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Enquête ouverte sur des menaces visant les serveurs de messagerie du ministère de l’Intérieur

Une enquête a été ouverte après la découverte de “l’existence d’activités suspectes visant des serveurs de messagerie” du ministère de l’Intérieur et des mesures ont été mises en oeuvre afin de “circonscrire la menace”, a indiqué la place Beauvau jeudi à l’AFP, confirmant une information de BFMTV.Beauvau a dit avoir “découvert l’existence d’activités suspectes visant des serveurs de messagerie”. “L’identification de l’origine et l’ampleur exacte de ces actions sont en cours d’analyse”, a-t-on précisé au ministère de l’Intérieur. “Sans délai, des mesures ont été mises en œuvre par les services compétents afin de circonscrire la menace” et “plusieurs actions” ont été “conduites sur l’infrastructure réseau et par une élévation des règles et pratiques de sécurité informatique”, a-t-on ajouté.Les faits ont été signalés à la procureure de Paris, Laure Beccuau, et une enquête a été ouverte, selon le ministère.Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac), d’après BFMTV.”L’évolution de la situation est attentivement suivie par les autorités et services compétents”, a précisé la place Beauvau, qui “bénéficie du soutien” de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). “Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur a décidé de renforcer ses mesures de cybersécurité, notamment par l’analyse proactive des serveurs et des boîtes de messagerie, la mise en œuvre systématique de la double authentification, et rappelle à l’ensemble de ses agents les règles et usages indispensables de l’hygiène numérique”, a-t-on détaillé.

“Un choc”: la liquidation de Brandt prononcée, quelque 700 emplois supprimés

“Un choc”: la justice a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français qui disparaît en laissant quelque 700 salariés au chômage et les plonge dans une grande détresse à la veille de Noël.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a indiqué à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, évoquant un “traumatisme” de voir les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre. Il a fait part de son “incompréhension” face à cette décision.Bercy a de son côté exprimé sa “profonde tristesse” après la liquidation d’un “fleuron français”.Près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel de Brandt avec 350 salariés, M. Bonneau, accompagné de la préfète de la région Sophie Brocas et du président de la métropole d’Orléans Serge Grouard, s’est rendu auprès d’une partie d’entre eux.”Il nous manquait quatre millions” pour empêcher cette marque de disparaître au profit “des produits chinois”, a pesté M. Grouard, fustigeant un “manque de temps” pour convaincre les banques de la viabilité du projet.Ils ont notamment promis leur accompagnement, assurant auprès de l’AFP que tous avaient fait preuve d’une “grande dignité”.- “Tout casser” -Une réunion avec certains employés et les élus locaux s’est tenue sur place, à la mi-journée. Tout comme dans l’autre usine, située à Vendôme dans le Loir-et-Cher où travaillent 93 personnes.Une soixantaine d’entre elles ont fait part de leur dépit toute la matinée, allumant des braseros et brûlant des documents administratifs pour “dire au revoir à Brandt”.Certains ont même décidé d’y brûler leurs bleus de travail siglés aux couleurs de la marque.”J’ai plus que de colère, j’ai de la hargne, j’ai de la rage”, confie à l’AFP Laurent Brindeau, 40 ans d’ancienneté. “J’ai envie de tout casser”.Face à ce risque particulièrement redouté, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Présentée comme celle de la dernière chance, l’offre avait reçu ces derniers jours un large soutien d’une majorité de salariés et des pouvoirs publics, qui ont assuré avoir trouvé les 20 à 25 millions nécessaires à une relance de l’activité.- “Le néant” -Au total, quelque 700 emplois disparaissent et les salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est une grosse tristesse. On y a cru, on a voulu s’attacher à cet infime espoir. Mais maintenant, c’est le néant, c’est fini”, se résigne, les larmes aux yeux, David Mongrédien, 26 ans de maison.Sac à la main, il a franchi une dernière fois, comme 200 de ses collègues présents jeudi à la mi-journée, les tourniquets d’accès au site.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. Contacté par l’AFP, le groupe Cevital n’avait pas réagi dans l’immédiat.L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager.Ce dernier a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023, symbole selon le groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam) d’une difficulté à rester compétitif “face à la montée en puissance des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine”.

