AFP Top News

Retour en prison pour Mohamed Amra, soumis à un régime d’isolement “extrêmement difficile”

Mohamed Amra, le narcotrafiquant remis à la France mardi après neuf mois de cavale et son arrestation en Roumanie, a passé une première journée dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne) à l’issue de sa mise en examen dans l’enquête sur sa sanglante évasion.L’homme âgé de 30 ans y est confronté à “des consignes d’extrême fermeté” et d’isolement “extrêmement difficile”, a assuré à la presse le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Il est soumis à une unique “heure de promenade par jour, seul, sans jamais croiser un autre détenu” et seulement “deux heures de communication téléphoniques” qui seront “écoutées par les services de renseignement”. Pour ses proches ou son avocat, il a le droit à “trois visites par semaine, extrêmement contrôlées, avec des fouilles systématiques”.Présentées comme exceptionnelles par le ministre, la plupart de ces mesures sont toutefois déjà appliquées aux autres détenus à l’isolement, ont souligné auprès de l’AFP des sources proches du dossier.Arrêté sous mandat d’arrêt européen, Mohamed Amra a été transféré de Roumanie en France mardi sous haute sécurité, avant d’être mis en examen dans la soirée au tribunal de Paris pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs.- “Dignité” -Dans des affaires judiciaires, “l’isolement peut être justifié, mais il doit se faire dans le respect d’une dignité qu’on doit maintenir”, avait déclaré dans la foulée à la presse l’avocat de Mohamed Amra, Me Hugues Vigier.Depuis son évasion, le cas Amra a sans cesse été invoqué par le garde des Sceaux pour justifier la création d’une nouvelle prison en juillet, destinée aux trafiquants de stupéfiants et fondée sur un nouveau régime carcéral d’isolement inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.Premier objectif: mieux surveiller et comprendre le degré de dangerosité des “17.000 narcotrafiquants” qui dorment “aujourd’hui dans les prisons françaises et “isoler de l’extérieur les 600-700 détenus les plus dangereux”, a réaffirmé mercredi M. Darmanin.Le ministre veut par exemple que ces détenus considérés particulièrement sensibles, déjà mis à l’écart à l’isolement, ne puissent plus être extraits de prison pour être interrogés ou signer des documents, mais aient recours à la visioconférence.Ceux qui gravitent autour de ces criminels d’envergure sont aussi dans la ligne de mire des forces de l’ordre.- “Equipes” de complices -Dans le dossier de Mohamed Amra, 22 complices présumés étaient toujours en garde à vue mercredi soir. Tout ou partie de ces 22 personnes pourraient être présentés aux magistrats instructeurs jeudi ou vendredi en vue d’une mise en examen.Vingt-huit personnes au total ont été placées en garde à vue depuis dimanche, mais six d’entre elles ont depuis été remises en liberté, selon le parquet de Paris. Par ailleurs, deux personnes ont été arrêtées au Maroc et une en Espagne ces derniers jours. Parmi les personnes arrêtées, se trouvent “une partie des suspects” des meurtres des deux agents pénitentiaires à Incarville (Eure) en mai 2024 lors de l’évasion de Mohamed Amra, a indiqué mercredi soir sur France 5 la procureure de Paris, Laure Beccuau.Les personnes interpellées ont des “profils extrêmement différents”, a également souligné la procureure. “On peut considérer qu’autour de lui, M. Amra a su recruter une équipe de fidèles qui ont su recruter des gens avec des spécialisations: vol de véhicules, maquillage, téléphonie…”, a-t-elle détaillé.”Chacun a eu un moment ou à un autre son rôle dans cette fuite, cette évasion”, a-t-elle ajouté. Au cours des neuf mois d’investigations, les enquêteurs, avec en premier rang l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) ont cherché à identifier l’ensemble des personnes ayant pu aider à la préparation, à l’évasion puis à la dissimulation de M. Amra. L’exploitation de nouveaux éléments récoltés en perquisition, puis les probables présentations des suspects aux juges d’instruction devraient permettre d’éclaircir le rôle de chacun.L’évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu multirécidiviste avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en avait alors profité pour attaquer, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville pour le libérer, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres.La France avait alors découvert l’existence de Mohamed Amra: adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement “dérivé vers la violence”, pour rejoindre la grande criminalité organisée, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ).Avant son évasion, il était déjà mis en examen dans deux informations judiciaires de nature criminelle. Et d’après l’IGJ, la justice le soupçonnait aussi d’être “impliqué dans cinq autres procédures” judiciaires.clw-mk-tll-edy-mby/asl/as

