30 demandes de devis, mais on n’arrive à trouver personne qui accepte de faire les travaux”, déplore ce directeur commercial.Compte tenu des revenus très attractifs en Suisse, son “petit chantier n’intéresse aucun artisan” de la région. Et au sein de la copropriété, “la plupart sont des propriétaires occupants, donc ils n’ont pas de souci pour louer et ils ne font pas de travaux”. “On veut faire les choses bien, mais on est coincé”, déplore Anthony, qui va remettre son studio en location au départ de sa locataire actuelle fin février, probablement sans difficulté car “le marché est ultra tendu” dans le pays de Gex. Parmi les logements G dont le bail est arrivé à échéance, “la moitié sont en attente de devis ou de réalisation des travaux, 30% sont récupérés pour faire autre chose – donc vente, location de gré à gré – et 20% sont en attente et vacants, le propriétaire ne sait pas encore quoi faire”, estime Danielle Dubrac, présidente du l’Union des professionnels de l’immobilier (Unis), en se basant sur les retours exprimés par les adhérents de la commission gestion locative du syndicat.- Rénovation et triche -“Il y a des efforts de rénovation qui sont faits”, conclut Thomas Lefebvre, vice-président chargé des données du groupe SeLoger, prenant pour preuve une division par plus de deux de la part des annonces de logements G mises en ligne sur le site de SeLoger entre janvier 2022 et 2025.Selon le gouvernement, 191.000 passoires énergétiques ont été rénovées entre 2023 et 2024 au sein du parc locatif privé.”Même si forcément il y a des gens qui trichent”, ajoute Thomas Lefebvre. Les annonces sans DPE renseigné ont étrangement augmenté depuis l’été dernier.M. Cantin commence à observer “un glissement des propriétaires, qui passent outre les conseils des professionnels, et décident de louer quand même, eux-mêmes, sans intermédiaire”, et ce surtout en zone tendue où “on trouvera toujours des locataires”. Tricher n’est pas du tout la volonté de Soumya, 37 ans, qui essaie depuis décembre de louer un logement situé à Bourges et classé G. Mal informée sur la réglementation, elle avoue “ne pas avoir prêté attention” à la classe énergétique au moment de l’achat du bien. Soumya raconte à l’AFP avoir “investi 15.000 euros de travaux pour tout refaire à neuf : peintures, sols…”, mais rien pour l’isolation ni le chauffage. Désormais dans l’incapacité de remettre au pot, sans idée pour sortir de cette situation et avec d’importantes charges de copropriété à payer, elle conserve son annonce et espère amortir les frais engagés.”Mon intention, c’était d’investir pour moi pour la suite et de fournir un logement à des étudiants”, assure-t-elle. “Si d’ici septembre il n’est pas loué, peut-être que je vendrai.” 

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Munich Re prévoit 1,2 millard de charges pour les incendies record de Los Angeles

Le premier réassureur mondial Munich Re a indiqué mercredi que les incendies record qui ont frappé Los Angeles et sa région en janvier pourraient lui coûter 1,2 milliard d’euros.Cette estimation “reste incertaine à ce stade en raison de la complexité du sinistre”, a indiqué le groupe munichois, dont le métier est de garantir les risques financiers pris par les assureurs, selon un communiqué. “Il est déjà clair qu’il s’agit du plus grand sinistre lié aux feux de forêt jamais enregistré par l’industrie de l’assurance”, a-t-il ajouté.La société météorologique privée AccuWeather a estimé les pertes économiques globales à entre 250 et 275 milliards de dollars, dont une partie seulement concernent des pertes assurées. Munich Re va ressentir l’impact de cette catastrophe sur le premier trimestre de 2025. Pour l’année 2024, il a fait état d’un bénéfice net de 5,7 milliards d’euros en 2024, meilleur que les 5 milliards prévus mais conforme aux attentes des analystes interrogés par FactSet.Au quatrième trimestre, le résultat net est en léger retrait de 3% sur un an, à 979 millions d’euros, en deçà des attentes des analystes.Le groupe munichois a néanmoins décidé d’augmenter le dividende à 20 euros par action (contre 15 euros au titre de l’exercice 2023) et va lancer un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros, portant le retour aux actionnaires à 4,6 milliards d’euros, selon un communiqué distinct publié mardi soir.Les sinistres majeurs ont coûté l’an dernier 3,89 milliards d’euros sur l’année écoulée, dont 2,64 milliards d’euros liés aux catastrophes naturelles, le plus coûteux étant l’ouragan Helene qui a frappé le sud-est des Etats-Unis (0,5 milliard d’euros).Au quatrième trimestre, l’ouragan Milton a généré des pertes de 400 millions d’euros.Malgré l’impact attendu des incendies de Los Angeles, Munich Re continue de prévoir un bénéfice net en hausse en 2025, à 6 milliards d’euros, comme communiqué en décembre. Le chiffre d’affaires doit atteindre 64 milliards d’euros, en comptant sur des prévisions favorables pour les renouvellements à venir.Au 1er janvier, le réassureur a enregistré lors d’une première vague de renouvellements de contrats une légère baisse de 2,4%, à 15,6 milliards d’euros, en renonçant à certains contrats pas assez rentables, tandis qu’il a quasiment maintenu un niveau tarifaire stable.