Poupées à caractère pédopornographique achetées en ligne: deux suspects jugés en 2026

Après l’opération d’interpellations dans le cadre d’enquêtes sur l’acquisition de poupées sexuelles à caractère pédopornographique, deux suspects seront jugés en janvier et avril, ont indiqué à l’AFP les parquets d’Annecy et Cambrai.”Une vingtaine d’acheteurs de ces poupées pédopornographiques sur les plateformes Shein et AliExpress”, ont été interpellés mercredi lors “d’une opération d’interpellations simultanées en différents points du territoire national”, a indiqué jeudi le parquet de Paris dans un communiqué.Agés d’une vingtaine d’année à près de 70 ans, “sept étaient connus pour des faits sur des mineurs”, a précisé à l’AFP Aurélie Besançon, cheffe de l’Office mineurs (Ofmin). “Comme pour les affaires de pédocriminalité antérieures, il n’y a pas de profil type”, a relevé la commissaire.A l’issue de sa garde à vue, un homme né en 1959, inconnu des services, a été présenté au parquet d’Annecy jeudi, a indiqué à l’AFP la procureure Lise Bonnet. Il sera jugé le 21 janvier par le tribunal correctionnel pour acquisition et détention de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pédopornographique, a-t-elle précisé. Il a été placé sous contrôle judiciaire en attendant le procès.Dans le ressort du tribunal de Cambrai (Nord), un homme de 27 ans a été interpellé et déféré jeudi, a indiqué la procureure Ingrid Gorgen.La poupée n’a pas été retrouvée lors de la perquisition, mais les enquêteurs ont découvert des images pédopornographiques générées via l’intelligence artificielle.L’homme, inconnu des services judiciaires, a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès prévu le 28 avril, a ajouté la procureure, précisant qu’il a été déféré des chefs d’”acquisition et de détention d’images ou de représentations d’un mineur présentant un caractère pornographique”.Un homme interpellé mercredi dans la Nièvre a également été placé en garde à vue, mais “la perquisition n’a pas permis de découvrir d’objets dont la détention serait incriminée”, selon le parquet de Nevers, et sa garde à vue a été levée.Début novembre, la Répression des fraudes (DGCCRF) avait signalé à la justice la commercialisation de poupées sexuelles à caractère pédopornographique par le géant de l’e-commerce asiatique Shein. Le parquet de Paris avait ensuite ouvert quatre enquêtes, confiées à l’Ofmin, pour la vente de produits illégaux sur les plateformes Shein, AliExpress, Temu et Wish.Avec une soixantaine d’enquêteurs et seize services de police territoriaux, “nous avons mis en œuvre l’ensemble des moyens d’investigation à notre disposition”, dont “les échanges avec les plateformes”, pour identifier les acheteurs, a relaté Aurélie Besançon.Pour la cheffe de l’Ofmin, “cette affaire permet de rappeler l’illégalité de ces produits, de leur vente et de leur acquisition. Ce sont des représentations sexuelles d’enfants, parfois très jeunes, à des fins sexuelles”.”L’argument que l’on a pu entendre parfois de +ventes libres+ par ces sites comme paravent à la connaissance de cette illégalité n’est pas audible”, a considéré la commissaire.Les parquets des lieux de résidence des suspects -Orléans, Mulhouse, Nice, Lorient, Verdun, Lille et Chambéry, entre autres- sont désormais saisis des enquêtes pour l’acquisition de poupées sexuelles à l’allure enfantine.Le parquet de Paris reste, lui, chargé des investigations “relatives aux plateformes et aux conditions dans lesquelles elles ont pu ne pas verrouiller l’accès aux mineurs à ces contenus ou diffuser des images ou représentations de mineurs à caractère pornographique”, a-t-il indiqué.bur-ahe-cnp-mk/bfa/dro