Immigration: Bayrou menace de remettre en cause les accords de 1968 avec l’Algérie

Pas de volonté d'”escalade” avec l’Algérie, mais une menace de remettre en cause les accords de 1968: François Bayrou a réuni mercredi un comité interministériel sur l’immigration, sur fond de tensions croissantes avec Alger, ravivées avec l’attentat de Mulhouse.S’exprimant devant la presse à l’issue de ce comité, qui a rassemblé à Matignon une partie de son gouvernement, le Premier ministre a assuré qu’il ne voulait pas d'”escalade” avec l’Algérie.”Mais notre idée est que personne n’ignore la volonté du gouvernement français de ne pas accepter que perdure une situation aussi dommageable pour les relations entre l’Algérie et la France et pour la société française”, a ajouté M. Bayrou.Annoncé fin janvier puis reporté, ce comité interministériel s’est tenu quatre jours après l’attaque au couteau à Mulhouse (Haut-Rhin), perpétrée par un Algérien en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une personne a été tuée et six autres blessées.”Les victimes (…) sont les victimes directes du refus d’application” des accords de 1968 entre Paris et Alger, a déploré le chef du gouvernement, précisant que l’assaillant avait été présenté “quatorze fois” aux autorités algériennes qui ont toujours refusé de le reprendre.La France, a-t-il indiqué, va demander à Alger “que soit réexaminée la totalité des accords et la manière dont (ils) sont exécutés”, dans un délai d'”un mois, six semaines”.”Pendant ce temps, va être présenté au gouvernement algérien une liste +d’urgence+ de personnes qui doivent pouvoir retourner dans leur pays et que nous considérons comme particulièrement sensibles”, a-t-il ajouté, sans en préciser le nombre.”S’il n’y avait pas de réponse au bout du chemin, il n’y a pas de doute que c’est la dénonciation des accords qui serait la seule issue possible”, même si “ce n’est pas celle que nous souhaitons”, a encore prévenu le Premier ministre. Les accords de 1968, qui donnent un statut particulier unique pour les Algériens, ont déjà été révisés à trois reprises depuis 1968. Paris et Alger avaient convenu en 2022 de les modifier une nouvelle fois, mais sans concrétisation à ce jour.Sur l’immigration irrégulière, François Bayrou a évoqué la généralisation de la “force frontière” déjà expérimentée à la frontière franco-italienne, regroupant la police, la gendarmerie et les douanes.Quant à l’immigration régulière, il a demandé un “audit interministériel” sur la “politique de délivrance des visas” par la France aux inspections générales de la police et des Affaires étrangères. Délivrance qui “tiendra compte de la qualité de la coopération migratoire des pays d’origine”.”Le travail, la langue et l’acceptation de nos principes. Voilà les trois éléments qui permettent que l’intégration ait lieu pour ceux qui sont sur notre sol légalement”, a-t-il résumé.- “Étonnement” d’Alger -Autour du chef du gouvernement, les ministres Élisabeth Borne (Éducation), Gérald Darmanin (Justice), Bruno Retailleau (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail), Yannick Neuder (Santé) ou encore Patricia Mirallès (Anciens combattants) ont également abordé la transposition du Pacte européen asile et migration, adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026.Ce texte prévoit un durcissement du “filtrage” aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27. Mais la crise avec Alger a été au centre des attentions.Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a révélé mardi que des “mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens” avaient été prises, ajoutant mercredi qu’elles dataient d'”il y a quelques semaines”, donc avant l’attentat. Elles concernent “quelques centaines de personnes”, a précisé François Bayrou. Ces mesures ont suscité “l’étonnement” des autorités algériennes qui ont dénoncé une nouvelle “provocation”. Les relations entre Paris et Alger se sont détériorées depuis l’été 2024 avec l’annonce de l’appui de la France au plan d’autonomie marocain pour le territoire disputé du Sahara occidental. Et les rapports se sont encore tendus ces dernières semaines avec la détention de l’écrivain Boualem Sansal et l’arrestation en France de plusieurs influenceurs algériens pour apologie de la violence.Mercredi soir, le Conseil de la nation, équivalent du Sénat en Algérie, a annoncé la “suspension de ses relations” avec le Sénat français, pour protester contre la visite de son président Gérard Larcher au Sahara occidental.Quant à Boualem Sansal, François Bayrou a réaffirmé sa “grande inquiétude” concernant “la santé et les pressions” exercées sur l’écrivain franco-algérien.bat-gbh-are-bpa/sde/mpm