Rapatriement de jeunes Français de Syrie: l’Etat sommé de revoir sa copie

La justice a annulé jeudi le refus de la France de rapatrier trois jeunes majeurs français, conduits en Syrie par leurs parents alors qu’ils étaient enfants, l’enjoignant à réexaminer leur situation dans un délai de deux mois.”C’est une victoire, mais une victoire arrachée à l’ignominie”, a déclaré à l’AFP Marie Dosé, l’avocate des trois hommes pour lesquels la France devra revoir sa copie. Youssef B., Adem C. et Amza B., âgés de 22 et 23 ans, avaient 11 et 12 ans quand leurs parents les ont emmenés en Syrie, décidés à rejoindre l’organisation Etat islamique (EI).A la chute du “califat”, il y a six ans, ils ont été enfermés dans des camps tenus par les forces kurdes, où ils ont atteint la majorité.Leurs demandes de rapatriement avaient toutes été rejetées en 2024 par le ministère des Affaires étrangères français, qui avait invoqué “la situation sur place, particulièrement complexe et dangereuse” rendant “les opérations de rapatriement extrêmement difficiles à mener”.Lors de l’audience fin novembre devant le tribunal administratif de Paris, leur avocate avait évoqué l’urgence de rapatrier ces jeunes “qui n’ont rien choisi” et qui sont enfermés depuis des années dans des camps tenus par les Kurdes.L’un d’eux, Youssef B., originaire de Strasbourg, présente selon elle des blessures multiples sur tout le corps et notamment à la tête. “Il est handicapé”, a expliqué Marie Dosé, qui l’a rencontré dans le camp d’Orkesh en février 2024.Adem C. est lui grièvement blessé à la jambe et ne bénéficie actuellement d’aucun soin. Le troisième requérant, Amza B., se trouve en ce moment emprisonné en Irak, transféré cet été, ce que son avocate déplore avoir appris seulement “lors de l’audience”.”Nous sommes allés en Irak voir les femmes et les hommes retenus là-bas, nous savons dans quelles conditions ils sont détenus. Amza va nécessairement périr dans ces geôles-là”, s’est indigné Marie Dosé auprès de l’AFP, rappelant que son client est aveugle de l’œil gauche, blessé à l’épaule et à la tête, et “tombe régulièrement dans les pommes”.La France a aujourd’hui deux mois pour réexaminer la demande de rapatriement de ces trois jeunes adultes. Le tribunal administratif ne s’est en revanche pas estimé compétent pour évaluer les demandes de rapatriement de deux autres prisonniers des camps syriens. “Il s’agit de garçons qui ont grandi en France mais qui ne sont pas Français”, a regretté leur avocate. 

Santé des Français: les grands enseignements d’une vaste enquête

Les Français sont-ils en bonne santé? Alcool, tabac, santé mentale, sommeil… Une vaste enquête, présentée jeudi, apporte des réponses mitigées. La majorité des gens disent bien aller, mais ce constat recouvre des réalités très variables, en particulier selon le niveau social.- Une vaste photographie -L’agence Santé publique France actualise régulièrement, depuis une trentaine d’année, un “baromètre” de la santé des Français. L’édition actuelle a été réalisée en 2024 à partir d’environ 35.000 questionnaires auprès des 18-79 ans.”Cette photographie n’a jamais été aussi précise”, a déclaré, lors d’une conférence de presse, Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, évoquant à la fois des “nouvelles encourageantes” et de “grands défis”.Principal enseignement de ce baromètre, les inégalités sociales influent beaucoup sur la situation des Français en matière de santé. En témoigne, le chiffre sur la proportion de personnes se jugeant en bonne santé: elles sont deux sur trois en général, mais ne sont plus que la moitié chez les personnes en difficulté financière.La plupart du temps, les problèmes de santé – diabète, hypertension… – sont ainsi plus importants pour les plus pauvres et les moins diplômés.Dans de rares cas, comme la consommation excessive d’alcool et la sédentarité, la situation est en revanche défavorable chez les personnes favorisées.- Le tabagisme, la bonne nouvelle -Point positif important, selon M. Le Strat: la baisse du tabagisme. Ce n’est pas une surprise, l’agence ayant déjà communiqué dessus en novembre, mais moins d’une personne interrogée sur cinq fume au quotidien.C’est le premier recul depuis la crise du Covid-19, qui avait vu un rebond de la tendance, mais tout le monde n’est pas égal face à la situation. La consommation quotidienne de tabac monte à 30% chez les personnes en difficultés financières.Reste que “la lutte contre le tabagisme (…) a permis de réduire de 4 millions le nombre de fumeurs en dix ans”, se félicite Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, en introduction du baromètre.- Climat et santé mentale inquiètent -“Les impacts directs du climat sont désormais des enjeux de santé publique à part entière”, souligne M. Le Strat.Quatre Français sur cinq disent avoir été confrontés à un événement climatique dit “extrême”, ce qui inclut surtout les canicules. Et 40% des personnes interrogées affirment avoir souffert “physiquement” de ces événements.Quant à la santé mentale, décrétée grande cause nationale cette année et prolongée pour 2026 par le gouvernement, le sujet reste majeur.En 2024, “16% des adultes ont vécu un épisode dépressif caractérisé (et) un adulte sur 20 a eu des pensées suicidaires”, explique Jean-Baptiste Richard, responsable des enquêtes chez Santé publique France. Là encore, les inégalités sont marquées, avec une plus grande proportion chez les femmes, les jeunes ou les personnes en difficulté financière.Mais les hommes sont défavorisés sur un point. Chez les dépressifs, ils sont bien plus nombreux (53,9%) à se dire sans prise en charge thérapeutique que chez les femmes (37,9%).Facteur important pour la santé mentale, le sommeil des Français est souvent perturbé. Ils dorment environ sept heures et demie par nuit – dans les clous des recommandations – mais un tiers se disent victimes d’insomnies, en particulier les femmes de plus de 50 ans.- Des connaissances à améliorer -Sur de grands sujets de santé, les Français restent insuffisamment informés.Certes, un grand nombre – environ 80% – des personnes interrogées se disent favorables à la vaccination. Mais la baisse est frappante par rapport au début des années 2000 – 90% -, une tendance générale quel que soit le niveau social.Cet indicateur recouvre par ailleurs des réalités différentes selon les vaccins. Celui contre le Covid-19 reste l’objet d’une défiance sans égale, avec un quart de personnes réticentes, alors que les vaccins sont considérés comme sûrs et efficaces par les autorités sanitaires sur la base de données provenant de milliards de vaccinations dans le monde.Quant à la résistance aux antibiotiques, le sujet reste mal appréhendé par de nombreux Français. Deux personnes sur cinq disent ne jamais avoir entendu parler de cette problématique qui constitue pourtant un enjeu majeur de santé publique à travers le monde.La même proportion ignore que les antibiotiques sont inefficaces contre la grippe, un chiffre préoccupant dans un contexte où les autorités sanitaires promeuvent de longue date une consommation raisonnée de ces médicaments.

Fighting rages on Cambodia-Thailand border ahead of expected Trump call

Fighting raged Thursday along the border of Cambodia and Thailand, with explosions heard near centuries-old temples ahead of US President Donald Trump’s planned phone call to the leaders of both nations.At least 20 people have been killed in the latest round of border fighting that reignited last week, officials said.Around 600,000 people, mostly in Thailand, …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Bataille autour de la préservation de l’eau dans l’Ouest