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Feu vert environnemental pour la création d’un parc éolien en mer près de Dunkerque

Le préfet du Nord a donné son autorisation environnementale à la création et l’exploitation d’un important parc éolien en mer prévu au large de Dunkerque, qui suscite des oppositions en France et en Belgique, selon un arrêté préfectoral consulté mercredi par l’AFP.Ce parc éolien permettra de répondre “à l’urgence liée à la transition énergétique” et “à l’augmentation de la demande d’électricité à venir pour permettre d’atteindre les objectifs de politique énergétique et en particulier de neutralité carbone en 2050″, peut-on lire dans cet arrêté signé le 14 février. Un autre arrêté préfectoral publié le 2 janvier autorisait le raccordement de ce parc d’une quarantaine d’éoliennes sur une superficie de 50 km2, situé à environ 10 km de la côte française et longeant la frontière belge.”La production électrique attendue (…), pour une puissance installée maximale de 600 MW, est aujourd’hui estimée à 2,3 TWh par an”, selon ce document. La puissance installée de ce parc dépasserait celle de chacun des trois parcs éoliens offshore déjà en service en France, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et Fécamp (Seine-Maritime). Mais ce projet inquiète aussi en France et en Belgique, en raison de son impact visuel et de ses conséquences potentielles sur le tourisme, la pêche et l’environnement. En Belgique, le port d’Ostende a saisi la justice pour tenter “d’interdire la poursuite des préparatifs et la construction du parc éolien à l’emplacement actuel”, a expliqué à l’AFP son PDG Dirk Declerck.Côté français, l’association Vent Debout 59 et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s’opposent notamment au projet, dénonçant le choix de l’implanter dans une zone Natura 2000.”Les promoteurs vont avoir l’autorisation de détruire 31 espèces protégées, au cœur d’un entonnoir migratoire où des millions d’oiseaux passent tous les ans, sans parler des grands cétacés qui peuvent être déboussolés par les éoliennes”, s’indigne Florent Caulier, président de Vent Debout 59, qui compte contester ce projet en justice. L’enquête publique a recueilli 94,4% d’avis défavorables au projet l’an dernier. La commission d’enquête a néanmoins rendu un avis favorable, assorti de neuf recommandations, comme “mettre en place un suivi acoustique en temps réel pendant les phases de travaux bruyants”. Outre les trois parcs éoliens en mer déjà en service au large des côtes françaises, six autres, dont celui de Dunkerque, doivent l’être dans les prochaines années. Dix autres projets sont en phase de mise en concurrence ou de développement.  str-mad-bj-zl/etb/abl

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La Réunion sous la menace d’un cyclone, alerte rouge attendue jeudi

La Réunion devrait être placée en alerte cyclonique rouge jeudi en raison de l’arrivée imminente de la tempête tropicale Garance, qui devrait atteindre le stade de cyclone intense, a annoncé mercredi le préfet du département français de l’océan Indien.”La trajectoire et la puissance de Garance affinées dans la nuit détermineront l’heure du déclenchement de l’alerte rouge”, a précisé le préfet Patrice Latron au cours d’une conférence de presse.Ce niveau d’alerte, le troisième sur une échelle de quatre, impose un confinement de la population, seuls les services de secours et les forces de l’ordre pouvant circuler.À 17H00 locales (14H00 à Paris), le phénomène se trouvait à 370 km de l’île. En phase d’intensification, Garance “va amorcer un virage et se diriger vers La Réunion”, a prévenu Céline Jauffray, directrice interrégionale de Météo France, lors de la conférence de presse.Garance doit devenir un cyclone mercredi et son pic d’intensité est attendu jeudi “en fin de journée, voire en soirée”, a précisé l’organisme météorologique dans un bulletin publié à 16H00. Météo-France qualifie de “dangereux” le système en approche.Le “scénario privilégié est un impact direct sur La Réunion”, a souligné Céline Jauffray, tout en précisant que l’évolution du phénomène restait incertaine quant à son intensité et sa chronologie.Des rafales de plus de 150 km/h sont attendues sur les hauteurs, accompagnées de fortes pluies et d’une houle importante.Les 24 communes de l’île ont annoncé l’ouverture de centres d’hébergement dès l’activation de l’alerte rouge. L’aéroport Roland-Garros fermera ses portes jeudi à 10H30 locales, tandis que toutes les manifestations sportives et culturelles prévues ce jour-là ont été annulées.Les établissements scolaires et l’université ont fermé dès mercredi midi. Les autorités envisagent une fermeture totale de la route du littoral, axe routier majeur en partie construit sur la mer, reliant le nord à l’ouest.Dans les commerces, les files d’attente s’allongent alors que les habitants s’approvisionnent en piles, bougies, eau, café et conserves, comme à chaque alerte cyclonique.La dernière alerte cyclonique à La Réunion remonte à janvier 2024. L’île avait été placée en alerte violette, dernier niveau du dispositif, interdisant tout déplacement y compris pour les forces de l’ordre et les services de secours.Le cyclone Belal avait provoqué la mort de quatre personnes et des dégâts matériels estimés à 100 millions d’euros par France assureurs.