Pesticides, inondations, sécheresses: comment préserver l’eau potable, altérée par des pratiques agricoles et industrielles, et atténuer les effets du changement climatique? Trois ans de discussion n’ont pas permis de dégager un compromis pour des mesures concernant six départements de l’Ouest.Elus, représentants des mondes agricole, industriel, associatif devaient se retrouver jeudi à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) pour la révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin versant du fleuve Vilaine. Ce texte vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur ce territoire qui englobe six départements de la Mayenne au Morbihan, avec 1,3 million d’habitants.Après une quinzaine de réunions, une enquête et une consultation publiques, cette réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) devait être la dernière. Elle a été annulée en dernière minute.Cette décision a été prise car l’accès à la salle était bloqué, a expliqué à l’AFP le président de la CLE, Michel Demolder. Un tracteur et une balle de paille en interdisaient l’accès. “Des organisations syndicales n’acceptent pas le débat démocratique”, a-t-il regretté.Une règle cristallise les tensions, dans un territoire très agricole: l’interdiction d’herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l’érosion, situées dans une poignée d’aires de captage en eau potable. Il s’agirait d’une première en France.Le but: éviter qu’en cas de pluie, ces polluants se retrouvent dans l’eau. Des dérogations restent possibles en cas d’impasses techniques ou climatiques et une aide financière est prévue pour passer au désherbage mécanique.Cela concernerait 2,5% de la surface du SAGE Vilaine, selon M. Demolder.Le vote final pour la révision du SAGE Vilaine, prévu jeudi, a été repoussé au 16 janvier. La réunion de la CLE aura lieu “sous une forme ou une autre”, pour une adoption avant les élections municipales, a indiqué M. Demolder.- “Coup de force” -Premier syndicat agricole, l’alliance FNSEA-JA, opposée au texte, était venue en force à Châteaubourg, avec environ 200 tracteurs, 700 agriculteurs, des canons effaroucheurs, avant de se rendre à Rennes devant la préfecture où ils ont déversé du fumier et du foin, de même que devant le siège de Rennes métropole.”Je condamne très fermement les dégradations commises à Rennes par des syndicalistes agricoles”, a réagi par communiqué la maire de Rennes Nathalie Appéré (PS). Ce comportement “inacceptable” entraînera le dépôt d’une plainte, a-t-elle précisé. La préfecture d’Ille-et-Vilaine a signalé peu avant 20H00 la fin de la manifestation. Selon elle, 360 manifestants étaient présents à Rennes.La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, aussi contre le texte, a manifesté à part, à Châteaubourg, avec un effectif beaucoup plus réduit d’une trentaine de personnes.Les partisans du SAGE Vilaine, la Confédération agricole, AgroBio35 et des associations, étaient une centaine, selon les forces de l’ordre.La dernière version de la règle générant les tensions, pourtant amendée par les chambres d’agriculture, ne passe pas auprès de la FNSEA-JA.Marie-Ève Taillecours, de la Confédération paysanne, défend au contraire la révision du SAGE Vilaine. Elle juge “consternante” l’annulation de la réunion de la CLE par “un coup de force, en montrant les gros bras”. L’association Eau et Rivières dénonce de son côté “la pression d’acteurs qui veulent ignorer les impacts sanitaires” et “refusent le dialogue”.”C’est un problème de santé publique”, martèle Pascal Hervé, vice-président de Rennes métropole. Mais aussi environnemental et économique, avec des entreprises agro-industrielles très consommatrices d’eau. En jeu, l’explosion prévue des coûts de dépollution de l’eau dans les années à venir, aujourd’hui payés par les consommateurs. S’il est possible de rajouter des traitements pour potabiliser l’eau, “il serait suicidaire de les considérer comme une solution définitive, en raison de risques d’impasses technologiques et économiques”, alerte Régis Taisne, de la FNCCR, une fédération de collectivités.Ces dernières demandent notamment “une réelle application du principe pollueur-payeur”, poursuit-il, pour éviter que les hausses de facture retombent uniquement sur les consommateurs.”On voit qu’il y a une très forte opposition de la profession agricole contre un certain nombre de mesures qui sont présentées”, a admis auprès de l’AFPTV le préfet de Bretagne Franck Robine, qui s’est dit par ailleurs “optimiste” pour trouver, avec le temps, une forme d’équilibre.