La Réunion sous la menace d’un cyclone, alerte rouge attendue jeudi

La Réunion devrait être placée en alerte cyclonique rouge jeudi en raison de l’arrivée imminente de la tempête tropicale Garance, qui devrait atteindre le stade de cyclone intense, a annoncé mercredi le préfet du département français de l’océan Indien.”La trajectoire et la puissance de Garance affinées dans la nuit détermineront l’heure du déclenchement de l’alerte rouge”, a précisé le préfet Patrice Latron au cours d’une conférence de presse.Ce niveau d’alerte, le troisième sur une échelle de quatre, impose un confinement de la population, seuls les services de secours et les forces de l’ordre pouvant circuler.À 17H00 locales (14H00 à Paris), le phénomène se trouvait à 370 km de l’île. En phase d’intensification, Garance “va amorcer un virage et se diriger vers La Réunion”, a prévenu Céline Jauffray, directrice interrégionale de Météo France, lors de la conférence de presse.Garance doit devenir un cyclone mercredi et son pic d’intensité est attendu jeudi “en fin de journée, voire en soirée”, a précisé l’organisme météorologique dans un bulletin publié à 16H00. Météo-France qualifie de “dangereux” le système en approche.Le “scénario privilégié est un impact direct sur La Réunion”, a souligné Céline Jauffray, tout en précisant que l’évolution du phénomène restait incertaine quant à son intensité et sa chronologie.Des rafales de plus de 150 km/h sont attendues sur les hauteurs, accompagnées de fortes pluies et d’une houle importante.Les 24 communes de l’île ont annoncé l’ouverture de centres d’hébergement dès l’activation de l’alerte rouge. L’aéroport Roland-Garros fermera ses portes jeudi à 10H30 locales, tandis que toutes les manifestations sportives et culturelles prévues ce jour-là ont été annulées.Les établissements scolaires et l’université ont fermé dès mercredi midi. Les autorités envisagent une fermeture totale de la route du littoral, axe routier majeur en partie construit sur la mer, reliant le nord à l’ouest.Dans les commerces, les files d’attente s’allongent alors que les habitants s’approvisionnent en piles, bougies, eau, café et conserves, comme à chaque alerte cyclonique.La dernière alerte cyclonique à La Réunion remonte à janvier 2024. L’île avait été placée en alerte violette, dernier niveau du dispositif, interdisant tout déplacement y compris pour les forces de l’ordre et les services de secours.Le cyclone Belal avait provoqué la mort de quatre personnes et des dégâts matériels estimés à 100 millions d’euros par France assureurs.

Au procès Nemmouche, Hollande répète que “la France ne verse pas de rançons”

Cité comme témoin par la défense du jihadiste Mehdi Nemmouche, accusé d’avoir été un geôlier du groupe Etat islamique, l’ancien président François Hollande a répété mercredi que “la France ne verse pas de rançons” pour obtenir la libération d’otages.L’ex-chef de l’Etat, qui avait déjà témoigné aux procès des attentats du 13-Novembre et de Nice, s’avance à la barre de la cour d’assises spéciale de Paris. “Je suis député de Corrèze et j’habite à Tulle.”De l’aveu même de Me Francis Vuillemin, à qui il doit sa présence, l’audition de l’ancien président n’a “aucune incidence sur le sort judiciaire” de Mehdi Nemmouche. Identifié par les ex-otages français retenus pendant 10 mois par l’EI en Syrie entre 2013 et 2014, ce dernier conteste le rôle de geôlier et de tortionnaire dont il est accusé.”Chaque fois que je suis appelé à témoigner, je m’y plie, alors que je ne suis pas obligé”, note François Hollande.Tantôt solennel, tantôt plein d’humour, il revient sur la mobilisation immédiate des services de renseignement qui oeuvreront “24 heures sur 24” pendant toute la captivité des otages, qu’il accueillera lui-même sur le tarmac de Villacoublay (Yvelines) le 20 avril 2014.Pendant tout ce temps, il tient à témoigner que les services français “ont été particulièrement efficaces et courageux”.Ils ont su où se trouvaient les lieux de détention successifs des otages, mais il n’y a eu “aucune collaboration avec les services syriens”, Paris estimant que le “régime syrien” de Bachar al-Assad “a agi cyniquement avec un certain nombre de terroristes” dont il avait “besoin pour justifier la répression”.- La France “visée” -“Si nous avons été victimes de terrorisme”, si la France a été ciblée par des attentats, postérieurs à ces enlèvements, c’est parce que des “terroristes voulaient nous attaquer nous la France”, insiste François Hollande.”Si nous avons été attaqués”, “s’ils ont été enlevés”, “c’est parce que c’est la France qui était visée”.Sur les 24 otages occidentaux, la moitié “ne sont jamais revenus”, souligne l’ancien président socialiste. “Il s’en est fallu de peu”, pour que les quatre Français subissent le même sort, “quelques semaines plus tard ils auraient été assassinés”.Le président de la cour, Laurent Raviot, s’attache à déminer les questions de la défense qui s’annoncent, autour de l’hypothèse de rançons. Un élément évoqué par l’un des “Beatles” de l’EI, Alexanda Kotey, membre d’un groupe ainsi nommé en raison de l’accent britannique de ses membres.”Je ne viole rien, je ne fais rien de grave en abordant cette question dont tout le monde connaît la réponse en réalité”, lance Me Vuillemin en préambule.François Hollande l’assure: “la France ne verse pas de rançons, je n’en dirai pas davantage”. “Sauf s’il a dit qu’il a reçu quoi que ce soit !”, complète l’ex-chef de l’Etat en désignant Mehdi Nemmouche assis dans son box, suggérant que l’avocat devrait dans ce cas s’interroger sur l’origine de ses honoraires. La salle rit.- Tout faire, ne rien dire -“Nous avons tout fait pour aller au contact” des ravisseurs, “cherché le contact”, raconte l’ancien chef de l’Etat, et “s’il y avait eu une possibilité d’intervention, elle aurait été engagée”, “des agents de la DGSE ont risqué leur vie dans cette opération”.Il révèle qu'”à un moment donné, nous avons pensé” que la captivité des otages “durerait une semaine”.Me Vuillemin rebondit sur la question de ses honoraires qui sont pris en charge par l’aide juridictionnelle, si bien qu’il ne touche “presque rien”.Réponse de François Hollande: “ça me rassure”. Nouveaux rires.Retour du sérieux. “Les modalités opératoires” des services français “restent ce qu’elles doivent être, c’est-à-dire secrètes”, insiste l’ex-président. Si aucune rançon n’a été versée, quid d’un quelconque “avantage d’ordre économique, financier, matériel” qui serait consenti “de manière directe ou indirecte” ?L’ancien président ne révèlera rien: “j’invoque ce qui doit être gardé secret pour notre intérêt collectif”, “c’est une garantie d’efficacité pour l’action de l’Etat”.Questionné par les avocats des parties civiles, François Hollande raconte aussi la difficulté face aux interrogations des familles, et la seule réponse qui peut leur être faite: “Nous faisons tout mais nous ne pouvons rien vous dire”, “nous faisons tout pour les libérer”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Agriculture: Wauquiez conseille à Pannier-Runacher “d’écouter” les agriculteurs sur l’OFB