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Le français Verkor inaugure son usine de batteries pour véhicules électriques

Le nouveau fabricant tricolore de batteries pour véhicules électriques Verkor a inauguré jeudi dans le Nord sa première gigafactory, la troisième désormais de la vallée française de la batterie, dans un contexte toutefois très incertain pour le secteur automobile en Europe.”Il y a des doutes et des questionnements sur le développement de cette industrie, mais nous sommes là, nous avançons” a déclaré le président et cofondateur de Verkor Benoit Lemaignan dans l’usine flambant neuve à Bourbourg, près de Dunkerque.La start-up fondée en 2020 à Grenoble doit essentiellement fournir Renault, qui détient environ 10% [BIEN 10%] de son capital.”Nous avons besoin de protection, nous sommes une industrie naissante” en Europe, a-t-il plaidé, en allusion aux arbitrages très attendus de la Commission européenne sur le secteur automobile.Bruxelles doit notamment se prononcer mardi prochain sur un éventuel assouplissement de son interdiction des ventes de voitures neuves thermiques dans l’UE à compter de 2035. Cet objectif fixé il y a deux ans est jugé intenable par certains Etats, notamment l’Allemagne, et par la plupart des constructeurs automobiles.Un report de cet objectif sans aides supplémentaires importantes pour le tout-électrique risquerait de sérieusement plomber ce segment de marché et la filière européenne émergente des batteries.Le président de la République Emmanuel Macron, qui n’était pas présent, s’est réjouit selon un communiqué de Verkor de ce projet par lequel “nous consolidons notre autonomie technologique et énergétique.- “Esprit de résistance” -Présents à Bourbourg, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin ont rappelé la position de la France, qui souhaite dévier le moins possible de la trajectoire vers le tout-électrique.”L’Europe doit d’abord récompenser les constructeurs automobiles qui vont faire le choix d’acheter des composants fabriqués sur son sol” en particulier certains composants critiques comme les batteries, a souligné Mme Barbut.”Nous défendrons une préférence européenne accompagnée d’une bonification, afin de soutenir la filière automobile et ses équipementiers”, a-t-elle ajouté.Dressant un parallèle avec le massif du Vercors, haut lieu de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, M. Martin a aussi salué “l’esprit de résistance, l’esprit de combat autour de la réindustrialisation” en France, dont cette nouvelle “gigafactory” est un “symbole” selon lui.”Cette ambition d’électrification de la mobilité demeure au coeur de nos priorités”, a renchéri M. Martin, tout en reconnaissant qu’il faudra “une volonté européenne extrêmement forte” pour accompagner l’engagement français dans le tout-électrique.”Je pense que l’Europe va sans doute apporter quelque flexibilité parce qu’on voit bien que le 100% en 2035 est un objectif qui sera difficile à atteindre”, a-t-il néanmoins avancé. “Peut-être qu’elle peut autoriser d’autres technologies le temps d’arriver à cet objectif”.- 1.200 emplois espérés -Verkor a entamé en 2023 la construction de sa première usine de 100.000 m2, où sont assemblées pour l’instant des batteries destinées aux voitures Alpine électriques et aux utilitaires FlexEVan de Renault.Interrogé sur d’autres clients potentiels, le président de Verkor a évoqué “un certain nombre en discussion, mais tout le monde nous dit +on va vérifier que vous savez bien faire+”. “Ca va prendre encore un petit peu de temps”, a-t-il ajouté.Cette giga-usine représente un investissement de 1,5 milliard d’euros – dont près de la moitié provenant d’aides publiques – et doit générer 1.200 emplois.Désormais opérationnelle, elle commercialisera ses premières cellules de batteries début 2026, selon Verkor.Avec ce site, Verkor vise une production de batteries lithium-ion capable d’équiper 300.000 véhicules électriques par an, “à peu près” à l’horizon 2027, a confirmé jeudi à l’AFP Philippe Chain, cofondateur et conseiller stratégique de la société. L’usine peut également être agrandie par la suite.Deux autres gigafactories produisent déjà dans la vallée française de la batterie, ancrée dans les Hauts-de-France: en 2024 celle d’ACC, co-entreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et Saft (filiale de TotalEnergies), puis cette année celle d’AESC, groupe japonais majoritairement détenu par le chinois Envision.Le taïwanais ProLogium a lui repoussé à 2028 l’ouverture de sa gigafactory à Dunkerque, expliquant avoir dû revoir sa conception après avoir décidé de miser sur la quatrième génération de sa technologie innovante de batteries lithium-céramique.