Le patron des députés LR Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de son parti, a lancé mercredi depuis le Salon de l’agriculture à Paris une nouvelle charge contre l’Office français de la biodiversité (OFB) et conseillé à la ministre Agnès Pannier-Runacher de se rendre “plus sur le terrain (pour) écouter”. Cherchant à se distinguer de son adversaire à la tête de LR, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, tout en refusant d’évoquer d’autres sujets que l’agriculture, le député de Haute-Loire a mis en avant sa “force de ne pas être à l’intérieur du gouvernement”, situation qui lui permet d’avoir “une parole libre et claire”.Lors d’un point presse en marge de sa visite au salon, il a dénoncé l’OFB comme un “organisme qui vient contrôler nos agriculteurs avec un pistolet à la ceinture”.Les agents de l’OFB, cibles d’attaques récentes du monde agricole et politique, sont notamment chargés de faire respecter les règles en matière d’usage des pesticides, d’arrachage de haies ou de respect des arrêtés sécheresse. Une circulaire de décembre impose un “port d’arme discret” à cette police de l’environnement.”On a affaire à un organisme qui est pour nous sorti de ce qui est sa raison d’être initiale et qui est devenu un organisme militant, idéologique, dans le harcèlement de l’agriculture au lieu de la soutenir et de la protéger”, a-t-il affirmé.Laurent Wauquiez a réagi à de récentes déclarations de la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, dont dépend l’OFB, qui l’avait accusé de “jouer les shérifs” en attaquant cet organisme.”Cela ferait du bien à certains de nos ministres d’aller plus sur le terrain et d’écouter. Je propose à Mme Pannier-Runacher de faire ça”, a-t-il répliqué. “Quand on n’a pas d’argument de fond, il y a l’argument d’autorité: la déconnexion du terrain!”, a réagi la ministre de la Transition écologique.- “Aller voir un psy” -“Les agriculteurs méritent mieux que d’être instrumentalisés par des postures politiques qui ne leur apporteront ni revenus ni solutions” a déclaré Agnès Pannier-Runacher, rappelant avoir “réalisé plusieurs dizaines de visites de terrain aux côtés des agriculteurs durant la seule année 2024” et “participé à des centaines d’heures de réunion avec eux sur leurs sujets”.Quant aux agents de l’OFB, “ils font le travail que leur demandent les parlementaires”, a répondu la ministre.”Rappelons que moins de 1% des exploitations agricoles font l’objet d’un contrôle administratif chaque année, soit un contrôle tous les 120 ans par ferme” et “seuls 0,045% de contrôles problématiques ont été recensés depuis la création de l’OFB”, a-t-elle souligné. Avant d’ajouter que “non, les agriculteurs ne demandent pas dans leur très large majorité la suppression de la police de l’eau”.En fin de journée, M. Wauquiez s’est entretenu avec des cadres de la Coordination rurale, acquis à sa cause puisque le deuxième syndicat agricole a plusieurs fois demandé la suppression de l’OFB. “On est sur la même longueur d’ondes”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Christian Convers. Plus tôt dans l’après-midi, il avait rencontré, comme les autres syndicats, la direction de l’OFB au Salon de l’agriculture.”C’était un instant de dialogue (…) mais il y a toujours des choses pas entendables. On nous a dit que si on avait un problème avec les armes, il fallait aller voir un psy, c’est pas possible”, a-t-il déploré.La FNSEA, syndicat historique qui a “des échanges réguliers” avec l’OFB et a appelé à un dialogue apaisé sur les contrôles de l’office, n’a pas souhaité commenter sa rencontre avec les dirigeants de l’organisation.arz-dep-mdz-sb/myr/abl

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Pêche: alerte sur le renouvellement des populations de poissons

Impactées par le réchauffement climatique et les activités humaines, les populations de poissons ciblées par les pêcheurs français peinent à se renouveler alors qu’un poisson sur cinq débarqué en France est issu de stocks surpêchés, a annoncé l’Ifremer mercredi.En 2023, 58% des 323.000 tonnes de poissons débarqués en France provenaient de populations non surpêchées, un chiffre en amélioration par rapport à 2022 (52% des débarquements non surpêchés), selon le bilan annuel de l’institut français.En revanche, 19% des débarquements sont issus de populations de poissons surexploitées et 2% de populations effondrées, comme le merlu de Méditerranée ou la sole de Manche Est.Le reste (21% des volumes) est issu de stocks non classifiés ou non évalués, faute de données suffisantes. Après un net recul de la surpêche entre 2008 et 2016, l’état de santé des populations de poissons débarquées en France ne s’améliore plus depuis plusieurs années. Cette situation pourrait être liée à un moins bon recrutement, c’est-à-dire à une moindre survie des larves de poissons. “Le problème majeur, c’est tout ce passage de l’œuf au juvénile. Ce sont des problèmes qui ne sont pas liés seulement à la pêche mais à la survie, à un taux de succès de la reproduction qui commence à être assez problématique”, a souligné Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l’Ifremer.”On a plusieurs populations qui montrent des signaux d’alerte”, a-t-elle ajouté, citant notamment la sole de Manche Est ou du Golfe de Gascogne, le hareng de mer du Nord ou le merlu de l’Atlantique.Ainsi, près de 31% des volumes de poissons débarqués en France proviennent de populations dont le recrutement est en baisse et seulement 20% de populations dont le recrutement est en hausse. On manque de données pour les 49% restants.Parmi les facteurs pouvant expliquer ce moindre renouvellement des populations de poissons, Mme Ulrich cite la pollution, la dégradation des habitats marins, le réchauffement de l’océan, le décalage des efflorescences de zooplancton avec l’éclosion des larves, les changements de courants, la destruction de zones côtières riches en nutriment, etc.La pêche française est loin d’atteindre l’objectif européen fixé dans le cadre de la Politique Commune de la Pêche, qui visait 100% de populations pêchées au “rendement maximum durable” (RMD) en 2020. Le RMD désigne la quantité maximum de poissons que l’on peut pêcher sans mettre en péril le renouvellement de la ressource sur le long terme.

Engins explosifs contre le consulat de Russie à Marseille: deux chercheurs du CNRS jugés jeudi

Les deux chercheurs du CNRS interpellés lundi soir dans le cadre de l’enquête sur les jets d’engins explosifs contre le consulat général de Russie à Marseille seront jugés en comparution immédiate jeudi, a indiqué mercredi le parquet.Dans sa première réaction, le Centre national de la recherche scientifique indique avoir “appris avec consternation que les auteurs étaient des agents CNRS” et “condamne avec la plus grande fermeté” ce qu’elle qualifie d'”attentat”, annonçant au passage se constituer partie civile.Les deux hommes, de nationalité française, sont renvoyés des chefs de “dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes” et “fabrication non autorisée d’engin explosif ou incendiaire ou de produit explosif”, a précisé dans un communiqué mercredi matin le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.Les deux chercheurs devaient être déférés dans la journée devant le juge des libertés et de la détention, “en vue d’une comparution immédiate” jeudi, a ajouté M. Bessone, soulignant qu’ils “reconnaissent les faits et motivent leur action dans le cadre du conflit entre la Russie et l’Ukraine”.Les deux hommes, un ingénieur et un chimiste, avaient indiqué aux enquêteurs mardi que le mélange contenu dans les bouteilles en plastique qu’ils avaient lancées dans le jardin du consulat était un cocktail d’azote et de substances chimiques.”Trois bouteilles de soda en plastique 50 cl” avaient été envoyées dans les jardins du consulat, situé dans le très cossu 8e arrondissement de Marseille, lundi matin, avait précisé la préfecture de police, précisant que deux d’entre elles avaient éclaté, générant des “détonations”.Mais ces engins n’ont fait “aucun dégât matériel ni blessé”, a encore précisé mercredi matin le procureur de Marseille. Cet acte, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine, avait été aussitôt qualifié d'”attaque terroriste” par Moscou. “Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste”, avait affirmé lundi le ministère russe des Affaires étrangères.Selon le quotidien régional La Provence, les deux chercheurs, âgés d’une quarantaine et d’une cinquantaine d’années, avaient été “repérés par les policiers alors qu’ils participaient à une manifestation de soutien à l’Ukraine” devant l’hôtel de ville de Marseille, lundi soir.Créé en 1939, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) est le plus grand organisme public de recherche en France. Il compte plus de 1.100 laboratoires répartis sur l’ensemble du territoire, employant quelque 33.000 personnes, et 80 laboratoires de recherche internationaux, peut-on lire sur son site.

Le Chilien Zepeda sera rejugé une troisième fois pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Il sera jugé une troisième fois: par une décision inhabituelle, la Cour de cassation a annulé mercredi la condamnation à 28 ans de réclusion du Chilien Nicolas Zepeda pour l’assassinat de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki à Besançon en 2016.Le Chilien avait été condamné en appel en décembre 2023 par la cour d’assises de la Haute-Saône à la même peine qu’en première instance. Il sera de nouveau jugé pour l’assassinat de son ancienne petite amie japonaise, cette fois par la cour d’assises du Rhône, a indiqué la Cour de cassation, précisant que sa décision n’entraînait pas la remise en liberté de l’accusé.Le fait que le corps de la jeune femme n’ait jamais été retrouvé n’a pas constitué la base de la décision de la Cour de cassation. Celle-ci a cassé l’arrêt de la cour d’assises de la Haute-Saône car elle a estimé que la cour d’assises aurait dû vérifier les faits allégués par les avocats de la défense de Nicolas Zepeda, qui estimaient qu’un des enquêteurs dans sa déposition avait utilisé des projections de documents Powerpoint non communiquées au préalable aux avocats de la défense, et que ce même enquêteur avait “de facto, et de sa propre initiative, effectué de nouveaux actes d’enquête”.”C’est une vraie victoire et c’est la possibilité pour M. Zepeda de continuer à faire valoir son innocence à l’occasion de ce troisième procès”, a réagi auprès de l’AFP Patrice Spinosi, l’avocat du Chilien devant la Cour de cassation.- “Fatigué par la détention” -“Il attendait beaucoup la décision de la Cour de cassation donc il est évidemment très satisfait de pouvoir retourner devant des juges et de pouvoir de nouveau faire valoir son innocence”, a poursuivi Me Spinosi. “Il est évidemment fatigué par la détention, mais il reste tout à fait combatif et aspire à ce que ce troisième procès puisse lui permettre de faire valoir sa vérité et qu’il puisse enfin être reconnu comme étant innocent du crime.”Selon le conseil, le nouveau procès devrait intervenir d’ici “six à dix mois”.”Il y a encore plus d’incertitudes que de certitudes, cette décision confirme qu’il y a eu une campagne soutenue pour violer la procédure régulière, avec l’objectif de renforcer la faible accusation avec laquelle le procureur a présenté cette affaire”, a également réagi dans un communiqué la famille de Nicolas Zepeda.”En tant que famille, nous espérons que la procédure régulière sera respectée, que nous parviendrons à la vérité.”Contactée par l’AFP, Sylvie Galley, l’avocate de la famille de Narumi, n’avait pas encore pu recueillir la réaction des proches de l’étudiante japonaise.Nicolas Zepeda, issu d’une famille aisée et aujourd’hui âgé de 34 ans, avait été extradé du Chili en juillet 2020. Il a toujours nié avoir tué Narumi Kurosaki, 21 ans, malgré les nombreux éléments à charge.- “Mâle blessé” -Il avait rencontré Narumi et était devenu son petit ami lors de ses études au Japon. La jeune femme, étudiante brillante, avait ensuite poursuivi son cursus en France, à Besançon, où elle avait mis fin à leur relation.Nicolas Zepeda était venu du Chili la retrouver début décembre 2016, pour essayer de la reconquérir, selon lui. Il avait espionné la jeune femme durant plusieurs jours dans sa résidence universitaire et celle-ci a disparu après une soirée au restaurant avec le Chilien.L’avocat général Etienne Manteaux avait pointé lors du procès à Vesoul un crime de “possession” de Nicolas Zepeda, enraciné dans un orgueil de “mâle blessé”, jaloux, qui n’avait pas supporté d’être éconduit.Par le passé, d’autres condamnations pour meurtre ont été annulées sur la forme par la Cour de cassation, comme celle pour le meurtre de sa femme du Dr Jean-Louis Müller, cassée en juin 2011, ou celle d’Yvan Colonna pour l’assassinat du préfet Erignac, cassée en juin 2010. Le premier a été acquitté à l’issue d’un troisième procès en 2013, le second a été à nouveau condamné à perpétuité en 2011.Plus récemment, la condamnation de Guerric Jehanno pour le viol et le meurtre d’Amandine Estrabaud avait été annulée pour vice de procédure par la Cour de cassation en 2022. Il a été une nouvelle fois condamné début 2024 et son nouveau pourvoi devant la Cour de cassation a lui été rejeté début février.bdx-pau-apz-maj/mpm